Conférence Paneuropéenne de Strasbourg

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Bienvenue - Wilkommen - Welcome


La « Conférence Paneuropéenne de Strasbourg », nom d’usage « C’ l’Europe », est une plateforme internationale d’échanges de vues et d’informations sur l’Europe et le monde qui l’entoure. Elle rend compte de ce que l’Europe fait. L’Europe n’est pas une idée abstraite. Elle se définit par les actes de ses citoyens, ainsi que par sa géographie, sa philosophie et religion et par son histoire. C’est par nous qu’elle vit et s’exprime. Le Parlement Européen nous représente tous dans l’Eurométropole strasbourgeoise.
Reliée au mouvement paneuropéen créé en 1922 et ancrée en droit alsacien-mosellan depuis septembre 2020, notre Conférence est moderne et transfrontalière. Nous formons un groupe paneuropéen intergénérationnel d'un type nouveau dans l'intention de diffuser le concept de souveraineté européenne dans les générations montantes et de créer un réseau supranational d’amies et d’amis.
Nous présentons en vidéo à intervalles réguliers une interview d’une trentaine de minutes. Nous rédigeons le journal Internet que voici et organisons diverses autres activités. Nos langues sont les langues officielles de l’Europe, l’allemand, le français et subsidiairement l’anglais.

Die "Paneuropäische Konferenz von Straßburg", allgemein bekannt als "Es ist Europa", ist eine internationale Plattform für den Meinungs- und Informationsaustausch über Europa und die Welt um Europa herum. Sie berichtet über das, was Europa tut. Europa ist kein abstrakter Begriff. Es wird hauptsächlich dadurch gemacht, was seine Bürger tun, sowie auch durch seine Geographie, seine Philosophie und Religion, und seine Geschichte. Europa lebt und drückt sich aus durch uns, seine Bürger. Das Europäische Parlament vertritt uns alle in der französischen Eurometropole Straßburg.
Mit der 1922 gegründeten paneuropäischen Bewegung verbunden und seit September 2020 im elsässisch-moselländischen Recht in Straßburg gesetzlich verankert versteht sich unsere Konferenz als grenzüberschreitende Formation modernen Typus. Wir sind eine intergenerationelle Gruppe, die sich zum Ziel setzt, das Konzept der europäischen Souveränität unter den aufsteigenden Generationen zu verbreiten und ein supranationales Netzwerk von Freundinnen und Freunden zu schaffen.
In regelmäßigen Abständen präsentieren wir ein 30-minütiges Video-Interview. Wir schreiben das folgende Online-Journal und organisieren verschiedene andere Aktivitäten. Unsere Sprachen sind die Amtssprachen Europas, Deutsch, Französisch und gelegentlich Englisch.

The "Pan-European Conference of Strasbourg", commonly known as "It's Europe", is a plattform for international debate, exchange of views and information on Europe and the world around it. It reports on what Europe is doing. Europe is not an abstraction. It is what its citizens do, and it is moreover its geography, its philosophy and religion, and its historry. It lives and expresses itself through us, its citizens. The European Parliament represents us in the French Euro-metropolis of Strasbourg.
Linked to the pan-European movement created in 1922 and anchored in law since September 2020 in Strasbourg, our conference is cross-border and modern age. We are a pan-European society of intergenerational debates and meetings which aims to spreading the idea of European sovereignty among the rising generations and creating a supranational network of friends. At regular intervals we present a 30-minute video interview. We write the following internet newspaper and organize various other activities. Our languages are the official languages of Europe, French, German and English.
We are neither a mass organization nor an elite club, we are an avant-garde. Our motto is "Remembering to evolve".

Rédaction : Hélène Kohl, Elisa Mayböck, Jean-Paul Picaper, Dominik Possert, Catharina Silberman, Sophie von Stralendorff, Ulrich Strempel. 
Layout : Monique Picaper, Video-Interviews : Martin Absenger 

C l'Europe



1. Rencontre en numérique du 23 mai 2021

2. C l'Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg – Es ist Europa –  It is Europe
3. Discours sur l'avenir de l'Europe - Karl von Habsburg (suite n° 2)
4. Rebondir et reconstruire : après le décès accidentel d'Olivier Dassault

Une conférence dématérialisée

La « Conférence Paneuropéenne de Strasbourg »,"C l'Europe", a organisé un échange de vues « dématérialisé » en vidéo-conférence le 23 mai dernier. Les restrictions de transit des frontières excluaient un colloque "en  présentiel » pour nos amis allemands, autrichiens, ukrainiens, suédois, géorgiens. Nous nous sommes donc entretenus « en distanciel". Après un exposé récapitulatif  au bout de sept mois et demi de fonctionnement sans  problèmes prononcé sur "zoom" par Jean-Paul Picaper, coordinateur de l'association, Mélanie Bretel-André, professeur d'allemand à Strasbourg et membre de notre Comité consultatif, a pris ensuite la parole pour parler d'un des plus célèbres ouvriers de l'Europe, l'écrivain alsacien trilingue André Weckman. Elle a présenté un film dans lequel ce regretté pionnier de l'Union Européenne explique son destin et celui de l'Alsace. Nous mettrons en ligne dans un proche avenir des extraits commentés de ce film. 

Voici le récapitulatif du départ dans la vie de notre association:

Chères amies et chers amis,

Nous utilisons, voyez-vous, un nouveau langage, "présentiel", "distanciel", "dématérialisation", "vidéoconférence", etc. C'est un « newspeak » qui n'était pas usuel il y a deux ans seulement. Toujours est-il que nous ne nous sommes pas rencontrés physiquement depuis des mois  et que c’est un plaisir de nous retrouver à quelques unes et quelques uns à l’écran malgré les contraintes encore en vigueur.

Vous savez que nous avons décidé d'effectuer toutes nos opérations gestionnaires et administratives "en distanciel" numérique pour économiser du temps, de l'argent et de la fatigue. En revanche, nous nous rencontrerons"en présentiel" pour échanger des idées, des connaissances et visiter des lieux politiques, culturels et scientifiques. Néanmoins, nous espérons nous rencontrer à Strasbourg à l'automne 2021 et reprendre nos activités normales en 2022.

Je dis que cette distance sanitaire entre nous n’est pas « sociale », mais « asociale ». Les êtres humains ont appris à se méfier les uns des autres, à s’éviter, l’agressivité et la violence augmentent. Mais aussi des gestes de solidarité se multiplient. Notre association veut cela. Renouer des liens rompus, jeter des ponts, même si ce ne sont que des bulles d’air pour le moment, former un réseau supranational d’amies et d’amis qui se connaissent et s’entraident. Nous avons réagi depuis cinq ans à ces attentes en rassemblant à Strasbourg chaque année des étudiantes et étudiants et des jeunes professionnels.

Les premiers invités furent des Ukrainiens et des Autrichiens et naturellement des Français, puis les Allemands sont venus. Paneurope France à Paris ne pouvait pas ou ne voulait pas s’en occuper. Or, nous devions agir à un niveau paneuropéen et neutre et non pas dans un cadre politique français restreint et sans avenir. Notre groupement de Strasbourg avait grandi avec le soutien de Rainhard de Paneurope Autriche et de la mairie de Strasbourg et avec l’aide de l’équipe du « Lieu d’Europe » d’où je vous parle. Un grand merci à tous.

Entre-temps, notre branche strasbourgeoise a pris des ramures. Au Lieu d’Europe de Strasbourg, nous nous sommes réunis la dernière fois le 27 octobre 2018. L’aboutissement de nos rencontres fut notre séminaire de Berlin, le 19 octobre 2019. C’était encore sans porter le masque. Et puis vint le trou noir de la pandémie, presque toute l’année 2020 et les deux tiers de 2021.

Nous avons profité de cette interruption pour réfléchir sur nous-mêmes.

Tous ensemble, nous avons créé à Strasbourg en 2020 « C l’Europe », association transfrontalière indépendante, pourvue d’une nouvelle identité juridique, financière, électronique, faisant un nouveau Journal Internet et des entretiens vidéo. Une association plus jeune, très féminisée, organisée en réseau sur toute l’Europe et surtout libre de penser en fonction des réalités de notre temps et non plus orientée en fonction d’idéologies passéistes et de mythes poussiéreux. A mon grand étonnement, la plupart de nos adhérents nous sont restés fidèles et de nouveaux adhérents sont venus à nous. En tant que coordinateur de l’association, je vous remercie toutes et tous. Avec vous, l’Europe a de l’avenir.

Je veux aussi montrer le Lieu d’Europe à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore. (Projection de Photos)

Croyant pouvoir profiter de la maladie et de la dépression, des oiseaux de malheur et des défaitistes chroniques, ces gens qui annoncent sans cesse la faillite de l’euro, le chômage, la crise, la misère, nous prédisaient le déménagement complet et définitif du Parlement Européen à Bruxelles. Mais nous sommes allés à contre-courant, nous avons décidé au printemps et à l’été 2020 de nous installer à Strasbourg, ville française certes, mais supranationale et européenne. C’était absurde n’est-ce pas ? Mais il paraît que tout ce qui ne paraît pas absurde au départ, ne vaut rien.

Et le miracle s’est accompli.

Le 9 mai dernier 2021,  le président de la République française, Emmanuel Macron, est venu au Parlement Européen de Strasbourg. Il a eu des mots magnifiques en faveur de Strasbourg. Il a dit : « "Au moment où nos valeurs sont attaquées, menacées au sein même de l'Europe, rappeler que Strasbourg est la capitale des droits démocratiques européens et de nos valeurs est essentiel. Et la place du Parlement européen est dans ce cœur vibrant des valeurs européennes. Si Bruxelles est la capitale des bureaux de l'Europe, Strasbourg est la capitale de son âme et de son cœur: là où on la pense, là où on défend ses valeurs".

Les Britanniques qui voulaient tuer Strasbourg ont quitté l’Europe. Ils reviendront un jour nus-pieds et en chemise. Ni les Russes, ni les Turcs, ni l’attraction de la lune ne chasserons de Strasbourg l’Europe de Jean Monnet, de Robert Schuman et de Konrad Adenauer, de Valéry Giscard d’Estaing et d’Helmut Schmidt, d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel. A tous ceux qui veulent expulser de Strasbourg la démocratie européenne, la France répondra par son droit de veto au Conseil européen. C’est agréable de débuter quelque chose sur une victoire.

Mais attention, le monde a changé. Le monde change. Pas partout en mieux. C’est difficile de croire au progrès. Pourtant il est notre raison d’être et d’agir. Personnellement, je crois à la science et à la culture plus qu’à la politique et je pense que notre association devra se tourner dorénavant vers la science plus souvent que vers la politique. La preuve en est par exemple la campagne que l'on mène pour la vaccination. Quelqu'un a dit : "Le vaccin est un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'immunité". La politique subit actuellement une crise de définition et de sens. Qui pourrait dire ce qui distingue encore la gauche de la droite ? Les problèmes économiques, climatiques, migratoires, alimentaires, biologiques, sanitaires et relationnels sont si gigantesques qu’aucune force politique ne peut avoir leur solution. Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.

La raison et le droit ont créé la paix en Europe. Jean Monnet et Robert Schuman, les pères de l’Europe, n’étaient pas issus d’un parti politique. C’étaient des hommes hors norme. Grâce à eux, plus jamais, aucun pouvoir ne pourra obliger des Européens à se servir d’arbalètes, de fusils, de mitrailleuses les uns contre les autres. Les nations européennes étaient des facteurs de discorde. Elles sont devenues des agrafes qui maintiennent l’Europe en réseau. Pas seulement entre l’Allemagne et la France, mais tous les 27 Etats ensemble avec le Luxembourg polyglotte et l’Autriche avec son immense passé et sa grande culture. Un Autrichien, le député Otto de Habsbourg, a le premier ouvert le Rideau de fer en août 1989 à Sopron en Hongrie. Ces derniers jours, alors que des forcenés criaient dans les rues de Paris et de Berlin des slogans antisémites, la chancellerie autrichienne et le ministère autrichien des Affaires étrangères ont hissé le drapeau israélien. Mais j’apprends qu’en Allemagne aussi, le drapeau blanc et bleu israélien a été hissé.sur la Maison de la CDU, le parti d'Angela Merkel, et dans diverses villes allemandes.

Les Autrichiens ont du cran. Et d’autres aussi. Nous soutenons ces pays en difficulté comme Israël, l'Ukraine, l'Arménie, le Liban. Je pense à la volonté de vivre de la petite Géorgie face à l’énorme Russie. Notre secrétaire général est géorgien et j’en suis heureux.

Deux observations pour finir.

Premièrement : nous devons être nous-mêmes. Nous ne pourrons aider les petits peuples et agir dans le monde qu’en renforçant notre identité européenne. N’oublions jamais que nous avons un passeport national, mais que tous nos passeports ont la couleur bordeaux de l’Europe. Il faut aimer cette dualité.

Deuxièmement, nous devons être maîtres de notre temps : passé, présent, futur. A Berlin en 2019, notre amie allemande Sophie, membre de notre nouveau Comité directeur, avait attiré mon attention sur une petite inscription en français sur un vestige du Mur de Berlin. J’ai lu : « Se souvenir pour évoluer ». Nous en avons fait notre devise.

Mais attention : il ne faut pas être esclaves de la mémoire. Il faut tirer les bonnes leçons de l’Histoire, mais le souvenir ne doit nous cacher ni le présent ni l’avenir. (Jean-Paul  Picaper, 23/05/2021)

« C L'EUROPE. CONFÉRENCE PANEUROPÉENNE DE STRASBOURG » – « ES IST EUROPA » – « IT IS EUROPE »

Tel est le nom de notre Conférence approuvé en assemblée générale par nos adhérents. Inscrite depuis le 8 septembre 2020 u registre des associations du Tribunal judiciaire de Strasbourg, tome 98, folio n° 136, « C L'EUROPE » possède une personnalité juridique protégée par la loi en droit alsacien-mosellan (loi de 1908).
Fidèle au modèle d'union de l'Europe pacifique et libre de Richard Coudenhove-Kalergi et Otto de Habsbourg, notre association respecte l'architecture institutionnelle du continent forgée par Robert Schuman et Jean Monnet, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, Helmut Kohl et François Mitterrand. Elle est devenue l'Union Européenne souveraine, consolidée par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Bien du travail reste à faire, mais l'UE est d'ores et déjà un concept politique et humain fonctionnel innovant, unique au monde et dans l'histoire,
Son exécutif bruxellois, le Conseil européen des dirigeants élus des Etats-membres et son président permanent, est secondé par le travail gestionnaire et prospectif de la Commission Européenne. Elle est légitimée à Strasbourg par le Parlement Européen élu depuis 1979 au suffrage universel. L'Europe souveraine est devenue au fil des décennies le quadrilatère européen : Bruxelles (pouvoir exécutif), Luxembourg (pouvoir judiciaire), Strasbourg (pouvoir législatif), Francfort (pouvoir monétaire et financier). L'entente Paris-Bonn, devenue Paris-Berlin, est le pilier de l’Europe. La Commission de Bruxelles et la Banque Centrale Européenne de Francfort sont gouvernées par une Allemande et une Française. Mais la Françallemagne n’est pas toute l’Europe, la Paneurope.
L'axe de l'Europe, sa colonne vertébrale est le Rhin. Le sillon rhénan jadis frontière, est devenu le ruban bleu de la paix car la paix franco-allemande est l'âme de l'Europe. Après cinq ans de navigation sous un pavillon national d'emprunt, notre Conférence Paneuropéenne s'est amarrée sur cette rive symbolique que les Gaulois appelaient « rhen », « le fleuve », où les eaux allemandes se mêlent aujourd'hui aux eaux françaises.
Elle ne s'est pas constituée en association nationale comme les autres groupements du Mouvement Paneuropéen, mais enracinée dans l'Eurométropole strasbourgeoise, "C l'Europe" veut rayonner par-dessus des frontières franchissables (excepté en cas d'application toujours momentanée de l'article 23 de l'accord de Schengen). Dépassant la Françallemagne, "C l'Europe"veut être un passeurs d’idées dans la Paneurope. Elle estime que ,les Européens ne sont pas des étrangers les uns pour les autres. Ses adhérent(e)s jouissent tou(te)s des mêmes droits à partir de l'âge de la majorité civile. Elle n’est assujettie à aucune association, parti politique, syndicat ou communauté religieuse, idéologique ou ethnique.et n'est elle-même rien de tout cela.
Elle n'est ni une organisation de masse, ni un club élitaire, mais une avant-garde. Elle est le forum où les ami(e)s de l'Europe viennent débattre. Sa devise est « Se souvenir pour évoluer ».
 (Comité directeur. Strasbourg, le 23 décembre 2020)  
IN NECESSARIIS UNITAS - IN DUBIIS LIBERTAS - IN OMNIBUS CARITAS

Le 11 janvier 2021, à l'occasion de son 60ème anniversaire, le président du Mouvement paneuropéen Autriche, Karl de Habsbourg, a prononcé un discours qui a fait date et que nous reproduisons ici progressivement en plusieurs épisodes. Selon nous, le Mouvement paneuropéen hors Autriche, auquel nous appartenons, ne lui a pas rendu suffisamment hommage. En ces temps de pandémie, où certains citoyens européens doutent et désespèrent, des analyses fondamentales et les conseils éclairés de personnalités expérimentées sont plus que jamais utiles.

Discours sur l'avenir de l'Europe - Karl von Habsbourg. Extrait n° 2 :


(…) Le développement de l'État-providence dans l'ombre de la Guerre froide a également entraîné un affaiblissement de la politique étrangère des pays européens. Une évolution dont nous avons été témoins lors des guerres dans les Balkans après la dissolution de la Yougoslavie, mais aussi avec l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Ce n’était que trop commode pour les politiciens européens de laisser aux États-Unis les décisions de politique étrangère vraiment importantes, y compris la politique de sécurité.
William S. Schlamm, à l'époque l'un des principaux publicistes conservateurs du monde germanophone, a résumé cette évolution négative dans une "nécrologie de l'État". Cette notice nécrologique est parue dès 1978 dans la "Zeitbühne" que Schlamm éditait. Il a écrit : "En devenant un État-providence, l'État a abdiqué. Il semble en effet que l'on ne puisse plus ignorer le fait qu'aucun État occidental ne fasse encore de la politique au sens classique du terme, c'est-à-dire comme le doit un État. La politique, au sens classique du terme, consiste à utiliser des moyens législatifs et exécutifs pour faire respecter une conception - un objectif politique déclaré, tangible et, dans la plupart des cas, tourné vers l’étranger. En Occident, la politique étatique a été pratiquée pour la dernière fois par Charles de Gaulle ; et elle a aussi été révoquée de la manière la plus ridicule par ses successeurs Pompidou et Giscard d'Estaing. Dans tous les autres pays de l'Occident, au cours des vingt dernières années, il n'y a pas eu un seul gouvernement qui ait pratiqué ou même compris la politique au sens classique du terme." Schlamm critique ensuite l'État-providence en tant que communauté politique "dont toute la puissance étatique a été si complètement consommée par des mesures d'aide sociale pour le public habitué au confort qu'il ne reste plus rien pour l’Etat proprement dit".
Cet État-providence a besoin d'un appareil administratif de plus en plus important pour gérer les ressources communautarisées. Mais ce faisant, elle consomme des fonds de plus en plus importants de la masse fiscale pour maintenir sa propre bureaucratie. Le résultat est alors ce que l'économiste Felix Somary, malheureusement presque oublié, décrit dans ses "20 lois sociales sur la disparité des proportions". Dans sa loi numéro 4, il dit : "Plus un État assume de fonctions, plus son administration est difficile à contrôler." Et il ajoute dans sa loi numéro 5 : "Plus l'État est grand et varié, plus le peuple est sans influence." Cet État devient donc de plus en plus une bureaucratie tournée vers l'intérieur. Pour reprendre les mots de William S. Schlamm, "Pour la politique intérieure, il faut de bons comptables, pour la politique étrangère, des hommes d'État".
L'Europe et la géopolitique
Ce n'est pas le travail des comptables, pour rester dans cet exemple, que de faire de la géopolitique. Mais c'est le rôle d'une politique européenne authentique que de mener la géopolitique pour l'Europe. Si l'Europe ne fait pas elle-même de géopolitique, les autres la feront pour elle. Et lorsque le terme Europe est utilisé ici, il s'agit de l'Europe, et non des États-nations en Europe. Dans la réalité politique actuelle, aucun des pays de l'UE n'a la force de relever seul ce défi.
Le sismographe des crises Felix Somary, déjà cité, témoigne également du fait que l'hypothèse selon laquelle il n'y a plus de crises dans l'État-providence est tout simplement une illusion. Selon son analyse, l'un des signes sûrs d'une crise est une politique d'argent bon marché. Le fait que pratiquement toutes les grandes banques centrales, au service des politiciens, poursuivent une telle politique d'argent bon marché est indéniable. "Plus l'économie exige une augmentation des taux d'intérêt, plus la politique les fait baisser", résume Somary dans ses 20 lois sociales.
Le problème est qu'aujourd'hui, la politique ne gère plus les crises, mais une nouvelle crise repousse l'ancienne hors des médias et donc hors du débat public. La crise dite de l'euro, pour prendre un exemple bien connu, n'a toujours pas été résolue. Sans parler du surendettement des États. La pandémie de Covid a seulement poussé tout le reste hors de la perception du public.
Mesdames et Messieurs, à ce stade, permettez-moi de revenir sur un point que j'ai brièvement évoqué au début mais que je n'ai pas encore développé : les fondements de l'Europe, dont nous devons être conscients si nous voulons façonner l'avenir de l'Europe.
L'idée centrale de l'unification européenne est la création d'un espace commun de liberté, de sécurité et de justice.
(à suivre) (nous pouvons envoyer à nos lecteurs par e-mail l'intégralité du discours)
L’auteur de l’article ci-dessous  que bien des lecteurs de notre page web ont apprécié, leader de la dernière grande entreprise privée d’aviation au monde, le pilote, ingénieur, homme politique et artiste français, Olivier Dassault a perdu la vie dans un accident d’hélicoptère le 7 mars 2021. Nous avons décidé de garder en ligne jusque au 31 décembre 2021 son message de Nouvel an 2021 si encourageant. (voir  la nécrologie dans notre page « Événements » ci-après)

Rebondir et reconstruire 
Message d’Olivier Dassault pour l’année 2021

Adieu, 2020, personne ne te regrettera : et surtout, ne reviens jamais .

Alors que nous congédions l’une des pires années de l’époque contemporaine, nous contemplons l’étendue de ce qui nous reste à rebâtir.

Une économie en morceaux, une dette abyssale, des secteurs entiers d’activité dévastés, notre art de vivre réduit à néant, le moral de nos contemporains au plus bas. Autant de mots qui viennent s’ajouter aux horreurs de l’époque actuelle que sont le terrorisme islamiste, le communautarisme, la violence de l’extrême-gauche et les mille autres petites fractures qui ont donné naissance à l’archipel français si justement décrit par Jérôme Fourquet.

Il est temps de « tirer notre courage de notre désespoir même » (Sénèque).

Car, un jour, l’espoir renaîtra. Un jour, la vaccination volontaire de la majorité des Français nous permettra de construire notre immunité collective et de repartir de l’avant. A condition, bien sûr, que les lourdeurs administratives, les incohérences bureaucratiques et les pusillanimités politiques ne viennent pas tout ralentir et tout empêcher !

Un jour, l’économie française va s’ouvrir à nouveau. Alors, l’espoir renaîtra une fois encore, comme à la fin du premier confinement. Dès le mois de décembre, l’Insee mesurait déjà que le moral des patrons rebondissait fortement. Pour 2021, l’enjeu est désormais de connaître la forme que prendra ce rebond : en U, en V, en W, en L ou en K. Chacune portant un scénario de reprise plus ou moins souhaitable. Malheureusement, il nous faut cependant intégrer qu’il y aura des magasins qui ne rouvriront pas, des entreprises qui s’arrêteront définitivement, des emplois qui seront détruits. A l’image de l’équipage d’un navire se préparant à subir l’assaut d’une vague scélérate, il faut être prêt à s’accrocher à l’espoir comme au bastingage et attendre qu’elle frappe, conscient des dégâts à venir.

Malgré le choc, l’écume et la houle virevoltante, le soleil percera à travers les nuages de la tempête. Les plus agiles d’entre nous s’en remettront le plus vite. Les plus solides et résilients aussi. Ceux qui auront su se vacciner à temps, ceux qui auront choisi d’anticiper les mutations du monde en numérisant leur processus et activités et ceux qui auront eu la capacité de réaction nécessaire dès le premier confinement pour absorber choc également. J’en veux pour preuve les librairies indépendantes qui se sont réunies pou proposer leurs livres en ligne, les restaurants, des étoilés aux plus modestes, qui ont su et pu se mettre à la vente à emporter.

Pendant quasiment une année, les ressources déployées par nos concitoyens, notamment ceux qui se sont retrouvés en première ligne dès le mois de mars – souvent les salariés du « back office » chers à Denis Maillard, caissières, livreurs, chauffeurs de poids lourds, caristes… ont forcé l’admiration. Les soignants, ces guerriers, méritent quant à eux des statues, et les remerciements de la nation reconnaissante. Ils méritent surtout des moyens adéquats pour remplir leur mission.

Après le rebond viendra la reconstruction. Reconstruction de notre économie, et, espérons-le, de notre société.

2020 nous a enseigné les nécessités de la pensée stratégique, de la résilience et de l’adaptabilité. Tels sont les trois axes sur lesquels il va être nécessaire de s’appuyer dès maintenant.

Penser stratégiquement, c’est garantir la production en France d’équipements de première nécessité et non s’en remettre à des pays tiers à l’autre bout du monde. C’est aussi penser, pour l’Union Européenne, son indépendance technologique vis-à-vis des géants numériques américains et Chinois. La fin de la naïveté européenne que défend Thierry Breton au sein de la Commission européenne, est une mission de salut public et il faut se réjouir que le mouvement s’accélère en 2021. Coralie Delaume, jeune essayiste et analyste talentueuse de la question européenne, qui nous a malheureusement quittés l’année dernière, aurait salué cette orientation.

Penser stratégiquement, c’est garantir l’indépendance énergétique de la France, en sécurisant la fourniture d’énergie grâce au nucléaire, et donc en finir avec cette folie de vouloir supprimer l’unique énergie décarbonée.

Enfin, penser stratégiquement n’est pas affirmer que la France doit tout faire seule mais bien s’entendre sur les secteurs essentiels liés à la vie de la nation, comme l’alimentation, l’énergie ou la défense. Non, notre indépendance ne se négocie pas. Elle ne se dilue pas dans l’opportunisme politique ou l’émotion du moment. Elle est la ligne de crête sur laquelle nous devons toujours avoir le pied ferme. C’est aussi une des leçons de l’année écoulée.

Reconstruire notre société qui est si divisée, c’est repartir à la conquête des « territoires perdus de la République » pour les ramener dans le giron national et leur donner les mêmes chances qu’aux autres. Cela passera par le retour en force des services publics, notamment de la police et de la gendarmerie, premiers remparts contre la désagrégation de la société, suivis de très près par l’école républicaine, sans laquelle le ciment de l’esprit civique ne saurait prendre. Tâche essentielle : l’islam politique est là, qui ne demande qu’à remplir les fissures de nos sociétés par sa lecture du monde binaire – eux contre nous – facile d’accès pour des esprits non formés au sens critique, afin d’y provoquer des fractures irrémédiables. Reconstruire notre société, c’est lutter plus sévèrement contre l’immigration clandestine et opter enfin pour une immigration choisie, et non plus subie via le regroupement familial – qui n’a plus de sens en 2020. L’enquête exclusive de l’Ifop publiée dans ces pages dans le cadre du Figaro Enquêtes est révélatrice : les Français ne veulent plus accueillir de nouveaux arrivants. Seuls les idiots utiles de l‘extrême-gauche, servant ainsi de marchepied au Rassemblement National dans sa bataille pour la présidence de la République, défendent la fin des frontières. Ils démontrent ainsi la réalité de la « tenaille identitaire », ce piège identifié notamment par Laurent Bouvet.

Reconstruire notre société, c’est aussi lutter contre les fractures qui nous minent. Des communautés ultra-minoritaires mais très agissantes, notamment via les réseaux sociaux, s’érigent en censeurs, en maîtres chanteurs, voire vont jusqu'aux menaces physiques pour annuler l'autre. Ce cancel culture venue des États-Unis et dénoncée encore récemment par l’une de ses victimes, Bret Weinstein, doit être combattue partout, car elle porte en elle les graines des dictatures à venir. Il ne faut pas céder aux intimidations en ligne ou médiatiques, mais réintroduire la notion de recul et cesser de réagir à chaud à tout et tout le temps. Aujourd’hui les tribunaux des réseaux sociaux ne désemplissent jamais. Il est temps d’y mettre un terme et de cesser de jouer sur leur terrain.

Reconstruire notre société, c ‘est, enfin et surtout, redonner des motifs d’espoir à notre jeunesse. Calfeutrés sous les masques, assignés à domicile, contraints de subir au quotidien les règlements administratifs et les consignes sanitaires édictées – et ils le comprennent – pour la sauvegarde de leurs aînés, nos enfants paient un très lourd tribut à la crise. Bridés aujourd’hui dans leurs études, leur vie sociale, leurs voyages, leurs amitiés, leurs affections, ils se retrouveront demain plongés dans une économie en pleine tourmente, confrontés à un monde du travail plus rude que jamais, riches surtout des dettes et des drames que nous leur aurons légués. Le sursaut, c'est aussi à eux que nous le devons.

Il est des années où l’éditorial du 1er janvier est plus difficile à écrire que d’autres. Si 2020 fut une année « confinée », les graines de nos résurgences futures sont là, en gestation dans la terre fertile de nos espérances. Nous nous devons d’être les jardiniers de nos espoirs et de les faire germer, grandir, pour en récolter les fruits. Nous le devons à tous ceux qui nous ont quittés l’année dernière mais aussi à ceux qui restent. Dès demain, nous devrons rebâtir car le « vrai courage ne se laisse pas abattre «. (…) Je vous souhaite à tous, chers lecteurs, chères lectrices, une année 2020 pleine de courage, d’espoir et de vie !

Olivier Dassault
Administrateur du Groupe Figaro (in "Le Figaro", mardi 5 janvier 2021)

Es ist Europa


1. VirtuellesTeffen vom 23. Mai 2021
2. "Es ist Europa" Paneuropäische Konferenz von Strassburg - "C l'Europe"- "It is Europe"
3. Rede zur Zukunft Europas – Karl von Habsburg (Fortsetzung)
4.  Durch Frankreich muss ein Ruck gehen und darauf folgt der Neuaufbau

Ein virtuelles Treffen

Die „Paneuropäische Konferenz von Straßburg », « Es ist Europa » organisierte am 23. Mai 2021 einen "entmaterialisierten" Meinungsaustausch per Videokonferenz. Aufgrund von Grenztransitbeschränkungen war eine "Face-to-Face"-Konferenz für unsere deutschen, österreichischen, schwedischen, ukrainischen und französischen  Freunde nicht möglich. So sprachen wir in „Distance-online“ statt auf einer „Präsenzsitzung“ miteinander. Nach einem Rückblick von Jean-Paul Picaper, dem Koordinator des Vereins, ergriff Mélanie Bretel-André, Professorin für Germanistik in Straßburg und Mitglied unseres Beirats, das Wort, um über einen der berühmtesten Vorkämpfer Europas, den dreisprachigen elsässischen Schriftsteller André Weckman, zu referieren. Sie präsentierte einen Film, in dem dieser  begnadete Europäer sein Schicksal und dasjenige des Elsass erklärt. In naher Zukunft werden wir kommentierte Auszüge aus diesem Film online stellen.
Hiermit die Zusammenfassung des Lebensbeginns unseres Vereins in den letzten 7,5 Monaten :

Guten Tag an alle.
Wir verwenden, wie Sie sehen, eine neue Sprache, ein "Newspeak", und praktizieren neue Arbeitsweisen, die vor nur zwei Jahren nicht üblich waren. Wir haben uns seit Monaten nicht mehr physisch getroffen und es ist eine Freude, einige von uns trotz der immer noch bestehenden Einschränkungen wieder auf dem Bildschirm zu sehen.

Wie Sie wissen, haben wir uns entschieden, alle unsere Management- und Verwaltungsvorgänge als  " digitale Sitzungen" durchzuführen, um Zeit, Geld und Kraft zu sparen. Zum anderen werden wir uns "direkt persönlich" treffen, um Ideen und Wissen auszutauschen und politische, kulturelle und wissenschaftliche Orte zu besuchen.

Ich behaupte, dass die sogenannte sanitäre " Soziale Distanzierung“ zwischen den Menschen nicht "sozial", sondern "unsozial" ist. Die Menschen haben gelernt, einander zu misstrauen, zu meiden, Aggression und Gewalt nehmen zu. Aber die Gesten der Solidarität nehmen auch zu. Unser Verein will genau das fördern. Zerbrochene Bande erneuern, Brücken bauen, auch wenn sie im Moment nur aus Luft bestehen, ein supranationales Netzwerk von Freundinnen und Freunden bilden, die sich alle kennen und helfen. Seit fünf Jahren reagierten wir auf diese Erwartungen, indem wir jedes Jahr in Straßburg Studentinnen und Studenten oder junge Berufstätige, zusammengebracht haben.

Die ersten Besucher waren Ukrainer und Österreicher und natürlich auch Franzosen, dann kamen auch Deutsche, um die sich Paneuropa Frankreich Paris nicht kümmern wollte und konnte. Wir mussten auf einer gesamteuropäischen und neutralen Ebene handeln statt in einem ausschliesslich französischen politischen Rahmen ohne Zukunft. In der Zwischenzeit ist unsere Straßburger Gruppierung mit der Unterstützung von Rainhard Kloucek von Paneuropa Österreich und der Stadtgemeinde Straßburg und mit Hilfe des Teams vom Straßburger „Ort Europas“, dem "Lieu d'Europe", von wo aus ich spreche, denen allen ich herzlich danke, gewachsen.

In der Zwischenzeit hat unser Strassburger Gewächs Äste bekommen. Im "Lieu d'Europe" in Straßburg haben wir uns zum letzten Mal am 27. Oktober 2018 getroffen. Der Höhepunkt unserer Treffen war unser Berliner Seminar vom 19. Oktober 2019. Da lebten wir noch ohne Mundschutz. Und dann kam über fast das gesamte Jahr 2020 und zwei Drittel des Jahres 2021 das schwarze Loch der Pandemie.
Wir haben diese Auszeit genutzt, um über uns selbst nachzudenken.

Alle zusammen haben wir 2020 in Straßburg "Es ist Europa“ gegründet, einen unabhängigen grenzüberschreitenden Verein, mit einer neuen rechtlichen, finanziellen und elektronischen Identität, der ein neues Internet-Journal und Video-Interviews macht. Diese Gruppierung ist jünger, sehr weiblich, als Netzwerk in ganz Europa organisiert und vor allem frei, entsprechend den Realitäten unserer Zeit zu denken, statt sich an vergangenen Ideologien und verstaubten Mythen zu orientieren. Zu meinem Erstaunen sind die meisten unserer Mitglieder uns treu geblieben und neue Mitglieder sind zu uns gekommen. Als Koordinator des Vereins danke ich Ihnen allen. Europa hat mit Ihnen eine Zukunft.
Ich möchte den „Ort Europas“ auch denjenigen zeigen, die ihn noch nicht kennen. (Fotos werden übertragen)

Im Glauben, Krankheit und Depression ausnutzen zu können, prophezeiten Schwarzmaler und professionelle Defätisten, jene Leute, die ständig den Zusammenbruch des Euro, Arbeitslosigkeit, Krise und Elend vorhersagen, dass das Europäische Parlament vollständig und dauerhaft nach Brüssel umziehen würde. Aber wir sind gegen den Strom geschwommen und haben uns im Frühjahr und Sommer 2020 entschlossen, uns in Straßburg anzusiedeln, die natürlich eine französische, aber vor allem eine europäische Stadt ist. Es war absurd, nicht wahr? Aber es heißt, dass alles, was nicht auf den ersten Blick absurd erscheint, wertlos ist.

Und das Wunder war vollbracht.
Am 9. Mai 2021, also vor zwei Wochen, kam der Präsident der Französischen Republik, Emmanuel Macron, ins Europäische Parlament nach Straßburg. Er hatte wunderbare Worte für die Stadt. Er sagte"In einer Zeit, in der unsere Werte angegriffen und in Europa selbst bedroht werden, ist es wesentlich, sich daran zu erinnern, dass Straßburg die Hauptstadt der europäischen demokratischen Freiheiten und unserer Werte ist. Und der Platz des Europäischen Parlaments ist in diesem pulsierenden Herzen der europäischen Werte. Wenn Brüssel die Hauptstadt der Büros Europas ist, dann ist Straßburg die Hauptstadt seiner Seele und seines Herzens, wo gedacht wird, wo seine Werte verteidigt werden".

Die Briten, die Sraßburg "killen" wollten, haben Europa verlassen. Sie werden eines Tages barfuß und im Hemd zurückkommen. Weder die Russen, noch die Türken, noch die Anziehungskraft des Mondes werden das Europa von Robert Schuman und Konrad Adenauer, von Valéry Giscard d'Estaing und Helmut Schmidt, von Helmut Kohl und François Mitterrand aus Straßburg vertreiben. All jenen, die die europäische Demokratie aus Straßburg vertreiben wollen, wird Frankreich mit seinem Vetorecht im Europäischen Rat antworten. Es ist angenehm mit einem Sieg etwas anzufangen.

Aber die Welt hat sich verändert. Die Welt verändert sich. Nicht überall zum Besseren. Das macht es schwer, an Fortschritt zu glauben. Und doch ist es unser Grund zu sein und zu handeln. Ich persönlich glaube mehr an die Wissenschaft und an die Kultur als an die Politik als Rettung. Das zeigt uns zurzeit der Impfungsfeldzug gegen die Covid 19, wovon jemand gesagt hat, dass es "ein kleiner Schrirtt für den Menschen, aber ein grosser Schritt für die Immunität" ist. Ich denke, dass sich unser Verein von nun an mehr dem Wissen als der Politik zuwenden soll. Die Politik befindet sich derzeit in einer Definitions- und Sinnkrise. Wer kann schon sagen, was die Linke noch von der Rechten unterscheidet? Die wirtschaftlichen, klimatischen, migratorischen, Ernährung-, Gesundheit- und relationalen Probleme sind so groß, dass keine politische Kraft eine Patentlösung dafür haben kann. Diejenigen, die etwas anderes behaupten, sind Lügner.

Vernunft und Recht haben in Europa Frieden geschaffen. Jean Monnet und Robert Schuman, die Väter Europas, kamen nicht aus einer politischen Partei. Sie waren außergewöhnliche Männer. Dank ihnen wird keine Macht jemals wieder in der Lage sein, die Europäer zu zwingen, Armbrüste, Gewehre und Maschinengewehre gegeneinander einzusetzen. Die europäischen Nationen waren sich meist uneins. Sie sind zu Klammern geworden, die das europäische Patchwork zusammenhalten. Nicht nur zwischen Deutschland und Frankreich, sondern zwischen allen 27 Staaten zusammen. Selbst die kleinsten von ihnen, wie Luxemburg mit seiner Dreisprachigkeit und Österreich mit seiner immensen Vergangenheit und großen Kultur werden gleichberechtigt zusammengehalten. Ein Österreicher, Otto von Habsburg, war der erste, der im August 1989 in Sopron, Ungarn, den Eisernen Vorhang durchbrach. In den letzten Tagen, als auf den Straßen von Paris und Berlin antisemitische Parolen gebrüllt wurden, hissten das österreichische Bundeskanzleramt und das österreichische Außenministerium die israelische Flagge. Auch in Deutschland auf dem Haus der CDU-Partei von Angela Merkel und in verschiedenen Städten wirde die blau-weisse israelische Flagge gehisst

Österreicher haben Mumm. Manche Deutsche auch. Und andere, die zu Israel, zur Ukraine, zu Armenien stehen.. Ich denke an den Lebenswillen des kleinen Georgiens im Angesicht des riesengrossen Russlands. Unser Generalsekretär ist Georgier, und darüber bin ich froh.

Noch zwei Bemerkungen zum Abschluss:

Erstens: Wir müssen wir selbst sein. Wir können kleinen Völkern nur helfen und in der Welt handeln, wenn wir unsere europäische Identität stärken. Wir sollten nie vergessen, dass wir einen nationalen Pass haben, aber dass alle unsere Pässe die rotbraune Farbe Europas haben. Wir sollen diese Dualität lieben.

Zweitens müssen wir die Zeitmessung beherrschen: Vergangenheit, Gegenwart, Zukunft. In Berlin im Jahr 2019 hatte mich unsere deutsche Freundin Sophie, Mitglied heute unseres Vorstands, auf eine kleine Inschrift in französischer Sprache auf einem Überbleibsel der Berliner Mauer aufmerksam gemacht. Ich las: "Se souvenir pour évoluer" (Sich erinnern, um sich zu entwickeln). Das haben wir zu unserem Motto gemacht.

Aber Vorsicht: Wir dürfen nicht Sklaven des Erinnerns sein. Wir müssen die Lehren aus der Geschichte ziehen, aber die Erinnerung darf weder die Gegenwart noch die Zukunft vor uns verbergen. (Jean-Paul Picaper, 23.05.2021

"ES IST EUROPA. PANEUROPÄISCHE KONFERENZ VON STRASSBURG - C l'EUROPE- IT IS EUROPE

So lautet der von einer Generalversammlung ihrer Mitglieder angenommene Name unserer Konferenz. In der Eurometropole angesiedelt, im Vereinsregister des Straßburger Regionalgerichts, Band 98, folio n° 136 eingetragen ist "C L'EUROPE" eine durch das Elsässisch-Moselländische Recht (Gesetz von 1908) geschützte Rechtspersönlichkeit. Dem Modell der friedlichen und freien paneuropäischen Union von Richard Coudenhove-Kalergi und Otto von Habsburg treu respektiert sie die von Robert Schuman und Jean Monnet, Valéry Giscard d'Estaing und Helmut Schmidt, Helmut Kohl und François Mitterrand geschmiedete Architektur der Europäischen Union, die aktuell von Emmanuel Macron und Angela Merkel konsolidiert wird.
Es bleibt noch viel zu tun, aber die EU ist ein Konzept, das in der Welt und in der Geschichte einzigartig ist. Ihre Exekutive mit Sitz in Brüssel, der aus gewählten Vertretern ihrer Mitgliedsstaaten und ihrem ständigen Präsidenten bestehende Europäische Rat, wird durch die administrative und prospektive Arbeit der Europäischen Kommission unterstützt. Die EU wird in Straßburg durch das seit 1979 direkt gewählte Europäische Parlament legitimiert. Im Laufe der Jahrzehnte hat sich das souveräne Europa im europäischen Viereck eingerichtet: Brüssel (Exekutivgewalt), Luxemburg (Judikative), Straßburg (Legislative), Frankfurt (Währung und Finanzen).
Das Paris-Bonn-Tandem, jetzt Paris-Berlin, ist der Grundpfeiler Europas. Die Brüsseler Kommission und die Europäische Zentralbank in Frankfurt werden von einer Deutschen und einer Französin geleitet. Der Europäische Rat ist minimalist: Derzeit ist ein Belgier an dessen Spitze. Deutschland-Frankreich ist aber nicht das ganze Europa, nicht das Paneuropa. Die Achse Europas, sein Rückgrat, ist der Rhein. Die Rheinfurche, einst eine Grenze zwischen "Erbfeinden", ist zum blauen Band des Friedens geworden, den die Gallier "rhen", "der Fluss", nannten, wo sich deutsche Gewässer mit französischen mischen.
Im Unterschied zu anderen Gruppierungen der Paneuropa-Bewegung ist "Es ist Europa" kein nationaler Verein. Er strahlt aus über die Grenzen hinweg, die überschritten werden können (außer im Falle der momentanen Anwendung vom Artikel 23 des Schengener Abkommens). Weit über die Grenzen von Deutschland und Frankreich hinau wollen wir ein Kanal für Ideen der Paneuropa sein,. Willkommen sind alle Bürgerinnen und Bürger aller EU-Mitgliedsstaaten, aber auch Europas im Ganzen. Kein Europäer ist in unseren Augen ein Ausländer.
Autonom und souverän ist unsere Paneuropa-Konferenz keinem Verband, keiner politischen Partei, keiner Gewerkschaft und keiner religiösen, ideologischen oder ethnischen Gemeinschaft unterstellt und ist selbst keine von ihnen.
Sie ist weder eine Massenorganisation noch ein elitärer Club, sondern eine Vorhut. Sie ist ein Forum, in dem Freunde Europas diskutieren. Ihr Motto lautet "Sich erinnern, um sich weiter zu entwickeln" (Remembering to evolve).
 (Der Vorstand, Straßburg, 23. Dezember 2020)
IN NECESSARIIS UNITAS - IN DUBIIS LIBERTAS - IN OMNIBUS CARITAS
Am 11. Januar 2021 hielt der Vorsitzende der Paneuropabewegung Österreich,  Karl von Habsburg, anlässlich seines 60. Geburtstags eine epochemachende Rede, die wir hier allmählich in mehreren Folgen wiedergeben. Die  Paneuropa Bewegung, zu der wir uns bekennen, hat sie u. E. nicht ausreichend gewürdigt. Dabei sind in der aktuellen Pandemie-Zeit, in welcher manche Bürger Europas zweifeln und verzweifeln, umfassende Analysen und Durchblick von erfahrenen Menschen gefragt.

Rede zur Zukunft Europas – Karl von Habsburg. Auszug Nr. 2 :


(...) Die Entwicklung des Wohlfahrtsstaates im Schatten des Kalten Krieges hat auch die außenpolitische Kraft der europäischen Länder erlahmen lassen. Eine Entwicklung, die wir sowohl während der Kriege am Balkan in Folge der Auflösung Jugoslawiens beobachten mussten, aber auch bei der Aggression Russlands gegen die Ukraine. Es war für die europäischen Politiker recht bequem, die wirklich wichtigen außenpolitischen Entscheidungen, inklusive der Sicherheitspolitik, den USA zu überlassen.
William S. Schlamm, damals einer der führenden konservativen Publizisten im deutschsprachigen Raum, fasste diese negative Entwicklung in einem „Nachruf auf den Staat“ zusammen. Dieser Nachruf erschien bereits 1978 in der von Schlamm herausgegebenen „Zeitbühne“. Schlamm schreibt: „Als er ein Wohlfahrtsstaat wurde, hat der Staat abgedankt. Denn man kann wohl nicht länger über die Tatsache hinwegsehen, dass kein westlicher Staat noch Politik im klassischen Sinne betreibt – also ein Staat ist. Politik im klassischen Sinne ist die Anwendung legislativer und exekutiver Mittel zur Durchsetzung einer Konzeption – eines deklarierten, fassbaren und in den meisten Fällen außenpolitischen Ziels. Im Westen wurde Staatspolitik zum letzten Male von Charles de Gaulle betrieben; und auch er wurde von seinen Nachfolgern Pompidou und Giscard d`Estaing aufs läppischste widerrufen. In allen anderen Ländern des Westens gab es während der letzten zwanzig Jahre nicht eine einzige Regierung, die Politik im klassischen Sinn betrieben oder auch nur verstanden hätte.“ Schlamm kritisiert dann den Wohlfahrtsstaat als eine politische Gemeinschaft, „deren gesamte staatliche Potenz so völlig in Fürsorgemaßnahmen für das behagliche Publikum verbraucht wurde, dass für Staatspolitik nichts übrig blieb.“
Dieser Wohlfahrtsstaat braucht einen immer größeren Staatsapparat, um die vergemeinschafteten Mittel zu verwalten. Damit verbraucht er aber immer größere Mittel aus dem Steuertopf, um die eigene Bürokratie zu erhalten. Das Ergebnis ist dann das, was der leider fast in Vergessenheit geratene Ökonom Felix Somary in seinen „20 Sozialgesetzen der verkehrten Proportionen“ beschreibt. Im Gesetz Nummer 4 sagt er: „Je mehr Funktionen ein Staat übernimmt, desto schwerer ist seine Verwaltung zu kontrollieren.“ Und er ergänzt im Gesetz Nummer 5: „Je größer und je vielseitiger der Staat, desto einflussloser das Volk.“ Dieser Staat wird also immer mehr zu einer nach innen gerichteten Bürokratie. Um es mit William S. Schlamm zuzuspitzen: „Für die Innenpolitik braucht man gute Buchhalter, für die Außenpolitik Staatsmänner.“
Europa und die Geopolitik
Es ist nicht die Aufgabe von Buchhaltern, um in diesem Beispiel zu bleiben, Geopolitik zu betreiben. Es ist aber Aufgabe einer europäischen Politik, Geopolitik für Europa zu betreiben. Betreibt Europa nicht selbst Geopolitik, betreiben sie andere mit Europa. Und wenn hier der Begriff Europa verwendet wird, dann ist damit auch Europa gemeint, nicht einzelne Nationalstaaten in Europa. In der heutigen politischen Realität hat keines der einzelnen EU-Länder die Kraft, diese Herausforderung alleine zu bewältigen.
Der schon zitierte Krisenseismograph Felix Somary ist auch ein Zeuge dafür, dass die Annahme, im Wohlfahrtsstaat gäbe es keine Krisen mehr, eben nur eine Illusion ist. Eines der sicheren Zeichen für eine Krise ist seiner Analyse nach, eine Politik des billigen Geldes. Dass praktisch alle großen Zentralbanken, im Dienste der Politiker, eine solche Politik des billigen Geldes betreiben, ist nicht zu leugnen. „Je mehr die Ökonomie eine Erhöhung des Zinsfußes verlangt, desto mehr senkt ihn die Politik,“ fasst es Somary in den 20 Sozialgesetzen der verkehrten Proportionen zusammen.
Das Problem dabei ist, dass die Politik heute Krisen nicht mehr meistert, sondern eine neue Krise die alte Krise aus den Medien und damit aus der öffentlichen Debatte verdrängt. Die sogenannte Eurokrise, um ein bekanntes Beispiel zu nennen, ist nach wie vor nicht gelöst. Geschweige denn die Überschuldung der Staaten. Die Corona-Pandemie hat nur alles andere aus der öffentlichen Wahrnehmung verdrängt.
Meine sehr geehrten Damen und Herren! Lassen Sie mich an dieser Stelle noch einmal auf einem Punkt zurückkommen, den ich am Anfang kurz erwähnt habe, aber noch nicht näher erläutert habe: die Grundlagen Europas, deren wir uns bewusst sein sollten, wenn wir die Zukunft Europas gestalten wollen.
Der Kerngedanke der europäischen Einigung ist die Schaffung einer gemeinsamen Zone der Freiheit, der Sicherheit und des Rechts.
(Fortsetzung folgt) (Wir können unseren Lesern die ganze Rede aus einem Stück senden)

Der Autor des folgenden Artikels, den viele Leser unserer Webseite geschätzt haben, Leiter der letzten großen privaten Luftfahrtgesellschaft der Welt, der französische Pilot, Ingenieur, Politiker und Künstler, Olivier Dassault, ist am 7. März 2021 bei einem Hubschrauberunfall ums Leben gekommen. Wir haben beschlossen, seine sehr ermutigende Neujahrsbotschaft, die er Anfang des Jahres veröffentlicht hatte, bis zum 31. Dezember 2021 online zu halten. (siehe den Nachruf in unserer "Geschehen"-Seite unten)

Durch Frankreich muss ein Ruck gehen und darauf folgt der Neuaufbau
Botschaft von Olivier Dassault für das Jahr 2021 zur Lage in Frankreich

Lebewohl 2020, niemand wird dich vermissen: Und vor allem, komm nie wieder zurück.

Während wir eines der schlimmsten Jahre unserer Zeitrechnung hinter uns lassen, denken wir über das Ausmaß dessen nach, was noch wieder aufgebaut werden muss.
Eine zerrüttete Wirtschaft, eine abgrundtiefe Verschuldung, ganze Wirtschaftszweige am Boden zerstört, unsere Lebensweise auf den Nullpunkt reduziert, die Moral unserer Zeitgenossen auf einem historischen Tiefpunkt. So viele Worte, die zu den Schrecken der gegenwärtigen Epoche beitragen, wie der islamistische Terrorismus, der Kommunitarismus, die Gewalt der extremen Linken und die tausend anderen kleinen Brüche, die zu dem vom Meinungsforschungsdirektor beim IFOP-Institut Jérôme Fourquet so treffend bildlich beschriebenen, zerstückelten „französischen Inselgruppe“ geführt haben.

Es ist an der Zeit, "unseren Mut aus unserer eigenen Verzweiflung zu schöpfen" (Seneca).

Denn eines Tages wird die Hoffnung wiedergeboren werden. Eines Tages wird die freiwillige Impfung der Mehrheit der Franzosen es uns ermöglichen, unsere kollektive Immunität aufzubauen und voranzukommen. Vorausgesetzt natürlich, dass Bürokratie, bürokratische Ungereimtheiten und politische Kleinmütigkeit nicht alles ausbremsen und verhindern!

Eines Tages wird sich die französische Wirtschaft wieder entfalten. Dann wird die Hoffnung noch einmal neu geboren, wie schon mal nach dem ersten Lockdown. Bereits im Dezember hat das französische Statistik-Institut Insee gemessen, dass die Moral der Unternehmer wieder stark anstieg. Für 2021 besteht die Herausforderung nun darin, zu wissen, welche Form dieses Revival annehmen wird: ein U, ein V, ein W, ein L oder ein K. Jeder von ihnen wird ein mehr oder weniger wünschenswertes Wiederherstellungsszenario haben. Leider müssen wir jedoch berücksichtigen, dass es Geschäfte geben wird, die nicht wiedereröffnen werden, Unternehmen, die endgültig schließen werden, und Arbeitsplätze, die vernichtet werden. Wie die Besatzung eines Schiffes, die sich darauf vorbereitet, von einer Schurkenwelle angegriffen zu werden, müssen wir bereit sein, uns an die Hoffnung zu klammern, wie wir uns an die Reling klammern und darauf warten würde, dass sie zuschlägt, im Wissen um den Schaden, der auf uns zukommt.

Trotz Schock, Schaum und Seegang wird die Sonne durch die Sturmwolken stechen. Die agileren unter uns werden sich schneller erholen. Die stärksten und widerstandsfähigsten auch. Diejenigen, die sich rechtzeitig haben impfen lassen, diejenigen, die sich entschieden haben, die Veränderungen in der Welt durch die Digitalisierung ihrer Prozesse und Aktivitäten vorwegzunehmen, und diejenigen, die von Anfang an die nötige Reaktionsfähigkeit hatten, um auch den Schock abzufangen. Der Beweis dafür sind die unabhängigen Buchhandlungen, die sich zusammengeschlossen haben, um ihre Bücher online anzubieten, die Restaurants, von den hochwertigsten bis zu den bescheidensten, die ihre Gerichte nach dem System „Click and Collect“, klicken und abholen, weiter verkauft haben.

Fast ein Jahr lang war der Einsatz unserer Mitbürger bewundernswert, vor allem jener, die sich schon im März an der Front befanden - oft die vom Politik-Philosophen Denis Maillard geschätzten "Backoffice"- Arbeiter, die Kassiererinnen, die Auslieferungsfahrer, die LKW-Fahrer, die Staplerfahrer.... Die Pfleger, diese Krieger, verdienen als Standbilder verewigt zu werden und die Huldigung der dankbaren Nation. Vor allem aber verdienen sie angemessene Mittel, um ihre Aufgabe zu erfüllen.
Nach dem Ruck kommt der Wiederaufbau. Der Wiederaufbau unserer Wirtschaft und hoffentlich auch unserer Gesellschaft.

2020 hat uns die Notwendigkeit von strategischem Denken, von Widerstandsfähigkeit und Anpassungsfähigkeit gelehrt. Dies sind die drei Achsen, auf denen wir von nun an aufbauen müssen.

Strategisch zu denken bedeutet, die Produktion lebenswichtiger Geräte in Frankreich zu garantieren und sich nicht auf Drittländer am anderen Ende der Welt zu verlassen. Für die Europäische Union bedeutet das auch, über ihre technologische Unabhängigkeit gegenüber den amerikanischen und chinesischen Digitalgiganten nachzudenken. Das Ende der europäischen Naivität, die der französische Kommissar Thierry Breton in der Europäischen Kommission fördert, ist eine Auftrag im Sinne des öffentlichen Wohls, und wir müssen uns freuen, dass die Bewegung in diese Richtung 2021 an Fahrt gewinnt. Coralie Delaume, eine begabte junge Essayistin und Analytikerin der europäischen Frage, die uns leider im letzten Jahr verlassen hat, hätte diese Umorientierung begrüßt.

Strategisch zu denken bedeutet, die Energieunabhängigkeit Frankreichs durch die Sicherung der Kernenergie als Quelle der Energieversorgung zu gewährleisten und damit dem Wahnsinn ein Ende zu setzen, auf die einzige CO2-freie Energie verzichten zu wollen.

Strategisch zu denken bedeutet schließlich nicht zu behaupten, dass Frankreich alles allein machen muss, sondern sich auf die wesentlichen Sektoren zu einigen, die mit dem Leben der Nation verbunden sind, wie Ernährung, Energie und Verteidigung. Ja, unsere Unabhängigkeit ist nicht verhandelbar. Sie wird nicht durch politischen Opportunismus oder die Emotion des Augenblicks verwässert. Es ist die Kammlinie, auf der wir immer fest stehen müssen. Das ist auch eine der Lektionen des vergangenen Jahres.

Der Wiederaufbau unserer so gespaltenen Gesellschaft bedeutet, die Rückeroberung der "verlorenen Gebiete der Republik" in den Griff zu bekommen, um sie wieder in den nationalen Schoß zu holen und ihnen die gleichen Chancen wie den anderen zu geben. Dazu gehört ein erneutes, starkes Auftreten der öffentlichen Dienste, insbesondere der Polizei und der Gendarmerie, die das erste Bollwerk gegen den Zerfall der Gesellschaft sind, dicht gefolgt von der republikanischen Schule, ohne die der Kitt des Bürgersinns nicht greifen kann. Wesentliche Aufgabe: Der politische Islam ist da, der mit seiner Lesart der binären Welt - sie gegen uns -, für die unkritischen und ungebildeten Köpfe leicht zugänglich ist, und sie dazu auffordert, sich in die Risse unserer Gesellschaften einzuschleichen, um daraus unheilbare Brüche zu machen. Der Umbau unserer Gesellschaft bedeutet, die illegale Einwanderung härter zu bekämpfen und endlich auf selektive Einwanderung statt auf den Familiennachzug zu setzen, der seit 2020 sinnlos geworden ist. Die exklusive Ifop-Umfrage, die auf diesen Seiten im Rahmen der Figaro Enquêtes veröffentlicht wurde, ist aufschlussreich: Die Franzosen wollen keine Neuankömmlinge mehr aufnehmen. Nur die nützlichen Idioten der äußersten Linken, die der rechtsextremen Nationalen Sammlungsbewegung (Rassemblement National) in ihrem Kampf um die Präsidentschaft der Republik als Steigbügelhalter dienen, verteidigen die totale Öffnung der Grenzen. Sie stellen damit die Realität der "Identitätsfalle" zur Schau, die der Politologe der linken Mitte Laurent Bouvet ermittelte.

Unsere Gesellschaft wieder aufzubauen bedeutet auch, gegen die Risse zu kämpfen, die unseren Boden aushöhlen. Ultra-Minderheiten-Gemeinschaften, die vor allem über soziale Netzwerke sehr aktiv sind, stellen sich als Zensoren, Erpresser hin oder gehen sogar bis zu physischen Drohungen, um andere Menschen auszuschalten. Diese Abschaffungskultur, die „cancel culture“, die ihren Ursprung in den Vereinigten Staaten hat und erst kürzlich wieder von einem ihrer Opfer, dem amerikanischen Biologen und Entwicklungstheoretiker Bret Weinstein, angeprangert wurde, muss überall bekämpft werden, denn sie trägt den Keim künftiger Diktaturen in sich. Wir dürfen uns nicht von Online- oder Medieneinschüchterungen beeindrucken lassen, sondern müssen den Begriff der Distanzierung wieder einführen, wir müssen Abstand nehmen und aufhören, auf alles unmittelbar und ständig zu reagieren. Die Tribunale der sozialen Netzwerke von heute sind nie leer. Es ist an der Zeit, ihnen ein Ende zu setzen und aufzuhören, auf ihrem Revier mitzuspielen.

Der Wiederaufbau unserer Gesellschaft bedeutet schließlich und vor allem, unserer Jugend Hoffnung zu geben. Unsere Kinder, vermummt, unter Hausarrest, gezwungen, tagtäglich die Verwaltungsvorschriften und Gesundheitsvorschriften zu ertragen, die zum Schutz der Älteren erlassen wurden – dabei verstehen sie das -, zahlen einen sehr hohen Preis für die Krise. Heute in ihrem Studium, ihrem sozialen Beziehungsnetz, ihren Reisen, ihren Freundschaften, ihren Liebschaften eingeschränkt, werden sie sich morgen in einer unruhigen Wirtschaft wiederfinden, mit einer Arbeitswelt konfrontiert werden, die härter als je zuvor sein wird, reich vor allem an den Schulden und Tragödien, die wir ihnen hinterlassen. Den Ruck nach vorne müssen wir auch für sie bewerkstelligen.

Es gibt Jahre, in denen der Leitartikel zum 1. Januar schwieriger zu schreiben ist als in anderen. Wenn 2020 ein Jahr des Lockdowns war, sind die Samen unserer zukünftigen Wiederauferstehung dennoch gesät und werden im fruchtbaren Boden unserer Hoffnungen reifen. Wir sind es uns selbst schuldig, die Gärtner unserer Hoffnungen zu sein und sie keimen und wachsen zu lassen, um deren Früchte zu ernten. Das sind wir all denen schuldig, die uns im vergangenen Jahr verlassen haben, aber auch denen, die bleiben. Ab morgen werden wir wieder aufbauen müssen, denn "wahrer Mut lässt sich nicht unterkriegen". (...) Ich wünsche Ihnen allen, liebe Leser und Leserinnen, ein Jahr 2021 voller Mut, Hoffnung und Leben!

Olivier Dassault

Geschäftsführer der Figaro-Zeitungsguppe (in "Le Figaro", Dienstag, 5. Januar 2021)

Strasbourg


1. Emmanuel Macron a défendu Strasbourg

2. Mosquée de Strasbourg: un message d'apaisement de la Maire Jeanne Barseghian

3.David Sassoli : Strasbourg reste le siège du Parlement européen

4. Lettre ouverte de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg

5. Mettre le Parlement Européen au Vert à Strasbourg 

6.Une résolution pour Strasbourg de l’association « C’ l’Europe » 

7.  Le retour de l’Alsace 

8. 30 ans de jumelage Strasbourg-Dresde


Emmanuel Macron a défendu Strasbourg

Le 9 Mai 2021, journée de la Fête de l'Europe, le président Emmanuel Macron est venu dans l'Eurométropole alsacienne défendre la place du Parlement européen à Strasbourg. "Au moment où nos valeurs sont attaquées, menacées au sein même de l'Europe, a-t-il dit, rappeler que Strasbourg est la capitale des droits démocratiques européens et de nos valeurs est essentiel. Et la place du Parlement européen est dans ce cœur vibrant des valeurs européennes. Si Bruxelles est la capitale des bureaux de l'Europe, Strasbourg est la capitale de son âme et de son cœur: là où on la pense, là où on défend ses valeurs". Le président  a insisté sur la Souveraineté et la Démocratie européennes qui se déploient à Strasbourg et a mis la jeunesse qui a beaucoup souffert de la pandémie, au premier rang dans la promotion de l'Europe. Citant un poète un peu oublié, Patrice de la Tour du Pin, il a dit que "les peuples qui n'ont pas de légende meurent dans le froid". Mais ce ne sont pas les chaines françaises de télévision qui tisseront la nouvelle saga européenne. Dans leurs journaux du soir au petit écran, ni la chaîne publique TF 1 ni la chaîne privée France 2 n'ont eu un mot pour l'initiative et les propos du président.  (Rédaction, le 10 mai 2021)

Mosquée de Strasbourg: un message d'apaisement de la Maire Jeanne Barseghian

Nous avons suivi la polémique engagée entre le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, à propos du financement de la grande mosquée promue par l'association religieuse turque Milli Görus (voir ci-après sous "Sécurité" : Gérald Darmanin). A la demande du ministre, la préfète de Strasbourg avait engagé un recours contre cette opération en faveur du culte musulman d'obédience politique turque. Le 16 avril, Mme Barseghian a mis fin aux empoignades en publiant une lettre adressée aux Strasbourgeois. Il en ressort qu'elle n'avait reçu ce projet en héritage de son prédécesseur socialiste Roland Ries, qu'elle ne peut donc en être tenue responsable et que sa demande d'apaisement est recevable. Dans sa lettre ouverte elle informe les Strasbourgeois que « les porteurs du projet - c'est à dire Milli Göruz, comprenons-nous - ont retiré leur demande de subvention ». Les "Dernières Nouvelles d'Alsace" (DNA) ont publié cette lettre de Mme la Maire et nous la reproduisons ci-après en intégralité
.

« Chères Strasbourgeoises, Chers Strasbourgeois,
Je m’adresse aujourd’hui à vous dans un contexte sanitaire, économique et social qui impose constance et responsabilité.
C’est dans un esprit d’apaisement et de concorde que je souhaite ainsi vous apporter toutes les informations sur le projet de subvention à la mosquée Eyyûb Sultan qui a fait tant de bruit ces dernières semaines. Je mesure l’incompréhension et l’émoi que cette polémique a causés chez nombre d’entre vous et j’entends répondre ici à votre besoin légitime d’explications.
La Ville de Strasbourg, en vertu du Concordat et du droit local, finance la construction de lieux de culte catholiques, protestants et israélites. Ces dispositions ont été progressivement étendues à d’autres cultes, du fait du volontarisme des élu·es de Strasbourg. Plus de 22 millions d’euros de subventions ont ainsi été octroyés depuis 2008 par la Ville, dont environ 8,6 millions pour les cultes protestants, 7,7 millions pour le culte catholique, 3,7 millions pour le culte musulman et 1 million pour le culte israélite.
A lire aussi Retrait de la subvention à la nouvelle mosquée de Strasbourg : Barseghian appelle à l'apaisement
Nouvelle mosquée de Strasbourg: Millî Görüs retire sa demande de subvention.

Histoire d’une controverse : « Je n’ai jamais été alertée par l’Etat quant au risque d’atteinte aux principes républicains »

C’est pour répondre au principe essentiel d’équité que la demande de subvention reçue fin 2020 pour la construction de la mosquée Eyyûb Sultan a été présentée au Conseil municipal du 22 mars, dans les mêmes formes que l’ensemble des délibérations relatives au financement des cultes à Strasbourg depuis de longues années. Les municipalités précédentes avaient fortement soutenu ce projet, au point de modifier les règles d’urbanisme pour en permettre la réalisation. La première pierre de l’édifice a été posée en 2017, en présence du Préfet de région Jean-Luc Marx, de mon prédécesseur Roland Ries et de nombreux autres élu·es. C’est donc dans la continuité des actes et des usages du Conseil municipal de Strasbourg que nous avons examiné cette demande de subvention.
Je veux être parfaitement claire : je n’ai jamais été alertée par l’Etat quant au risque d’atteinte aux principes républicains et à la sécurité nationale par l’association porteuse du projet. Aucun élément concret ne m’a d’ailleurs été transmis à ce jour. Si cela avait été le cas, aucun projet de subvention n’aurait été présenté en Conseil municipal. Dans ce contexte, le fait que l’État entretienne lui-même des relations avec la même association à Strasbourg, via différentes subventions et partenariats, ne manque pas d’interroger.

« La Ville ne versera donc pas en l’état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée ».

Qu’en est-il aujourd’hui de ce projet de subvention ? L’instruction du dossier s’est poursuivie en ce mois d’avril, conformément aux engagements pris lors du conseil municipal du 22 mars. J’avais conditionné le versement d’une subvention à la confirmation par l’association de son inscription dans les principes républicains et à la présentation d’un plan de financement transparent et consolidé. Sur le premier point, il appartient à chacun – et en premier à l’État – d’apprécier les clarifications apportées récemment par l’association. Sur le second point, les porteurs du projet ont constaté le besoin de consolider leur plan de financement et ont donc retiré le 15 avril leur demande de subvention. Je prends acte de ce retrait et la Ville ne versera donc pas en l’état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée.
Au-delà des aspects spécifiques à ce dossier, je suis attentive aux nombreuses questions qui entourent les relations spécifiques aux cultes sur notre territoire. C’est la raison pour laquelle j’engagerai, dans les prochaines semaines, un travail constructif avec les représentants des groupes politiques au Conseil municipal, les représentants des cultes et d’autres acteurs locaux, pour rendre plus transparentes et équitables les procédures d’attribution de financement et de soutien aux cultes. Je sais pouvoir compter sur vous, habitantes et habitants de Strasbourg, pour participer à ce débat et l’enrichir de vos contributions.
Soyez assuré-es de mon engagement républicain sans équivoque, à votre service et malgré les menaces dont je fais l’objet. J’œuvre dans le strict respect de l’État de droit et des responsabilités qui m’incombent en tant que maire, pour faire face aux multiples crises : sanitaire, économique, sociale et écologique.

« Je combats les discriminations faites aux musulmans comme je combats l’antisémitisme sous tous ses aspects »

Au cours des dernières semaines, des Strasbourgeois·es ont été stigmatisé·es en raison de leur confession ou de leurs origines. Je ne peux l’accepter. Je suis pleinement engagée dans le combat contre toute forme d’injustice et de haine, dans le strict respect de la liberté de conscience et d’expression. Je combats les discriminations faites aux musulmans comme je combats l’antisémitisme sous tous ses aspects. Je regrette profondément que notre ville et ses habitant·es aient subi les conséquences de ces polémiques qui ont attisé peurs, haines et rejets.
Il est maintenant de notre responsabilité collective – j’y prends toute ma part – de rappeler pourquoi nous sommes si fier·es de Strasbourg : une ville qui symbolise la réconciliation entre les peuples et concrétise l’idéal d’une Europe de paix et de solidarité ; une capitale européenne de la démocratie et des droits humains ; une terre d’accueil humaniste, riche des cultures qui l’animent et la nourrissent ; le berceau d’un dialogue interreligieux de qualité au sein d’une République sociale et laïque ; une ville résiliente par son histoire comme pour son avenir, emplie des espoirs des jeunes générations.
Ces repères nous unissent indéfectiblement. Vous pouvez compter sur mon engagement pour les porter sans relâche, avec détermination et humilité, au service de l’intérêt général, auprès de chacune et de chacun d’entre vous. »

(Notre commentaire : Deux phrases nous frappent dans ce message de Madame la Maire : "Ces dispositions ont été progressivement étendues à d’autres cultes, du fait du volontarisme des élu·es de Strasbourg". "Autres cultes" signifiant ici évidemment le culte musulman, ce qui peut vouloir dire que les prédécesseurs de l'équipe municipale actuelle, dont des musulman(e)s élu(e)s au Conseil municipal, ont étendu de leur propre chef les subventions à ce culte, Effectivement, les années précédentes ont vu proliférer à Strasbourg les associations musulmanes surtout d'obédience turque. Sont-elles toutes licites ? 
L'autre phrase alarmante concerne le "fait que l’État entretienne lui-même des relations avec la même association (sous-entendu Milli Görus) à Strasbourg, via différentes subventions et partenariats". Ce qui "ne manque pas d’interroger"... suggère Mme la Maire. En effet. il y a de quoi s'interroger. Que Mme Barseghian ait été dans ce contexte la cible de "menaces" est en tout cas un signe très inquiétant. Mais le fond du problème n'est-ils pas ailleurs ? L’extension ostensible de la puissance turque - pas seulement à Strasbourg mais en Méditerranée orientale, en Syrie et en Azerbaidjan et Libye - met les nerfs des Européens à vif. Il serait donc plus que temps que M. Erdogan rentre dans sa modeste coquille comme viennent de le faire à Strasbourg ses amis de Milli Görus).

Strasbourg reste le siège du Parlement européen

En mars 2021, le président du Parlement Européen, David Sassoli, a fait au quotidien "Le Figaro" une déclaration solennelle d'une importance capitale. Répondant à une question sur la conférence sur l'avenir de l'Europe, il a précisé : "Le siège du Parlement Européen est à Strasbourg. C'est inscrit dans les traités et l'histoire de l'UE le confirme. Nous n'avons pas été en mesure de nous y rendre en raison de la pandémie, mais j'ai bien l'intention d'y retourner dès que possible. Le siège de Strasbourg n'est pas du tout remis en question. Toute initiative voulant faire croire que l'on pourrait ne pas y revenir n'a pas le moindre fondement ni le moindre sens".

Madame Jeanne Barseghian, Maire de Strasbourg, s'est jointe à l'engagement du président Sassoli dans une lettre ouverte  adressée à celui-ci et aux député(e)s européen(ne)s :

Mesdames les Députées européennes,
Messieurs les Députés européens,

Vous connaissez le sincère et profond attachement de la Ville de Strasbourg et des Strasbourgeois-es au Parlement européen.
Depuis le début de l’année 2020, nous faisons toutes et tous face à une pandémie sans précédent, et des mesures sanitaires exceptionnelles ont dû être prises dans toute l’Europe. Ces mesures ont conduit à l’annulation des sessions plénières à Strasbourg, qui ont été remplacées par des sessions en visioconférence ou depuis Bruxelles. Depuis un an désormais, vous n’avez pu débattre, voter, exercer votre mandat dans l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg.
Au nom des citoyen.nes européen.nes, vous siégez à Strasbourg, cœur de la démocratie européenne conformément aux traités. Pour que la voix des peuples européens continue d’être entendue, notre horizon commun est de renouer avec le fonctionnement normal de la démocratie européenne. C’est la raison pour laquelle j’appelle de mes vœux une reprise au plus vite des sessions plénières.
Soyez assurés de la mobilisation totale de la Ville pour garantir des conditions de sécurité sanitaire optimales et de ma détermination à faire vivre la démocratie européenne au siège du Parlement européen. Je serai ainsi heureuse de vous retrouver à Strasbourg, dans le cadre des sessions plénières ainsi qu’au cours d’échanges et d’événements que j’espère nombreux dans les prochains mois. À ce titre, je me réjouis que l’ouverture de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe ait lieu sur notre territoire le 9 mai prochain, première étape d’un processus démocratique dans lequel Strasbourg sera pleinement engagée.
Je vous prie d’agréer, Mesdames les Députées européennes, Messieurs les Députés européens, l’expression de ma considération distinguée.
Jeanne BARSEGHIAN
Maire de Strasbourg
Comptant sur votre présence,
Sincères salutations.

Mettre le Parlement Européen au Vert à Strasbourg

Le Parlement Européen était enfin revenu à Strasbourg le 14 décembre 2020 en soi-disant séance plénière de normalement trois jours. Deux vans de la police étaient postées à son entrée, avec, dans chacune, deux policiers, tandis que deux CRS armés déambulaient autour de l’édifice. Mais pour garder qui ? Il n’y avait pas foule sous les drapeaux du parvis. Il n’y avait même personne. Au lieu des 705 députés européens attendus,  moins d’une dizaine seulement siégeaient dans l’hémicycle. Les autres étaient branchés sur vidéo. Certes, le président du Parlement, David Sassoli, fit une apparition pour promettre que le Parlement reviendrait à Strasbourg au grand complet le 2 février prochain, après un an d’absence.

Mais une fois l’ordre du jour voté, il prit la tangente vers Bruxelles, non sans avoir proclamé sa fidélité indéfectible à Strasbourg, siège du Parlement européen.  Ce qui n’a pas empêché les députés de décider que le Prix Sakharov 2020 pour la liberté de l’esprit serait remis le mercredi 15 décembre à l’opposition démocratique biélorusse lors d’une cérémonie à Bruxelles. Certes, M. Sassoli nous a rassurés  par ses propos, mais on voit bien que les députés, leurs assistants et les administratifs parlementaires traînent les pieds pour venir en Alsace, un voyage qui coûte plus de 100 millions par an et les oblige à quitter trois jours par mois les délices de Bruxelles.

Emmanuel Macron et Clément Beaune ont enfin sonné le tocsin pour dénoncer l’abandon progressif de l’Eurométropole alsacienne. C’est nouveau après la passivité et l’insouciance qu’ont témoignée sur la question les présidents et ministres qui les ont précédés, contaminés par la maladie jacobine qui infecte la France de Paris  et fait de toutes les métropoles régionales quantité négligeable. A cela; s’est ajoutée en 2020 la Covid-19. Deux graves maladies, l’une chronique, l’autre momentanée, du moins espérons-le. Les élus français et leurs alliés luxembourgeois et allemands favorables à Strasbourg comme siège de la démocratie européenne de préférence aux silos  bureaucratiques bruxellois, ont encore un atout, à savoir l’unanimité requise pour changer le traité qui fait de Strasbourg le siège unique du Parlement européen. Traité dont la validité a été confirmée par la Cour européenne de Luxembourg il y a quelques années.

A Strasbourg aussi, la nouvelle équipe municipale, forte du soutien gouvernemental, a enfin repris les choses en mains après des années de léthargie qui ont laissé peu à peu Strasbourg se vider de sa substance européenne. Elle a récemment décidé tous les dirigeants élus des collectivités du Grand Est à adresser au président du Parlement un message lui rappelant que la remise en état de l’immeuble du Parlement Européen de Bruxelles va coûter la bagatelle d’un demi-milliard d‘euros et sans doute davantage alors que le superbe bâtiment Louise Weiss de Strasbourg est en parfait état. De plus, on construit face au Parlement de Strasbourg le bâtiment Osmose, conçu pour les institutions européennes.

En proue du quartier d’affaires international Archipel Wacken, Osmose renforce le statut protocolaire de l’accès au Parlement Européen en lui offrant un nouveau parvis large, institutionnel, agrémenté d’un miroir d’eau et de végétation. Sobre et élégant à l’extérieur, Osmose se révèle chaud et vivant à l’intérieur : à l’enveloppe externe gris argenté répondent les façades intérieures cuivrées, expression de l’intensité de la vie et des échanges au cœur du bâtiment, et référence au grès des Vosges de la façade intérieure du Parlement.

Des écervelés ont baptisé la future construction de Bruxelles "Caprices des Dieux". C'était jusqu'ici le nom d'un fromage.IL ne faut pas s'en étonner à propos de ce divin caprice qui contribuera à l'enrichissement de certains dans la capitale belge et rendra l'Europe encore plus impopulaire. Certainement des Britanniques étaient-ils à l'origine de ce projet insensé. Ils sont experts en la matière, à en juger par leur Brexit.


Malgré le côté pratique et utile de la communication virtuelle, les êtres humains que nous sommes auront à coup sûr besoin de proximité et de contacts visuels après tant de confinements. Et ce seront des endroits comme Osmose qui seront le lieu idéal pour cela dont on a besoins dans nos villes à reconcevoir.  (L’équipe de « C l’Europe ». 16/12/2020)


Une résolution pour Strasbourg de l’association « C’ l’Europe » 

« Nous militons en faveur d’un siège unique du Parlement Européen et de son administration à Strasbourg ». Ces mot figurent au début des statuts de notre association « C’ l’Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg », inscrits tout récemment au registre du Tribunal judiciaire de Strasbourg.

Or, pour éviter la contagion, nous dit-on, le Parlement Européen réunit depuis le 26 mars non seulement ses commissions mais aussi ses sessions plénières à Bruxelles. Autrement dit, le Parlement dans sa totalité. Pourtant, les votes se déroulent à distance en mode électronique. Donc en l’absence physique de députés. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger ? Pourquoi affirmer que les sessions plénières se tiennent à Bruxelles si elles se déploient dans l’espace hertzien ?

La communication numérique est délocalisée et des gens sont prêts à la réceptionner et à la traduire à Strasbourg. Mais tout est ramené à Bruxelles. Alors, pourquoi nous dorer la pilule avec des messages conciliants comme celui fort aimable du président du Parlement invoquant pour se dédouaner l’intangible fidélité à la décision de 1992 ? 

Décision adoptée à l’unanimité par les gouvernements de l’Union qui attribuait les sièges des institutions européennes. Celui du Parlement fut accordé à Strasbourg. Il l’est resté. En droit, certes. Mais la force normative des faits forge les réalités politiques. Or, le danger est là, Bruxelles capture le Parlement. L’heure n’est plus aux belles phrases aussi vite oubliées que dites ou écrites. 

Réunir les commissions à Bruxelles avait déjà effrité la décision de 1992 sans pouvoir l’annuler. Les anti-Strasbourg profitent maintenant de la pandémie pour créer un nouveau fait accompli. Le 8 septembre dernier, quand le Parlement a renoncé derechef à siéger à Strasbourg, on a subodoré qu’il n’y viendra plus cette année. Strasbourg est comme rayée de la carte. Deux députées strasbourgeoises ont vivement protesté. Les a-t-on entendues ? Le pli est-il déjà pris ? 

Sur le papier, l’UE existe encore à Strasbourg. Mais le gardien sur le parvis du Parlement à l’Allée du printemps si bien nommée, n’a plus que les fleurs à surveiller. Sur ses terrasses, tout en haut, les arbustes font grise mine. Cette magnifique réussite architecturale, maintenant à l’abandon, unissait harmonieusement la vie moderne à la nature. Faut-il en parler au passé ? « Elle serait le siège idéal d’une université européenne », nous glisse un ami belge. Cette rumeur bien colportée s’insinue, « elle s'enfle, grandit à vue d'œil ; elle s'élance, étend son vol… ». Elle se fait légende urbaine. 

Nous laisserons-nous prendre à ces bienveillantes paroles ? 

En abusant de la complaisance et de l’indifférence (« Strasbourg est loin à l’Est ») propres à tant de gouvernements français successifs, les anti-Strasbourg ont officialisé des faits accomplis et grignoté peu à peu le terrain. Or, rien n’interdisait d’installer intégralement le Parlement Européen à son siège officiel, à Strasbourg. En homme de bon sens, Helmut Kohl le voulait. Pourquoi François Mitterrand n’a-t-il pas saisi la perche ?  

Le 3 octobre 2020, on a célébré le 30ème anniversaire de la réunification allemande. Son architecte, le chancelier Kohl, avait exprimé sa dernière volonté en demandant que ses obsèques religieuses se déroulent chez lui à Spire, et ses obsèques civiles et politiques dans l’amphithéâtre du Parlement de Strasbourg. 

Le chancelier savait que déconcentration et décentralisation sont dans l’ADN de l’Europe. Ce n’est pas sans raisons que les pères fondateurs de la future Union Européenne ne voulaient pas loger ses institutions dans des capitales nationales. Mais la capitale de la Belgique a obtenu la Commission et le Conseil européen. C’est une exception et un acquis. Bruxelles, sera toujours l’exécutif européen. 

Faut-il lui donner de surcroît le Parlement ? Ce serait une rupture du contrat et une atteinte à l’esprit du continent. Ce fut au départ essentiellement un objectif  des Britanniques, notamment pour mettre l’Europe sous l’aile de l’OTAN. Laisserons-nous faire alors que Londres a déserté l’Europe avec pertes et fracas en nous jouant une absurde comédie ? 

Bien entendu, la France ne décide pas seule. Or, d’ici à l’automne 2021, le moment est optimal pour des initiatives franco-allemandes. Il faut saisir les chances quand elles se présentent. L’histoire ne repasse pas les plats. 

Évidemment, on n’aura pas le Parlement tout entier à Strasbourg sans céder quelque gage substantiel en échange à nos amis allemands. Angela Merkel et Annegret Kramp-Karrenbauer l’ont nettement donné à comprendre. En Allemagne, peut-être plus qu’ailleurs, les bons comptes font les bons amis. 

L’Allemagne a enfanté l’euro et lui a donné son nom. Il est chez lui à Francfort. La représentation citoyenne est dans les gènes de la France. Elle est incarnée par Strasbourg. Pourquoi ne pas renforcer ces deux hauts lieux de l’européanité, chacun selon sa vocation ? Ce serait une base de pourparlers.  

En attendant, il faut agir, bousculer rites et usages. Ce sont les actes qui font bouger les choses. Ne laissons pas les faits s’établir insidieusement. Bruxelles est en zone plus rouge que Strasbourg. Ne faudrait-il pas aller chercher en voiture à Bruxelles des député(e)s volontaires et les héberger dans l’eurométropole strasbourgeoise ? 

Mais y a-t-il encore des parlementaires de l’UE à Bruxelles ? C’est en tout cas ce qu’on tente de nous faire avaler.

Jean-Paul Picaper Président de « C’ l’Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg ». Le 28 septembre 2020




La reconstruction de la France en 2014 en 13 régions métropolitaines plus 5 régions d'outre-mer, se superposant à la mosaïque des 101 départements, avait provoqué de nombreuses protestations parce que des unités territoriales très différentes et parfois distantes ont été soudées les unes aux autres. Le premier objectif était de mettre la France au diapason des autres pays européens, le plus souvent fédéralistes, comme sa grande voisine l’Allemagne avec ses seize Länder. Le second était de simplifier l’administration régionale française et de faire ainsi des économies d'échelle. Et le troisième enfin de décentraliser ou déconcentrer un pays trop axé sur Paris.

Non seulement la plupart de ces objectifs n’ont pas encore été atteints, mais les réclamations continuent, venant surtout de régions ayant une culture et une histoire très particulière. Mariée à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne, l’Alsace jalousait la Bretagne qui forme une région à elle seule. Elle aurait bien voulu s’accoupler à la Lorraine, l’idée «d’Alsace-Lorraine » ayant un passé dans l‘inconscient français, mais qu’avait elle à voir avec ce pays « producteur de bulles » qu’est la Champagne ? Les Alsaciens n’ont eu de cesse d’obtenir le droit de former tout au moins une collectivité locale, sans se détacher de la Région Grand-Est composée de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne.

C’est chose faite cette année avec la formation de la Collectivité européenne d’Alsace (la CEA), composée des deux départements alsaciens Bas-Rhin et Haut-Rhin assez réticents auparavant à fusionner. Naturellement, les protestations en Lorraine et Champagne sont nombreuses, mais c’était inévitable et les Alsaciens y tenaient beaucoup. Le principal effet de cette création sera un renforcement de l’Eurorégion Alsace-Pays de Bade. Les pouvoirs locaux du Bade allemand voient un effet positif notamment en matière de promotion des langues, de la culture, des transports et de la santé. « L’Alsace avait été rayée de la carte politique, elle existera à nouveau et je m’en réjouis», a estimé le maire de Breisach, Oliver Rein, élu CDU, commune qui occupe une place particulière dans l’histoire frontalière.

En 1918, c’est par le pont de Breisach que les autorités françaises avaient expulsé sans ménagement les Allemands installés en Alsace et les Alsaciens jugés « indésirables ». Mais c’et aussi à Breisach en 1950, cinq ans seulement après la fin de la guerre et le retour de l’Alsace à la France, que 80% de la population avait demandé la suppression de la frontière sur le Rhin. Outre la revitalisation de programmes transfrontaliers européens déjà existants, de la relance en commun des énergies renouvelables et de la remise en service la ligne ferroviaire Colmar – Breisach, on va promouvoir le bilinguisme franco-allemand et la coopération sanitaire dont l’épidémie du Covid a fait prendre conscience.

La bonne nouvelle (Good news)

"Au milieu des années 1970, il ne restait plus que neuf couples de cigognes en Alsace. De nombreux acteurs se sont mobilisés afin de favoriser le grand retour de l’oiseau symbole : un programme de réintroduction de cette espèce dans la région, plusieurs opérations de sauvetage et une importation de spécimens par une vingtaine d’élevages, en provenance notamment du Maghreb. Une mission réussie après trente ans d’effort. Mais ce repeuplement, trop massif aux yeux de certains habitants, ne fait pas l’unanimité et quelques voix s'élèvent..."

"In the mid-1970s, there were only nine pairs of storks left in Alsace. Numerous players were mobilised to promote the great return of the symbol bird: a programme to reintroduce this species to the region, several rescue operations and the import of specimens by some twenty farms, notably from the Maghreb. A successfull mission after thirty years of effort. But this repopulation, too massive in the eyes of some inhabitants, is not unanimously approved and some voices raised”.


30 ans jumelage Strasbourg-Dresde

Très vite après la proclamation de la réunification allemande, le 3 octobre 1990 à Berlin, Strasbourg l’Alsacienne et Dresde la Saxonne signaient le 27 du même mois un accord de jumelage. Ce lien ne s’est jamais distendu, encore que Strasbourg coopère avec des villes limitrophes allemandes, telles Offenburg et Karlsruhe et naturellement Stutgart, un peu plus éloignée. Les célébrations du 30ème anniversaire qui auraient dû avoir lieu en 2020 ont été reportées en raison de la crise sanitaire. En 2003, es deux villes avaient obtenu le prix de la Culture des régions européennes pour la richesse de leurs échanges, notamment culturels et patrimoniaux. Des initiatives se suivent comme des perles sur un riche collier, telles récemment l’exposition « Boulevard de Dresde/Straβburger Platz » et « La rénovation urbaine de Dresde depuis 1990 » au Lieu d’Europe. (Stefan Richter. Président de Paneurope Saxe.20/12/2020)

Strassburg


1. Macron steht zu Sraßburg
2. David Sassoli: Straßburg ist und bleibt Sitz des Europäischen Parlaments
3.  Offener Brief  von Jeanne Barseghian an die Europaabgeordneten
4. 30 Jahre Städtepartnerschaft Straβburg-Dresden
5. Begrünung des Europäischen Parlaments in Straßburg
6. Das  Elsaß wie neugeboren

Macron steht zu Strassburg

Der französische Staatstpräsident Emmanuel Macron hat zum Europatag 9. Mai 2021 eine grossartige Rede im Europäischen Parlament zu Strassburg gehalten. Am gleichen Tag gab er der elsässischen Zeitung "Dernières Nouvelles d'Alsace" ein ausführliches Interview, in welchem er unter anderem sagte: "In einer Zeit, in der unsere Werte angegriffen und in Europa selbst bedroht werden, ist es wichtig, daran zu erinnern, dass Straßburg die Hauptstadt der europäischen demokratischen Rechte und unserer Werte ist. Und der Platz des Europäischen Parlaments ist in diesem pulsierenden Herzen der europäischen Werte. Wenn Brüssel die Hauptstadt der Büros Europas ist, dann ist Straßburg die Hauptstadt seiner Seele und seines Herzens: wo es gedacht wird, wo seine Werte verteidigt werden".Am Ende seiner Rede, in welcher er die Rolle des Jugend in Europa in den Vordergrund setzte, äusserte Emmanuel Macron dass Völker ohne Träume zum Tod in der Kälte verdammt sind. Aus seinen Worten ergab sich, dass die Souveränität Europas ein solcher konkreter, erreichbarer Traum sei". zu unserem Entsetzen berichteten die beiden französischen Tagesschaukanäle, TF 1 (öffentlich) und France 2 (privat) am Abend des 9. Mai mit keinem Wort darüber. TF1 erinnerte dagegen in einem langen Bericht an den Sieg des sozialistischen Staatspräsidenten François Mitterrand... 1981!  (Red.. 10.05.2021)

Im März 2021 gab der Präsident des Europäischen Parlaments, David Sassoli, gegenüber der Tageszeitung Le Figaro eine feierliche Erklärung von großer Bedeutung ab. Auf eine Frage zur Konferenz über die Zukunft Europas, die in Straßburg stattfindet, antwortete er: "Der Sitz des Europäischen Parlaments ist in Straßburg. Dies ist in den Verträgen verankert und die Geschichte der EU bestätigt dies. Wir konnten wegen der Pandemie nicht dorthin fahren, aber ich beabsichtige, so bald wie möglich zurückzukehren. Der Sitz in Straßburg steht überhaupt nicht in Frage. Jede Andeutung, dass wir nach Straßburg nicht zurückgehen können, ist völlig unbegründet und sinnlos.".

Frau Jeanne Barseghian, Bürgermeisterin von Straßburg, schloss sich dem Engagement von Präsident Sassoli zugunsten Strassburgs in einem offenen Brief an ihn und an  die Europaabgeordneten an:

Meine sehr geehrten Damen Abgeordnete des Europäischen Parlaments,
Meine sehr geehrten Herren Abgeordnete des Europäischen Parlaments,

Sie kennen die aufrichtige und tiefe Verbundenheit der Straßburg und der Bürgerinnen und Bürger Straßburgs mit dem Europäischen Parlament.

Seit Beginn des Jahres 2020 sind wir alle mit einer noch nie dagewesenen Pandemie konfrontiert, und in ganz Europa mussten außergewöhnliche Hygienemaßnahmen ergriffen werden. Diese Maßnahmen haben zur Absage der Plenarsitzungen in Straßburg geführt, die durch Sitzungen per Videokonferenz oder von Brüssel aus ersetzt wurden. Seit einem Jahr können Sie im Europäischen Parlament in Straßburg nicht mehr debattieren, abstimmen oder Ihr Mandat ausüben.

Kommen Sie nach Straßburg, dann sitzen Sie im Namen der europäischen Bürgerinnen und Bürger am Herz der europäischen Demokratie gemäß den Verträgen. Damit die Stimme des europäischen Volkes weiterhin gehört wird, ist es unser gemeinsames Ziel, zum normalen Funktionieren der europäischen Demokratie zurückzukehren. Deshalb hoffe und bete ich, dass die Plenarsitzungen so bald wie möglich wieder aufgenommen werden.

Sie können versichert sein, dass die Stadt Straßburg sich voll und ganz für die Gewährleistung optimaler Gesundheits- und Sicherheitsbedingungen einsetzt und dass ich entschlossen bin, die europäische Demokratie am Sitz des Europäischen Parlaments mit Leben zu erfüllen. Ich freue mich darauf, Sie in Straßburg wiederzusehen, sowohl während der Plenarsitzungen als auch bei den vielen Austauschveranstaltungen, die ich in den kommenden Monaten durchzuführen hoffe. In dieser Hinsicht freue ich mich, dass die Konferenz über die Zukunft Europas am 9. Mai auf unserem Territorium eröffnet wird, die erste Etappe eines demokratischen Prozesses, an dem Straßburg voll beteiligt sein wird.

Ich zähle auf Ihre Anwesenheit,
Mit freundlichen Grüßen

Jeanne BARSEGHIAN
Bürgermeisterin Straßburg

30 Jahre Städtepartnerschaft Straβburg-Dresden

Sehr bald nach der deutschen Wiedervereinigung am 3. Oktober 1990 in Berlin unterzeichneten die Städte Straβburg im Elsass und Dresden in Sachsen am 27. desselben Monats einen Partnerschaftsvertrag. Diese Verbindung hat nie nachgelassen, obwohl  Straßburg mit kleineren deutsch Nachbarstädten wie Offenburg und Karlsruhe sowie mit der gröβeren Landeshauptstadt Stuttgart kooperiert. Die Feierlichkeiten zum 30. Jahrestag, die im Jahr 2020 hätten stattfinden sollen, mussten aufgrund der Pandemie verschoben werden. Kleine Aktionen wie das „MailArt“-Projekt sorgten zumindest für etwas Aufmerksamkeit für die erfolgreiche Kooperation. Im Jahr 2003 waren beide  Städte mit dem Kulturpreis der europäischen Regionen für die Lebendigkeit ihrer  Partnerschaft, ausgezeichnet worden, insbesondere auf dem Gebiet des Kulturaustausches und der Pflege kulturellen Erbes. Initiativen folgen aufeinander wie Perlen auf einer schönen Halskette, wie etwa die jüngste Ausstellung Boulevard de Dresden/Straβburger Platz ; und Dresdens Stadterneuerung seit 1990 im Lieu d'Europe von Straβburg. (Stefan Richter, Präsident von Paneuropa Sachsen. 20.12.2020)

Begrünung des Europäischen Parlaments in Straßburg

Das Europäische Parlament war am 14. Dezember 2020 endlich wieder nach Straßburg zurückgekehrt. Zu einer sogenannten Plenarsitzung von normalerweise drei Tagen. Zwei Polizeiwagen waren an seinem Eingang stationiert, in denen jeweils zwei Polizisten saßen, während zwei bewaffnete Bereitschaftspolizisten um das Gebäude herumgingen. Aber um wen zu schützen?

Es stand keine Menschenmenge unter den Fahnen auf dem Parlamentsvorplatz. Es war sogar kein einziger Mensch zu sehen. Statt der erwarteten 705 Abgeordneten waren weniger als zehn von ihnen im Plenarsaal anwesend. Der Rest war auf Video ansprechbar. Parlamentspräsident David Sassoli trat auf und versprach, dass das Parlament am 2. Februar nach einem Jahr Abwesenheit wieder vollzählig nach Straßburg zurückkehren wird, und noch einmal versicherte, dass der Sitz des Parlaments Straßburg bleibt.

Doch, als über die Tagesordnung abgestimmt worden war, machte er sich schnell auf den Weg nach Brüssel, nicht ohne seine unerschütterliche Loyalität zu Straßburg zu verkünden. Seine guten Worte hielten die Europaabgeordneten nicht davon ab zu entscheiden, dass der Sacharow-Preis für geistige Freiheit 2020 am Mittwoch, den 15. Dezember, bei einer Zeremonie in Brüssel an die weißrussische demokratische Opposition verliehen werden sollte - und wurde. Es ist bekannt, dass die Abgeordneten, ihre Assistenten und das parlamentarische Verwaltungspersonal immer zögern, jeden Monat ins Elsass zu kommen, eine Reise, die über 100 Millionen im Jahr kostet und sie zwingt, die Brüsseler Genüsse drei Tage im Monat zu vermissen.

Staatspräsident Emmanuel Macron und Europaminister Clément Beaune haben endlich Alarm geschlagen und die schleichende Aufgabe der elsässischen Eurometropole angeprangert. Das ist nach der Passivität der Präsidenten und Minister, die ihnen vorausgingen neu. Ihre Vorgänger waren wohl von der jakobinischen Krankheit verseucht, die das Frankreich von Paris immer noch infiziert. Dazu kam 2020 Covid-19 zur Verstärkung des Übels. Zwei schwere Krankheiten, eine chronisch, die andere vorübergehend, zumindest hoffen wir das.

Die französischen Volksvertreter und ihre luxemburgischen und deutschen Verbündeten, die für Straßburg als Sitz der europäischen Demokratie anstelle der Brüsseler Bürokratie eintreten, haben noch einen Trumpf in der Hand, nämlich die erforderliche Einstimmigkeit im Europäischen Rat, um den Vertrag zu ändern, der Straßburg zum alleinigen Sitz des Europäischen Parlaments macht. Ein Vertrag, dessen Gültigkeit vor wenigen Jahren vom Europäischen Gerichtshof in Luxemburg bestätigt wurde.

Auch in Straßburg hat ,nach Jahren der Lethargie, die Straßburg nach und nach seiner europäischen Substanz entleert haben, die neue städtische Mannschaft mit Unterstützung der Regierung endlich die Dinge in die Hand genommen. Nach dem Abzug nach Brüssel des immer noch leeren Wissenschaftszentrums, wandern auch die meisten Mitarbieiter der irischen Mediatorin Emily O’Reilly, die normalerweise ihren Sitz in der Eurometropole Strassburg hat, zur belgischen Hauptstadt. Es musste also etwas geschehen.

Deswegen sind kürzlich alle gewählten Körperschaftenvorstände der Ostregion Frankreichs „ Grand Est“ in die Offensive gegangen und haben eine Botschaft an den Parlamentspräsidenten geschickt (hier unten), in der sie ihn daran erinnern, dass die Renovierung des Gebäudes des Europäischen Parlaments in Brüssel die Kleinigkeit von einer halben Milliarde Euro und wahrscheinlich mehr kosten wird.

Dabei ist in Strassburg alles vorhanden, was man braucht. Das prächtige Louise-Weiss-Hauptgebäude des Parlaments in Straßburg ist in tadellosem Zustand. Darüber hinaus entsteht gegenüber dem Parlament in der elsässischen Metropole das Osmose-Gebäude, das für die europäischen Institutionen konzipiert wurde. Am Bug des internationalen Geschäftsviertels von Straßburg „Archipel Wacken“ verstärkt Osmose den protokollarischen Status des Zugangs zum Europäischen Parlament, indem es ihm einen neuen, breiten, institutionellen Vorplatz bietet, der mit einem Spiegel aus Wasser und Vegetation geschmückt ist. Außen nüchtern und elegant, ist Osmose innen warm und lebendig: Die silbergraue Außenhülle wird durch die kupferfarbenen Innenfassaden ergänzt, ein Ausdruck für die Intensität des Lebens und des Austauschs im Herzen des Gebäudes und eine Referenz an den Vogesen-Sandstein der Innenfassade des Parlaments.

Einige Leute ohne Hirn und Verstand haben den in Brüssel geplanten Neubau "Laune der Götter“ getauft. In der Tat ist dieses Projekt eine überflüssige, göttliche Kaprizze, die Europa finanziell schwer belasten und noch unpopulärer machen wird. Wahrscheinlich waren Briten noch unter den Planern. Waaahnsinn!, kann man sagen. Dafür sind die Engländer Experten. Das zeigt zurzeit ihr Brexit.

Trotz der Bequemlichkeit und Nützlichkeit der virtuellen Kommunikation werden die Menschen ganz bestimmt nach der Corona-Pandemie ein Bedürfnis nach mitmenschlichem Zusammensein und visuellen Kontakten empfinden und dafür werden solche Stellen wie der Osmose Vorplatz in unseren neuzugestaltenden Städten geeignet und willkommen sein.
 (Das "C l'Europe"/“Es ist Europa“-Team. 16/12/2020)

 Wie neugeboren: Seit dem 1. Januar 2021 ist das Elsass eine einheitliche europäische Gebietskörperschaft

Die Rekonstruktion Frankreichs im Jahr 2014 in 13 Regionen, nachdem es zuvor in 101 Departements (die weiter bestehen, aber dadurch geschwächt werden) und in 22 Regionen aufgeteilt worden war, hatte viele Proteste hervorgerufen, weil sehr unterschiedliche und teilweise weit entfernte Gebietseinheiten zusammengeschweißt worden waren. Das erste Ziel war die Angleichung Frankreichs an andere europäische Staaten, die meist föderalistisch sind, wie der große Nachbar Deutschland mit seinen sechzehn Bundesländern. Das zweite Ziel bestand darin, die französische Regionalverwaltung zu vereinfachen und Einsparungen zu erzielen. Und das dritte schließlich ist die Dezentralisierung oder Dekonzentration des Landes, das zu sehr auf Paris ausgerichtet ist.

Die meisten dieser Ziele sind noch nicht erreicht worden, was Ungeduld erzeugt, aber das dauert sicherlich seine Zeit. Andere Proteste gehen weiter, vor allem aus Regionen mit einer ganz besonderen Kultur und Geschichte, die befürchten von der Landkarte verwischt zu werden.. Verheiratet mit Lothringen und Champagne-Ardenne, war das Elsass z. B. neidisch auf die Bretagne, die eine eigenständige Region bildet. Die Elsässer hätten sich schon mit Lothringen gepaart, die Idee von "Elsass-Lothringen" hat eine Vergangenheit im französischen Unterbewusstsein, aber was hatten sie mit diesem "Blasen produzierenden" Land zu tun, das Champagne heisst? Die Elsässer haben nie aufgehört, die Forderung zu stellen, mindestens eine Gebietskörperschaft zu bilden, ohne sich von der Grand-Est-Region, die aus dem Elsass, Lothringen und Champagne-Ardenne zusammensetzt, zu lösen.

Dies wurde in diesem Jahr mit der Bildung der Europäischen Gemeinschaft Elsass (Communauté Européenne d’Alsace, CEA) erreicht, die sich aus den beiden elsässischen Departements Bas-Rhin und Haut-Rhin zusammensetzt, die sich bisher eher zurückhaltend gegenüber einem Zusammenschluss miteinander gezeigt hatten. Natürlich gab es viele Proteste dagegen in Lothringen und in der Champagne, aber die Elsässer hatten das Sagen. Der Haupteffekt dieser Neugründung wird eine Stärkung der Euroregion Elsass-Baden sein. Die deutschen badischen Kommunen sehen einen positiven Effekt vor allem bei der Förderung von Sprachen, Kultur, Verkehr und Gesundheit. Der Bürgermeister von Breisach, Oliver Rein, gewähltes CDU-Mitglied, äusserte: „Das Elsass war von der politischen Landkarte gestrichen worden und wird nun wieder existieren, und darüber freue ich mich, als Vertreter einer Gemeinde, die einen besonderen Platz in der Grenzgeschichte einnimmt“.

Über die Breisachbrücke hatten die französischen Behörden 1918 die im Elsass ansässigen Deutschen und die als "unerwünscht" geltenden Elsässer vertrieben. Aber auch in Breisach hatten 1950, nur fünf Jahre nach Kriegsende und der Rückgabe des Elsass an Frankreich, bei einer Volksabstimmung 80 Prozent der Bevölkerung die Abschaffung der Grenze am Rhein gefordert. Neben der Wiederbelebung bestehender europäischer grenzüberschreitender Programme, neben der gemeinsamen Stärkung der erneuerbaren Energie und der Wiedereröffnung der Bahnlinie Colmar-Breisach werden die deutsch-französische Zweisprachigkeit und die Zusammenarbeit im Gesundheitswesen in Zukunft gefördert, wofür die die Covid-Epidemie das Bewusstsein geschärft hat. (Regionale Medien. Dezember 2020)


Economie/Société


1. Comment éponger la dette ?
2. L'avenir de la Politique Agricole Commune, par Anne Sander
3. Le grand malaise de la Jeunesse
4. Quand la liberté devient suicidaire, par Pierre-Michel Vidal. 
5. Résister aux négationnistes, avec Florian Harms
6. Chronique irrespectueuse

Comment éponger la dette ?

S’agissant d’argent, les chiffres ont valeur d’idéaux à atteindre ou de limites à ne pas franchir. Toujours est-il que l’un d’eux, fatidique, a été dépassé à la fin du premier trimestre 2021 quand la dette cumulée de la zone euro a culminé à 100,5% de son produit intérieur brut. En France, elle s’est élevée à 118% du PIB national contre 100,8% un an plus tôt, en Allemagne à 71,2%, en Espagne à 125,2% et en Italie elle culminait à 160%. Il y avait pire : en Grèce, elle était de 209% du PIB. La dette européenne restera à ce niveau en 2022, un niveau jamais atteint dans l’histoire. Dans la zone euro, il s’agit donc d’un phénomène général.
Le tassement des recettes fiscales dues à la récession causée par les divers confinements et les mesures de soutien à l’économie distribuées notamment aux entreprises et aux salariés est à l’origine de ce « jamais vu ». En France où les déficits gonflent en début d’année, la dette reviendra à un niveau moins alarmant, mais le mot d'ordre « quoiqu’il en coûte » donné par le président dès le début de la pandémie en mars 2020 a creusé le déficit public (budget) de 9, 2% du PIB le faisant passer à cette année-là à 65% du PIB. Il a atteint le « creux » et se « stabilisera » à cette échelon en 2021, selon les prévisions gouvernementales.
On a aspergé d’argent les citoyens et les entreprises pour éviter, autant que possible, dépressions et faillites. Le gouvernement aidera, avait proclamé d’emblée le Président Macron. On a dépensé à cette fin un « pognon dingue », pour reprendre un autre mot du président. On a détourné les regards des règles budgétaires du Pacte européen de stabilité qui contraignaient les Etats membres de la zone à comprimer leur déficit public sous la barre de 3% du PIB et leur dette cumulée sous l’étiage de 60% du PIB. Et l'on n'a pas été les seuls à le faire.
En mars 2020, face à la Pandémie et au besoin de soutenir les économies, la Commission européenne avait suspendu le Pacte de stabilité jusqu’à la fin de 2022. Il était permis d’y déroger. Mais que faire si le variant Delta ou quelque autre mutant Covid continuent de réduire l’activité ? Comment même revenir dans les clous en l’état actuel des choses ?
Cela obligerait les Etats membres à lancer des mesures d’austérité comme on l’avait fait en 2011 après la crise du dollar et de l’euro pour remplir les caisses. Du coup, la récession a duré dix ans encore dans de nombreux domaines,. L’investissement et l’innovation ont reculé.
Plus question de se permettre une telle erreur. Pour limiter les dégâts, des économistes préconisent une révision du Pacte. Notamment en excluant du calcul du déficit public les investissements d’avenir. Ou encore en instaurant de nouvelles règles d’économies portant sur les dépenses publiques. Il faudra bien éliminer des fonctionnaires, surtout en France où la débureaucratisation a été interrompue pendant la pandémie.
Des économies pourraient être obtenues aussi sur les budgets de la politique étrangère. Pour les reporter peut-être sur la sécurité devenue un problème crucial de nos sociétés ? A l’heure des communications numériques intensifiées, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir tellement de diplomates et agents sur place à l’étranger, de leur payer des sursalaires et des frais de déménagements, mais il nous faut davantage de policiers qualifiés et de services d’enfermement ou (et) de réinsertion de délinquants.
La lutte contre la drogue, contre le tabagisme et pour la santé, la répression des incivilités doivent devenir des priorités absolue et il faut cesser de verser pour des raisons électorales des subventions à des groupements très minoritaires qui ne sont que le reflet de modes sociétales américaines. Nous devons privilégier le renforcement de l'Europe.
Le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, mise surtout sur le retour de la croissance, sur une maîtrise de nos dépenses de fonctionnement et sur des réformes structurelles. Au lieu de ponctionner les quelques 100 milliards d’économies accumulées par les Français durant les périodes de confinement, on va chercher surtout à les leur faire dépenser et investir.
Mais là-dessus vient se greffer un des dilemmes européens classiques. La perspective d’un assouplissement des règles ne plaît guère aux capitales de l’Europe du Nord qui redoutent que les pays membres du sud n’en profitent pour relâcher leurs efforts. Grosso modo, les Verts, Grünen et autres écologistes sont ouverts à une réforme du Pacte de stabilité. La droite conservatrice et le centre libéral sont beaucoup moins enclins à l’accepter.
La grande chance actuelle des pays industrialisés réside dans les taux très bas du crédit. Ceux à dix ans de la France tournent autour du zéro alors qu’ils dépassaient 4% en 2008 quand a éclaté la crise des subprimes américains. Mondialement, les taux ont été divisés par deux en points de PIB sur la période 1995-2020. Ils sont nettement inférieurs aux taux de croissance et d’inflation. Si les prix remontaient, une répercussion sur les taux serait probable, mais tout porte à croire que le léger sursaut d’inflation au début de 2021, suite à la reprise, après l’année morte 2020, n’est que temporaire et que les salaires, facteur d’inflation possible, ne rgrimperont pas non plus. La Banque centrale européenne (la BCE) fait son possible pour éviter une remontée des taux.
L’autre danger qui plane et qui inquiète les pays « frugaux » est que cette inversion des taux du haut vers le bas aie des effets négatifs sur les emprunts. Les gouvernements risquent de devenir comme des alcooliques qui sentiraient de moins en moins la cirrhose qui détruit leur foie et boiraient de plus en plus puisque l'alcool est gratuit. La tentation de remonter le prix de l'eau de vie serait alors forte pour ses fabricants. Elle inquiète aussi les gardiens de notre argent.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a lancé un avertissement : « Il serait aventureux de faire reposer notre stratégie de finances publiques sur le maintien éternel des taux bas ».Il a demandé au président de la République de limiter la croissance des dépenses publiques à 0,5% par an en moyenne contre 1,1% par an au cours de la dernière décennie. Selon ses calculs, cela ramènerait la dette publique française à 105 % du PIB en dix ans. On serait quand même loin encore des 60% requis par le Pacte.
C’est sûr comme deux et deux font quatre : la monnaie européenne subira un jour le contrecoup de la crise du Covid. A moins que… à moins qu’on ne dévalue... mais ce serait douloureux, brutal et destructeur ! La confiance en l'euro et dans l'Union Européenne se volatiliserait. Ou alors, comme c’est déjà le cas, les banques grignoteront les avoirs par des taux négatifs et écoperont lentement la dette. C'est assez tentant, la Banque Centrale Européenne (la BCE) ayant fait passer les taux en territoire négatif, de sorte que plus on a de dette, moins elle est lourde à porter. Ainsi pour la France, le service de la dette était descendu en fin d'année 2020 à 35,8 milliards au lieu des 38 milliards attendus il y a un an, avant la crise sanitaire.
L'effet positif est que la dette est lourde mais supportable. Parce que les banques centrales, ni européenne, ni américaine, ne semblent vouloir relever leurs taux directeurs, nous avons pour chercher des solutions, selon toute probabilité, un répit de quatre à cinq ans, probablement même de dix ans devant nous avec une monnaie assez stable.
D’une part, c’est à peu près le temps qu’il faudra à l’économie pour se régénérer si la santé collective se rétablit à la fin de 2021 avec le vaccin, comme on l’espère. De l’autre, la majorité des économistes estime que les taux bas pratiqués depuis des années sur les marchés financiers le resteront à moyen terme de sorte que nous aurons un temps de convalescence à notre disposition. MAIS a France se financera-t-elle encore à dix ans à un taux négatif de -0,34% ?
Toujours est-il que cela aiderait aussi des pays européens faibles, comme le Portugal. et l'Espagne. Quant à l'Italie et la Grèce, cas particuliers, ils doivent faire l'objet d'une réflexion de l'Europe.Ce n'est pas le moment en tout cas d'accueillir d'autres pays membres. C'est le moment de couper les pourparlers de candidature avec la Turquie.
Il faut quand même dire un mot de plus sur l'Italie entrée en convalescence sous l’œil attentif et compétent de Mario Draghi. Que son équipe de foot,la Squadra Azzurra ait battu en finale de l'euro l'équipe anglaise au stade de Wembley  a été une sévère leçon infligée à Boris Johnson. Étonnons-nous : cette victoire apporte 0,7% de plus de croissance à l'économie italienne. A la renaissance menteuse de la Grande-Bretagne que le Brexit a isolée sur son île tout en menaçant son unité et sa prospérité, Draghi, ancien chef de la Banque centrale européenne et sauveteur de l'euro en 2011-2012, oppose le reconstruction de l'Italie grâce au plan de relance Next Generation EU.L'Italie sera le premier bénéficiaire du plan de relance européen avec 221 milliards d'euros dont la première tranche de 25 milliards lui sera versée incessamment. Le plan italien auquel Draghi a associé pratiquement toutes les forces politiques importantes, est inscrit dans une stratégie cohérente axée sur quatre priorités : la transition écologique, la révolution numérique, la réduction de la pauvreté et des inégalités, la réforme de l'Etat et de la justice. Il a commencé par une campagne de vaccination de son pays qui avait été terriblement et le premier en Europe touché par la pandémie. S'ajoute que l'Italie a des atouts, de très nombreuses entreprises performantes dans des secteurs clés et surtout une balance commerciale positive de 63 milliards d'euros en 2020. Draghi a d'excellentes relations à Bruxelles et Francfort ainsi qu'à Washington avec Joe Biden. Les Italiens savent qu'il est leur grande et ultime chance de réussir.  (Rédaction, 25.07.2021)

Avenir de la Politique Agricole Commune - Un accord après 3 ans de négociations 

Fin juin 2021, après trois longues années de négociation, nous avons enfin trouvé un accord sur le futur de la Politique Agricole Commune. Prévue pour entrer en vigueur en 2023, elle aura des conséquences importantes pour nos agriculteurs et les exploitations agricoles françaises et européennes. Il faut garder à l’esprit que cet accord est un compromis, qui vient largement adoucir les positions de plus en plus idéologiques de la Commission européenne.

La PAC aura principalement pour objet sur la période 2023-2027 d’accompagner la transition verte de l’agriculture européenne, soutenir le développement économique et la structuration des filières agricoles, renforcer les processus de redistribution des aides directes entre exploitations, filières et régions et enfin de décentraliser la gestion et le contrôle de cette politique sans pour autant affaiblir son caractère commun.

En tant que Rapporteur pour le Groupe PPE sur la réforme de l’Organisation Commune des marchés agricoles et les règles de financement, de gestion et de contrôle des fonds agricoles, j’ai pris toute ma part dans ce processus. Avec mon groupe politique, nous avons eu à cœur de trouver un équilibre entre le développement économique des exploitations agricoles et la protection nécessaire de l’environnement et du climat.

Ce fut difficile à atteindre mais cela était essentiel. Certains perdent parfois de vue que sans revenu agricole, il n’y aura pas de durabilité environnementale et climatique. Nous avons également préparé l’avenir des fleurons de l’agriculture européenne, tels que le vin et les produits couverts par des appellations ou des indications géographiques. Nous avons également veillé à ce que les secteurs agroalimentaires bénéficient de nouveaux outils pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur, et que les outils de gestion des marchés et des crises soient révisés, notamment par la mise en place d’une réserve de crise de 450 millions d’euros. Nous avons enfin obtenu la mise en place d’une nouvelle « philosophie » en matière de contrôles, fondée sur une approche bienveillante de conseil vis-à-vis des agriculteurs, tout en renforçant les règles en matière de transparence et les outils pour lutter contre les conflits d’intérêts, la fraude et la corruption.

La mise en place pour la première fois de la possibilité pour les administrations nationales de corriger les erreurs commises de bonne foi par les agriculteurs est une source de fierté personnelle ayant porté cette proposition dans les négociations. (Anne Sander. Députée européenne (Groupe PPE)-Questeure au Parlement Européen. 16/07/2021).

Le grand malaise de la jeunesse 

Il se trouve que, sans l’avoir voulu, nous comptons parmi nos adhérents une majorité de jeunes de 18 à 35 ans et parmi eux une petite majorité de jeunes femmes. Preuve que l'idée européenne motive les jeunes et qu'ils ont envie de ne pas rencontrer que des compatriotes. Chez nous, les plus jeunes ont les mêmes droits et devoirs que les plus âgés. Seuls les taux de cotisation diffèrent, mais en faveur des jeunes. Or, ce n’est qu’un bien mince privilège. Car les jeunes aujourd’hui sont terriblement en difficultés. Sauf avoir vingt ans en temps de guerre, rien n’est pire qu’avoir vingt ans au temps de la Covid.

Un écrivain français, Paul Nizan, mort à la guerre à 35 ans, a écrit en 1931 : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai jamais dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Le virus tue les plus âgés, la guerre les plus jeunes. Que nous n’ayons pas de guerre ouverte, est encore une chance pour ceux-ci. La paix est devenue l’état naturel de l’Europe. Mais comment s’en réjouiraient-ils quand ils ne savent pas ce que c’est que la guerre ? Certes, l’autre menace est moindre pour eux, mais elle n’est pas anodine. Certains de nos jeunes adhérents ont été testés positifs à la Covid. Quelques-uns ont souffert. Tous ont survécu. Fatigués, usés. Convalescents, ils récupèrent.

Si la pandémie se prolongeait, les jeunes subiraient un retard de vie, une amputation de leurs années productives et créatrices, une privation du printemps de leur vie. Et il n’est pas sûr d’ailleurs qu’un autre virus ne nous vienne de quelque part ailleurs. Nous sommes entrés dans une époque de guerre virale non déclarée et imprévue. Intentionnelle ou involontaire. On doute de tout. La peur et l’incertitude déstabilisent beaucoup de personnes et font le lit des théories du complot et ouvrent la porte aux faux messies. Mais ce phénomène n’est pas propre à notre temps. Déjà, lors de l’épidémie de peste au Moyen-Âge, les flagellants parcouraient les villes dans l’illusion que la peste était une punition divine et qu’on pouvait expier ainsi.

Les études tourneboulées

Or, la Covid induit un ou deux autres redoutables problèmes. En matière de formation et d'études par exemple. Tantôt les facultés et les écoles sont ouvertes, tantôt elles sont fermées. A commencer par le baccalauréat, les examens auront-ils lieu pour que l’année ne soit pas annulée ? Sous quelle forme et quand se dérouleront-ils ? Et que vaudront des diplômes acquis à la sauvette ? L’inquiétude étrangle ceux qui cherchent un emploi. Le virus et son confinement bloquent cette recherche déjà difficile auparavant. Or, la quête d’après sera plus dure encore. Un gratifié, cent refusés ? La télévision nous montre des commerces et des entreprises qui travaillent encore pour nous encourager, mais on voit bien que beaucoup mettent la clé sous la porte. Cela pourrait être le monde où vont entrer les jeunes.

Qui remboursera la dette ?

Les gouvernements ont sauvé à grands coups de subsides bien des salariés du chômage et d’entreprises de l’asphyxie, mais qui paiera et quand ? Il faudra bien rembourser un jour. Les teenagers et post-twenties devront-ils régler la dette abyssale ? Ou revenir à une économie de troc quand l’argent n’aura plus de valeur ?

La mise en circulation de monnaies numériques nous montre qu’il peut y avoir des alternatives aux monnaies étatiques et comme on ne paie pratiquement plus guère en liquide, ce serait facile d’y recourir. Mais sont-elles les monnaies solides de l’avenir ? C’est à voir.

Nul n’est sûr d’aller demain vers un monde vivable. « Un jeune, une solution », a dit la ministre française du Travail, Élisabeth Borne, métamorphosée ministre du sous-emploi. Son plan doté de 6,7 milliards d’euros accorde des primes d’apprentissage de 5 000 à 8 000 euros. Les restaurants universitaires mutés restaurants du cœur donnent des repas complets à un euro. Cela permet de survivre, mais survivre n’est pas vivre.

Tout se passe comme si les jeunes étaient réduits à la mendicité au lieu d’assumer ces petits boulots qui leur permettaient de surnager quand l’eau montait à ras bord. C’était déjà un sacrifice que de travailler à côté des études, mais les sacrifices eux-mêmes sont abolis. L’économie est paralysée. Seuls ceux qui manipulent de l’argent à des postes utiles à la sauvegarde du système ou de la subsistance, des transports, de la propreté et de la santé, ont encore fort à faire. Les objets, les produits, les services non comestibles ne sont plus demandés.

Où est le problème des jeunes ?

C’est le virus du chômage dopé par la covid-19 qui les touche en priorité. En 2018, dernier chiffre enregistré, la France comptait près d’un million de jeunes de 15 à 25 ans en inactivité totale, sans emploi ni formation, soit 12,9% de cette tranche d’âge. La pandémie a décuplé ce chiffre. Nous allons assister à une autre crise, d’ordre psycho-social, quand la jeunesse arrivera au bout de ses réserves vitales psychiques et monétaires. Sans abri, sans logis, affamée ? Sauf ceux qui ont des parents encore solvables.

Peut-on imaginer des foules de jeunes gens en révolte contre les forces apparemment obscures qui minent la vie et la planète et qu’incarnent les États avec leurs élus et fonctionnaires ? Car il faut bien qu’il y ait des responsables. Tous coupables bien sûr. Coluche ne l’a-t-il pas dit il y a bien longtemps ? « La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout ». Ce n’est pas difficile de pousser les gens à la rébellion, mais ils hésitent à ôter leurs pantoufles et à se chausser pour descendre dans la rue. Pas les jeunes. Ils n'ont pas de pantoufles. Ils ne se retirent pas dans leur coquille.

Les théories du complot, nous l’avons dit, et les explications simplistes se multiplient déjà. Des personnalités connues du cinéma et de la télévision et même d’éminents politiciens s’en servent à leurs propres fins. Pour le moment, les jeunes sont plus déprimés que révoltés. Bientôt ils seront en colère. Le mot colère a été l’un des plus galvaudés des dernières années. Les colères individuelles sont généralement spontanées. Les colères collectives sont pour la plupart fabriquées. On peut inoculer la colère comme un virus abstrait si c’est à la mode d’être en colère. Et si la jeunesse, influencée par des déviants nichés dans les nouveaux médias, décide de casser la baraque, rien ne pourra l’arrêter. Cela peut devenir un authentique problème pour la société tout entière. Le danger d’une génération perdue est bien présent.

Le déficit de guerre

Au bout de la pandémie, aurons-nous à affronter l’hystérie ou la dépression ? Selon le ministre français de la Santé, Olivier Veran, « pendant le confinement, près d’un étudiant sur trois a présenté des signes de dépression psychologique ». Mais des gourous et des agitateurs disent aux jeunes que leur mal est dû à la société parce qu’elle est mauvaise et mal faite, qu’ils n’en sont pas responsables et qu’ils peuvent la changer. Et il n’y a pas que les jeunes à être réceptifs à ce genre de propos. Des chefs d’États et de gouvernements qui fabulent au sujet de complots ourdis par des milliardaires juifs ou de la guérison de la Covid par l’absorption de chlore ne sont pas immunisés contre de telles folies.

On a l’impression qu’une guerre manque à beaucoup de gens qui se cherchent des ennemis. La guerre est dans les gènes de de l’homme, c’est sûr, mais chez certains plus que chez d’autres. Surtout chez des jeunes en mutation dans leur vie, exposés à l’incertitude et auxquels leur constitution physique donne l’illusion qu’ils sont invulnérables.

L’Europe connait la plus longue période de son histoire sans guerre. Beaucoup ont l’impression très subjective d’être en déficit de guerre. On ne voit plus guère défiler les jeunesses pacifistes des années 1970-80.

Mais l’ennemi où est-il ? Ceux qui ont vécu assez longtemps savent que la révolution dévore ses enfants. On guillotine d’abord les présumés adversaires puis on se guillotine réciproquement, car il est difficile de stopper la machine une fois lancée. Ainsi ont fini la Révolution jacobine, celle des Bolcheviks et celle de Mao Zedong et Castro et bien d’autres.

Il faut bien le dire aussi : le désert des barbares menace la jeunesse de demain. La menace plane d’une chute vertigineuse du niveau culturel tiré vers le bas surtout par l'inculture mais aussi par la possibilité ouverte à chacun de communiquer à un nombre incalculable de (jeunes) gens ses théories absurdes. Mais cette évolution peut être considérée également comme une démocratisation de l’univers médiatique. Elle peut donc aussi empêcher la chute du niveau culturel, la chute dans une nouvelle barbarie. Les disciples de la raison, de la paix et de la pensée rationnelle ont la possibilité de s’adresser à un vaste public sans être à la merci des caprices d’une grande maison de la presse ou de l’édition. Le monde virtuel est tout à la fois une bénédiction et une malédiction.

Le virtuel remplace la vraie vie


L’humanité a pris là un tournant. Les nouvelles générations se distinguent des précédentes par l’usage du numérique. Louons les acquis de la technique moderne ! Si nous avions subi cette pandémie il y a trente ans, nous serions morts de solitude. Le web a remplacé des bibliothèques et des archives et des services en numérique comme Skype et Zoom ont permis des réunions et des rencontres. Plus encore que les vieux, les jeunes en ont profité.

Un esprit chagrin a dit que le numérique n’introduit pas au savoir, mais qu’il tend à le remplacer. Les vingt et trente ans d’aujourd’hui se déchargent-ils du savoir sur le numérique ? Les débats sont nombreux sur la question et nous les aborderons peu à peu dans notre Conférence paneuropéenne au cours des mois et des années à venir. Mais nous ne partageons pas l’idée que les jeunes d’aujourd’hui ont empiré. Ils savent où l’information se trouve et c’est aussi cela la culture : savoir où sont les choses. De plus, dans notre société énormément spécialisée, il est devenu difficile de tout savoir. Le médecin ou l’enseignant ne peuvent tout savoir, mais ils peuvent apprendre à feuilleter les pages du web. L’ère du numérique a rendu cela possible. Le mécaniciens peut regarder un manuel virtuel ou YouTube s’il ignore quelque chose et le juriste peut appeler une loi sur son écran.

Euroland, Terre des jeunes

C’était plus agréable et facile sans doute d’être jeune à l’époque des trente Glorieuses et de l’absence de pandémie, mais cela n’a pas rendu plus intelligent ceux qui ont grandi à cette époque. De nombreux jeunes d’aujourd’hui, garçons et filles, sont mus par une grande générosité et un désir de servir en utilisant tout leur savoir accumulé dans la vie ouverte des années avant-covid. Ils surprennent les générations qui ont grandi dans le second après-guerre. Le besoin de rencontrer des gens comme eux dans tous les pays d’Europe et de construire avec eux quelque chose est chez eux considérable.

Notre équipe qui se compose de très jeunes, de jeunes et de personnes plus âgées, voire âgées, envisage de créer pour les générations de l’Europe future des tremplins et des plateformes qui leur donneront la possibilité d’œuvrer dans un cadre ouvert et diversifié, de sortir d’horizons fermés en s’enrichissant culturellement. Ils doivent aussi apprendre à ne pas se sous-estimer mais sans tomber dans l’arrogance de détenir la vérité ultime. Et il n’y a pas de meilleur antidote contre l’arrogance, y compris contre l’arrogance nationaliste si répandue à Paris, que l’Europe que nous faisons en nous faisant nous-mêmes, mais qui nous montre aussi nos limites.

Le retour dans le réel sera important après la pandémie. Et, puisque l’on cherche des exutoires à la paralysie, pensons au sport, pas le sport-spectacle au petit écran, pas le sport contemplé du haut des bancs des stades, mais celui que l’on fait. Un des pires méfaits du confinement a frappé les adolescents sédentarisés de force qui ont passé beaucoup plus de temps devant les écrans qu’à pratiquer les activités physiques. S’ils ne font pas maintenant le contraire, ils ne vieilliront pas bien. Mais pour se libérer de l’enfermement entre leurs quatre murs qu’ils ont subi, il leur faudra aussi franchir les frontières invisibles de l’espace Schengen et un peu au-delà pour aller de pays en pays comme les compagnons du Moyen-Âge et avant.

L’Espace Schengen, la Zone euro, c’est l’Europe d’aujourd’hui. Ce continent ouvert est à nous. et tous les confinements sont provisoires.

Jean-Paul Picaper, président de « C l’Europe », « Es ist Europa » - Dominik Possert, président délégué de « C l’Europe », « Es ist Europa ». (15/12/2020)


Quand la liberté devient suicidaire

C’est une curieuse conception de la liberté que de considérer que l’on peut vivre enfermés, se nourrissant d’aides renouvelées -jusqu’à quand ?- c’est-à-dire de la mendicité publique, en laissant, l’arme au pied, l’épidémie se développer. Comme Ponce Pilate, les « antivax » crient aux atteintes à la liberté et se lavent les mains devant la situation de crise qui nous guette. Comme le préfet romain, la justice véritable ne les concerne pas, comme lui en son temps -l’historien Flavius Joseph l’avait noté-, ils se préoccupent d’abord de leur propre sort, d’un confort moral illusoire qui bientôt se heurtera au mur de la réalité et deviendra, de fait, invivable pour tous et pour eux en premier lieu. Je suis libre disent-ils, laissez-moi choisir… La liberté consiste-t-elle à accéder aux désirs de tous ? Cela en serait une conception bien puérile… aux enfants on apprend dès le premier âge les limites de l’accession à tous leurs désirs (mécanismes décrits par Freud) et la nécessité de se plier à des règles indispensables à une vie harmonieuse individuelle et collective.
Ces sceptiques, poussés par les vents complotistes, se pensent dans l’air d’un temps où l’hédonisme, l’individualisme et le matérialisme borné sont devenus les valeurs universelles, assénées, il est vrai, massivement pas les grands médias. Les gourous n’ont jamais eu autant d’adeptes et les harangues d’une adolescente ont plus de poids que les recommandations des scientifiques. De cette morale est bannie le vieux principe répété par nos instits : « La liberté des uns commence où s’arrête celle des autres ». Ils le remplacent par le « Je fais ce qui me plaît », slogan désuet, hérité de mai 68.
Pour ce qui est de la « dictature », ce mot qui a inondé les réseaux sociaux le soir même de l’intervention présidentielle, est assez choquant. Il est diffusé le jour même où les manifestants cubains sont durement réprimés, où Freddy Guevara l’opposant vénézuélien est emprisonné, où Kim Il Song affame son peuple en Corée du Nord pour financer ses missiles de mort et où le continent chinois tout entier est contraint de fêter son tortionnaire : le Parti Communiste, dirigé par une poignée de vétérans qui imposent une loi d’airain à leur bénéfice exclusif. Le souci unique du PC Chinois c’est en effet sa pérennité, le bien du peuple n’étant que l’habillage de cette ambition. Le récent documentaire d’Arte https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-F/le-monde-de-xi-jinping/ 
montre ce qu’est la réalité d’une dictature où les opposants sont directement envoyés en camp de rééducation.
La liste des dictatures n’est hélas pas exhaustive, elles sont plus nombreuses que les démocraties. Cela suffit-il de dire à ceux qui les dévaluent ainsi « Pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils disent ! » ? Nous bénéficions d’un système de liberté très large. C’est un privilège rare dans le monde dont nous devrions avoir conscience. Nous avons de nombreux droits et notamment celui de dire que nous ne sommes pas d’accord en votant ; un droit que nous n’utilisons d’ailleurs qu’avec parcimonie. Ces antivax qui évoquent la dictature devraient avoir un minimum de décence au regard de ces peuples courageux qui luttent pour un minimum de liberté.
Il y a parmi eux cette fameuse sphère complotiste qui prétend, par exemple, que nous sommes gouvernés par des extra-terrestres réunis dans un lieu secret ou que le virus lui-même a été créé de toutes pièces par un consortium capitaliste dans le but de s’enrichir. Ce sont des croyances hurluberlues plus largement répandues que ce que l’on croit. Il existe aussi un courant plus ancien, populaire depuis quelques années en raison de la publicité qui lui a été faite et aux profits qu’il génère, lié aux médecines parallèles, prétendument asiatiques –notamment- ou dites traditionnelles. Cette mouvance, anti-science, anti-progrès, a conduit naturellement ses adeptes au refus d’une vaccination qui va contre ses principes.
On constate désormais –avec étonnement- que ces attitudes que l’on pensait marginales ne le sont pas et atteignent désormais une partie considérable de la société. Il y aura donc dans les jours qui viennent deux types de réponse au défi de la vaccination : une première, venue des pragmatiques qui auront pris conscience de l’enjeu et qui vont se précipiter sur le vaccin et une seconde qui va s’enfermer dans un refus sectaire, soutenue par les formations politiques extrêmes : France Insoumise et Rassemblement National qui une fois encore se retrouvent côte à côte dans une attitude anti-sociale au nom d’une haine commune du système. Ces derniers, enfermés dans un ressentiment féroce contre Macron ne voudront pas en démordre. Il faut craindre une sorte de révolte de ce noyau dur antivax, d’autant plus violente qu’il sera isolé. Ils ont déjà choisi leur emblème, l’étoile jaune, insulte aux souffrances des six millions de victimes de la Shoah et à leurs familles.
Les droits impliquent des devoirs. L’avons-nous oublié ? La vie en société suppose que nous prenions nos responsabilités dans le monde du travail par exemple, que nous respections des règles communes et surtout que nous manifestions un minimum de solidarité vis-à-vis de nos concitoyens. Sans cet agrément commun, pas de cité au sens grec du terme. Dans le cas précis, compte-tenu du tsunami sanitaire qui risque de déferler à brefs délais, d’anéantir des milliers de vies et l’ensemble de nos libertés. On ne peut se soustraire aux directives de ceux qui sont en charge de notre santé. Les scientifiques nous le disent : on peut encore parer le coup grâce à une vaccination massive. Il n’y a pas de place pour les états d’âme. Évitons le pire. (Pierre-Michel Vidal, „Alternatives Pyrénées“, Association d‘intérêt général. Pau.19/07/21 - Le titre est de la Rédaction de "C l'Europe")

Un appel à la résistance contre les négationnistes

Au début de 2021, dans divers pays, d'abord en Angleterre, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, où l'on supposait que la pandémie était quelque peu sous contrôle, les infections et les décès se sont à nouveau rapidement multipliés. À Londres, le nombre de personnes infectées a explosé. Les hôpitaux ont de nouveau été surchargés, comme au printemps 2020 dans d'autres pays de l'UE. On a assisté à des embouteillages d’ambulances devant les cliniques de Londres. Le variant anglais était apparu dans le sud-est de l'Angleterre. Il a accéléré la contagion et a touché davantage de jeunes. Bientôt, cette mutation a été présente en augmentation sur le continent, notamment en France. En février 2021, ses cousins sud-africains et brésiliens dont on ne sait toujours pas s'ils sont résistants aux vaccins, lui sont venus en renfort.

En Allemagne et en Autriche notamment, des restrictions draconiennes de type confinement ont été introduites dans la vie quotidienne tandis que les gouvernements français et surtout espagnol évitaient en revanche tout ce qui aurait pu paralyser l'activité économique. Leurs économies, surtout en Espagne, ne survivraient pas à un deuxième choc total comme celui de mars-avril 2020. En France, les couvre-feux ont été étendus de 20 à 18 heures, au grand dam des commerçants. Aux Pays-Bas, un petit couvre-feu nocturne très limité a provoqué des mutineries brutales et inattendues. Le gouvernement français a préféré se fier à la conscience et à la raison des citoyens plutôt que de durcir les mesures restrictives. Si la pandémie ne devient pas plus agressive et meurtrière, cette politique aura porté ses fruits. Une grande vague d'obéissance et de participation civile, une sorte de patriotisme sanitaire a saisi le pays. Plus des deux tiers des Français sont fiers aujourd'hui d'être à nouveau le pays de la raison, comme l'avait proposé son philosophe modèle René Descartes au XVIIe siècle : "Cogito ergo sum", "Je pense donc je suis".

Mais un nombre considérable de citoyens ont encore du mal à adopter un comportement exemplaire. Beaucoup ne voient pas pourquoi ils devraient restreindre leur train de vie aussi radicalement que l’exigent les virologistes et les politiciens. Et beaucoup proclament haut et fort leur désaccord avec les dispositions protectrices et ces alertes fréquentes qui gâchent notre tranquillité, comme le fait l’auteur de l’article ci-dessus (Polémique sur les décès de la COVID19 : Optimisme vs catastrophisme) que nous publions parce que nous sommes attachés au débat. Dès qu’on jette un coup d’œil sur Internet, on se rend compte que de telles opinions sont très répandues et ne souffrent d’aucune censure. Elles sont devenues un refrain constant sur la toile, ce qui pousse naturellement les médias dominants d’exagérer en sens inverse, dans le catastrophisme, pour ramener les gens à un comportement raisonnable, car danger il y a, c’est scientifiquement incontestable. Nous sommes en présence d’un mal qui pourrait éradiquer l’humanité si l’on ne faisait rien contre lui.

Parmi ces négationnistes, il y a non seulement de ignorants et des stupides, mais aussi des cerveaux de plus en plus énergiques qui y subodorent une chance de renverser les gouvernements élus en démolissant leur politique de précaution et par conséquent les gouvernements eux-mêmes et de mettre à leur place d'autres systèmes politiques de type illibéral. Quiconque tente de les réfuter est mis à l’index, se plaignait récemment le rédacteur en chef du service d’information allemand « t-online.de ». Parce qu’il défendait la politique prudentielle de son gouvernement, des centaines de courriels ont afflué dans ses boîtes de réception, parmi eux des courriels d'approbation mais aussi des courriels indignés, voire haïssables. "Ces derniers entonnent le même refrain son que les hurleurs de hurleurs de Facebook, YouTube et Telegram, de Whatsapp et Twitter. Tous les diables de l'enfer se sont déchaînés contre moi", écrivait-il, citant une lectrice qui lui a avoué : "Je crains que bientôt, l'Allemagne entière ne s'informe plus principalement dans les médias publics ou les médias privés sérieux, mais seulement dans ces monceaux d'ordures du réseau ordurier". Ce sont des mots très forts, face à une dérive inquiétante.

On doit en effet, s’alarmer de voir le nombre de personnes qui croient aux mensonges et aux rumeurs répandues sur Internet. En Allemagne, Florian Harms donnait les noms de prêcheurs de haine tels Attila Hildmann et d'apôtres de la conspiration tels Ken Jebsen, en regrettant qu’ils soient encore autorisés à répandre sans entrave leur venin. Il regrettait que les élus de son pays ignorent largement ce problème. « De nombreux politiciens de haut niveau semblent n'avoir aucune idée de ce qui se passe sur le web, ou ne veulent pas s'y salir les mains », déplorait-il. Nous pouvons ajouter que le danger de contagion est si grand qu’on a vu l’an dernier des apôtres respectables d'une Europe idéale et sans frontières manifester contre la fermeture temporaire des frontières intérieures de l'UE. Ils n’étaient pas nombreux certes. Ils avaient surtout pour but de se faire photographier comme militants de la vraie foi. Contre tout bon sens, ils ont fait comme si le virus ne profitait pas de la mobilité excessive des citoyens pour se propager à travers notre continent (voir l’article « Stop ! Frontière ! »).

Mais « est-ce que cela commence enfin à changer ? L'attaque des fanatiques de Trump sur le Capitole à Washington a tiré de nombreux hommes politiques de leur léthargie numérique chez nous aussi ». C’est le chef du parti conservateur bavarois CSU, Markus Söder, qui ale premier mis en garde dans l’hebdomadaire Welt am Sonntag contre la radicalisation des soi-disant « anticonformistes » (les Querdenker en Allemagne) : "C'est dévastateur. Les fausses nouvelles et les mensonges qui circulent sans cesse sur le web incitent les gens à se réfugier dans des univers virtuels et parallèles. Cela prend les dimensions d’un culte. Les gens subissent un lavage de cerveau", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Les idées erronées deviennent des slogans fallacieux pour produire à un moment donné des actes nocifs. C'est pourquoi, en Allemagne aussi, nous devons non seulement améliorer les mesures de protection de nos institutions démocratiques, mais aussi examiner fondamentalement le mouvement sectaire des <anticonformistes> et d'autres groupes comparables à eux ». Sinon, selon lui, « il y aura un réel danger que des petits groupes protestataires se développent à partir de mouvements plus importants et finissent par former un noyau extrémiste qui peut devenir une cellule terroriste. Même si le parti extrémiste AfD recule dans les sondages, le risque existe qu’une sorte de Fraction Armée Rouge du Corona de plus en plus agressive et même violente ne germe en Allemagne sur ce terreau ". Et de conclure : "Nous ne laisserons pas casser notre démocratie".

Nous ne laisserons pas détruire notre démocratie.  Surtout pas en Allemagne où les idéologies erratiques ont déjà commis beaucoup de dégâts dans l’Histoire. En France, le danger est peut-être plus social qu’idéologique encore que les métastases du marxisme-léninisme survivent encore dans certaines formations politiques et se fiancent avec des microbes néo-fascistes ou islamo-fascistes. Ce magma existe dans tous les pays européens et il finit par contaminer tous les mouvements revendicatifs, comme on l’a vu en France avec les Gilets jaunes. S’ajoutent les Black-blocks et les bandes sauvages.  Les dirigeants de l'Europe encore démocratique et libérale devraient s’attaquer collectivement à ce recul de la civilisation qui commence par une gangrène des interprétations. Notre confrère Florian Harms s’en et pris aux réseaux dit « sociaux » qui véhiculent ces tendances et il a été très clair : " il faut voter des lois coercitives contre la plateforme américaine Facebook et ses filles WhatsApp et Instagram, contre le service de messagerie russe Telegram, contre la filiale américaine de Google YouTube et le service américain Twitter. Pas quelque part en Amérique ou ailleurs, mais ici dans l'Union Européenne, nous devons les sanctionner par de lourdes amendes pour chaque publication haineuse ou mensongère. Sans avoir recours à des procédures compliquées, mais séance tenante. Nous devons empêcher les fous numériques prendre d'assaut notre démocratie comme aux États-Unis. Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, le patron de Telegram, Pavel Durow, le patron de Google, Sundar Pichai, et les autres entrepreneurs de la toile ont gagné des milliards pendant des années en semant la haine et le mensonge partout dans le monde. Il est temps que cela cesse. (....) De préférence par le biais d'une initiative à l'échelle de l'UE soutenue par la commissaire européen à la concurrence (....). Réveillez-vous tous,Européens, s'il vous plaît !" ("C l'Europe" avec un article de Florian Harms du 11.01.2021 sur t-online)
Rubrique Irrespectueuse  
La plume acérée de Gilles Dubois

La paille et la poutre ?
Le moins que l’on puisse dire, le Garde des Sceaux n’est pas dans les petits papiers des juges. Même si nous ne faisons pas spécialement partie de ses amis intimes, et pour cause (avant d’entrer au gouvernement, il se disait proche de Jean-Luc Mélenchon), l’acharnement des magistrats contre lui interroge. Pour une futilité, au demeurant non démontrée, il est convoqué devant les juges afin d’être très probablement mis en examen (médias), après avoir fait l’objet d’une perquisition aux petits oignons à son ministère (de mémoire de garde des sceaux, une première). Mais ce n’est pas tout. Comme le dit sans cesse et fort à propos notre plombier, il y a toujours eu et il y aura toujours des fuites.
C’est ainsi que les médias ont eu vent du « délit supposé » et décidé : peu importe ce qu’il a fait ou pas fait, la proie est trop belle pour la laisser s’échapper, donc pas question de présomption d’innocence pour King Kong de la Place Vendôme -comme le surnomment affectueusement ses « amis », paraît-il. Haro donc sur le baudet. Ils ont même encore enfoncé le clou aujourd’hui. L’ex défenseur de la veuve et des orphelins - et partant, pourfendeur des vilains petits juges, c’est la triste rançon de la gloire- serait de plus soupçonné d’avoir fait une déclaration de patrimoine sans avoir mentionné ses revenus d’homme de théâtre -il a entre-temps corrigé l’oubli de son comptable (médias). Quel artiste mal léché !
Curieusement, plus personne, ou presque, ne semble se souvenir du fameux « mur des cons » du très raffiné Syndicat de la Magistrature, qui n’avait pas vraiment défrayé la chronique à l’époque - dans le meilleur des cas, un très maigre entrefilet en bas de la dernière page des journaux. Comme on l’a appris avec effarement, au bout du compte, aucune sanction, si ce n’est qu’une amende ridicule d’environ 500 euros pour la présidente. Circulez, il n’y a rien à voir ! Les victimes peuvent aller se rhabiller et, de toute façon, il leur restera toujours leurs yeux pour pleurer. Et que dire aussi de la chasse à l’homme contre François Fillon, peu de jour après sa victoire à la primaire de la droite et quelques jours seulement avant la présidentielle, comme par le plus grand des hasards…
Qu’avait dit le Christ dans son sermon sur la montagne? La paille et la poutre… Mais il est vrai qu’il ne s’adressait pas spécialement aux juges…(8 juillet 2021)

« Il y a des fois, je me sens fatigué... mais fatigué....» (Abraracourcix)
Décidément, la droite française est vraiment la plus bête du monde. Dans la situation actuelle, vu le taux très élevé d’abstention, il est un peu présomptueux de parler de victoire aux régionales et départementales. Elle aurait donc tout à gagner et à s’assembler, d’autant que le cœur des Français penche globalement à droite selon toutes les enquêtes d’opinion. Mais les égos des uns et des autres risquent à nouveau de tout faire capoter. Entre d’un côté le « frère trois points » ou « frérot la gratouille » des Hauts-de-France - il a officiellement reconnu être franc-maçon-, qui se dresse tel un coquelet sur ses petits ergots pour tenter de séduire à lui tout seul toute la basse cour et, de l’autre, les Républicains empêtrés dans des discussions sans fins et stériles sur l’opportunité d’une primaire (autant discuter du sexe des anges), la droite n’est pas vraiment au mieux de sa forme. Et encore, par charité chrétienne, nous ne nous attarderons pas ici sur l’épisode calamiteux en PACA. Toute l’année, la politique du Président est critiquée mais, à la guerre comme à la guerre, les trêves ne sont pas faites pour les chiens. Tout continue de se décider à Paris, au mépris de ce que pensent et souhaitent les électeurs. Dans ces conditions, comment encore s’étonner que les Français ne mettent plus de bulletins dans les urnes ? Il serait pourtant si simple de proposer un programme sérieux et qui tienne la route au lieu de personnalités dont la plupart de nos compatriotes n’ont cure…quand seulement ils les connaissent. (8/07/2021)

Nein, c'est nein
La chancelière a catégoriquement exclu de s’associer aux Présidents français et des EU pour nationaliser la recette des vaccins (télévision allemande du 13 juillet). Elle a évidement raison. Et peu importe que ce soit pour protéger ou non BioNTech. Toute nationalisation aurait en effet pour conséquence l’arrêt immédiat de toute recherche. Cela ne devrait pourtant pas être si difficile à comprendre, même si l’on a toujours vécu, bien au chaud, aux frais du contribuable.(16/07/2021)

Bruxelles n'y va pas avec e dos de la cuillère
La Commission européenne vient de présenter ses propositions en matière de transition écologique. Un chef d’œuvre du genre. Non seulement elle ne fait pas profil bas après sa gestion catastrophique de la vaccination, mais encore elle en remet une grosse couche. Sans se préoccuper le moindre du monde des « sans dents »européens et de ce qui est faisable dans l’état actuel de la science , elle propose en effet de serrer les boulons des propriétaires de véhicules prétendument polluants à partir de 2035 (on rappellera que l’on leur avait vendu les bienfaits du diesel à grand renfort de subventions il y a encore très peu de temps), et d’imposer d’importants travaux de rénovation aux propriétaires d’habitation pour rendre celles-ci moins « énergivores ». Afin de faire passer plus facilement la pilule, les ménages les plus pauvres devraient avoir droit à des aides d’un montant global d’environ 75 milliards d’euros - aux frais du contribuable européen, ce qui va sans dire. Ni la France ni l’Allemagne, qui ont gardé un reste de lucidité, ne semblent toutefois très emballés (Le Figaro). Et pour cause. Mais elles ont apparemment oublié que la proposition en question est la suite logique de la désastreuse COP 21 de Paris, qui avait été initiée à l’époque par une ex ministre de l’écologie socialiste en mal de notoriété et un ex premier ministre, furieux de s’être fait voler la vedette - tous deux ayant naturellement fait toute leur carrière sous les dorures de la république, donc à l’abri de toutes les vicissitudes de la vie et à des années-lumière des réalités du monde industriel.(16/07/2021)

« J'ai la mémoire qui flanche". » (chanson de Jeanne Moreau)
Le Ministre des Finances etc..se réjouit tellement de recevoir 40 milliards d’euro de Bruxelles qu’il semble avoir oublié que nous devrons, de notre côté, verser 80 milliards d’euros, donc le double, à Bruxelles. De notre temps, nous n’aurions même pas obtenu le certificat d’étude si avions eu une telle défaillance de mémoire en calcul.(16/07/2021)

On grignote, on grignote... avait répondu, en 1915, un pauvre général français à une haute personnalité politique venue de l’arrière, et qui lui avait demandé où l’on en était, finalement, avec la prise des tranchées allemandes .  La Cour de Justice européenne à Luxembourg semble s’être rappelée de ces propos et les avoir mis au goût du jour,  de l’UE s’entend. Dans un arrêt de la semaine dernière, le tribunal a en effet décidé que les militaires étaient des travailleurs comme les autres, notamment en matière de durée quotidienne de travail, quand ils ne sont pas en opération, ce qui a entraîné, à juste titre, une levée des boucliers en France (médias) - nous rappellerons, au passage, que la plus haute juridiction européenne n’en est pas à son coup d’essai. Il y a peu, elle avait en rendu une sentence similaire pour les pompiers et autres services de premier secours. Sachant que les armées sont  -encore- du ressort exclusif des États, force est de constater qu’une fois de plus, l’UE se mêle de ce qui ne la regarde pas et pire, essaie de rogner sur les compétences des Etats, à tel point, d’ailleurs, qu’un ex-membre de la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe se demande si elle n’essaie pas, lentement mais sûrement, d’instituer un Etat fédéral (c'est le quotidien "FAZ" qui le dit). Est-il encore nécessaire de rappeler que les membres des institutions européennes, hors Parlement, n’ont pas la légitimité des urnes et ne doivent leurs postes qu’à la bienveillance de leurs gouvernements, qui souhaitent bien souvent se débarrasser d’eux à moindre coût, l’actuelle présidente de la Commission en étant  une parfaite illustration…parmi tant d’autres.(18/07/2021)

Wirtschaft/Gesellschaft


1. Wenn Freiheit selbstmörderisch wird 
2. Das große Unbehagen der Jugend
3 .Hübsches  Programm! Ein Artikel von Claude Donnadieu
4 .Wie können die Staatschulden getilgt werden? 
5  Frankreich vor den Wahlen 2021-2022 : Macron gegen Le Pen oder etwas anderes? 
6. Die angebliche, medizinische Versklavung des deutschen Volkes
7. Tja, die schöne alte Zeit

Wenn Freiheit selbstmörderisch wird

Es ist eine merkwürdige Auffassung der Freiheit, wenn man bedenkt, dass wir eingesperrt leben können, uns von staatlicher Hilfe ernähren - bis wann? -, das heißt, vom öffentlichen Betteln, während wir die Epidemie sich entwickeln lassen. Wie Pontius Pilatus haben die französischen "Anti-Vax"(Impfgegner) "Freiheit" geschrien und ihre Hände in Unschuld gewaschen, was die Krisensituation betrifft, die uns erwartet. Wie dem römischen Präfekten geht es ihnen nicht wie zu seiner Zeit um die wahre Gerechtigkeit - wie der Historiker Flavius Joseph feststellte -, sondern in erster Linie um ihr eigenes Schicksal, um einen illusorischen moralischen Trost, der bald an die Wand der Realität stößt und in der Tat für alle und in erster Linie für sie selbst unerträglich wird. Ich bin frei, sagen sie, lasst mich wählen... Besteht die Freiheit darin, den Wünschen aller zu entsprechen? Das wäre eine sehr kindliche Vorstellung... Kindern werden von klein auf die Grenzen des Zugangs zu all ihren Wünschen (von Freud beschriebene Mechanismen) und die Notwendigkeit, sich an Regeln zu halten, die für ein harmonisches individuelles und kollektives Leben unerlässlich sind, beigebracht.

Diese Skeptiker, getrieben vom Wind der Verschwörung, denken, sie seien im Einklang mit einer Zeit, in der Hedonismus, Individualismus und engstirniger Materialismus zu den universellen Werten geworden sind, die von den großen Medien in der Tat massiv vertreten werden. Gurus hatten noch nie so viele Anhänger und die Sprüche eines Teenagers haben mehr Gewicht als die Empfehlungen von Wissenschaftlern. Der alte, von unseren Lehrern wiederholte Grundsatz: "Die Freiheit des einen fängt dort an, wo die des anderen aufhört", ist aus dieser Moral verbannt worden. Sie ersetzen ihn durch "Ich mache, was ich will", einen veralteten Slogan, den sie von des studentischen Rebellion im Mai 68 geerbt haben.

Was die "Diktatur" betrifft, so ist dieses Wort, das am Abend der Präsidentenrede (Macrons Rede zugunsten der allgemeinen Impfung) die sozialen Netzwerke überflutete, ziemlich schockierend. Sie wurde am selben Tag ausgestrahlt, an dem kubanische Demonstranten brutal unterdrückt wurden, der venezolanische Oppositionelle Freddy Guevara inhaftiert wurde, Kim Il Song sein Volk in Nordkorea verhungern ließ, um seine Todesraketen zu finanzieren, und der gesamte chinesische Kontinent gezwungen war, seinen Folterknecht zu feiern: die Kommunistische Partei, angeführt von einer Handvoll Veteranen, die ein eisernes Gesetz zu ihrem ausschließlichen Vorteil durchsetzen. Die einzige Sorge der chinesischen KP ist in der Tat ihr eigenes Überleben, das Wohl des Volkes ist nur ein Deckmantel für diese Ambition.

Der aktuelle Arte-Dokumentarfilm

https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-F/le-monde-de-xi-jinping/ 

zeigt, wie die Realität in einer Diktatur aussieht, in der Gegner direkt in Umerziehungslager geschickt werden.

Leider ist die Liste der Diktaturen nicht erschöpfend; es gibt mehr von ihnen als Demokratien. Reicht es aus, denen, die sie auf diese Weise abwerten, zu sagen: "Verzeiht ihnen, sie wissen nicht, was sie sagen"? Wir genießen ein sehr breites System der Freiheit. Dies ist ein seltenes Privileg auf der Welt, dessen wir uns bewusst sein sollten. Wir haben viele Rechte, darunter auch das Recht, mit dem Wahlzettel zu sagen, dass wir nicht einverstanden sind, ein Recht, das wir zu sparsam nutzen. Diese Anti-Vaxer, die eine Diktatur heraufbeschwören, sollten ein Minimum an Anstand gegenüber die mutigen Menschen haben, die für ein Minimum an Freiheit kämpfen.

Dazu gehört die berüchtigte Verschwörungssphäre, die z.B. behauptet, dass wir von Außerirdischen regiert werden, die sich an einem geheimen Ort versammelt haben, oder dass der Virus selbst von einem kapitalistischen Konsortium aus dem Nichts geschaffen wurde, um sich zu bereichern. Diese Unsinnsvorstellungen sind weiter verbreitet, als uns bewusst ist. Es gibt auch einen älteren Trend, der in den letzten Jahren aufgrund der Publicity, die er erhalten hat, und der Gewinne, die er generiert, populär geworden ist, und der mit alternativen, angeblich asiatischen oder so genannten traditionellen Medikamenten verbunden ist. Diese wissenschaftsfeindliche, fortschrittsfeindliche Bewegung hat ihre Anhänger natürlich dazu gebracht, eine Impfung abzulehnen, die ihren Prinzipien widerspricht.

Wir sehen nun - mit Erstaunen -, dass diese Einstellungen, von denen man dachte, sie seien marginal, es nicht sind und nun einen beträchtlichen Teil der Gesellschaft erreichen. Demnächst wird es zwei Arten von Reaktionen auf die Herausforderung der Impfung geben: die erste von Pragmatikern, die sich der Problematik bewusst geworden sind und sich auf den Impfstoff stürzen werden, und die zweite, die in einer sektiererischen Verweigerung verhaftet sein wird, die von extremen politischen Gruppen unterstützt wird: die linksradikale France Insoumise und das rechtsradikale Rassemblement National, die sich wieder einmal Seite an Seite in einer unsozialen Haltung im Namen eines gemeinsamen Hasses auf "das System" befinden. Letztere, die in einem heftigen Ressentiment gegen Macron gefangen sind, werden nicht aufgeben. Wir müssen eine Art Revolte dieses harten Kerns der Anti-Vax befürchten, die umso heftiger ausfallen wird, als sie isoliert sein wird. Sie haben bereits ihr Emblem gewählt, den gelben Stern, eine Beleidigung für das Leiden der sechs Millionen Opfer der Shoah und ihrer Familien.

Rechte implizieren Pflichten. Haben wir das vergessen? Das Leben in der Gesellschaft setzt voraus, dass wir z. B. in der Arbeitswelt unsere Verantwortung wahrnehmen, gemeinsame Regeln respektieren und vor allem ein Mindestmaß an Solidarität gegenüber unseren Mitbürgern zeigen. Ohne diese gemeinsame Zustimmung gibt es keine Stadt im griechischen Sinne des Wortes. In diesem speziellen Fall, angesichts des Gesundheits-Tsunamis, der wahrscheinlich in naher Zukunft ausbrechen und Tausende von Leben und alle unsere Freiheiten zerstören wird. Wir können uns den Anweisungen derer, die für unsere Gesundheit verantwortlich sind, nicht entziehen. Wissenschaftler sagen uns, dass wir die Krankheit immer noch durch Massenimpfungen abwehren können. Da ist kein Platz für Sentimentalitäten. Vermeiden wir das Schlimmste (Pierre-Michel Vidal, "Alternatives Pyrénées", Gemeinütziger Verein. Pau.19/07/21 - Der Titel  ist  von "C l'Europe")


Das große Unbehagen der Jugend

So kommt es, dass wir unter unseren Mitgliedern unbeabsichtigt eine Mehrheit von jungen Menschen zwischen 18 und 35 Jahren haben, und unter ihnen eine kleine Mehrheit von jungen Frauen. Sicherlich, weil der europäische Gedanke doch attraktiv ist und weil ein Grossteil der Jugend nicht nur Landsleute treffen will. Darüber hinaus, weil die Jüngsten unter uns die gleichen Rechte und Pflichten wie die Ältesten haben. Wir sind eben "cool" und tolerant. Europa hat viele Facetten und jede, jeder darf sich ihre-seine auswählen Lediglich die Beitragssätze unterscheiden sich, allerdings zu Gunsten der Jungen.

Dies ist aber ein sehr kleines Privileg. Denn die jungen Leute von heute sind in Schwierigkeiten. Abgesehen davon, in Kriegszeiten zwanzig Jahre alt zu sein, ist nichts schlimmer, als in Covid-Zeiten ebenfalls zwanzig zu sein.

Ein französischer Schriftsteller, Paul Nizan, der im Alter von 35 Jahren im Krieg fiel, schrieb 1931: "Ich war zwanzig. Ich werde es nie zulassen, dass man sagt, dies sei das schönste Alter des Lebens". Das Virus tötet die Älteren, der Krieg die Jüngeren. Die Tatsache, dass wir keinen offenen Krieg haben, ist sicherlich eine große Chance für die jungen Menschen. Frieden ist zum natürlichen Zustand Europas geworden. Wie könnten sie sich jedoch darüber freuen, wenn sie nicht wissen, wie Krieg aussieht? Das Virus ist für sie zwar nicht so gefährlich wie Krieg, aber es ist keine Kleinigkeit, die man von der Hand weisen kann. Einige unserer Mitglieder wurden positiv auf Covid getestet. Einige haben gelitten. Alle haben überlebt. Müde. Rekonvaleszent. Genesend.

Überall herrscht Zweifel

Sollte die Pandemie anhalten, würden junge Menschen eine Verzögerung im Leben erleiden, eine Amputation ihrer produktiven und kreativen Jahre, des Frühlings ihres Lebens. Und es ist nicht sicher, ob wieder ein Virus von irgendwoher kommt. Wir sind in eine Ära der unerklärten und vielleicht, unvorhergesehenen und unbeabsichtigten viralen Kriegsführung eingetreten. Wir zweifeln an allem. Die Angst und die Ungewissheit verunsichern viele und schaffen Raum für Verschwörungstheorien und falsche Heilbringer. Das ist aber kein Phänomen unserer Zeit. Bereits während der Pest-Epidemie im Mittelalter zogen Flagellanten in „Geißlerzügen“ durch die Städte, da sie dachten die Pest wäre eine göttliche Strafe und man könne so Buße tun.

Das grössere Problem steckt für die jungen Menschen anderswo. Und zwar ganz besonders in der neuen Labilität des Bildungs- und Ausbildungssystems. So sind Fakultäten und Schulen geöffnet, manchmal geschlossen. Werden die Prüfungen ab dem Abitur stattfinden, damit das Studienjahr nicht ausfällt? In welcher Form und wann wird geprüft werden ? Und was werden die schnell erworbenen Diplome wert sein? Die Sorge erstickt diejenigen, die auf der Suche nach Arbeit sind. Das Virus und seine Eindämmung blockieren die ohnehin schon schwierige Suche. Aber die Suche danach wird noch schwieriger als zuvor sein. Einer bekommt die Stelle, hundert werden abgelehnt? Das Fernsehen zeigt uns Unternehmen und Geschäfte, die noch arbeiten, um uns zu ermutigen, aber wir können auf der Straße sehen, dass viele Läden endgültig geschlossen haben. Das könnte die Welt sein, in die die jungen Menschen eintreten werden.

Wer wird die Schulden abbezahlen?

Die Regierungen haben mit Hilfen und Subventionen viele Mitarbeiter vor der Arbeitslosigkeit und Unternehmen vor dem Ende bewahrt, aber wer zahlt und wann? Eines Tages werden wir es zurückzahlen müssen. Müssen die heutigen Teenager und Post-Zwanziger die abgrundtiefe Schuld abbezahlen? Oder zu einer Tauschwirtschaft zurückkehren, wenn das Geld wertlos wird? Die Werbung zugunsten digitaler Währungen zeigt uns, es kann auch alternativ,e nicht staatliche Währungen geben, zumal wir kaum noch bar mit Papier und Metall bezahlen. Ob sie tatsächlich die sicheren Währungen der Zukunft sind, wird sich weisen.

Niemand ist sicher, dass er morgen in eine lebenswerte Welt kommt. "Ein junger Mann, eine junge Frau : eine Lösung", sagte die französische Arbeitsministerin Elisabeth Borne, jetzt eigentlich Ministerin für Unterbeschäftigung. Ihr 6,7-Milliarden-Euro-Plan gewährt Ausbildungsprämien zwischen 5.000 und 8.000 Euro. Die Universitätskantinen geben komplette Mahlzeiten für einen Euro. Das macht es ihnen möglich zu überleben, aber überleben ist nicht leben.

Man könnte das Gefühl bekommen, als ob junge Menschen auf das Betteln reduziert würden, anstatt den einen oder anderen Mini-Job anzunehmen, der es ihnen ermöglichte, über Wasser zu bleiben. Es war schon ein Opfer, neben dem Studium zu arbeiten, aber auch die Opfer werden abgeschafft. Die Wirtschaft ist gelähmt. Nur wer in systemerhaltenden Positionen mit Geld umgeht oder für Essen, Transport, Sauberkeit und Gesundheit arbeitet, hat noch viel zu tun. Gegenstände, Produkte und Dienstleistungen, die nicht essbar sind oder Leben unmittelbar retten , sind nicht mehr gefragt.

Wo steckt des Problem für die Jugend?

Was sie am härtesten trifft; ist das Arbeitslosenvirus,. Und die Pandemie hat diesen Zustand deutlich verschlimmert. Im Jahr 2018, der letzten erfassten Zahl, gab es in Frankreich fast eine Million junger Menschen im Alter von 15 bis 25 Jahren, die ohne Beschäftigung oder Ausbildung waren, d. h. 12,9 % dieser Altersgruppe. Die Pandemie hat diese Zahl vervielfacht. In Österreich und Deutschland war es bei weitem nicht so schlimm, aber jetzt werden wir ein weitere Krise erleben, eine psycho-soziale Krise, wenn die Jugend das Ende ihrer psychischen und monetären Leistungsfähigkeit erreicht. Wohnungslos, obdachlos, hungrig? Mit Ausnahme derjenigen, deren Eltern noch zahlungsfähig sind.

Können wir uns Scharen junger Menschen vorstellen, die sich gegen die scheinbar dunklen Kräfte auflehnen, die das Leben und den Planeten untergraben und die von den Staaten mit ihren gewählten Beamten und Staatsdienern verkörpert werden? Denn es muss Menschen geben, die dafür verantwortlich sind. Man wird Sündenböcke suchen. Hat der französische Komiker Coluche das nicht schon vor langer Zeit gesagt? "Die Hälfte aller Politiker ist zu nichts zu gebrauchen. Die anderen sind bereit, sich alles in die Taschen zu stecken“. Es ist nicht schwer, die Menschen zur Rebellion anzustacheln, aber sie zögern, ihre Pantoffeln gegen Schuhe auszutauschen, um auf die Straße zu gehen.
Junge Menschen verkriechen sich nicht mit Pantoffeln in ihre Schale. Im Moment sind sie eher deprimiert. Bald werden sie wütend sein. Das Wort Wut ist eines der meist missbrauchten Wörter der letzten Jahre. Individuelle Wut ist meist spontan. Die kollektive Wut wird künstlich hergestellt. Wut kann eingeimpft werden, wenn es in Mode ist, wütend zu sein. Und wenn die Jugendlichenvon Querdenkern beeinflusst, die sich in neuen Medien festsetzen, beschließen, alles kurz und klein zusammen zu schlagen, kann das ein reales Problem für die gesamte Gesellschaft werden. Es besteht die Gefahr einer verlorenen Generation.

Die Versuchung des Krieges

Werden wir am Ende der Pandemie eine Hysterie oder eine Depression erleben? Nach Angaben des franzöischen Gesundheitsministers Olivier Véran zeigte "während der Eindämmung fast jeder dritte Student Anzeichen einer psychischen Depression". Aber Gurus und Aufwiegler erzählen den Jugendlichen, dass ihr Übel an der Gesellschaft liegt, weil diese böse ist, und dass sie nicht dafür verantwortlich sind und dass sie das ändern können. Verschwörungstheorien, wie gesagt, und einfache Erklärungen greifen jetzt schon um sich. Sie werden auch von bekannten Persönlichkeiten aus Film und Fernsehen und sogar von Spitzenpolitikern verbreitet und für ihre Zwecke genutzt.

Nicht nur Jugendliche sind dafür sehr empfänglich. Auch Staats- und Regierungschefs die von Verschwörungen jüdischer Milliardäre oder dem Trinken von Chlor fabulieren, sind vor solchem Irrsinn nicht geschützt. Es scheint, als würden viele einen Krieg vermissen. Krieg liegt in den Genen der Menschen, das ist sicher, aber bei einigen von ihnen im Übermaß. Besonders bei jungen Menschen, deren Leben im Umbruch ist, die vor der Ungewissheit stehen und deren körperliche Verfassung den Trugschluss auf die eigene Unverwundbarkeit zulässt. Zumal Europa die längste Periode in seiner Geschichte ohne Krieg erlebt, haben Viele das subjektive Empfinden, es fehlt ein Krieg. Man sieht nicht mehr viel von der pazifistischen Jugend, die in den 1970er und 80er Jahren große Demonstrationen veranstaltete.

Aber wo ist der Feind? An der Staatsspitze? Die die lange genug gelebt haben, wissen, dass die Revolution ihre Kinder frisst. Zuerst werden die vermeintlichen Gegner guillotiniert und dann guillotiniert man sich gegenseitig, denn es ist schwierig, die Maschine zu stoppen, wenn sie einmal läuft. So endeten die jakobinische Revolution, die der Bolschewiken und die von Mao Zedong und Castro und vieler anderer.

Es muss auch gesagt werden: Die Wüste der Barbaren bedroht die Jugend von morgen. Es droht ein schwindelerregender Absturz des Kulturniveaus, verursacht vor allem durch die Möglichkeit jedes einzelnen, seine absurden Theorien leicht einer unermesslichen Menge an (jungen) Menschen zugänglich zu machen. Diese Entwicklung kann aber auch als Demokratisierung der Medienwelt gesehen werden. Dadurch kann dem Absturz des Kulturniveaus, dem Absturz in eine erneute Barbarei, auch verhindert werden. Auch die vernünftigen, friedfertigen und rationalen haben die Möglichkeit, sich, ohne dem Gutdünken eines großen Medienhauses oder großen Verlages ausgesetzt zu sein, einem weiten Publikum zu präsentieren. Das virtuelle Leben ist Segen und Fluch.

Virtuelles ersetzt das reale Leben

Die Menschheit hat hier eine Wendung genommen. Die neuen Generationen unterscheiden sich von den vorangegangenen durch den Einsatz von digitaler Technik. Lasst uns die Errungenschaften der modernen Technik loben! Hätten wir diese Pandemie vor dreißig Jahren erlebt, wären wir an Einsamkeit gestorben. Das Web hat Bibliotheken und Archive ersetzt, und digitale Dienste wie Skype und Zoom haben Treffen und Begegnungen möglich gemacht. Noch mehr als die Alten haben die Jungen davon profitiert. Ein Schwarzmaler sagte, dass das Internet nicht zum Wissen führt, sondern es eher ersetzt. Verlassen sich die heutigen Zwanzig- und Dreißigjährigen zu sehr auf den Computer? Es gibt viele Debatten zu diesem Thema und wir werden sie in den kommenden Monaten und Jahren allmählich in unserer Paneuropäischen Konferenz behandeln. Wir teilen aber nicht die landläufige Ansicht, dass die heutigen jungen Menschen geistig schwächer geworden sind. Sie wissen, wo die Informationen sind, und das ist es auch, worum es in der Kultur geht: Zu wissen, wo die Dinge sind. Zudem ist es in unserer enorm spezialisierten Gesellschaft unmöglich geworden, alles zu wissen. Der Arzt oder der Lehrer können nicht alles Wissen, aber sie können lernen, es nachzuschlagen. Das digitale Zeitalter hat dies leichter und effizienter gemacht. Der Mechaniker kann sofort ein Tutorial auf Youtube ansehen, wenn er etws nicht weiss, der Jurist sofort online ein Gesetz nachschlagen.

Euroland, Land der Jugend

Jungsein war freilich früher zur Zeit des Wirtschaftswunders und ohne Pandemie angenehmer als heute, aber es hat die heute Älteren nicht klüger gemacht. Viele junge Menschen, Jungen und Mädchen, werden heute von Großzügigkeit und vom Wunsch zu dienen angetrieben und ihr in der offenen Welt vor der Pandemie angesammeltes Wissen nützlich zu machen. Sie sind für die Generationen der Zweiten Nachkriegszeit eine große Überraschung. Das Bedürfnis, Gleichgesinnte aus ganz Europa zu treffen und mit ihnen etwas aufzubauen, ist bei ihnen stark ausgeprägt. Die europäische Staatenwelt wird von ihnen nicht mehr als Konflikt, sondern als Schulterschluss empfangen.
Unsere Mannschaft, die sich aus sehr jungen, aus jungen, aus älteren und aus alten Menschen zusammensetzt, hat sich vorgenommen, Sprungbretter und Plattformen zu schaffen, die den neuen Generationen die Möglichkeit geben, in einem offenen und vielfältigen Umfeld zu arbeiten, aus geschlossenen Horizonten herauszukommen und sich kulturell zu bereichern. Sie müssen auch lernen, sich selbst nicht zu unterschätzen, ohne dabei in die Arroganz zu verfallen, sich als Eigentümer der letzten Wahrheit zu betrachten. Und als Gegengift zur Arroganz, auch zur nationalistischen Arroganz, gibt es nichts Besseres als dieses Europa, das wir machen, wenn wir an uns selbst arbeiten, das uns aber auch unsere Grenzen aufzeigt.

Die Rückkehr zur Realität wird nach der Pandemie wichtig sein. Und wenn wir schon nach Auswegen aus der Lähmung suchen, sollten wir an den Sport denken, nicht an den Sport am Bildschirm, nicht an den Sport auf den Stadionbänken, sondern an den Sport, den wir betreiben. Einer der schlimmsten Schäden des Lockdowns hat die Teenager getroffen, die viel mehr Zeit vor dem Bildschirm als bei körperlicher Aktivität verbracht haben. Sie sollten es jetzt umgekehrt machen, sonst werden sie nicht gut altern. Zur Befreiung von der Einsperrung zwischen den eigenen vier Wänden wird auch gehören, die sowieso unsichtbaren Grenzen des Schengenraumes und etwas weiter zu überschreiten, um von Land zu Land wie die wandernden Gesellen im Mittelalter und davor zu gehen.

Schengeraum, Eurozone, das ist Europa heute, das ist Euroland. Dieser Kontinent ist unser. Er ist uns offen und alle Lockdowns sind vergänglich.

Jean-Paul Picaper, Präsident von “ Es ist Europa“, „C l’Europe“ - Dominik Possert, Vize-Präsident Präsident von „Es ist Europa“, „C l’Europe“.  15.12.2020

Hübsches Programm!

Im Moment, wo unsere Mitbürger zum Thema Diskriminierung befragt werden, versäumen es die Islamo-Linken aller Couleur sowie die Dekolonialisten nicht, Sie als hässliche Rassisten von Rechtsaussen zu beschimpfen, denen das Schicksal von Minderheiten gleichgültig ist, Sie behaupten ausserdem, unterdrückt zu werden, sobald man sich nicht vor ihnen beugt und seine angeblichen Verbrechen bereut.
Das ist der Trend heutzutage. Am Ende sieht alles aus wie in den Vereinigten Staaten, wo der Kommunitarismus in einem Ausmaß abdriftet, wie man es seit dem Elend im rassistischen Süden vergangener Zeiten nicht mehr erlebt hatte. Einige amérikanische Universitäten, und nicht die geringsten, haben beschlossen, getrennte Abschlussfeiern auf der Grundlage von Rasse, ethnischer Zugehörigkeit, sexueller Präferenz oder Lebensstandard zu inszenieren! Unsere Kollegen von der New York Times buchstabieren jetzt Black mit einem B und white mit einem w, um die Rassentrennung zu bekämpfen. Ein großer Unsinn, der dazu drängt, eine neue Form der Apartheid zu erfinden.
Martin Luther King, wach auf, sie sind verrückt geworden!
Hier sind andere Warnzeichen sichtbar, die nicht täuschen: die Studentengewerkschaft UNEF organisiert „nicht gemischte Diskussionsgruppen“, die für Weiße verboten sind, unter dem Vorwand, farbige Menschen besser zu Wort kommen zu lassen. Oder die Politikerin Audrey Pulvar schlägt vor, dass Weiße einfach den Mund halten und als stille Zuschauer teilnehmen sollen.
Die heutigen Antirassisten sind weit entfernt vom SOS-Rassismus der 1980er Jahre. Statt für die Aufklärung einzutreten, die unserer Republik teuer ist, betonen sie die Besonderheiten der jeweiligen Gemeinschaft. Die Welt steht auf dem Kopf, das Individuum wird wegen seiner Clan-Zugehörigkeit und nicht wegen seiner Eigenschaft als Mensch.
Diese dekolonialistsiche Bewegungen möchten uns eine politische und kulturelle Schuld aufbürden, eine Schuld, die auf die von unseren Vorfahren begangene Kolonisierung zurückgeht und für die wir ad vitam aeternam einen hohen Preis zahlen müssten. Nach diesem Prinzip wäre der Weiße ewig in der Schuld und der Schwarze oder Araber hätte immer einen guten Grund, den Rang des Opfers zu beanspruchen.
Wir sollten uns jedoch nicht scheuen, die Werte zu verteidigen, die unsere sind. Wir sollten vor den Aktivisten nicht zurückweichen, die in Grenoble einen Hochschullehrer einschüchtern, der den Mut hatte, den Geist der Kapitulation anzuprangern, der in unseren Fakultäten angesichts des Minderheitendrucks um sich greift.
Nein, Frankreich ist kein Land mit systemischem Rassismus, es gibt sicherlich Differenzierungen, aber nicht unbedingt auf der Basis ethnischer Konzepte. Die se Leute müssen aufhören, uns Schuldgefühle einzureden. Erinnern wir uns daran, dass Frankreich, die Heimat des Universalismus, eine unteilbare Gesellschaft ist, die darauf abzielt, alle im Dienste des Gemeinwohl zu assimilieren.
Unsere jüdisch-christliche Welt, dekadent in Nordamerika und verfallend in Europa, taumelt unter dem Einfluss dessen, was Samuel Huntington "Kampf der Kulturen" nannte. In einem aktuellen Lied zögert des islamistische Politprediger Tariq Ramadan nicht zu sagen: "Ihr habt die Wahl, wir haben keine Wahl/Entweder ihr teilt alles mit uns, oder wir bedienen uns selbst".
Damit ist alles gesagt: Es geht dort tatsächlich um die Islamisierung der Moderne und nicht um die Modernisierung des Islams. Das ist nicht dasselbe. "Mit euren demokratischen Gesetzen werden wir euch kolonisieren, mit unseren koranischen Gesetzen werden wir euch unterwerfen", vertraute Mohammad Abdelkarim Alissa, Generalsekretär der Islamischen Weltliga, an.
Ein hübsches Programm!
(Claude Donnadieu, Chefredakteur der französischen Regionalzeitung La Lozère Nouvelle - 15. April 2021)

Wie können die Staatschulden getilgt werden?

Wenn es um Geld geht, sind Zahlen entweder Ideale, die erreicht werden müssen, oder Grenzen, die nicht überschritten werden dürfen. Eine davon wurde am Ende des ersten Quartals 2021 überschritten, als die kumulierte Verschuldung der Eurozone 100,5 % ihres Bruttoinlandsprodukts erreichte. In Frankreich stieg es von 100,8 % im Vorjahr auf 118 % des nationalen BIP, in Deutschland auf 71,2 %, in Spanien auf 125,2 % und in Italien erreichte es einen Höchststand von 160 %. Noch schlimmer: In Griechenland waren es 209% des BIP. Die europäische Verschuldung wird auch im Jahr 2022 auf diesem Niveau bleiben, das in der Geschichte noch nie erreicht wurde. In der Eurozone ist dies ein allgemeines Phänomen.

Der Rückgang der Steuereinnahmen aufgrund der Rezession, die durch die Unterbrechungen der Arbeit und wirtschaftlichen Unterstützungsmaßnahmen, die insbesondere an Unternehmen und Arbeitnehmer verteilt wurden, verursacht wurde, ist der Grund für diese "noch nie dagewesene" Situation. In Frankreich, wo die Defizite zu Beginn des Jahres anschwellen, wird die Verschuldung auf ein weniger alarmierendes Niveau zurückkehren, aber die vom Präsidenten zu Beginn der Pandemie im März 2020 ausgegebene Parole "koste es, was es wolle" hat das öffentliche Defizit (Haushalt) um 9,2 % des BIP erhöht. Die Talsohle ist durchschritten und wird sich den Prognosen der Regierung zufolge im Jahr 2021 auf diesem Niveau "stabilisieren".
Die Bürger und Unternehmen wurden mit Geld überschüttet, um Depressionen und Konkurse so weit wie möglich zu vermeiden. „Die Regierung wird helfen", sagte Präsident Macron zu Beginn der Pandemie. Dafür wurde „ein Batzen Moneten“ ausgegeben, um ein anderes Wort des Präsidenten zu verwenden. Die Haushaltsregeln des Europäischen Stabilitätspakts, die die Mitgliedstaaten der Zone dazu verpflichteten, ihr öffentliches Defizit auf unter 3 % des BIP und ihre Gesamtverschuldung auf unter 60 % des BIP zu senken, wurden ignoriert. Und die Franzosen waren nicht die einzigen, die das taten.

Im März 2020 setzte die Europäische Kommission angesichts der Pandemie und der Notwendigkeit, die Volkswirtschaften zu unterstützen, den Stabilitätspakt bis Ende 2022 aus. Es wurde erlaubt, davon abzuweichen. Was aber, wenn die Delta-Variante oder andere Covid-Mutante die Aktivität weiter verringert? Wie kann man in der jetzigen Situation überhaupt wieder in die Spur kommen?
Dies würde die Mitgliedstaaten dazu zwingen, die Steuern zu erhöhen, wie sie es 2011 nach der Dollar- und Eurokrise getan haben, um die Kassen zu füllen. Infolgedessen hat die Rezession in vielen Bereichen weitere zehn Jahre gedauert. Investitionen und Innovation sind zurückgegangen.
Wir können uns einen solchen Fehler nicht mehr leisten. Um den Schaden zu begrenzen, empfehlen Wirtschaftswissenschaftler eine Überarbeitung des Pakts. Zum Beispiel, indem zukunftsorientierte Investitionen aus der Berechnung des öffentlichen Defizits ausgeschlossen werden. Oder durch die Einführung neuer Sparvorschriften für die öffentlichen Ausgaben. Es wird notwendig sein, Beamte zu entlassen, insbesondere in Frankreich, wo der Entbürokratisierungsprozess während der Pandemie unterbrochen wurde.
Auch bei den Budgets für die Außenpolitik könnten Einsparungen erzielt werden. Vielleicht, um dieses Geld auf die Sicherheit zu übertragen, die zu einem entscheidenden Problem in unseren Gesellschaften geworden ist? Im Zeitalter der verstärkten digitalen Kommunikation brauchen wir vielleicht nicht mehr so viele Diplomaten vor Ort im Ausland, denen wir zusätzliche Prämien und Umzugskosten zahlen müssen, aber wir brauchen mehr ausgebildete Polizeibeamte und Dienste, die Straftäter einsperren und/oder rehabilitieren.
Die Bekämpfung von Drogen, vom Tabak und mehr Geld für die Gesundheit, sowie die Unterdrückung abnormer Verhaltensweisen müssen zu den wichtigsten Prioritäten werden, und wir müssen aufhören, aus wahltaktischen Gründen Zuschüsse an sehr kleine Minderheiten zu vergeben, die amerikanische soziologische und intellektuelle Moden widerspiegeln, die dem Geist der europäischen Republik nicht entsprechen. Wir müssen uns auf die Stärkung Europas konzentrieren.
Der französische Wirtschafts- und Finanzminister Bruno Le Maire setzt vor allem auf die Rückkehr des Wachstums, auf die Kontrolle der Staatskosten und auf Strukturreformen. Anstatt die rund 100 Milliarden an Ersparnissen fiskalisch zu tilgen, die die Franzosen während der aufeinanderfolgenden Lockdowns auf die hohe Kante gelegt ahben, wird verscuhte$= werden, sie zum Ausgeben und Investieren zu bewegen.

Aber hier haben wir es mit einem der klassischen europäischen Dilemmas zu tun. Die Aussicht auf eine Lockerung der Regeln gefällt den Hauptstädten Nordeuropas nicht, die befürchten, dass die südlichen Mitgliedsländer dies ausnutzen werden, um in ihren Sparbemühungen nachzulassen. Im Großen und Ganzen sind die Grünen und Sozialisten offen für eine Reform des Stabilitätspakts. Die konservative Rechte und die liberale Mitte sind weit weniger bereit, dies zu akzeptieren.
Das derzeitige große Glück der Industrieländer liegt in den sehr niedrigen Kreditzinsen. Die zehnjährigen Zinssätze in Frankreich liegen bei Null, während sie 2008, als die US-Subprime-Krise ausbrach, bei über 4 % lagen. Weltweit haben sie sich in BIP-Punkten im Zeitraum 1995-2020 halbiert. Sie liegen deutlich unter den Wachstums- und Inflationsraten. Sollten die Preise steigen, wäre ein Auswirkung auf die Zinssätze wahrscheinlich, aber es gibt allen Grund zu der Annahme, dass der leichte Anstieg der Inflation Anfang 2021 nach der Erholung vom toten Jahr 2020 nur vorübergehend war und dass auch die Löhne, ein möglicher Inflationstreiber, nicht steigen werden. Die Europäische Zentralbank (EZB) tut ihr Bestes, um einen Anstieg der Zinssätze zu vermeiden.

Die andere Gefahr, die sich abzeichnet und den "sparsamen" Ländern Nordeuropas plus Österreich Sorgen bereitet, ist, dass diese Zinswende von oben nach unten negative Auswirkungen auf die Kreditaufnahme haben wird. Die Regierungen laufen Gefahr, wie Alkoholiker zu werden, die die Zirrhose, die ihre Leber zerstört, immer weniger spüren und deswegen immer mehr trinken, da Alkohol kostenlos ist. Die Versuchung, den Preis für Branntwein zu erhöhen, wäre dann für die Hersteller groß. Das beunruhigt auch die Hüter unseres Geldes.
Der Gouverneur der französischen Zentralbank, François Villeroy de Galhau, warnte: "Es wäre abenteuerlich, unsere Strategie für die öffentlichen Finanzen auf die ewige Beibehaltung der niedrigen Zinssätze zu gründen". Er forderte den Staatspräsidenten auf, das Wachstum der öffentlichen Ausgaben auf durchschnittlich 0,5 % pro Jahr zu begrenzen, gegenüber 1,1 % pro Jahr im letzten Jahrzehnt. Nach seinen Berechnungen würde dies die französische Staatsverschuldung in zehn Jahren auf 105 % des BIP senken. Dies wäre immer noch sehr weit von den im Pakt geforderten 60 % entfernt.
Es ist todsicher, dass die europäische Währung eines Tages unter den Auswirkungen der Covid-Krise leiden wird. Es sei denn... es sei denn, wir werten ab... aber das wäre schmerzhaft, brutal und zerstörerisch! Das Vertrauen in den Euro und in die Europäische Union würde schwinden. Oder die Banken werden, wie es bereits der Fall ist, mit Negativzinsen an den Vermögenswerten knabbern und die Schulden langsam abbauen. Das ist recht verlockend, denn die Europäische Zentralbank (EZB) hat die Zinsen in den negativen Bereich verschoben, so dass, je mehr Schulden man hat, desto leichter wird deren Last. So sank der Schuldendienst Frankreichs bis Ende 2020 auf 35,8 Milliarden statt der vor einem Jahr, vor der Gesundheitskrise, erwarteten 38 Milliarden.

Der positive Effekt ist, dass die Schulden zwar hoch, aber erträglich sind. Da die Zentralbanken, weder die europäische noch die amerikanische, ihre Leitzinsen nicht anheben wollen, haben wir vier bis fünf Jahre, wahrscheinlich sogar zehn Jahre Zeit, um nach Lösungen mit einer einigermaßen stabilen Währung zu suchen. Einerseits ist dies ungefähr die Zeit, die die Wirtschaft braucht, um sich zu regenerieren, wenn die kollektive Gesundheit bis Ende 2021 mit dem Impfstoff wiederhergestellt ist, wie man hofft. Andererseits ist die Mehrheit der Ökonomen der Meinung, dass die seit Jahren niedrigen Zinsen auf den Finanzmärkten mittelfristig bestehen bleiben werden, so dass wir eine Zeit der Erholung zur Verfügung haben werden. Kann sich aber Europa wirklich noch zehn Jahre lang einen negativen Zinssatz verlassen?
Dies würde auch schwachen europäischen Ländern wie Portugal und Spanien helfen. Was Griechenland anbelangt, das ein Sonderfall sind, so muss Europa darüber achdenken. Auf jeden Fall ist dies nicht der Zeitpunkt, um andere Mitgliedsländer aufzunehmen. Es ist aber höchste Zeit, die Kandidaturgespräche mit der Türkei abzubrechen.

Noch ein Wort zu Italien, das sich unter dem wachsamen und kompetenten Blick von Mario Draghi erholt . Die Tatsache, dass seine Fußballmannschaft, die Squadra Azzurra, die englische Mannschaft im EM-Finale im Wembley-Stadion geschlagen hat, war für Boris Johnson eine ernste Lektion. Überraschenderweise brachte dieser Sieg der italienischen Wirtschaft 0,7 % mehr Wachstum. Der verlogenen Renaissance Großbritanniens, das durch den Brexit auf seiner Insel isoliert wird und dessen Einheit und Wohlstand bedroht sind, stellt Draghi, ehemaliger Chef der Europäischen Zentralbank und Retter des Euro in den Jahren 2011-2012, den Wiederaufbau Italiens dank des europäischen Konjunkturprogramms Next Generation EU. Italien wird der erste Nutznießer des europäischen Programms mit 221 Milliarden Euro sein, von denen die erste Tranche von 25 Milliarden in Kürze ausgezahlt wird. Der italienische Plan, an dem Draghi praktisch alle wichtigen politischen Kräfte beteiligt hat, ist Teil einer kohärenten Strategie, die sich auf vier Prioritäten konzentriert: den ökologischen Übergang, die digitale Revolution, die Verringerung von Armut und Ungleichheit sowie die Reform von Staat und Justiz. Er begann mit einer Impfkampagne für sein Land, das als erstes in Europa von der Pandemie betroffen war. Darüber hinaus verfügt Italien über Vermögenswerte, eine große Anzahl erfolgreicher Unternehmen in Schlüsselsektoren und vor allem eine positive Handelsbilanz von 63 Milliarden Euro im Jahr 2020. Draghi hat ausgezeichnete Beziehungen in Brüssel und Frankfurt und in Washington zu Joe Biden. Die Italiener wissen, dass er ihre große und letzte Chance auf Erfolg ist.  (Redaktion, 25.07.2021)

Frankreich vor der Regionalwahl im Juni 2021 und vor der Parlaments- und Präsidialwahlen im Mai-Juni 2022 : Macron oder Le Pen ?

Die Juni- Regionalwahlen sind inzwischen verstrichen. Die Alternative Macron-Le Pen ist vielleicht für die Präsidentschaftswahlen vom April 2022 nicht mehr so aktuell, wie sie im letzten April aussah.  Die Ultrarechten von Marine Le Pen haben deutlich an Boden verloren. Die neogaullistischen Republikaner (LR) haben ihre regionalen Festungen behalten und die Grünen (EELV) ihre neuen Erfolge bestätigt. Die Sozialisten (PS) sind anwesend geblieben, wenn auch als Minderheit. Dagegen hat die Macron-Partei (LREM) mit einem schwachen Ergebnis  bestätigt, dass sie in Provinzen und Gemeinden nicht ausreichend verankert ist. Im Moment vermehren sich die Kandidaten auf die Nachfolge von Macron. Vgl. unsere  Rubrik "Europa". (Red. 28.07.21)

Ist Frankreich das Land der Staatsstreiche? Ist es nicht in der Lage, sich selbst zu reformieren? Der Mythos der großen Revolution von 1789-93, der der französischen Republik zugrunde liegt, hat etwas damit zu tun. Die Franzosen neigen dazu, einen Regimewechsel einem Regierungswechsel vorzuziehen. Aber sie haben etwas Angst vor den Folgen, zumindest diejenigen von ihnen, die etwas Geschichte gelernt haben, zumal die Große Revolution nicht mehr verherrlicht wird, wie das z. B. unter dem Staatsprâsidenten Mitterrand noch der Fall war. Letztendlich votieren die Franzosen, wenn es möglich ist, eher für „law and order“ statt für Umsturz und Umwälzung. Sie haben nicht so unmittelbar wie die Deutschen Diktaturen erlebt. Aber sie haben genug abschreckende Beispiele in ihrer Historie, um Vorsicht walten zu lassen,.
Erinnern sie sich z. B. an die Ablösung der Monarchie durch die Republik. Um eine Rückkehr der Könige zu verhindern, beschloss damals der revolutionäre Konvent den Tod des Königs Ludwig den 16..unter der Klinge der Guillotine und wenig später den Tod der Königin Marie-Antoinette auf die gleiche Weise, denn die Revolutionen steigern sich im Blutrausch, sobald das erste Blut geflossen ist. Sie kennen dann keine Grenzen mehr.
Es bedurfte ebenfalls eines regelrechten Staatsstreichs, um die Revolutionären zu beseitigen, und Robespierre und seine Clique landeten wiederum unter der Guillotine. Dann übernahm General Napoleon Bonaparte die Macht und errichtete eine legalistische Diktatur und eine Quasi-Monarchie. Und nach der Restauration der Monarchie übernahm Louis Napoleon Bonaparte, dessen Neffe, wieder die Macht, nachdem er Präsident der Republik gewesen war.
Um einen Putsch der Generäle zu verhindern, übernahm General De Gaulle 1958 die Macht, änderte die Regierungsform aber nicht das Regime. Dafür wenigstens musss man ihm danken. Er hat ein Präsidialsystem eingeführt aber die Feiheit nicht angetastet.
Emmanuel Macron versuchte, über die klassischen politischen Spaltungen von Links-Rechts-Mitte-Linksaußen-Rechtsaußen hinauszugehen, weil er das Gefühl hatte, dass diese Praxis nicht mehr funktionierte, vor allem, wenn es darum ging, die großen Probleme er heutigen Zeit zu lösen, die nicht mehr in diesen Rahmen passen, wie Klimawandel, Massenezuwanderung, Währungskrise, Globalisierung, zu der inzwischen auch noch die Pandemie hinzugekommen ist. Er veröffentlichte jedoch am 24. November 2016 zu Beginn seines Präsidentschaftsfeldzugs von 2017 ein Buch mit dem Titel "Revolution". Hätte er es "Reform" betitelt, wäre es nicht so erfolgreich gewesen. Er kündigte darin "eine große Transformation an, wie (sein Land) seit der Erfindung des Buchdrucks und der Renaissance sie nicht mehr gesehen hatte." Trotzdem profilierte er sich darin vorsichtshalber als Mann des "Dafür" und nicht als Mann des "Dagegen". Er wolle "für die notwendige Neugründung des Landes" über die politischen Spaltungen hinausgehen.
Was davon hat er geleistet? Sicher, er hat einige grundlegende Reformen durchgeführt. Einige bleiben oder blieben auf der Strecke.
Die klassische Opposition links und rechts oder was davon übrig geblieben ist versucht nachzuweisen, dass er nichts getan hat und dass die Reformen nicht „revolutionär“ sondern halbherzig und halbfertig geworden sind Aber es stimmt, dass sie unter Macron ein schweres Leben hatte. Sie versucht, im Hinblick auf die bevorstehenden Parlaments- und Präsidentschaftswahlen im Mai-Juni 2022 wieder Profil zu bekommen. Auf Seiten der Linken gibt es nur noch eine Kraft, die in der Lage ist, wie in Deutschland voranzukommen: die Umweltschützer. Bei den Kommunalwahlen im Juni 2020 eroberte die "grüne Welle", und zwar die Partei EELV, mehrere regionale Metropolen: Annecy, Besançon, Grenoble, Lyon, Poitiers, Straßburg, Tours und vor allem Bordeaux, das seit Jahrzehnten auf die klassische Rechte abonniert war. Die Wähler dieser acht Städte haben alle einen grünen Bürgermeister gewählt, nicht alle mit dem gleichen Programm, aber mit gemeinsamen Grundideen.
Die beiden Parteien, die mehr gelitten haben als Macrons vielseitige Partei LaREM (La République en Marche), waren die Sozialisten der PS (Sozialistische Partei) und die spätgaullistischen Republikaner (LR).
Der Fehler der Sozialisten (PS) war, auf die Migranten als Wahlvolk zu setzen. Angesichts der Bedrohung durch starke Einwanderungswellen und durch den Aufstieg des politischen Islams in Frankreichs großer arabischer Migrantengemeinschaft ist die PS nach einigen Erfolgen in der sozialistischen François-Hollande-Ära (2012-2017) ins Hintertreffen geraten. Auf der einen Seite ist ein großer Teil der Arbeiterschaft nach Rechtsaußen übergelaufen, auf der anderen Seite werden die sozialistischen Kader selbst beschuldigt, mit dem politischen Islam zu sympathisieren. Die Schimpfworte "Islamolinke" und "Islamo-Faschismus" fordern ihren Tribut und verurteilen die Sozialisten zum Scheitern. Die PS hat unwissentlich einen Pakt mit dem Teufel geschlossen.
Haben die spätgaullistischen Republikaner  (LR) überhaupt eine Chance, Macron zu besiegen? Im Moment seht es nicht so aus, dass die alte gaullistische Partei abbröckelt und sich vielleicht auflosen wird. Derjenige, der sich für ihren Anführer im Feldzug hielt, Xavier Bertrand, der Präsident der Region Nordfrankreich, war der erste, der sich als Anti-Macron-Kandidat aufstellte, um von seinen Genossen nicht eingeholt zu werden und sich an deren Spitze zu setzen. Aber wie Olaf Scholz in Deutschland, hat er sich wohl zu früh erklärt. Er spielt gegen Macron die die Sicherheitskarte aber nicht so glaubwürdig wie die ultra-rechte Partei RN (Rassemblement National ) von Marine Le Pen, die diese Fahne seit Jahren schwingt. Es liegt auch auf der Hand, dass dieser ruhige Mann, Versicherungsvertreter von Beruf, intellektuell das Wasser zu Macron nicht reichen kann.
Sarkozy hatte das intellektuelle Niveau, wurde aber 2012 von François Hollande geschlagen, weil der Zentrist François Bayrou, der ständige Aussteiger, ihn im letzten Moment mit dem Rückzug seiner Unterstützung zu Fall brachte. Er gibt in seiner gaullistischen Parte LR, keinen Kandidaten, den Sarkozy bisher unterstützt. Außerdem hat er selbst wegen nie endender finanzieller Angelegenheiten endlose Probleme mit der Gerichtchbarkeit.
Und dann war noch die Fillon-Affäre im Jahr 2017, als der ehemalige Premierminister von Nicolas Sarkozy als Kandidat der klassischen Rechten zurücktreten musste, nachdem entdeckt wurde, dass er seine Frau mit einem Gehalt als Parlamentsassistentin versorgt hatte, wofür sie kaum gearbeitet hatte. "Wir stecken im Dreck, resümiert ein Sarkozyst, Ich weiß nicht, wie wir da rauskommen, aber ich weiß, dass Bertrand nicht die Lösung ist".
Man hatte mit Michel Barnier (unser Artikel weiter unter "Europa") gerechnet, aber er lässt auf sich warten. Ein anerer Gaullist, Laurent Wauquiez, der nach dem Scheitern der gaullistischen Partei bei den Europawahlen von seinem Posten als LR-Präsident zurücktreten musste, scheint sich nicht entscheiden zu wollen. Vielleicht zieht Wauquiez es vor, Präsident der Region Rhône-Alpes zu bleiben. Er wartet auf das Ergebnis der Regionalwahlen im nächsten Juni. Es bleibt die Tatsache, dass Nicolas Sarkozy die Gallionsfigur der Spätgaullisten ist, aber dass er älter geworden ist, dass seine Frau vielleicht nicht wünscht, dass der politische Zirkus die Familie wieder kaputt macht, und dass er sich mit siegreichen aber zermürbenden Schlachten gegen die Gerichte aufreibt. Er schreibt Bücher Vielleicht zieht er es vor, weiter welche zu schreiben.
Sarkozy ist darüber hinaus nicht so eindeutig gegen Macron. Er bejaht u. a. dessen Engagement für Europa. Manche gaullistische Regionalchefs, der Bürgermmeister von Nizza, Estrosi und sein Parteifreund Muselier, Président der Region Südostfrankreich, stehen zu Macron. Tatsache bleibt, dass Emmanuel Macron in den Umfragen im Moment überraschend stabil in Führung bleibt. Die ultrarechte Marine Le Pen bekommt in den Prognosen für die erste Runde der zukünftigen Präsidentschaftswahlen oft etwas bessere Ergebnisse, aber trotz eines etwaigen Bröckelns seiner Mehrheit von 2017 wäre Macron deutlich vor ihr in der entscheidenden zweiten Runde. Für den Moment können wir auf die Wiederwahl von Emmanuel Macron als Präsident im Jahr 2022 setzen. Hinzu kommt, dass er trotz des Rücktritts seines ehemaligen Premierministers Édouard Philippe weiterhin gut und sicher umgeben ist: Von seinem brillanten Sekundanten, dem Wirtschafts- und Finanzminister Bruno Le Maire; von seinem derzeitigen volkstümlichen Premierminister Jean Castex; von dem ausgezeichneten Gesundheitsminister, dem Mediziner Olivier Véran; von dem sehr soliden Innenminister Gerald Darmanin bekommet er reiche Hilfe und er hatmit Gabriel Attal einen  ausgezeichneten Presse sprecher. Er hat den prestigeträchtigen aber total einflusslosen Posten des Plankommissars an François Bayrou vergeben, damit dieser ihm keinen Dolchstoß in den Rücken versetzt. Inzwischen haben sich die Gelbwesten und andere die Volksaufständische und Chaoten etwas beruhigt. Es bleibt nur noch das Problem des blutigen islamistischen Terrors. Gefährdungen der öffentliche Sicherheit könnten Macron destabilisieren, aber sie können ihn auch stärken, da die Wähler sich an die amtierende Regierung klammern, wenn Gefahr im Verzuge ist. Das ist wohl das wahrscheinlichste. (Jean-Paul Picaper, 27.04.2021)


Die angebliche, medizinische Versklavung des deutschen Volkes

Eine Zentralregel der Propaganda besteht darin, die Lügen so aufzubauschen, dass sie zu Wahrheiten werden. Kleine Lügen sind kaum glaubwürdig, große Lügen sind es, weil keiner in diesem Ausmaß lügen würde, bildet man sich ein. Dass es sich bei den Organisatoren der „Coronalüge“ um Manipulatoren handelt, war schon bei ihrer ersten Großdemo daran ersichtlich, dass den Angaben der Veranstalter zufolge 800.000 bis 1,3 Millionen Menschen mitmachten. Tatsächlich kamen laut Polizei nach sicheren Zähltechniken nur 17.000 bis 20.000 zusammen. Es kann uns nicht beruhigen, dass diese Aussteiger nur eine kleine Minderheit sind. Mao Zedong hatte seinen Kampf gegen die chinesische Republik mit nur 6 Mitgliedern angefangen und Hitlers Partei bestand aus einem Grüppchen von Randalierern, bevor die Weltwirtschaftskrise ausbrach.

Corona-Leugner, Impfgegner, Klimawandelleugner, Komplotisten, kurz die Ewignegationisten, verabreden sich in regelmäßigen Abständen in der deutschen Hauptstadt, um die Ursache der Pandemie nicht im Covid-Virus selbst sondern in der Virusbekämpfung als Ursache allen Übels anzuprangern. So eigenartig und skurril diese Behauptung auch sein mag, so ist für diese Menschen das Virus eine Regierungserfindung, eine „Corona-Lüge“, um das Volk mit medizinischer Verordnung zu unterjochen und die Menschenrechte ausser Kraft zu setzen.

Das behaupten ihre Strippenzieher aber natürlich geht es ihnen darum, die Gewählten der Bundesrepublik Deutschland zu diskreditieren und ihre Autorität zu untergraben. Politisch gutgläubige Gutmenschen und historisch unerfahrene junge Menschen laufen diesen Scharlatanen hinterher in dem Glauben, dass sie für eine bessere Welt demonstrieren und sich einsetzen. In der Menge marschieren aber immer wieder Teilnehmer mit eindeutig rechtsgerichteten Fahnen oder T-Shirts, und ebenfalls Mystagogen und Sektierer, die sich seit den ersten Tagen der Virusbekämpfung als Freiheitskämpfer und „Endederpandemieapostel“ produzieren.

Höhepunkte dieser totalitären Farce fanden u. a. mit Großdemos in der Berliner Stadtmitte am Sonntag 2. Juli und am Samstag 7. November 2020 und einige Male zwischen durch noch in Berlin und andernorts statt. Am 31. August 2020 wurde von einer Handvoll rabiater Demonstranten ein Angriff auf das Reichstagsgebäude inszeniert, der von einigen mutigen Polizisten mutig abgewehrt wurde, von denen die „Bild“-Zeitung schrieb, dass sie „Helden“ waren. Das waren sie in der Tat. Sie haben sich für die Republik in Gefahr begeben. Nichts hätte besser als dieser Angriff auf die Bundestagshochburg nachweisen können, dass die Randalierer der Demokratie den Garaus machen wollen.

Nach der wechselvollen Geschichte des Reichstags, der vom deutschen Kaiser verachtet, von Josef Goebbels als „Klatschbude“ bezeichnet und dann höchstwahrscheinlich von den Nazis in Brand gesteckt wurde, und der während der deutschen Teilung als Sinnbild der Demokratie nur einige Schritte von der Ulbricht-Mauer entfernt dastand, ging dieser Anschlag der Rechtsextreme aus einer Weltanschauung hervor, die die legitime, frei gewählte Vertretung des deutschen Volkes beseitigen will. Bundespräsident Frank-Walter Steinmeier sprach von einem "unerträglichen Angriff auf das Herz unserer Demokratie", Regierungssprecher Steffen Seibert kritisierte "schändliche Bilder, die so nicht hinzunehmen waren". Bundestagspräsident Wolfgang Schäuble sah "Grenzen des Anstands" verletzt.

Diese Leute versuchen mit dem Kampf gegen die Pandemiebekämpfung als Vorwand, aus Deutschland ein Irrenhaus zu machen, wo Fiktionen und Phantasmen die Wirklichkeit ersetzen Und das nicht nur in Deutschland, sondern auch in Italien, in Spanien und anderen EU-Staaten, wo auch Revolten stattfinden Aber in Deutschland muss man wegen der Vergangenheit vor 1945 und vor 1989 besonders aufmerksam sein. Die Maßnahmen und Zwänge gegen Nachlässigkeit und Leichtsinn, die der Kampf der Regierung gegen den Virustod erfordert, schaffen für die Dauerprotestler und Hobbyquerulanten eine willkommene Gelegenheit, die beste und effizienteste Regierungsform, die Deutschland in seiner Geschichte je hatte, und zwar die bundesrepublikanische Demokratie, als Diktatur darzustellen. Nicht anders tat es jahrzehnte lang die sowjetische Desinformation im Kalten Krieg, indem sie Fakten und Tatsachen im freien Westen in ihren Darstellungen in ihr Gegenteil umkehrte.

Spätzöglinge der marxistischen Agitprop sind jetzt an den Schaltstellen und sowieso, wie Brecht sagen würde, „der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch“. Mit der Verleumdung des Euros und mit der Verleugnung der Klimakrise hatten sie es schon versucht, aber die europäische Währung hat sich behauptet und die Klimastörung ist spürbar geworden. Als Ersatz zur Irreführung der Menschen kam ihnen die Corona-Pandemie gerade recht. Menschen blind für Tatsachen zu machen und Tatsachen zu leugnen, gehörte immer zum Wesen des Marxismus-Leninismus. Aber die radikale Rechte, praktisch alle totalitären Bewegungen tun es auch. Der Lockdown und die dadurch bewirkte Wirtschaftsflaute machen die Bevölkerung labil und anfällig für absurde Parolen und destruktive Verhaltensweisen. Ein fruchtbarer Boden für die Propaganda.

Der bekannte Beeinflussungsprozess, der darin besteht, aus vernünftigen Menschen Politfantasten zu machen, funktioniert nach wie vor in Zeiten der Destabilisierung durch
Seuchen, Hungernot, Krieg und Naturkatastrophen. Da sucht man händeringend nach Sündenböcken, nach Deutungen und Fabeln, nach Verschwörungen und Machenschaften und nach Hintermännern. Es mangelt schon etwas an Zielscheiben. Selbst der Kapitalist mit dickem Bauch und dicker Zigarre steht nicht mehr zur Verfügung, weil es ihn in dieser Form nicht mehr gibt. Es bleibt die Hauptfigur der Regierung, die Merkel. Der Feldzug gegen die demokratisch gewählte deutsche Regierung ist umso aggressiver als der seit 2015 etwas angekratzte Nimbus der Kanzlerin Merkel seit Jahresbeginn 2020 im Kampf gegen die Pandemie, den sie sehr gut führt, Profil und Glanz wieder erlangte.

Die verwöhnten Staatsbürger Europas, die besonders in Deutschland und Frankreich immer mehr an geschenktem Wohlstand für immer weniger Arbeit verlangten, neigen dazu, bei geringen Einschränkungen ihres Luxuslebens zu rebellieren. Verleiht man diesen ahnungslosen „Querdenkern“ das Gefühl, dass sie eben „denken“ und klüger als Ottonormalstaatsbürger sind, weil sie sich einbilden, die angeblichen Lügen der Medien und der Politik durchschauen, da sind sie bereit, die Säulen der Demokratie abzusägen und frohlockend Rattenfängern zu folgen, die diesmal nicht von Hameln sind. (JPP,  S. v. Str. Nov. 2020)

Tja, die schöne alte Zeit

Es war einmal eine Zeit, als man sagte, dass alles früher besser und schöner gewesen war. Mag sein, dass es in den 50er bis in die 80er Jahre des letzten Jahrhunderts trotz des „Kalten Krieges“ und der atomaren Bedrohung, der Schließung der Grenzen zwischen Ost und West so gewesen war, als das sog. „Wirtschaftswunder“ stattfand und das Arbeitsangebot üppig war, indem Kaufkraft und Lebensstandard wuchsen. Aber es geht uns heute in Deutschland so gut wie nie zuvor und unser Land hatte in seiner ganzen Geschichte noch nie ein so freies und effektiv arbeitendes politisches System wie heute, das in der Bekämpfung eines völlig neuen, unerwarteten und unberechenbaren Unglücks sein Bestes tut.  In dem folgenden Rückblick denkt der Chefredakteur von „t-online.de“, Florian Harms, an die bereits fernen Jahre vor 1949.

Meine Großeltern sind schon lange tot, aber ich erinnere mich an viele ihrer Worte. Meine Großmutter erzählte mir, wie schwierig es war, in der Nachkriegszeit fünf Kinder aufzuziehen, sie arbeitete hart, versagte sich vieles; als ihr Mann starb, musste sie alles allein machen. Sie nahm es auf sich und blieb trotz der Mühen und Entbehrungen eine liebenswerte und humorvolle Frau. Meine andere Omi hinterließ viele Briefe, die mein Onkel und meine Tante gesichtet und abgetippt haben. Dort lese ich von den Ängsten im Krieg, von Unsicherheit und Enttäuschung, von Schmerz und Verlust – und trotzdem schimmert zwischen den Zeilen immer wieder ein unbändiger Lebenswille durch, flackert Hoffnung auf eine bessere Zukunft auf. Später habe ich meine Omi als lebenslustige und großherzige Frau kennen gelernt.

Ich denke gerne an meine Vorfahren. Ich male mir die Szenen aus, die sie mir von den Schlachtfeldern in Russland, der Todesangst auf einem sinkenden Lazarettschiff im Mittelmeer und den Ruinen im zerstörten Deutschland geschildert haben. Was haben diese Menschen erlitten, was haben sie durchgestanden – und haben dabei trotzdem ihren Lebensmut, ihre Empathie und ihren Elan nicht verloren. Eine enorme Leistung. Sie packten an, statt zu wehklagen. Sie steckten den Kopf nicht in den Sand, sondern blieben zuversichtlich: Es muss ja weitergehen, wir stehen das durch, irgendwann wird es besser!

Wenn ich in diesen Corona-Herbsttagen manche Zeitgenossen höre, die sich in Selbstmitleid ergehen, weil sie nun lästige Regeln einhalten und ihren Alltag einschränken müssen, wenn ich andere höre, die sich verängstigt im Nachrichtenhagel verkriechen und tagtäglich das schlimmste Szenario beschwören, dann denke ich: Denen täte es gut, mal nicht nur auf sich selbst, sondern kurz zurückzuschauen. Sich an die Vorfahren zu erinnern, die ungleich größere Krisen durchzustehen hatten als wir heute. Und die trotzdem mutig und energiegeladen blieben. So haben sie unser Land wiederaufgebaut, unseren Wohlstand erwirtschaftet, uns die Freiheiten ermöglicht, die wir heute so selbstverständlich genießen. Ich finde, einigen Leuten täte es in diesen Tagen gut, weniger zu nörgeln, weniger zu bangen und mehr Zuversicht zu zeigen. Wir werden diese Pandemie durchstehen, und danach geht es wieder aufwärts in unserem schönen Land! (Florian Harms, t-online.de, Freitag, 23. Oktober 2020)

Europe


1. Elections présidentielles en France les 10 et 24 avril 2022
Une femme contre un homme, mais pas ceux qu’on attendait - Valérie Pécresse candidate contre Xavier Bertrand
Apôtre de la décroissance : Delphine Batho, candidate
 Elections législatives en Allemagne le 26 septembre 2021

On ne peut exclure qu'une femme succèdera à Angela Merkel
Et peu avant, quelles étaient les perspectives ?
Le programme européen des Verts
3. Allemagne : course à la chancellerie -  (presque) rien n’est exclu - rien n'est écrit
4. L'ultra-droite allemande trépigne mais fait du sur place
5. Elections en France: l'inattendu Michel Barnier dans la course à la présidence 
6. Barnier: les Européeens doivent préserver les identités nationales
7. Paneurope Autriche: Déclaration pour la Fête de l'Europe 2021 

Elections présidentielles en France : Une femme contre un homme, mais pas ceux qu’on attendait - Valérie Pécresse candidate contre Xavier Bertrand.

Après avoir été reléguées depuis toujours au second rang, les femmes ont le vent en poupe en politique et elles comptent bien en profiter. Alors qu'une femme Annalena Baerbock se présente aux législatives de septembre 2021 en Allemagne comme tête de file des Grünen, les Verts allemands, avec quelques chances de succéder à Angela Merkel, deux femmes de la droite et de la gauche républicaines, ont posé leur candidature aux présidentielles d'avril 2022 en France. Notons en passant que les récentes catastrophes climatiques ont augmenté le potentiel des Verts, mais que la pandémie du Covid et d'autres avancées dans le numérique, la mobilité, l'espace, la santé et la dépollution renforcent l'importance de la recherche scientifique en Europe. De nombreux électeurs se méfient cependant des Verts, en France surtout, où l'on dit que derrière ce rideau vert des néo-marxistes et des anarchistes se cachent.
* *
Tout le monde s’attendait au second tour des présidentielles en France en avril 2022 à un duel d’Emmanuel Macron contre la présidente de l’ultra-droite Marine Le Pen. Mais le RN (Rassemblement National) de Mme Le Pen est en nette perte de vitesse. Les Français vont donc assister au premier tour de ce scrutin à deux tours à un duel entre une représentante de la droite gaullistes (LR, Les Républicains) Valérie Pécresse et un représentant de la même droite Xavier Bertrand. Tous deux s'étaient démarqués du LR, Bertrand un peu plus que Pécresse, mais on ne peut pas prendre le départ avec des chances d'arriver au but, sans le soutien de son camp.
Bertrand s’était déclaré très tôt avant les régionales de juin. Visiblement, il n’a pas été approuvé par les dirigeants du LR, alors que Mme Pécresse a fait son « outing » avec l’accord de ses amis qui n’ont certainement pas apprécié son ’initiative en solitaire. Il a certes été brillamment réélu en juin dernier président de la Région Hauts-de-France, mais Pécresse l'a été elle aussi dans sa région plus difficile et plus importante de Paris-Île de France.
Elle se présente comme « la première femme qui sera présidente de la République ». C’est clair que beaucoup de femmes voteront pour elle de préférence à Marine Le Pen, d'autant qu'elle marche sur les plate-bandes du RN en matière de sécurité totale, d'immigration zéro et de patriotisme, comme le fait systématiquement le LR pour faire face à Emmanuel Macron au duel du second tour à la place de Marine Le Pen .
Née ne 1963, Valérie Pécresse parle bien, elle est énergique mais modérée, démocrate et républicaine, elle a des enfants, des diplômes impressionnants et elle a déjà exercé des responsabilités gouvernementales comme ministre de l'Enseignement supérieur. Issue d'une famille gaulliste, c'est une femme bon chic, bon genre, beaux quartiers, ancrée dans l'intelligentsia et dans l'industrie par son époux notamment, elle est un peu réservée et il semble qu'elle se soit fait lifter le visage ce qui n'échappe pas aux femmes qui l'ont vue à la télévision.
En tout cas, avec elle, la donne change à droite. Elle coupe l’herbe sous le pied à l'ancien agent d'assurance dépourvu de diplômes prestigieux Xavier Bertrand en lui enlevant beaucoup de voix de droite et et de chances désormais de gagner la partie. Pécresse mise comme lui sur le patriotisme français ("Je suis candidate pour restaurer la fierté française"), mais avec des accents moins nationalistes que ceux de son rival, et avec une petite pique contre Macron ("Je veux faire plutôt que plaire"). Elle est plus "droite classique" que Bertrand,visiblement plus bonapartiste, elle est catholique, mère de trois enfants, son premier livre s'intitulait non sans quelque ironie ou amertume "Être une femme politique… c'est pas si facile !", (éditions de L'Archipel, 2007).
Elle a dû aussi hâter la  présentation de sa candidature parce que l'écologiste Delphine Batho présentait la sienne (la maire socialiste (PS) de Paris, Anne Hidalgo, ne s'est pas encore déclarée). Parlant le russe et l'anglais, proche des Etats-Unis, ce qui la distingue du vulgum pecus gaulliste, bachelière à 16 ans, ancienne élève de l'Ecole Nationale d'Administration, ancienne membre du Conseil d'Etat, elle a a été ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sous la présidence du néo-gaulliste Nicolas Sarkozy. (J.-P. P.. 23/07/2021)

Apôtre de la décroissance : Delphine Batho, candidate.

L'ancienne ministre de la Justice puis de l'Ecologie sous la présidence du socialiste François Hollande, Delphine Batho, qui a son franc-parler et une certaine "raideur républicaine" qu'on lui prête, avait été proprement chassée de ce gouvernement par le président de la République en personne. Plus militante que Ségolène Royal à laquelle elle avait succédé au parti socialiste (PS), mais après avoir dû le quitter lui aussi, pour prendre la tête de "Génération Ecologie", elle a été élue et réélue à l'Assemblée nationale et va se présenter en septembre 2021 aux "primaires" des écologistes, notamment contre le leader d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), Yannick Jadot. Celui-ci veut certes une candidature écologiste distincte de la gauche, mais elle est, elle, résolument pour un mouvement écologique du centre, au-dessus des partis.
Il ne lui a fallu que quelques jours pour comprendre qu'elle n'avait pas choisi le bon slogan en se prononçant pour "la décroissance". Interviewée le lundi matin 26 juillet, sur Europe 1, elle n'a plus insisté dans ce sens et a assuré que les mesures d'économie d'énergie créeraient de nombreux emplois dans le bâtiment. Effectivement la dépollution de la planète va être un formidable accélérateur de croissance et non de décroissance. L'industrie s'y prépare déjà. Elle ne s'est pas non plus prononcée contre le nucléaire mais a insisté sur le renforcement de la sécurité dans cette branche.
Au "Figaro" qui lui disait que le mot négatif "décroissance" serait un "repoussoir" pour les Français, elle répondait que les Français "pratiquent déjà tous les jours la décroissance sans mettre le mot dessus". Que "cela coûte moins cher daller au vide-grenier, moins cher d'aller sur LeBonCoin, de choisir des produits d'occasion plutôt que du neuf. C'est aussi un changement des modes de vie que l'on observe dans les choix d'alimentation en circuit court, le passage au vélo pour se rendre au travail, l’aspiration à consommer mois mais mieux et local. Des centaines d'entreprises inventent de nouveaux modèles basés sur :a réduction de l'empreinte écologique. La décroissance permet de retrouver le sens de l'essentiel, de ce qui est vraiment utile et ce qui ne l'est pas". Bref, elle n'est pas d'accord avec Voltaire qui a écrit "le superflu, chose très nécessaire". Mais c'était un autre temps.
Née à Paris en 1973, ancienne militante étudiante de gauche, humanitaire très gauchisante et militante de SOS Racisme, devenue politicienne après avoir abandonné ses études histoire, Delphine Batho a ce qu'en argot français on appelle "la gnaque", c'est à dire le mordant joint au tempérament, avec le désir évident de "secouer le cocotier", comme ont dit aussi. Son "je n'ai commis aucune erreur ni aucune faute" de est resté célèbre. Après avoir écrit un premier livre intitulé "Insoumise" en 2014 chez grasset, elle a publié au Rocher en 2019, le petit livre "Écologie intégrale le manifeste". Elle y affirme que l'écologie est devenue une question de vie ou de mort et que l'alternative binaire à laquelle l'espèce humaine est confrontée se résume à « écologie ou barbarie », imitant en cela le titre des années 1960 "socialisme ou barbarie". Selon elle, le clivage politique du XXIe siècle oppose les « terriens » aux « destructeurs », et non plus la droite à la gauche. Elle veut d'ailleurs une écologie au dessus des partis qui ne soit pas rattachée à la gauche et affirme être la plus "radicale" des écolos au bon sens du terme. (J.-P. P., 26/07/2021)

Élections législatives en Allemagne le 26 septembre 2021 : on ne peut exclure qu'une femme succédera à Angela Merkel

L’Allemagne est un État fédéral dont le Parlement élit le chef du gouvernement au lendemain ou presque des élections. Ce qui n’empêche pas la campagne électorale de se focaliser sur les candidats des différents courants et partis, exactement comme en France où l’on n’a d’yeux, en prévision des législatives et présidentielles du 10 avril 2022, que pour les (trop nombreux) candidats à la présidence. Nous disons « au lendemain ou presque » parce que la formation du gouvernement est assez compliquée outre-Rhin, étant donné que le régime électoral qui mixe scrutin majoritaire et proportionnel, ne dégage pas de majorité claire d’un parti. Il faut donc souvent des semaines de tractations pour former une coalition gouvernementale. Le système majoritaire français simplifie heureusement les choses chez nous.

Née en 1980, co-présidente des Grünen, Annalena Baerbock, a étudié les sciences politiques à l'université de Hambourg (2000-2004), puis obtenu un master en droit international public à la London School of Economics (2005). De 2009 à 2013, elle a préparé un doctorat en droit international à l'université libre de Berlin, qu'elle n'a' pas achevé. Elle est mariée au consultant politique Daniel Holefleisch, avec qui elle a deux filles, nées en 2011 et 2015. Sa famille vit à Potsdam, dans le Brandebourg. Elle a deux sœurs. Sa mère est travailleuse sociale et son père ingénieur mécanicien.
Elle a été déclarée candidate à la chancellerie par son parti en avril 2021. Affichant pour l'Alliance 90 / Les Verts (Bündnis 90/Die Grünen) un positionnement de « parti citoyen », Annalena Baerbock ne se revendique ni de droite, ni de gauche18. Elle assume son soutien à l'Union européenne et à l'économie de marché. Elle s'est aussi montrée favorable à l'idée de former une coalition avec la CDU/CSU.
Mais après deux mois de campagne, les Verts ont accusé finalement un retard de huit points face à la CDU, en raison de plusieurs polémiques. L'une a révélé qu'elle avait oublié de déclarer des revenus parlementaires et a embelli une partie de son CV. Sa proposition d'une hausse du prix de l'essence a été par ailleurs mal accueillie, dans un pays où l'industrie automobile est primordiale. Enfin, en juin 2021, une semaine après la parution de son livre intitulé "Jetzt"(« Maintenant »), déjà en recul dans les sondages, elle a été accusée d’avoir plagié certains passages sans mentionner ses sources. Un blog spécialisé dans la « traque au plagiat » a identifié une demi-douzaine d’extraits s’apparentant à des copier-coller d’articles parus notamment dans différentes revues et sur des sites institutionnels.Il est vrai que le livre a été écrit avec - ou par - un coauteur qui a certainement pris ces libertés.
Mais les récents événements climatiques effacent largement ces turpitudes mineures. Une grande surprise n'est plus à exclure. Les doutes justifiés du début de l'été sur les chances de la candidate des Verts se sont quelque peu évaporés avec la catastrophe des inondations qui a fait de très nombreuses victimes en Rhénanie-du-Nord-Westphalie et en Rhénanie-Palatinat, d'autant plus que le comportement du premier ministre de ces Länder et candidat à la chancellerie de la CDU/CSU Armin Laschet n'a pas du tout été à la hauteur de la tragédie qui s'est produite. Angela Merkel a tenté d'apaiser le mécontentement en se rendant sur un site de la catastrophe en Rhénanie-Palatinat main dans la main avec son adversaire politique Malu Dreyer (SPD). Sera-ce suffisant ? La candidate des Verts, Mme Baerbock, s'est abstenue, elle, de poser le pied dans la zone sinistrée et son absence en ce moment tragique n'a curieusement pas été critiquée par les médias, ce qui plaide en sa faveur.
Il semble que Mme Merkel, encore chancelière, prenne ses distances par rapport au candidat de son parti et souhaite favoriser la candidate qu'elle préfère secrètement, Mme Baerbock. Né en 1961, Laschet appartient en fait déjà à l'ancienne génération, il représente une industrie largement obsolète (charbon et moteur à essence) dans son pays et il a fait preuve de démagogie lors de la pandémie de Covid en demandant le retrait prématuré des mesures de protection sanitaire. La chancelière Merkel n'était pas d'accord. Elle avait de toute façon une autre personne que Laschet comme héritière, Annegret Kramp-Karrenbauer, qui a malheureusement échoué contre son propre parti. Débutante sous Helmut Kohl, Angela Merkel avait été ministre fédérale de l"Environnement. Elle a, à elle seule, tiré un trait sur l'énergie nucléaire en Allemagne.
Le grand drame de cette élection fédérale de 2021 est que les Allemands perdent leur chancelière sublime et de longue date. Elle n'est pas battue comme Helmut Kohl en 1998, elle prend sa retraite de son plein gré. Elle est au sommet de l'échelle, demi-déesse par delà le bien et le mal. Mme Merkel est la faiseuse de roi (ou de reine) de cette élection. M. Laschet parle français et pourrait soutenir Emmanuel Macron dans la poursuite de la construction européenne, mais Mme Baerbock, née en 1980, représente la jeune génération soucieuse de l'environnement. Il n'est plus exclu qu'elle devienne chancelière et que Mme Merkel la soutienne d'une manière ou d'une autre, par exemple à la tête d'une fondation environnementale ou autre. (J.-P. P., 26/07.2021)

Et peu avant, quelles étaient les perspectives ?

Avec la fin approximative du confinement, la vie politique a repris reprend son cours et la campagne électorale s'est intensifiée. Le candidat du SPD social-démocrate, Olaf Scholz, se bat pour attirer l’attention sur lui. Le SPD était depuis quatre ans partenaire de la majorité merkelienne CDU-CSU chrétienne-démocrate au gouvernement de Berlin. Le leader de la CDU, Armin Laschet, fait « en virtuel » la tournée des circonscriptions pour se faire connaître au-delà de son fief rhénan. La leader des Verts, Annalena Baerbock, doit en revanche affronter une bourrasque. Voilà trois mois, elle se présentait toute pimpante et rayonnante, devant les caméras. Son coéquipier à la tête des Grünen (les Verts) Robert Habeck la proclamait première candidate à la chancellerie de l'histoire du parti. Les Verts grimpaient de sondage en sondage et au siège du parti, ils se retroussaient déjà les manches pour prendre la direction du gouvernement. Les médias majoritairement à gauche, surtout dans le secteur hertzien, anticipaient gaiement l’avènement d'un gouvernement fédéral vert (Grüne)-noir (CDU) et disséquaient avec jubilation les luttes de pouvoir pour la présidence chez les chrétiens-démocrates. Le fait qu'Armin Laschet, un Rhénan modéré, soit finalement arrivé en tête de son parti était considéré par de nombreux commentateurs comme un acte de Dieu : Après les 16 années Merkel, jalonnées de tant de crises surmontées mais aussi de nombreuses ratées, on se félicitait de voir venir ce leader progressiste et raisonnable qui ouvrirait résolument le chapitre de l’écologie gouvernementale. La seule question était de savoir si le chancelier/la chancelière serait M. Laschet ou Mme Baerbock. Ce rêve faisait le tour des salons bobos et des cafés branchés de la capitale.
Retour aux dures réalités : C’est devenu une vraisemblance que l’espoir des Verts de s’emparer de la direction du gouvernement aura été vain. En même temps, la troupe d'Armin Laschet ne doit pas faire beaucoup plus qu'attendre et voir. Les Verts sont comme depuis toujours et comme partout une invraisemblable collection de personnalités incompatibles et d’idées divergentes et les voilà sur le point de se désintégrer ; ils commettent erreur sur erreur.
N'aura-t-elle dansé qu'un seul été ?
Pourtant Annalena Baerbock avait tenté d’afficher un style plus bourgeois, plus policé, mais c’est justement c e milieu qui a découvert les défauts de sa cuirasse. Entre l'élimination de l'Allemagne du championnat d'Europe de football et les inquiétudes liées à la diffusion du variant Delta, une 'accusation de plagiat dirigée contre Mme Baerbock a fait les gros titres des médias. Les stratèges du parti vert ont riposté en dénonçant cet assassinat médiatique de leur égérie et engagé un avocat célèbre, Christian Schertz, pour étouffer l’affaire, mais cela n’a fait que gonfler le ballon à la limite de l’éclatement. N’oublions pas qu’en Allemagne plagier un livre ou une thèse est considéré comme un péché mortel et un crime. Cela a coûté déjà sa candidature à un concurrent de Mme Merkel jadis et maint leader politique a dû démissionner pour quelques lignes « pompées » chez un confrère sans citer la source e. C’est aussi grave en Allemagne que les costumes de François Fillon en France.
On a eu impression d’assister à un joyeux bal au cours duquel un malotru aurait lancé une boule puante ou un pétard pour semer la panique. Des années durant, la direction des Verts préparait la prise de pouvoir sous la direction de leur stratège en chef Michael Kellner . Ils avaient même mis un terme à leurs querelles internes entre « Realos » (réalistes) et « Fundamentalos » (fondamentalistes). Ils avaient professionnalisé le travail basique dans des associations locales, réorganisé leur communication et réglé leur service de presse à la manière d'un état-major. L'élection de la candidate à la chancellerie s'était déroulée sans heurts. Le duo Baerbock/Habeck étincelait d’harmonie et galvanisait par son élan vital. On avait rejeté au récent congrès du parti les exigences excessives ou irréalistes de la base. Tout semblait prêt pour une brillante campagne électorale, vent arrière et pas vent debout.
Et patatras : Mme Baerbock a trébuché d'un avatar sur l'autre. Elle avait oublié de déclarer des revenus à cinq chiffres à l'administration du Bundestag. Elle avait embelli son curriculum vitae. Et voiloà que son bouquin qui était censé lui donner une aura intellectuelle, recèle des plagiats. Mais bon, ce n’est quand même pas une thèse de doctorat et les passages incriminés sont, d'après ce qu'on dit, gérables. Néanmoins, le coup a porté. Les passages copiés sont plus que visibles et, bien que le livre ait été rédigé partiellement par un co-auteur, le nom de Baerbock figure sur la couverture.
Être sûr que les élus tiendront bon
L’objet premier d'une campagne électorale est que la population puisse se faire une idée des programmes qu’il s’agisse des chrétiens-démocrates CDU/CSU, des sociaux-démocrates SPD, des libéraux du FDP ici, du Parti néomarxiste Dei Linke et l'ultra-droite AfD. Deuxièmement, les principaux candidats doivent se faire connaître. On les examine sous toutes les coutures. C’est normal : n’auront-ils pas le destin du pays en mains ? Le peuple allemand a commis dans le temps une erreur historique catastrophique et cela ne doit jamais se renouveler. Tel est le sentiment profond. Les électeurs veulent voir toutes les facettes des candidats les plus brillantes comme les plus sombres. Il faut aussi être sûr que les élus tiendront bon si l’ouragan leur arrive de plein fouet. L’épidémie de covid, si imprévisible, si mortelle, si peu connue, vient d’en donner la preuve et Mme Merkel, quant à elle, s’en est à peu près tirée.
Soit dit en passant, la carrière politique d'Armin Laschet à la CDU n’est pas, elle non plus, sans quelques aspérités. Son curriculum vitae comporte également des incohérences. Son comportement à propos d’une affaire de vente de masques sanitaires par son fils lui a valu des accusations de népotisme. Le candidat SPD Olaf Scholz a dû essuyer quant à lui les scandales de la fraude fiscale de la société Cum-Ex et de la fraude Wirecard qu’il n’avait pas vues venir. Ce sont des casseroles qui font du bruit. Mais pour Mme Baerbock, il y va plutôt de sa crédibilité.
Et cela se voit sur son visage. Elle donne une impression de désarroi. C'est compréhensible, vu l'acharnement des attaques. Facebook, Twitter et Cie dégorgent calomnies et méchancetés contre elle. Une organisation de lobbying, INSM, s’y est mise sans le moindre scrupule. Mais ces attaques ne sont pas la seule raison du malaise des Verts. La vraie raison est leurs propres erreurs et la façon dont ils les gèrent. C'est pourquoi leur succès dans les sondages s'effrite alors que la CDU/CSU progresse. Cela rend leurs militants nerveux, frileux ou frénétiques. Ils ont engagé un nouveau directeur de leurs relations publiques pour redorer le blason de Mme Baerbock. Un confrère a comparé Mme Baerbock à une perchiste qui a pris son élan et va franchir la barre de tous les records, mais dont la perche se brise au sommet de l’envol. Et ça s’est une chose qui ne doit jamais arriver à une chancelière si jamais la nation et son peuple sont en danger. (« C l’Europe » avec divers médias dont t-online.de. le 12 juillet 2021)

Le programme de politique européenne des Verts - Un bilan
 
Une participation du parti des Verts allemands (Bündnis 90/DIE GRÜNEN) au gouvernement allemand après les élections du Bundestag le 26 septembre prochain n'est pas exclue malgré leur baisse constante dans les sondages. Les augures s'orientent vers la candidate principale, bien qu'Annalena Baerbock soit de plus en plus controversée, comme possible vice-chancelière et (ou) ministre des affaires étrangères, ce qui la mettrait en charge de l'Europe. Cela, ainsi que le fait que les Verts se considèrent comme particulièrement cosmopolites, incite à poser la question suivante : quel rôle joue l'Europe dans le programme électoral des Verts allemands pour 2021 ? Notre analyse se fonde sur la version figurant sur le site web du parti des Verts qui n'a pas encore été finalisée rédactionnellement.
En tant que chapitre distinct dans leur programme, l'Europe ne joue pas un rôle très important. Le chapitre Europe n'est pas long et vient avant la section internationale à la fin du texte. Cela peut s'expliquer, premièrement, par le fait que la politique étrangère et les affaires internationales ne sont pas porteuses de victoire électorale. Mais cela peut, secondairement, exprimer un certain manque d'enthousiasme pour l'acquis communautaire et la structure institutionnelle de l'Union Européenne. Troisièmement, il peut s'agir d'un symptôme révélateur de l’idée que les Verts se font d’eux-mêmes, à savoir qu’ils sont un parti à enjeu unique. Ce qui est étonnant, étant donné leur ambition de gouverne. Tout est subordonné à leur objectif d’abaisser de 1,5 ° la température et à la politique climatique. Il est donc d'autant plus surprenant que le "Green Deal" de la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, ne soit mentionné que de manière relativement superficielle, avec la déclaration d'intention de "lui donner une forme ambitieuse". Certes, les références à l'UE sont parsemées dans d'autres parties du programme - nous devrons y revenir.
En effet, près de trois pages placées sous le mot d’ordre "Nous continuons à construire l'Europe" sont consacrées à la tâche de "façonner démocratiquement l'avenir de l'UE" (page 108 et suivantes). L'Allemagne (associées à la France) a une "responsabilité centrale et historique" à cet égard. Les décisions à la majorité comme contre-mesure aux "intérêts individuels nationaux" et le renforcement du Parlement européen sont les moyens privilégiés. Jusqu'ici, tout va bien. En effet, l'acceptation par l’opinion publique des actions de l'UE dépend dans une large mesure du sentiment de légitimité démocratique qu’elles dégagent. Et c'est là que le Parlement a un rôle clé à jouer. D'autant plus que - et c'est le paragraphe le plus remarquable - l'intention est d'ouvrir la voie à une "République fédérale européenne". Bravo à cette grande vision et à l'étape qui y mène, l’évolution de la citoyenneté européenne vers une authentique "citoyenneté ". Toutefois, d'un point de vue réaliste, il est probable que cet objectif sera, au mieux, à long terme.
Cet engagement clair en faveur des processus parlementaires au niveau de l'UE, il convient de le noter ici entre parenthèses, ne passe pas inaperçu. Car dans la politique nationale, les Verts parlent d'organes de décision genre conseils de citoyens et de citoyennes. Dans le meilleur des cas, ils accompagneraient et complèteraient les processus décisionnels parlementaires ; dans le pire, ils les retarderaient ou les contourneraient. D’un point de vue théorique en matière de démocratie, ce n'est pas obligatoirement à rejeter, mais il faudrait quand même soumettre cette proposition à la critique. Il en va de même du scepticisme qu’ils affichent à l'égard de la démocratie parlementaire, lequel trouve également son expression dans une déclaration fréquemment citée et extraite d’une interview que le ministre-président du Bade-Wurtemberg, membre du Parti des Verts. Dans le contexte de la crise Corona, il dit "envisager" de changer de "régime politique" pour permettre "des interventions sévères dans les libertés civiles." Une "urgence climatique", que les Verts sont toujours prêts à invoquer, même au niveau local, ne serait-elle pas une base suffisamment sérieuse pour en arriver là ?
Pour le reste, le chapitre européen contient les éléments habituels de la boîte à outils politique des Verts : renforcement des initiatives citoyennes et de l’utilité publique, exigibilité en justice des droits fondamentaux, rejet de la privatisation des entreprises municipales, politique des réfugiés "fondée sur les droits de l'homme", l'Allemagne devant accueillir davantage de réfugiés, normes sociales minimales communes, conditions de travail pour les citoyens de l'Union Européenne, internationalisation de la formation professionnelle et des études, autorité chargée de coordonner les entreprises publiques et privées, etc. Il reprend aussi indirectement l'idée envisagée depuis des années déjà de la création d’un « espace d’information européen » sous la forme « d'une « plateforme médiatique publique européenne », cette proposition n’étant peut-être pas tout à fait désintéressée étant donné que les chaînes publiques allemandes chouchoutent systématiquement les Verts.
Dans le même esprit, en matière de politique intérieure, le programme subordonne tout à rien de moins que la restructuration "socio-écologique" de la société, l'objectif de la politique européenne étant en tout cas de faire une UE qui "pèsera de tout son poids dans la balance contre le changement climatique et la disparition des espèces." Chaque fois qu'il est fait référence à l'UE en dehors du chapitre sur l'Europe, il s'agit le plus souvent de réunir des moyens pour atteindre ce but. Quelques exemples : une taxe européenne sur le kérosène, un système de dépôt sur gages à l'échelle de l'UE, l'élargissement du système d'échange de quotas d'émission de l'UE, des règles antidumping liées aux normes écologiques, une loi sur la chaîne d'approvisionnement à mettre en œuvre au niveau européen, des interdictions d'importation de produits agricoles liés à la déforestation illégale. En d'autres termes, il s'agit souvent de mesures qui mettraient politiquement en œuvre les réserves formulées antérieurement contre les accords internationaux de libre-échange. C’est tout à fait cohérent avec la ligne du parti écologiste, mais pas avec celle de la politique allemande qui a fait la preuve de son efficacité.
Il en va de même des instruments financiers européens. De même qu'en politique intérieure on veut abandonner le cap des zéro dettes et du frein à l'endettement, au niveau européen on s'écarte aussi de la position allemande actuelle en faveur d’une union fiscale. Le projet d’extension de l'Union économique et monétaire européenne à une "Union sociale" ne signifie as autre chose. Le programme fustige le rejet d’une "politique fiscale propre à l'Europe" par "les conservateurs" comme une "erreur". En plus d'un contrôle parlementaire accru, les Verts demandent l'extension du Fonds monétaire européen pour en faire un mécanisme de stabilité. Bien entendu, toutes les mesures de politique monétaire doivent être envisagées à la lumière de la "crise climatique", l'euro étant la monnaie de réserve mondiale pour tous les investissements adéquats. Les ajustements apportés au système d'échange de quotas d'émission, notamment un "ajustement frontalier des coûts du CO2", sont censés faire entrer des fonds dans les caisses de l'UE, mais ils sont versés aux partenaires plus pauvres pour soutenir la décarbonisation.
Apparemment, ils sont toutefois conscients que, comme la majorité des Allemands, la majorité des Européens ne partagent pas cette vision unidimensionnelle, du moins pas à ce point. Par conséquent, les Verts sont raisonnablement favorables à une Europe à plusieurs vitesses et à la coopération renforcée qui a fait ses preuves. C'est aussi pragmatique que judicieux, mais peu réalisable en l'état actuel de l'UE. Cela signifie qu'il est nécessaire d'utiliser l'Union comme écran de projection précisément pour les questions avec lesquelles les Verts allemands ont toujours le plus de difficultés au niveau national, mais qui semblent néanmoins avoir reconnu la nécessité d'un engagement allemand et européen plus fort : la politique étrangère, de sécurité et de défense.
Le service européen d'action extérieure ainsi que la politique étrangère et de sécurité communes doivent à juste titre être renforcés. On peut être d'accord avec cette proposition, mais on peut se demander dans quelle mesure l'ajout de la "sécurité humaine", vaguement définie, n’aboutit pas à une valse-hésitation. Il s’agit aussi de rien moins que de "réaligner " l'OTAN dans un nouveau sens en rejetant catégoriquement la règle des deux pour cent de dépenses en sa faveur (ce qui revient à rejeter nos engagements multinationaux). Le programme exige aussi davantage de coordination de la politique de sécurité. Les politiciens en charge de la sécurité reconnaîtront volontiers cette nécessité. L'objectif (à moyen terme ?) d'une Union de la sécurité de l’Union Européenne dotée dune "structure de commandement commune" qui en découle, il est vrai, apporte au projet l’auréole de l'utopie.
En revanche, le renforcement demandé de l'OSCE et du Conseil de l'Europe avec la participation de tous les États européens ainsi que la formation d'un "système fort de sécurité collective" en Europe de l'Est sont tout à fait souhaitables et compréhensibles. L’exigence d'une expansion rapide de l'UE dans les Balkans va également dans ce sens. Très bien jusque là. Mais ces bonnes intentions contrastent avec le ton, certes justifié, mais quand même étonnamment sévère à l'égard de la Russie (et, dans une moindre mesure, de la République populaire de Chine). Il est difficile de se défaire de l'impression que l'intention est ici de repousser délibérément des domaines problématiques ad calendas graecas parce qu'on ne veut pas vraiment les traiter - peut-être parce qu'ils menacent de diviser le parti, au sein duquel une minorité importante voulait sérieusement utiliser le mot "Allemagne" à la place du nom de l'État (à savoir la République fédérale d’Allemagne) que l'on prétend vouloir gouverner.
Que faut-il en conclure ? Les Verts sont tout sauf anti-européens, ce dont il faut se réjouir. La connotation européenne imprègne presque tous les domaines du programme. La politique européenne devient, en quelque sorte, une politique intérieure européenne. Malheureusement, le niveau supranational n'est trop souvent qu'une rallonge de la douce main de l'État-nounou éco-social vers lequel tend tout la politique intérieure évoquée dans le programme. Les objectifs réalistes ne se marient pas toujours harmonieusement avec les objectifs irréalistes. Les connaissances techniques ou les idées créatives ne manquent pas, mais cela manque de largeur de vues. Au lieu de l'unité dans la diversité, il s'agit plutôt de la polyvalence dans l'unidimensionnalité, avec une conviction presque chiliastique d’être les seuls à connaître la bonne voie vers l’avenir. (Dr. Ulrich Strempel, "C l'Europe", Berlin. 5.07/2021)

Allemagne : course à la chancellerie - (presque) rien n’est exclu - rien n'est écrit

Ce n’était qu’un sondage mais il a eu l’effet d’un coup de tonnerre. Quelques heures après l’annonce de la candidature d’Armin Laschet qui fera la course à la chancellerie pour le camp conservateur CDU-CSU, l’institut Forsa révélait une chute de 7 points, à 21%, pour sa famille conservatrice. Les Verts à 28% étaient propulsés première force politique d’Allemagne. Mais, dans la même soirée, un autre sondage (Insa) présentait des résultats opposés, signe que la course à la chancellerie va se jouer dans un suspense inédit.

A droite : les guerres d’egos

En effet, malgré toutes les turbulences des derniers jours, Laschet, 60 ans, reste le favori dans la course à la succession d’Angela Merkel. Ce Merkelien serait en mesure de quitter Düsseldorf où il gouverne la Rhénanie du Nord Westphalie, pour accéder à la chancellerie fédérale à Berlin. Mais désigné candidat des conservateurs au prix d’un bras de fer fratricide avec Markus Söder, ministre-président de la Bavière et patron de la CSU (Union Chrétienne Sociale), le président de la CDU (Union Chrétienne Démocrate) qu’il est, entre en campagne affaibli.

La droite allemande a souvent connu ces guerres d’ego entre barons régionaux. Mais elle a longtemps pu compter sur Angela Merkel qui sifflait toujours la fin de la récréation. Or, lors de la réunion de crise du bureau fédéral élargi de la CDU, la chancelière a écouté sans mot dire sa famille régler ses comptes pendant sept heures sous l’œil de toute la presse politique ! Les participants ne se sont pas privés d’alimenter les comptes twitter des journalistes de petites phrases assassines sur l’un ou l’autre des prétendants. Le lendemain, le camp des opposants à Laschet a fait allégeance. Face caméra Markus Söder a assuré Armin Laschet de son soutien total : « Seule une Union en rang serrée peut avoir du succès. Nous ne voulons pas de divisions. » Mais pour combien de temps…

La séquence est désastreuse à six mois des élections. Derrière l’arbre Merkel, il n’y a pas de forêt : les conservateurs n’ont pas de leader naturel et ils peinent à proposer un nouveau projet. La crise du coronavirus a écorné leur réputation de compétence. S’ajoute un scandale de corruption qui touche autant la CDU que la CSU à coups de révélations sur les montants touchés par certains députés lors de transactions pour des achats de masques au début de l’épidémie (des commissions de plus de 10 millions d’euros).

Elu président de la CDU en janvier dernier seulement, Armin Laschet sera-t-il un capitaine solide dans la tempête ? Non répondent les Allemands : 15% seulement le verraient volontiers chancelier (sondage Forsa du 20 avril). Depuis un an, son image de décideur aguerri s’est fracassée sur le mur des réalités de la gestion épidémique. Trop tardif à reconnaitre le danger du virus, trop souvent réticent à suivre la ligne prudente de Berlin, systématiquement à contre-temps…

Le petit homme rond appartient au camp des modérés. Son grand sens du compromis offre de multiples possibilités d’alliances aux conservateurs. Laschet pourra tendre la main aux Libéraux (avec qui il gouverne en Rhénanie du nord Westphalie) autant qu’aux Verts qu’il fréquentait déjà dans les années 90 à Bonn quand il était député. Ils refaisaient le monde dans une trattoria. Cette « pizza connexion » fantasmait sur une alliance noire-verte pour l’Allemagne. Les sondages en font la majorité la plus probable après les élections du 26 septembre prochain.

Avec Baerbock, les Grünen démarrent en flèche

A moins que les « Grünen » écologistes n’inversent le rapport de force. Leur candidate Annalena Baerbock, 40 ans, coche toutes les cases de la candidature de rupture. Les Verts l’ont désignée « joyeusement et souverainement », selon Robert Habeck, son binôme à la tête du parti qui s’est effacé à son profit.

Tels un négatif de l’histoire chaotique du mouvement post-68, désormais métamorphosé en appareil sérieux et discipliné, « avec Baerbock, les Verts ont choisi quelqu’un qui sera davantage qu’une spécialiste des questions climatiques », note le chercheur et politologue Michael Lühmann. « Ils ont fait le pari de la chancellerie et avancent stratégiquement avec une candidate reconnue pour son sens des détails et sa force de travail ». Parmi les chantiers qu’elle a évoqués dans son premier discours de candidate, Baerbock cite d’abord la question des soignants, puis celle des écoles et des crèches. Il y a de la Merkel en elle, note un conservateur de son âge.

D’ailleurs, les deux femmes ont souvent été vues en train de discuter en marge des sessions du Bundestag. D’autres la comparent à Hermione Granger, la sorcière surdouée des romans d’Harry Potter. Mais, pour Michael Lühmann, « il y a beaucoup d’attentes autour de sa personne », elle risque de décevoir lors de la campagne. Elle sera aussi attaquée sur son manque d’expérience : elle n’a jamais exercé le pouvoir, même au niveau régional.

Spécialiste du droit international, passée par la London School of Economics, Baerbock a été assistante d’une députée européenne. Elue au Bundestag depuis 2013, elle est sortie de l’ombre en devenant co-présidente du parti en 2018. L’ancienne championne de trampoline a réussi ce que personne ne pensait possible : elle a réconcilié les deux ailes écologistes, faisant des Verts un grand parti incontournable. Actuellement aucune majorité n’est possible sans leur participation.

« Je ne suis ni trop vieille, ni trop jeune », a encore argumenté la mère de deux fillettes, soucieuse de se positionner au centre du jeu. La famille réside à Potsdam, capitale du Brandebourg où elle affrontera dans un combat singulier une autre tête de liste, Olaf Scholz, champion du SPD (parti Social Démocrate) et représentant d’une classe d’âge que la « génération Annalena », pour reprendre le titre du journal libéral « Die Welt », entend remplacer..

Scholz traîne aussi des casseroles

« Olaf Scholz est vice-chancelier, membre éminent de la Grande Coalition. Il incarne qu’il le veuille ou non une forme de continuité. Quand Annalena Baerbock accuse le gouvernement de naviguer à vue, il est visé lui aussi », note la journaliste politique Nicole Diekmann. Le ministre des Finances a été le premier, au cœur de l’été 2020, à se déclarer candidat dans la course à la succession d’Angela Merkel.

L’effet de surprise n’a pas permis au SPD de prendre de l’avance. Le doyen des partis allemands est stable autour de 15-16%, un niveau historiquement bas. Les électeurs ont de quoi s’y perdre. En élisant fin 2019 un duo issu de l’aile la plus à gauche du parti, le SPD a amorcé un virage plus social – mais se désigne en candidat qui symbolise la coopération avec la droite. Néanmoins, à la faveur de la crise sanitaire, Olaf Scholz a renié le « Schwarze Null », de son prédécesseur Schäuble. Au niveau européen, il a été l’un des artisans du plan de relance historique.

Le candidat Scholz traîne aussi des casseroles. Sa gestion musclée du G20 de 2017 à Hambourg, dont il était maire, a contrarié la gauche radicale. Surtout, il est mêlé, indirectement, à deux scandales financiers : l’affaire d’évasion fiscale Cum Exx, lorsqu’il dirigeait la cité-état portuaire, et l’éclatant désastre Wirecard en tant que ministre fédéral des Finances. Il a été entendu ce jeudi par la commission d’enquête parlementaire, soupçonné d’avoir été au courant de l’escroquerie ou du moins de ne pas avoir pris la mesure des signaux d’alerte.

Rien n'est écrit

Le scénario de succession d’Angela Merkel n’est donc pas écrit d’avance. Le recentrage de la campagne, avec les candidatures de Laschet et Baerbock, va-t-il avoir des conséquences aux extrêmes ? Die Linke néomarxiste devrait rester stable sous les 10%. L’AfD ultra-droite en pleine radicalisation ne compte plus sur le réservoir de voix des déçus de Merkel. Mais en niant le réchauffement climatique et repoussant toutes les mesures anti-corona, elle espère capitaliser sur le mouvement complotiste des Querdenker et le rejet des thèses écologistes. Actuellement « Les bleus » sont à 10-12% dans les sondages, au même niveau que les Libéraux. Le FDP pourrait tirer profit de la faiblesse des conservateurs. Il se voit déjà en force d’appoint dans plusieurs hypothèses de coalition à trois partis. A cinq mois des élections, tout reste possible. (Hélène Kohl, correspondante à Berlin, 26/O04/2021)

Allemagne : l’ultra-droite trépigne mais fait du surplace

Malgré des manifestations parfois musclées, des protestations véhémentes et de nombreux écrits dénonçant les atteintes aux libertés perpétrées par une chancelière parfois trop zélée, parfois à la traîne dans la lutte contre la pandémie, l’AfD (Alternative für Deutschland) , fer de lance de l’ultra-droite allemande ne décolle pas à six mois des législatives. Peut-être a-t-elle enfourché le mauvais cheval.

Comme en France, le ras le bol des confinements successifs et des limitations diverses se manifester, surtout chez les jeunes, mais ces mesures fatiguent et dépriment plus qu’elles exaspèrent et affolent. Une fois de plus, les Allemands s’avèrent raisonnables et modérés. Ils n’ont pas envie de changer de régime politique et ils voient que les contraintes qu’on leur impose ciblent le virus sans intention aucune de démonter la démocratie.

L’AfD prétend le contraire et cherche à se tailler une réputation d’avocate des libertés, mais beaucoup trop de médias, ces médias qu’elle accuse de mensonge, ont dénoncé le loup déguisé en berger qu’elle est, pour n’avoir pas été entendus. A son dernier congrès il y a un mois au palais des expositions de Dresde, elle s’affichait comme « normale ». Jusque dans le titre du programme électoral adopté : « L’Allemagne, mais normale ». Le mot était partout et, pour le prouver, les 600 délégués n’étaient pas contraints de porter le masque et il n’y avait pas de tests à l’entrée.

L’AfD veut en vrac le retour au service militaire obligatoire, aux contrôles aux frontières, au nucléaire, l’abandon du programme d’arrêt du charbon et l’interdiction des minarets… Quant à la lutte contre le réchauffement climatique, elle a été vite évacuée : « l’histoire de l’humanité a toujours démontré que les périodes chaudes vont de pair avec un épanouissement de la vie et de la civilisation ». Tout cela est un peu hétéroclite et ce sont plutôt les questions de personne qui dominent la vie de l’AfD. « Le parti ira peut-être aux élections avec une unité de façade, mais une scission semble inévitable d’ici la fin de l’année », analyse le politologue Albrecht von Lucke.

Car voilà des mois maintenant que le parti n’a plus rien de normal. Les services de r enseignement intérieurs étudient la possibilité de le placer sous surveillance. Plusieurs élus régionaux et la branche jeunesse le sont déjà. Officiellement la mouvance la plus radicale, « l’Aile », patriote tendance nationale-sociale, a été dissoute l’an dernier. Mais ses leaders défilaient néanmoins à la tribune, en rang serrés derrière le n°1 du parti en Saxe, Tino Chrupalla. L’ancien protégé de l'Américain Steve Bannon veut être désigné « candidat de tête » pour les législatives. Le congrès a préféré reporter cette décision, trop explosive. En attendant, Chrupalla organise la fronde contre l’actuel président du parti Jörg Meuthen jugé trop modéré car il a exclu plusieurs élus pour sauver l’image fréquentable de l’Alternative. Une erreur selon le tribun saxon : « Nous avons atteint notre réservoir de voix venues du camp conservateur et libéral. Désormais il faut viser les abstentionnistes.

Forts de leurs résultats électoraux (autour de 20% en moyenne avec des bastions à 40%), les délégués d’Allemagne de l’Est veulent en découdre contre l’esprit des fondateurs de l’AfD, né en 2013 de l’opposition d’économistes et d’universitaires ouest-allemands aux plans de sauvetage de l’Euro. Une ligne, qui se présente comme « républicaine et libérale », mais qui ne rassemble plus que 5-10% des voix. Lors des élections régionales dans le sud-ouest mi-mars, l’Afd a perdu un tiers de ses électeurs. A l’inverse, le camp de l’Est propose une alternative « venue de la rue », populiste donc, qui cherche une confrontation dure avec les partis de gouvernement. Loin des espoirs de dédiabolisation du clan de Meuthen, ils assument dérapages fascisants, rapprochement avec les néonazis et discours complotistes. « Ce sont des grande-gueules limitées intellectuellement », critique un proche de Meuthen. « Nous sommes les vrais représentants du peuple. Suivez notre ligne, fissa ! », réplique anonymement un élu de Thuringe dans un forum de délégués.

Ces luttes intestines plombent le parti pour qui la pandémie aurait pu être une aubaine. Les difficultés du gouvernement à gérer la crise n’ont pas profité à l’AfD. Ni l’essor du mouvement de contestation des mesures sanitaires, actif partout dans le pays, et qui partage souvent les idées de l’extrême-droite. En un an, l’AfD est passé de 14 à 11% des intentions de vote. (Hélène Kohl, correspondante à Berlin, 20/04/2021)
Celui qu’on n’attendait pas : Michel Barnier partant dans la course à la présidence en France

Il n’a même pas dit qu’il fera en mai-juin 2022 la course à la présidence de la République en France. Pourtant les médias voient déjà en lui le challenger d’Emmanuel Macron. Il fait score égal avec le candidat de la droite classique, Xavier Bertrand, qui manifeste depuis août 2020, ses ambitions présidentielles..C'est surtout un grand connaisseur de l'Europe et un grand Européen qui défendra l'identité des Etats membres contre ceux qui veulent faire de l'Europe une "purée".
Michel Barnier a deux atouts : sa notoriété et son étiquette d’Européen expérimenté. Sa célébrité ne fut pas politique au départ. Il la doit au sport et à la montagne. Élu à la tête du Conseil général de Savoie en mars 1982, il s’engagea avec le triple champion olympique de ski français Jean-Claude Killy dans la candidature et l'organisation des XVIème Jeux Olympiques d’Albertville et de Savoie de1992. Sa réputation de montagnard et de skieur n’est plus à faire.
Né.le 9 janvier 1951 dans le département alpin de l’Isère, membre du parti gaulliste (RPR-UMP-LR) dès l’âge de 14 ans, il est resté dans son giron alors que ses principaux concurrents gaullistes avancent masqués depuis les échecs électoraux de leur mouvemen en 2012 et en 2017. Après des études secondaires au lycée Jean-Moulin d’Albertvile en Savoie puis au célèbre Lycée du Parc à Lyon, Barnier a fait des études solides à l’École Supérieure de Commerce de Paris dont il est sorti diplômé en 1972. Il fut élu en 1978 très jeune député à l’Assemblée Nationale.
Son palmarès au service de la France est impressionnant : il a été successivement ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Alimentation ce qui lui a acquis le soutien des agriculteurs. Et il n’a pas moins d’ancrage régional (en Savoie) que ses principaux concurrents dans le LR, Xavier Bertrand (Hautsde France), Valérie Pécresse (Paris-Ile de France) et Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes). Mais surtout, ce qui le différencie de ses rivaux gaullistes, c’est d’avoir été ministre des Affaires européennes et des Affaires étrangères.
Il a aussi l’expérience internationale qui fait défaut à ses concurrents de la vieille droite. Il a été deux fois Commissaire européen (Politique régionale puis Marché intérieur et Services financiers). De 2016 à 2020, négociateur en chef pour l’Union Européenne chargé de mener les négociations du Brexit avec Londres il y a mis le point final en décembre 2020.sans dégâts majeurs pour l’Union Européenne.
Michel Barnier a cette aura européenne qui fait la force d’Emmanuel Macron et qui manque singulièrement à Xavier Bertrand. Si le président Macron n’avait pas concédé à Angela Merkel la présidence de la Commission Européenne pour son amie Ursula von der Leyen, ce poste lui serait revenu. Il doit encore régler quelques affaires post-Brexit à Bruxelles, mais peut-être entrera-t-il en scène en avril prochain en même temps que son livre qui sortira à ce moment-là. Mais peut-être ses amis lui déconseilleront-ils d'ajouter son nom au trop-plein de candidats d'une droite classique qui n'a pas le vent en poupe et n'a pas intérêt à éparpiller ses voix. (J.-P. P, 18/02/2021)

Michel Barnier: les Européens doivent préserver leurs identités nationales

Ancien ministre (2004-2005/2007-2009), ancien commissaire européen (2010-2014), conseiller spécial pour le Brexit auprès de la Commission européenne (2016/2020), Michel Barnier a accordé une interview exceptionnelle à la revue « Politique Internationale » une des premières revue de science politique dans le monde. Interviewé par Isabelle Lasserre, rédactrice en chef adjointe du « Figaro », il répond notamment  à la question :
A. L.-
Sans les Britanniques, l’Europe ne risque-t-elle pas de devenir allemande ? Depuis le Brexit, le poids de l’Allemagne s’est renforcé sur le terrain de la politique étrangère
M. B.- Tant mieux si les Allemands évoluent, et l’on sait à quel point c’est long et difficile pur eux en raison de ‘Histoire. Je me souviens d’Helmut Kohl expliquant, deux ans après la réunification, quelle révolution c’était pour l’Allemagne de participer à une opération de OTAN dans les Balkans ! Mais je ne souhaite pas plus une Europe allemand qu’une Europe française. Ce que je souhaite, c’est une Allemagne européenne et une France européenne. Notre pays possède des cartes maîtresses dans le jeu européen. A condition de se montrer professionnel et pas trop arrogant…
(…) A.L.-  Quelles sont vos principales inquiétudes au sujet de l’Europe ?
M. B. - L’Europe reste une idée neuve. Ceux qui l’animent doivent être très respectueux des sentiments, des sensibilités, des apports de chaque pays. Chaque État a droit au respect. Ce qui demande du temps, de la considération et de l’écoute. Deuxième exigence : il faut que la bureaucratie bruxelloise reste à sa place. A Bruxelles, comme à Paris, quand les bureaucrates prennent le pouvoir, c'est que les hommes politiques le leur ont laissé. Dans le passé et encore récemment, on a assisté à des excès. Il faut que les politiques reprennent le contrôle et assument leur vision européenne. (…)
(…) J’ai appris que les Européens pouvaient rester unis. J’espère que nous pourrons mettre cette unité dont nous avons fait la preuve au service d’enjeux positifs, pas seulement négatifs. L’affaire du Covid, extrêmement violente, a prouvé que chaque pays de l’Union, à commencer par l’Allemagne, était capable de briser des tabous : pour la première fois on a mutualisé des emprunts et des obligations – à hauteur de 750 milliards – pour investie et faire face ensemble.
I.L. –
Quelles autres leçons avez-vous pu tirer de cette riche expérience ?
M. B. –J’ai appris, également, puisque ce fut l’un des ressorts du Brexit, que les identités nationales ne sont pas un gros mot, et que les Européens doivent les préserver. De Gaulle, disait déjà dans un discours : « Il ne faut pas que l’Europe broie les peuples comme une purée de marrons. Il est important de préserver l’identité des peuples, leurs racines, leurs langues, leurs cultures ». L’Europe, en effet, doit être un projet de mutualisation, pas de fusion. Elle doit préserver les différences auxquelles les peuples tiennent. Les hommes politiques ont le devoir d’assumer cette complexité, car c’est le prix pour que l’Europe soit unie sans être uniforme ».
                                                                                                                      « Politique Internationale », n° 171, printemps 2021.


Une déclaration de Paneurope Autriche à l'occasion de la Fête de l'Europe le 9 mai 2021

Le projet de la Paneurope en résumé : la liberté, l'État de droit, la souveraineté européenne en matière de politique étrangère et une réduction de la dette dans la zone euro, a pour but de renforcer l'Europe en tant que telle. Nous traçons une perspective claire pour les six États de l'Europe du Sud-Est dont l'avenir est crucial pour consolider notre politique étrangère.
La Conférence sur l'avenir de l'Europe sera (a été) officiellement lancée le 9 mai 2021. En tant que plus ancien mouvement d'unification européenne, fondé en 1922, nous nous préoccupons depuis près d'un siècle de l'amélioration constante de l'Europe. Dans son discours sur l'avenir de l'Europe en janvier 2021, Karl de Habsbourg, président du Mouvement paneuropéen d'Autriche (il est publié périodiquement dans notre rubrique C l'Europe ci-dessus, ndlr), a fait référence à quatre éléments fondamentaux du renforcement de l'Europe : La liberté, l'État de droit, une souveraineté européenne en matière de politique étrangère et un désendettement de la zone euro.
"Nous ne devons pas oublier, a déclaré M. Habsbourg, que la question de la sécurité a été à l'origine de l'unification européenne. Nous avons enfin besoin d'initiatives audacieuses pour une véritable politique étrangère et de sécurité européenne qui permettra à l'Europe d'agir en tant qu'entité politique dans les multiples conflits géopolitiques." Dans ce contexte, le président de Paneurope Autriche, a rappelé les défis posés par les politiques des puissances extérieures régionales et mondiales.
Ce sont les questions que la Paneurope abordera spécifiquement l'année prochaine à l'occasion du 100ème anniversaire de sa fondation.
Pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Corona, Rainhard Kloucek, secrétaire général du Mouvement paneuropéen Autriche, a mis en garde contre une rechute dans les doctrines protectionnistes. "Si nous cherchons des exemples de reconstruction, prenons la politique du miracle économique. La liberté d'entreprendre est la meilleure recette pour un nouvel essor. La politique n'intervient pas, elle fixe les conditions cadres et crée la sécurité juridique." Pour le secrétaire général paneuropéen, cela implique également un engagement en faveur du libre-échange et de l'achèvement du marché intérieur.
Selon le président des Jeunes Paneuropéens d'Autriche, Philipp Jauernik, agir en tant qu'acteur géopolitique nécessite une offensive d'élargissement audacieuse vers l'Europe du Sud-Est. "Pendant trop longtemps, les pays dits des Balkans occidentaux ont été repoussés encore et encore par des promesses. Ce dont nous avons besoin ici, c'est d'une politique offensive de l'UE pour exporter la stabilité dans une région encore troublée et également contestée. Plus la pression d'une politique étrangère de l'UE est forte, plus la pression des populations de ces pays sur leurs gouvernements est forte pour faire avancer les étapes de réforme nécessaires - et ce pour la promotion de l'Etat de droit et de la lutte contre la corruption." La libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo, promise de longue date, fait partie de cette politique au même titre que la perspective d'adhésion de l'Ukraine, a-t-il déclaré.
"Avec les quatre libertés fondamentales, les droit de l'homme, les principes de l'État de droit", a déclaré Stefan Haböck, responsable international de Paneurope Autriche, "l'UE dispose d'une base solide en matière de libertés civiles et de droits fondamentaux. Il faut les renforcer." Il faut mettre un terme à l'expansion de la surveillance de masse par l'État, notamment grâce aux nouvelles possibilités numériques. Haböck met également en garde contre un renforcement des tendances nationalistes et centralisatrices et souligne le rôle important des régions et des municipalités, mais aussi de chaque citoyen, dans le sens de la subsidiarité européenne.  (Philipp Jauernik, Stefan Haböck, Rainhard Kloucek .Vienne. 9.5.2021



Europa


1. Eilmeldung :
     Frankreich
     Präsidentschaftswahlen 2022. in Eine Frau gegen einen Mann, aber nicht diejenigen, die wir erwartet hatten - Valérie Pécresse kandidiert. 
Apostel des Wachstumsrückgangs *: Delphine Batho, Präsidentschaftskandidatin
    Deutschland
Dass Angela Merkel eine Nachfolgerin bekommt kann nicht ganz ausgeshlossen werden
Bundestagswahl: Die europapolitische Agenda der Grünen  
2. EUROPATAG: Europa für die Zukunft stärken (Stelungnahmen von Paneuropa Österreich)
3.Der Unerwartete: Michel Barnier am Startplatz im Rennen um die Präsidentschaft in Frankreich?
4. Michel Barnier: Europäer müssen ihre nationalen Identitäten bewahren
5.  Konferenz zur Zukunft Europas
6. Ein mutiger Schritt nach vorn: Die deutsch-französische Initiative zum wirtschaftlichen Wiederaufbau der EU. Die Bundeskanzlerin hat sich getraut, ein Tabu zu brechen (Archiv)

Präsidentschaftswahlen in Frankreich: Eine Frau gegen einen Mann, aber nicht diejenigen, wir erwartet hatten - Valérie Pécresse kandidiert gegen Xavier Bertrand.

Nachdem sie so lange in den Hintergrund gedrängt wurden, sind Frauen in der Politik auf dem Vormarsch, und das wollen sie ausnutzen. Während in Deutschland eine Frau, Annalena Baerbock, bei den Parlamentswahlen im September 2021 als Vorsitzende der Grünen kandidiert und damit Chancen auf die Nachfolge von Angela Merkel hat, haben sich in Frankreich zwei Frauen von der republikanischen Rechten und Linken für die Präsidentschaftswahlen im April 2022 beworben. Am Rande sei bemerkt, dass die jüngsten Klimakatastrophen das Potenzial der Grünen erhöht haben, aber die Covid-Pandemie und andere Fortschritte in den Bereichen Digitaltechnik, Mobilität, Weltraum, Gesundheit und Umweltschutz verstärken die Bedeutung der wissenschaftlichen Forschung in Europa. Viele Wähler sind jedoch misstrauisch gegenüber den Grünen, vor allem in Frankreich, wo es zu Recht oder Unrecht heißt, dass sich hinter diesem grünen Vorhang Neomarxisten und Anarchisten verstecken.
* *
Alle erwarteten in der zweiten Runde der Präsidentschaftswahlen in Frankreich im April 2022 ein Duell von Emmanuel Macron gegen die ultrarechte Präsidentin des Rassemblement National (Nationale Sammlung) Marine Le Pen. Aber Frau Le Pens RN ist deutlich im Niedergang begriffen. In der ersten Runde dieser zweistufigen Wahl werden die Franzosen also Zeuge eines Duells zwischen einer Vertreterin der gaullistischen Rechten (LR, Les Républicains) Valérie Pécresse und einem Vertreter der gleichen Rechten Xavier Bertrand sein. Beide hatten sich von der LR distanziert, Bertrand ein wenig mehr als Pécresse, aber ohne die Unterstützung des eigenen Lagers kann man nicht mit Aussicht auf Erfolg starten.
Bertrand hatte sich lange vor den Regionalwahlen vom letzten Juni erklärt. Offensichtlich wurde er von der LR-Führung nicht gebilligt, während Frau Pécresse ihr "Outing" neulich mit Zustimmung ihrer Freunde machte, die Bertrands "Solo-Initiative" sicher nicht schätzten. Während er im vergangenen Juni brillant zum Präsidenten der Region Hauts-de-France wiedergewählt wurde, wurde Pécresse auch in ihrer schwierigeren und wichtigeren Region Paris-Île de France wiedergewählt.
Valérie Pécresse, geb. Roux, präsentiert sich als "die erste Frau, die Präsidentin der Republik sein wird". Es ist klar, dass viele Frauen sie gegenüber Marine Le Pen bevorzugen werden, zumal sie den RN in Bezug auf totale Sicherheit, Null-Einwanderung und Patriotismus auf die Füße tritt, wie es die LR systematisch tut, um im Duell der zweiten Runde Emmanuel Macron anstelle von Marine Le Pen gegenüberzustehen .
Die 1963 geborene Valérie Pécresse ist eine gute Rednerin, sie ist energisch, aber moderat, demokratisch und republikanisch, sie hat drei Kinder, beeindruckende Diplome und sie hat bereits Regierungsverantwortung als Ministerin für Hochschulbildung unter dem neogaullistischen Staatspräsidenten Nicolas Sarkozy ausgeübt. Sie kommt aus einer gaullistischen Familie, sie ist ein bourgeoiser Typ, in der Intelligenz und in der Industrie, vor allem durch ihren Ehemann (Alstom-Industriegruppe) verankert, sie ist ein bisschen zurückhaltend und es scheint, dass sie sich das Gesicht hat liften lassen, was den Frauen, die sie im Fernsehen gesehen haben, nicht entgeht. Auf jeden Fall ändert sich mit ihr das Spiel auf der rechten Seite. Sie entzieht dem ehemaligen Versicherungsvertreter Xavier Bertrand, dem es an prestigeträchtigen Diplomen mangelt, den Boden unter den Füßen, indem sie ihm viele Stimmen der Rechten und damit die Chancen auf den Sieg wegnimmt. Wie er setzt auch Pécresse auf französischen Patriotismus ("Ich bin eine Kandidatin, die den französischen Stolz wiederherstellt"), aber mit weniger nationalistischen Akzenten als ihr Rivale und mit einem kleinen Seitenhieb auf Macron ("Ich will was tun und nicht nur gefallen"). Sie vertritt eher die "klassische Rechte" als Bertrand, der sichtbar ein Bonapartist ist. Sie ist Katholikin, Mutter von drei Kindern, ihr erstes Buch trug den nicht ohne Ironie oder Bitterkeit klingenden Titel "Être une femme politique... c'est pas si facile !" (Als Frau Politikerin zu sein, ist gar nicht so einfach“) (Editions de L'Archipel, 2007).
 Frau Pécresse spricht Russisch und Englisch, steht den USA nahe, was sie vom gaullistischen vulgum pecus unterscheidet, aber sie signalisiert, dass sie für die Stärkung der Europäischen Union ist. Damit steht sie Emmanuel Macron nahe. Sie hatte mit 16 Jahren das Abitur bestanden, sie hat die Ecole Nationale d'Administration abgeschlossen, sie ist ehemaliges Mitglied des Staatsrats (Oberstes Verwaltungsgericht) und war unter der Präsidentschaft des Neo-Gaullisten Nicolas Sarkozy Ministerin für Hochschulbildung und Forschung.
Sie musste sich im übrigen mit der Präsentation ihrer Kandidatur beeilen, weil die Ökologin Delphine Batho ihre eigene Kandidatur präsentierte (die sozialistische (PS) Bürgermeisterin von Paris, Anne Hidalgo, hat sich noch nicht erklärt). (J.-P. P. 23/07/2021)

Apostel des Wachstumsrückgangs *: Delphine Batho, Präsidentschaftskandidatin

Die ehemalige Justiz- und dann Ökologieministerin unter dem sozialistischen Präsidenten François Hollande, Delphine Batho, der man eine gewisse "republikanische Steifheit" nachsagt, wurde von jenem Staatspräsidenten höchstpersönlich aus der Regierung ausgeschlossen. Kämpferischer als Ségolène Royal, der sie in der Sozialistischen Partei (PS) nachgefolgt war, ein Partei, die sie aber auch verlassen musste, um die Leitung der "Génération Ecologie" (Generation Umweltschutz) zu übernehmen, wurde sie in die Nationalversammlung gewählt und wiedergewählt und wird im September 2021 bei den "Vorwahlen" der Ökologisten kandidieren, vor allem gegen den Vorsitzenden von „Europe Ecologie Les Verts“ (EELV), Yannick Jadot, der die Partei vor dem Nichts gerettet hat und bei den letzten Europa-Wahlen ein überragendes Ergebnis bekommen hatte. Frau Batho will zwar wie Jadot eine von der Linken abgegrenzte ökologische Kandidatur, aber sie ist anders als er entschieden für eine zentrale ökologische Bewegung, die über den Parteien steht.
Es dauerte nur ein paar Tage, bis sie merkte, dass sie den falschen Slogan gewählt hatte, als sie sich für "Wachstumsrückgang" aussprach. In einem Interview am Montagmorgen, 26. Juli, auf Europa 1 beharrte sie nicht mehr darauf und versicherte, dass die Energiesparmaßnahmen viele Arbeitsplätze in der Bauwirtschaft schaffen würden. In der Tat wird die Reinigung des Planeten ein gewaltiger Beschleuniger des Wachstums und nicht des Niedergangs sein. Die Industrie bereitet sich bereits darauf vor. Sie spricht sich auch nicht mehr so offen gegen die Atomkraft aus, sondern besteht auf der Stärkung der Sicherheit in diesem Sektor.
Der Tageszeitung "Le Figaro", die ihr eingesetzte, dass das negative Wort "Wachstumsrückgang" für die Franzosen "abstoßend" sei, entgegnete sie, dass die Franzosen "das bereits jeden Tag praktizieren, ohne das Wort zu benutzen". Dass "es weniger kostet, auf einen Flohmarkt zu gehen, billiger ist, auf Angebote im Internet zu gehen, sich für gebrauchte Produkte zu entscheiden statt für neue, meinte sie. „Es ist auch eine Veränderung des Lebensstils, die wir an der Wahl der Lebensmittel in kurzen Kreisläufen, am Umstieg auf das Fahrrad statt des Autos zur Arbeit, dem Wunsch, weniger, aber besser und lokal zu konsumieren, sehen können. Hunderte von Unternehmen erfinden neue Modelle, die auf der Reduzierung ökologischer Belastung basieren. Weniger Wachstum lässt uns den Sinn für das Wesentliche wiederentdecken, für das, was wirklich nützlich ist und was nicht. Kurzum, sie widerspricht dem Philosophen Voltaire, der schrieb, "der Überfluss sei sehr notwendig". Aber das waren im 18. Jahrhundert andere Zeiten.
Die 1973 in Paris geborene ehemalige linke Studentenaktivistin und spätere Aktivistin der antirassistischen Gruppierung „ SOS Rassismus“, die nach dem Abbruch ihres Geschichtsstudiums Politikerin wurde, hat das, was man im französischen Slang "la gnaque" nennt, also den Biss in Kombination mit dem Temperament, mit dem offensichtlichen Wunsch, "an den Bäumen zu rütteln", damit die Früchte fallen, wie man auch sagt. Ihr "Ich habe keine Fehler gemacht und keine Irrtümer" anch dem Rauswurf aus der Regierung ist immer noch berühmt. Nach einem ersten Buch mit dem Titel "Insoumise" (Rebellin), das 2014 beim Verlag Grasset erschienen ist, hat sie 2019 ein kleines Buch mit dem Titel "Écologie intégrale, le manifeste" beim Verlag Le Rocher veröffentlicht. Darin argumentiert sie, dass Ökologie zu einer Frage von Leben und Tod geworden ist und dass die binäre Alternative, vor der die Menschheit steht, auf "Ökologie oder Barbarei" hinausläuft, in Anlehnung an den Titel der Ultralinken der 1960er Jahre "Sozialismus oder Barbarei". Ihrer Meinung nach besteht die politische Kluft des 21. Jahrhunderts zwischen "Freunden der Erde" und "Zerstörern der Erde" und nicht mehr zwischen rechts und links. Außerdem will sie eine parteiübergreifende Ökologie, die nicht an die Linke gebunden ist. Sie beansprucht für sich, die "radikalste" der Ökologen im guten Sinne zu sein. (J.-P. P., 26/07/2021) * (Wachstumsrückgang: auf französisch: décroisssance, auf englisch: degrowth)

Dass Angela Merkel eine Nachfolgerin bekommt, kann nicht ganz ausgeschlossen werden

Eine grosse Überraschung bei der Bundestagswahl in Deutschland am 26 September 2021 kann nicht mehr ausgeschlossen werden. Die zum Sommerbeginn berechtigten Zweifel an den Chancen der Grünen-Kandidatin Annalena Baerbock haben sich mit der Flutkatastrophe mit sehr vielen Opfern in Nordrhein-Westfalen und Rheinland-Pfalz etwas verflüchtigt, zumal das Verhalten des dortigen Ministerpräsidenten und Kanzlerkandidaten der CDU/CSU Armin Laschet der Tragik des Geschehens gar nicht gewachsen war. Angela Merkel hat sich bemüht, die Wogen zu glätten, indem sie in Rheinland-Pfalz Hand in Hand mit ihrer politischen Gegnerin Malu Dreyer einen Ort der Katastrophe besichtigte. Wird das reichen? Die Kandidatin der Grünen hat sich enthalten, die Katastrophenzone zu betreten und ihre Abwesenheit in diesem tragischen Moment ist seltsamerweise in den Medien nicht kritisiert worden, was eigentlich für sie spricht. Es scheint, dass die noch Bundeskanzlerin Merkel vom Kandidaten Ihrer Partei distanziert und ihre Wunschkandidatin , Frau Baerbock, begünstigen möchte. Laschet 1961 geb. gehört eigentlich schon der alten Generation, er vertritt in seinem Land eine weitgehend obsolete (Kohle- und Benzinmotor-)Industrie und er hat sich in der Covid-Pandemie demagogisch verhalten, indem er die zu frühzeitige Rücknahme der sanitären Schutzmaßnahmen verlangte. Frau Merkel war da anderer Meinung. Sie hatte sowieso für ihre Nachfolge eine andere "Erbin" als Laschet, Annegret Kramp-Karrenbauer, die leider an der eigenen Partei gescheitert ist. Als Anfängerin unter Helmut Kohl war Angela Merkel Bundesministerin für Umweltschutz gewesen. Sie hat eigenhändig für Deutschland eine Strich unter der Atomkraft gezogen. Das grosse Drama dieser Bundestagswahl 2021 ist, dass die Deutschen ihre über alles erhabene, langjährige Kanzlerin verlieren. Sie wird nicht wie Helmut Kohl 1998 besiegt, sie zieht sich zurück. Sie steht als Halbgöttin ganz oben auf der Skala jenseits von Gut und Böse. Frau Merkel ist die Königs- oder Königsmacherin (oder Königinmacherin) bei dieser Wahl. Laschet spricht französisch und könnte Emmanuel Macron beim Weiterbau Europas unterstützen, aber Frau Baerbock , geb. 1980, vertritt die umweltbewusste, junge Generation. Es wird nicht mehr ausgeschlossen , dass sie Kanzelrin wird und dass Frau Merkel sie irgendwie, z. B. an der Spitze einer Stiftung Umwelt oder sonstwie unterstützt. (J.-P. P., 26/07.2021)

Deutsche Bundestagswahl 2021: Die europapolitische Agenda der Grünen – eine Betrachtung

ine Regierungsbeteiligung von Bündnis 90/DIE GRÜNEN nach der Bundestagswahl am 26. September ist, trotz nunmehr wieder stetigem Rückgang in den Umfragen, nicht ausgeschlossen. Auguren handeln ihre zunehmend umstrittene Spitzenkandidatin als mögliche Vizekanzlerin und Außenministerin, womit sie für Europa zuständig wäre. Das und die Tatsache, dass sich die Grünen selber als besonders weltoffen einstufen, gibt Anlass zu der Frage: Welche Rolle spielt Europa im Bundestagswahlprogramm 2021 der deutschen Grünen? Zugrunde liegt hier die sprachlich noch nicht endredigierte Fassung auf der Webseite der Bundespartei.
Als eigenes Kapitel spielt Europa keine sehr große Rolle. Es ist nicht lang und kommt vor dem internationalen Bereich am Ende des Textes. Dem mag die Einschätzung zugrunde liegen, dass Außenpolitik und Internationales nicht primär wahlgewinnend sind. Es mag auch einen gewissen Mangel an Enthusiasmus für den Aquis communautaire ausdrücken und das Institutionengefüge der Union. Es mag drittens Symptom eines Textes sein, der die Grünen in erstaunlichem Maß – angesichts des selbst erhobenen Regierungsanspruchs fast erschütternd – als Ein-Thema-Partei ausweist. Alles wird dem 1,5 Grad Ziel und der Klimapolitik untergeordnet. Umso überraschender, dass man den „Green Deal“ von Kommissionspräsidentin von der Leyen da nur vergleichsweise kursorischer Erwähnung für wert befindet mit der Absichtserklärung, es „ambitioniert gestalten“ zu wollen. Freilich finden sich Bezugnahmen auf die EU in anderen Teilen des Programms eingesprengselt – darauf wird zurück zu kommen sein.
Immerhin knapp drei Seiten unter dem Motto „Wir bauen Europa weiter“ widmen sich der Aufgabe, die „Zukunft der EU demokratisch zu gestalten“ (Seite 108 ff). Deutschland (im Verbund mit Frankreich) komme dabei eine „zentrale und historische Verantwortung“ zu. Mehrheitsentscheidungen als Gegenmittel gegen „nationalen Einzelinteressen“ und die Stärkung des Europäischen Parlaments sind die Mittel der Wahl. Soweit, so richtig. Denn die öffentliche Akzeptanz des Handelns der EU hängt in keinem geringen Maße von deren perzipierter demokratischer Legitimierung ab. Und da fällt dem Parlament eine Schlüsselrolle zu. Umso mehr als – und das ist der beachtenswerteste Absatz – man den Weg zu einer „Europäischen Föderalen Republik“ ebnen will. Zu dieser großen Vision wie dem Etappenziel dahin, der Weiterentwicklung der Unionsbürgerschaft zu einer echten „Staatsbürgerschaft“, bravo! Realistisch allerdings dürfte sich das allenfalls als weites Fernziel eignen.
Dieses klare Bekenntnis zu parlamentarischen Prozessen auf EU-Ebene, das sei hier parenthetisch angemerkt, lässt aufmerken. Denn in der nationalen Politik reden die Grünen Gremien wie sogenannten Bürger(innen)räten das Wort. Günstigstenfalls flankieren und ergänzen sie parlamentarische Entscheidungsprozesse, schlimmstenfalls verzögern oder umgehen sie sie. Demokratietheoretisch ist das nicht zwingend abzulehnen, jedenfalls aber kritisch zu hinterfragen. Ebenso wie die Skepsis an parlamentarischer Demokratie, die auch in einer häufig zitierten Äußerung in einem Zeitungsinterview des grünen Ministerpräsidenten von Baden-Württemberg mitschwingt. Vor dem Hintergrund der Corona-Krise möchte er „erwägen“, das „Regime“ dahingehend zu ändern, dass „harte Eingriffe in die Bürgerfreiheiten möglich werden“. Wäre ein selbst auf kommunaler Ebene von den Grünen immer wieder gern bemühter „Klimanotstand“ nicht auch eine ausreichend gravierende Basis dafür?
Ansonsten enthält das Europakapitel die üblichen Elemente des grünen politischen Werkzeugkastens: Stärkung von Bürgerinitiativen und Gemeinnützigkeitsrecht, Einklagbarkeit der Grundrechte, Ablehnung der Privatisierung kommunaler Unternehmen, „menschenrechtsgerechte“ Flüchtlingspolitik mit der Übernahme von mehr Flüchtlingen durch Deutschland, gemeinsame soziale Mindeststandards, Arbeitsbedingungen für EU-Bürger, Internationalisierung von Berufsausbildung und Studium, eine Behörde zur Koordinierung staatlicher und privatwirtschaftlicher Unternehmungen, usw. Es greift zudem die auf EU-Ebene seit Jahren verfolgte Idee der Schaffung einer europäischen Öffentlichkeit indirekt auf mit der Forderung einer europäischen „öffentlich-rechtlichen Medienplattform“ – vielleicht nicht ganz uneigennützig eingedenk des ihnen in Deutschland gerade auf öffentlich-rechtlichen Kanälen häufig zuteilwerdenden journalistischen Schmusekurses.
So wie das Programm innenpolitisch alles nichts geringerem als dem „sozio-ökologischen“ Umbau der Gesellschaft unterordnet, ist auch Zweck der Europapolitik ohnehin einer EU, die „ihr ganzes Gewicht gegen den Klimawandel und das Artensterben in die Waagschale wirft.“ Wo immer außerhalb des Europa-Kapitels auf die EU Bezug genommen wird, geht es zumeist um Mittel zu diesem einen Zweck. Einige Beispiele: eine europäische Kerosinsteuer, ein EU-weites Pfandsystem, Ausweitung des EU-Emissionshandels, an Ökostandards geknüpfte Anti-Dumping-Regeln, ein europäisch umzusetzendes Lieferkettengesetz, Importstopps für Agrarprodukte im Zusammenhang mit illegaler Entwaldung. Häufig also Maßnahmen, die frühere Vorbehalte gegen internationale Freihandelsabkommen in die politische Praxis übersetzen würden. Was zwar konsequent auf Parteilinie liegt, nicht aber auf der Linie bewährter deutscher Politik.
Gleiches lässt sich für die europäischen Finanzinstrumente sagen. So wie man innenpolitisch den Kurs der schwarzen Null und der Schuldenbremse verlassen möchte, weicht man auch auf europäischer Ebene von der bisherigen deutschen Haltung zu einer Fiskalunion ab. Nichts anderes verbirgt sich hinter der der projizierten Ausweitung der Europäischen Wirtschafts- und Währungsunion zu einer „Sozialunion“. Die Ablehnung einer „eigenen Fiskalpolitik Europas“ durch „die Konservativen“ geißelt das Programm als „Fehler“. Neben mehr parlamentarischer Kontrolle fordern die Grünen den Ausbau des europäischen Währungsfonds zu einem Stabilitätsmechanismus. Selbstverständlich sind alle geldpolitischen Maßnahmen unter dem Gesichtspunkt der „Klimakrise“ zu betrachten, mit dem Euro als weltweiter Leitwährung bei allen einschlägigen Investitionen. Anpassungen des Emissionshandels, einschließlich eines „Grenzausgleichs von CO2-Kosten“ sollen zwar Mittel in die EU-Kassen spülen, jedoch ärmeren Partnern zufließen zur Unterstützung der Dekarbonisierung.
Offenbar ist man sich aber bewusst, dass wie die Mehrheit der Deutschen die der Europäer allemal diese eher eindimensionale Vision nicht teilt, jedenfalls nicht in diesem Umfang. Daher befürworten die Grünen vernünftigerweise ein Europa der unterschiedlichen Geschwindigkeiten und die bewährte verstärkte Zusammenarbeit. Das ist ebenso pragmatisch wie vernünftig, allerdings im momentanen Zustand der EU wenig wahrscheinlich. Womit eine notwendige Voraussetzung dafür fehlen dürfte, die Union als Projektionsfläche eben jener Themen zu nutzen, mit denen sich die deutschen Grünen national stets am schwersten tun, gleichwohl aber die Notwendigkeit stärkeren deutschen und europäischen Engagements erkannt zu haben scheinen: der Außen-, Sicherheits- und Verteidigungspolitik.
Europäischer Auswärtiger Dienst wie gemeinsame Außen und Sicherheitspolitik sollen richtigerweise gestärkt werden. Dem kann man zustimmen, fragt sich aber, inwieweit die Ergänzung um die unscharf definierte „menschliche Sicherheit“ nicht bestenfalls eine Art Echternacher Springprozession (zwei Schritte vor, einen zurück) bewirkt. Als Teil von nichts weniger als einer „Neuausrichtung“ der NATO, deren Zwei-Prozent-Ziel (und damit multinational eingegangene Verpflichtungen) man rundweg ablehnt, soll eine stärkere sicherheitspolitische Koordinierung stattfinden. Dieser Notwendigkeit werden Sicherheitspolitiker ebenfalls gerne zugestehen. Das daraus abgeleitete (mittelfristige?) Ziel einer EU-Sicherheitsunion mit “gemeinsamer Kommandostruktur“ freilich umschmeichelt die Aura des Utopischen.
Durchaus wünschenswert und nachvollziehbar hingegen ist die geforderte Stärkung von OSZE und Europarat unter Einbindung aller Europäischen Staaten sowie Bildung eines „starken Systems kollektiver Sicherheit“ in Osteuropa. Dazu passen auch die Forderungen nach rascher Erweiterung der EU auf dem Balkan. Soweit, so gut. Entgegen stehen dem jedoch die keineswegs unberechtigten, aber überraschend markigen Töne, die man Russland gegenüber (und in geringerem Maße der Volksrepublik China) gegenüber anschlägt. Es ist schwer sich des Eindrucks zu erwehren, dass hier bewusst Problembereich ad calendas graecas verschoben werden sollen, mit denen man sich nicht wirklich befassen möchte – vielleicht, weil sie die Partei zu spalten drohen, in der eine substantielle Minderheit ernsthaft mit dem Wort „Deutschland“ den Namen des Staates aus dem Programm streichen wollte, das man doch regieren zu wollen vorgibt.
Das Fazit unter dem Strich? Den Grünen ist alles andere als Europaferne zu attestieren, begrüßenswert. Europäische Aspekte durchdringen nahezu alle Bereiche des Programms, Europapolitik wird gewissermaßen zu europäischer Innenpolitik. Bedauerlicherweise aber dient die supranationale Ebene allzu oft nur als erweiterter Arm des öko-sozialen Nannystaates, auf den der innenpolitische Teil des Programms hinausläuft. Realistische Zielsetzungen gehen ein nicht immer passgenaues Bündnis mit unrealistischen ein. Es mangelt auch nicht an Sachkunde oder kreativen Einfällen, wohl aber an Breite. Statt Einheit in Vielfalt geht es eher um Vielseitigkeit in Eindimensionalität mit einer fast chiliastischen Überzeugung, den einzig richtigen Weg zu kennen. ( Dr. Ulrich Strempel,  Vorstand  v. "Es ist Europa e.V.". Berlin. 5. Juli 2021)

Eine Stellungnahme von Paneuropa Österreich  : EUROPATAG: Europa für die Zukunft stärken

The key messagesin English are:
EU needs an european foreign policy
We need an economic recovery plan based on the principles of the „Wirtschaftswunder“
We have to strenghten the four fundamental freedoms of the EU
EU has to be ready for geopolitics


Paneuropa: Freiheit, Rechtsstaatlichkeit, eine europäische Souveränität in der Außenpolitik und eine Entschuldung der Eurozone werden Europa stärken. Eine klare Perspektive für die sechs Staaten Südosteuropas ist entscheidend für außenpolitische Stärke.

Am 9. Mai soll (ist) offiziell der Startschuss für die Konferenz zur Zukunft Europas fallen (gefallen). Als älteste europäische Einigungsbewegung, gegründet 1922, befasst sich die Organisation seit fast 100 Jahren mit der steten Verbesserung Europas. In seiner Rede zur Zukunft Europas hat Karl von Habsburg, Präsident der Paneuropabewegung Österreich, im Jänner 2021 auf vier Kernelemente der Stärkung Europas verwiesen: Freiheit, Rechtsstaatlichkeit, eine europäische Souveränität in der Außenpolitik und eine Entschuldung der Eurozone.

„Wir sollten dabei nicht vergessen“, so Habsburg, „dass am Beginn der europäischen Einigung die Frage der Sicherheit stand. Wir brauchen endlich mutige Initiativen für eine echte europäische Außen- und Sicherheitspolitik, die es Europa ermöglicht als politische Einheit in den vielfältigen geopolitischen Konflikten auftreten zu können.“ Habsburg erinnerte in diesem Zusammenhang an die Herausforderungen durch die Politik von externen regionalen und globalen Mächten.

Diesen Themen wird sich Paneuropa im nächsten Jahr zum 100. Jahrestag ihres Bestehens speziell widmen.

Für die Bewältigung der wirtschaftlichen Folgen der Corona-Pandemie warnt Rainhard Kloucek, Generalsekretär der Paneuropabewegung Österreich, vor einem Rückfall in protektionistische Konzepte. „Wenn wir nach Beispielen für einen Wiederaufbau suchen, dann nehmen wir doch die Politik des Wirtschaftswunders. Unternehmerische Freiheit ist das beste Rezept für einen neuen Aufschwung. Die Politik interveniert nicht, sie setzt Rahmenbedingungen und schafft Rechtssicherheit.“ Dazu gehört für den Paneuropa-Generalsekretär auch ein Bekenntnis zum Freihandel sowie die Vervollständigung des Binnenmarktes.

Das Auftreten als geopolitischer Akteur verlangt aus Sicht von Jugendvorsitzenden Philipp Jauernik nach einer mutigen Erweiterungsoffensive Richtung Südosteuropa. „Viele zu lange schon wurden die sogenannten Westbalkanländer immer wieder mit Versprechungen vertröstet. Hier braucht es eine offensive Politik der EU, um Stabilität in eine noch immer unruhige und auch umstrittene Region zu exportieren. Je stärker der Druck einer EU-Außenpolitik, umso höher ist auch der Druck der Bevölkerung dieser Länder auf ihre Regierungen, die notwendigen Reformschritte – um Rechtsstaatlichkeit und Kampf gegen die Korruption zu nennen – durchzusetzen.“ Die längst versprochene Visaliberalisierung für die Bürger des Kosovo gehöre genauso zu einer solchen Politik wie eine Beitrittsperspektive für die Ukraine.

„Mit den vier Grundfreiheiten, der EMRK, den rechtsstaatlichen Prinzipien“, so Stefan Haböck, Internationaler Referent von Paneuropa Österreich, „hat die EU ein starkes Fundament an bürgerlichen Freiheiten und Grundrechten. Diese müssen gestärkt werden.“ Dem Ausbau der staatlichen Massenüberwachung, besonders auch durch neue digitale Möglichkeiten, muss Einhalt geboten werden. Zudem warnt Haböck vor einem Erstarken des Nationalismus und Zentralisierungs-Tendenzen und betont die wichtige Rolle der Regionen und Gemeinden, aber auch jeden einzelnen Bürgers, im Sinne der europäischen Subsidiarität. ( Philipp Jauernik, Stefan Haböck,  Rainhard Kloucek, Paneurope Österreich. Wien. 09.05.2021)

Der Unerwartete: Michel Barnier am Startplatz im Rennen um die Präsidentschaft in Frankreich?

Er hat es noch nicht einmal gesagt, und zwar, ob er für das Amt des Staatspräsidenten in Frankreich im Mai-Juni 2022 kandidieren wird. Doch die Medien sehen ihn bereits als Herausforderer von Emmanuel Macron. Er ist als Geheimkandidat bereits im Gleichstand in den Umfragen mit dem führenden Kandidaten der konservativen Rechten, Xavier Bertrand, der seit August 2020 seine Präsidentschaftsambitionen offen gelegt hat.
Michel Barnier hat zwei Trümpfe: seinen Bekanntheitsgrad und sein Etikett als erfahrener Europäer. Er hatte sich anfangs außerhalb der Politik bekannt gemacht. Er verdankte es dem Sport und den Bergen. Im März 1982 zum Vorsitzenden des Generalrats von Savoyen gewählt, war er zusammen mit dem dreimaligen französischen Ski-Olympiasieger Jean-Claude Killy an der Bewerbung und Organisation der XVI. Olympischen Spiele in Albertville und Savoyen führend beteiligt, die 1992 stattfanden. Sein guter Ruf als Bergsteiger und Skifahrer steht fest.


Am 9. Januar 1951 im Alpen-Departement Isère geboren, Mitglied der gaullistischen Partei (RPR-UMP-LR) seit seinem 14. Lebensjahr, ist er im Schoß dieser Partei geblieben, während seine gaullistischen Rivalen seit den Wahlkatastrophen ihrer Bewegung in den Jahren 2012 und 2017 vorsichtshalber unter anderen Etiketten voranschreiten. Nach dem Besuch des Gymnasiums Jean-Moulin in Albertville in Savoyen und anschließend des berühmten Gymnasiums du Parc in Lyon studierte Barnier an der Nationalen Handelshochchule in Paris, die er 1972 abschloss. Er wurde 1978 als sehr junges Mitglied ins französische Parlament gewählt.

Seine Bilanz im Dienste Frankreichs ist beeindruckend: Er war nacheinander Minister für Umwelt, Landwirtschaft und Ernährung, was ihm die Unterstützung der Landwirte einbringt. Und er hat nicht weniger regionale Wurzeln (in Savoyen) als seine gaullistischen Hauptkonkurrenten, Xavier Bertrand (Hauts de France-Nordfrankreich), Valérie Pécresse (Paris-Ile de France) und Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes-Mittelfrankreich). Was ihn aber vor allem von seinen Rivalen in der gaullistischen Opposition gegen Emmanuel Macron unterscheidet, ist die Tatsache, dass er Außen- und Europaminister gewesen ist.

Er hat die internationale Erfahrung, die seinen Rivalen von der alten Rechten schrecklich fehlt. Er war zweimal EU-Kommissar (erst Regionalpolitik, dann Binnenmarkt und Finanzdienstleistungen). Von 2016 bis 2020 leitete er als Chefunterhändler der Europäischen Union die Brexit-Verhandlungen mit London, die er im Dezember 2020 zum Abschluss brachte - ohne großen Schaden für die Europäische Union.

Michel Barnier hat die europäische Aura, die Emmanuel Macron seine Stärke verleiht und besonders die dem Anti-Europäer Xavier Bertrand fehlt. Hätte Staatspräsident Macron nicht Angela Merkel den Vorsitz der Europäischen Kommission für ihre Gefährtin Ursula von der Leyen überlassen, wäre diese Position Michel Barnier zugefallen. Er hat noch einige Nach-Brexit-Angelegenheiten in Brüssel zu regeln, aber vielleicht outet er sich als Kandidat im nächsten April, zeitgleich mit seinem Buch, das zu diesem Zeitpunkt erscheinen wird.

Es wird allerdings sehr schwer sein, Macron zu besiegen, der aufgrund seines neuen Kurses in der Covid-Krise und seines insg. guten Managements außerordentlich stabil und sogar steigend in den Umfragen da steht. Außerdem ist Macron um mehr als eine Generation jünger als Barnier. Und auch in Frankreich ist die De Gaulle- und Adenauerzeit vorbei. (J.-P. P, 18/02/2021)

Michel Barnier: Die Europäer müssen ihre nationalen Identitäten bewahren

Ehemaliger Minister (2004-2005/2007-2009), ehemaliger EU-Kommissar (2010-2014), Sonderberater für den Brexit bei der Europäischen Kommission (2016/2020), Michel Barnier gewährte der Zeitschrift "Politique Internationale", einem der ersten politikwissenschaftlichen Magazine der Welt, ein außergewöhnliches Interview. Im Interview mit Isabelle Lasserre, stellvertretender Chefredakteurin von "Le Figaro", antwortet er auf die Fragen:

I. L.-Ohne die Briten, läuft Europa nicht Gefahr, deutsch zu werden? Seit dem Brexit hat das Gewicht Deutschlands in der Außenpolitik zugenommen
M. B.- Umso besser, wenn sich die Deutschen weiter entwickeln, und wir wissen, wie langwierig und schwierig es für sie aufgrund ihrer Geschichte ist. Ich erinnere mich, wie Helmut Kohl zwei Jahre nach der Wiedervereinigung erklärte, was für eine Revolution es für Deutschland sei, sich an einem NATO-Einsatz auf dem Balkan zu beteiligen! Aber ein deutsches Europa will ich genauso wenig wie ein französisches Europa. Was ich will, ist ein europäisches Deutschland und ein europäisches Frankreich. Unser Land hat Trümpfe im europäischen Spiel in der Hand. Unter der Voraussetzung, dass wir professionell und nicht zu arrogant sind...
(...) I.L. - Was beunruhigt Sie am meisten bezüglich Europas?
M. B. - Europa bleibt eine neue Idee. Diejenigen, die es leiten, müssen die Gefühle, Empfindlichkeiten und Beiträge der einzelnen Länder sehr respektieren. Jeder Staat hat ein Recht auf Respekt. Dies erfordert Zeit, Überlegung und Zuhören. Die zweite Voraussetzung ist, dass die Brüsseler Bürokratie an ihrem Platz bleiben muss. Wenn in Brüssel, wie in Paris, die Bürokraten die Macht übernehmen, dann deshalb, weil die Politiker sie ihnen überlassen haben. In der Vergangenheit und auch in letzter Zeit haben wir Exzesse gesehen. Die Politik muss die Kontrolle zurückgewinnen und ihre europäische Vision durchsetzen. (...)
(...) Ich habe mit dem Brexit gelernt, dass die Europäer geeint bleiben können. Ich hoffe, dass wir diese Einigkeit, die wir demonstriert haben, nutzen können, um positive Themen anzugehen, nicht nur negative. Die Covid-Affäre, die extrem gewaltsam war, hat bewiesen, dass jedes Land in der Union, angefangen mit Deutschland, in der Lage war, Tabus zu brechen: Zum ersten Mal haben wir Kredite und Anleihen - in Höhe von 750 Milliarden - zusammengelegt, um zu investieren und die Situation gemeinsam zu bewältigen.
I.L. - Welche weiteren Lektionen haben Sie aus dieser reichen Erfahrung in der Brexit -Verhandlung gezogen?
M. B. - Ich habe auch gelernt, dass nationale Identitäten kein Schimpfwort sind und dass die Europäer sie bewahren müssen. De Gaulle sagte bereits in einer Rede: "Europa darf die Völker nicht wie ein Kastanienpüree zerdrücken. Es ist wichtig, die Identität von Völkern zu bewahren, ihre Wurzeln, ihre Sprachen, ihre Kulturen. Europa muss ein Projekt der Gegenseitigkeit sein, nicht der Verschmelzung. Es muss die Unterschiede bewahren, die die Menschen schätzen. Die Politik hat die Pflicht, diese Komplexität zu akzeptieren, denn das ist der Preis dafür, dass Europa geeint ist, ohne einheitlich zu sein".
                                                                                                            "Politique Internationale", Nr. 171, Frühjahr 2021

KONFERENZ ZUR ZUKUNFT EUROPAS

Die europäische Politik braucht wieder eine klare Idee, wohin die europäische Einigung gehen soll. Seit Mai sollte dazu eine Konferenz zur Zukunft Europas tagen. Doch noch sind einige Fragen dazu offen, der Beginn unklar.

Genaugenommen sollte sie längst tagen. Die „Konferenz zur Zukunft Europas“. Am Europatag, am 9. Mai, unter kroatischer Ratspräsidentschaft, hätte in der kroatischen Hauptstadt Zagreb (Agram) feierlich der Beginn dieser Debatte über die Zukunft Europas über die Bühne gehen sollen. Immerhin ist die zuständige Kommissarin Dobravka Suica eine Kroatin. Doch da war bereits das Virus namens Covid unterwegs, und machte eine derartige Veranstaltung unmöglich. Also wurde einmal verschoben.

Dann kursierte ein Termin im September, unter deutscher Ratspräsidentschaft. Aber auch der hielt nicht. Noch Anfang November ergab eine Anfrage bei Kommissarin Suica, dass sie davon ausgeht, diese Konferenz werde noch in diesem Jahr beginnen. Zu Redaktionsschluss dieses Artikels am 27. November gab es allerdings noch immer keinen konkreten Termin für den offiziellen Beginn dieser Konferenz. Covid, das war allerdings bereits klar, ist nicht der Grund, warum die Konferenz noch auf einen offiziellen Beginn wartet.

Ursprünglicher Erfinder dieser Konferenz war der französische Staatspräsident Emmanuel Macron. In seiner Elysee-Rede Anfang März 2019, noch vor der Europawahl, präsentierte er eine Reihe von Maßnahmen, mit denen er die Europäische Union reformieren wollte. Diese sollten eben in einer Konferenz zur Zukunft Europas diskutiert werden. Der Abschluss war geplant für die nächste Ratspräsidentschaft Frankreichs im ersten Halbjahr 2022. Wenn es schon kein neuer Vertrag von Paris geworden wäre, dann zumindest eine feierliche Schlusszeremonie, in der die französische Politik ihre Führungsrolle in Europa dokumentiert hätte.

Ursula von der Leyen, die amtierende Kommissionspräsidentin, nahm die Idee einer solchen Konferenz bereits in der Bewerbungsphase für das Amt der Kommissionspräsidentin auf, und integrierte sie in die sechs Prioritäten der fünfjährigen Amtsperiode. Auch das Europäische Parlament griff die Initiative auf, und hat mittlerweile mehrere Stellungnahmen dazu abgegeben. Der Rat, auf dessen Ebene Macron seine Konferenzidee angesiedelt hatte, war letztlich die letzte der drei EU-Institutionen, die dann eine Position dazu erarbeitet hat.

Wie notwendig eine Debatte über die weiteren Schritte der europäischen Einigung ist, zeigen die vielen krisenhaften Erscheinungen in der europäischen Politik. Man denke etwa an das Gezerre um die Aufnahme von Beitrittsverhandlungen mit Mazedonien und Albanien oder bei der Visa-Frage für die Bürger des Kosovo. Wir haben aber auch im Zusammenhang mit den Grenzschließungen wegen der Migranten oder dann im Zuge der Pandemie gesehen, wie stark ausgeprägt nationale Egoismen sind. Der jüngste Streit um das EU-Budget, die Vermischung von Rechtsstaatlichkeit, Ideologie und Blockaden sind ein weiterer Beleg für die Notwendigkeit einer zielgerichteten Debatte über Europa.

Es scheinen die europäischen Persönlichkeiten zu fehlen, und es fehlt eine klare Zieldefinition, was Sinn und Zweck der europäischen Einigung sein soll. Für Paneuropa war das Ziel schon 1922 bei der Gründung klar. Es war ein geopolitischer Ansatz, der Europa als eigenständige politische Einheit sehen wollte, mit einer starken Betonung der Freiheit und der Werte. Nach 1945 war es das Ziel, Krieg in Europa zu verhindern. Die große Friedensidee. Nach 1989, nach dem Fall des Eisernen Vorhangs und dem Untergang der Sowjetunion schien das auch noch klar zu sein. Damals war man offen für die Aufnahme der mitteleuropäischen Länder in die EU. Es gab eine klare Erweiterungsstrategie, man sprach sogar von der „Wiedervereinigung Europas“. Es ging um die Stabilisierung von Demokratie, Rechtsstaatlichkeit und freier Wirtschaft.

Wenn man heute Politiker fragt was denn Europa sein soll, dann kommt wahrscheinlich als gemeinsamer Nenner: Bekämpfung der Pandemie und Bekämpfung des Klimawandels, vielleicht noch das Wieselwort von der sozialen Gerechtigkeit. Das alles wird in einen Green Deal verpackt und mit einem Billionen-Budget serviert, das in seiner Dimension unfassbar ist, und damit einer vernünftigen Debatte entzogen wird.

Hochgesteckt sind jedenfalls die Ziele für die Konferenz zur Zukunft Europas, die in der Mitteilung der Europäischen Kommission im Jänner dieses Jahres formuliert wurden. „Die Zeit ist reif“, heißt es da, „um der europäischen Demokratie einen neuen Impuls zu geben.“ Wenn sich in einer zunehmend multipolaren Welt nach wie vor viele Europäer Sorgen um ihre Zukunft machen, so müsse die Europäische Union nun zeigen, dass sie darauf Antworten liefern könne. „Die europäische Politik muss sowohl den Bürgerinnen und Bürgern als auch den Unternehmen helfen, vom ökologischen und digitalen Wandel zu profitieren. Sie muss Ungleichheiten bekämpfen und dafür sorgen, dass die Europäische Union eine faire, nachhaltige und wettbewerbsfähige Wirtschaft ist. … Die Konferenz wird als große paneuropäische, demokratische Übung ein neues öffentliches Forum für offene, inklusive, transparente und strukturierte Bürgerdebatten über wichtige Prioritäten und Herausforderungen sein.“

So sollen sämtliche Bürger der EU an den Foren teilnehmen können. „Dieses Forum sollte ein Abbild der europäischen Vielfalt sein. … Sein Ziel ist es, die Verbindung zwischen der europäischen Bevölkerung und den Organen, die für sie da sind, zu stärken.“ Auch die zuständige Kommissarin Dobravka Suica betonte in verschiedenen Videobotschaften zu Konferenzen (zuletzt für eine Veranstaltung der Paneuropa-Union Kroatien), dass alle Bürger in diese Debatte eingebunden werden.

Leichte Widersprüche tun sich bei der Frage auf, welche Themen in der Konferenz diskutiert werden sollen. So hält die Kommission in ihrer Mitteilung fest, dass ganz besonders die jüngere Generation mehr Mitsprache in der Politik fordere und sich nicht mehr damit zufrieden geben wolle, alle fünf Jahre bei Wahlen die Stimme abzugeben. In einem Zwischentitel heißt es: „Offene Diskussion über Fragen, die den Bürgerinnen und Bürgern am Herzen liegen.“ Und in der Pressemitteilung zur Mitteilung wird festgehalten, dass die Kommission keine Themen ausschließen möchte, „ist aber der Ansicht, dass die Debatte einer gewissen Struktur durch bestimmte Vorgaben bedarf und die Themen angesprochen werden sollten, die in den politischen Prioritäten der Kommission und in der strategischen Agenda des Europäischen Rates beschrieben werden.“

So heißt es dann in der Mitteilung weiter, es solle eine gemeinsame Erklärung der drei Institutionen (Rat, Kommission und Parlament) geben, in der „Konzept, Struktur, Gegenstand und Zeitplan der Konferenz“ festgelegt werden sollten. Die Kommission will zwei große Themenbereiche abdecken. Einerseits die Frage der Zukunft der Union, die sie in den sechs politischen Prioritäten der Kommission und der strategischen Agenda des Rates bereits vorgegeben sieht. Andererseits soll es um institutionelle Fragen gehen. Hier werden das Spitzenkandidatenmodell und länderübergreifende Listen für die Europawahlen genannt.

Das Europäische Parlament hat in zwei Entschließungen (15. Jänner 2020 und 18. Juni 2020) seinen Standpunkt definiert. So wird bereits im Jänner festgehalten, „dass die Einbeziehung der Bürger, der organisierten Zivilgesellschaft und einer Reihe von Interessensträgern auf europäischer, nationaler, regionaler und lokaler Ebene das Schlüsselelement dieses innovativen und originellen Prozesses sein sollte“.

Besprechen möchte das Europäische Parlament folgende Themen: europäische Werte, Grundrechte und Grundfreiheiten, demokratische und institutionelle Aspekte der EU, ökologische Herausforderungen und die Klimakrise, soziale Gerechtigkeit und Gleichstellung, wirtschaftliche und beschäftigungspolitische Fragen einschließlich Besteuerung, digitaler Wandel, Sicherheit und die Rolle der EU in der Welt. Wobei betont wird, dass es sich hier nur um eine Orientierungshilfe handelt, nicht um eine „erschöpfende Zusammenstellung politischer Themen“.

Die Struktur der Konferenz soll nach Meinung der europäischen Volksvertretung aus einer Reihe von Gremien mit unterschiedlichen Zuständigkeiten bestehen: Bürgerforen, Jugendforen, ein Lenkungsausschuss, sowie ein geschäftsführender Koordinierungsausschuss. Alle Gremien der Konferenz sollen ein ausgewogenes Geschlechterverhältnis aufweisen. Die Bürgerforen sollen thematisch organisiert werden, und aus 200 bis 300 Bürgern, mindestens drei pro Mitgliedsland, bestehen.

Auch für die Plenarversammlung der Konferenz hat das Europäische Parlament ganz konkrete Vorstellungen über die Zusammensetzung formuliert. Zweimal pro Halbjahr sollte die Konferenz zu einer Plenartagung im Europäischen Parlament zusammenkommen.

In der Stellungnahme vom Juni wird der Standpunkt vom Jänner betont, auf die aktuelle Situation mit Covid Bezug genommen, und bedauert, dass der Rat noch immer keine Stellungnahme angenommen hat.

Kurz darauf, am 24. Juni hat der Rat dann seine Stellungnahme abgegeben. Die Mitgliedsländer definieren einen politischen Zugang als wesentlich. Eine Vision der EU in zehn oder 20 Jahren sollte dabei herauskommen. Deshalb will der Rat eine Konzentration auf einige Kernpunkte, wie sie beispielsweise in der strategischen EU-Agenda verankert sind. Dazu gehören Nachhaltigkeit (Klimaneutralität), gesellschaftliche Herausforderungen (Gender-Politik), Grundrechte und die internationale Rolle der EU (hier werden Außen- und Sicherheitspolitik als Beispiele genannt).

Die Institutionen sollten nach Vorstellung der Regierung der EU-Mitgliedsländer gleichberechtigt an dem Prozess beteiligt sein, Bürokratie sollte vermieden werden, und eine effektive Einbeziehung von Bürgern soll sichergestellt sein.

Wer nun meint, dass nach all den Stellungnahmen, Interessensbekundungen und Willensäußerungen die Konferenz über die Zukunft Europas beginnen könnte, der irrt. Denn es handelt sich hier um eine eminent politische Frage. Und damit ist von entscheidender Bedeutung, wer den Vorsitz führt. Da geht es um Interessen und Prestige, um Parteipolitik, nationale Egoismen und Eitelkeiten. Mindestens seit Anfang Oktober dürfte diese Frage der Hintergrund für den Aufschub des Konferenzbeginns sein. (Rainhard Kloucek. Generalsekretär der Paneuropäischen Bewegung Österreichs. Dezember 2020)

Ein mutiger Schritt nach vorn: Die deutsch-französische Initiative zum wirtschaftlichen Wiederaufbau der EU

Im Mai 2020 gleich nach der gemeinsamen Entscheidung von Angela Merkel und Emmanuel Macron zugunsten eines solidarischen Erholungsplans der Europäischen Union für de Zeit nach der Corona-Pandemie hatte Sophie von Stralendorff folgenden Beitrag geschrieben. Heute am 16. Dezember hat das Europäische Parlament abgestimmt und den Plan angenommen. Alles in allem über mehrere Jahre werden 1 800 Milliarde Euro den leidenden Staaten Europas, inkl. (für die nächsten zwei Jahre ohne politische Auflagen) den politisch abweichenden Staaten Ungarn und Polen, zugute kommen. Es ist die größte Mobilmachung von Geld seit dem Marshall-Plan nach dem Zweiten Weltkrieg. Der französische Präsident sagte, dass es ein so wichtiger Schritt wie die Schaffung des Euros war. Wichtig ist, dass die Gesamtschuld Europas auf diese Weise vergemeinschaftet worden ist. „Mutualisée“, wie die Franzosen sagen. Nicht unwichtig ist auch, dass das EU-Parlament dafür Ressourcen, in Form der Gafa-Steuer, der Finanztransactionsteuer, der Carbon Tax, usw. vorgesehen hat, um die Schuld zu tilgen. Auf jeden Fall zeigte es, dass der deutsch-französische Schulterschluss immer ausschlaggebend ist, um Europa voranzubringen. Sophie von Stralendorff, die nicht nur in Deutschland sondern auch in Straßburg studiert hat, ist in unserem Vorstand von „Es ist Europa“ für die deutsch-französischen Beziehungen zuständig. Die Entscheidung der beiden Politiker in Berlin und in Paris war ein so bahnbrechender Schritt nach vorn in der Geschichte Europas, dass wir jetzt zum Jahresende ihre Analyse vom letzten  Monat Mai nochmal zum Lesen anbieten. Man kann mit Jean Monnet sagen, dass Europa durch seine Krisen wächst.(16.Dezember 2020)


Die Bundeskanzlerin hat sich getraut, ein Tabu zu brechen

Der gemeinsame Vorschlag des französischen Staatspräsidenten Emmanuel Macron und der deutschen Bundeskanzlerin Angela Merkel zur wirtschaftlichen Erholung der europäischen Staatengemeinschaft einen sogenannten European Recovery Fund zu schaffen, kann man durchaus als ein politisches Ereignis ersten Ranges betrachten. „Es ist ein prominenter politischer Fortschritt“, schrieb der Leitartikler der Tageszeitung Dernières Nouvelles d’Alsace, Pascal Coquis, in Straßburg, denn es signalisiert, dass „ein Tabu gebrochen worden“ sei: „Plötzlich ist Solidarität kein Unwort mehr und man darf es zu Tisch aussprechen, selbst, wenn 27 Gäste dabei sind“.[1]

Die Ausgangslage: Ein krisengeschütteltes Corona-Europa

Es ist unbestritten, dass die Corona-Krise nicht nur zahlreiche Menschenleben, sondern auch einen immensen Verlust wirtschaftlicher Existenzen forderte, der keinesfalls unterschätzt werden darf. Sie hat in ihrer Eigenschaft als Pandemie gezeigt, dass sie keine Rücksicht auf nationalstaatliche Grenzen nimmt. Wir befinden uns alle in einer Ausnahmesituation: Jeder EU-Mitgliedstaat, ja fast alle Staaten auf der Welt sind in irgendeiner Form davon betroffen.

Sobald das eigene Leben, Familie und enge Freunde nicht unmittelbar gesundheitlich gefährdet sind, richtet sich der Fokus wieder auf die nächstgrößere Problemebene: die Wirtschaft. Ja, die wirtschaftliche Rezession wird vermutlich noch über mehrere Jahre hinweg für uns alle spürbar bleiben und nur Stück für Stück und in kleinen Schritten überwunden werden können. Und nicht nur das. Viele sagen, dass es sich bei der Corona-Krise um die größte Herausforderung in der Geschichte der Europäischen Union handelt. Es besteht die Gefahr, dass sie unter der persönlichen und wirtschaftlichen Anstrengung, die zur Bekämpfung des Virus von Bürgern und Nationalstaaten abverlangt wird, buchstäblich zusammenbricht.

Natürlich ist es verständlich, wenn sich die einzelnen Mitgliedstaaten im Zeichen der Bedrohung zunächst kurzfristig auf sich selbst besinnen, um schnelle und effektive Maßnahmen zur existentiellen Sicherung zu ergreifen. Auf lange Sicht ist dieser individuelle Krisenmodus angesichts einer gesamteuropäischen Bedrohung aber nicht zielführend. Zusätzlich zu den individuellen bedarf es hier in entscheidender Weise auch gesamteuropäischer nachhaltiger Maßnahmen. Für den Zusammenhalt und unser aller selbst willen, denn ohne einen funktionierenden Binnenmarkt kann auch der wirtschaftlich stabilste europäische Staat bald einpacken.

Der Plan: Gemeinsam statt einsam


Auf diese Überzeugung gründet sich nun die überraschende deutsch-französische Initiative des europäischen Wiederaufbau-Fonds. Dabei sollen bis zum Jahr 2027 insgesamt 500 Milliarden Euro von der EU an den Finanzmärkten aufgenommen und zweckgebunden durch den mehrjährigen EU-Finanzrahmen zur Verfügung gestellt werden. Diese gemeinsam finanzierte europäische Anleihe soll vor allem denjenigen Regionen in Form von Zuschüssen zugutekommen, die unter der Krise am meisten zu leiden haben.
Vorgesehen ist eine Kompensierung der Schulden durch nationale Beiträge nach 2027 und über einen längeren Zeitraum hinweg. Mit den Worten von Tina Hassel [2]: „Zu Gunsten der besonders Betroffenen – aber zurückgezahlt von Allen, nach dem jeweils gültigen EU-Haushaltsschlüssel“. Das ist europäische Solidarität par excellence.

Die Herausforderung: alle 27 überzeugen

Der deutsch-französische Vorschlag an die Europäische Kommission muss selbstverständlich erst noch von dieser angenommen und dann durch alle 27 Mitgliedstaaten ratifiziert werden - eine besondere Herausforderung aufgrund erheblicher Meinungsverschiedenheiten, die wir aus früheren Diskussionen bereits kennen. Schon jetzt zeichnet sich deutlich ab, dass einige Staaten der Initiative in dieser Form nicht zustimmen werden, da sie eine Schuldenvergemeinschaftung grundsätzlich ablehnen. Konkret sind dies aktuell Österreich, Dänemark, Schweden und die Niederlande. Deutschland gehörte traditionsgemäß ebenfalls dieser Gruppe an, deren Überzeugung in einem grundlegenden Gegensatz zu der von Frankreich und anderen mehrheitlich südländischen Staaten vertretenen Ansicht steht. 2008 und 2011, als Griechenland kurz vor dem Abgrund stand, gab es starken Widerstand gegen Zuschüsse in das griechische „Fass ohne Boden“ Geld zu werfen und in Deutschland wurde gegen die als „Transferunion“ bezeichnete Europäische Union heftig protestiert. Die aktuelle deutsch-französische Übereinkunft erscheint vor diesem Hintergrund daher umso erstaunlicher und lässt vermuten, dass sich die deutsche Linie verändert hat, ja, regelrecht durchbrochen wurde. Ursula Weidenfeld weist in ihrer Kolumne „Der Bruch aller Tabus“[3] explizit auf den ungewöhnlichen Schritt der deutschen Bundeskanzlerin hin, der innerhalb der Bundesrepublik höchst kontrovers diskutiert wird. Das sei, so spekuliert sie, nur möglich gewesen, weil sich die Kanzlerin 2021 nicht noch einmal zur Wahl stellen wolle.

Es ist bemerkenswert, dass in dieser speziellen Ausnahmesituation die deutschen und französischen Vertreter der konkurrierenden Nord/Süd-Standpunkte aufeinander zugegangen sind und sich tatsächlich auf eine gemeinsame Initiative einigen konnten. Eine Vorgehensweise, die unmittelbar an frühere Krisensituationen und an die Rolle Deutschlands und Frankreichs erinnert. Die deutsch-französische Zusammenarbeit scheint nach langer Zeit wieder Fahrt aufgenommen zu haben.
Die Vorgeschichte: Merkel in den Fußstapfen ihrer Vorgänger

Soweit die aktuelle Analyse. Wer aber, ob Merkel oder Macron, eine Regierung führt, handelt nicht im luftleeren Raum und wirft immer auch einen Blick auf die Vorgeschichte seines Landes.

Womöglich nahm Angela Merkel sich in ihrer Entscheidung Gerhard Schröder zum Vorbild, der 2005 kurz vor Ende seiner Kanzlerschaft beschloss, die Agenda 2010 zu verkünden, in welcher einschneidende Kürzungen sozialer Vorteile, besonders in der Arbeitswelt, vorgesehen waren. Damit war er sicher, zwar seine linke Mehrheit zu verlieren, aber gleichzeitig der damals hinkenden deutschen Wirtschaft dringend benötigte Hilfe zu leisten. Daran erinnerte sich der Altkanzler in einem Interview mit dem französischen Magazin „Le Point“. [4] Merkels damals oppositionelle CDU unterstützte die Reform von Schröder 2005 mit ihren Stimmzetteln im Bundestag und profitierte noch im gleichen Jahr davon durch die Wahl ihrer Vorsitzenden zur Nachfolgerin Schröders.

Ob es von Schröder tatsächlich so geplant war, bleibt dahingestellt, denn er wäre bestimmt gerne Kanzler geblieben, wie man aus seinem Verhalten nach der 2005er Bundestagswahl vermuten kann. In diesem Interview mit der französischen Journalistin Pascale Hugues bedauerte er jedenfalls, dass der französische sozialistische Präsident François Hollande im Jahre 2017 anders verfahren war, als er selbst vor den Wahlen stand, die er, wie sich bereits abzeichnete, gegen Macron verlieren sollte. Angela Merkel könnte sich mit ihrer jüngsten Entscheidung aber wohl vor allem auch an Helmut Kohl orientiert haben , der 1992 auf dem Höhepunkt seines Ruhms, zwei Jahre nachdem er den Ostdeutschen die von ihnen ersehnte deutsche Mark geschenkt hatte, beschloss, diese in den Euro zu verwandeln, um damit die Einheit Europas zu festigen und unumstößlich zu machen. Die Kanzlerin ist sich der Tatsache bewusst, dass die deutsche Entscheidung zugunsten einer gemeinsamen europäischen Währung im Maastrichter Vertrag 1992 nicht ökonomischer, sondern politischer Natur war. Die deutsche Mark war damals das Emblem der Bundesrepublik. Sie aufzugeben hat Helmut Kohl mit Sicherheit geschadet und zu seiner Abwahl 1998 beigetragen. Aber drei Jahrzehnte später ist der Euro zum Sinnbild Europas geworden und kaum jemand stellt ihn in Frage. Auch nicht mehr Rechtsaussen.

Ebenso aus deutscher Sicht unökonomisch, aber politisch, war vor wenigen Tagen Merkels Schulterschluss mit ihrem Kollegen Macron, als beide beschlossen, den „chronisch verschuldeten“ Südstaaten Europas unter die Arme zu greifen. Die Corona-Krise macht so manches möglich, was sonst wohl undenkbar gewesen wäre. Merkels Aura ist im Moment sicher nicht so glänzend wie diejenige Kohls es zwei Jahre nach der deutschen Wiedervereinigung war, aber, angefangen mit ihrer Fernsehrede vom 18. März 2020, hat sie durch ihre Handhabung der Corona-Krise, wieder mächtig Punkte gesammelt So kann sie es sich leisten, in ihrem Land gegen den Strom zu schwimmen. Entgegen aller Unkenrufe hat sie sich also für ein geeintes Europa als Überlebensstrategie für Deutschland entschieden. Sie weiß wie damals Kohl, dass die Bundesrepublik Deutschland ohne eine insgesamt gesunde EU auf lange Sicht nicht stark bleiben kann.

Hilfeleistung für Macron: Sie haben sich „zusammengerauft“

Emmanuel Macron kann mit der deutsch-französischen Entscheidung von 2020 auch einen Erfolg für sich verbuchen. Dass Brüssel und die EZB einige Zeit gezögert hatten, sich für die Wirtschafts- und Finanzerholung der EU einzusetzen, war ihm im eigenen Land angelastet worden. Nun freuen sich die französischen Eliten unisono. In den soeben erwähnten Dernières Nouvelles d’Alsace schrieb der Franzose Coquis: „L’Allemagne a changé de camp“ (Deutschland hat das Lager gewechselt). Bis dahin hatte es, unterstrich er, zwei Lager gegeben, ein erstes „der Tugendhaften, Fleißigen, die im Schweiße ihres Angesichts sparen, und ein anderes, die Vergeuder, die Faulenzer, die Betrüger“, die Geld auf Kosten anderer ausgeben.

Für Coquis war es wohl wichtig, dass Berlin als Garant dieses Fonds auftritt. Es mache nämlich einen großen Unterschied, seitdem „das Schwergewicht“ Deutschland nicht mehr zu dem Lager der bedingungslosen Sparpolitik gehöre, so der französische Leitartikler. Noch plakativer jubilierte die französische Zeitung Aujourd’hui en France. [5] Sie freute sich in ihrer Ausgabe vom 21. Mai 2020, dass die Bundesrepublik Deutschland „das Lager der Geizhälse“ verlassen habe. Die Franzosen scheinen sich sicher zu sein, dass die anderen Staaten im Norden, plus Österreich, bei der Unterstützung der „lahmen Enten“ Europas mitmachen werden. Das kann man nur hoffen.

Fakt ist, dass Deutschland und Frankreich in dieser besonderen Situation einen außerordentlich mutigen und notwendigen Schritt nach vorn gemacht und sich entgegen ihrer traditionellen Grundüberzeugungen wieder einmal zu einem Kompromiss „zusammengerauft“ haben. Denn es ist und bleibt ein Kompromiss, der auf Zugeständnissen beider Seiten beruht: eine mögliche Schuldenvergemeinschaftung ohne Corona-/Eurobonds.

Ob allerdings der in den vergangenen Jahrzehnten zu Krisenzeiten immer wieder bewährte Motor auch diesmal stark genug ist, hängt nun in ganz entscheidendem Maße von der Bereitschaft der verbleibenden 25 Mitgliedstaaten ab, sich dem Vorschlag anzuschließen und die so oft deklarierte europäische Solidarität Wirklichkeit werden zu lassen. Denn außergewöhnliche Situationen erfordern nun einmal außergewöhnliche Maßnahmen. (Sophie von Stralendorff - 21.Mai 2020)

[1]Pascal Coquis (20.05.2020) : "Tentative d’échappée en solidaire“, Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), „L’EDITORIAL“ S. 3.
[2]Tina Hassel (18.05.2020): „Mutig am Abgrund“, verfügbar unter: https://www.tagesschau.de/ausland/corona-deutschland-frankreich-eu-103.html
[3]Ursula Weidenfeld (20.05.2020): „Der Bruch aller Tabus“, verfügbar unter: https://www.t-online.de/finanzen/id_87906590/nur-angela-merkel-kann-fuer-neue-staatsschulden-zugunsten-anderer-laender-werben.html
[4] Pascale Hugues (4.03.2020). Interview: « Gerhard Schröder juge Emmanuel Macron ». « Le Point ».
[5] Henri Vernet und Charles de Saint Sauveur (21.05.2020). « Macron et Merkel feront-ils plier le « club des radins » ?. « Aujourd’hui en France ». S. 5. 



Sécurité


1.Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?
2.Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire ? 
3. Gérald Darmanin : Nous devons cesser d'être naïfs
4 Le maire de Nice a réclamé des lois d’exception

Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?

Pourquoi les Suisses ont finalement (en attenant la votation…) été contraint de sélectionner le F35 américain qui est un véritable fiasco (aux dires des militaires américains eux-mêmes) de préférence au Rafale français ? Cela ne peut avoir été le choix de l’armée de l’air suisse.
Le F-35 de Lockheed Martin est probablement l'échec le plus cher de l'histoire de l'aéronautique américaine. Toujours en phase de test plus de 25 ans après son premier vol, il n'atteindra jamais son cahier des charges alors que son coût explose et que sa disponibilité reste médiocre. Incapable d'assumer ses missions, il est aujourd'hui vulnérable aux cyber attaques ..
Contre toute attente, la Suisse vient pourtant de faire un choix en faveur du F35 dans le cadre de son plan Air2030, un choix reposant sur des arguments auxquels personne ne croit : l'avion serait moins cher et plus performant que ses concurrents ! Vous pouvez visionner une vidéo qui reprend de très nombreuses sources et rapports, dont ceux du Senat et de la cour des comptes US, des articles de Defense News ou de la presse générale, des blogs comme celui-ci qui décrypte parfaitement la manipulation : https://www.portail-aviation.com/blog...
Dans sa vidéo, Xavier Tytelman explique que les défauts du F35, ce sont les Américains eux-mêmes qui en parlent le mieux : F-35 : L’ÉCHEC ULTIME QUI ARRIVE A S'EXPORTER - ne vous faites pas arnaquer !
Et Xavier Tytelman de préciser : « je suis très certainement partisan du Rafale (qui reste le meilleur avion de la galaxie), mais les éléments que j'évoque sur le F35 ne sont pas mon avis personnel, ce sont des faits, des données américaines présentées très officiellement dans des rapports :
ü cour des comptes américaine : https://www.gao.gov/assets/gao-21-226.pdf
ü USAF et forces armées : (les 871 défauts sont évoqués ici : https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj37dukxMTxAhXOyYUKHZ7MDl8QFjAAegQIDRAD&url=https%3A%2F%2Fwww.dote.osd.mil%2FPortals%2F97%2Fpub%2Freports%2FFY2020%2Fdod%2F2020f35jsf.pdf%3Fver%3DC5dAWLFs4_N3ZLrP-qB0QQ%253D%253D&usg=AOvVaw0u-GfecwPM8rS1FH51Ajvr)
ü commissions de défense des différentes chambres : ici le rapport du congrès de mai 2020 : https://news.usni.org/2020/05/14/report-to-congress-on-the-f-35-joint-strike-fighter-program
ü responsables américains... (Note de Bertrand Plas.10/07/20211)

Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire ? 
Il n'y a plus de grande guerre, plus de Guerre mondiale comme on les appelait. Il n'y a plus que des guerres partielles, locales, hybrides, asymétriques affublées de noms divers. Cela ne date pas d'hier, mais de la Guerre froide quand l'équilibre de la Terreur nucléaire excluait un affrontement planétaire qui aurait anéanti les principaux belligérants et décimé l'humanité. Il n'en va pas autrement aujourd'hui. Seules, des puissances dominantes cherchent à accaparer le fruit de guerres régionales. Et voilà qu'avec la pandémie un autre obstacle à la guerre totale est apparu : des armées en campagne pourraient être décimées par le virus du covid comme d'autres armées le furent au Moyen-Âge par la peste. N'a-t-on pas vu deux gros porte-avions, le "Charles de Gaulle" français et l'américain "Theodore Roosevelt" pratiquement paralysés, leur équipage étant terrassé par le virus ?

Cette absence de grande guerre peut avoir pour effet la multiplication des conflits locaux ou régionaux et la prolifération des émeutes et violences intestines dans les Etats sans que celle-ci aboutissent nécessairement à des guerres civiles. A coup sûr, au lieu de s'affronter armée contre armée, les puissances chercheront à se déstabiliser réciproquement en fomentant des désordres et des troubles économiques et sociaux susceptibles de déstabiliser leur concurrents. Mais un autre phénomène a surgi durant la pandémie : on a pris conscience des dépendances qui affaiblissent l'autodétermination et l'indépendance des Etats et groupes d'Etats. De sorte que la parcellisation du globe qui avait déjà remplacé la dichotomie de la guerre froide va certainement s'accentuer. La mondialisation l'avait atténuée , mais on s'aperçoit que cette mondialisation favorise certaines puissances, en tout premier lieu la Chine.

La pandémie nous a fait prendre conscience brutalement que nous manquons de tout : de masques pour stopper la diffusion du virus, de gants, de blouses pour le personnel hospitalier, et surtout que des médicaments basiques ou sophistiqués anticancéreux, antibiotiques, anti-inflammatoires, anesthésiants étaient presque en situation de rupture. Ainsi plus personne ne parle du vaccin anti-grippal en quasi carence totale. L'Europe n 'avait pas prévu tout cela, la Chine avait tout prévu ou à peu près . Elle nous tenait pratiquement à la gorge. Il est certain qu'il va falloir reconstituer des filières de production en Europe et diversifier les sources d'approvisionnement en éléments indispensables qu'on ne trouve pas sur notre continent. En pharmacie et en chimie mais aussi en électronique et en agriculture, nous devons fabriquer des intrants incontournables dont le manque est intolérable. Nous devons établir des listes de produits vitaux dans les secteurs de la communication par fibre optique, en agriculture et en pharmacie.

Ce n'est pas moins important que de fabriquer un avion de combat européen si nous voulons assurer la survie de notre population car cette pandémie a fait apparaître qu'une guerre bactériologique ou plutôt virale était possible. Des Etats qui ont des populations dépassant le milliard d'individus peuvent lui survivre tandis que des États et groupes d'Etats de quelques dizaines ou d'une ou deux centaines de millions d'habitants n'y survivent pas. Et dans cette perspective nous devons revisiter notre pensée stratégique, à savoir la protection et l'entretien des réserves d'eau, la cybersécurité des entreprises, l'énergie clé de l'approvisionnement en électricité , les télécommunications, à l'agroalimentaire, aux fournitures médicales et pharmaceutiques.
Nous sommes vraiment entrés dans des temps nouveaux et dangereux. L'ère du risque total a commencé. (Cyprien Cazamayou. 22/12/2020)

Nous devons cesser d'être naïfs

En février 2021, le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin (membre du parti LAREM de Macron), s'est permis de critiquer la maire verte de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), pour avoir subventionné à hauteur de 2,5 millions d'euros la construction de la mosquée turque Eyyub Sultan, qui doit être la "plus grande mosquée turque d'Europe", plus grande encore que la Grande Mosquée de Cologne. Elle sera le pendant religieux de la "plus grande ambassade turque d'Europe occidentale" récemment construite Strasbourg dans le Quartier européen avec le soutien de l'ancienne majorité socialiste au conseil municipal de la ville.
Le maire de Strasbourg a rétorqué que sa cité n'est pas soumise à la laïcité en vigueur en France, mais à l'ancien régime concordataire issu de la loi de 1908 en Alsace-Moselle, qui permet le financement public des associations religieuses. Évidemment, le gouvernement français ne va pas lâcher prise et sa représentante officielle dans la région Grand Est, la préfète Josiane Chevalier, veut faire interdire la construction de cette mosquée par les tribunaux.
Justement, la Turquie a découvert à Strasbourg la porte juridique entrouverte pour prendre pied sur le continent européen et établir sa capitale annexe d'Europe occidentale. Construite en 2017 à côté du Conseil de l'Europe, l'ambassade de Turquie est gigantesque et a tout l'air d'un siège de gouvernement.
Il est clair que la mosquée Eyyub Sultan est destinée à être non seulement une maison de prière mais aussi un centre religieux missionnaire pour l'Islam dans une ville qui regorge d'associations islamiques et islamistes homologuées conformément à la loi en vigueur qui date de l'empire allemand.
Lorsque Erdogan a remporté la dernière élection présidentielle, les Turcs de Strasbourg ont organisé une véritable fête de rue avec un cortège de voitures actionnant leurs klaxons. En termes de pourcentage, le parti islamiste AKP d'Erdogan obtient beaucoup plus de voix parmi les Turcs français et les Allemands qu'en Turquie même. Le rêve ici est de faire élire un maire turc de Strasbourg.
On ne peut l'exclure. Londres n'a-t-elle pas un maire musulman d'origine pakistanaise ? L'islamo-gauche en France fait campagne depuis des années pour donner aux musulmans non seulement naturalisés mais aussi nouvellement arrivés le droit de vote aux élections locales.
La Turquie - alors encore démocratique et neutre - est depuis 1949 un membre fondateur du Conseil de l'Europe, dont le siège est à Strasbourg. Si le Parlement européen (le Parlement de l'Union européenne) se retirait de Strasbourg pour se réunir uniquement à Bruxelles, la Turquie d'Erdogan et la Russie de Poutine (également membre du Conseil de l'Europe) donneraient le ton à Strasbourg.
Le Kremlin fait de la propagande par ses relais français contre la présence de l'UE à Strasbourg.
Implantée sur la frontière avec l'Allemagne, dans le riche sillon rhénan, l'Eurométropole de Strasbourg occupe une position stratégique en Europe.
Sans remonter au déluge, il semble que ce que la Turquie n'a pas réussi à obtenir à Vienne aux XVIe et XVIIe siècles par la force des armes, elle cherche à l'obtenir à Strasbourg par la religion et la diplomatie. Strasbourg a manifestement été choisie pour devenir la métropole occidentale de la Turquie en Europe. (1 aavril 2021, "C l'Europe.eu")


Nous reproduisons ci-après les réponses qu’a données le ministre aux questions de l’hebdomadaire « Le Point » sur ce sujet qui fait polémique. A une question sur son intervention contre l'aide fournie cette construction

G. D. Je n’ai évidemment aucun problème sur le fait que les musulmans puissent prier à Strasbourg comme ailleurs. Mais ce qui se passe dans cette ville n’a rien à voir avec cette pure question de liberté de culte. Ce qui se passe est très grave. Nous avons une association relieuse d’inspiration turque qui bâtit un véritable ensemble immobilier à 200 mètres de l’antenne française du Saadet, le Parti de la félicité, un parti politique islamiste turc… Je constate aussi que cet édifice – qui entend devenir la grande mosquée d’Europe – représente tout de même  6 900 mètres carrés de surface au sol avec une salle de culte, ce qui est bien normal, mais aussi 27 coupoles , deux minarets de 36 mètres de haut, un centre socioculturel, un centre éducatif, un restaurant communautaire et 600 places de parking… Bref, c’est en réalité un quartier tout entier  qui est « communautarisé ». J’ai eu l’occasion de le dire personnellement à la maire de Strasbourg, et la préfète l’a alertée. Nous savons que les autorités turques suivent de très près le dossier de construction, et que d’autres États pourraient aussi financer…
Le Point. Des responsables politiques écologistes vous répondent que si cette association est dangereuse, vous n’avez qu’à la dissoudre…
G. D. S’il y a des partis politiques qui ont manifestement envie de faire du communautarisme, le les laisse à leurs responsabilités. Moi, je ne pense pas politique politicienne quand il s’agit de l’intérêt national. Ce n’est pas parce que le droit local autorise les collectivités à financer les cultes que des élus doivent se sentir obligées de financer des associations proches du régime turc, qui refusent de partager nos valeurs sur lesquelles l’État se pose beaucoup de questions . Par ailleurs, je m’étonne que les dirigeants d’Europe Écologie Les Verts se disent engagés en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes tout en donnant des gages à des associations pilotées par un pays qui n’hésitent  pas à revenir sur ses engagements en matière de lutte  contre la violence à l’égard des femmes. On m’attaque en diffamation pour avoir dit la vérité, à croire que, comme le chantait Guy Béart, « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Le Point. Vous avez demandé à la Commission Européenne de renoncer à subventionner l’association Alliance citoyenne qui s’est fait connaitre en organisant des « opération burkini » à Grenoble. Est-ce à dire que vous considérez que l’Europe joue un rôle dans la diffusion des discours antirépublicains ?
G. D.  Je considère que tous ceux qui financent des associations prônant des valeurs contraires aux nôtres doivent arrêter leurs subventions.  La liberté, la fraternité ou l'égalité entre les femmes et les hommes ne se négocient pas. Sur ce point, les collectivités locales, l’Europe ou même l’État doivent redoubler de vigilance. J’ai vu l’État financer, sans le savoir, des associations aux discours bien peu conformes à l’idéal républicain, à travers la CPAM ou la CAF… Certaines associations ont pour métier de discréditer la France, il me semble normal d’interpeller les collectivités qui les aident, en attendant que, demain, la loi confortant le respect des principes de la République les oblige à le faire.
Le Point. Sur les six derniers mois, vous avez annoncé la dissolution du CCIF, de BarrakaCity, des Loups gris, de Génération identitaire… N’auriez-vous pas la gâchette un peu facile ?
G. D. Non ! Les Français demandent de protéger la République et nous devons arrêter avec la naïveté. BarrakaCity, le CCIF étaient des associations islamistes qui promouvaient ouvertement un discours de détestation de la République. Moi, je suis très fier que le président de la République ait eu le courage de saisir les armes du droit. Je connais la richesse de la vie associative, qui irrigue aussi la vie confessionnelle et caritative, mais la limite c’est que la République ne finance pas  et ‘n’accepte pas sur son sol distillent un discours de haine contre la France et qui ton la matrice du séparatisme et de la haine.
Le Point. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, la machine à polémiques s’est un peu emballée…Il  suffit de voir la virulence des conflits autour de l’affaire d Trappes, de l’"islamo-gauchisme"à l’université, des profs mis au pilori à Grenoble, des histoires de l’UNEF… Traversons-nous un moment identitaire ?
G. D. Non, je ne crois pas, simplement, les Français prennent le taureau par les cornes et veulent en finir avec la naïveté. Les Français sont un peuple extrêmement ouvert qui a construit avec la laïcité un équilibre qui permet par exemple aux musulmans de disposer de plus de 2 000 lieux de culte sur le territoire national. C’est une très bonne chose. Nous avons aussi une volonté très forte de ne pas confondre religion et politique. Nous sommes dans un moment de l’histoire de France où notre pays doit réaffirmer qu’il faut tout donner aux religions quand elles se placent dans l’ordre de la spiritualité, mais ne rien leur céder quand elles veulent faire prévaloir une action politique  sur les lois de la République. C’est ce que nous faisons. (Le Point, 1er avril 2021, p. 41-42)

Sicherheit


1. Auf dem Wege zum Krieg ohne Krieg ? Was gibt es denn Schlimmeres als Krieg ?
2. Frankreich: Gérald Darmanin: Wir müssen mit der Naivität aufhören
3. Frankreich: Der Bürgermeister von Nizza fordert indirekt Notstandsgesetze

Auf dem Wege zum Krieg ohne Krieg ? Was gibt es denn Schlimmeres als Krieg ?

Es gibt keinen großen Krieg mehr, keinen Weltkrieg, wie man ihn früher nannte. Es gibt nur noch partielle, lokale, hybride, asymmetrische Kriege mit verschiedenen Namen. Das ist nicht neu, sondern es stammt aus der Zeit des Kalten Krieges, als das Gleichgewicht des Atomterrors eine planetarische Konfrontation ausschloss, die die Hauptkriegsparteien ausgelöscht und die Menschheit dezimiert hätte. Das ist heute nicht anders. Dominante Mächte versuchen zwar, die Früchte regionaler Kriege zu monopolisieren. Aber jetzt, mit der Pandemie, ist ein weiteres Hindernis für den totalen Krieg aufgetaucht: Armeen im Feld könnten durch ein Virus dezimiert werden, wie andere Armeen im Mittelalter durch die Pest dezimiert wurden. Wurden nicht zwei große Flugzeugträger, die französische "Charles de Gaulle" und die amerikanische "Theodore Roosevelt" praktisch gelähmt waren, weil ihre Besatzungen von dem Covid-Virus befallen waren?

Das Ausbleiben eines großen Krieges kann dazu führen, dass sich lokale oder regionale Konflikte vervielfachen und sich Unruhen und interne Gewalt in Staaten ausbreiten, ohne dass dies zwangsläufig zu Bürgerkriegen führt. Anstatt sich gegenseitig mit Waffen zu bekämpfen, werden die Grossmächte zweifelsohne versuchen, sich gegenseitig zu destabilisieren, indem sie wirtschaftliche und soziale Unruhen schüren, die ihre Konkurrenten destabilisieren könnten. Aber noch ein anderes Phänomen ist während der Pandemie aufgetreten: Das Bewusstsein für die Abhängigkeiten, die die Selbstbestimmung von Staaten und Staatengruppen schwächen, ist gewachsen. Infolgedessen wird die Fragmentierung des Globus, die bereits die Dichotomie des Kalten Krieges ersetzt hatte, zwangsläufig zunehmen. Die Globalisierung hatte sie abgeschwächt, aber wir können sehen, dass die Globalisierung bestimmte Mächte begünstigt hat, allen voran China. Das werden die Staaten in Zukunft vermeiden wollen.

Die Pandemie hat uns plötzlich bewusst gemacht, dass uns alles fehlt: Masken, um die Ausbreitung des Virus zu stoppen, Handschuhe und Kittel für das Krankenhauspersonal und vor allem, dass grundlegende oder hochentwickelte Krebsmedikamente, Antibiotika, Entzündungshemmer und Narkosemittel fast nicht mehr vorhanden waren. So spricht niemand mehr über den Grippeimpfstoff, der fast völlig veschwunden ist. Europa hatte das alles nicht vorausgesehen, China hatte alles oder fast alles vorausgesehen. Die kommunistische Partei Chinas hat uns praktisch an der Kehle gepackt. Es ist sicher, dass wir die Produktionsketten in Europa neu aufbauen und die Bezugsquellen für wesentliche Elemente, die wir auf unserem Kontinent nicht finden können, diversifizieren müssen. In der Pharmazie und Chemie, aber auch in der Elektronik und in der Landwirtschaft müssen wir wesentliche nKomponenten herstellen, deren Verknappung untragbar ist. Wir müssen Listen mit lebenswichtigen Produkten aus den Bereichen Glasfaserkommunikation, Landwirtschaft und Pharmazie erstellen.

Das ist nicht weniger wichtig als die Herstellung eines europäischen Kampfflugzeugs, wenn wir das Überleben unserer Bevölkerung sichern wollen, denn diese Pandemie hat gezeigt, dass eine bakteriologische, oder besser gesagt virale, Kriegsführung möglich ist. Staaten mit einer Bevölkerung von mehr als einer Milliarde Menschen können ihn überleben, während Staaten und Gruppen von Staaten mit einer Bevölkerung von ein paar Millionen oder ein oder zwei hundert Millionen ihn nicht überleben. Und in dieser Vorauschau müssen wir unser strategisches Denken überdenken, nämlich auch den Schutz und die Aufrechterhaltung der Wasserversorgung, die Cybersicherheit für Unternehmen, die Schlüsselenergie für die Stromversorgung, die Telekommunikation, die Lebensmittelverarbeitung, die medizinische und pharmazeutische Versorgung.

Wir sind wirklich in neue und gefährliche Zeiten eingetreten. Die Ära des totalen Risikos hat begonnen. Und die nukleare Proliferation ist immer noch da. (Cyprien Cazamayou. 22/12/2020)


Wir müssen mit der Naivität aufhören


Im Februar 2021 erlaubte sich der französische Innenminister Gérald Darmanin (Mitglied der Macron-Partei LAREM), die grüne Straßburger Bürgermeisterin Jeanne Barseghian (EELV) dafür zu kritisieren, dass sie den Bau der türkischen Eyyub-Sultan-Moschee, der "größten türkischen Moschee Europas", noch größer als die Großmoschee von Köln, werden soll, mit 2,5 Millionen Euro bezuschusst hat. Sie wird das religiöse Gegenstück zur "größten türkischen Botschaft in Westeuropa" sein, die kürzlich in Straßburg im Europaviertel mit Unterstützung der früheren sozialistischen Mehrheit im Straßburger Stadtrat gebaut wurde.
Die Bürgermeisterin von Straßburg entgegnete, dass ihre Stadt nicht der in Frankreich geltenden weltlichen LaIzität unterliegt, sondern dem alten Konkordats-Regime aus dem Gesetz von 1908 im Elsass-Mosel, das die Finanzierung religiöser Vereine durch die öffentliche Hand erlaubt. Offensichtlich will die französische Regierung nicht loslassen und Ihre Vertreterin in der Region Ostfrankreich, die Präfektin Josiane Chevalier, will den Bau dieser Moschee gerichtlich verbieten lassen.
Es ist klar, dass die Eyyub-Sultan-Moschee nicht nur ein Gebetshaus sondern auch ein religiöses Missionszentrum für den Islam in einer Stadt sein soll, wo es aufgrund des dort geltenden Rechts an islamischen und islamistischen eingetragenen Vereinen wimmelt.
Die Türkei hat in Straßburg die rechtlich offene Tür entdeckt, um auf dem Europäischen Kontinent Fuss zu fassen und ihre Nebenhauptstadt in Westeuropa einzurichten. Die 2017 in unmittelbarer Nähe des Europarates erbaute türkische Botschaft ist gigantisch und hat die Allüren eines Regierungssitzes.
Als Erdogan die letzte Präsidentenwahl gewann, haben die Straßburger Türken eine wahre Straßenfeier mit Autokorso veranstaltet. Die islamistische Partei AKP Erdogans bekommt ja prozentual deutlich mehr Stimmen bei den Französischtürken und den Deutschtûrken als in der Türkei selbst. Der Traum ist hier, einen Türkischen Bürgermeister von Straßburg wählen zu lassen.
Das kann man nicht ausschließen. Hat denn London nicht einen moslemischen Bürgermeister pakistanischer Abstammung? Die Islamo-Linke in Frankreich setzt sich seit Jahren dafür ein, dass nicht nur eingebürgerte sondern auch neuanssässige Moslems das kommunale Wahlrecht bekommen.
Die Türkei - damals noch demokratisch und neutral - ist seit 1949 Gründungsmitglied des Europarates mit Sitz in Straßburg. Sollte sich das Europäische Parlament (das Parlament der Europäischen Union) Straßburg zurückziehen und nur noch in Brüssel tagen, da wären die Türkei von Erdogan und das Russland von Putin (auch Mitglied des Europarates) inStraßburg tonangebend. 

Der Kreml agitiert unentwegt gegen die Präsenz der EU in Straßburg.
Direkt an der Grenze zu Deutschland in der reichen Rhein-Furche ist die Eurometropole Straßburg  eine strategische Position in Europa. Was im 16. und 17. Jahrhundert der Türkei in Wien mit Waffengewalt nicht gelungen ist, soll in Straßburg  mit Religion und Diplomatie gelingen. Straßburg ist offensichtlich auserkoren worden, zur Westmetropole der Türkei in Europa zu werden. 


Im Folgenden geben wir die Antworten des französischen Ministers Gérald Darmanin auf die Fragen der Wochenzeitschrift "Le Point" zu diesem kontroversen Thema wieder:


G. D. Ich habe natürlich kein Problem damit, dass Muslime in Straßburg wie anderswo beten können. Aber was in dieser Stadt geschieht, hat nichts mit dieser reinen Frage der Religionsfreiheit zu tun. Was hier geschieht, ist sehr ernst. Wir haben einen türkisch inspirierten Verein, der 200 Meter von der französischen Niederlassung der Saadet, der Glückspartei, einer türkisch-islamistischen politischen Partei, entfernt einen Immobilienkomplex baut... Ich stelle auch fest, dass dieses Gebäude - das die große Moschee Europas werden soll - eine Fläche von 6.900 Quadratmetern mit einem Gottesdienstsaal hat, was ganz normal ist, sondern auch 27 Kuppeln, zwei 36 Meter hohe Minarette, ein soziokulturelles Zentrum, ein Bildungszentrum, ein Gemeinschaftsrestaurant und 600 Parkplätze... Kurz gesagt, es ist eigentlich ein ganzes Viertel, das "vergemeinschaftet" wurde. Ich hatte die Gelegenheit, es dem Bürgermeister von Straßburg persönlich zu sagen, und der Präfekt hat sie alarmiert. Wir wissen, dass die türkischen Behörden die Bauakte sehr genau verfolgen und dass auch andere Staaten die Finanzierung.

Le Point. Irgendein Ökopolitiker antwortet Ihnen, dass man diesen Verband nur auflösen muss, wenn er gefährlich ist...
G. D.
Wenn es politische Parteien gibt, die offensichtlich pro-islamistisch sein wollen, überlasse ich sie ihrer Verantwortung. Ich denke nicht an die Parteipolitik, wenn es um das nationale Interesse geht. Nicht weil das Kommunalrecht den Gemeinden erlaubt, religiöse Bekenntnisse zu finanzieren, sollten sich die gewählten Volksvertreter verpflichtet fühlen, dem türkischen Regime nahestehende Vereine zu finanzieren, die sich weigern, unsere Werte zu teilen, Vereine, über die der Staat viele Fragen hat. Darüber hinaus bin ich überrascht, dass die Verantwortlichen der Grünenpartei  Europe Écologie Les Verts behaupten, sich für die Gleichstellung von Frauen und Männern einzusetzen, während sie gleichzeitig Zusagen an Verbände geben, die von einem Land geführt werden, das nicht zögert, seine Zusagen zur Bekämpfung von Gewalt gegen Frauen zu brechen. Ich werde wegen Verleumdung verklagt, weil ich die Wahrheit gesagt habe, als ob, wie der Sänger Guy Béart sang, "die erste Person, die die Wahrheit sagt, hingerichtet werden sollte".

Le Point. Sie haben die Europäische Kommission aufgefordert, auf die Subventionierung des Vereins Alliance citoyenne zu verzichten, der durch die Organisation der "Operation Burkini" in Grenoble bekannt geworden ist. Bedeutet das, dass Sie der Meinung sind, dass Europa eine Rolle bei der Verbreitung antirepublikanischer Diskurse spielt?
G. D
. Ich bin der Meinung, dass alle, die Vereine finanzieren, die Werte vertreten, die den unseren widersprechen, ihre Subventionen einstellen sollten. Freiheit, Brüderlichkeit und Gleichheit zwischen Männern und Frauen sind nicht verhandelbar. In diesem Punkt müssen die lokalen Behörden, Europa und sogar der Staat wachsamer sein. Ich habe gesehen, wie der Staat, ohne es zu wissen, über die CPAM oder die CAF Vereine finanziert hat, deren Reden nicht dem demokratischen Ideal entsprechen... Einige Vereine haben die Aufgabe, Frankreich zu diskreditieren, und es scheint mir normal, die lokalen Behörden, die ihnen helfen, in Frage zu stellen, während ich darauf warte, dass das morgige Gesetz, das die Einhaltung der Prinzipien der Republik stärkt, sie dazu verpflichtet, dies zu tun.

Le Point. In den letzten sechs Monaten haben Sie die Auflösung der islamischen Verbände CCIF, BarrakaCity, der Grauen Wölfe, und der rechtsextremen Génération identitaire angekündigt... Sind Sie nicht ein bisschen schießwütig?
G. D.
Nein. Das französische Volk verlangt von uns, dass wir die Republik schützen, und wir müssen aufhören, naiv zu sein. BarrakaCity und die CCIF waren islamistische Vereinigungen, die offen einen Diskurs der Verabscheuung der Republik propagierten. Ich bin sehr stolz, dass der Präsident der Republik den Mut hatte, das Gesetz anzuwenden. Ich kenne den Reichtum des assoziativen Lebens, das auch konfessionelles und karitatives Tun bewässert, aber die Grenze ist, dass die Republik nicht finanzieren und nicht akzeptieren darf, dass auf ihrem Boden ein Diskurs des Hasses gegen Frankreich destilliert  wrd, der die Matrix des Separatismus und Hasses ist

Le Point. Seit der Ermordung von Samuel Paty (ein Lehrer,  der2020 Ziel islamischer Propaganda gewesen ist und von einem tschetschenischen Islamisten ermodert wurde, weil in seinem Unterrricht eine Karikatur von Mohammed gezeigt hatte, die am 7. Januar 2015 Anlass für die Ermordung des Redaktion der satirischen Zeitung"Charlie Hebdo"  gewesen war. Red.) läuft die Polemikmaschinerie auf Hochtouren... Man muss sich nur dieirulenz der Konflikte um die Trappes-Affäre, den "Islamo-Linksfaschismus" an der Universität, die in Grenoble  als islamfeindlich an den Pranger  gestellten Lehrer, den Streit um die Studentengewerkchaft UNEF ansehen... Erleben wir einen Moment der Identität?
G. D.
Nein, das glaube ich nicht, nur dass die Franzosen den Stier bei den Hörnern packen und die Naivität abschaffen wollen. Die Franzosen sind ein extrem offenes Volk, das ein Gleichgewicht mit dem Laizismus geschaffen hat, das es beispielsweise Muslimen erlaubt, mehr als 2.000 Gebetsstätten auf dem Staatsgebiet zu haben. Dies ist eine sehr gute Sache. Wir haben auch einen sehr starken Wunsch, Religion und Politik nicht zu verwechseln. Wir befinden uns in einem Moment in der Geschichte Frankreichs, in dem unser Land bekräftigen muss, dass wir den Religionen alles geben müssen, wenn sie spirituell sind, aber ihnen nicht nachgeben dürfen, wenn sie politisches Handeln über die Gesetze der Republik stellen wollen. Das ist, was wir tun. (Le Point, 1. April 2021, S. 41-42)

Frankreich: Der Bürgermeister von Nizza hat Notsandsgesetze gefordert

Christian Estrosi, heißt er. Er gehört der mutigen Rechten und ist Bürgermeister von Nizza, der schönen Touristenstadt an der Riviera (340 000 Einwohner, fast eine Million mit der Umgebung). Nach dem grausamen Massaker vom 29. Oktober 2020 in der Notre-Dame-Basilika seiner Stadt wagte er es, den Feind bei seinem Namen zu nennen: "Islamofaschismus". Er folgte dem Beispiel von Präsident Macron, der gerade dem Islamismus den Kampf angesagt hatte, und dem von Innenminister Gérard Darmanin, der es gewagt hatte, die "Verwilderung" von Stadtvierteln anzuprangern und das 2003 gegründete „Kollektiv gegen die Islamophobie“ (ADDH-CCIF)zu kritisieren.

Nebenbei bemerkt: Der Begrif „Islamophobie“, mit anderen Worten „Feindseligkeit gegen den Islam“, wurde im Iran des finsteren und grausamen Ayatollah Khomeiny 1989 geprägt, um jede Kritik am Islam abzuwehren, eigentlich als Blasphemie anzuprangern. Die Machthaber in Teheran sind die Erben und Verwalter dieser Ideologie. Dieser Ausdruck ist natürlich „pauschalisierend“, wie die Propagandaexperten sagen, das heißt, man nimmt einen Teil für das ganze, „pars pro toto“, und zwar, wer die islamistischen Terroristen verurteilt, verurteilt alle Moslems und muss infolgedessen als Volksfeind, als Gotteslästerer, usw. bestraft werden.

Gewiss, nach der ERklärung von Estrosi griffen die Verkäufer von Beruhigungspillen und Erweichungscreme schnell ein, um den Franzosen zu sagen, dass der Islam das nicht sei, dass er nur Liebe und Erbarmen sei. Und vor allem "kein Amalgam“, keine Verwechslung der Terroristen mit den guten Moslems, meinten sie. Aber Estrosi hatte die Wahrheit gesprochen.

Islamismus und Faschismus  

Als erstes sind Faschismus und Islamismus jedenfalls zutiefst miteinander verwandt. Er suchte nicht nach der Ausrede vor der Erklärung, wie es fast alle tun. Kein Wunder, dass dieser Bürgermeisteraus dem Süden nicht im Ruch der Heiligkeit unter seinen Freunden der neogaullistische Partei „Les Républicains“ (LR) steht. Zumal er dem Staatspräsidenten Emmanuel Macron ein Kooperationsabkommen vorgeschlagen hat und damit seinen Genossen, die sich bereits im präsidialen Elysee-Palast sehen, den Boden unter den Füßen weggezogen.

Es lohnt sich, einen Blick auf seine Gemeindepolitik zu werfen. Nach dem Anschlag vom Rammbock-LKW auf der Promenade des Anglais in Nizza am 14. Juli 2016, bei dem 86 Menschen (und der Terrorist), darunter viele Kinder, von einem Tunesier von 31 Jahren getötet und 158 andere verletzt wurden, hatte Estrosi Alarmanlagen in seinen Straßen aufgestellt und seine Stadtpolizei bewaffnet. Das verhinderte am 29. Oktober weitere Opfer, da der junge Allah-Fanatiker aus Tunesien, 21 Jahre alt, kurz davor mit einer Gruppe von Flüchtlingen über das Mittelmeer in einem Boot zugewandert, ein ganzes Sortiment von Messern in seiner Tasche trug und bei drei Opfern nicht geblieben wäre.

Zweien von ihnen , einer älteren Frau, die in diese Kirche zum Beten gekommen war, und dem Küster, einem Familienvater, schnitt er die Kehle durch, und eine dritte junge Frau verletzte er so schwer, dass sie kurz danach in einem benachbarten Lokal starb. Sie hatte flüchten können und starb mit den Worten „Sagt meinen Kindern, dass ich sie liebe“. Der Mann hatte sie alle enthaupten wollen. Vielleicht fehlte ihm die Zeit dafür, vielleicht ist es ihm gelungen. Tunesische Zeitungen haben dann den schwer, aber nicht lebensgefährlich verletzten Atentäter auf seiner Bahre gezeigt und in Deutschland hat „Bild“ dieses Foto übernommen.

Nach einer kurzen Pressekonferenz, auf der er die ihm zur Verfügung stehenden Fakten mitteilte, wollte der Bürgermeister von Nizza am Tag der Tragödie eine starke und kompromisslose Botschaft an die Politik und an seine Wähler senden, indem er Notstandsgesetze forderte.

"Es ist an der Zeit, dass Frankreich sich von den Gesetzen des Friedens befreit, um den Islamo-Faschismus auf unserem Territorium endgültig zu vernichten", verkündete er und kündigte an, die Gotteshäuser in Nizza unter Überwachung und Schutz zu stellen. Und zum Ärger seiner Parteigenossen, dankte er "dem Präsidenten der Republik, der mich angerufen hat und der auf dem Weg zu uns ist".

Dann machte er an Ort und Stelle eine Anspielung auf den Tod durch Enthauptung des Lehrers Samuel Paty, der am 16. Oktober davor am Ausgang seines Gymnasiums in der Stadt Conflans-Sainte-Honorine von einem junge Islamisten von 18 Jahren – aus Tschetschenien – enthauptet worden war. Samuel Paty bekam ein Staatsbegräbnis. Ein regelrechte Hetzjagdauf ihn war im Internet von moslemischen Eltern und von einem Islamprediger vor dem Mord geführt worden, weil dieser Historiker seinen Schülern u. a. Karikaturen von Mohammed gezeigt hatte und sich für Meinungsfreiheit ausgesprochen hatte.

Islamismus und Islam

Als Zweites muss man darauf hinweisen, dass die Enthauptung der Ungläubigen im Koran in den Suraten 8, 12-13 und 47,4 empfohlen wird. Der Religionsgründer Mohamed hat es selbst beispielhaft vorgeführt, indem er die 600 bis 900 Männer des jüdischen Stammes der Bani Qurayza im Jahr 627 in den Gräben einer Stadt enthauptete. Davon berichtet Ibn Ishaq in seiner in den Jahren 740-770 verfassten Mohammed-Biographie. Jeder gute Moslem soll dem Propheten nacheifern.

Auf jeden Fall hat der Islamismus in den letzten 40 Jahren 167 000 Opfer verursacht, davon 2 977 beim Anschlag auf die Twin Towers in New York am 11. September 2001. In Frankreich sind es in derselben Zeit insg. 317 Tote gewesen. Darunter werden die 131 Tote und 330 Verletzte der Anschläge im Pariser Konzertsaal Bataclan und an den Caféterrassen vom 13. November 2015 mitgezählt. Kein Wunder, dass viele von einem nie endenden Krieg sprechen.

Der Anfang vom Ende der Tragödie wird erst sein, wenn ein moslemischer Reformator wie im Christentum Martin Luther aufsteht und sagt, dass diese Textstellen des islamischen heiligen Buches unrein sind und gestrichen werden müssen. Sie können in der Tat nicht von Gott stammen, der den Mord an seinen Geschöpfen nicht empfohlen haben kann. Mord ist eine Sünde. Da muss der Kopist des Korans einen Übersetzungs- oder Rechtschreibfehler gemacht haben. (Bernard Platini - 30.11.2020)

Science/Technologie


Exploration Spatiale - notre Interview de Frédéric Marin.
2  La mort de Michael Collins

3 Après le Covid-19, d’autres virus d’origine animale nous menacent
4   Pourquoi la visioconférence met-elle notre cerveau K.-O.
5  Subissons-nous une mutation pérenne ?
6  SF : la viande artificielle sur mesure

Exploration spatiale : Interview de Frédéric Marin

Le cosmos ne sort pas de l’actualité. Le milliardaire Richard Branson a réussi le 11 juillet son premier vol suborbital dans l’espace avec son avion missile "Virgin Galactic" qui a inauguré le tourisme spatial . Il a soufflé la vedette à Jeff Bezos, qui a accompli son vol neuf jours plus tard sur sa fusée "New Shepard" avec trois passagers, son frère Marc, ainsi que le plus jeune astronaute du monde, Olivier Daemen, un garçon de 18 ans, et l'astronaute femme la plus âgée, Wally Funk, 82 ans. La limite de l'espace étant à 100 km, ils sont montés à 120 km, 20 de plus que Branson  et ont joui pendant environ 3 à 4  minutes de l'apesanteur. La fusée et la capsule se sont  posées successivement en douceur dans le désert de l'Arizona. Comme l'avion fusée de Branson. 
Les vols avec des fusées réutilisables ouvrent la route au tourisme spatial. D'ici une dizaine d'années, le vol dans l'espace ne coûtera plus que 5 000 à 10 000 euros et non plus 200 000 comme aujourd'hui. Jeff Bezos, né Jeffrey Jorgensen à Albuquerque en 1964, a remercié tous ses collaborateurs  dans l'esprit généreux qui le caractérise. Il se distingue du commun des mortels parce que, démarrant dans les affaires sans un sou, il est devenu "l'homme le plus riche du monde" grâce à sa société Amazon. Il a créé  l'entreprise "Blue Origin" vouée au tourisme spatial.  
La "Conférence Paneuropéenne de Strasbourg" s'est entretenue le 29 juin 2021 avec le Dr. Frédéric Marin, chercheur en astrophysique, membre du CNRS. Monsieur Marin est basé à l'Observatoire Astronomique de Strasbourg, rattaché à l'Université de Strasbourg. Son domaine d'étude principal est l'évolution des trous noirs au centre des galaxies afin de mieux comprendre comment se sont formées les grandes structures de l'Univers. C’est un expert dans le domaine de la polarisation des hautes énergies et il fédère la recherche sur la polarisation des quasars en France.


JPP : Dites-nous en deux mots, Monsieur Marin, ce qu’est un quasar. Je suis sûr que 90% de nos auditeurs ne savent pas ce que c’est.
FM : Ce sont des noyaux actifs de galaxies proches des trous noirs mais qui apparaissent au télescope comme des points très brillants, ce sont les objets les plus lumineux de l’univers. Le mot est une abréviation de quasi-stellar radiosource en anglais.
Je me focalise aussi sur un second axe de recherche: l'anthropologie de l'espace lointain. Il s'agit de l'étude de l'exploration humaine de l'espace, de l'orbite terrestre aux lointaines exoplanètes.
JPP : Oui, je sais que c’est votre principal centre d’intérêt. Nous devrons en reparler et faire un colloque là-dessus. Ce qu’on voit actuellement, ce sont de nombreuses activités assez spectaculaires cette année dans votre domaine de recherche : tout d’abord l’atterrissage réussi du robot Perseverance sur le cratère Jezero de la planète Mars et le bon fonctionnement de ses instruments, y compris le spectromètre fabriqué en France ; puis le lancement de Thomas Pesquet et de ses coéquipiers vers la station spatiale et plus récemment ses trois sorties dans l’espace pour installer un panneau solaire. Je ne sais plus si l’alunissage d’un engin chinois sur la face cachée de la Lune a eu lieu cette année ou l’année dernière. L’Inde aussi après la Chine va se lancer dans l’espace avec une capsule appelée Gaganyaan emportant trois spationautes et les Russes coopèrent désormais avec les Chinois. J'ai l'impression en revanche que les activités spatiales russes sont en chute libre, n'est-ce pas votre impression ?
FM : Les activités spatiales russes sont complètement différentes depuis la chute de l'URSS. La politique de la recherche spatiale concurrentielle a changé, le paradigme aussi et les financements sont allés à la reconstruction du pays. La recherche russe dans le spatial reste excellente mais elle ne correspond plus à ce qui se passait avant les années 90. Gros focus sur le tourisme spatial et les manières d'injecter de l'argent dans une recherche qui peine à être financée par l'État. Ils ont une très grosse concurrence des pays capitalistes où le secteur privé se charge de ce genre de recherche/exploitation. Il est difficile de les concurrencer. Mais la Russie possède encore une formidable expertise dans la création de vaisseaux spatiaux habités (les fameux Soyouz) fiables, robustes et peu chers.
JPP : Pesquet a voyagé dans une capsule Crew Dragon de Space X, d'Elon Musk, un missile privé, et non plus sur une fusée russe de Baïkonour comme jusqu'ici. Mais on dit que les Russes vont remplacer leurs vieux Soyouz et par une nouvelle capsule plus moderne baptisée Oriol.
FM : C'est une histoire d'argent. Les lanceurs privés américains sont moins chers car en partie réutilisables. Mais l'ESA comme la NASA et le ROSCOSMOS travaillent à l'élaboration de nouveaux lanceurs réutilisables. Le problème est que les entreprises privées ont un coup d'avance. Dans le cas des Russes, un nouveau lanceur appelé Soyouz-5 va remplacer les anciens d'ici la fin de la décennie. Soyouz-5 (également connues sous les appellations Feniks ou Sunkar) remplacera à l'horizon 2022 la fusée Zenit dont il reprend les dimensions, le système propulsif et les installations de lancement. Soyouz-5 doit lancer le nouveau vaisseau spatial Oriol (anciennement Federatsiya) en 2022. Oriol doit à la fois remplacer le vaisseau spatial Soyouz en assurant la relève des équipages de la Station Spatiale Internationale et être utilisé pour transporter les cosmonautes jusqu'à la Lune dans le cadre du futur programme spatial lunaire de la Russie.
JPP : Ce qui frappe, c'est que l'Europe n'a pas de missile interplanétaire. Les Européens vont obtenir désormais des strapontins dans les missiles américains. J'ai lu que les Vingt-Sept mettront un poids lourd spatial à la disposition des propulseurs américains dans lequel on acheminera du matériel, de l'eau et de la nourriture pour les bases sur la Lune. Je ne sais pas comment cela va se faire. Ce camion spatial sera-t-il dans l'espace ou au départ sur Terre ? Les Européens prévoient aussi de mettre en orbite des satellites de communications autour de la Lune. Mais dès lors nous sommes dépendants des Américains.
FM : L'Europe (via son agence l'ESA) n'a pas le même mode de fonctionnement que la NASA, la JAXA ou ROSCOSMOS par exemple. La stratégie de l'ESA est définie par un conseil dans lequel chaque pays membre dispose d'un représentant qui vote pour ses intérêts. C'est donc un référendum hétéroclite qui va décider de la marche à suivre pour l'ESA, alors que les agences américaines, russes ou japonaises sont monolithiques. Leurs décisions sont plus rapides et plus focalisées.
JPP. Je vous coupe là: il faudra à coup sûr que l'Union Européenne confie la recherche spatiale à un Directoire composé des pays qui y participent vraiment, c'est à dire l'Allemagne, la France, peut-être l'Italie et en tout cas, même si cela peut surprendre, le Luxembourg. On peut faire cela sous forme de "coopération renforcée", comme prévu dans les traités européens.
FM. Ne perdons pas de vue que l'ESA possède des poids lourds : Ariane-6 et Véga-C. Ariane 6 est un lanceur de moyenne/forte puissance (5 à 11,5 tonnes en orbite de transfert géostationnaire) qui remplacera la fusée Ariane-5 à compter de 2022. Véga-C sera un lanceur léger quant à lui, pour des mises en orbites polaires. Mais, encore une fois, les entreprises privées sont bien en avance. Les fusées de l'ESA coûtent cher à fabriquer et ses parts de marché sont menacées à moyen terme à la fois par l'évolution du marché des satellites et par l'arrivée de concurrents : SpaceX et Longue Marche par exemple. Quoiqu'il en soit, il va falloir partager l'espace. Pour l'heure, tous les tirs se feront depuis la Terre. La création d'un port spatial de lancement, récupération et traitement des fusées et vaisseaux demande d'abord de maîtriser l'économie et les ressources spatiales. Pour cela, il nous faudra d'abord miner la Lune, probablement Mars et peut être quelques mornes cailloux de l'espace, riches en fer et en autres métaux.
JPP : Les Chinois ont lancé en 2020 la fusée "Longue Marche" qui a embarqué l'engin spatial Tianwen-1, un robot qu’ils doivent poser sur Mars eux aussi cette année. Ils ont aussi annoncé mettre en orbite d’une station spatiale à eux qui aura le nom ravissant et bien chinois de « Palais Céleste ».
FM : La Chine possède une volonté spatiale très agressive. L'argent qui est investi dans le spatial est colossal et les moyens humains sont innombrables. Oui, la Chine est l'un des acteurs avec lesquels il va falloir compter dans le futur proche. Ce qui va encore plus complexifier les relations et le partage de l'espace.
JPP : Revenons aux stations spatiales en orbite. Pensez-vous que l'humanité n'habitera plus un jour sur notre Terre dévastée mais dans d'immenses stations spatiales gravitant à divers étages en orbite autour de notre planète ? Ou bien est-ce de la science-fiction ?
FM : C'est une question complexe, car elle reste du domaine du futurisme. Mais de mon point de vue, oui, il va falloir s'extirper de la vieille Terre. La Terre est le berceau de l'Humanité, mais personne n'est sensé mourir dans son berceau. SI nous voulons progresser en tant qu'espèce, il faut nous étendre et nous développer. Les limites du globe sont petites, l'espace est infini. Il y a fort à parier que le développement de l'Humanité sur la Lune, Mars et divers corps célestes devienne nécessaire dans le futur, ne serait-ce que pour pallier à la surpopulation et à surconsommation des ressources. Il faut développer une politique verte, oui, mais devant une Humanité toujours grandissante, cela ne suffira pas longtemps. Les deux doivent aller main dans la main.
JPP : Sans doute faudra-t-il à l'avenir construire les stations spatiales et les grands vaisseaux interplanétaires dans l'espace ou bien sur la lune où tout est beaucoup plus léger. La Lune pourrait-elle servir de station Intermédiaire ?
FM : C'est même l'unique moyen de faire. Il nous faut un port spatial, de faible gravité, proche et assez large pour développer l'économie spatiale. La Lune, avec ses richesses en métaux et en gaz, est idéale. De très nombreux projets de développement d'habitats spatiaux, par l'ESA, la NASA ou des compagnies privées, existent depuis des décennies. S'implanter est complexe car il faut monter dans l'espace beaucoup de matériel. Puis il faut faire avec les conditions rugueuses du sol lunaire, les fameux régolites. Cette poudre hyper fine n'est pas bonne pour les fondations. Mais des solutions émergent, comme le chauffage du régolite pour former une dalle solide, compacte et durable.
JPP : La course à l'espace avait commencé en compétition pacifique durant la Guerre froide avec le lancement du Spoutnik en 1956, puis le premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, et enfin les deux premiers hommes sur la Lune Neil Armstrong et Buzz Aldrin.
FM. N’oublions pas Valentina Terechkova, première femme dans l’espace, qui a passé près de trois jours en orbite, seule à bord de sa capsule spatiale Vostok 6 qui décolla le 16 juin 1963 de Baïkonour. Il fallait faire la preuve que les femmes peuvent être spationautes aussi bien que les hommes. Les Russes l'ont apportée les premiers.
JPP. Oui, la NASA refusait les femmes dans ses équipages. Est-ce vrai que les Russes sont en panne aujourd’hui dans la course à Mars parce qu'ils avaient opté pour aller sur Vénus et les Américains sur Mars ? Vénus n'est-elle pas encore plus inhospitalière que Mars ? Qu'est-ce qui est arrivé à cette pauvre planète ?
FM : Compétition, oui. Pacifique, non. N'oublions pas que le but premier était de placer des missiles dans l'espace pour pouvoir les tirer partout sur la Terre. Les premières stations spatiales étaient les secrètes stations soviétiques Salyut, militarisées et oppressives. Mais toute cette période complexe et charnière de notre histoire récente a joué un rôle important dans l'exploration spatiale. Les Soviétiques, devant la conquête lunaire des Américains, ont en effet décidé d'explorer Vénus avec les sondes Venera. Le programme Venera constituait un enjeu autant politique que scientifique. Les sondes spatiales du programme Venera ont progressivement dévoilé la structure de l'atmosphère et certaines caractéristiques du sol vénusien. Ce programme constitue le plus grand succès de l'astronautique soviétique dans le domaine de l'exploration du système solaire.
Et pourquoi Mars plutôt que Vénus ? Vénus a certaines similarités avec la Terre ce qui rendrait la colonisation plus facile sous certains aspects. Ces similarités, et sa proximité, ont fait que Vénus a été surnommée la « sœur jumelle de la Terre »: plus forte gravité (donc on mitige les effets de décalcification des os), atmosphère épaisse protégeant des rayons X et UV qui abîment le corps humain, et proximité de la Terre (comparé à Mars). Mais c'est complexe d'imaginer une colonisation. La surface de Vénus est extrêmement chaude, avec des températures dans les plaines, proches de 500 °C, plus élevée que la température de fusion du plomb. De plus la pression atmosphérique à la surface est environ 90 fois celle de la Terre, soit, sur Terre, la pression ressentie à environ 1 km au-dessous du niveau de la mer. Ces conditions font que la durée de vie des sondes spatiales qui parviennent à sa surface est extrêmement brève : les sondes Venera 5 et Venera 6 par exemple ont été écrasées par la pression à 18 kilomètres au-dessus de la surface. Les sondes suivantes, Venera 7 et Venera 8 réussirent à transmettre après avoir atteint la surface, mais ces transmissions étaient très brèves, ne fonctionnant pas plus d'une heure dans la brûlante atmosphère corrosive. L'accès aux matériaux de la surface à l'usage d'une colonie située dans la haute atmosphère serait donc un problème. Et il y a encore d'autres problèmes à cause de l'atmosphère corrosive et oppressive de Vénus.
JPP : Je crois que les Russes ont signé avec les Chinois un contrat pour l'exploitation en commun de la Lune, en particulier du lithium qui serait abondant sur notre satellite naturel et peut servir à la fusion nucléaire créatrice d'énergie illimitée. Avez-vous vu cela ?
FM : Je crois qu'il s'agit surtout d'une collaboration pour établir une base internationale sur la Lune et d'en exploiter les ressources, entrer d’autres projets scientifiques. Mais je ne suis pas au courant de cet accord précisément. De toute manière la question de la légalité dans l'espace doit être réglée avant. A qui appartiennent la Lune et ses ressources ? A toute le monde ? Au pays qui s'y pose et fore ? Et si c'est une entreprise privée ? Que se passe-t-il dans le cas d'un crime ? C'est très compliqué et les juristes s'arrachent les cheveux sur cette question épineuse.
JPP : Finalement, les planètes du système solaire ne sont pas très hospitalières. Quand on pense par exemple à Titan le satellite de Saturne sur lequel s'est posée la sonde Huyghens en 2005 (une performance extraordinaire, soit dit en passant) : des lacs de méthane liquide et des pluies de méthane... Ce n'est pas très bon pour la santé... Mars non plus n'est pas de tout repos. J'avais lu il y a une vingtaine d'années un livre sur la "terraformation" de Mars. Croyez-vous que l'homme pourra vivre sur Mars ?
FM : Non, aucune planète locale n'est hospitalière à l'heure actuelle. Mars l'était il y a des millions d'années avant, lorsqu'elle était recouverte d'eau, mais ce n'est plus le cas. Mars n'est pas beaucoup mieux que le reste : pas ou peu d'atmosphère, un sol ferreux et fin, une gravité insuffisante pour y survivre à long terme (sauf si on reste sur place pendant des générations). Créer une colonie sur Mars est une bonne idée, c'est nécessaire pour de nombreuses raisons scientifiques, biologiques, humaines, économiques, etc. Mais il faut compter y rester très peu de temps ou tout le reste de sa vie.
JPP : Donc il faut remplacer l'homme par des robots. Peut-on imaginer des planètes solaires peuplées de robots qui les exploitent ? Qui nous ramènent les métaux rares qu’ils y trouvent ? Des diamants ? De l'or ? Va-t-on vers une diminution des vols habités et vers la robotisation équipée d'intelligence artificielle ?
FM : Les robots sont nécessaires pour nous servir d'éclaireurs, mais en aucun cas nous ne pourrons être remplacés par des robots. Le propre de l'humain est son adaptabilité et sa curiosité, ce que les robots ne peuvent pas encore reproduire. L'humain ira à l'encontre de ses ordres par curiosité s'il pense que cela peut être bénéfique à long terme. L'utilisation de robots est pourtant nécessaire. Plus les vaisseaux seront gros, plus le taux de défaillances mécaniques sera grand par secondes. Seule une Intelligence Artificielle sera capable de faire toutes les réparations à temps pour un vaisseau accueillant une centaine, ou plus, d'occupants. Comme sur Terre, la mécanisation et l’utilisation de robots peut aider aux grands projets spatiaux, mais pas tout remplacer.
JPP : Je crois savoir aussi qu'on envisage d'exploiter des météorites avec des robots qui s'y déposent et reviendront avec une charge de matière première qu'ils parachuteront pour ainsi dire sur Terre? J'ai lu que le Luxembourg qui a pas mal de capitaux, a créé une agence à cette fin.
FM : Oui, le minage d’astéroïdes est l'une des grandes épopées qui doivent être accomplies pour créer des ports spatiaux et commencer une expansion pacifique dans l'espace et dans le système solaire au minimum. L'ESA et la NASA ont de grands projets dans ce sens. Par exemple, Psyché, la quatorzième mission spatiale du programme Discovery de la NASA, doit étudier l'astéroïde métallique 16-Psyché qui pourrait être en partie le vestige du noyau ferreux d'une ancienne protoplanète résultant d'une violente collision avec un autre objet qui aurait arraché ses couches externes. L'objectif scientifique de la mission est d'identifier les caractéristiques de cet astéroïde atypique et de collecter des données sur le processus de formation des noyaux planétaires sinon du système solaire. Mais avec ce genre de données, nous pourrons aussi déterminer à quel point le minage d'un astéroïde peut s'avérer rentable dans le futur.
JPP : De toute manière, l'exploration spatiale sera de plus en plus confiée à l'Intelligence Artificielle parce qu'elle calcule plus vite et en combinant infiniment plus d'éléments que le cerveau humain, non ?
FM : Les calculs des trajectoires et des manœuvres des vaisseaux spatiaux sont depuis longtemps confiés aux ordinateurs. Rien ne changera de ce point de vue. L'ordinateur, les IA et les robots sont des outils pour l'humain. Il faut en prendre soin et savoir les manier correctement. Ils sont alors extrêmement utiles. Mais ils ne remplaceront jamais complètement l'humain pour l'exploration.
JPP : Vous travaillez dans un domaine transgénérationnel en ce sens que ce dont nous parlons, vos arrière-petits-enfants le vivront. Surtout vous qui vous intéressez davantage aux voyages intersidéraux, c'est-à-dire vers d'autres constellations. Est-ce que ce n'est pas décourageant de ne pas voir les résultats de son propre travail ?
FM : Je travaille surtout en astrophysique où j’étudie des astres morts, des galaxies qui ont existé avant moi et qui existeront après moi, ainsi que la poussière d'étoiles dont nous sommes faits. La recherche contemporaine consiste en grande partie à construire un mur de connaissances, que des esprits brillants ont commencé avant moi il y a plus de deux millénaires et que des générations futures continueront à construire. Je ne suis qu'une fraction infime de cette grande bibliothèque du savoir. J'ai conscience que je ne verrai pas tous les fruits de mon travail, mais ce n'est pas mon but au final.
JPP : Vous avez déjà fait deux conférences dans notre association, une au Lieu d'Europe et une autre à la villa Schutzenberger sur votre projet de voyage vers la constellation du Centaure. Est-ce toujours votre objectif ?
FM : Je travaille en effet sur l'exploration spatiale humaine sur des périodes temporelles supérieures à celles d'un humain normal : les vaisseaux-mondes et les populations multigénérationnelles. Ma recherche consiste à comprendre si et comment des vaisseaux explorateurs contenant une large population pourront un jour voyager vers d'autres systèmes solaires, tels celui d'Alpha du Centaure. Je continue dans cette branche qui est fascinante et à la pointe de la recherche. Notre petite équipe bénévole de chercheurs continue de se creuser la tête mais nous serions ravis d'avoir l'aide et les avis de la communauté des sciences humaines et sociales sur un sujet aussi complexe.
JPP : Je pense qu'il faudra que nous consacrions un colloque à cet immense projet. Merci Docteur Marin. Je signale que notre amie Elisa Mayböck, membre de notre Comité directeur, réalisera une nouvelle interview avec vous en anglais sur ces sujets en septembre prochain.
FM : Ce sera avec grand plaisir. (Propos recueillis par Jean-Paul Picaper)    

Lien de l'interview sur You Tube: https://youtu.be/KYm7H-mZ9ro           


Décès d'un homme modeste : Michael Collins, 90 ans

Comme dans un conte méchant, il avait vu d’assez près le château magique mais il n’avait pu y entrer car tel était son sort, le sort de Michael Collins qui vient de décéder à 90 ans ans en Floride. Né en 1930, fils d’un officier de l’armée américaine, ancien étudiant de l’académie militaire West Point, pilote de l’US Air Force, il avait accepté sans rechigner de piloter l’engin du retour de la Mission Apollo. Ses deux camarades, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, accomplissaient leur ballade à pied sur la Lune, mais il avait dû rester dans la capsule en orbite autour de notre satellite destinée à les récupérer après leur exploit. Il n’avait même pas pu vivre en « live » leur alunissage difficile qui avait réussi grâce au sang-froid d'Armstrong dans les dernières secondes. Pendant cette phase finale de l'expéditionn Collins longeait la face cachée de l’astre d’où les communications avec eux et avec la Terre étaient impossibles.

Son dialogue avec la base de Houston a été enregistré quand il est revenu dans l’espace de communication :
Houston. Nous t’entendons nettement et fort.
Collins. Vous entends également nettement et fort. Comment ça marche ?
Houston. Au mieux. L’opération se déroule à merveille. Je crois qu’ils sont juste en train de hisser le drapeau.
Collins. Formidable.
Houston. Je crois que tu es à peu près le seul humain qui ne voit pas ça à la télévision.
Collins. C’est bien comme ça. Ҫa ne me fait rien. (un silence) Comment sont les images à la télé ?
Houston. Oh, c’est magnifique, Mike. Vraiment.

600 millions de téléspectateurs avaient vu l’événement à la télévision. Collins a accepté avec abnégation. La modestie et le sens de la discipline de cet homme sont dans ces phrases lapidaires. Il lui restait une grosse épreuve à affronter. Si « l’aigle » (le LEM)  n’avait pas pu décoller de la Lune, il aurait dû rentrer seul vers la Terre comme témoin du succès et de la mort de ses deux camarades. Mais tout s’est bien passé. L’humanité se souviendra à peine de Collins alors que son camarade Armstrong, décédé entre-temps avant lui, est entré ans l’Histoire. Collins répondit en 2009 dans une interview, comme on lui demandait ce qu’il souhaiterait comme épitaphe après sa mort : « Écrivez < Happy> sur ma tombe »,. Happy: heureux. (29/4/2021)

Après le Covid-19, d’autres virus d’origine animale nous menacent

La nomination d’un vétérinaire au Conseil scientifique sur le Covid-19 a mis l’accent sur la nécessité d'associer des spécialistes des animaux aux spécialistes de la santé humaine. Les zoonoses, maladies d’origines animales, pourraient en effet être de plus en plus nombreuses à l’avenir. Ce phénomène  qui s’était exprimé au néolithique avec la domestication des animaux a diffusé depuis quelques millénaires déjà les principales maladies infectieuses épidémiques, comme l’a si bien décrit le professeur américain Jarred Diamond dans son célèbre livre « Guns, Germs, and Steel » qui avait obtenu le Prix Pullitzer en 1998 et aurait mérité un succès au moins aussi mondial que celui de Yuhal Harari avec son « Sapiens », tout simplement parce qu’il est plus vrai, plus proche des réalités, plus scientifique. Eh bien, cela va s’accentuer et nous allons à coup sûr devoir vivre autrement. Nous avons pris le tournant en 2020-21 et nous ne retrouverons plus « le monde d’avant ». Cet article de de Radio France est important. Il avertit nos concitoyens. Nous ne sommes pas au bout des problèmes.

Réclamée par de nombreux experts depuis un an, la récente nomination d’un spécialiste de la santé animale au sein du conseil scientifique français sur le Covid-19 est un symbole fort : il montre qu’il est nécessaire de conjuguer les compétences pour prévenir les maladies nouvelles dont l’émergence se multiplie : 60 % des maladies humaines existantes sont en effet désormais zoonotiques, autrement dit issues du monde animal, et 75 % des maladies émergentes le sont aussi. Les virus, bactéries ou parasites "sautent" la barrière d’espèces pour infecter l'être humain, le plus souvent en transitant par des animaux domestiques. D’où ce concept d’associer les disciplines appelé One Health ("une seule santé") né dans les milieux scientifiques internationaux au début des années 2000.

Médecins, vétérinaires, éleveurs et chefs de villages mobilisés

Dans cet esprit, à la mi-janvier 2021, sous l’égide de la France, s'est tenu à Paris le One Planet Summit. Il a permis de lancer l'initiative Prezode – dont l’objectif est de prévenir de futures crises sanitaires en détectant de manière précoce ces maladies chez les animaux, afin de réagir avant qu’elles "sautent la barrière desespèces » et se diffusent entre humains.

L’unité santé animale du CIRAD (Center for International Cooperation in Research for Agronomic Development -Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a ainsi évalué le projet australo-français déployé par le Groupe Ausvet en Indonésie. Baptisé iSIHKNAS (Indonesia’s National Animal Health and Production Information System), il a notamment développé une application pour téléphone mobile, destinée à partager et faire remonter les informations concernant les cas de maladies détectées dans les élevages d’animaux domestiques, voire les cas de contaminations d’êtres humains.

Cet outil associe les éleveurs (de bovins et volailles), les chefs de village, les responsables de dispensaires, les vétérinaires de districts, ainsi que les niveaux supérieurs. De la sorte chacun sait ce qui se passe dans son village et dans les villages voisins et surtout cela permet aux autorités sanitaires de prendre, en temps réel, les mesures adaptées. En Indonésie, cinq millions d’éleveurs sont dotés de cette application.

Près de 800 000 virus nous menacent

De tels réseaux de surveillance sont d’autant plus nécessaires que les zoonoses se sont multipliées au cours des dernières décennies. Et tout laisse à penser que le Covid-19 marque le début d’une épidémie de pandémies. "Avant le XXe siècle, le monde connaissait une pandémie environ tous les cent ans, explique Benjamin Roche, éco-épidémiologiste à l’IRD (Institut de recherche sur le développement). Or depuis le début du XXIe siècle on en a déjà connu six !"

En 2003 émergeait le premier SARS-CoV-1 (un coronavirus, donc), à l’origine du "syndrome respiratoire aigu sévère", ou SRAS, apparu en Chine avant de provoquer la panique dans le monde entier.

En 2009-2010 émerge au Mexique la grippe A (H1N1), dite "grippe porcine", vite élevée au rang de pandémie par l’OMS. Elle sévit depuis dans le monde entier.
En 2012 le MERS-CoV (un autre coronavirus) surgit en Arabie saoudite puis s'étend à plusieurs autres pays du Moyen-Orient. On le retrouve également en Corée du Sud.
En 2013 en Polynésie puis en 2015 au Brésil, la fièvre Zika fait des ravages.

En 2014 enfin, l’Afrique de l’Ouest subit la plus grande épidémie de fièvre Ebola jamais encore connue dans le continent (où la maladie se maintenait à bas bruit depuis son apparition au Soudan et au Congo en 1976).

Et la liste risque de s’allonger à un rythme soutenu. En effet, en octobre 2019 un groupe de 22 experts internationaux de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) dont fait partie Benjamin Roche, alertait en ces termes : "On estime à 1,7 million le nombre de virus 'non découverts' actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d'infecter les êtres humains. »

La perte de biodiversité : une aubaine pour les nouveaux virus

Parmi les causes de nouvelles maladies : la perte de biodiversité. S'il trouve, comme toutes les pandémies, son origine dans des microbes portés par des animaux, le Covid-19 doit son émergence à l’intensification des activités humaines. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C'est un chemin qui conduit droit aux pandémies, explique le rapport final de l’IPBES.

Dans une nature vierge, ou peu perturbée par les activités humaines, une forme d'équilibre se maintient entre la faune sauvage et les microbes (virus, bactéries et parasites) dont elle est porteuse. On appelle cela l’effet de dilution. "Une forte biodiversité permet de 'diluer' les microbes dans la variété des espèces sauvages, explique Benjamin Roche. On l’a observé à de multiples reprises aux États-Unis où l’on voit progresser en flèche la maladie de Lyme [transmise par les tiques] dans les États où la biodiversité est la plus détruite. Pour ce qui est de la fièvre du Nil occidental [arrivée aux États-Unis à la fin des années 90 et transmise par des moustiques aux oiseaux avant le passage au cheval et à l’homme], on a observé que les États où il y avait le moins de cas étaient ceux qui conservaient la plus riche diversité d’oiseaux. Dans le cas du virus Ebola en Afrique, poursuit l'éco-épidémiologiste, on s’est rendu compte qu’il se propageait tout particulièrement dans les zones déforestées, car les chauve-souris originaires des écosystèmes forestiers sont contraintes de se déplacer de plus en plus près des villages et des villes à proximité de ces écosystèmes : c’est là que se fait la transmission à l'homme, puis la transmission interhumaine prend le relais."

Pourquoi la visioconférence met-elle notre cerveau K.-O.
(et comment riposter) ?


par Alice Galopin - franceinfo
France Télévisions
Publié le 08/02/2021

Les nombreux appels en visioconférence, imposés par le télétravail, sont source de fatigue mentale. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Incontournables depuis le début de la crise sanitaire et la généralisation du télétravail, les discussions vidéo sont source d'épuisement mental. En cause, notamment, le manque de communication non verbale lors de ces échanges.

Une réunion d'équipe sur Teams à 10 heures, quatre "conf-calls" avec des clients dans l'après-midi, sans oublier le Skype en famille à 19 heures pour fêter l'anniversaire du petit dernier… Avec la crise sanitaire, la visioconférence s'est imposée dans notre quotidien. Au printemps dernier, elle est même devenue incontournable pour maintenir le lien social dans nos vies confinées.

Mais depuis, les apéros Zoom ont laissé place au phénomène de "Zoom fatigue"*, un sentiment d'épuisement face à l'accumulation de ces réunions virtuelles. Car outre la fatigue visuelle, liée à la fixation prolongée d'un écran, la visioconférence est surtout génératrice de fatigue mentale, explique à franceinfo Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives. Et pour cause : une discussion vidéo exige beaucoup plus de concentration qu'un échange en face à face. Mais comment l'expliquer ?

Un manque de signes non verbaux

D'abord, par la difficulté de s'appuyer sur le langage corporel des interlocuteurs. Lorsqu'on est en présence de quelqu'un, un hochement de tête lui indique par exemple que nous l'écoutons. La posture et les gestes peuvent quant à eux traduire notre envie de prendre la parole. Autant de signes non verbaux, souvent inconscients, qui "facilitent la compréhension claire des messages et des intentions lors d'une interaction", mais moins nombreux en visioconférence, analyse pour franceinfo Marie Lacroix, docteure en neurosciences. Difficile en effet de discerner les gestes d'une personne en appel vidéo si sa caméra est cadrée au niveau des épaules. "Et puis, pour éviter les bruits parasites, on a tendance à couper son micro quand n'a pas la parole, ajoute Marie Lacroix. Alors on détecte encore moins de signaux."

Le cerveau doit donc davantage se concentrer pour s'appuyer sur d'autres indicateurs, comme le ton de la voix ou les expressions du visage. Mais même avec une connexion internet optimale, la technologie restitue toujours ces informations avec un léger décalage, et complique encore la tâche pour notre cerveau. C'est ce que Nawal Abboub appelle "la désynchronie".

"C'est un décalage qui se calcule peut-être en millisecondes. Mais c'est suffisant pour demander un effort supplémentaire au cerveau pour qu'il reconstruise la réalité."
Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives, à France Info. La réduction et la mauvaise qualité des signaux "nous oblige[nt] à être plus attentifs pour suivre et prête[nt] à des moments de confusion dans la conversation", confirme Marie Lacroix. La visioconférence perturbe ainsi la fluidité et le rythme de l'échange, soulignent les deux spécialistes. Vous avez d'ailleurs certainement déjà rencontré cette situation : un silence s'installe soudainement dans la discussion vidéo, et provoque en quelques secondes un sentiment de gêne chez vous et vos collègues, avant que deux d'entre eux ne prennent finalement la parole en même temps.

"La distribution de la parole dans un groupe est réglementée de manière inconsciente, grâce aux signes non verbaux. En visio, il devient donc très difficile de trouver un rythme spontané.", Marie Lacroix, docteure en neurosciences, à France Info. Surtout, les appels vidéo nous privent de "la synchronicité dans l'échange des regards", rapporte Marie Lacroix. Pour donner l'impression à son interlocuteur de le regarder dans les yeux, il faut fixer la caméra, ce qui empêche de facto d'observer sa réaction en même temps sur l'écran. En visioconférence, chaque participant a donc plutôt tendance à maintenir le regard sur l'écran, n'observant pas directement les autres dans les yeux, mais uniquement leur rendu filmé. Or, lors d'une discussion, le contact visuel avec autrui permet de stimuler le système attentionnel et de renforcer la mémorisation. Ainsi, face à une vidéo où un individu s'exprime, "notre attention est davantage attirée lorsque la personne qui parle donne l'impression de nous regarder environ 30% du temps", indique Marie Lacroix, citant une étude menée par deux universitaires britanniques*.

Plus étonnant encore, l'absence de contact visuel est interprétée par le cerveau comme "un évitement du regard", note l'experte. Cette réaction inconsciente et automatique donne "l'impression que la personne est sur la défensive ou inattentive", détaille-t-elle. De la même manière, les retards de son et d'image provoquent une interprétation négative des interlocuteurs. En 2014, des chercheurs allemands ont montré qu'un décalage de 1,2 seconde pouvait suffire à être perçu comme moins amical ou moins concentré*.

Quand l'écran devient miroir

Si la visioconférence bouleverse la perception des autres, elle modifie également le regard porté sur soi-même. Se voir à l'écran, pendant la discussion avec les autres, joue sur l'anxiété et la fatigue mentale. "Quand vous êtes en visioconférence, vous savez que tout le monde vous regarde. Vous êtes comme sur scène, ce qui provoque une pression sociale et l'impression que vous devez jouer", souligne Marissa Shuffler, enseignante en psychologie organisationnelle à l'université américaine de Clemson, auprès de la BBC*. En plus de devoir gérer la conversation, l'esprit n'a de cesse de se demander quelle posture adopter ou de se focaliser sur son propre visage.

Et dans le contexte actuel, où les espaces professionnel et personnel ne font plus qu'un, le cerveau est d'autant plus à l'affût de la moindre situation génératrice de malaise face à nos collègues : et si l'un des enfants faisait irruption dans le champ de la caméra ? Ou que le chat grimpait sur le bureau ?

"Vous mettez votre cerveau en double tâche : vous vous concentrez à la fois sur la personne à qui vous parlez et sur vous.", Nawal Abboub à franceinfo. "Or, le système attentionnel ne traite pas les informations en parallèle, mais en série", ajoute la spécialiste. Et chaque aller-retour entre votre visage et celui de votre interlocuteur est énergivore. "L'attention que vous allez prêter à votre image dépend aussi de la personne en face de vous, précise toutefois Nawal Abboub. Quand vous discutez avec un collègue, un collaborateur ou un supérieur, vous n'êtes pas sur les mêmes niveaux de ressources."

"Où est Charlie ?"

La situation se complique encore quand les participants à la réunion sont nombreux. Le mode galerie, où les visages apparaissent dans de petites vignettes, est difficile à gérer pour le cerveau. "C'est comme si on devait jouer à 'Où est Charlie ?'", illustre Marie Lacroix. "On peut capter des choses assez générales, voir si l'audience a l'air réceptive ou se désintéresse, mais c'est plus difficile de prêter attention à chacun", nuance-t-elle. Sans compter qu'un appel vidéo ne se résume pas à un écran avec un ou plusieurs visages. "Il y a aussi un tchat sur le côté et des notifications peuvent apparaître, détaille Nawal Abboub. Il y a beaucoup de sources de distraction et ça rend l'espace encore plus difficile pour se concentrer."

Devant cet afflux d'informations, le cerveau se met donc en "attention partielle continue", analyse National Geographic*, et jongle avec une multitude de tâches, sans se concentrer pleinement sur l'une d'elles. Comme si vous essayiez de cuisiner et de lire en même temps, relève le média.

A cela s'ajoute qu'avec la crise sanitaire, des moments de vie, d'ordinaire séparés, sont désormais tous réunis en visioconférence. "Imaginez que vous vous rendiez dans un bar, et que dans ce même bar, vous discutiez avec vos professeurs, rencontriez vos parents ou organisiez un rendez-vous amoureux. C'est exactement ce que nous faisons en ce moment [en visioconférence]", avance Gianpiero Petriglieri, enseignant à l'Institut européen d'administration des affaires, auprès de la BBC."Le travail à distance nous impose un monocanal qui est l'ordinateur."Marie Lacroix à franceinfo. "La fatigue mentale est générée par l'accumulation du temps passé sur une même tâche", expose l'experte. Même en jonglant avec des réunions professionnelles et des appels vidéo entre amis, l'activité reste similaire et suscite donc de l'épuisement. D'autant plus si les participants sont peu actifs lors de ces visioconférences. "Cela peut paraître contre-intuitif, mais rester passif [face à un ordinateur] est encore plus demandeur d'énergie", ajoute Nawal Abboub, comparant cette situation au travail "très fatigant" des professionnels de la vidéosurveillance qui scrutent en permanence des écrans.

Gare à la "visionite"

Alors comment se prémunir de cette fatigue ? Pensez d'abord à faire des pauses visuelles. "Toutes les vingt minutes, il faut lever les yeux de son écran et regarder à vingt mètres devant soi pendant vingt secondes", recommande Marie Lacroix, qui a cofondé Cog'X, une agence de conseil en sciences cognitives auprès des entreprises. Autre possibilité : fixer des créneaux de réunion plus courts pour laisser un temps de récupération.

Exit aussi l'utilisation systématique de la caméra. "On peut l'allumer au début de la réunion, pour prendre des nouvelles des autres, garder ce moment d'interactions, suggère Marie Lacroix. Puis la couper quand on entre dans des aspects plus techniques de la discussion afin de permettre à chacun de se concentrer sur le contenu."
Pour compenser l'absence d'une partie des signes non verbaux, Nawal Abboub, cofondatrice de l'agence de conseil Rising Up, propose de "jouer davantage sur la voix" ou d'"amplifier les gestes du visage" pour capter l'attention de l'auditoire. Etablir des règles explicites permet par ailleurs de fluidifier les échanges : lever la main pour prendre la parole, poser les questions dans l'espace de tchat.

"Il ne faut pas non plus tomber dans le syndrome de la visionite", poursuit Nawal Abboub, qui incite à alterner avec d'autres modes de communication. "On peut aussi s'appeler par téléphone, s'envoyer des messages, travailler sur des documents partagés", détaille-t-elle. Selon l'experte, le meilleur conseil pour s'adapter reste d'apprendre à "connaître la manière dont notre cerveau fonctionne". "Ce n'est pas un ordinateur qui sait faire fonctionner Powerpoint et Excel en même temps", sourit la scientifique.


Subissons-nous une mutation pérenne ?

Dans une interview accordée à Paris-Match du 5 août 2020, Nicolas Sarkozy, répondait à une question qui faisait allusion à la crise sanitaire : « Doit-on comprendre que vous ne partagez pas la distinction entre le « monde d’avant » et le « monde d’après » ? ». L’ancien président répondit du tac au tac :

« Bien sûr que non ! Quoi de plus artificiel que ce genre de débat ? Rien n’est plus démodable que la mode. La vie est toujours plus forte que les circonstances, même les plus terribles. Une crise sanitaire nous ferait basculer dans un autre monde ? Il faut lire Giono, qui décrit dans « Le hussard sur le toit » la France frappée par le choléra au XIXème siècle. Et la grippe espagnole, après la Première Guerre mondiale, la grippe de 1968, les a-t-on oubliées ? Elles ont frappé la France, elles ne l’ont pas transformée »

Peut-être, l’ancien président de la République se trompait-il. Les larges avenues qui ont remplacé les ruelles dans nos villes répondaient entre autres à la sécurité sanitaire après l’épidémie de choléra au XIXème siècle, de même que les canalisations et égouts, ainsi que la désinfection et la stérilisation de nos jours omniprésentes, y compris dans l’alimentaire. Par ailleurs, son propos ne tient pas compte de la connexion numérique qui n’existait pas au temps du choléra et de la grippe dite espagnole.

Lors des grandes épidémies de peste au Moyen-Âge la mort en masse avait ralenti le progrès de la civilisation. Quand tout ou presque était travail manuel, la main d'oeuvre avait fait défaut. Beaucoup d'hommes durent pratiquer plusieurs métiers à la fois. Dans certaines régions, l'architecture religieuse et restée au roman sans passer au gothique, faute de spécialistes. Au temps du choléra, ce n'était pas beaucoup mieux. Avec la Covid-19 ce fut différent,. Elle a tué beaucoup plus de retraités que d'actifs, et, de plus, l'industrie et le commerce ont développé l'automation. Enfin et surtout, nous sommes entrés dans l'ère du numérique.

Incontestablement, l’épidémie de la Covid-19 et son corollaire le confinement ont amplifié et dynamisé la communication électronique. Elle a maintenu le lien social du moins parmi ceux qui l’utilisent et même le lien commercial et industriel grâce au télétravail qui a cassé l'obligation de présence physique sur les lieux de production. Le « distanciel » s’est avéré souvent plus productif que le « présentiel ». Enfin, on commence à s'apercevoir qu'on a perdu l'habitude d'utiliser les pièces et billes pour payer ses emplettes par peur de la contaminationJusqu'à un litre de lait ou un pain, tout se paye en argent numérique par cartes de crédit.

Cette pratique restera. N'est-ce pas un changement de civilisation ?

Dans les comportements au quotidien, l’écart entre les gens s’est élargi. C'est la fin des embrassades. On a appris à s’éviter. Sauf des inconscients très critiqués qui s’agglutinent en groupes, nous pratiquons la distance civile. Et il n’est pas sûr que ces modifications d'habitudes s’estompent du jour au lendemain. Les déplacements se sont réduits, l’industrie et surtout les vols aériens touristiques ont subi un ralentissement momentané de leur croissance et de nouvelles priorités sont apparues.

Qui sait si les mentalités n’ont pas évolué ? Ce n’était pas une « mode ». C’était quelque chose de plus profond et de plus grave. Nous avons appris dans cette crise que  l’économie peut s’effondrer, que la civilisation peut faire place à l’ensauvagement et que l’humanité peut rapidement disparaître comme bien d’autres espèces avant elle. Peut-être aussi notre sensibilité à l’environnement s’est-elle accrue après être passée à l’arrière-plan derrière la Covid-19, car le changement climatique n’a pas été interrompu. Il va nous retomber dessus à la vitesse de l’ouragan. Le président Macron veut inscrire l’écologie au début de la constitution et organiser pour cela un référendum et il a bien raison de le faire. (JPP - 18 novembre 2020)


SF : la viande artificielle sur mesure

La Science Fiction n’a pas toujours prédit l’avenir tel qu’il s’est fait. Mais tel ou tel auteur a prévu notre monde tel qu’il est devenu, s’agissant surtout de techniques nouvelles. Ainsi Jules Verne a-t-il imaginé le sous-marin et l’engin interplanétaire. Nous avons découvert chez un auteur français célèbre, prolixe et imaginatif, comme l'était René Barjavel (1911-1985) un passage qui préfigure une technologie alimentaire qui en est encore de nos jours à ses premiers balbutiements et n’a pas atteint le stade industriel, mais qui enregistre quelques réussites aux Pays-Bas et en Israël notamment : la fabrication de viande artificielle. Alors que les partisans du bien-être animal se multiplient et que les flatulences des herbivores accroissent le CO2 atmosphérique, Barjavel avait déjà conçu en 1943 dans son roman « Ravage » la fabrication en grande série de viande de laboratoire et d'usine sans qu'il soit besoin d'envoyer des animaux sur les pâturages puis à l'abattoir. Ce n’est peut-être pas un hasard qu’il y ait pensé pendant la Seconde Guerre mondiale quand le pillage de la France par l’Occupation nazie faisaient de la viande une denrée rare et chère. 

Il a écrit :

« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Élever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’étaient bien là des mœurs dignes des barbares du XXème siècle. Le « bétail » n’existait plus. La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel cœur de poulet vivait encore au §usée de la Société protectrice des animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux, ni graisses, et ‘une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de bœuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours , de chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant-garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et par leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelle, depuis le simple bœuf miroton jusqu’au civet de lièvre à la royale.
Pour les plus raffinés, une maison célèbre fabriquait des viandes à goût de fruit ou de confiture, à parfum de fleurs. L’Association chrétienne des abstinents qui avait pris pour devise : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger », possédait sa propre usine. Afin de les aider à éviter le péché de gourmandise, elle y cultivait pour ses membres une viande sans goût.
La Brasserie 13 n’était qu’une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n’était pas une boucherie parisienne  qui ne vendît son plat populaire Le sous-sol de la brasserie abritait l’immense bac à sérum où plongeait la « mère », bloc de viande de près de cinq cents tonnes. Un dispositif automatique la taillait en forme de cube. (…) Elle repoussait indéfiniment ». (« Ravage », Barjavel. Histoires extraordinaires. Edition France-Loisirs. 1995, p. 25-26)
 

Wissenschaft /Technologie


1. Weltraumforschung: Interview mit Frédéric Marin
2. Covid-19 bedrohen uns weitere Tierviren...
3. Warum schaltet unser Gehirn bei Videokonferenzen aus...
4. Klimakrise: "Das Treibhaus wird weiter angeheizt"
5. Erleben wir eine dauerhafte Mutation? 
6. Neue Vorratsdatenspeicherung und Verschlüsselungsverbot in der EU

Erforschung des Weltraums: Interview mit Dr. Frédéric Marin
(Das Gespräch führte Jean-Paul Picaper)

Der Kosmos verschwindet nicht mehr vom Tagesgeschehen. Am 11. Juli absolvierte der Milliardär Richard Branson mit seiner "Virgin Galactic" erfolgreich den ersten suborbitalen Flug ins All und leitete damit den Weltraumtourismus ein. Er überholte Jeff Bezos, der seinen Flug neun Tage später auf seiner "New Shepard"-Rakete mit drei Passagieren, seinem Bruder Marc, sowie dem jüngsten Astronauten der Welt, einem 18-jährigen Jungen, und der ältesten Astronautin, 82, absolvierte. Die Grenze des Weltraums liegt bei 100 km, sie stiegen auf 120 km, 20 km höher als Branson und genossen etwa 3-4 Minuten Schwerelosigkeit. Rakete und Kapsel landeten reibungslos nacheinander in der Wüste von Arizona. Genau wie das Raketenflugzeug von Branson.
Die Flüge mit wiederverwendbaren Raketenboostern ebnen den Weg für den Weltraumtourismus. In zehn Jahren wird ein Flug ins All nur noch 5.000 bis 10.000 Euro kosten, keine Millionen mehr wie heute. Jeff Bezos, der 1964 als Jeffrey Jorgensen in Albuquerque geboren wurde, bedankte sich in seiner typisch großzügigen Art bei allen seinen Mitarbeitern. Er hebt sich von den Normalsterblichen ab, weil er ohne einen Pfennig ins Geschäft eingestiegen ist und dank seines Unternehmens Amazon zum "reichsten Mann der Welt" wurde. Er gründete die Firma "Blue Origin" für Weltraumtourismus.
Die "Paneuropäische Konferenz von Straßburg“ unterhielt sich am 29. Juni 2021 mit Dr. Frédéric Marin, Beiratsmitglied unseres Vereins, Forscher der Astrophysik an der Astronomischen Sternwarte der Universität Straßburg., Herr Marin, der Mitglied des Französischen Zentrums für wissenschaftliche Forschung (CNRS)ist,  erforscht insb. die Entwicklung von Schwarzen Löchern im Zentrum von Galaxien, um besser zu verstehen, wie die großen Strukturen des Universums entstanden sind. Er ist Experte auf dem Gebiet der Hochenergiepolarisation und leitet die Forschung zur Quasarpolarisation in Frankreich.


JPP: Bitte erklären Sie uns, Herr Marin, mit wenigen Worten, was ein Quasar ist. Ich bin mir sicher, dass 90 Prozent unserer Zuhörer nicht wissen, was das ist.
FM: Es handelt sich um aktive galaktische Kerne, die in der Nähe von schwarzen Löchern liegen, aber im Teleskop als sehr helle Flecken erscheinen, sie sind die hellsten Objekte im Universum. Das Wort ist eine Abkürzung für Quasi-Stellare Radiosource.
Ich konzentriere mich auch auf einen zweiten Forschungszweig: die Anthropologie des Weltraums. Dies ist das Studium der Erforschung des Weltraums durch den Menschen, von der Erdumlaufbahn bis zu fernen Exoplaneten.
JPP: Ja, ich weiß, dass das Ihr Hauptaugenmerk ist. Darüber müssen wir noch einmal sprechen und ein Symposium dazu veranstalten.
In diesem Jahr hat sich auf Ihrem Forschungsgebiet einiges getan: zunächst die erfolgreiche Landung des Roboters Perseverance auf dem Jezero-Krater auf dem Mars und der erfolgreiche Betrieb seiner Instrumente, darunter das Spektrometer aus französischer Produktion; dann der Start von Thomas Pesquet und seinen Besatzungsmitgliedern zur Raumstation und zuletzt seine drei Weltraumspaziergänge zur Installation eines Solarpanels. Ich weiß nicht mehr, ob die chinesische Mondlandung auf der dunklen Seite des Mondes dieses Jahr oder im letzten Jahr stattgefunden hat. Nach China fliegt auch Indien mit einer Kapsel namens Gaganyaan mit drei Raumfahrern ins All und die Russen kooperieren nun mit den Chinesen. Ich habe aber den Eindruck, dass sich die russischen Raumfahrtaktivitäten im freien Fall befinden, ist das nicht auch Ihr Eindruck?
FM: Die russischen Raumfahrtaktivitäten sind seit dem Zerfall der UdSSR völlig anders. Die Politik der wettbewerbsfähigen Weltraumforschung hat sich geändert, das Paradigma hat sich geändert und die Mittel sind in den Wiederaufbau des Landes geflossen. Die russische Weltraumforschung ist immer noch exzellent, aber sie entspricht nicht mehr dem, was vor den 1990er Jahren geschah. Man widmet großes Augenmerk auf den Weltraumtourismus und auf die Möglichkeiten, Geld in eine Forschung zu stecken, die um ihre Finanzierung durch den Staat kämpft. Sie haben eine Menge Konkurrenz aus kapitalistischen Ländern, in denen der private Sektor diese Art von Forschung betreibt. Es ist für Russland schwierig, mit ihnen zu konkurrieren. Aber Russland verfügt immer noch über eine enorme Expertise im Bau von zuverlässigen, robusten und preiswerten bemannten Raumfahrzeugen (die berühmte Sojus).
JPP: Pesquet reiste in einer Crew-Dragon-Kapsel von Elon Musk's Space X, einer privaten Rakete, und nicht wie bisher mit einer russischen Rakete von Baikonur. Aber die Russen sollen ihre alte Sojus durch eine neue, modernere Kapsel namens Oriol ersetzen.
FM: Es geht nur um Geld. Private amerikanische Trägerraketen sind billiger, weil sie teilweise wiederverwendbar sind. Aber sowohl die ESA als auch die NASA und ROSCOSMOS arbeiten an neuen wiederverwendbaren Trägerraketen. Das Problem ist, dass private Unternehmen einen Schritt voraus sind. Bei den Russen wird eine neue Trägerrakete namens Sojus-5 die alten Raketen ersetzen. Sojus-5 (auch bekannt als Feniks oder Sunkar) wird bis 2022 die Zenit-Rakete ersetzen und deren Abmessungen, Antriebssystem und Startanlagen übernehmen. Sojus-5 soll im Jahr 2022 das neue Raumschiff Oriol (ehemals Federatsiya) starten. Oriol wird sowohl das Sojus-Raumschiff ersetzen, indem es die Besatzung der Internationalen Raumstation entlastet, als auch im Rahmen des zukünftigen russischen Mondraumprogramms Kosmonauten zum Mond transportieren.
JPP: Auffallend ist, dass Europa keine interplanetarische Rakete hat. Die Europäer bekommen jetzt Jump Seats in den amerikanischen Raketen. Ich habe gelesen, dass die EU den US-Boostern ein Weltraum-Schwergewicht zur Verfügung stellen wird, in dem Ausrüstung, Wasser und Nahrung zu den Stützpunkten auf dem Mond transportiert werden. Ich weiß nicht, wie das passieren soll. Wird dieser Space Truck im Weltraum gebaut werden oder von der Erde starten? Die Europäer planen auch, Kommunikationssatelliten in eine Umlaufbahn um den Mond zu bringen. Aber sonst sind wir von den Amerikanern abhängig.
FM: Europa (über seine Agentur ESA) hat nicht die gleiche Arbeitsweise wie zum Beispiel die NASA, JAXA oder ROSCOSMOS. Die Strategie der ESA wird durch einen Rat definiert, in dem jedes Mitgliedsland einen Vertreter hat, der für seine Interessen stimmt. Es ist also ein heterogenes Gremium, das über das Vorgehen der ESA entscheidet, während die amerikanischen, russischen oder japanischen Agenturen monolithisch sind. Entscheidungen werden dort schneller und gezielter getroffen.
JPP. Darf ich Sie unterbrechen? Die EU muss mit den Staaten, die effektiv in der Weltraumerforschung arbeiten, und zwar Deutschland, Frankreich, vielleicht Italien und, Sie werden staunen, Luxemburg ein Direktorium bilden. Das könnte wie in den EU-Verträgen vorgesehen als „verstärkte Kooperation“ laufen. Damit sollte sich unser Verein bald befassen.
FM. Die ESA hat trotzdem Schwergewichte: Ariane 6 und Vega-C. Die Ariane 6 ist eine Trägerrakete mittlerer/hoher Leistung (5 bis 11,5 Tonnen im geostationären Transferorbit), die ab 2022 die Ariane-5-Rakete ersetzen wird. Vega-C wird eine leichte Trägerrakete für polare Umlaufbahnen sein. Aber auch hier sind die privaten Unternehmen weit voraus. Die Raketen der ESA sind teuer in der Herstellung und ihr der Marktanteil ist mittelfristig sowohl durch die Entwicklung des Satellitenmarktes als auch durch das Auftreten von Wettbewerbern bedroht: SpaceX und Long March, zum Beispiel. Wie auch immer, der Platz muss geteilt werden. Bis auf Weiteres werden alle Starts von der Erde aus erfolgen. Die Schaffung eines Raumhafens für den Start, die Bergung und die Verarbeitung von Raketen und Raumfahrzeugen erfordert zunächst die Beherrschung der Weltraumwirtschaft und der Ressourcen. Dazu müssen wir zunächst den Mond, wahrscheinlich auch den Mars und vielleicht einige wandernde Felsen im Weltraum, die reich an Eisen und anderen Metallen sind, ausbeuten.
JPP: Die Chinesen haben 2020 die "Langer Marsch"-Rakete gestartet, die die Raumsonde Tianwen-1 trägt, einen Roboter, den sie noch in diesem Jahr auf dem Mars landen wollen. Sie haben auch angekündigt, eine eigene Raumstation in Orbit zu bringen, die den reizvollen und sehr chinesischen Namen "Himmelspalast" tragen wird.
FM: China hat ein sehr aggressives Raumfahrtprogramm. Das Geld, das in den Weltraum investiert wird, ist kolossal und die menschlichen Ressourcen sind unzählig. Ja, China ist einer der Akteure, mit denen wir es in naher Zukunft zu tun haben werden. Dadurch werden die Beziehungen und die gemeinsame Nutzung von Raum noch komplexer.
JPP: Kommen wir zurück zu den Raumstationen im Orbit. Glauben Sie, dass die Menschheit eines Tages nicht mehr auf unserer zerstörten Erde leben wird, sondern in riesigen Raumstationen, die unseren Planeten auf verschiedenen Ebenen umkreisen? Oder ist das Science Fiction?
FM: Das ist eine komplexe Frage, weil sie noch im Bereich des Futurismus angesiedelt ist. Aber aus meiner Sicht: Ja, wir müssen raus aus der alten Erdeheraus. Die Erde ist die Wiege der Menschheit, aber niemand soll in seiner Wiege sterben. Wenn wir als Spezies vorankommen wollen, müssen wir uns erweitern und entwickeln. Die Grenzen des Globus sind klein, der Raum ist unendlich. Es besteht eine gute Chance, dass die Entwicklung der Menschheit auf dem Mond, dem Mars und verschiedenen Himmelskörpern in der Zukunft notwendig wird, und sei es nur, um die Überbevölkerung und den Überverbrauch von Ressourcen zu lindern. Wir müssen eine grüne Politik entwickeln, ja, aber angesichts einer immer größer werdenden Menschheit wird das nicht mehr lange ausreichen. Beides muss Hand in Hand gehen.
JPP: In Zukunft wird es wahrscheinlich notwendig sein, Raumstationen und große interplanetare Schiffe im Weltraum oder auf dem Mond zu bauen, wo alles viel leichter ist. Könnte der Mond als Zwischenstation im Weltraum dienen?
FM: Das ist der einzige Weg, es zu tun. Wir brauchen einen Raumhafen, mit geringer Schwerkraft, in der Nähe und groß genug, um die Weltraumwirtschaft zu entwickeln. Der Mond, mit seinem Reichtum an Metallen und Gas, ist ideal. Es gibt seit Jahrzehnten viele, viele Projekte zur Entwicklung von Weltraumhabitaten auf dem Mond durch die ESA, die NASA und private Unternehmen. Die Einrichtung ist komplex, weil eine Menge Ausrüstung in den Raum gestellt werden muss. Dann muss man sich mit den rauen Bedingungen des Mondbodens, dem ruhmreichen Regolith, auseinandersetzen. Dieser sehr feine Puder ist als Wohnungsunterbau nicht geeignet. Aber es zeichnen sich Lösungen ab, wie z. B. das Erhitzen des Regoliths, um eine feste, kompakte und dauerhafte Platte zu bilden.
JPP: Der Wettlauf ins All begann im friedlichen Wettstreit während des Kalten Krieges mit dem Start des Sputniks 1956, gefolgt vom ersten Menschen im All, Juri Gagarin, und schließlich den ersten beiden Männern auf dem Mond, Neil Armstrong und Buzz Aldrin.
FM. Vergessen wir nicht Valentina Tereschkowa, die erste Frau im Weltraum, die fast drei Tage im Bass-Orbit verbrachte, allein an Bord ihres Raumschiffs Wostok 6, das am 16. Juni 1963 von Baikonur startete. Die Russen haben als erste den Beweise erbracht, dass Frauen als Astronautinnen geeignet sind. Die Nasa ihrerseits nahm keine Frauen in ihre Mannschaften.
JPP. Stimmt es, dass die Russen heute im Rennen zum Mars zurückliegen, weil sie sich für die Venus und die Amerikaner für den Mars entschieden hatten? Ist die Venus nicht noch unwirtlicher als der Mars? Was ist mit diesem armen Planeten passiert?
FM: Wettbewerb, ja. Friedlich, nein. Vergessen wir nicht, dass der ursprüngliche Zweck war, Raketen in den Weltraum zu bringen, damit sie überall auf die Erde abgefeuert werden können. Die ersten Raumstationen waren die geheimen sowjetischen Saljut-Stationen, militarisiert und imponierend. Aber diese ganze komplexe und entscheidende Periode in unserer jüngeren Geschichte hat eine wichtige Rolle bei der Erforschung des Weltraums gespielt.
Angesichts der amerikanischen Eroberung des Mondes beschlossen die Sowjets in der Tat, die Venus mit den Venera-Sonden zu erforschen. Das Venera-Programm war ebenso ein politisches wie ein wissenschaftliches Thema. Die Raumsonden des Venera-Programms enthüllten allmählich die Struktur der Atmosphäre und bestimmte Eigenschaften des venusischen Bodens. Dieses Programm stellt den größten Erfolg der sowjetischen Raumfahrt auf dem Gebiet der Erforschung des Sonnensystems dar.
Und warum Mars und nicht Venus? Die Venus hat gewisse Ähnlichkeiten mit der Erde, was die Kolonisierung in einigen Aspekten erleichtern würde. Diese Ähnlichkeiten und ihre Nähe haben dazu geführt, dass die Venus als "Zwillingsschwester der Erde" bezeichnet wird: stärkere Schwerkraft (wodurch die Auswirkungen der Knochenentkalkung gemildert werden), dicke Atmosphäre zum Schutz vor Röntgen- und UV-Strahlen, die den menschlichen Körper beschädigen, und Nähe zur Erde (im Vergleich zum Mars). Aber es ist komplex, sich eine Kolonisierung vorzustellen. Die Oberfläche der Venus ist extrem heiß, mit Temperaturen in den Ebenen nahe 500°C, höher als die Schmelztemperatur von Blei. Außerdem ist der atmosphärische Druck an der Oberfläche etwa 90-mal so hoch wie auf der Erde, das heißt, der Druck ist etwa wie 1 km unter dem Meeresspiegel auf unserem Planeten Erde zu spüren. Diese Bedingungen führen dazu, dass die Lebensdauer von Raumsonden, die die Oberfläche erreichen, extrem kurz ist: Die Sonden Venera 5 und Venera 6 zum Beispiel wurden durch den Druck in 18 Kilometern Höhe zerquetscht. Die nächsten Sonden, Venera 7 und Venera 8, schafften es nach dem Erreichen der Oberfläche zu senden, aber diese Übertragungen waren sehr kurz und dauerten nicht länger als eine Stunde in der heißen, korrosiven Atmosphäre. Der Zugang zu Oberflächenmaterialien für die Nutzung durch eine Kolonie in der oberen Atmosphäre wäre also ein Problem. Und es gibt weitere Probleme wegen der korrosiven und drückenden Atmosphäre der Venus.
JPP: Ich glaube, die Russen haben einen Vertrag mit den Chinesen über die gemeinsame Ausbeutung des Mondes unterzeichnet, insbesondere um Lithium auszubeuten, das auf unserem natürlichen Satelliten reichlich vorhanden wäre und für die Kernfusion verwendet werden kann, wodurch unbegrenzte Energie erzeugt wird. Haben Sie das gesehen?
FM: Ich denke, es ist vor allem eine Zusammenarbeit, um eine internationale Basis auf dem Mond zu errichten und seine Ressourcen auszubeuten, um in andere wissenschaftliche Projekte einzusteigen. Aber ich bin mir dieser Vereinbarung nicht speziell vertraut. In jedem Fall muss zuerst die Frage der Legalität im Weltraum geklärt werden. Wem gehören der Mond und seine Ressourcen? Der ganzen Welt? Dem Land, das dort landet und bohrt? Was ist, wenn es sich um ein privates Unternehmen handelt? Was passiert im Falle eines Verbrechens? Es ist sehr kompliziert und Anwälte reißen sich die Haare aus bei diesem dornigen Thema.
JPP: Schließlich sind die Planeten des Sonnensystems nicht sehr gastfreundlich. Wenn man zum Beispiel an Titan denkt, den Trabanten des Saturns, auf dem die Huyghensonde 2005 landete (übrigens eine außergewöhnliche Leistung): Seen aus flüssigem Methan und Methanregen... Nicht sehr gut für Ihre Gesundheit... Auch der Mars ist kein Zuckerschlecken. Ich habe vor etwa 20 Jahren ein Buch über das "Terraforming" des Mars gelesen. Glauben Sie, dass Menschen auf dem Mars leben können?
FM: Nein, kein lokaler Planet ist im Moment gastfreundlich. Der Mars war vor Millionen von Jahren gastfreundlich, als er mit Wasser bedeckt war, aber jetzt ist er es nicht mehr. Der Mars ist nicht viel besser als der Rest: wenig oder keine Atmosphäre, dünne Eisenerde, unzureichende Schwerkraft, um dort langfristig zu überleben (es sei denn, man bleibt über Generationen dort). Eine Kolonie auf dem Mars zu gründen ist eine gute Idee, sie ist aus vielen wissenschaftlichen, biologischen, menschlichen, wirtschaftlichen Gründen usw. notwendig, aber man muss damit rechnen, dass man nur sehr kurz dort bleiben wird. Sie müssen planen, dort für eine sehr kurze Zeit oder für den Rest Ihres Lebens zu bleiben.
JPP: Wir müssen also Menschen durch Roboter ersetzen. Können wir uns vorstellen, dass Sonnenplaneten von Robotern bevölkert werden, die sie ausbeuten und die seltenen Metalle, die sie dort finden, zurückbringen? Diamanten? Gold? Steuern wir auf einen Rückgang der bemannten Flüge und auf eine Robotisierung mit künstlicher Intelligenz zu?
FM: Roboter sind notwendig, um für uns auszukundschaften, aber wir können nicht durch Roboter ersetzt werden. Die Sache mit dem Menschen ist, dass er anpassungsfähig und neugierig ist, was Roboter noch nicht replizieren können. Menschen werden aus Neugier gegen ihre Befehle verstoßen, wenn sie glauben, dass es langfristig von Vorteil ist. Der Einsatz von Robotern ist jedoch notwendig. Je größer die Schiffe sind, desto höher ist die Rate der mechanischen Ausfälle pro Sekunde. Nur eine künstliche Intelligenz wird in der Lage sein, alle Reparaturen für ein Schiff mit hundert oder mehr Insassen rechtzeitig durchzuführen. Wie auf der Erde können die Mechanisierung und der Einsatz von Robotern bei großen Weltraumprojekten helfen, aber nicht alles ersetzen.
JPP: Ich habe auch gehört, dass es Pläne gibt, Meteoriten mit Robotern abzubauen, die auf ihnen landen und mit einer Ladung Rohmaterial zurückkehren, das sie sozusagen mit dem Fallschirm zur Erde zurückbringen? Ich habe gelesen, dass Luxemburg, das über viel Kapital verfügt, zu diesem Zweck eine Agentur eingerichtet hat.
FM: Ja, der Asteroidenabbau ist eine der großen Aufgaben, die erledigt werden müssen, um Raumhäfen zu schaffen und eine friedliche Expansion in den Weltraum und zumindest in das Sonnensystem zu beginnen. ESA und NASA haben große Projekte in dieser Richtung. So soll Psyche, die vierzehnte Weltraummission des Discovery-Programms der NASA, den metallischen Asteroiden 16-Psyche untersuchen, der möglicherweise zum Teil der Überrest des Eisenkerns eines uralten Protoplaneten ist, der durch eine heftige Kollision mit einem anderen Objekt entstand, bei der seine äußeren Schichten abgerissen wurden. Das wissenschaftliche Ziel der Mission ist es, die Eigenschaften dieses atypischen Asteroiden zu identifizieren und Daten über den Entstehungsprozess von Planetenkernen anderswo im Sonnensystem zu sammeln. Aber mit dieser Art von Daten werden wir auch in der Lage sein, zu bestimmen, wie profitabel der Abbau eines Asteroiden in der Zukunft sein kann.
JPP: Auf jeden Fall wird die Erforschung des Weltraums zunehmend der Künstlichen Intelligenz anvertraut werden, weil sie schneller und durch die Kombination von unendlich mehr Elementen rechnet als das menschliche Gehirn, oder?
FM: Die Berechnung von Flugbahnen und Manövern von Raumfahrzeugen wird schon lange von Computern übernommen. In dieser Hinsicht wird sich nichts ändern. Computer, KIs und Roboter sind Werkzeuge für den Menschen. Sie müssen gepflegt und sachgemäß behandelt werden. Dann sind sie äußerst nützlich. Aber sie werden den Menschen für die Erkundung nie vollständig ersetzen.
JPP: Sie arbeiten in einem generationenübergreifenden Bereich in dem Sinne, dass das, worüber wir sprechen, Ihre Urenkel erleben werden. Vor allem Sie, die sich mehr für interstellare Reisen, also zu anderen Konstellationen, interessieren. Ist es nicht entmutigend, die Ergebnisse der eigenen Arbeit nicht zu sehen?
FM: Ich arbeite hauptsächlich in der Astrophysik, wo ich tote Sterne studiere, Galaxien, die vor mir existiert haben und nach mir und dem Sternenstaub, aus dem wir gemacht sind, existieren werden,. Bei einem Großteil der heutigen Forschung geht es darum, ein Kapital an Wissen zu errichten, die kluge Köpfe vor mir vor über zwei Jahrtausenden begonnen haben und die zukünftige Generationen weiter aufbauen werden. Ich bin nur ein winziger Bruchteil dieser großen Bibliothek des Wissens. Mir ist klar, dass ich nicht alle Früchte meiner Arbeit sehen werde, aber das ist nicht mein oberstes Ziel.
JPP: Sie haben bereits zwei Vorträge in unserem Verein gehalten, einen in dem Lieu d'Europe und einen weiteren in der Villa Schutzenberger über Ihr Projekt, in die Centaur-Konstellation zu reisen. Ist das immer noch Ihr Ziel?
FM: Ich arbeite in der Tat an der Erforschung des Weltraums durch den Menschen über Zeiträume, die länger sind als die eines normalen Menschen: Weltraumschiffe und Mehrgenerationenpopulationen. Meine Forschung besteht darin, herauszufinden, ob und wie Forschungsschiffe mit großen Populationen eines Tages zu anderen Sonnensystemen, wie Alpha Centauri, reisen könnten. Ich arbeite weiter in diesem faszinierenden und zukunftsweisenden Forschungsgebiet. Unser kleines Team von freiwilligen Forschern arbeitet immer noch hart, aber wir würden Hilfe und Ratschläge aus der Gemeinschaft der Geistes- und Sozialwissenschaften zu einem solch komplexen Thema begrüßen.
JPP: Ich denke, wir sollten ein Symposium zu diesem riesigen Projekt veranstalten. Danke, Dr. Marin. Ich möchte darauf hinweisen, dass unsere Freundin Elisa Mayböck, ein Mitglied unseres Vorstands, im September ein weiteres Interview mit Ihnen zu diesen Themen in englischer Sprache führen wird.
FM: Es wird mir eine große Freude sein.

 Der LInk zum Interview auf französisch:
  https://youtu.be/KYm7H-mZ9ro    

Nach Covid-19 bedrohen uns weitere Tierviren...

Die Berufung eines Tierarztes in den Wissenschaftlichen Rat zum Covid-19 in Frankreich unterstrich die Notwendigkeit, neben den Spezialisten für menschliche Gesundhei,  auch Tierärzte einzubeziehen. Zoonosen, Krankheiten tierischen Ursprungs, könnten in Zukunft tatsächlich immer zahlreicher werden. Dieses Phänomen, das sich in der Jungsteinzeit mit der Domestizierung von Tieren äußerte, verbreitet seit mehreren Jahrtausenden die großen epidemischen Infektionskrankheiten, wie es der amerikanische Professor Jarred Diamond in seinem berühmten Buch "Guns, Germs, and Steel" so gut dargestellt hat, das 1998 den Pullitzer-Preis gewann und einen mindestens so großen Welterfolg verdient hätte wie derjenige von Yuhal Harari mit seinem "Sapiens", ganz einfach, weil es wahrer, realitätsnäher, wissenschaftlicher ist. Nun, das Virus-Phänomen wird sich noch verstärken und wir werden anders leben müssen. Wir haben es 2020-21 mit den neuen Impstoffen fast geschaft und wir werden „die Welt davor“ nicht mehr zurückbekommen. Dieser Artikel von Radio France ist wichtig. Er warnt unsere Staatsbürger. Wir sind noch nicht am Ende der Probleme (Redaktion "C l'Europe", 1/03/2021)

Die kürzlich erfolgte Ernennung eines Spezialisten für Tiergesundheit in den französischen Wissenschaftlichen Rat zum Covid-19, die von vielen Experten im vergangenen Jahr gefordert wurde, ist ein starkes Symbol: Sie zeigt, dass es notwendig ist, Kompetenzen zu bündeln, um neue Krankheiten zu verhindern, deren Auftreten sich vervielfacht: 60 Prozent der bestehenden menschlichen Krankheiten sind heute zoonotisch, stammen also aus der Tierwelt, und 75 Prozent der neu auftretenden Krankheiten sind ebenfalls zoonotisch. Viren, Bakterien oder Parasiten "überspringen" die Artenschranke, um den Menschen zu infizieren, meist über Haustiere. Daher das Konzept des Zusammenschlusses von Disziplinen namens "One Health", das Anfang der 2000er Jahre in internationalen Wissenschaftskreisen geboren wurde.

Ärzte, Tierärzte, Landwirte und Dorfvorsteher mobilisiert


In diesem Geiste fand Mitte Januar 2021 unter der Schirmherrschaft Frankreichs der One Planet Summit in Paris statt. Dadurch wurde es möglich, die Prezode-Initiative zu starten - deren Ziel es ist, zukünftige Gesundheitskrisen zu verhindern, indem diese Krankheiten bei Tieren frühzeitig erkannt werden, um zu reagieren, bevor sie „die Artengrenze überspringen" und sich unter Menschen ausbreiten.

Die Abteilung für Tiergesundheit des CIRAD (Center for International Cooperation in Research for Agronomic Development) hat daher das französisch-australische Projekt der Ausvet-Gruppe in Indonesien bewertet. Unter dem Namen iSIHKNAS (Indonesia's National Animal Health and Production Information System) wurde insbesondere eine Handy-Anwendung entwickelt, mit der Informationen über Krankheitsfälle, die in Haustierfarmen festgestellt wurden, und sogar Fälle von Kontaminationen beim Menschen ausgetauscht und gemeldet werden können.

Dieses Werkzeug bringt Viehzüchter (Rinder und Geflügel), Dorfvorsteher, Klinikleiter, Distriktveterinäre und höhere Ebenen zusammen. Auf diese Weise weiß jeder, was in seinem Dorf und in den Nachbardörfern passiert, und vor allem können die Gesundheitsbehörden in Echtzeit entsprechende Maßnahmen ergreifen. In Indonesien sind fünf Millionen Nutztierhalter mit dieser Anwendung ausgestattet.

Fast 800.000 Viren bedrohen uns

Solche Überwachungsnetzwerke sind umso notwendiger, als sich die Zoonosen in den letzten Jahrzehnten vervielfacht haben. Und alles deutet darauf hin, dass Covid-19 den Beginn einer pandemischen Epidemie markiert. "Vor dem 20. Jahrhundert erlebte die Welt etwa alle hundert Jahre eine Pandemie, erklärt Benjamin Roche, Öko-Epidemiologe am IRD (Institute for Research on Development). Aber seit Beginn des 21. Jahrhunderts erlebten wir schon sechs davon!"

Im Jahr 2003 tauchte das erste SARS-CoV-1 (also ein Coronavirus) auf und verursachte das "schwere akute respiratorische Syndrom", kurz SARS, das zunächst in China auftrat und dann weltweit Panik auslöste.

In den Jahren 2009-2010 trat die Influenza A (H1N1), bekannt als "Schweinegrippe", in Mexiko auf und wurde von der WHO schnell als Pandemie eingestuft. Seitdem wütet es weltweit.

Im Jahr 2012 tauchte MERS-CoV (ein weiteres Coronavirus) in Saudi-Arabien auf und breitete sich auf mehrere andere Länder im Nahen Osten aus. Sie ist auch in Südkorea zu finden.

Im Jahr 2013 in Polynesien und dann 2015 in Brasilien richtet das Zika-Fieber verheerende Schäden an.

Schließlich kommt es 2014 in Westafrika zur größten Ebolafieber-Epidemie, die je auf dem Kontinent aufgetreten ist (Afrika, wo sich die Krankheit seit ihrem Auftreten im Sudan und Kongo 1976 in aller Stille gehalten hat).

Und die Liste wird wahrscheinlich in rasantem Tempo wachsen. Im Oktober 2019 warnte eine Gruppe von 22 internationalen Experten der IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), der Benjamin Roche angehört: "Es gibt schätzungsweise 1,7 Millionen 'unentdeckte' Viren, die derzeit in Säugetieren und Vögeln vorkommen, von denen 827.000 möglicherweise die Fähigkeit haben, Menschen zu infizieren“.

Abnahme der Artenvielfalt: ein gefundenes Fressen für neue Viren

Zu den Ursachen für neue Krankheiten gehört der Verlust der Artenvielfalt. Wenn sie, wie alle Pandemien, ihren Ursprung in von Tieren übertragenen Mikroben findet, verdankt Covid-19 ihre Entstehung der Intensivierung menschlicher Aktivitäten. Veränderungen in der Landnutzung, die Ausweitung und Intensivierung der Landwirtschaft sowie nicht nachhaltiger Handel, Produktion und Konsum erhöhen den Kontakt zwischen Wildtieren, Nutztieren, Krankheitserregern und Menschen. Dies ist ein Weg, der geradewegs zu Pandemien führt, erklärt der IPBES-Abschlussbericht.

In einer unberührten oder durch menschliche Aktivitäten wenig gestörten Wildnis herrscht eine Art Gleichgewicht zwischen Wildtieren und den Mikroben (Viren, Bakterien und Parasiten), die sie tragen. Dies wird als Verdünnungseffekt bezeichnet. Ein hohes Maß an Biodiversität ermöglicht es, die Mikroben in der Vielfalt der Wildarten zu 'verdünnen'", erklärt Benjamin Roche. Dies wurde wiederholt in den Vereinigten Staaten beobachtet, wo die Lyme-Borreliose [die von Zecken übertragen wird] in den Bundesstaaten, in denen die Artenvielfalt am meisten zerstört wirden ist, stark zunimmt. Im Fall des West-Nil-Fiebers [das in den späten 1990er Jahren in die Vereinigten Staaten kam und von Moskitos auf Vögel übertragen wurde, bevor es auf Pferde und Menschen überging] wurde festgestellt, dass die Staaten mit den wenigsten Fällen die größte Vielfalt an Vögeln hatten. „Im Fall des Ebola-Virus in Afrika", fährt der Öko-Epidemiologe fort, "wurde festgestellt, dass es sich vor allem in abgeholzten Gebieten ausbreitet, weil Fledermäuse, die aus Wald-Ökosystemen stammen, gezwungen sind, sich immer näher an Dörfer und Städte in der Nähe dieser Ökosysteme zu begeben: Dort findet die Übertragung auf den Menschen statt, und dann erfolgt die Übertragung von Mensch zu Mensch".

WHO hinkt hinterher


Darüber hinaus verbreiten sich mit der Globalisierung Mikroben, ob Viren oder Bakterien, mit der Geschwindigkeit des heutigen Verkehrs um die Welt, kleben an den Rädern von Lastwagen, stecken im Gepäck von Reisenden oder in den Laderäumen von Flugzeugen und Containern auf Frachtschiffen. Es sind also die menschlichen Aktivitäten in ihrer Gesamtheit, die den Cocktail bilden, der das Auftreten von Zoonosen und damit von Pandemien auslöst.

Diese Pandemien werden daher in Zukunft wahrscheinlich immer zahlreicher auftreten. Dies umso mehr, als der Planet sich zwar auf sie vorbereitet, aber noch nicht dafür gerüstet ist, mit ihnen umzugehen. "Diese Verbindung zwischen Human- und Veterinärmedizin beginnt in den Ländern der nördlichen Hemisphäre", erklärt der Gesundheitshistoriker Patrick Zylberman, "aber in den Ländern des Südens sind wir davon noch weit entfernt. Letztere rufen sicherlich die WHO auf den Plan, aber die WHO hinkt mit einem lächerlichen Budget hinterher." Das Konzept von One Health, das dem gesunden Menschenverstand zu entsprechen scheint, steht nun vor einem Problem bei der Umsetzung in der Praxis. Es ist ungleichmäßig implementiert. Viren kennen keine Grenzen. (Anne Brunel, Radio France Investigation Unit - franceinfo. 27/02/2021)

Warum schaltet unser Gehirn bei Videokonferenzen aus...
(und wie man sich dagegen wehrt)?

"Die vielen Videokonferenzen, die durch die Telearbeit erzwungen werden, sind eine Quelle der mentalen Ermüdung“. (Jessica Komguen / franceinfo)

Unvermeidlich seit Beginn der Gesundheitskrise und der Verallgemeinerung der Telearbeit, sind Videobesprechungen eine Quelle der mentalen Erschöpfung. Einer der Gründe dafür ist der Mangel an nonverbaler Kommunikation während dieses Austauschs.

Eine Teamsitzung um 10 Uhr morgens, vier "Conf-Calls" mit Kunden am Nachmittag, nicht zu vergessen Skype mit der Familie um 19 Uhr, um den Geburtstag des jüngsten Kindes zu feiern... Mit der Gesundheitskrise sind Videokonferenzen ein fester Bestandteil unseres täglichen Lebens geworden. Im letzten Frühjahr wurde es sogar unerlässlich, die soziale Verbindung in unserem begrenzten Leben aufrechtzuerhalten.

Doch seither sind die Zoom-Apéros dem Phänomen der "Zoom-Müdigkeit "* gewichen, einem Gefühl der Erschöpfung angesichts der Häufung dieser virtuellen Treffen. „Neben der visuellen Ermüdung, die mit dem langen Fixieren eines Bildschirms zusammenhängt, sind Videokonferenzen vor allem eine Quelle geistiger Ermüdung", erklärt Nawal Abboub, Doktor der kognitiven Wissenschaften, gegenüber franceinfo. Und das aus gutem Grund: Eine Videodiskussion erfordert viel mehr Konzentration als ein Austausch von Angesicht zu Angesicht. Doch wie lässt sich das erklären?

Ein Mangel an nonverbalen Zeichen


Erstens, durch die Schwierigkeit, sich auf die Körpersprache der Gesprächspartner zu verlassen. Wenn wir in der Gegenwart von jemandem sind, zeigt z. B. ein Kopfnicken an, dass wir zuhören. Körperhaltung und Gesten können unseren Wunsch zu sprechen widerspiegeln. Das sind alles nonverbale Zeichen, oft unbewusst, die "ein klares Verstehen von Botschaften und Absichten während einer Interaktion erleichtern", aber bei Videokonferenzen weniger zahlreich sind, analysiert für franceinfo Marie Lacroix, Doktor der Neurowissenschaften. In der Tat ist es schwierig, die Gesten einer Person in einem Videogespräch zu erkennen, wenn die Kamera auf Schulterhöhe ausgerichtet ist. "Und um Störgeräusche zu vermeiden, neigen wir dazu, unser Mikrofon abzuschalten, wenn wir nicht sprechen können", ergänzt Marie Lacroix. Dann erkennen wir noch weniger Signale."
Das Gehirn muss sich daher stärker konzentrieren, um sich auf andere Indikatoren, wie z. B. den Tonfall oder die Mimik, zu verlassen. Aber selbst bei einer optimalen Internetverbindung stellt die Technik diese Informationen mit einer leichten Verzögerung zur Verfügung, was es unserem Gehirn noch schwerer macht. Das ist es, was Nawal Abboub "Desynchronität" nennt.

"Es ist eine Verschiebung, die in Millisekunden berechnet werden kann. Aber es ist genug, um dem Gehirn eine zusätzliche Anstrengung zuzumuten, die Realität zu rekonstruieren." (Nawal Abboub, Doktor der Kognitionswissenschaften )

Die Reduzierung und schlechte Qualität der Signale "zwingt uns, aufmerksamer zu sein, um zu folgen und auf Momente der Verwirrung im Gespräch vorbereitet zu sein", bestätigt Marie Lacroix. Videokonferenzen stören somit die Flüssigkeit und den Rhythmus des Austauschs, betonen die beiden Spezialisten. Sicherlich haben Sie diese Situation auch schon erlebt: Während der Videodiskussion tritt plötzlich eine Stille ein, die innerhalb weniger Sekunden bei Ihnen und Ihren Kollegen für Unbehagen sorgt, bis schließlich zwei von ihnen gleichzeitig sprechen.

"Die Verteilung der Sprache in einer Gruppe wird unbewusst durch nonverbale Zeichen geregelt. Daher wird es sehr schwierig, einen spontanen Rhythmus in einem Video zu finden." (Marie Lacroix, Doktorin der Neurowissenschaften)

Vor allem berauben uns Videotelefonate der "Synchronität im Austausch der Blicke", berichtet Marie Lacroix. Um den Eindruck zu erwecken, dem Gesprächspartner in die Augen zu schauen, müssen Sie die Kamera fixieren, was de facto verhindert, dass Sie gleichzeitig seine Reaktion auf dem Bildschirm beobachten können. Bei Videokonferenzen neigt daher jeder Teilnehmer dazu, seinen Blick auf dem Bildschirm zu halten und den anderen nicht direkt in die Augen zu sehen, sondern nur deren gefilmte Wiedergabe. „Während eines Gesprächs regt der Blickkontakt mit anderen jedoch das Aufmerksamkeitssystem an und fördert das Erinnerungsvermögen. So wird bei einem Video, in dem eine Person spricht, "unsere Aufmerksamkeit stärker erregt, wenn die sprechende Person in etwa 30 % der Zeit den Eindruck erweckt, uns anzuschauen", sagt Marie Lacroix und zitiert eine Studie zweier britischer Wissenschaftler*.

Noch überraschender ist, dass das Fehlen von Blickkontakt vom Gehirn als "Vermeidung von Blicken" interpretiert wird, bemerkt der Experte. Diese unbewusste und automatische Reaktion vermittelt "den Eindruck, dass die Person in der Defensive oder unaufmerksam ist", sagt sie. Ebenso führen Verzögerungen in Ton und Bild zu einer negativen Interpretation von Gesprächspartnern. Im Jahr 2014 zeigten deutsche Forscher, dass eine Verzögerung von 1,2 Sekunden ausreichen kann, um als weniger freundlich oder weniger konzentriert wahrgenommen zu werden*.

Wenn der Bildschirm zum  Spiegel wird

Wenn Videokonferenzen die Wahrnehmung anderer verändern, verändern sie auch die Art und Weise, wie wir uns selbst betrachten. Sich selbst auf dem Bildschirm zu sehen, während man mit anderen spricht, spielt auf Angst und geistige Ermüdung an. "Wenn Sie in einer Videokonferenz sind, wissen Sie, dass jeder Sie ansieht. Es ist wie auf einer Bühne, die sozialen Druck erzeugt und das Gefühl, dass man etwas leisten muss", sagt Marissa Shuffler, Professorin für Organisationspsychologie an der amerikanischen Universität Clemson, gegenüber der BBC*. Neben der Aufgabe, das Gespräch zu führen, fragt sich der Verstand ständig, welche Haltung er einnehmen soll oder konzentriert sich auf sein eigenes Gesicht.

Und in der heutigen Welt, in der beruflicher und privater Raum eins geworden sind, ist das Gehirn umso aufmerksamer für die kleinste Situation, in der wir uns in der Nähe unserer Kollegen unwohl fühlen: Was, wenn eines der Kinder in das Blickfeld der Kamera platzt? Oder die Katze klettert auf den Schreibtisch?

"Sie stellen Ihr Gehirn vor eine doppelte Aufgabe: Sie konzentrieren sich auf Ihren Gesprächspartner und auf sich selbst."

„Aber das Aufmerksamkeitssystem verarbeitet Informationen nicht parallel, sondern in Reihe", sagt der Spezialist. Und jeder Hin- und Rückweg zwischen Ihrem Gesicht und Ihrem Gesprächspartner ist energieaufwändig. Die Aufmerksamkeit, die man seinem Image schenkt, hängt auch von der Person ab, die man vor sich hat", sagt Abboub. Wenn Sie mit einem Kollegen, einem Mitarbeiter oder einem Vorgesetzten sprechen, befinden Sie sich nicht auf der gleichen Ebene der Ressourcen."

"Wo ist Charlie?"

Die Situation wird noch komplizierter, wenn es viele Teilnehmer in der Besprechung gibt. Der Galeriemodus, in dem Gesichter in kleinen Miniaturbildern angezeigt werden, ist hart für das Gehirn. "Es ist wie das Spiel 'Wo ist Charlie?'", veranschaulicht Marie Lacroix. "Man kann ziemlich allgemeine Dinge festhalten und sehen, ob das Publikum aufnahmebereit oder desinteressiert scheint, aber es ist schwieriger, jedem Aufmerksamkeit zu schenken", sagt sie. Ganz zu schweigen davon, dass ein Videoanruf nicht nur ein Bildschirm mit einem oder mehreren Gesichtern ist. "Es gibt auch einen Chat an der Seite und es können Benachrichtigungen erscheinen", sagt Abboub. Es gibt eine Menge Ablenkungen und das macht es noch schwieriger, sich zu konzentrieren."

Angesichts dieser Informationsflut schaltet das Gehirn in "kontinuierliche Teilaufmerksamkeit", so die Analyse von National Geographic, und jongliert mit einer Vielzahl von Aufgaben, ohne sich auf eine davon voll zu konzentrieren. Es ist, als würde man versuchen, gleichzeitig zu kochen und zu lesen", sagt das Medium.

Darüber hinaus werden durch die Gesundheitskrise Momente des Lebens, die normalerweise getrennt sind, nun per Videokonferenz zusammengeführt. "Stellen Sie sich vor, Sie gehen in eine Bar, und in derselben Bar sprechen Sie mit Ihren Lehrern, treffen Ihre Eltern oder verabreden sich mit ihnen. Genau das machen wir gerade [per Videokonferenz]", sagt Gianpiero Petriglieri, der am European Institute of Business Administration der BBC unterrichtet.

"Das Arbeiten auf Distanz zwingt uns einen einzigen Kanal auf, nämlich den Computer." (Marie Lacroix)

"Mentale Ermüdung entsteht durch die Anhäufung von Zeit, die mit der gleichen Aufgabe verbracht wird", sagt der Experte. Selbst beim Jonglieren zwischen Geschäftsterminen und Videotelefonaten mit Freunden bleibt die Aktivität ähnlich und führt daher zu Erschöpfung. Vor allem, wenn die Teilnehmer während dieser Videokonferenzen nicht sehr aktiv sind. "Es mag kontraintuitiv erscheinen, aber passiv [vor einem Computer] zu bleiben, verbraucht noch mehr Energie", fügt Abboub hinzu und vergleicht die Situation mit der "sehr ermüdenden" Arbeit von Videoüberwachungsexperten, die ständig Bildschirme abtasten.

Hüten Sie sich vor "Visionitis

Wie können wir uns also vor dieser Ermüdung schützen? Denken Sie daran, zuerst visuelle Pausen zu machen. "Heben Sie alle zwanzig Minuten den Blick vom Bildschirm und schauen Sie zwanzig Sekunden lang zwanzig Meter vor sich", empfiehlt Marie Lacroix, Mitbegründerin von Cog'X, einer Agentur, die Unternehmen in Sachen Kognitionswissenschaften berät. Eine andere Möglichkeit ist es, kürzere Besprechungszeiten festzulegen, um eine Erholungszeit zu ermöglichen.

Auch der systematische Einsatz von Kameras gehört der Vergangenheit an. "Sie können es zu Beginn des Meetings einschalten, um Neuigkeiten von anderen zu erfahren, um diesen Moment der Interaktion zu erhalten", schlägt Marie Lacroix vor. Dann schalten Sie es aus, wenn wir zu den eher technischen Aspekten der Diskussion kommen, damit sich alle auf den Inhalt konzentrieren können."

Um das Fehlen einiger der nonverbalen Zeichen zu kompensieren, schlägt Nawal Abboub, Mitbegründerin der Beratungsagentur Rising Up, vor, "mehr mit der Stimme zu spielen" oder "die Mimik zu verstärken", um die Aufmerksamkeit des Publikums zu gewinnen. Das Aufstellen von expliziten Regeln macht den Austausch auch flüssiger: Heben Sie die Hand, um zu sprechen, stellen Sie Fragen im Chatroom.

"Wir sollten auch nicht in das Sehsyndrom verfallen", sagt Abboub, der dazu ermutigt, sich mit anderen Kommunikationsarten abzuwechseln. "Wir können uns auch gegenseitig anrufen, Nachrichten schicken und an gemeinsamen Dokumenten arbeiten", erklärt sie. Laut Abboub ist der beste Ratschlag für die Anpassung, "die Arbeitsweise unseres Gehirns kennenzulernen. "Es ist kein Computer, der gleichzeitig Powerpoint und Excel ausführen kann", schmunzelt der Wissenschaftler.

* Mit einem Sternchen markierte Links verweisen auf Artikel in englischer Sprache. (Artikel von Alice Galopin - auf der Seite von France Télévisions, franceinfo, 08.02.2021)

Klimakrise: "Das Treibhaus wird weiter angeheizt" -   Interview mit dem Klimaforscher Manfred Fischedick

Der Klimaforscher Manfred Fischedick, 55 Jahre alt, erklärt, warum die Corona-Pandemie eine Chance für den Kampf gegen den Klimawandel sein kann und was wir von Corona lernen können. Er ist wissenschaftlicher Geschäftsführer des Wuppertaler Instituts für Klima, Umwelt und Energie. Der Energie- und Klimaforscher ist Mitglied des Weltklimarates und Mitautor des nächsten Sachstandberichts über den globalen Forschungsstand zu den Auswirkungen der Erwärmung.

t-online.de: Durch die Corona-Krise stehen große Teile der weltweiten Produktion still, auch die Flug- und Schiffsbewegungen sind stark zurückgegangen. Die CO2-Emissionen sind so gering wie lange nicht. Kann der Planet jetzt endlich durchatmen?

Manfred Fischedick: Nein, kann er nicht. Am Ende des Tages sind es ja die über viele Jahre angehäuften Emissionen, die den Treibhauseffekt ausmachen. Es wird zwar weniger CO2 ausgestoßen als im vergangenen Jahr. Aber ausgestoßen wird ja dennoch. Dadurch erhöht sich die Konzentration der Treibhausgase in der Atmosphäre. Das Treibhaus wird also weiter angeheizt. Deswegen ist es unbedingt notwendig, dass wir schnell in Richtung Treibhausgasneutralität kommen. Da haben wir jetzt zwar einen Schritt in die richtige Richtung gemacht – wenn auch unfreiwillig – aber wir sind längst noch nicht bei dem Ziel, das wir erreichen müssen.

Dieses Ziel mussten wir auch schon vor der Corona-Pandemie erreichen. Was hat sich durch die Krise verändert?

Die Emissionen sind vor allem im Wirtschaftsbereich runtergegangen. Mit der Belebung der Wirtschaft werden wie unter anderem in Deutschland sehen, dass wir bei den Emissionen relativ schnell wieder auf das alte Niveau zurückkommen. Wir müssen jetzt alles dafür tun, dass wir aus der Corona-Krise lernen und nicht einfach wieder zum "Business as Usual" zurückgehen. (Ein Interview von Tim Blumenstein, t-online.de, 09.08.2020)

Erleben wir eine dauerhafte Mutation?

In einem Interview, das am 5. August 2020 im Magazin Paris-Match veröffentlicht wurde, beantwortete der ehemalige Staatspräsident Nicolas Sarkozy eine Frage, die auf die Gesundheitskrise anspielte: "Sollen wir verstehen, dass Sie die Unterscheidung zwischen der 'Vorher-Welt' und der 'Nachher-Welt' nicht bejahen? ». Gemeint war, ob die Covid-Krise das Leben und Verhalten der Menschen verändern würde. Der ehemalige Präsident antwortete schnurstracks:

"Natürlich nicht! Ich bejahe nicht diesen Unterschied zwischen dem Vorher und dem Danach! Was könnte künstlicher sein als diese Art von Debatte? Nichts wird so schnell altmodisch wie die Mode. Das Leben ist immer stärker als selbst die schrecklichsten Umstände. Eine Gesundheitskrise würde uns in eine andere Welt drängen? Man sollte den Schriftsteller Jean Giono lesen, der in seinem Roman "Der Husar auf dem Dach" das im 19. Jahrhundert von der Cholera heimgesuchte Frankreich beschreibt. Und die die spanische Grippe, nach dem Ersten Weltkrieg, sowie die Grippe von 1968, hat man sie nicht vergessen ? Sie haben Frankreich getroffen, aber sie haben es nicht verwandelt“.

Vielleicht hat sich der ehemalige Präsident der Republik doch geirrt. Die breiten Alleen, die die Gassen in unseren Städten ersetzten, waren Teil der Antwort auf die Gesundheitsunsicherheit nach der Choleraepidemie im 19. Jahrhundert, ebenso wie die Rohre und Abwasserkanäle und die Desinfektion und die Sterilisation, die heute allgegenwärtig sind, auch in der Lebensmittelindustrie. Darüber hinaus berücksichtigen seine Bemerkungen nicht die digitale zwischenmenschliche Verbindung, die zur Zeit der Cholera nicht existierte.

Die Seuchen des Mittelalters haben den Fortschritt gebremst, weil das Massensterben zu einer Zeit, als Handarbeit alles beherrschte, Stagnation oder Rückschritt verursachte. Veile Männer mussten dann zeitgleich mehrere Berufe ausüben. In manchen Regionen konnten sich in der Kirchenarchitektur die gothische Bauweise nicht durchsetzen und man blieb beim romanischen Bogen. In der Mitte des 19. Jahrhunderts war es nicht viel anders. Aber inzwischen hat sich im Handel und in der Industrie die Automation durchgesetzt und vor allem sind wir seit zwanzig Jahren in der digitalen Ära.

Zweifellos hat die Covid-19-Epidemie der elektronischen Kommunikation Auftrieb gegeben. Diese hat das soziale Beziehungsnetz aufrechterhalten, zumindest bei denen, die sie nutzen, insbesondere dank der Heimarbeit am Computer, die viele Tabus gebrochen hat, insbesondere die kommerzielle und industrielle Aktivität vor Ort. „Distanzierung" hat sich oft als produktiver erwiesen als "Präsenz“. Die digitale Kommunikation hat einen Aufschwung erfahren und es stellte sich heraus, das Anwesenheit im Büro manchmal in der Werkstatt die Produktivität nicht unbedingt fördert. Manche Firmen haben ihre Büro und Produktionsflächen verkleinernund mait viel Geld sparen können.

Hinzukam, dass wir uns aus Angst vor der Ansteckung daran gewöhnt haben, nicht mehr mit Bargeld, also ohne Geldstücke und -scheine, zu bezahlen. Für ein Brot oder ein Liter Milch haben wir mit dem Kreditcard, also mit digitalem Geld, bezahlt. Man kann wetten, dass diese Systematisierung des unsichtbaren Geldes zur Gewohnheit werden wird. Ist das kein Zivlisationswandel?

Im Alltag hat sich die Kluft zwischen den Menschen vergrößert. Wir haben gelernt, einander aus dem Weg zu gehen. Abgesehen von den stark kritisierten Verweigerern der Sicherheitsmaßnahmen praktizieren wir die zivile Distanz. Diese Angewohnheit wird nicht so schnell verschwinden. Das Reiseaufkommen ist zurückgegangen, die Branche der touristischen Luftfahrt hat eine vorübergehende Wachstumsverlangsamung erfahren und neue Prioritäten sind entstanden. Wer weiß, ob sich die Mentalitäten nicht geändert haben? Das wir uns die Zukunft zeigen. Einige haben gelernt, sich in die Zukunft zu projzieren, statt fûr die nächste Woche, den nächsten Monat die vier oder fünf nächsten Jahre zu planen. Ein Problem für die Politik, die nur bis zur nächsten Wahl denkt.

Die Angst vor der Seuche war keine "Modeerscheinung". Es war etwas Tieferes und Ernsteres. Wir haben in dieser Krise gelernt, dass die Menschheit sehr schnell verschwinden kann, nachdem ihre Wirtschaft zusammengebrochen und die Zivilisation vor barbarischen Brauchen und Sitten gewichen ist. Vielleicht wird das unsere Empfindlichkeit für das erste Problme unserer Zeit, den drohenden Klimawechsel , aber auch für das zweitgrösste Problem des Jahrhunderts, die Überbewölkerung  der Erde und die drohende Massenmigration schärfen. Diese Probleme sind in den Hintergrund hinter dem Covid-19 verdrängt worden ist und jetzt kommen sie wie ein Tornado auf uns zu. Der französische Präsident Emmanuel Macron will aus guten Gründen den Umweltschutz am Anfang der französischen Verfassung aufschreiben lassen und dafür eine Volksabstimmung durchführen. (JPP - 10. Dezember 2020)


Neue Vorratsdatenspeicherung und Verschlüsselungsverbot in der EU

Durch zwei „Leaks“ von bisher geheimen Dok EU: umenten des Europäischen Rates stehen die Möglichkeit einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ sowie der Entschlüsselung von Kommunikation für Sicherheitsbehörden als mögliche Rechtsetzungsprojekte im Raum. Der nachfolgende Beitrag behandelt die Vorratsdatenspeicherung und die geplanten Projekte einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ und des Zugriffs von Sicherheitsbehörden auf verschlüsselte Kommunikation.

Was ist Vorratsdatenspeicherung?

Die Idee der Vorratsdatenspeicherung ist die generelle Speicherung von diversen Verkehrs- Standort und Telekommunikationsdaten durch den Anbieter öffentlich zugänglicher elektronischer Kommunikationsdienste (zumeist Telefon und Internet Provider). Diese Daten mussten nach der RL 2006/24/EG 6 Monate auf Vorrat gespeichert werden.[1] . Der Begriff der auf Vorrat zu speichernden Daten ist ein sehr ungenauer. Um herauszufinden welche Daten gespeichert werden, hat der Politiker Malte Spitz seine (Vorrats-)Daten aus dem Zeitraum August 2009 bis Februar 2010, die er erst nach erfolgreicher Klagsführung ausgehändigt bekam, veröffentlicht. Darunter fanden sich Daten über eingehende und Ausgehende Anrufe und Nachrichten, ein komplettes Bewegungsprofil aufgrund der Verbindungsdaten oder auch die Dauer der Internetverbindung. Es war möglich daraus den Arbeitsweg, Restaurantaufenthalte oder auch Geschäftsmeetings und Telefonate akkurat abzulesen.[2] Ziel der Vorratsdatenspeicherung war die Harmonisierung der Vorratsdatenspeicherung in den Mitgliedsstaaten, um sicherzustellen, dass die Daten zum Zweck der Ermittlung, Feststellung und Verfolgung von schweren Straftaten zur Verfügung stehen.[3] Die Idee war somit ein europäisches Instrument für die Aufklärung schwerer Straftaten zu schaffen. Hintergrund der Initiative waren die schweren Terroranschläge in Madrid 2004.

Umsetzung in Österreich:

Die Richtlinie wurde nach einigen Kontroversen im Mai 2011 durch die Implementierung der entsprechenden gesetzlichen Bestimmungen in das Telekommunikationsgesetzz 2003 (TKG 2003) umgesetzt.
Zentrale Norm dabei war der § 102a TKG 2003[4], der Anbietern von Internet-Zugangsdiensten (Host-Provider), öffentliche Telefondienste und E-Mail Dienste zur Speicherung einer Vielzahl von Daten verpflichtete. Darunter unter anderem:
 
  • Name, Anschrift und Teilnehmerkennung des Teilnehmers
  • IP-Adressen
  • ISMSI, ISMEI und Standortkennungen (Cell-ID)
  • Datum, Uhrzeit, Kommunikationsbeginn und Zeitzone
  • uvm
 Aufhebung der Vorratsdatenspeicherung

Der EuGH hat mit seinem Urteil vom 8.4.2014[5] die Richtlinie zur Vorratsdatenspeicherung wegen dem Verstoß gegen Art 7 der europäischen Grundrechtecharta (GRC) aufgehoben. Die nach der RL 2006/24/EG vorgeschriebene Vorratsdatenspeicherung stellte einen besonders schwerwiegenden Eingriff in die in Art 7 GRC verankerten Rechte dar.[6] Dieses Grundrecht verlangt, dass sich die Ausnahmen auf das absolut notwendige beschränken müssen.[7] Die Verhältnismäßigkeit des Eingriffs war nicht erfüllt und somit rechtswidrig. Nicht nur die Speicherfrist , der wirksame Schutz vor Missbrauch und die Speicherfrist selbst wurden bemängelt, sondern auch die Tatsache, dass nicht gewährleistet war, dass die Vorratsdaten im Unionsgebiet gespeichert wurden.[8]

In Österreich wurden die entsprechenden Bestimmungen des TKG 2003, des Sicherheitspolizeigesetzes und der Strafprozessordnung mit dem Urteil vom 27.6.2014[9] vom VfGH aufgehoben. Die wegen Verfassungswidrigkeit aufgehobenen Regelungen traten mit 1.7.2014 außer Kraft.

Geleakte Statements des Rates

Am 12.11.2020 veröffentlichte die NGO „statewatch“ ein internes Dokument des Rates vom 9.11.2020.[10] Gegenstand dieser Schlussfolgerung des Rates sind die inneren Sicherheit und die Europäischen Polizeipartnerschaft. Explizit genannt und verurteilt werden die Anschläge in Österreich (Wien), Deutschland und Frankreich.
Unter dem mit „Die Zukunft gestalten und mit dem technologischen Fortschritt Schritt halten“ überschriebenen Kapitel, werden die Absichten des Rates konkretisiert. Es wird der Wert von künstlicher Intelligenz zur Gewährleistung der Sicherheit sowie zur Verhütung, Ermittlung und Verfolgung von Verbrechen in der gesamten EU betont. Die Erkennung von Mustern, die Identifikation von Opfern und Tätern sowie die Identifikation der Orte an denen Straftaten passieren, seien zur Senkung der Kosten und zur Senkung der psychologischen Belastung bei sexuellen Verbrechen und Hassverbrechen potentiell verringerbar. Betont wird auch die Notwendigkeit, dass der Einsatz solcher Systeme mit dem Datenschutz und den Grundrechten in Einklang gebracht werden müssen. Ein Ergebnis soll – möglicherweise unter Berücksichtigung des Verbots von Profiling im Datenschutzrecht – immer der menschlichen Entscheidung unterworfen werden.

Interessantes führt der Rat vor allem zur Verschlüsselung aus: 

Verschlüsselung sei ein Vertrauensanker der Digitalisierung, der gefördert werden soll. Der rechtmäßige Zugang für Strafverfolgungs- und Justizzwecke müsse aber erhalten bleiben. Es müsse bei sorgfältiger Abwägung der Interessen nach technischen Lösungen für den rechtmäßigen Zugang zu verschlüsselten Daten gesucht werden. Das bedeutet wohl nichts anderes als die Schaffung von technischen Möglichkeit zur Entschlüsselung von verschlüsselter Kommunikation für Strafverfolgungsbehörden.

Besonders hellhörig lässt vor allem folgende Passage werden:
„RECALLS the need for a balanced framework for targeted data retention, which effectively allows access to the information needed to combat serious crime, as well as the swift adoption of legislation on access to cross-border electronic evidence.“
Der Vergleich zur grundrechtswidrigen RL 2006/24/EG, drängt sich auf sich schon alleine aufgrund der Terminologie auf:
„ DIRECTIVE 2006/24/EC OF THE EUROPEAN PARLIAMENT AND OF THE COUNCIL of 15 March 2006 on the retention of data generated or processed in connection with the provision of publicly available electronic communications services or of public communications networks“
Es geht also um eine nicht näher definierte „gezielte Vorratsdatenspeicherung“ von Daten für Zwecke von Justiz und Strafverfolgung.

Zweites geleaktes Statement des Rates: Möglichkeit zur Entschlüsselung von Ende-zu-Ende verschlüsselter Kommunikation

Auch aufgrund eines weiteren Dokuments des Rates, dass dem ORF vorliegt[11] hinterlässt diese Formulierung den Eindruck die Grund- und Freiheitsrechte in der EU einschränken zu wollen. Im geleakten Dokument des Rates vom 6.11.2020 wird formuliert, dass es für Sicherheitsbehörden und die Strafjustiz die Möglichkeit geben muss auf relevante Daten auch in der digitalen Welt zuzugreifen.

„Protecting the privacy and security of communications through encryption and at the same time upholding the possibility for competent authorities in the area of security and criminal justiceto lawfully access relevant data for legitimate, clearly defined purposes infighting seriousand/or organizedcrimesand terrorism, including in the digital world, are extremely important. Any actions taken have to balance these interests carefully.“

Fazit und Ausblick

Die Absicht des Rates aufgrund der jüngsten Terroranschläge sowohl die Ende-zu-Ende-Verschlüsselung durch Zugriffsmöglichkeiten für Strafverfolgungsbehörden als auch die Absicht zur Einführung eines so unbestimmten Werkzeugs wie einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ hinterlässt wohl nicht nur bei Datenschützern ein ungutes Gefühl. Die vom EuGH bei der Aufhebung der Vorratsdatenspeicherung erwähnte Verhältnismäßigkeit wird bei der voraussichtlich neu entstehenden Rechtsvorschrift besonders zu berücksichtigen sein. Es handelt sich hierbei um einen – bisher nur geplanten – höchst sensiblen Eingriff in die Grund- und Freiheitsrechte jedes Unionsbürgers. In Ansätzen erinnern diese Gesetzgebungsabsichten des Rates an Länder wie China in denen das Regime die totale Überwachung der Staatsbürger anstrebt. Ein nicht gerade wünschenswerter Zustand. Vor allem da die inzwischen wieder abgeschaffte Vorratsdatenspeicherung nicht zur Aufklärung von mehr Straftaten (in Deutschland wurde eine 0,006% höhere Aufklärungsquote erreicht)[12], sondern nur zur Einschränkung der Grundrechte beigetragen hat.

Dennoch gilt: „Nichts wird so heiß gegessen wie es gekocht wird“

Selbst bei einer Rechtsetzung in dieser Diktion ist die Europäische Union auf die Zusammenarbeit mit den zumeist US-amerikanischen Diensteanbietern angewiesen. Diese haben sich auch in den USA nicht unbedingt kooperativ verhalten und betonen, dass sie die Privatsphäre der Kunden über staatliche Interessen stellen. Auch die Einführung einer neuerlichen Vorratsdatenspeicherung ohne umfassende Maßnahmen, um die Grund- und Freiheitsrechte der Unionsbürger zu wahren, würde spätestens am EuGH scheitern. Bedenkt man das Engagement der Zivilgesellschaft vor der Einführung der ersten Vorratsdatenspeicherung, könnte nicht nur die rechtliche Ausgestaltung, sondern auch der politische Wille – zumindest in Mitgliedsstaaten in denen bald gewählt wird – enden wollend sein. (Dominik Possert. 22.11.2020)

[1] Kolb, Die Begriffe in der RL 2006/24/EG (Vorratsdatenspeicherungsrichtlinie), Jahrbuch Datenschutzrecht 2010, 237
[2] https://www.zeit.de/digital/datenschutz/2011-02/vorratsdaten-malte-spitz
[3] Vgl Art 1 (1) RL 2006/24/EG.
[4] https://www.ris.bka.gv.at/eli/bgbl/i/2003/70/P102a/NOR40128485
[5] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12 (Digital Rights Ireland Ltd gg Minister for Communications, Marine and Natural Resources, Minister for Justice, Equality and Law Reform, Commissioner of the Garda Síochána, Irland, The Attorney General; Kärntner Landesregierung).
[6] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 39.
[7] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 52.
[8] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 66ff.
[9] VfGH 27.06.2014, G47/2012 ua.
[10] https://www.statewatch.org/media/1464/eu-council-draft-conclusions-internal-security-policing-11518-20-rev1.pdf
[11] https://files.orf.at/vietnam2/files/fm4/202045/783284_fh_st12143-re01en20_783284.pdf
[12] < https://www.heise.de/newsticker/meldung/Vorratsdatenspeicherung-fuer-eine-0-006-Prozentpunkte-hoehere-Aufklaerungsquote-151466.html >.

Grandes Puissances


Voici les premiers articles d'une rubrique que nous ouvrons ici et qui sera consacrée aux trois grandes puissances de notre temps : les deux principales, les États-Unis et la Chine, qui commencent à s'affronter avec les risques de guerre qui en découleront, et la troisième, la Russie, peut-être plus importante pour nous parce qu'elle et géographiquement proche.
Par ailleurs, l'Islam, sous ses diverses formes avance ses pions sur notre continent.
La Chine de Xi Jinping nous guette et achète des entreprises, des infrastructures et des hommes politiques en Europe occidentale.Son but et de dominer la planète d'ici 2050.
 Vladimir Poutine tisonne les glaces d’une nouvelle Guerre froide et vise à étendre son emprise sur des territoires voisins de chez lui et à influencer les Occidentaux.
Aux confins de l'Union Européenne, le Turc Erdogan nous fait chanter, se joue de nous et voudrait nous convertir à l'islam sunnite. Il a fait bâtir à Strasbourg, non loin du Conseil de l'Europe une énorme ambassade qui pourrait abriter une filiale  gouvernement.ale d'Ankara.
Le nouveau président américain Joe Biden semble avoir compris qu'une Europe forte lui est plus utile qu'une Europe faible et divisée. C'est une chance à saisir pour les Européens.
 Il faut connaître ces puissances pour nous affirmer en tant que République européenne des Droits de l'homme et de la Raison. . (Rédaction "C l'Europe", juillet 2021).

RUSSIE : C'est certain qu'après des siècles d'isolement par rapport à l'Europe occidentale, renforcé par sept décennie de régime communiste soviétique, la Russe a évolué dans un autre sens que le nôtre. Peut-être même les différences profondes qu'indique ci-dessous notre amie Anna Gichkina sont-elles plus anciennes encore. Ceci dit, la Russie n'est quand même pas aussi étrangère à l'Europe qu'on pourrait l'imaginer.. Elle parle une langue européenne et elle a hérité de la religion orthodoxe, partie orientale du christianisme après le schisme. De plus, nous avons connu dans l'après-guerre une philosophie assez proche de celle, russe, décrite ci-dessous par Anna Gichkina: l'existentialisme de Jean-Paul Sartre. Celui-ci a écrit "L'être et le néant", mais il est vrai que l'être était pour Sartre, sauf erreur,  plutôt "l'action" de l'homme et son "être là" qu'une intuition intérieure à la différence des philosophes russes

Sum ergo cogito ou la vision du monde à la russe

Ce petit texte représente encore une tentative de faire connaître ici en Occident la vision russe du monde.

Généralement, au premier coup d’œil, la Russie semble avoir beaucoup de points communs avec le monde occidental mais dès que l’analyse est faite au niveau des noyaux civilisationnels de ces deux cultures nous voyons qu’il s’agit de deux mondes différents. Ce postulat peut être démontré sur un exemple assez représentatif : l’attitude de ces deux mondes envers l’Être et sa perception (l’Être dans le sens « ce qui est », « Réalité », « Existence »). En m’appuyant sur les idées clés des plus grands philosophes russes de tous les temps (Soloviev, Frank, Leontiev, Kireevski, Dostïevski, Florenski), j’essayerai de vous exposer le panorama général du phénomène qui, faisant référence à Descartes, pourrait être reformulé comme « sum ergo cogito ».

Selon cette façon de voir les choses, inhabituelle pour l’esprit occidental, il est impossible de penser l’Être en passant par les voies extérieures à l’homme, car toute voie extérieure ne permet de percevoir l’Être que dans son apparence. Ainsi, il est nécessaire d’envisager la présence du témoignage intérieur, intra-humain, de l’Être sans lequel ce dernier ne peut jamais être perçu. Ce témoignage intérieur apparaît donc comme l’évidence et porte le nom de « la foi », mais non pas dans le sens de la foi aveugle et de l’acceptation de la Réalité sans argumentations mais de la foi comme évidence primaire, comme pénétration mystique dans l’Être. Cette thèse devient beaucoup plus claire quand on compare l’homme occidental à l’homme russe.

Depuis Descartes, Locke et Kant l’évidence pour l’homme occidental réside non pas dans l’Être mais dans la raison/conscience/connaissance. Pour un individu élevé dans les traditions et la mentalité occidentales, cet état des choses semble tout à fait cohérent et raisonnable et la thèse exposée plus haut, au contraire, lui paraît absolument impossible. Rappelons-nous ici les mots de Kant : « A part notre connaissance nous n’avons rien à quoi on pourrait comparer cette connaissance ». Ou encore cette réplique de Spinoza : « Ni rire, ni pleurer, ni haïr mais comprendre ». L’homme occidental se sent et se perçoit comme une conscience individuelle pensante, et tout ce qu’il connaît du monde est perçu grâce à cette conscience individuelle qui sait penser et réfléchir. Il ne se sent pas présent ni enraciné dans l’Être comme si sa vie existait en dehors de l’Être. Il se trouve face à l’Être et ne peut l’atteindre que via la voie de la connaissance et de la compréhension. Nous sommes ici donc dans le « cogito ergo sum ».

La vision du monde russe est complètement différente. Pour l’âme et l’esprit russes la voie qui mène de « cogito » vers « sum » est vue comme absolument artificielle. La voie véritable mène au contraire de « sum » vers « cogito ». Ce qui est d’une évidence primaire ne doit pas être pensé et compris à travers un élément autre que lui-même. Seulement ce qui se fonde sur soi-même et manifeste soi-même via soi-même est l’Être. L’esprit russe considère l’Être comme quelque chose qui ne peut être révélé par la raison/conscience/connaissance et ce n’est pas non plus l’objet de la réflexion de cette dernière parce que notre raison/conscience n’est qu’une des manifestations de l’Etre. Il n’y a donc pas de nécessité de réaliser un acte de connaissance pour percevoir l’Être, au contraire, il faut d’abord être et c’est parce que nous sommes que nous pouvons réaliser les actes de connaissance. Le lien réel entre « moi » chez l’homme et l’Être - c’est notre vie. La compréhension/acte de connaissance est, en revanche, uniquement un lien métaphysique entre le Moi et l’Être.

Pour l’esprit russe, c’est plutôt le postulat « primum vivere deinde philosophare » qui est plus approprié. Donc sum ergo cogito. (Anna Gichkina - 10 juillet 2021)

ETATS-UNIS : A la surprise générale,,le nouveau président américain a une vision claire  et réaliste de la situation dans le monde et sa politique internationale n'est pas idéologique comme on le craignait venant d'un homme de gauche. Il renoue aussi avec la tradition des meilleurs présidents américains de l'après guerre, de Truman à Gérald Ford en passant par Eisenhower qui écoutaient leurs conseillers. Toujours est-il qu'il est favorable apparemment et sauf erreur à l'Union des Etats d'Europe, alors que les Etats-Unis affichaient depuis le début du 21ème siècle une certaine hostilité envers l'UE et sa monnaie l'euro.

Joe Biden s’est prononcé en faveur de l’Union Européenne

Le président américain Joe Biden qui avait admis à la télévision américaine que Poutine était un « killer », a amélioré un peu sa relation avec le Kremlin lors de son voyage en Europe pour assister au G7 qui a siégé à la mi-juin 2021 en Grande Bretagne. Il espère tenir Poutine tranquille sur son territoire avec du « containment » à la Harry Truman tout en l’amadouant à la façon de Roosevelt. Biden aura-t-il la force d’arracher la Russie au champ gravitationnel chinois ?
Des questions se : Biden n’est-il pas un faux dur qui pliera après quelques joutes martiales ? Et à l’ère de la cyberguerre que vaut le « containment » ? La cyberguerre interpénètre touit. Quand l’Amérique sort son grand sabre, les matamores se font tout sucre, tout miel. Mais ils estiment qu’il leur suffit d’attendre. Leur pouvoir est stable. Les gouvernements démocratiques changent. Mais il est intéressant de noter que le premier voyage du nouveau président à l’étranger l’a mené en Europe et non pas en Asie.
Joe Biden a renoué le long fil de la politique extérieure américaine en tirant les leçons de l’ère Truman de 1945-52. La méthode Truman avait été payante puisque l’Ouest avait remporté la victoire au bout de quarante ans dans cette guerre froide sans guerre mondiale. En nommant Anthony Blinken [1] qui parle le français comme un Français, à la tête de sa diplomatie, il a fait un geste clair et a rouvert une page qui s’était fermée.
Dès sa nomination, Blinken a accompli un périple en Asie pour reconstituer sous l’aile américaine une alliance des démocraties extrême-orientales face à la Chine. De même, en Europe face à la Russie, la nouvelle administration américaine cherche à regrouper les Européens. Ce qui n’apporte pas de changements fondamentaux dans la relation transatlantique, à cela près que l’Europe redevient avec l’Asie l’un des deux foyers d’égale importance de la politique extérieure américaine. Son prédécesseur Donald Trump, lui méprisait l’Union Européenne et niait même son existence.
Toujours est-il que le nouveau président américain a plaidé le renforcement de l’Union de l’Europe. Il a pris ainsi le contre pied de Donald Trump qui avait encouragé le trublion britannique Boris Johnson à quitter l’Union Européenne. Biden a nettement marqué sa distance avec Johnson qui vit politiquement d’escarmouches avec l’UE, mais dont le pouvoir se fragilise de mois en mois. Visiblement mieux conseillé que son prédécesseur sur les affaires européennes et plus modéré et rationnel que lui, le nouveau président des États-Unis a sommé Johnson de respecter les accords existants et lui a donné à comprendre que l’Europe doit rester unie.
Au lieu d’inviter le Prime minister britannique à lui rendre visite aux États-Unis, Biden a invité la chancelière allemande sortante Angela Merkel en soulignant que l’Allemagne est la meilleure alliée de l'Amérique. Encore une réminiscence : George Bush senior avait dit la même chose. Mais on ménage les susceptibilités. Blinken a assuré à la télévision française que ce sera bientôt le tour d’Emmanuel Macron avec lequel il s’est entretenu, d’être invité à Washington. Angela Merkel avait été maltraitée par Donald Trump. Anthony Blinken a ensuite indiqué que le président français sera invité à son tour à Washington. Sans doute les États-Unis donneront-ils un petit coup de pouce à Emmanuel Macron quand celui-ci sera en présidence de l’Union Européenne et en campagne électorale au premier semestre de 2022..
La détermination inattendue de Joe Biden et l’attention qu’il porte à l’Europe constituent un tournant majeur de la politique américaine, un retour aux sources de l’immédiat après-guerre. Les Européens devraient profiter de l’aubaine pour donner à leur Union ce qui lui manque encore en termes de visibilité extérieure et de texture intérieure. Nous n’avons que quatre ans devant nous pour le faire avant que quelque démolisseur revienne - ou non - à la barre à Washington.
 Il est bon d’avoir un allié puissant qui défend nos valeurs communes contre deux ou trois Gargantuas voraces qui veulent nous phagocyter. Ceci dit, la crise pandémique de 2020-21 nous a appris combien sont importantes l’autosuffisance économique et sanitaire et l’autonomie politique de l’Union Européenne. L’Europe ne peut naturellement devenir la 51ème étoile du drapeau américain, mais la France a toujours été l’alliée des États-Unis d’Amérique depuis le jour de leur indépendance et de très nombreux soldats américains sont morts pour sauver l’indépendance de la France par rapport à... l’Allemagne.  (J.-P. P., Rédaction « C l’Europe ». 16 juilllet 2021)




Großmächte


Dies sind die ersten Artikel einer Rubrik, die wir hier eröffnen und die den drei Großmächten unserer Zeit gewidmet sein wird: den beiden Hauptmächten, den Vereinigten Staaten und China, die beginnen, sich gegenseitig zu konfrontieren, mit dem Risiko eines Krieges, den dies mit sich bringen könnte und der dritten, Russland, die für uns vielleicht wichtiger ist, weil sie geografisch in unserer Nähe liegt.
Xi Jinpings China lauert und kauft Unternehmen, Infrastruktur und Politiker in Westeuropa auf mit dem Ziel, den Planeten bis 2050 zu dominieren.
Wladimir Putin führt einen neuen kalten Krieg und will seinen Griff auf die Nachbargebiete ausweiten und den Westen beeinflussen.
Am Rande der Europäischen Union erpresst uns der türkische Erdogan, spielt mit uns und will uns zum sunnitischen Islam bekehren. Er hat eine riesige Botschaft in Straßburg gebaut, nicht weit vom Europarat entfernt, die eine Regierungsniederlassung von Ankara beherbergen könnte. Darüber hinaus treibt der Islam in seinen verschiedenen Formen seine Spielfiguren auf unserem Kontinent voran.
Der neue amerikanische Präsident Joe Biden scheint verstanden zu haben, dass ein starkes Europa für ihn nützlicher als ein schwaches und geteiltes Europa ist. Das ist eine Chance für die Europäer.
Wir müssen diese Mächte kennen lernen, um uns als europäische Republik der Menschenrechte und der Vernunft zu behaupten. ("C l'Europe", Juli 2021).


RUSSLAND: Es ist sicher, dass sich Russland nach Jahrhunderten der Isolation von Westeuropa, verstärkt durch sieben Jahrzehnte sowjetischer kommunistischer Herrschaft, in eine andere Richtung entwickelt hat als wir. Vielleicht sind die tiefgreifenden Unterschiede, auf die unsere Freundin Anna Gichkina unten hinweist, noch älter. Dabei ist Russland Europa gar nicht so fremd, wie man vielleicht denkt. Es spricht eine europäische Sprache und hat die orthodoxe Religion geerbt, den östlichen Teil des Christentums nach dem Schisma. Außerdem haben wir in der Nachkriegszeit eine Philosophie kennengelernt, die der russischen, die Anna Gichkina im Folgenden beschreibt, recht ähnlich war, den Existentialismus von Jean-Paul Sartre. Letzterer schrieb "Das Sein und das Nichts", aber es ist wahr, dass für Sartre, wenn wir nicht irren, das Sein eher die "Aktion" des Menschen und sein "Da-Sein" war als eine innere Intuition, -im Gegensatz zu den russischen Philosophen

Sum ergo cogito oder die Russische Weltanschauung

Dieser kleine Text ist ein weiterer Versuch, die russische Weltsicht im Westen bekannt zu machen.

Im Allgemeinen scheint Russland auf den ersten Blick viele Gemeinsamkeiten mit der westlichen Welt zu haben, aber sobald man die Analyse auf der Ebene der zivilisatorischen Kerne dieser beiden Kulturen vornimmt, sieht man, dass es sich um zwei verschiedene Welten handelt. Dieses Postulat lässt sich an einem eher repräsentativen Beispiel demonstrieren: der Einstellung dieser beiden Welten zum Sein und seiner Wahrnehmung (Sein im Sinne von "was ist", "Wirklichkeit", "Existenz"). Ausgehend von den Schlüsselideen der größten russischen Philosophen aller Zeiten (Solowjew, Frank, Leontjew, Kirejewski, Dostjewski, Florenski) werde ich versuchen, Ihnen einen allgemeinen Überblick über das Phänomen zu geben, das in Anlehnung an Descartes als "sum ergo cogito" umformuliert werden könnte.

Nach dieser für den westlichen Verstand ungewohnten Betrachtungsweise ist es unmöglich, über das Sein durch die Kanäle außerhalb des Menschen nachzudenken, denn jeder äußere Kanal erlaubt es nur, das Sein in seiner Erscheinung wahrzunehmen. Es ist also notwendig, das Vorhandensein des inneren, innermenschlichen Zeugnisses des Seins zu berücksichtigen, ohne das letzteres niemals wahrgenommen werden kann. Dieses innere Zeugnis erscheint also als Beweis und wird "Glaube" genannt, aber nicht im Sinne von blindem Glauben und Annahme der Wirklichkeit ohne Argument, sondern von Glaube als primäre Evidenz, als mystisches Eindringen in das Sein. Diese These wird viel deutlicher, wenn wir den westlichen Menschen mit dem russischen Menschen vergleichen.

Seit Descartes, Locke und Kant liegt der Beweis für den westlichen Menschen nicht im Sein, sondern in der Vernunft/Bewusstsein/Wissen. Für ein Individuum, das in westlichen Traditionen und westlicher Mentalität aufgewachsen ist, erscheint dieser Sachverhalt durchaus schlüssig und vernünftig, die obige These hingegen absolut unmöglich. Erinnern wir uns an dieser Stelle an die Worte Kants: "Außer unserem Wissen haben wir nichts, womit dieses Wissen verglichen werden kann". Oder Spinozas Satz: "Weder lachen, noch weinen, noch hassen, sondern verstehen". Der westliche Mensch fühlt und nimmt sich selbst als individuelles denkendes Bewusstsein wahr, und alles, was er über die Welt weiß, nimmt er dank dieses individuellen Bewusstseins wahr, das zu denken und zu reflektieren weiß. Er fühlt sich nicht präsent oder im Sein verwurzelt, als würde sein Leben außerhalb des Seins existieren. Sie liegt vor dem Wesen und kann nur über den Weg der Erkenntnis und des Verstehens erreicht werden. Hier sind wir beim "cogito ergo sum".

Das russische Weltbild ist völlig anders. Für die russische Seele und den Verstand wird der Weg vom 'cogito' zur 'sum' als absolut künstlich angesehen. Der wahre Weg führt stattdessen von 'sum' zu 'cogito'. Das, was selbstverständlich ist, darf nicht durch etwas anderes als sich selbst gedacht und verstanden werden. Nur das, was auf sich selbst beruht und sich durch sich selbst manifestiert, ist Sein. Der russische Geist betrachtet das Sein als etwas, das weder mit Hilfe der Vernunft/des Bewusstseins/des Wissens enthüllt werden kann, noch ist es Gegenstand der Reflexion des letzteren, weil unsere Vernunft/unser Bewusstsein nur eine der Erscheinungsformen des Seins ist. Es besteht also keine Notwendigkeit, einen Akt der Erkenntnis zu vollziehen, um das Sein wahrzunehmen, im Gegenteil, wir müssen zuerst sein, und gerade weil wir sind, können wir Akte der Erkenntnis vollziehen. Die wirkliche Verbindung zwischen dem "Ich“ im Menschen und dem Sein - das ist unser Leben. Das Verstehen/der Akt des Wissens hingegen ist nur ein metaphysisches Bindeglied zwischen dem "Ich" und dem Sein.

Für den russischen Geist ist eher das Postulat "primum vivere deinde philosophare" angebracht. Also sum ergo cogito. (Anna Gichkina - 10. Juli 2021)

VEREINIGTE STAATEN:  Zur allgemeinen Überraschung hat der neue amerikanische Präsident eine klare und realistische Vision der Situation in der Welt und seine internationale Politik ist nicht ideologisch, wie wir es von einem Mann der Linken erwartet hätten. Er lässt auch die Tradition der besten amerikanischen Nachkriegspräsidenten wieder aufleben, von Truman über Eisenhower bis Gerald Ford, die auf ihre Berater hörten. Allerdings ist er offenbar, wenn wir uns nicht irren, für die Union der Europäischen Staaten, während die USA der EU und ihrer Währung, dem Euro, seit Beginn des 21. Jahrhunderts eher ablehnend gegenüberstanden.

Joe Biden spricht sich für die Europäische Union aus
US-Präsident Joe Biden, der im US-Fernsehen zugegeben hatte, dass Putin ein "Killer" sei, verbesserte sein Verhältnis zum Kreml während seiner Europareise zum G7-Treffen Mitte Juni 2021 in Großbritannien. Er hofft, Putin mit Eindämmung (containment) im Stil von Harry Truman und gutem Zureden im Stil von Roosevelt in seine Schranken zu weisen. Wird Biden darüber hinaus die Kraft haben, Russland aus dem chinesischen Gravitationsfeld herauszuziehen?
Es stellen sich Fragen: Ist Biden nicht ein falscher harter Kerl, der nach ein paar martialischen Rangeleien einknicken wird? Und was ist im Zeitalter der Cyberkriegsführung der Wert der "Eindämmung"? Cyberwarfare durchdringt alles. Wenn Amerika sein großes Schwert zückt, werden die Tölpel ganz süß und sauer. Aber sie denken, sie müssen nur abwarten. Ihre Macht ist stabil. Demokratische Regierungen ändern sich. Interessant ist aber, dass die erste Auslandsreise des neuen Präsidenten nicht nach Asien, sondern nach Europa führte.
Joe Biden hat den langen Faden der amerikanischen Außenpolitik wieder aufgenommen, indem er die Lehren aus der Truman-Ära von 1945-52 gezogen hat. Die Truman-Methode hatte sich ausgezahlt, denn der Westen hatte nach vierzig Jahren im Kalten Krieg gewonnen, ohne dass es zu einem Weltkrieg gekommen war. Indem er Anthony Blinken, der Französisch wie ein Franzose spricht, zum Leiter seiner Diplomatie ernannte, setzte er eine klare Geste und öffnete eine Seite wieder, die geschlossen war.
Unmittelbar nach seiner Ernennung ging Blinken nach Asien, um unter amerikanischer Führung eine Allianz der fernöstlichen Demokratien gegen China zu rekonstruieren. In ähnlicher Weise versucht die neue amerikanische Regierung in Europa, die Europäer im Widerstand gegen Russland zusammenzubringen. Damit ändert sich nichts Grundlegendes im transatlantischen Verhältnis, außer dass Europa neben Asien wieder einer der beiden gleichberechtigten Schwerpunkte der amerikanischen Außenpolitik sein wird. Der Vorgänger Donald Trump verachtete die Europäische Union und leugnete sogar ihre Existenz.
Der neue amerikanische Präsident hat sich für die Stärkung der Europäischen Union ausgesprochen. Er stellte sich damit gegen Donald Trump, der den britischen Unruhestifter Boris Johnson zum Austritt aus der Europäischen Union ermutigt hatte. Biden hat sich deutlich von Johnson distanziert, der politisch von Scharmützeln mit der EU lebt, dessen Macht aber von Monat zu Monat schwächer wird. Sichtlich besser beraten als sein Vorgänger in europäischen Angelegenheiten und moderater und rationaler als dieser, hat der neue US-Präsident Boris Johnson beschworen, bestehende Vereinbarungen zu respektieren und ihm zu verstehen gegeben, dass Europa geeint bleiben muss.
Anstatt den britischen Premierminister zu einem Besuch in den USA einzuladen, lud Biden die scheidende deutsche Bundeskanzlerin Angela Merkel ein und betonte, dass Deutschland der beste Verbündete Amerikas sei. Angela Merkel <war von Donald Trump schlecht behandelt worden Noch eine Erinnerung: George Bush senior hatte das Gleiche gesagt. Aber Empfindlichkeiten werden geschont. Blinken versicherte im französischen Fernsehen, dass bald Emmanuel Macron, mit dem er gesprochen habe, an der Reihe sein werde, um nach Washington eingeladen zu werden. Zweifellos werden die Vereinigten Staaten Emmanuel Macron Auftrieb geben, wenn er in der ersten Hälfte des Jahres 2022 die Präsidentschaft der Europäischen Union übernimmt und Wahlkampf in Frankreich führt
Joe Bidens unerwartete Entschlossenheit und Aufmerksamkeit für Europa ist ein wichtiger Wendepunkt in der US-Politik, eine Rückkehr zu den Wurzeln der unmittelbaren Nachkriegszeit. Die Europäer sollten die Gelegenheit nutzen, ihrer Union das zu geben, was ihr noch an Außenwirkung und innerer Struktur fehlt. Wir haben dafür nur vier Jahre Zeit, bevor irgendein Wüterich ans Ruder in Washington zurückkehrt - oder auch nicht.
Es ist gut, einen starken Verbündeten zu haben, der unsere gemeinsamen Werte gegen zwei oder drei gefräßige Giganten verteidigt, die uns verschlingen wollen. Dennoch hat uns die Pandemiekrise 2020-21 gelehrt, wie wichtig wirtschaftliche und gesundheitliche Autarkie und politische Autonomie für die Europäische Union sind. Europa kann natürlich nicht der 51. Stern der amerikanischen Flagge werden, aber Frankreich war seit dem Tag seiner Unabhängigkeit immer ein Verbündeter der Vereinigten Staaten von Amerika und viele, viele amerikanische Soldaten starben, um die Unabhängigkeit Frankreichs zu retten vor... Deutschland. (J.-P. P., "C l'Europe". 16. Juli 2021)

Monde


 1.  Les dictateurs aux portes de l’Europe 
 2. Erdogan s'en prend à l'Autriche
 3. Le sinistre décompte des morts
 4. Manifestations antisémites en Allemagne également
 5. Les extrémistes du Hamas tiennent  l’opinion publique mondiale
 6. Vers une nouvelle Guerre froide russo-américaine ?
 7. Moscou : des méthodes politiques d’un autre temps
 8. « Joe » et « Xi » engagent un bras de fer
 9. Joe Biden veut-il assujettir l’Europe au leadership américain ?
10.  La Défense européenne peine à décoller
11.  Vers un séparatismes écossais ?

Les dictateurs aux portes de l’Europe : l'enlèvement de Roman Protassevitch 

Le président français Emmanuel Macron s’est prononcé le 25 mai pour l'invitation de l’opposition biélorusse persécutée dans son propre pays au prochain sommet du G7, qui réunit depuis près d’un demi-siècle tous les ans les grandes puissances mondiales. Ce G7 étant organisé en 2021 au Royaume-Uni du 11 au 13 juin, M. Macron a laissé la décision finale aux Britanniques. Cette annonce est intervenue deux jours après l’arrestation de l'opposant Roman Protassevitch par le régime biélorusse lors d'un déroutage d'avion extrêmement dangereux et surtout frauduleux et mensonger sur ordre du président biélorusse, le dictateur psychopathe Alexandre Loukachenko.
Immédiatement, face à l’indignation quasi-planétaire et à la sidération devant cet acte sans précédent dans l’Histoire du transport aérien, le régime frère de Vladimir Poutine est intervenu en faveur de Loukachenko, en essayant comme à l’accoutumée d’éteindre le feu par minimisation du scandale, comme si de rien n’était. Mais comme l’affaire est très grave, ce n’est pas le chef propagandiste du Kremlin avec son titre de porte-parole du gouvernement russe, mais le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov en personne qui est intervenu en disant qu’il ne fallait « pas juger la situation sous le coup de l’émotion » mais que « Minsk » (autrement dit Loukachenko) « témoignait d’une intention rationnelle dans le contexte de ce cas ». Donc le Kremlin assure la propagande de Loukachenko. Autrement dit, c’est « rationnel » de dérouter un avion de ligne civil étranger avec des passagers sous la menace de tirs d’un avion de chasse en prétextant qu’il y a une bombe dans l’avion.
Et ce, pour arrêter un passager biélorusse dont probablement les espions de Loukachenko ou de Poutine avaient relevé le nom au départ d’Athènes sur la liste des passagers.
Puis les sbires de Loukachenko ont simulé une fouille de l’avion et des bagages avec militaires armés et chien renifleur à la recherche de la prétendue bombe pour couvrir l’arrestation arbitraire de Roman Protassevitch et de sa compagne. Pour cela ils avaient fait exécuter un détour de 200 km à l’appareil de FR49278 de la compagnie irlandaise RyanAir qui aurait pu se poser très vite à Vilnius en Lituanie sa destination finale. Naturellement, la communauté internationale a condamné cet acte de piraterie ainsi que l’arrestation arbitraire d’un opposant politique qui n’a commis aucun délit.
Roman Protassevitch dont le nom, heureusement, va devenir mondialement célèbre, comme celui du Russe Navalny, a affirmé lundi dans une vidéo diffusée à la télévision publique et dénoncée par l'opposition, « collaborer avec les enquêteurs ». "Le personnel se comporte avec moi de façon tout à fait adéquate et en respectant la loi, je continue de collaborer avec les enquêteurs et suis passé aux aveux concernant l'organisation de troubles massifs", a-t-il affirmé. Comme il avait le visage tuméfié, on se doute comment il a été convaincu de passer aux aveux et comment se passe la « collaboration ». Et encore n’a-t-on vu que son visage. Il est sans doute aussi bien traité que l’adversaire de Poutine Alexeï Navalny.
En Biélorussie, le dirigeant d'un parti d'opposition, Pavel Severinets, et six autres militants ont été condamnés le mardi 25 mai 2021 à des peines allant de 4 à 7 ans de prison, ont expliqué à l'Agence France Presse des journalistes présents à l'audience. Tous les sept ont été jugés depuis la mi-mai à Moguilev, dans l'Est du pays, pour avoir participé à "des troubles massifs", même accusation que celle portée contre Protassevitch. Le terme « troubles massifs », ainsi perçus par le régime, fait référence au vaste mouvement de contestation post-électoral de 2020 réprimé par Loukachenko. Les sanctions décidées contre la Biélorussie de Loukachenko par le Conseil européen le 24 mai ainsi que la décision de non survol du territoire « loukachenkien » qui sera respectée par Air France, la Lufthansa et d’autres compagnies importantes, suffiront-elles ?
D’autant qu’il y a la Russie poststalinienne derrière. Comme un malheur ne vient jamais seul, « l’entente brutale » entre Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine est en train de se renforcer. Cette formule très juste et ciblée a été lancée 25 mai dernier à la « une » du quotidien français « Le Monde ». La haine de la démocratie et de la liberté unit les deux dictateurs ainsi que le désir de conquérir de nouvelles terres. Ce n’est pas l’encerclement de la Russie par les forces américaines qui justifie le surarmement du régime de Poutine au détriment du bien-être de la population russe. Ce sont au contraire les pulsions expansionnistes du Kremlin qui contraignent les États-Unis à revenir au secours de l’Europe occidentale et à mettre la Russie sous surveillance de divisions blindées et de missiles antimissiles US comme cela avait été le cas pendant la Guerre froide.
Nous, les Européens, nous en serions bien passés. Nous devons nous battre sur deux fronts. A l’Est contre l’expansionismes des deux dictateurs qui liment leurs sabres à nos portes, et au Sud contre le djihad islamiste. Il est temps que l’Europe développe sa Défense. La France ne peut pas l’assumer toute seule.
Quant à Erdogan qui a emprisonné les élites de son pays et tous les opposants politiques en prétextant un complot d’un vague opposant émigré et en organisant un faux putsch contre sa personne, écraser les Kurdes et progresser encore dans le génocide arménien par Azéris interposés, ne lui suffit pas. Il veut comme Poutine assujettir l’Europe occidentale en attendant de la conquérir. Une de ses cibles prioritaires est la ville de Strasbourg d’où tous deux voudraient bien déloger le Parlement européen pour faire rayonner leur influence à partir de l’Eurométropole. Heureusement, le gouvernement français n’est pas dupe. (Cyprien Cazamayou. 25/05.2021)

Erdogan s’en prend à l’Autriche : « Je maudis l’État autrichien »

Le dictateur turc s'est exprimé ainsi parce que le chancelier autrichien Sebastian Kurz et son ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg ont hissé un drapeau israélien sur la chancellerie fédérale et un second sur le ministère des Affaires étrangères à Vienne en signe de solidarité avec Israël. Et le dictateur turc de commenter : « « L’État autrichien cherche à mettre au compte des musulmans la facture du génocide qu’il a perpétré contre les juifs ». Les raisonnements d’Erdogan ne sont jamais très clairs. Il a été élevé dans une école religieuse musulmane et n’a pu se familiariser avec la logique.
Sans doute faisait-il allusion au massacre de millions de juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Autriche annexée par Hitler avait largement participé à l’Holocauste en effet. Que les Autrichiens et les Allemands luttent aujourd’hui contre l’antisémitisme et défendent l’existence de l’État hébreux, n’est donc que justice et nullement dirigé contre les musulmans. Il ne faut pas oublier qu’Israël ne lutte pas contre les musulmans en général mais contre l’organisation terroriste Hamas qui a pris l'en otage la population palestinienne et s'en sert comme d’un bouclier.
En 2018, Erdogan avait déclaré qu’Israël est « l’État le plus fasciste et raciste au monde » et que « l’esprit d’Hitler » renaît chez les politiciens israéliens. Cela se passe de commentaire. Erdogan serait bien incapable de définir ce qu’était « l’esprit d’Hitler ». S’il le savait, il ne l'imiterait pas. Ou peut-être si. Il le sait et il l'imite.
Notons en passant qu'en Allemagne aussi, le parti d'Angela Merkel, la CDU chrétienne-démocrate, a hissé sur son immeuble de Berlin le drapeau israélien. Il a été arraché dans la nuit, mais hissé à nouveau le lendemain. Diverses villes et villages allemands ont également hissé le drapeau de l'Etat hébreux. (Presse allemande et autrichienne. 19/05/2021)

Manifestations antisémites en Allemagne : « Bombardez Tel Aviv", "Nous n'avons pas besoin d'une solution pacifique", "Israël assassin d'enfants"

Beaucoup d’Allemands qui se souviennent encore de ce que leur pays embrigadé par Hitler a fait subir aux Juifs sous le IIIème Reich et parmi eux des jeunes qui ont appris l’histoire au lycée ou collège ont honte de ce qui s’est passé dans leur pays des derniers jours. Que des manifestations contre Israël et les juifs aient lieu en Allemagne est un comble !
Or, ce n'est ci-dessus qu'une toute petite sélection des slogans de haine et des fantasmes de violence diffusés lors des manifestations organisées dans les villes allemandes le weekend du 16/17 mai dernier. Ce qui avait été annoncé comme devant être une manifestation pro-palestinienne contre la politique d’Israël s'est transformé en de nombreux endroits en explosion d’antisémitisme. À Berlin en particulier, la situation a été très grave. La police a dispersé une marche de protestation et a ensuite été attaquée.
Qui étaient ces gens qui répandaient cette propagande antisémite ? Le Forum juif pour la démocratie et contre l'antisémitisme (JFDA) rapporte que ce sont principalement des islamistes radicaux, des partisans de l'organisation terroriste Hamas et des membres de l'association turque d'extrême droite "Loups gris" qui ont donné le ton à Berlin. Cependant, ils étaient accompagnés - et au moins tolérés - par des familles et des jeunes, souvent issus de l'immigration.
Des extrémistes de gauche se sont également joints à eux. Un journaliste israélien a été attaqué par la foule avec un pétard puis agressé, un homosexuel a été matraqué par les manifestants. Bilan : 93 hommes des forces de l’ordre blessés, 59 arrestations, 150 inculpations.(D'après "BILD" et autres journaux allemands. 19 mai 2021)

Le sinistre décompte des morts : En visant en particulier les tunnels creusés par le Hamas sous la bande de Gaza où sont stockées notamment les armements et missiles en vue du déclenchement d'une guerre, Israël a tué 200 personnes. Selon le Hamas, 100 de ces tués seraient des civils, dont des enfants. Seulement au moins 30 combattants du Hamas auraient été tués. Selon les sources israéliennes, 130 combattants du Hamas et 30 terroristes du Djihad Islamiste Palestinien (PIJ) sont parmi les morts. La majorité des combattants du Hamas ont entre 16 et 30 ans. Or  le ministère de la santé de Gaza déclare "enfant" tout combattant de moins de 18 ans tué ou blessé. De sorte qu'Israël "tue des enfants". Propagande très efficace reprise partout dans le monde.
Au lendemain des affrontements, pendant la trêve imposée à Israël par les États-Unis, Le Hamas a défilé en grande pompe dans les rues de Gaza pour proclamer sa "victoire" en se sachant protégé par l'opinion mondiale. Les terroristes de Gaza sont assurés de l'impunité. Maîtres du mensonge comme il est prescrit dans le Coran, ils ont réussi à faire passer leur défaite pour une victoire. Or c'est bien une défaite car ils n'ont pas réussi à mettre Israël à feu et à sang avec leurs nouveaux missiles lancés en tirs groupés. S'il y a eu relativement peu de morts en Israël, c'est que "dôme de fer" israélien qui le protège a fait à nouveau ses preuves. Sinon , Israël aurait eu des centaines de milliers de victimes. La situation sera de plus en plus dangereuse pour l’État juif, surtout si l'opinion publique mondiale continue à se laisser aveugler.

Les extrémistes du Hamas  ont pris en otage  l’opinion publique mondiale

Le conflit au Moyen-Orient divise l'opinion aussi en Allemagne, en Europe et dans le monde. Le psychologue et auteur Ahmad Mansour * décrit le débat comme étant hautement émotionnel et haineux et explique ce que beaucoup en Allemagne ne comprennent pas ce qui se passe. Il travaille depuis des années dans la prévention de l'extrémisme. La journaliste de t-online Camilla Kohrs l'a interviewé le 14 mai 2021 par téléphone. Dans l'interview, il explique comment les extrémistes utilisent les médias sociaux pour leur propre cause et comment cela affecte le débat en Allemagne. Cela pourrait s’appliquer évidemment aussi à la France.

t-online : M. Mansour, vous avez de la famille en Israël. Quelles nouvelles recevez-vous d’eux ?
Ahmad Mansour : Mes parents vivent actuellement une situation incroyable : des attaques à la roquette et des émeutes de jeunes contre la police qui veulent de défouler de leur ressentiment et de leur agressivité. Ils vivent dans une ville majoritairement arabe. Dans les villes mixtes comme Haïfa, Acre et Lod, les foules et les extrémistes des deux camps prennent le pouvoir en ce moment même et s'attaquent les uns aux autres.
Le président israélien Ruven Rivlin met en garde contre une guerre civile, les experts contre une fracture permanente de la société. Cependant, des manifestations conjointes d'Israéliens juifs et musulmans se sont élevées contre la haine. Quelle est votre évaluation de la situation ?
Cette haine qui se manifeste en ce moment aura bien sûr des conséquences. Un important travail de réconciliation sera nécessaire. Mais je suis sûr que les gens retrouveront le chemin de la normalité. Ils veulent poursuivre leur vie et leur travail. Et cela se passe ensemble dans les hôpitaux, dans les industries de haute technologie, dans les centres commerciaux. Mais ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une force de police forte pour agir contre les extrémistes et des politiques qui disent en arabe et en hébreu : "Cela ne peut pas continuer ainsi, nous devons stopper ça."
Quelles erreurs le gouvernement israélien a-t-il commises dans cette situation ?
Il a réagi très tard et a en partie sous-estimé les tensions qui s'accumulent au sein de la population depuis des années. Mais je refuse de dire que le gouvernement israélien en est la cause. Il y a toujours deux côtés. D'un côté, il y a un pays démocratique avec des lois, et de l'autre, une organisation terroriste.
Il s'agit du Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007 et terrorise actuellement les civils israéliens par des attaques à la roquette. Quel est leur but, à part la terreur ?
Le Hamas n'a pas vraiment besoin de raisons, son droit à l'existence est la lutte armée contre Israël. Au cours des 20 dernières années, il a démontré à plusieurs reprises qu'il était à la recherche de l'escalade. Il s'en sert sans cesse pour se présenter comme le protecteur des lieux saints, comme il le fait actuellement à Jérusalem-Est. Il terrorise non seulement les Israéliens, mais aussi sa propre population palestinienne.
Comment ?
Des images les montrent en train de lancer des roquettes depuis des zones densément peuplées. Ils utilisent la population comme bouclier. Il est donc difficile pour Israël d'affaiblir le Hamas sans que des innocents n’en souffrent. Ce que l'on ne remarque pas non plus en Europe, c'est que certaines roquettes du Hamas ne frappent pas du tout Israël, mais Gaza même, blessant et tuant des personnes sur place. Je ne veux pas minimiser le fait que des personnes innocentes meurent aussi à cause des attaques israéliennes.
L’'escalade à laquelle nous assistons actuellement a été déclenchée principalement autour d'une expulsion de maisons à Jérusalem-Est. Pourquoi ?
Je vous mets en garde contre la recherche d'une explication simple pour une situation compliquée. Tout d'abord, il y a la situation politique incertaine en Israël : le pays va-t-il repartir avec un gouvernement sans Benjmain Netanyahu ? Netanyahu s’alliera-t-il à l’extrême-droite, ou peut-être à un parti arabe ? Le débat est très animé. Ensuite, il y a l'Autorité palestinienne, qui a d'abord annoncé des élections, puis les a annulées, de peur de les perdre. Cela ne convient pas à l'organisation islamiste radicale Hamas, qui espérait obtenir plus de pouvoir en Cisjordanie. Ajoutez à cela une jeunesse en quête d'aventure et de travail après la pandémie du covid et le mois de jeûne du Ramadan qui met de nombreux musulmans de toute façon à bout de nerfs. Enfin les extrémistes qui utilisent des images très fortement émotionnalisées.
Qu'est-ce que vous entendez par là ?
Par exemple, il y a eu les vidéos où l'on voit des musulmans prier dans la mosquée d'Al-Aksa. Puis les forces de police arrivent, les officiers entrent dans ce lieu sacré pour les musulmans et tirent des gaz lacrymogènes. Cela provoque, bien sûr, un refus absolu de ceux qui voient cela. Avec une telle vidéo, il est facile de mobiliser les gens sur le slogan "Protégez votre religion, protégez votre mosquée". Mais si vous voyez ensuite que, depuis la zone de la mosquée, le mur des Lamentations, qui est sacré pour les Juifs, a été attaqué à coups de pierres, le tableau est différent. Seulement les extrémistes montrent qu'un côté des faits.
Ce n'est pas le seul exemple de messages très partiaux. Il y en a beaucoup sur les médias sociaux comme Instagram ou Tiktok qui touchent parfois des millions de personnes. Quel rôle cela joue-t-il dans cette situation ?
Ces dernières semaines, il y a eu plusieurs cas où des jeunes arabes ont attaqué des juifs et ont mis cela en ligne sous forme de vidéos Tiktok, qui ont ensuite provoqué de l’enthousiasme. Bien sûr, cela a déclenché beaucoup d'émotions du côté juif, et a incité les extrémistes juifs par contrecoup à réagir. Je remarque également que le conflit est dépeint de manière très unilatérale, non seulement là-bas, mais dans le monde entier. L'une des vidéos qui a le plus circulé en Allemagne montre une foule de Juifs célébrant au Mur des lamentations l'incendie de la mosquée Al-Aksa. Vous avez vu la vidéo ?
Oui, j'ai vu ça. Ce n'était qu'un tout petit extrait.
L'histoire est que des Palestiniens ont essayé de lancer un pétard sur le Mur des Lamentations. Cela a mal tourné et un arbre à côté de la mosquée a pris feu. Les manifestants juifs, parmi lesquels il y avait sans aucun doute de nombreux extrémistes, avaient déjà fait la fête auparavant. Je ne peux pas juger si le feu ultérieur a également été fêté. Mais il y a aussi des images du camp d’en face, de personnes célébrant les premières attaques à la roquette sur Jérusalem. La situation n’est donc pas si simple. Mais lorsque vous créez cette unilatéralité à partir des images, vous créez des émotions. Et nous le voyons même ici en Allemagne.
Comment percevez-vous le climat en Allemagne ?
Plein d’émotion et de haine. Je suis effrayé par le nombre de messages que je reçois chaque jour. Cependant, je tiens également à préciser que les gens ont bien sûr le droit de descendre dans la rue ici en Allemagne contre la guerre, de se préoccuper de la population de Gaza et d'exprimer leur mécontentement à l'égard de la guerre. Mais ce que nous avons vu jusqu'à présent n'était pas des manifestations anti-israéliennes. Ce sont des attitudes purement antisémites. Crier "putain de juif" n'a rien à voir avec le conflit en Israël.
Lors de ces manifestations - mais aussi sur les médias sociaux comme Instagram et Tiktok - Israël est systématiquement représenté comme Goliath opprimant David qui incarne les Palestiniens. Est-ce si simple ?
Non. Nous avons souvent tendance à avoir des images unidimensionnelles en noir et blanc et à ne pas voir la réalité. Les gens m'attaquent souvent ici pour avoir soi-disant une position pro-israélienne. En Israël, en revanche, je serais considéré comme étant de gauche parce que je n'approuve pas la politique de Netanyahu. Mais je vois la complexité : beaucoup ne réalisent pas qu'il y a aussi deux millions d'Arabes vivant en Israël, qu'une guerre contre une organisation terroriste n'est pas si facile à mener, et qu'Israël vit avec cette peur de l'anéantissement depuis le début de son existence.
D'où vient la haine ?
Elle a toujours été là, mais trouve maintenant une légitimité pour se manifester. Je le remarque dans mon travail : les réfugiés de Syrie, par exemple - sans les présenter comme un groupe homogène - sont bien sûr des personnes qui sont socialisées d'une manière complètement différente. Nous devons comprendre cela afin de les atteindre en conséquence. Mon propos n'est pas de les qualifier d'antisémites. Mon but est de trouver un moyen d'expliquer pourquoi cela n'a pas sa place ici. Mais c'est difficile d’aborder ces coses-là dans le débat parce qu’on apporte des arguemtns au mauvais côté. Et c'est le cas : l'AfD pense que c'est très bien de parler de l'antisémitisme musulman. Certes, nous devons y remédier, mais ce faisant, nous ne devons pas oublier qu'il s'agit d'un problème pour la société dans son ensemble. La menace est multiple.
Après l'escalade au Moyen-Orient en 2014, il y a eu beaucoup d'incidents antisémites en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe. N'en a-t-on pas fait assez après ça ?
Il y a eu des veillées et puis on a oublié. La seule chose que nous pouvons faire maintenant dans cette situation est de montrer l'état de droit, de communiquer clairement, "Ce n'est pas comme ça que ça marche". Mais le vrai travail commence ensuite : dans les écoles, dans les médias sociaux, dans les cours d'intégration. Nous devons les atteindre lorsque les émotions ne sont pas si fortes en ce moment. Mais pour l'instant, il n'est guère possible d'atteindre ces personnes.

* Ahmad Mansour, né en 1976, est un Arabe israélien qui vit à Berlin depuis 2004. Il est psychologue et travaille à des projets contre l'extrémisme. Début 2018, il a fondé Mind Prevention (Mansour Initiative for Democracy Promotion and Extremism Prevention). Il a reçu de nombreux prix pour son travail, notamment le prix Moses Mendelssohn pour la promotion de la tolérance et le prix Carl von Ossietzky.
Il a écrit en allemand un livre intitulé "Être solidaire ! Contre le racisme, l'antisémitisme et la haine
".

Vers une nouvelle Guerre froide russo-américaine ?

Allons-nous vers une nouvelle Guerre froide dont l'Union Européenne serait la première à faire les frais ? Nous ne pouvons être d'accord ni avec le régime de Poutine qui n'est pas Staline, mais dont les méthodes et idées datent du 20ème siècle de Staline et de ses épigones, mais nous refusons également d'encenser Biden, ce nouveau Roosevelt, dont un ami, l'éditorialiste des "Dernières Nouvelles d'Alsace"(DNA), Pascal Coquis, écrivait le 28 avril dernier : "A 78 ans, il est devenu le président le lus surprenant de l'ère moderne".
Il est vrai qu'après Trump, Biden n'a pas de mal à se faire apprécier, surtout par la gauche européenne. Or, nous sommes de plus en plus américanisés et "déseuropéanisés" et Biden va accentuer ce courant. Nous ne devons pas seulement au fantasque Boris Johnson la désertion de la Grande-Bretagne mais aussi aux Etats-Unis qui ont beaucoup pressé dans ce sens, toujours attachés à détruire notre Union et sa monnaie l'euro.
Or, nous parlons de plus en plus "franglais", disons "framéricain". On ne dit plus "sûr" mais "secure" et "computer" et "software" remplacent peut à peu "ordinateur" et "logiciel" (en Allemagne c'est depuis toujours le cas). Internet a introduit l'électronisme linguistique américain dans notre quotidien. Mais le pire, c'est le "newspeak" (au sens que George Orwells donnait à ce terme) qui domine désormais la langue politique européenne. On ne dit plus "sexe" mais "genre", ni charitable ou solidaire, mais "inclusive".
Or, la langue est déterminante pour la pensée. Et vous verrez que les USA et leur OTAN "en état de mort cérébrale", comme l'a dit Emmanuel Macron, vont essayer de nous dominer à nouveau non seulement militairement mais aussi financièrement et idéologiquement. Surtout on va , comme le fait Biden, niveler vers le bas nos sociétés et les déculturer.
Nous devons aux Américains de nous avoir délivrés du nazisme en 1945 et du communisme en 1989-90, mais devons nous éternellement leur en être redevables ? Il est temps que l'Europe montre tous azimuts de quel bois elle se chauffe. Nous sommes nous. (Jean-Paul Picaper, 1er mai 2021)


Le 17 mars 2021, le président des États-Unis qualifiait Poutine de «tueur» qui paiera ses forfaits. Le 18 mars, son chef de la diplomatie accusait les chinois de menacer la «stabilité mondiale». Washington nous surprendra toujours....

En répondant «Oui, je le pense» à la question d’un journaliste de la chaîne ABC News qui lui demandait : « Poutine est-il u tueur ? », le Président s’adressait clairement au public américain. On attendait après Trump un président Biden « mou ». Cette approche très offensive vise à restaurer l’image d’une Amérique forte sur la scène internationale et contredit l’idée qu’on se faisait de Biden.

Ses propos ont été entendus à Moscou où ils ont entraîné une réplique moqueuse de Vladimir Poutine, qui a renvoyé l’insulte à Washington d’un très dédaigneux «Comme disent les enfants, c’est celui qui le dit qui l’est». Au-delà de cette séquence, l’ambassadeur du Kremlin à Washington a été rappelé à Moscou «pour consultations», un geste sans précédent dans l’histoire récente (la dernière fois date de 1998). Certes, Poutine n’avait guère d’autre moyen de représailles, mais, si l’on doute maintenant de la mollesse de Bident, on peut douter de l’intelligence de Poutine.

Il a eu certainement tort de ne pas prendre l’Américain au sérieux étant donné les difficultés politiques et surtout économiques auxquelles il doit faire face en Russie. En dénonçant la corruption et les privilèges des dirigeants, Alexeï Navalny a semé la graine de révoltes populaires. Les prix des denrées montent, elles se raréfient. Le peuple russe n’est ni rassasié ni satisfait.

Dégradation des relations

Ce qui est sûr, c’est qu’on assiste à une dégradation des relations entre les deux pays. «Les relations entre Moscou et Washington sont très mauvaises depuis longtemps, selon Andreï Kortounov, directeur d’un groupe de réflexion, le Conseil russe des affaires internationales, cité par les médias en France. Mais on voit qu’avec Biden, il n’y a aucune volonté d’améliorer ces relations sur le fond ». Kortounov retient toutefois les remarques de Joe Biden qui a insisté sur la possibilité de trouver des accords avec la Russie sur des sujets ponctuels. : «On verra peut-être des progrès de façon sélective, sur certains points où les intérêts sont convergents : le Moyen-Orient, l’Arctique, le contrôle des armes nucléaires». Néanmoins, pour le moment, l’ambiance, conclut-il, restera à la confrontation.

Toujours est-il qu’une Guerre froide bis un peu plus modérée que la précédente se dessine. Elle se différencie de celle de 1947-1990 par le fait que la menace de destruction nucléaire réciproque n’est plus à l’ordre du jour. Au contraire, Russes et Américains continuent à négocier sur la réduction des armements nucléaires. L’enjeu climatique est également un élément important de leur relation, de même qu’entre Washington et Pékin, alors que ce n’était pas le cas sous la présidence de Donald Trump. Ce qui différencie fortement Biden de son prédécesseur, c’est qu’il s’appuie sur des spécialistes et des think tanks. Est-il sous influence ? De faucons gauchisants ou d’experts compétents ? En tout cas il est conseillé et c’est rassurant.

L’Europe est concernée

Reste que nous, en Europe, ne devons pas être les victimes de ces nouvelles tensions. Nous sommes concernés davantage par la relation USA-Russie que par celle entre les USA et la Chine. Tout durcissement de la politique russe nous rend plus dépendants des États-Unis.

Plus que jamais, nous devons renforcer l’Union Européenne à tous points de vue, politique et diplomatique, économique et militaire, pour asseoir notre indépendance et autonomie. Il y va de la souveraineté européenne. Ceci dit, la démocratie à l’américaine, si différente de la nôtre, nous rattache plus à nos anciens alliés de la Guerre Froide que du régime pratiqué encore par le Kremlin avec des relents de stalinisme. Malheureusement, Moscou a raté sa mutation en 1990-2000. Poutine est le résultat de cet échec.
Il n’est pas certain qu’il ait décidé lui-même d’empoisonner Navalny. Possiblement, ses tout-puissants services secrets font du zèle et décident pour lui ce qu’ils estiment être bon pour son pouvoir dont dépend leur survie. Il est indéniable que le pouvoir russe liquide physiquement ses adversaires. La politique des services secrets est presque toujours, en tous pays, une catastrophe.

Poutine en tout cas doit avoir terriblement peur dans son Kremlin. Que le programme politique de Navalny soit un peu léger malgré les accusations fondées qu’il formule, est un fait. Mais les mesures prises à son encontre sont au bas mot une énorme maladresse politique. Inhumaines, elles font de lui un Jésus Christ qui galvanise les foules, les jeunes surtout. Or, entre Poutine et Navalny, il doit bien y avoir une voie médiane en Russie.

Nous devons en discuter avec les Russes. L'Europe doit être indépendante de Washington, de Moscou et immunisée – mais c’est un autre problème – contre les rodomontades du dangereux matamore turc d’Ankara, Erdogan. (JPP - 20/03/2021)

Moscou : des méthodes politiques d’un autre temps

Le camp pénitentiaire numéro 2 est à 100 km à l’est de Moscou. Son nom de code est IK-2. Il fait partie des 684 camps de travail qui forment l’Archipel du Goulag de Vladimir Poutine. Ils hébergent 393 000 prisonniers. C’est là que le potentat russe a relégué parmi d’autres son principal concurrent politique du moment Alexeï Navalny. C’est probablement là qu’il va tenter de le faire mourir à petit feu ou tout au moins de dégrader tellement sa santé qu’il deviendra pour lui inoffensif.

Mais son prisonnier lui a peut-être coupé l'herbe sous le pied en entamant une grève de la faim dont le monde entier est témoin. Poutine mise sans doute sur la lâcheté des pays libres. fermeront-ils les yeux une fois de plus sur ce crime d'Etat ? L'Europe est bien aimable actuellement avec les dictateurs: Poutine, Erdogan... Heureusement, Joe Biden est attentif. Il a menacé de sanctions le maître du Kremlin si Navalny décède. Evidemment, Navalny n'est que le symptôme le plus apparent de la crise russe, de la misère des classes populaires dans cet immense pays et il ne semble pas avoir la carrure pour remplacer Poutine, mais la colère qu'il incarne doit être prise au sérieux.

Surtout, le Kremlin ne peut plus la cacher et s'isole de plus en plus sur la scène mondiale, même si Poutine s'appuie sur le Chinois XiJinping et sur le Turc Erdogan.
Condamné en février dernier à deux ans de détention à des conditions extrêmement sévères sous prétexte d’une escroquerie remontant 2014, l’adversaire personnel de Poutine est réveillé « huit fois par nuit » par ses geôliers, ce que le détenu a qualifié dans un recours adressés aux autorités sur son site Internet de « torture par privation de sommeil ». De plus, ayant dû rester recroquevillé dans des fourgons de police et en cellule, l’opposant souffre de douleurs au dos et d’insensibilité de parties de la jambe droite indiquant une lésion nerveuse.

Alors que son avocate Olga Mikhaïlova qui a pu le rencontrer à grand peine, l’a vu si atteint qu’elle dit « craindre pour sa vie », les autorités pénitentiaires se sont bornées à juger son état de santé « stable et satisfaisant ». Il a écrit à l’administration pénitentiaire fédérale (FSIN) et au parquet général, mais le neurologue qui l’a examiné ne lui a prescrit que de l’ibuprofène. Circonstance aggravante, Navalny est affaibli par les séquelles de la tentative d’empoisonnement par les services secrets russes dont il avait été victime en août 2020.

Son épouse Youlia Navalnaïa qui n’a pu lui faire remettre une note médicale dénonce une « vengeance personnelle de Vladimir Poutine à l’encontre de son mari et accuse le président russe de l’avoir incarcéré par « crainte d’une concurrence politique ». Elle appelle comme les gouvernements occidentaux à sa libération immédiate. Des manifestations en sa faveur dans toute la Russie avaient été lourdement réprimées. Ses partisans recueillent des signatures sous une pétition et appelleront à nouveau à des manifestations quand Ila auront recueilli plus de 500 000 signatures.

Son cas ne rappelle que trop celui de Segueï Magnitski, avocat et opposant, mort en 2014 dans un centre de détention provisoire à Moscou après s’être plaint de mauvais traitements et de l’aggravation de son état de santé. Cette affaire avait déclenché une réaction internationale. Interrogé sur la pratique consistant à réveiller un détenu la nuit toutes les heures, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est contenté d’affirmer que « de telles mesures disciplinaires sont plus strictes dans les prisons étrangères qu’en Russie ». Monsieur Peskov n’a pas précisé à quelles prisons il faisait allusion.

Il est naturellement indispensable de garder la contact et le dialogue avec l’actuel maître de la Russie, notamment pour parler avec lui de l’accord de paix qu’on attend de lui en Ukraine où il fomente depuis avril 2014 une guerre qui a fait 13 000 morts, 30 000 blessés et un million de personnes déplacées. La France et l’Allemagne soutiennent l’Ukraine dans ses efforts de restauration de la paix et de son intégrité territoriale.

Le désir de la France de sauvegarder et même d’intensifier ses bonnes relations historiques avec la Russie et le peuple russe est intact, mais le tableau des victimes du pouvoir moscovite ne cesse de s’allonger. A. Navalny va-t-il allonger la liste des victimes connues assassinées par des sbires du pouvoir, en tout premier Boris Nemstov assassiné à deux pas du Kremlin, ou encore Natalia Estemirova, Stanislas Markelov, Anastasia Babourova, Alexandre Litvinenko, Anna Politovskaïa, Sergueï Youchenko, Boris Berezovski et S. Magnitski ?

La liste des fantômes qui doivent hanter la nuit les couloirs du Kremlin est déjà longue. S'ajoutent les millions de victimes de Staline qui a résidé, lui aussi, dans ce palais. Poutine semble avoir adopté la devise du terrible "Petit père des peuples" : "Un homme fort au sommet et tout le reste en taule ou refroidis". Certes, tout le monde connaît l'argument : un pays immense comme la Russie avec une population approchant de "seulement" 145 millions d'habitants (l'Allemagne et la France réunies en somme) n'est pas gérable par une démocratie. Il faut une main de fer comme celle de Poutine pour le guider. Mais alors pourquoi les Etats-Unis, l'Inde et d'autres grands pays sont-ils des démocraties ? Elle n'y fonctionne pas toujours parfaitement, mais elle y fonctionne. La justice y est indépendante, l'économie de marché respecte l’initiative et la propriété, il n'y a pas d’emprisonnement politique ni de meurtre d'Etat et l'on peut quitter librement le pays et y revenir sans problèmes.

Poutine semble vouloir donner raison à l’ancien champion d’échecs russe devenu opposant, Garry Kasparov qui a dit : « C’est le KGB qui gouverne. Poutine est un ancien responsable du KGB et nous sommes revenus au point de départ comme si la chute du communisme n’avait jamais eu lieu ». Puisqu'on le dit intelligent, c'’est au président à vie - jusqu'en 2036 - de l’éternelle Russie de prouver qu’il peut en être autrement, que la Russie peut devenir une puissance moderne, démocratique et performante comme le sont les USA, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Union Européenne.(Cyprien Cazamayou. 28/03/2021)

USA- Chine ; « Joe » et « Xi » engagent un bras de fer

Biden rejoue la carte de l’endiguement à la George Kenyan vis-à-vis de Pékin

Nous écrivions fin 2020 : le changement de politique étrangère des États-Unis sera-t-il à la mesure de l’intérêt qu’a suscité leur phénomène électoral, avec en plus l’extraordinaire assaut du Capitole par des escouades rebelles ? Certainement, Joe Biden sera plus confortable pour les partenaires des États-Unis et aussi pour certains adversaires comme l’Iran. C’est ce qu’on pense.

A coup sûr, il aura un comportement plus prévisible et rationnel. Nous passerons du Hardcore de Trump à la Softpower de Biden. Le nouveau président ne tournera pas comme Trump le dos à l’Europe, ne malmènera ni l’Allemagne, ni la France, d’autant qu’il a dans son équipe deux francophones. Et peut-être aura-t-il à l’intérieur, un calme relatif que va lui apporter sa vice-présidente Kamala Harris. Il reviendra dans le circuit écologique, ce qui sera sans doute le tournant le plus important de la politique américaine pour la planète. Mais il ne faut pas surestimer l’ampleur du changement à venir. On vient de s’apercevoir que Biden n’est pas aussi « soft » qu’on l’avait imaginé. Il est avant tout un apôtre de la démocratie à l’américaine et cela peut changer bien des choses dans un monde où la démocratie est en recul.

Dès son entrée en fonctions, le nouveau président américain a constitué un groupe de travail - une « task force » - au Pentagone qui a pour mission de mettre au point d’ici quatre mois des recommandations sur la meilleure façon de tenir la Chine en respect. Dans son premier discours de politique étrangère, il avait mis les points sur les i : la Chine étant le concurrent le plus dur des États-Unis, on allait relever le défi. « Nos nous opposerons aux abus économiques de la Chine ; nous répondrons à ses menées agressives contre les droits de l’homme, la propriété intellectuelle et contre son gouvernement global », global signifiant ici visiblement totalitaire.

Joe Biden s’inspire de la stratégie qu’avait mise au point en 1946 dans son analyse intitulée « the long telegram » le diplomate américain George Kennan, qu’on a résumée par la suite en un mot : le « containment » ; Traduit parfois par « endiguement », il consistait à barrer la route à l’adversaire en le maintenant dans le périmètre qui lui était alloué par la menace dissuasive et le refoulement s’il tentait d’en sortir. Cette doctrine de la dissuasion armée a permis au monde libre, États-Unis en tête, de gagner en environ 45 ans la Guerre froide, tout en restant sous le seuil de la guerre ouverte, quelquefois frôlée, notamment en 1962 lors de la crise des fusées de Cuba. Le président chinois n’ignore pas que malgré ses énormes efforts militaires, les USA le dominent encore largement sur ce plan et qu’il ne peut « se permettre aucun aventurisme », une idée constante du communisme chinois.

Il sait aussi qu’il y a un point sur lequel Pékin et Washington doivent s’entendre. Tout comme dans la relation avec Moscou sous Staline et après lui, aucun des deux ne peut ignorer qu’un conflit militaire entre les deux principales grandes puissances de la planète mènerait à une apocalypse planétaire et à la destruction de son propre pays et de son peuple. Xi avait pensé prendre de court les États-Unis qui vivent dans un espace politique plus compliqué que le sien, avec des alliés incertains, sous un régime démocratique assez chaotique et contraints de tenir compte de leur opinion publique. Il pensait pouvoir « prévoir à trente ans alors que les pays occidentaux prévoient à trente jours ». C’est précisément ce déficit stratégique que Biden veut combler à présent en reprenant la recette à long terme qui a fonctionné de 1947 à 1990 en Europe et dans le monde face à l‘URSS. Dans la revue « Foreign Affairs », l’ancien Premier ministre australien, Kevin Rudd, sinologue averti, écrit que la relation sino-américaine entre dans ces années 2020 dans une décennie décisive durant laquelle on « vivra dangereusement » : « the decade of living dangerously », écrit-il. Nous ne sommes pas certain que cela ne durera que jusque 2030. Ce sera sans doute beaucoup plus long. Il va falloir s’armer de patience comme pendant la Guerre froide du 20ème siècle. Certes, les toutes prochaines années seront instables, la Chine devant accuser le coup, accepter ses limites, alors que Xi pensait avoir devant lui une voie royale. Il est probable qu’il cherchera encore à gagner du terrain avec des « coups d’épingle », comme on disait à l’époque, mais aussi avec sa tactique « d’infiltration comme l’eau » qui est la sienne actuellement. L'eau suit les pentes naturelles et les déclivités, donc nos points faibles pour pénétrer.

Les leçons de la pandémie

Une prise de conscience a eu lieu, et pas seulement aux États-Unis. La pandémie a certainement fait réaliser à tous les pays évolués de la planète combien nous nous étions laissé engluer dans la toile que l’hypernationalisme chinois a jetée telle un filet sur le monde à la manière discrète d'une « universelle araignée ». La Chine était devenue l’atelier de fabrication du monde ; elle s’attaquait à la conquête de la suprématie numérique ; elle n’achetait pas seulement en Afrique des terres et des cultures, mais y installait des usines, des chemins de fer, y faisait fabriquer sa nourriture, vendait ses produits, chez nous et empruntait nos technologies et nous tenait à la gorge pour les médicaments performants et ceux de première nécessité. Le virus parti de Chine, le « virus chinois » comme disait Donald Trump, a dessillé nos yeux à tous. Mais avons-nous retenu cette leçon ? Allons-nous en tirer les conséquences ?

La Chine populaire a été la seule puissance au monde à tirer profit de la pandémie. Elle n'a pas connu de récession en 2020 et pourrait atteindre une croissance de 8 % en 2021. Elle a signé un accord commercial global avec le littoral du Pacifique, y compris l'Australie, puis avec l'UE, accord d'investissement 'le plus ambitieux que celle-ci ait jamais signé. L'Allemagne, dit-on, sera le premier bénéficiaire de cet accord. Mais Angela Merkel, qui en a été la force motrice, a fait monter Emmanuel Macron à bord littéralement à la dernière minute. Il faut espérer que cela n'augmentera pas notre dépendance vis-à-vis de l'Empire du milieu. Avons-nous vraiment tiré la leçon de nos erreurs ? L'affaiblissement de notre économie dû au verrouillage des marchés réduit également liberté de choix.

Les priorités américaines

Au cours de son premier entretien téléphonique avec « Xi », « Joe» a parlé bien peu diplomatiquement de ses « soucis profonds » à propos de la politique chinoise, de la répression à Hong Kong, des atteintes aux droits de l’homme dans le Xinjiang et de l’attitude de plus en plus agressive des forces armées chinoises y compris envers Taiwan. Biden semble résolu à opposer du roc à une Chine désireuse de devenir la première puissance mondiale d’ici une trentaine d’années. Il ne la considère pas comme invincible. Avec Donald Trump, le conflit sino-américain avait été vif. Trump n’y allait pas par quatre chemins, mais il ne tenait pas suffisamment compte du caractère des régimes. Il pouvait traiter des dictatures et des théocraties comme des républiques laïques. A sa différence, Biden et sa vice-présidente ont une certaine idée de la démocratie et Pékin – comme Moscou et Téhéran – auront à affronter avec eux des apôtres des libertés et des droits de l'homme. De plus, et c’est sans doute très dérangeant pour des autocrates habitués à la guerre secrète, Biden joue cartes sur table. Il n’a pas manqué de signaler à son interlocuteur qu’il ne le laissera pas s’en prendre aux priorités suivantes des États-Unis : la sécurité, la prospérité, la santé et le style de vie américain ainsi que le libre accès à un espace indopacifique libre. Xi a réagi en évoquant les « conséquences désastreuses » d’une « confrontation » et en arguant que Biden n’avais pas à empiéter sur les « affaires intérieures » de la Chine. Mais justement la conception américaine de la démocratie universelle implique un certain droit à l’ingérence, comme le conçoivent notamment les Nations Unies quand les droits humains sont lésés. Il faut s’attendre au cours des prochaines années, y compris envers Moscou, à une croisade démocratique. Joe Biden en fera-t-il autant vis-à-vis d’Erdogan et des alliés saoudiens ?

Finalement, Xi Jinping a tendu la main en réclamant un dialogue à égalité et davantage de communication. Pour éviter un ou des conflits armés, Kevin Rudd, évoque la possibilité d’une « managed strategic competition » assortie de règles évitant la perte de contrôle des événements et aussi de terrains de coopération par exemple en matière de climat et de lutte contre la pandémie. L’ancien vice-ministre chinois des Affaires étrangères He Yafei, rappelé à la tâche, a proposé la mise en place d’une « carapace » de règles et de lignes rouges pour éviter les accidents. L’ennui, c’est que Xi Jinping croit en marxiste que l’histoire est son alliée, que la Chine est la voie ascendante et l’Amérique sur le déclin. C'est une profonde erreur.

L’Amérique ne va pas sombrer

C’est pourtant ce que , sans être marxistes, certains milieux politiques semblent croire également en Europe. Or, ces automatismes et déterminismes n’existent pas. L’Amérique peut nous réserver encore des surprises positives et la Chine des négatives. Cette idée gauchiste du progrès par la lutte des classes était partagée par Lénine et Staline et naturellement Mao. Selon eux, il suffirait d’attendre que le capitalisme creuse sa propre tombe. Il n’en a rien été parce que la démocratie et l’économie libérale ont le pouvoir de se régénérer à la différence de du pouvoir totalitaire et de l'économie étatique dirigée. Des décennies durant, influencées par les sirènes de la désinformation kremlinesque des communistes, des gaullistes et des lepenistes ont entonné en France le refrain bien connu du « déclin américain ».

Après l’assaut du Capitole et la chute de Donald Trump, cette rengaine rabâchée depuis les années 1960-1970 s’est à nouveau faite entendre. Pourtant , depuis que les USA auraient dû s’effondrer, on aurait dû entendre le bruit et voir la fumée du crash après celle des tours jumelles de New York, mais ni ce grand malheur, ni leur retrait discret du Moyen-Orient, ni l’hécatombe du covid n’ont ruiné ce grand pays que l’ami de Castro, le journaliste Claude Julien, rédacteur en chef à l'époque du « Monde diplomatique » qui devrait s’appeler « révolutionnaire », vouait aux gémonies dans son livre vengeur « L’Empire américain ». C’était en 1968 et beaucoup en sont restés là. Beaucoup, disons : les éternels mille neuf cents sexagénaires.

Sans doute la chansonnette anti-yankee devra-t-elle se mettre en sourdine. La nouvelle stratégie diplomatique américaine veut renouer des alliances un peu malmenées par l’administration Trump. Il faut espérer que Washington ne se trompera pas d’alliés et ne démolira pas certaines initiatives positives de Trump qui ont fait bouger des choses qui étaient engluées dans la purée diplomatique. Le chaotique Trump a joué le chien dans le jeu de quilles. Il n’avait pas de bonnes manières, mais il a fait bouger des choses engluées dans la purée diplomatique. Qui aurait dit qu’on tenterait d'écarter la Corée du Nord de la Chine et de la rapprocher des Etats-Unis ? Cela n'a pas vraiment bien réussi. Mais qui aurait cru qu'on pourrait réconcilier les États arabes du Golfe avec Israël ? Les accords d'Abraham, deux traités de paix, d'abord entre Israël et les Émirats arabes unis puis entre Israël et Bahrein signés en août et septembre 2020 avec la bénédiction de Trump, ont changé la donne au Moyen-Orient en faveur d’Israël.

Il y a des signes qui ne trompent pas : l’économie américaine revenue à la prospérité sous Trump, reste stable ; le premier vaccin anti-covid a été inventé (avec un soutien allemand) et fabriqué industriellement aux États-Unis en seulement neuf mois ; les États-Unis sont les seuls actuellement à pouvoir poser un robot sur Mars et préparent une sation orbitale autour de la Lune, etc. L’État hébreux allié des États-Unis se renforce et la propagande « islamo-gauchiste » anti-Israël et pro-palestinienne se dégonfle comme une baudruche. Notons l’efficacité de la campagne de vaccination en Israël, premier vacciné au monde, premier à revenir à la vie normale après avoir passé un accord intelligent avec les laboratoires Pfizer. Ces accords d’Abraham sont un grand pas vers plus de stabilité et d’équilibre dans cette région minée et les États-Unis continueront seront encore une puissance dominante dans le monde multipolaire de demain.  (J.-P. P., 24/02/21) 

Joe Biden veut-il assujettir l’Europe au leadership américain ?

Le retour de Joe Biden vers les alliances traditionnelles des États-Unis n’aura peut-être pas que des effets positifs sur l’Europe. Il avait annoncé le 19 février pendant le sommet du G7 et durant la Conférence sur la sécurité qui se déroule bon an mal an à Munich. Il a assuré qu’il place le partenariat transatlantique « en son cœur » et qu’il veut que l’Amérique regagne auprès de l’Europe « sa position de leadership fiable ». Il n’a pas dit partenariat, mais « leadership ».

La question est de savoir si l’on veut retourner aux années 1950 à 1980. Or, le monde s’est profondément transformé depuis. Tous les présidents français, et Emmanuel Macron en fait partie, plaident en faveur d’une Europe puissance capable d’assurer en cas de coup dur sa propre défense. Naturellement en partenariat avec les États-Unis qui ne seront jamais un ennemi. Depuis le 18ème siècle, la France est l’alliée des États-Unis. Il n’y a jamais eu dans l’histoire de conflit armé entre la France et les États-Unis d’Amérique. Bien au contraire.

Malheureusement, certains en Allemagne seraient fort aises que l’Amérique reprenne son rôle de gendarme du monde pour qu’eux puissent dormir tranquilles sous l’aile protectrice de l’OTAN. Comme l’écrivait Isabelle Lasserre dans « Le Figaro " du 22 février : « Pendant longtemps, c’est la Grande Bretagne qui a ralenti les projets d’autonomie européenne portés par la France. Depuis le Brexit, les freins sont actionnés plutôt à Berlin ». A la mi-février, le Bundestag a rejeté la demande française de lui fournir des troupes pour des missions de combat contre les djihadiste au Sahel. On dirait que les Allemands ont oublié que des troupes françaises ont été stationnées à Berlin et en Bade-Wurtemberg pendant pus de quarante ans pour défendre la liberté de leur pays et que la France leur avait déroulé le tapis pour revenir dignement dans le concert des nations.

L’Allemagne mise sur la productivité industrielle et la paix universelle par le commerce. La France ne veut pas être en retard économiquement, elle l'est commercialement, mais sa force extérieure est dans sa diplomatie et dans son armée. Elle est en outre détentrice de la seule force de dissuasion nucléaire de l’Union Européenne, un élément qui n’est plus du tout obsolète dans le monde multipolaire actuel, un monde ou des régimes autocratiques ont des visées sur l’Europe occidentale. Les Allemands pensent-ils pouvoir toujours s’en tirer avec le carnet de chèques ?

Peut-être faudrait-il repenser la protection de l’Europe contre les menaces terroristes et bellicistes. Si l’Allemagne ne veut plus se servir d’un fusil, qu’elle préfère les fabriquer pour ses alliés, si elle privilégie le renseignement et l’aide matérielle aux pays amis, alors soit ! Mais il ne manque pas de jeunes hommes et de jeunes femmes en France et dans d’autres pays européens, dont l’Allemagne, désireux et désireuses de barrer la route au djihadisme. Il suffirait peut-être que la France modernise et revitalise sa Légion étrangère pour les accueillir. D’autant que nous n’avons plus d’armées de conscrits, mais des armées de volontaires. On a besoin de volontaires européens pour défendre l'Europe. (JPP, 24/02/2021)

La Défense européenne peine à décoller

Beaucoup pronostiquent qu'une Europe de la défense ne verra jamais le jour, du fait des rivalités entre Etats Européens concernant la construction des matériels de guerre communs à une Europe de la défense désirant ne pas se borner à acquérir au prix fort des armements américains.

La question du futur avion européen dit NGF (New Generarion Fighter) élément essentiel du Système de combat aérien futur (Scaf) envisagé par les deux pays avec le partenariat de l'Espagne est significatif à ce sujet. Annoncé il y a deux ans, celui-ci est toujours en discussion du fait des conflits entre partage des tâches et des responsabilités entre les industriels impliqués.

L'avionneur français Dassault Aviation avait été désigné comme maître d'oeuvre industriel de ce programme. Pour cela il devrait partager certains secrets industriels avec ses partenaires allemands. Mais il s'y refuse de peur d'être pillé sans contreparties par ces derniers. C'est le cas notamment concernant les commandes de vol électriques, élément critique d'un avion de ce type. L’Allemagne doit à la France d’être revenu dans réseau industriel aérien grâce à Airbus Industrie conçu d’ailleurs par feu le ministre-président de Bavière et ancien ministre allemand de la Défense Franz-Jposef Strauss.

La France et l'Allemagne espèrent valider avant les élections allemandes de septembre 2021 les contrats industriels d'étude devant conduire en 2026 à la réalisation d'un démonstrateur, pré-prototype destiné à valider la faisabilité du concept. L'enjeu de ce programme-phare de la coopération de défense en Europe est stratégique pour les trois pays. Ils doivent remplacer à l'horizon 2040 leurs avions Rafale et Eurofighter et s'assurer que leurs industriels resteront au plus haut niveau technologique. C'est pour de tels conflits que le projet européen précédent d'avion gros porteur A 400 M avait échoué.

Alors que le Parlement allemand vient de refuser d’envoyer des soldats de la Bundeswehr au Sahel pour prêter main forte aux forces françaises en lutte contre les Djihadistes peut-être n’est-ce pas à l’avionneur français de faire un geste alors qu’il vient de perdre son patron Olivier Dassault dans un terrible accident. Mais, évidemment, les affaires sont les affaires. La puissante industrie allemande est sollicitée. (G.B./C. C., 8/03.2021)

Vers un séparatisme écossais ? Les Écossais ne feront pas de cadeau à Boris Johnson

Aux super-élections du jeudi 6 mai 2021, le parti indépendantiste écossais SNP de la populaire Première ministre Nicola Sturgeon  a remporté 64 sièges, un de moins que la majorité absolue, mais en se coalisant avec les Verts qui ont obtenu huit sièges et qui sont eux aussi pour l'indépendance de la nation écossaise, elle pourra former un gouvernement. Lequel se prononcera probablement pour un référendum en faveur de 'indépendance. Sur la chaîne de télévision Sky News elle a déclaré à ses électeurs qu'il n'y a "tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais )à choisir son propre avenir". La raison majeure de l'indépendantisme écossais est le désir de rester membre de l'Union Européenne. Les Conservateurs de Boris Johnson n'ont obtenu que 31 voix en Ecosse. Il s'oppose fermement à un référendum qui risquerait de lui coûter sa carrière.  En février, nous avions publié l'article ci-dessous. (Rédaction, le 9 mai 2021)

Le « cadeau de Noël » que Boris Johnson affirmait avoir fait à ses compatriotes fin 2020 en mettant sous leur sapin le Brexit et l’accord de sortie d’Europe de la Grande Bretagne, négocié littéralement en dernière minute, pourrait à la longue prendre des airs de cadeau empoisonné.

Il n’y avait pas dans l’accord passé à Bruxelles de clause sur les transactions financières. Or, dès janvier 2021, à la suite de la mise en œuvre du Brexit, la capitale britannique a cédé la place à sa rivale néerlandaise en volume d’échanges boursiers. Amsterdam dame le pion à Londres et devient la première place financière européenne en récupérant les transactions “perdues par le Royaume-Uni depuis le Brexit”, a annoncé le Financial Times. Jusqu’alors, la City londonienne s’adjugeait 60% de poids spécifique dans la finance européenne. En janvier le volume quotidien des transactions à Amsterdam a quadruplé et dépasse nettement celui de Londres.

C’en est fait. Mais ce n’est pas le pire. Le Royaume Uni britannique pourrait devenir bientôt un Royaume désuni, car l’Ecosse semble résolue à devenir un État indépendant qui resterait membre de l'Union Européenne. La personne la plus qualifiée pour le dire, Nicola Sturgeon, Première ministre d’Ecosse a écrit dans « Le Figaro » dès le 4 janvier dernier : « Nous ne voulions pas quitter l’Union Européenne et espérons vous rejoindre bientôt en tant qu’État indépendant ». Elle dirige non seulement le gouvernement régional écossais mais aussi le Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste dont on entendra encore parler.

Cela vaut la peine de lire son article dans lequel elle dit clairement et nettement que l’Ecosse « est résolue à suivre une voie égale et constitutionnelle pour devenir un État indépendant ». Elle reconnait que lors du vote sur le Brexit en 2016, le Royaume Uni, en tête l’Angleterre et le Pays de Balles a voté en faveur de la sortie de l’Union, mais elle rappelle que l’Ecosse et l’Irlande du Nord (il faudrait ajouter Gibraltar) ont voté pour le maintien dans l’Europe. Elle mentionne que le gouvernement britannique a rejeté le compromis écossais et a « voulu et veut toujours une relation plus distante (avec l’Europe) pour des raisons qu’il n’a jamais pu expliquer ».

Mme Sturgeon se défend d’être « séparatiste ». Elle affirme vouloir défendre le droit de son peuple de « décider de la forme de gouvernement la mieux adaptée à ses besoins » sans abandonner « la vision internationaliste et accueillante de l’Europe, vison qui est partagée par tant de personnes en Ecosse ». Et de conclure « Les liens entre l’Ecosse et la France sont aussi anciens que forts. C’et un partenariat forgé sur de vieux chams de bataille t qui reste tout aussi important aujourd’hui qu’il y a des siècles. Nous appartenons à la famille des nations de l’Union Européenne depuis près d’un demi-siècle. Nous ne voulions par quitter l’Union et espérons vous rejoindre bientôt en tant que partenaire à part entière pour faire face aux opportunités et aux défis de l‘avenir ». (Rédaction, 16 février 2021)


Welt


1. Antisémitismus auch in Deutschland. 
2.  Der Konflikt im Nahost wird weltweit sehr einseitig dargestellt
3. Auf dem Weg zu einem neuen russisch-amerikanischen Kalten Krieg?
4. Moskau: politische Methoden aus einer anderen Zeit 
5.  Biden spielt die Karte der Eindämmung à la George Kennan gegenüber Peking
6. Will Joe Biden Europa dem amerikanischen Leadership unterwerfen?
7. Fernsehen in Frankreich: Zuviel des Guten! 

Beschießt Tel Aviv", "Wir brauchen keine friedliche Lösung", "Kindermörder Israel".
 
Das ist nur eine kleine Auswahl des Hasses und der Gewaltfantasien, die am Wochenende vom 16.-17. Mai auf Demonstrationen in deutschen Städten verbreitet wurden. Was als propalästinensischer Protest gegen die Politik Israels angekündigt war, zeigte sich vielerorts als offener Antisemitismus. Besonders in Berlin eskalierte die Lage. Die Polizei löste einen Protestzug auf und wurde daraufhin attackiert
Wer waren die Menschen, die dort antisemitische Hetze verbreiteten? Das Jüdische Forum für Demokratie und gegen Antisemitismus (JFDA) berichtet, dass vor allem radikale Islamisten, Anhänger der Terrororganisation Hamas und Mitglieder der rechtsextremen türkischen Vereinigung "Graue Wölfe" die Sprechchöre in Berlin initiierten. Begleitet – und zumindest toleriert – wurden sie aber von Familien und Jugendlichen, oft mit Migrationshintergrund. Auch Linksradikale liefen mit.
Eine israelische Journalistin wurde aus der Menge mit einem Böller angegriffen und daraufhin attackiert, eine homosexuelle Person wurde geschlag Die Bilanz: 93 verletzte Beamte, 59 Festnahmen, 150 Anzeigen.

"Der Konflikt im Nahost wird weltweit sehr einseitig dargestellt"
 Der Nahostkonflikt spaltet auch in Deutschland die Meinungen. Als hochemotional und hasserfüllt beschreibt der Psychologe und Buchautor Ahmad Mansour* die Debatte und erklärt, was viele in Deutschland nicht verstehen. Er arbeitet schon seit Jahren in der Extremismusprävention. Die Journalistin von t-online.de Camilla Kohlrs interviewte ihnam 14.05.2021 per Telefon. Im Interview erklärt er, wie Radikale die sozialen Medien für sich nutzen und wie sich das auf die Diskussion in Deutschland auswirkt.

t-online: Herr Mansour, Sie haben selbst Familie in Israel. Was hören Sie von dort?
Ahmad Mansour: Meine Eltern erleben derzeit eine unglaubliche Situation: Raketenangriffe und Ausschreitungen von Jugendlichen gegen die Polizei, die ihren Unmut und ihre Aggressionen loslassen wollen. Sie wohnen in einer hauptsächlich arabischen Stadt. In gemischten Städten wie Haifa, Akkon und Lod übernehmen gerade Mobs und Radikale von beiden Seiten und machen Jagd auf die jeweils anderen.
Der israelische Präsident Ruven Rivlin warnt vor einem Bürgerkrieg, Experten vor einer dauerhaften Spaltung der Gesellschaft. Allerdings gab es auch gemeinsame Demonstrationen von jüdischen und muslimischen Israelis, die gegen den Hass eintreten. Wie schätzen Sie die Lage ein? 
Dieser Hass, der sich gerade zeigt, wird natürlich Konsequenzen haben. Es wird viel Versöhnungsarbeit nötig sein. Aber ich bin mir sicher, dass die Menschen wieder zu einer Normalität finden werden. Sie wollen ja ihr Leben weiterführen und ihrer Arbeit nachgehen. Und die findet gemeinsam in Krankenhäusern, in der High-Tech-Branche, in Einkaufszentren statt. Wir brauchen jetzt aber eine starke Polizei, die gegen die Radikalen vorgeht und politische Vorbilder, die auf Arabisch und Hebräisch sagen: "So geht es nicht weiter, wir müssen damit aufhören".
Welche Fehler hat die israelische Regierung in dieser Situation gemacht? 
Sie hat sehr spät reagiert und teilweise diese Spannungen, die sich ja schon seit Jahren in der Bevölkerung aufbauen, unterschätzt. Ich wehre mich aber dagegen zu sagen, die israelische Regierung ist der Auslöser. Es gehören immer zwei Seiten dazu. Und auf der einen Seite steht ein demokratisches Land mit Gesetzen, und auf der anderen Seite eine Terrororganisation.
Das ist die Hamas, die seit 2007 in Gaza regiert und derzeit die israelische Zivilbevölkerung mit Raketenangriffen terrorisiert. Was bezwecken sie damit außer Terror?
Die Hamas braucht eigentlich keine Gründe, ihr Existenzrecht ist ja der bewaffnete Kampf gegen Israel. Sie hat in den letzten 20 Jahren immer wieder unter Beweis gestellt, dass sie auf der Suche nach Eskalation ist. Das nutzt sie immer wieder, um sich als Beschützer der Heiligen Orte zu stilisieren, wie jetzt auch in Ost-Jerusalem. Sie terrorisieren übrigens nicht nur die Israelis, sondern auch die eigene Bevölkerung.
Wie?
Bilder zeigen, wie sie Raketen aus dicht besiedelten Gegenden abschießen. Sie nutzen die Bevölkerung sozusagen als Schutzschild. Das macht es für Israel natürlich schwer, die Hamas zu schwächen, ohne dass Unschuldige darunter leiden. Was man in Europa auch nicht mitbekommt ist, dass einige Raketen von der Hamas gar nicht in Israel, sondern in Gaza selbst einschlagen und dort auch Menschen verletzen und töten. Ich will damit nicht kleinreden, dass auch durch israelische Angriffe unschuldige Menschen sterben.
Die Eskalation, die wir derzeit beobachten, hat sich vor allem rund um eine Hausräumung in Ost-Jerusalem entzündet. Warum?
Ich warne davor, eine einfache Erklärung für eine komplizierte Lage zu finden. Da ist zum einen die unsichere politische Lage in Israel: Geht das Land nach links mit einer Regierung ohne Benjmain Netanjahu? Wird Netanjahu mit Rechtsradikalen zusammenarbeiten oder vielleicht doch mit einer arabischen Partei? Die Debatte ist sehr heftig. Dann ist da die Palästinensische Autonomiebehörde, die erst eine Wahl angekündigt und dann wieder abgesagt hat – aus Angst, sie zu verlieren. Für die radikalislamistische Hamas kommt das ungelegen, weil sie auf mehr Macht im Westjordanland gehofft hat. Dazu kommt eine Jugend, die nach der Corona-Pandemie auf der Suche nach Abenteuer und Beschäftigung ist, und der Fastenmonat Ramadan, in dem viele Muslime nervlich sowieso am Ende sind. Die radikalen Seiten spielen außerdem mit sehr stark emotionalisierten Bildern.
Was meinen Sie damit?
Es gab zum Beispiel die Videos, in denen man Muslime in der Al-Aksa-Moschee beten sieht. Dann kommen Polizeikräfte, Beamte gehen in diesen für Muslime heiligen Ort und schießen mit Tränengas. Das ist natürlich für die, die das sehen, ein absolutes No-Go. Mit so einem Video kann man die Leute unter dem Motto "Schützt eure Religion, schützt eure Moschee" leicht mobilisieren. Wenn man dann aber sieht, dass aus dem Bereich der Moschee heraus die für Juden heilige Klagemauer mit Steinen angegriffen wurde, ist das Bild ein anderes. Die Radikalen aber zeigen jeweils nur eine Seite.
Das ist nicht das einzige Beispiel von sehr einseitigen Beiträgen. In sozialen Medien wie Instagram oder Tiktok erreichen diese teilweise Millionen Menschen. Welche Rolle spielt das in dieser Situation?
Es gab in den letzten Wochen mehrere Fälle, in denen arabische Jugendliche Juden angegriffen und das als Tiktok-Videos hochgeladen haben, die dann noch gefeiert wurden. Das hat natürlich sehr viele Emotionen auf jüdischer Seite ausgelöst und Radikale zu Gegenreaktionen bewegt. Ich merke auch, dass der Konflikt nicht nur dort, sondern weltweit sehr einseitig dargestellt wird. Eines der Videos, das in Deutschland am meisten verbreitet wurde, zeigt einen Mob von Juden, der an der Klagemauer feiert, dass es bei der Al-Aksa-Moschee brennt. Kennen Sie das Video?
Ja, das habe ich gesehen. Es war nur ein sehr kleiner Ausschnitt.
Die Vorgeschichte ist, dass Palästinenser einen Feuerwerkskörper auf die Klagemauer werfen wollten. Das ist schiefgegangen und dann hat ein Baum neben der Moschee Feuer gefangen. Die jüdischen Demonstranten, unter denen ohne Frage viele Radikale waren, hatten schon vorher gefeiert. Ob das spätere Feuer auch gefeiert wurde, kann ich nicht beurteilen. Es gibt aber auch von der anderen Seite Bilder, wie Leute die ersten Raketenangriffe auf Jerusalem gefeiert haben. Also so einfach ist die Lage nicht. Aber wenn man aus den Bildern diese Einseitigkeit herstellt, schafft man Emotionen. Und die sehen wir sogar hier in Deutschland.
Wie nehmen Sie das Klima in Deutschland wahr?
Hochemotional und hasserfüllt. Es macht mir Angst, wie viele Nachrichten ich tagtäglich bekomme. Ich will es aber auch ganz deutlich sagen: Die Menschen haben natürlich das Recht, hier in Deutschland gegen den Krieg auf die Straße zu gehen, sich Sorgen um die Menschen in Gaza zu machen und ihren Unmut über den Krieg zu äußern. Das, was wir aber bisher gesehen haben, waren keine antiisraelischen Demos. Das waren reine antisemitische Haltungen. "Scheiß Jude" zu rufen, hat mit dem Konflikt in Israel nichts zu tun.
Israel wird auf diesen Demonstrationen – aber auch in sozialen Netzwerken wie Instagram und Tiktok – immer wieder als Goliath dargestellt, der David, die Palästinenser, unterdrückt. Ist es so einfach? 
Nein. Wir neigen oft zu sehr eindimensionalen Schwarz-Weiß-Bildern und verkennen dabei die Realität. Die Leute greifen mich hier oft an, weil ich angeblich eine pro-israelische Haltung habe. In Israel würde ich hingegen als links gelten, weil ich die Politik von Netanjahu nicht gutheiße. Ich sehe aber die Komplexität: Viele begreifen nicht, dass in Israel auch zwei Millionen Araber leben, dass ein Krieg gegen eine Terrororganisation nicht so einfach zu führen ist und, dass Israel mit dieser Vernichtungsangst seit seiner Existenz lebt.
Woher kommt der Hass?
Der ist immer da gewesen, findet aber jetzt eine Legitimation sich zu zeigen. In meiner Arbeit merke ich das: Flüchtlinge aus Syrien zum Beispiel – ohne sie jetzt als homogene Gruppe darzustellen – sind natürlich Menschen, die ganz anders sozialisiert sind. Das müssen wir begreifen, um sie dementsprechend zu erreichen. Es geht mir nicht darum, sie als Antisemiten abzustempeln. Es geht mir darum, einen Weg zu finden, wie man erklären kann, warum das hier nichts zu suchen hat. Das ist in der Debatte aber schwierig anzusprechen, weil es die falsche Seite unterstützt. Und das tut es ja auch: Die AfD findet es sehr gut, wenn man über den muslimischen Antisemitismus spricht. Wir müssen es ansprechen, aber dürfen dabei nicht verkennen, dass es ein gesamtgesellschaftliches Problem ist. Die Bedrohung ist vielfältig und
Auch nach der Eskalation in Nahost 2014 hat es in Deutschland und anderen Ländern Europas eine Vielzahl an antisemitischen Vorfällen geben. Ist danach nicht genug getan worden?
Es gab Mahnwachen und dann haben wir es vergessen. Das einzige, was wir in dieser Situation jetzt machen können, ist Rechtsstaatlichkeit zeigen, klar zu kommunizieren: "So geht es nicht." Die wirkliche Arbeit aber fängt danach an: in den Schulen, in den sozialen Medien, in den Integrationskursen. Wir müssen sie erreichen, wenn die Emotionen gerade nicht so hochkochen. Gerade aber ist es wohl kaum möglich, diese Menschen zu erreichen.

* Ahmad Mansour, geboren 1976, ist arabischer Israeli und lebt seit 2004 in Berlin. Er ist Diplom-Psychologe und arbeitet für Projekte gegen Extremismus. Anfang 2018 gründete er Mind Prevention (Mansour-Initiative für Demokratieförderung und Extremismusprävention). Für seine Arbeit erhielt er zahlreiche Auszeichnungen, unter anderem den Moses-Mendelssohn-Preis zur Förderung der Toleranz sowie den Carl-von-Ossietzky-Preis. Im Oktober erschien sein Buch "Solidarisch sein! Gegen Rassismus, Antisemitismus und Hass".

Auf dem Weg zu einem neuen russisch-amerikanischen Kalten Krieg? 

Am 17. März 2021 nannte der Präsident der Vereinigten Staaten Putin einen "Mörder", der für seine Verbrechen bezahlen wird. Am 18. März warf sein Chef der Diplomatie den Chinesen vor, die "Weltstabilität" zu bedrohen. Mit der Antwort "Ja, ich denke schon" auf die Frage eines ABC-News-Reporters, der ihn fragte: "Ist Putin ein Mörder? ", wandte sich der Präsident eindeutig an die amerikanische Öffentlichkeit. Nach Trump wurde ein "weicher" Präsident Biden erwartet. Dieser sehr offensive Ansatz zielte darauf ab, das Bild eines starken Amerikas auf der internationalen Bühne wiederherzustellen und widerspricht der Vorstellung Bidens, die wir hatten.
Joe Bidens Bemerkungen wurden in Moskau gehört, wo sie zu einer spöttischen Erwiderung von Wladimir Putin führten, der die Beleidigung an Washington mit einem sehr verächtlichen "Wie die Kinder sagen, ist es derjenige, der es sagt", zurückgab. Über diese Sequenz hinaus wurde der Kreml-Botschafter in Washington "zu Konsultationen" nach Moskau zurückgerufen, eine Geste ohne Präzedenzfall in der jüngeren Geschichte (das letzte Mal war im Jahr 1998). Sicherlich hatte Putin keine anderen Möglichkeiten der Vergeltung, aber wenn man jetzt an der Weichheit von Biden zweifelt, kann man auch an Putins Intelligenz zweifeln.
Es war sicher falsch, den Amerikaner angesichts der politischen und vor allem wirtschaftlichen Schwierigkeiten, die er in Russland hat, nicht ernst zu nehmen. Indem er die Korruption und die Privilegien der Herrschenden anprangerte, hat Alexej Nawalny die Saat der Volksrevolte gesät. Die Lebensmittelpreise steigen und werden knapper. Das russische Volk ist weder zufrieden noch satt.

Verschlechterung der Beziehungen
Sicher ist, dass sich die Beziehungen zwischen den beiden Ländern verschlechtern. "Die Beziehungen zwischen Moskau und Washington sind seit langem sehr schlecht, sagte Andrej Kortunow, Direktor einer Denkfabrik, des Russischen Rates für Internationale Angelegenheiten, der von den Medien in Frankreich zitiert wurde. Aber wir sehen, dass es mit Biden keinen Willen gibt, diese Beziehungen in der Substanz zu verbessern". Kortounow hält jedoch an den Äußerungen von Joe Biden fest, der auf der Möglichkeit beharrte, Vereinbarungen mit Russland zu bestimmten Themen zu finden. Er sagte: "Wir werden vielleicht selektiv Fortschritte sehen, in bestimmten Punkten, in denen die Interessen konvergieren: der Nahe Osten, die Arktis, die Kontrolle von Atomwaffen". Dennoch wird die Atmosphäre, so sein Fazit, vorerst eine der Konfrontation bleiben.
Es bleibt die Tatsache, dass ein zweiter Kalter Krieg, etwas gemäßigter als der vorherige, Gestalt annimmt. Er unterscheidet sich vom Kalten Krieg 1947-1990 dadurch, dass die Bedrohung durch gegenseitige nukleare Vernichtung nicht mehr auf der Tagesordnung steht. Im Gegenteil, Russen und Amerikaner verhandeln weiterhin über die Reduzierung der Atomwaffen. Auch das Klimathema ist ein wichtiger Teil ihrer Beziehungen, ebenso wie zwischen Washington und Peking, während dies unter der Präsidentschaft von Donald Trump nicht der Fall war. Was Biden stark von seinem Vorgänger unterscheidet, ist, dass er sich auf Experten und Think Tanks verlässt. Steht er unter Einfluss von linken Falken odervon kompetenten Experten? Auf jeden Fall wird er beraten und das ist beruhigend.

Europa ist betroffen
Es bleibt die Tatsache, dass wir in Europa nicht die Opfer dieser neuen Spannungen sein sollten. Die Beziehungen zwischen den USA und Russland machen uns mehr Sorgen als die Beziehungen zwischen den USA und China. Jede Verhärtung der russischen Politik macht uns noch abhängiger von den Vereinigten Staaten.
Mehr denn je müssen wir die Europäische Union in jeder Hinsicht stärken, politisch und diplomatisch, wirtschaftlich und militärisch, um unsere Unabhängigkeit und Eigenständigkeit herzustellen. Die europäische Souveränität steht auf dem Spiel. Abgesehen davon verbindet uns die Demokratie amerikanischer Prägung, die sich so sehr von unserer eigenen unterscheidet, mehr mit unseren ehemaligen Verbündeten aus dem Kalten Krieg als mit dem Regime, das der Kreml immer noch mit Anklängen an den Stalinismus praktiziert. Leider hat Moskau seine Transformation in den Jahren 1990-2000 verpasst. Putin ist das Ergebnis dieses Versagens.
Es ist nicht sicher, dass er selbst beschlossen hat, Nawalny zu vergiften. Möglicherweise sind seine allmächtigen Geheimdienste übereifrig und entscheiden für ihn, was sie für seine Macht, von der ihr Überleben abhängt, für gut halten. Es ist unbestreitbar, dass die russische Macht ihre Gegner physisch liquidiert. Die Politik der Geheimdienste ist fast immer ein Desaster in jedem Land.
Auf jeden Fall muss Putin in seinem Kreml furchtbare Angst haben. Dass Nawalnys politisches Programm trotz der begründeten Anschuldigungen, die er erhebt, ein wenig schwach ist, ist eine Tatsache. Aber die Maßnahmen, die gegen ihn ergriffen wurden, sind zumindest ein enormer politischer Schnitzer. Unmenschlich, machen sie aus ihm einen Jesus Christus, der die Massen, vor allem die jungen Menschen, mitreißt.
Nun, zwischen Putin und Navalny muss es in Russland einen Mittelweg geben. Wir müssen dies mit den Russen besprechen. Europa muss unabhängig von Washington und Moskau sein und immun - aber das ist ein anderes Problem - gegen die Prahlereien des gefährlichen türkischen Haudegens aus Ankara, Erdogan. (J.-P.P., 20/03/2021)

Moskau: politische Methoden aus einer anderen Zeit

Das Gefangenenlager Nummer 2 liegt 100 km östlich von Moskau. Sein Codename ist IK-2. Es ist eines der 684 Arbeitslager, die den Archipel Gulag von Wladimir Putin bilden. Dort sind 393.000 Gefangene untergebracht. Dort verwies der russische Potentat unter anderen seinen derzeitigen politischen Hauptrivalen Alexej Nawalny. Wahrscheinlich wird er dort versuchen, ihn langsam sterben zu lassen oder zumindest seinen Gesundheitszustand so weit zu verschlechtern, dass er für ihn unschädlich wird.
Aber sein Gefangener hat ihm wohl einen Strich durch die Rechnung gemacht, indem er einen Hungerstreik begonnen hat, den die ganze Welt mitverfolgt. Putin rechnet zweifellos mit der Feigheit der freien Länder. Werden sie am Ende die Augen vor diesem Staatsverbrechen verschließen? Die EU ist derzeit gegenüber Gewaltherrschern wie Putin und Erdogan sehr freundlich.
Im vergangenen Februar unter dem Vorwand eines Wirtshaftsbetrugs aus dem Jahr 2014 zu zwei Jahren Haft unter extrem harten Bedingungen verurteilt, wird Putins persönlicher Widersacher "achtmal pro Nacht" von seinen Kerkermeistern geweckt, was der Inhaftierte in einem Appell an die Behörden auf seiner Website als "Folter durch Schlafentzug" bezeichnete. Außerdem leidet er, nachdem er gezwungen war, in Polizeiwagen und Zellen zusammengekauert zu bleiben, unter Rückenschmerzen und Taubheitsgefühlen in Teilen seines rechten Beins, was auf Nervenschäden hinweist.
Während seine Anwältin Olga Mikhailova, die ihn unter großen Schwierigkeiten treffen konnte, ihn so stark beeinträchtigt sah, dass sie sagte, sie "fürchte um sein Leben", beschränkten sich die Gefängnisbehörden darauf, seinen Gesundheitszustand als "stabil und zufriedenstellend" zu beurteilen. Er schrieb an den Föderalen Strafvollzugsdienst (FSIN) und die Staatsanwaltschaft, aber der Neurologe, der ihn untersuchte, verschrieb nur Ibuprofen-Tabletten. Erschwerend kommt hinzu, dass Nawalny durch die Nachwirkungen des Vergiftungsversuchs des russischen Geheimdienstes geschwächt ist, dem er im August 2020 zum Opfer fiel.
Seine Frau Julia Navalny, die ein ärztliches Attest an ihn nicht sendenkonnte, prangert eine "persönliche Rache Wladimir Putins" an ihrem Mann an und wirft dem russischen Präsidenten vor, ihn aus "Angst vor einer politischen Konkurrenz" inhaftiert zu haben. Wie westliche Regierungen fordert auch sie seine sofortige Freilassung. Demonstrationen zu ihren Gunsten wurden in ganz Russland zu Jahresbeginn stark unterdrückt. Seine Unterstützer sammeln Unterschriften für eine Petition und werden zu weiteren Demonstrationen aufrufen, wenn sie mehr als 500 000 Unterschriften gesammelt haben.
Sein Fall erinnert nur allzu sehr an den des Anwalts und Oppositionellen Seguei Magnitsky, der 2014 in einer Moskauer Untersuchungshaftanstalt starb, nachdem er über Misshandlungen und eine Verschlechterung seines Gesundheitszustands geklagt hatte. Der Fall hatte eine internationale Reaktion ausgelöst. Auf die Frage nach der Praxis, einen Häftling nachts stündlich zu wecken, sagte Kreml-Sprecher Dmitri Peskow lediglich, dass "solche Disziplinarmaßnahmen in ausländischen Gefängnissen strenger als in Russland.sind" Herr Peskow gab nicht an, auf welche Gefängnisse er sich bezog.
Natürlich ist es wichtig, mit dem derzeitigen Machthaber in Russland in Kontakt und Dialog zu bleiben, insbesondere um mit ihm über den von ihm erwarteten Friedensschluss in der Ukraine zu sprechen, wo er seit April 2014 einen Krieg schürt, der 13.000 Tote, 30.000 Verletzte und eine Million Vertriebene gefordert hat. Frankreich und Deutschland unterstützen die Ukraine in ihren Bemühungen um die Wiederherstellung des Friedens und ihrer territorialen Integrität.
Frankreichs Wunsch, seine historisch guten Beziehungen zu Russland und dem russischen Volk zu bewahren und sogar zu intensivieren, ist intakt, aber die Liste der toten Opfer der Moskauer Herrschaft wird immer länger. Wird Navalny die Liste der bekannten Opfer der Handlanger der Macht, wie Boris Nemstov, ermordet einen Steinwurf weit om Kreml, Natalia Estemirova, Stanislas Markelov, Anastasia Baburova, Alexander Litvinenko, Anna Politovskaya, Sergei Yuschenko, Boris Berezovsky und S. Magnitsky um seinen Namen verlängern? Oder wird der Westen seine Entlassung wie diejenige von Mikhaïl Khodorkovski erlangen?
Nachts spuken sicherlich deren Geister durch die Gänge des Kremls. Hinzu kommen die Millionen Opfer von Stalin, der ebenfalls in diesem Palast wohnte. Putin scheint das Motto des schrecklichen "Väterchens der Völker" übernommen zu haben: "Ein starker Mann an der Spitze und alle anderen im Knast oder kaltgemacht". Natürlich kennt jeder das Argument: "Ein riesiges Land wie Russland mit einer Bevölkerung von annähernd 145 Millionen (also nur Deutschland und Frankreich zusammen) ist von einer Demokratie nicht zu verwalten. Es braucht eine eiserne Faust wie die von Putin, um es zu führen".
Aber warum sind dann die USA, Indien und andere große Länder Demokratien? Die Demokratie funktioniert dort nicht immer perfekt, aber sie funktioniert.Die Justiz ist unabhängig, die Marktwirtschaft respektiert Initiative und Eigentum, es gibt keine politischen Gefängnisse oder staatlichen Morde, und man kann das Land frei verlassen und ohne Probleme zurückkehren.
Putin scheint dem ehemaligen russischen Schachmeister, Garry Kasparov, der zu seinem Gegner wurde, Recht zu geben, der sagte: "Es ist der KGB, der regiert. Putin ist ein ehemaliger KGB-Beamter und wir sind wieder da, wo wir angefangen haben, als ob der Fall des Kommunismus nie stattgefunden hätte". Es liegt am Präsidenten auf Lebenszeit - bis 2036 - des ewigen Russlands zu beweisen, dass es anders sein kann, dass Russland eine moderne, demokratische Macht wie die USA, Canada, Grossbritanien, die Europäische Union werden kann. (Cyprien Cazamayou. 28/03/2021)

Biden spielt die Karte der Eindämmung à la George Kennan gegenüber Peking

Wird die neue US-Außenpolitik dem Ausmaß an Interesse gewachsen sein, das das US-Wahlphänomen Ende 2020bekommen hat?

Offensichtlich hatte das Chaos-Phänomen Trump die Weltaufmerksamkeit allzu sehr auf die USA gezogen. Er hatte keine guten Manieren, war unfähig, eine Demokratur von einer Demokratie zu unterscheiden, aber er bewegte Dinge, die im diplomatischen Einheitsbrei stecken blieben. Er hat imerhin versucht Nordkorea von China zu entfernen. Mit wenig Erfolg, oder? Aber zum Brexit hat er ein bisschen beigetragen und wer hätte geahnt, dass sich die Golfstaaten mit Israel versöhnen würden? Die beiden spektakulären Friedensverträge von Israel zuerst mit den Vereinigten Golfemiraten und dann mit Bahrein, die sog. Abraham-Verträge, die Trump im August und im September 2020 abgesegnet hat, verändern die Situation zugunsten Isarels im Nahen Osten.

Es wird jetzt seitens Amerika ruhiger werden, wir werden von Trumps Hardcore zu Bidens Softpower übergehen, Biden wird sicherlich in seinem Verhalten berechenbarer und rationaler sein, aber einige wichtige Veränderungen werden bleiben. Insbesondere dem theokratischen Iran und dem kommunistischen China wird man weltweit nicht mehr blind vertrauen.

Biden ist vorerst nicht so "weich" wie gedacht. Wir sollten das Ausmaß der bevorstehenden Veränderung nicht überschätzen. Er ist in erster Linie ein Apostel der Demokratie nach amerikanischem Vorbild, und das kann in einer Welt, in der die Demokratie im Niedergang begriffen ist, eine Menge verändern. Sein Hauptproblem bleibt – auch in diesem Zusammenhang - wie vor und nach ihm für die USA der Aufstieg des kommunistischen Giganten China. Unmittelbar nach seinem Amtsantritt setzte der neue amerikanische Präsident eine Task Force im Pentagon ein, die innerhalb von vier Monaten Empfehlungen ausarbeiten soll, wie China am besten in Schach zu halten sei.

Kennans Containment-Politik

In seiner ersten außenpolitischen Rede machte Biden deutlich, dass China der härteste Konkurrent der Vereinigten Staaten sei und dass man sich dieser Herausforderung stellen werde. "Wir werden uns Chinas wirtschaftlichen Missbräuchen entgegenstellen; wir werden auf sein aggressives Streben gegenüber den Menschenrechten, dem geistigem Eigentum und auf seine globale Regierung reagieren". Global bedeutet hier offensichtlich totalitär.

Biden lässt sich von der Strategie inspirieren, die der amerikanische Diplomat George Kennan 1946 in seiner Analyse des "langen Telegramms" entwickelt hatte und die später in einem Wort zusammengefasst wurde: "Containment". Manchmal mit "Eindämmung" übersetzt, bestand sie darin, dem Gegner den Weg zu versperren, indem man ihn durch Drohung, Abschreckung und Zurückweisung, falls er versuchte, auszubrechen, in dem ihm zugewiesenen Bezirk festhielt. Diese Doktrin der bewaffneten Abschreckung ermöglichte es der freien Welt, angeführt von den Vereinigten Staaten, den Kalten Krieg in einem Zeitraum von etwa 45 Jahren zu gewinnen und dabei unter der Schwelle eines offenen Krieges, wenn auch manchmal an der Schwelle davor, insbesondere 1962 während der kubanischen Missilenkrise, zu bleiben. Der chinesische Präsident ist sich bewusst, dass er trotz seiner enormen militärischen Anstrengungen von den USA in dieser Hinsicht noch weitgehend dominiert wird und sich kein „Abenteurertum“ leisten darf, eine ständige Idee des chinesischen Kommunismus.

Er weiß auch, dass es einen Punkt gibt, in dem sich Peking und Washington einig sein müssen. Genau wie im Verhältnis zu Moskau unter Stalin und nach ihm kann keiner von beiden die Tatsache ignorieren, dass ein militärischer Konflikt zwischen den beiden Großmächten der Welt zu einer globalen Apokalypse und der Zerstörung des eigenen Landes und Volkes führen würde. Xi hatte daran gedacht, die Vereinigten Staaten zu überrumpeln, die in einer komplizierteren politischen Welt als er selbst, mit unsicheren Verbündeten, unter einem eher chaotischen demokratischen Regime stecken, und gezwungen sind, ihre öffentliche Meinung zu berücksichtigen. Er dachte, er Könnte "für dreißig Jahre planen, während westliche Länder für dreißig Tage planen". Genau dieses strategische Defizit will Biden nun ausgleichen, indem er an das Langzeitrezept anknüpft, das von 1947 bis 1990 in Europa und in der Welt gegen die UdSSR funktioniert hat.

Der ehemalige australische Premierminister Kevin Rudd, ein erfahrener Sinologe, schreibt in der Zeitschrift "Foreign Affairs", dass die chinesisch-amerikanischen Beziehungen in den 2020er Jahren in ein entscheidendes Jahrzehnt eintreten, das "Jahrzehnt des gefährlichen Lebens", wie er schreibt. Wir sind nicht sicher, dass es 2030 aufhört, gefährlich zu sein. Es wird zweifellos wie während des Kalten Krieges im 20. Jahrhundert noch viel länger dauern, wir werden Geduld haben müssen. Sicherlich wird die Lage in den nächsten Jahren labil sein, weil China den amerikanischen Geisteswandel nicht problemlos einstecken wird und in seine Schranken gewiesen wird, während Xi dachte, er hätte einen Königsweg vor sich.

Freilich, China hat vom Scheitern der Sowjetunion unter Gorbatschow gelernt. Es ist Peking gelungen, eine lebensfähige Mischung von Kapitalismus in der Wirtschaft und Kommunismus in der Politik zu praktizieren. Das chinesische Volk, große Teile davon wenigstens, lebt und wirtschaftet wie in Europa und Amerika, aber es ist total unter digitaler und geheimdienstlicher Aufsicht. China ist eine moderne Diktatur mit mehr Orwells als Marx im Handbuch. Wahrscheinlich wird es immer noch versuchen, mit "Nadelstichen", wie damals im Kalten Krieg des Westens mit der UdSSR, aber auch mit ihrer aktuellen Taktik des "Eindringens wie Wasser" Boden zu gewinnen und den Westen zu schwächen. Es hat verstanden, dass Wirtschaftskraft und Meinungsmache zum Sieg führen.

Volkschina war die einzige Macht auf der Welt, die von der Pandemie Profit gezogen hat. Es erlebte 2020 keine Rezession und könnte 2021 ein Wachstum von 8 Prozent erreichen. Es unterschrieb einen umfassenden Handelsabkommen mit dem pazifischen Raum, Australien eingeschlossen, und mit der EU daraufhin das ambitionierteste Investitionsabkommen, dass es je abgeschlossen hat. Deutschland wird, heißt es, der erste Nutznießer dieses Abkommens sein. Angela Merkel, die die treibende Kraft für das Abkommen war, hat Emmanuel Macron buchstäblich in letzter Minute ins Boot bekommen. Hoffentlich wird unsere Abhängigkeit von China nicht dadurch verstärkt. Haben wir von unseren Fehlern gelernt? Es sieht nicht so aus. Unsere ökonomische Schwächung durch die Lockdowns verengt auch unseren Spielraum.

Der Geist der Pandemie

Immerhin hat sich in der Pandemie ein neues Bewusstsein entwickelt, und zwar nicht nur in den Vereinigten Staaten. Die Covid-Krise hat sicherlich allen fortgeschrittenen Nationen der Welt vor Augen geführt, wie sehr wir uns in dem Netz verfangen haben, das der chinesische Hypernationalismus so unbemerkt wie eine "Universalspinne" über die Welt geworfen hat. China war zur Fertigungswerkstatt der Welt geworden; es strebte nach der digitaler Vorherrschaft; es kaufte nicht nur Land und Erze in Afrika, sondern baute dort auch Fabriken, führte eigene Markenprodukte und Technologien aus und hielt uns bei wirksamen und lebenswichtigen Medikamenten an der Gurgel. Das Virus, das China (unfreiwillig...) entsandte, das "chinesische Virus", wie Donald Trump ihn nannte, hat uns die Schuppen von den Augen fallen lassen. In seinem ersten Telefongespräch mit "Xi" sprach "Jo" wenig diplomatisch über seine "tiefen Sorgen" bez. der chinesischen Politik, er erwähnte die Unterdrückung in Hongkong, die Menschenrechtsverletzungen im Xinjiang und die zunehmend aggressive Haltung der chinesischen Streitkräfte, auch gegenüber Taiwan.

Für Biden ist China nicht unbesiegbar, und Xi Jinpings Wunsch, die Welt in 30 Jahren zu dominieren, wird wahrscheinlich auf einen Felsen stoßen. Donald Trump nahm kein Blatt vor den Mund, aber auf die ideologische Grundlage des chinesischen Regimes ging er wenig ein. Im Gegensatz zu ihm haben Biden und seine Vizepräsidentin eine bestimmte Vorstellung von Demokratie, und Peking wird - wie auch Moskau und Teheran - auf diese beiden Apostel der Freiheit und des Rechts stoßen. Außerdem, und das ist zweifellos sehr störend für Autokraten, die an geheime Kriegsführung gewöhnt sind, legt Biden seine Karten auf den Tisch. Er versäumte es nicht, seinen chinesischen Gesprächspartner darauf hinzuweisen, dass er es nicht zulassen wird, dass Peking folgende Prioritäten der USA angreift: Sicherheit, Wohlstand, Gesundheit und Lebensstil der Amerikaner sowie den freien Zugang zu einem indopazifischen Freiraum. Xi reagierte, indem er auf die "katastrophalen Folgen" einer "Konfrontation" hinwies und argumentierte, Biden solle sich nicht in Chinas "innere Angelegenheiten" einmischen. Aber gerade Amerikas Vorstellung von universeller Demokratie schließt ein gewisses Recht auf Einmischung ein, wie es zum Beispiel die Vereinten Nationen verstehen, wenn Menschenrechte verletzt werden. In den kommenden Jahren, auch in Richtung Moskau, ist ein demokratischer Kreuzzug zu erwarten. Wird Jo Biden das Gleiche gegenüber Erdogan und den saudischen Verbündeten tun?

Schließlich streckte Xi Jinping seine Hand aus und forderte einen gleichberechtigten Dialog und mehr Kommunikation. Um bewaffnete Konflikte zu vermeiden, erwähnt Kevin Rudd die Möglichkeit eines "gesteuerten strategischen Wettbewerbs" mit Regeln, die einen Kontrollverlust des Geschehens verhindern sollen, er nennt auch Gebiete möglicher Zusammenarbeit, zum Beispiel beim Klimawandel und bei der Bekämpfung der Pandemie. Der ehemalige chinesische Vize-Außenminister He Yafei, der an seine Arbeit zurückgerufen wurde, schlug die Einrichtung einer "Hülle" von Regeln und roten Linien vor, um Zwischenfälle zu vermeiden. Das Problem ist, dass Xi Jinping als guter Marxist glaubt, dass die Geschichte auf seiner Seite ist, dass China die Zukunft gehört und dass Amerika im Niedergang ist. Das ist ein bisschen das, was gewisse politische Kreise in Europa auch glauben, ohne Marxisten zu sein. Diese Automatismen und Determinismen gibt es aber nicht und Amerika kann uns noch große Überraschungen bereiten. Xi Jinpings Zukunftsvision ist übrigens genau diejenige von Lenin und Stalin, die glaubten, es würde genügen, darauf zu warten, dass der Kapitalismus sein eigenes Grab schaufelt. Das ist nicht passiert, weil die Demokratie und die Marktwirtschaft die Kraft haben, sich selbst zu regenerieren. Im Unterschied zur staatlich gelenkten sozialistischen Wirtschaft.

Amerika wird nicht so schnell untergehen

Natürlich haben die von der Kreml-Desinformation beeinflussten europäischen Kräfte nach dem Sturm auf das Kapitol in Washington und dem Sturz von Donald Trump erneut ihren bekannten Refrain vom "amerikanischen Niedergang" angestimmt. Dieser extremistische Refrain ist seit den 1960er und 1970er Jahren zu hören. Tonangebend war damals die Desinformationsabteilung des KGB. Unter Putins FSB ist offensichtlich diese Abteilung verstärkt worden. Wären die USA kurz vor dem Zusammenbruch, so hätten wir den Rauch ihres Einsturzes nach demjenigen der Zwillingstürme von New York sehen müssen, aber weder das, noch der diskrete Rückzug der US-Armee aus Nahost, noch das Covid-Massensterben haben diesem große Land den Garaus gemacht, das Castros Freund, der Journalist Claude Julien, Chef des revolutionären Blattes "Le Monde diplomatique", in seinem Buch "Das amerikanische Imperium“ die Hölle versprach.

Außerdem wird eines der Elemente der neuen amerikanischen Strategie darin bestehen, Allianzen zu erneuern, die von der Trump-Administration etwas missbraucht wurden. Es bleibt zu hoffen, dass Washington nicht die falschen Verbündeten erwischt und einige der positiven Initiativen von Trump, die Linien verschoben haben, die als feststehend galten, vor allem im Nahen Osten, wieder einreißt. Insbesondere die unter US-Garantie unterzeichneten Avram-Abkommen zwischen Israel und den Golfstaaten waren ein wichtiger Schritt zu mehr Stabilität und Gleichgewicht in dieser verminten Region.

Es gibt untrügliche Anzeichen: Die US-Wirtschaft bleibt stabil ; der erste Impfstoff gegen Covid wurde (mit deutscher Unterstützung) in den USA erfunden und in nur neun Monaten industriell hergestellt; die USA sind derzeit das einzige Land, das einen Roboter auf den Mars bringen kann, usw. Und beachten Sie die Wirksamkeit der Impfkampagne in Israel. Der mit den USA verbündete hebräische Staat wird stärker und die anti-israelische "links-islamische" Propaganda entleert sich wie ein geplatzter Luftballon. Amerika bleibt weltweit tonangebend und seine Einflusssphäre reicht noch weit. (J.-P. P., 24.04.2021)

Will Joe Biden Europa dem amerikanischen Leadership unterwerfen?

Joe Bidens Rückkehr zu traditionellen US-Allianzen könnte nicht nur positive Auswirkungen auf Europa haben. Dies kündigte er am 19. Februar während des G7-Gipfels und auf der Münchner Sicherheitskonferenz an, die jedes Jahr in München stattfindet. Er sagte, er stelle die transatlantische Partnerschaft "in den Mittelpunkt" und wolle, dass Amerika "seine Position des verlässlichen leaderships" gegenüber Europa wiedererlange. Er hat nicht „partnership“ gesagt, sondern „leadership“.

Die Frage ist, ob wir zurück in die 1950er bis 1980er Jahre gehen wollen. Aber die Welt hat sich seither grundlegend verändert. Alle französischen Präsidenten, und Emmanuel Macron ist einer von ihnen, haben sich für ein starkes Europa ausgesprochen, das in der Lage ist, seine eigene Verteidigung im Falle eines Überraschnungsanriffs zu gewährleisten. Natürlich in Partnerschaft mit den Vereinigten Staaten, die niemals ein Feind sein werden. Seit dem 18. Jahrhundert ist Frankreich ein Verbündeter der Vereinigten Staaten. Es hat in der Geschichte nie einen bewaffneten Konflikt zwischen Frankreich und den Vereinigten Staaten von Amerika gegeben. Ganz im Gegenteil.

Leider gibt es auch in Deutschland Menschen, die sich sehr wohl fühlen würden, wenn Amerika wieder die Rolle des Weltpolizisten übernehmen  und sie unter dem schützenden Flügel der NATO ruhig schlafen könnten. Wie die sehr kompetente  Journalistin Isabelle Lasserre in "Le Figaro" vom 22. Februar schreibt: "Lange Zeit war Großbritanniender Bremser der von Frankreich getragenen Projekte zur europäischen Autonomie. Seit dem Brexit wird eher in Berlin auf die Bremse getreten". Mitte Februar lehnte der Bundestag den Antrag Frankreichs ab, Truppen für Kampfeinsätze gegen Dschihadisten in der Sahelzone zur Verfügung zu stellen.Haben die Deutschen denn vergessen, dass die Franzosen Puber vierzig Jahre lang Truppen in Berlin und Westdeutschland mitstationiert haben, um den Zugriff der Sowjetunion abzuwenden? Dass Frankreich bereits 1950 die Bundesrepublik Deutschland in Europa wieder salonfähig gemacht hatte?

Deutschland setzt auf Handel und industrielle Produktivität. Frankreich will wirtschaftlich nicht ins Hintertreffen geraten, aber seine aussenpolitische Stärke liegt in seiner Diplomatie und seiner Armee. Es verfügt auch über die einzige nukleare Abschreckung in der Europäischen Union, ein Element, das in der heutigen multipolaren Welt nicht mehr obsolet ist, besonders in einer Welt, in der autokratische Regime Westeuropa im Visier haben. Glauben die Deutschen denn, dass sie alle Probleme weierhin mit dem Scheckheft lösen können?

Vielleicht müssen wir den Schutz Europas vor terroristischen und kriegerischen Bedrohungen neu überdenken. Wenn Deutschland nur noch Waffen - vom Gewehr zum Kampfflugzeug - für seine Verbündeten produzieren will,  soll es sich auf Rüstung, Aufklärung und materielle Hilfe für befreundete Länder spezialisieren. In Frankreich und anderen europäischen Ländern, auch in Deutschland, gibt es jedoch keinen Mangel an jungen Männern und Frauen, die sich dem Dschihadismus in den Weg stellen wollen. Vielleicht würde es reichen, wenn Frankreich seine Fremdenlegion modernisiert und revitalisiert, um sie aufzunehmen. Zumal wir keine Werhpflichtigenarmeen mehr sondern Armeen von Freiwilligen haben. Wir brauchen europäische Freiwillige. (JPP, 24/02/2021)

Fernsehen in Frankreich: Zuviel des Guten!

In Frankreich wird die starke Überzahl von Afrikanern, bzw. von Franzosen afrikanischer Abstammung am Bildschirm für viele Zuschauer zum Rätsel. Vor wenigen Tagen wurd der Gipfel erreicht, als in Strassburg laut Fernsehkommentar zwei sehr fein angezogenen Afrikaner weissen Obdachlosen angeblich, Essen verteilten (das wurde nicht vorgeführt). Kaum ein Straßeninterview, kaum eine Gruppe von Schülern, Studenten, Arbeitern, vor allem von leitenden Angestellten oder Ärzten wird ohne dunkelhäutige Gesichter gezeigt, auch in den Kultursendungen sind Afrikaner stark anwesend, so dass man den Eindruck hat, dass fast die Hälfte der französischen Bevölkerung aus Migranten mit afrikanischen Wurzeln besteht. Dabei ist wahrscheinlich der Anteil der Einwohner Frankreichs mit afrikanischer Abstammung noch weit von 10 Prozent der Gesamtbevölkerung. Eher liegt er sogar deutlich darunter. So wird zu Umerziehungszwecken für das dumme Volk, gemacht. Die journalistische Elite in den elktronischen staatilche Medien bekommt bestimmt diesbezüglich Vorschriften. Eigentlich warum nicht? Wir sind doch keine Rassisten!

Subliminale Beeinflussung

Ist das aber nicht zu viel des Guten? Statt einen vermutlichen bzw. angeblichen Rassismus, den es in der französischen Bevölkerung kaum gibt, abzubauen, kann diese Übertreibung das Gegenteil von ihrem eigentlichen Zweck verursachen, und zwar Rassismus hervorrufen, denn die Zuschauer können sehr gut zwischen dem, was sie im Alltag sehen und dem, was man ihnen zeigt, unterscheiden. Das muss den Machern in den Medien bewusst sein, denn sie versuchen auch subliminal zu beeinflussen, indem etwa grund- und zusammenhangslos ein afrikanisches Gesicht in Sekundenschnelle zwischen zwei Abschnitten einer Sendung am Bildschirm erscheint.

Werden irgendwelche Zuschüsse oder Mindestlohnverbesserungen vergeben, da werden nur weiße Europäer vorgeführt, obwohl bekanntlich den Zuwanderern der Großteil der Sozialhilfe zufließt. Das gilt nicht nur für Afrikaner südlich der Sahara. Die Wartezimmer der Krankenhäuser sind voll von Migranten bzw. von Touriten aus dem Maghreb. Sie kommen zahlreich mit einem dreimonatigmen Touristenvisum, um sich pflegen zu lassen. Die Pflege sit billig oder kostenfrei. Im Moment haben sie das Problem, dass Algerien seine Grenze geschlossen hat und dass sie nicht mehr nach Hause zurückfahren können. Die viele islamische Verein machen mobil, um diesen "Unglückseligen" zu helfen und unterzubringen und ernähren.Gottseidank sind viele Franzosen gute Christen und fühlen sich schuldig und helfen.

Es ist in Frankreich verboten Statistiken nach ethnischen Maßstäben und Gesichtspunkten durchzuführen und zu gliedern. Vermutlich zehn Prozent „colored“ Franzosen, das ist ein vernünftiger Anteil, der es möglich macht Zugewanderte in jeder Hinsicht nicht nur zu assimilieren, sondern auch demographisch als eine Bereicherung zu betrachten, vorausgesetzt, der Wille und die Mittel für eine gelungene Integration vorhanden sind. Die Grenze von 10 Prozent nannte einmal der selige deutsche Bundeskanzler Helmut Schmidt. Auf seine burschikose Art sagte er: „Mehr können wir nicht verdauen“. Aber vielleicht beziehen sich die französischen TV-Bilder nicht auf die Gegenwart, sondern auf die Zukunft? Will man die Menschen auf eine große Zuwanderungswelle vorbereiten, die auf uns zukommt?

Vor der Massenzuwanderung?

Einer vom Forschungsinstitut Pew Research in Ghana und Nigeria durchgeführte Umfrage im Auftrag der theologischen Fakultät der Salzburger Universität zufolge würden drei Viertel der erwachsenen Menschen dort sofort auswandern, wenn sie die Mittel dazu hätten. Muss man deswegen die Franzosen, bzw. die Europäer auf diese Massenmigration psychologisch vorbereiten? Das größte Problem der Welt ist heute in der Tat demographischer Natur. Es geht um uferloses Bevölkerungswachstum. Nehmen wir das Beispiel Ägyptens. 1937 war es ein englisches Protektorat mit 15,0 Millionen Einwohnern. Heute hat die Bevölkerung dieses Landes die Zahl von 100 Millionen überschritten. Die automatische Folge ist Massenarmut. Nicht anders sieht es im Maghreb aus. 1962, als es unabhängig wurde, hatte Algerien 9 Millionen Einwohner. Heute sind es 44 Millionen. Nach dieser Studie aus Salzburg leben derzeit 1, 2 Milliarden Menschen in Afrika. 2050 werden es laut Prognosen doppelt so viele und am Ende des Jahhunderts 4, 4 Milliarden sein. 1960 hatte Afrika "nur" 3000 Millionen Einwohner. 2050 wird es 1, 7 Milliarden Inder geben.

Der Migrationsdruck auf Europa wird unermesslich steigen und darauf müssen wir uns vorbereiten. Es gibt in Deutschland, Österreich und Frankreich Politiker und Sachverständige, die nach Lösungen suchen. Und diese Lösungen gibt es schon zumindest teilweise. Die deutsche Bundeskanzlerin Angela Merkel hatte sich offensichtlich nicht damit befasst. Abgesehen von der Innenpolitik sind ihre Haupttätigkeitsfelder Europa und der Umweltschutz. Dort kennt sie sich sehr gut aus. Aber das Problem der nächsten Jahre und Jahrzehnte wird auch weitgehen die aufgrund der Geburtenzahlen außerhalb Europas steigende Armut sein.

Suche nach Lösungen

Der ehemaliger Konkurrent von Frau Merkel in der deutschen Politik ist Friedrich Merz, der damals entfernt wurde, weil er sich getraut hatte, die Formel „Leitkultur“ in den Mund zu nehmen (gemeint war die deutsche, bzw. europäische Leitkultur auf unserem Kontinent). Merz ist zurzeit Aspirant für den CDU-Vorsitz. Er hat offensichtlich über Lösungen für das Migrationsproblem nachgedacht. Über eventuelle und mögliche Lösungen berichten wir in einer späteren Ausgabe dieses Journals.

Heute müssen wir uns  in Europa mit der Tatsache abfinden, dass es in unserem Jahrhundert nicht um Millionen, sondern um mindestens eine Milliarde potentielle Einwanderer gehen wird. En neues Kapitel der Weltgeschichte beginnt. (Nach einem Artikel von Ludwig Bayer in der Zeitschrift „Paneuropa“ der Paneuropäischen Bewegung Österreich, Nr. 5-6 2020, vielen TV-Sendungen und nach einer Privatumfrage unter TV-Zuschauern in Frankreich)


Evènement


1. Coup de semonce
2 Maintenant ou jamais: Il faut changer de vie ou de monde
3. Vers Saint-Jacques-de-Compostelle
4. Nécrologie : Olivier Dassault

Après les élections régionales et départementales de fin juin 2021 en France, qui se sont caractérisées par une abstention historiquement élevée, le rédacteur en chef de "La Lozère Nouvelle", Claude Donnadieu a publié cet édito :

Coup de semonce

Il faut savoir écouter le silence assourdissant des deux tiers des électeurs qui ne se sont pas déplacés aux deux tours des départementales et régionales.
Commenter jusqu’à plus soif les résultats n’a aucun sens.
Que la plupart des éditorialistes glosent sur le retour de la droite, l’émiettement de la gauche, la chute du RN ou l’inconsistance des écologistes, tout ça c’est du pipeau. C’est l’arbre qui cache la forêt. Tout comme ceux qui vous racontent qu’on n’est pas allé aux urnes parce qu’un dimanche il faisait trop beau et que le suivant il pleuvait, ou qu’on avait peur de choper le Covid, qu’on n’était pas fichus de discerner les deux élections ou que le matériel électoral n’a pas été correctement distribué. Bref on nous amuse pour escamoter le vrai problème : un taux d’abstention historiquement haut, qui s’explique par la colère et le désintérêt.
Colère sourde des Français, dont les préoccupations sont à mille lieues de celles des politiques dont le seul objectif véritable est d’obtenir une parcelle de pouvoir et de la conserver. Quitte à faire revoter les élus en 2008 pour rectifier le “Non” du référendum de 2005 au traité européen.
C’est aussi le signe d’une fracture qui s’élargit entre la France réelle et ses représentants, politiciens professionnels de tous bords déconnectés de la vraie vie. Ce désamour est la marque d’une république mal en point, ce qui alimente cette forme d’inertie.
Désintérêt: le phénomène n’est certes pas récent, mais les abstentionnistes relèvent désormais de toutes les classes, populaires ou supérieures, les diplômés ou non, ruraux ou urbains. Des catégories entières de la population ne sont pas représentées. Combien de députés, de sénateurs sont paysans, pêcheurs, ouvriers, employés ?
En résulte, comme l’analyse Romain Rambaud, “une image dégradée du système représentatif, recroquevillé sur lui-même, qui conçoit le vote comme une procédure pour renouveler les dirigeants et ne cherche plus à inclure les citoyens.”
Telle est la leçon de cet épisode qui pose le problème de la légitimité démocratique des nouveaux élus et qui révèle la progression durable d’un électorat protestataire.
Marc Lambret, aumônier des parlementaires, soulignait “ le parallèle entre la crise environnementale et la crise de la démocratie comme les lie le pape François. Nous allons dans les deux cas, vers une catastrophe, avec une anesthésie progressive, une banalisation du pire”.
Nous sommes bien loin d’un projet structurant de société et les prochaines échéances se présentent sous un jour qui ne laisse pas d’inquiéter. La seconde démission en quatre ans du Chef d’État-Major des armées, justifiant à demi-mot qu’il ne voulait pas commander pendant la période à venir, tellement le contexte risquait d’être tendu, n’est pas de bon augure. Pourvu que ce coup de semonce soit entendu. (Claude Donnadieu. in : La Lozère Nouvelle, 1/07/2021)


Maintenant ou jamais: Il faut changer de vie ou de monde

La « drôle de guerre » dont nous étions sortis en mai et juin 2020 après deux mois de confinement dans nos lieux de vie, a mis à mal bien des choses autour de nous. Au nom de la règle du « zéro mort », presque tous les pays ont mis à l’arrêt leur économie, mettant la santé des humains avant celle de l’économie. En France, le Président Macron n’a pas hésité un instant : il faut sauver les vies « quoi qu’il en coûte ». En Allemagne, Angela Merkel a dit à peu près la même chose.

Le confinement de la population a mis l’économie des pays à l’arrêt. On fait face à présent, aux États-Unis comme en Europe, à une crise économique et financière extrêmement grave, à un « effondrement historique » de l’économie mondiale bien plus grave qu’en 1929 alors que celui de 2008-10 avait été déjà au moins aussi grave. Il est question d’un « désastre rare ». Les économies se remettent lentement en route. Même si les usines, les bureaux, les infrastructures ne sont pas détruites comme après une guerre authentique, elles sont gravement amputées et partiellement paralysées. Particulièrement en France où le redémarrage est difficile. S’ajoute que la menace d’une « seconde vague » ou celle d’une « latence chronique »

Prise de court, l’Europe en désarroi et ses gouvernements ont subi l’attaque virale, venue sans déclaration, sans fusils ni bombes, sans invasion ni occupation, sans champs de bataille, une guerre qui n’en était pas une, mais qui fera date dans l’histoire. Nos langues n’ont pas encore de mot pour la dire. Son arme est moins chère que des missiles nucléaires et plus radicale que le terrorisme. Elle nous a mis en alerte permanente contre en apparence rien. Cette guerre bactériologique couvera longtemps encore. Il y aura peut-être des trêves. Il n'y aura pas d'armistice. À peine avions-nous retrouvé le printemps après le premier confinement, les couleurs des fleurs, le chant des oiseaux, le bleu du ciel et la liberté de mouvement, qu'après cette pause est arrivée la deuxième vague de pandémie, pire que la première, paraît-il.

Sauf en France où le gouvernement ne s'y est pas risqué, plusieurs États européens ont rayé les fêtes de Noël de leur calendrier par un confinement très strict. De nombreux magasins, les restaurants, les bars sont fermés. En Allemagne, le confinement est devenu total, et l'on ne peut nier que règne maintenant en Europe une certaine morosité. Le moral est en berne. Le pire, c'est peut-être que les gens s'évitent obsessionnellement les uns les autres, devenant méfiants à l'égard de leurs semblables. L'homme est un danger pour l'homme. Sommes-nous en train de nous déshumaniser ? Or, l'homme était un animal de groupe. Et si des mutations virales rendent le vaccin inefficace ? Et si un virus attaque non plus les poumons, mais le cerveau, que se passera-t-il ?

Le film américain "Je suis une Légende" dans lequel les hommes deviennent des bêtes féroces avides de mordre pour tuer, pourrait-il devenir une réalité ? Nous sommes déjà en train de vivre de la science fiction au réel.

Pour le moment , la pandémie laisse des ruines immatérielles, des morts à pleurer, des malades à soigner. Il n’y aura pas d’armistice. Des virus plus dévastateurs encore peuvent survenir. Cet ennemi malfaisant et invisible n’est pas un extraterrestre, mais la plus ancienne forme de vie de la planète : un virus. Visant exclusivement notre espèce, il a utilisé nos corps comme relais et armes. Pour refouler l’agent létal, on a engagé l’armée et la médecine. Le personnel médical a accompli des prouesses. En 1914-18 et en 1939-45, il suivait les armées. En 2020, il a été soutenu par l’armée. Il fut en première ligne, femmes et hommes égaux en soldats contre le virus, mais aussi dans l’approvisionnement, les transports, l’agriculture et d’autres secteurs vitaux.

Nous avons survécu. Momentanément ou durablement ? D’aucuns verront dans cette calamité un avertissement divin contre notre démesure et nos excès. D’autres, un épisode de la lutte pour le droit de vivre sur cette belle et capricieuse planète que nous avons trop pillée. Mais il faut positiver. Nous avons redécouvert l’essentiel qui fait la vie. Un nouvel esprit de solidarité est né. Dans l’improvisation, nos gouvernants et savants ont été en gros à la hauteur et les exécutifs démocratiques en sont sortis renforcés. Dans son impréparation à ce genre d’événement, l’Europe a improvisé, renoué des liens ténus par-dessus des frontières cadenassées. Elle a vu que la vie humaine prime sur l’économie et la finance, réappris les bienfaits de la lenteur et ceux de l’anticipation.

Le choc du Covid-19 offre la chance d’un monde meilleur. Europhobes et démagogues ont perdu du terrain. 2020 sera l’année refondatrice d’un continent européen cohérent. Nous avons besoin d’un système prévisionnel d’alerte contre les irruptions de l’imprévu. Nous devons être plus indépendants, autonomes et souverains, ramener chez nous industrie, alimentation, fournitures médicales. Réinventer l’autosuffisance et la proximité. Gommer les inégalités sans écraser dons et talents. La planète et le vivant doivent être protégés. Notre façon de vivre s’adaptera aux nouvelles conditions et sera moins frénétique, plus économe, plus réfléchie.

Si le nouveau monde se fragmente, l’Europe doit rester un exemple d’union dans la pluralité, à l’instar de l’Allemagne et de la France, modèle de réconciliation réussie entre anciens ennemis. Après la Première Guerre mondiale, puis la Seconde et leur fille la Guerre Froide, les bâtisseurs de la Paneurope, Richard Coudenhove-Kalergi et Otto de Habsbourg, ont inventé un continent de paix et de liberté. L’Europe actuelle s’est construite conforme à leurs vœux. Ce troisième « après-guerre » nous offre la chance de rebâtir comme eux notre association supranationale sur ses fondations de Strasbourg, en France, près le Parlement Européen et le Conseil de l’Europe. Notre réforme inclura des objectifs nouveaux, actuels et concrets.

La communication numérique offre des moyens de franchissement des distances. Depuis cinq ans, dans « l’avant-corona », nous avions préparé cette transformation avec des nouveaux modes de travail, des visions du futur, des idées neuves. Dans le « monde d’après », il nous échoit de repenser l’Europe, de redessiner son architecture. En commun avec nos frères et sœurs des nations européennes, nous construirons davantage de ponts sur les fleuves, nous les franchirons et découvrirons de nouveaux paysages.
Réchappés en 1989 de la Guerre froide, marqués par les stigmates de 2001 (l’attentat islamique contre les tours jumelles de New York), de 2008-2010 (la crise économique et financière qui fit presque couler l’euro) et de 2020-21 (la pandémie du coronavirus), nous ferons le bilan des dégâts. Sans revenir en arrière, ni retomber dans les ornières, comme si rien n’avait eu lieu.

Beaucoup n’ont pas senti vibrer les mutations planétaires. Ils imaginent qu’ils arpenteront les mêmes plages. Qu’ils parcourront les sentiers anciens. Que le temps fera oublier peurs et angoisses et cicatriser les plaies sous le baume des assurances. Que tout sera pareil. Qu’on ne changera pas.

Or, nous entrons dans une autre ère. Les rapports de forces internationaux ont glissé comme la tectonique des plaques. Si nous ne réformons pas logiciels, programmes, comportements et optique, l’Europe sombrera. Des virus pires que corona-2020 sont en embuscade. La planète grille. La maison brûle.

Plus mondiale encore que les deux Guerres du 20ème siècle, en contraignant pour la première fois dans l’histoire de l’humanité tous les pays du monde à lutter contre un même ennemi, la crise du corona nous a peut-être évité la Troisième Guerre mondiale. Elle semblait plausible à certains et à d’autres imminente.

S’il n’y aura pas de grande guerre, des despotes régionaux ont profité de la panique pour occuper des terres qu’ils vident par les armes et les famines. La lutte antivirale a créé des solidarités. Des fragmentations leur succèdent. Comme après toutes les grandes peurs, une hystérie collective gagne la foule. Des révoltes éclatent partout sous maints prétextes.

Nous n’aurons sans doute pas le grand embrasement, mais des révoltes et peut-être des guerres civiles. Sont-elles inéluctables ? Les exécutifs sont sortis renforcés de la crise, mais jamais autant de forcenés n’ont contesté leur pouvoir et même leur existence. Peut-être nos régimes politiques devront-ils se muscler. Peut-être aurons-nous besoin de lois d’urgence. L’épée de Damoclès reste suspendue.

Néanmoins, rien n’est écrit. L’avenir est une page vierge. L’intelligence européenne peut fertiliser les déserts, freiner la fonte des glaces, arrêter les tornades, sauver des vies et allonger la vie. Et peut-être la crise du corona nous a-t-elle évité la Troisième Guerre mondiale qui paraissait à certains imminente car il s’est avéré que les armées seraient plus vites décimées par le virus que par l’artillerie. (Sophie von Stralendorff et JP Picaper - juin-décembre 2020)
Vers Saint-Jacques-de-Compostelle
par Gérard Bokanowski

Le pourquoi, les préparatifs et le voyage virtuel
(première partie)

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins
Celui dont les pensées comme des alouettes
Vers les cieux le matin prennent un libre essor
Qui plane sur la vie et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes.

                               Charles Baudelaire, « Les Fleurs du mal ».

Avant-propos

Parti au mois d'avril 2001 sur le « Camino », à mon retour, le 3 mai, j'étais très loin de me douter de l'engouement qu'allait provoquer ce pèlerinage, je dirais plutôt ce voyage.
À de très rares exceptions près, j'ai constaté que tout le monde portait en soi son Chemin de St Jacques : très peu l'ont fait, presque tous l'ont rêvé !

Je n'oublierai pas le regard, plein d'étoiles, d'un de mes collègues à qui j'avais fait vivre le Chemin en lui montrant l'album photo souvenir, avec les itinéraires. Il y a bien une magie, une puissance, une actualité, je dirais même, une « tentation permanente » du Chemin de St Jacques.

C'est vrai, ce n'est pas neutre, le Chemin vous transforme, et il vous transforme dès le début quand vous entreprenez de le « rêver ». Il appartient en effet à la « mythologie du voyage », à la tradition biblique, à Jésus dans le désert, à l'islam (le Prophète à Médine), aux moines de l'Inde ancienne, à la tradition confucéenne et aux huit siècles d'errance sur la « Voie lactée » (Buñuel) pour rejoindre la tombe de l'apôtre.

Dès le début, cette transformation se projette dans le regard de l'autre, quand il s'aperçoit que vous vous apprêtez à faire ce dont il a confusément – passionnément ? - rêvé. Elle va se poursuivre dans la préparation et le « voyage virtuel » (I) qui deviendra le « voyage réel » (II) en ne cessant d'être un « voyage intérieur » (III).
 
D'emblée, il faut répondre à la question posée par tous, car elle est incontournable : comment cela vous est-il venu ?

L'automne est propice aux rêves. J'ai donc commencé à rêver Compostelle il y a à peu près un an. Jean Giono disait, avec poésie, « on ne sait jamais d'où viennent les vieilles dames ». De même, on ne sait jamais d'où naissent les projets, les aventures, les « ruptures temporelles ».

Ce ne fut pas soudain, ce ne fut pas une révélation, une vocation (quoique la notion « d'appel » – vocare – ne soit pas indifférente). C'est une petite musique composite où les souvenirs de balades en côte cantabrique, l'attrait pour la culture hispanique ou la découverte des églises romanes que je commençais à entrevoir dans les guides ont joué leur rôle. Mais ce fut avant tout une recherche et une interrogation.

Recherche, celle du retour sur soi-même, la tentation d'« arrêter la machine », de sortir de l'Homme convenu pour rechercher l'Homme vrai en dehors du « rôle social ».

Interrogation
, « Qui suis-je ? » est le titre d'une page de mon journal de bord, sens de la vie... Tout y passe. Le fameux « Je est un autre ». Bref, qui suis-je quand je ne joue pas mon rôle assigné : celui de « vieux mâle », de mari, de papa, de grand frère, d'ami avec un grand A, de directeur. Professionnellement, quelles perspectives ? Peut-on arrêter la machine, faire le bilan personnel pour mieux rebondir, se rénover ?

Il s'agit de choses personnelles qui sont au cœur du Chemin, du chemin spirituel... mais qu'il faut transmettre car le « faire connaître » est au cœur de l'expérience.
On parle peu de Dieu... de foi sur le Chemin de St Jacques. D'ailleurs, je ne suis pas parti à la recherche du « Créateur ». Mais sait-on jamais ? J'ai souvent pensé à la phrase du Christ « Tu ne me rechercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé ».

En fait, mon approche était « teilhardienne ». Teilhard de Chardin, prêtre jésuite, philosophe, penseur chrétien, était très à la mode dans mes années de philo. J'étais en particulier intéressé par ce monde des âmes, la « noosphère » comme il l'appelait.

Je me proposais donc de confronter cette recherche et cette interrogation au « monde des âmes » qui, au cours des siècles, m'avait devancé sur le Chemin de St Jacques. Qu'y ont-elles laissé ? Peut-on retrouver leur passage sur la « Voie lactée » ? Y a-t-il un message ? Je me proposais d'écouter. St Jacques est d'abord une quête intérieure, une prise de conscience.

Un peu d'histoire


En novembre-décembre, j'avale l'histoire du Chemin, découvre saint Jacques « matamoros » (tueur de Maures) intimement lié à la « Reconquista » et les nombreuses légendes et faits authentiques qui vont enrichir le Chemin de ses villes, de ses églises et de ses monuments, où l'on découvre l'art mozarabe aussi bien que roman. Je parcours « Les chemins de Compostelle en Terre d'Espagne » (Ed. Ouest-France) et me laisse impressionner par le récit moyenâgeux d'Aimery Picaud, auteur du premier Guide du Pèlerin : « pour un sou, le Navarrais ou le Basque tue, s'il le peut, un Français » écrit-il. Malgré le « s'il le peut », cette affirmation ne me laissait pas indifférent. Par la suite, j'ai, grâce au Ciel, fait mentir le narrateur et gardé un souvenir profond de l'accueil simple, chaleureux et attentif de tous les habitants des régions traversées.

Quel chemin ? Le choix géographique


Puis, ce fut le parcours virtuel des trois chemins : le camino primitivo m'attirait, notamment la côte atlantique de Santander à Gijón que j'avais parcourue en voiture. Mais comme l'écrivait Jean-Claude Bourlès : « au IXe siècle d'accord, mais aujourd'hui, entre autoroutes et voies rapides, la côte est invivable. » Exit, non sans nostalgie, le camino primitivo !

Ce sera donc le « camino francès », unique à partir de Puente la Reina, mais j'hésitais entre le départ en Navarre (attiré par Roncevaux - Roncevalles en espagnol - et la « Chanson de Roland ») ou le chemin aragonais. Je m'en ouvris à M. Valdivieso, « jacquet de bonne souche » et président de l'intergroupe « Camino de Santiago », qui me recommanda avec enthousiasme le chemin aragonais à partir du col du Somport.

Le choix physique

Ce choix étant réglé, s'ouvre la problématique que tout le monde se pose. Le chemin aragonais représentant quelque 750 km (c'est du moins ce qui m'avait été indiqué), on s'interroge. Après le choix existentiel, après le choix culturel, le choix physique. Quelles étapes, comment, combien de kilomètres puis-je absorber par jour ? Combien de temps ?

Le « Guide pratique du Pèlerin » (Éditions Everest), propose 31 étapes allant de 17 à 40 km. C'est une première base de réflexion.

Tout en méditant, j'achète, le 27 décembre (date importante, car j'entre dans le concret !) ma première paire de chaussures de randonnée. Une précision : si, comme tout le monde, j'avais rêvé le GR 20 (traversée de la Corse), je n'avais jamais fait de randonnée.

En janvier (la belle époque !), l'entraînement commence sur des sentiers gelés ou sous la pluie. Avant les monuments mozarabes, découverte du Brabant wallon ! 10 à 12 km par jour, au départ. Puis, assez rapidement, 20 km, pratiquement tous les jours fériés. Puis environ 30 km par jour (huit heures de marche environ). Dès le début, changement de chaussures (trop étroites). Dans un magasin spécialisé, j'apprends ce que tout randonneur doit savoir : prendre une pointure de plus (le pied enfle avec l'effort) et porter deux paires de grosses chaussettes en laine (ce sera quatre paires dans le sac). Je travaille aussi sur mon futur équipement, mais n'achète pour l'instant qu'un pantalon-ranger et un petit sac de randonnée. Désormais les loisirs s'articulent autour de la randonnée. Découverte de charmants paysages (il n'y a personne !) et de fermes auberges, partage du thermos et des fruits près d'une chapelle du 15e siècle, etc.

En attendant l'Espagne du Nord, j'apprenais à connaître le pays dans lequel je vivais. St Jacques avait réalisé sa première transformation.

L'angoisse du temps

Voyant que la « mécanique » tient le coup, me voilà confronté à l'angoisse du temps. Combien de temps, cet être « absolument indispensable » (c'est du moins ce que nous croyons tous !) va-t-il pouvoir vivre loin de sa famille et de notre cher Parlement ? Sur ce dernier point, puis-je, nouveau Caïn de la « Légende des Siècles » échapper durablement à « l'œil de Julian »… le patron ? Soyons honnête, j'étais surtout préoccupé par mon rôle de « chef » (guillemets de rigueur) de famille !

Avec l'idée de partir au mois de juin, j'établis donc un itinéraire, avec des variantes : 800 km sur 28 jours, soit une moyenne quotidienne de 28,5 km, ce qui me paraissait un maximum.

Finalement, compte tenu des travaux allégés du Parlement (congés de Pâques et semaine blanche notamment), je partis du col du Somport le samedi 7 avril, atteignis Compostelle le mardi 1er mai, ayant au total parcouru 840 km en 24,5 jours, avec un sac de 10 kg (un maximum !) soit un peu plus de 34 km par jour, perdis 6 kg, en suivant un itinéraire largement différent de celui que j'avais prévu. En fait, le sentiment de liberté a été essentiel. Le matin, je ne savais pas exactement où je dormirai le soir. On ne réserva pas dans les refuges ; les petits hôtels et les chambres d'hôte sont innombrables et peu peuplés en avril. Et surtout, je n'avais pas réservé de billet de retour.

Muni de l'indispensable « Carte du pèlerin » (le credencial), me voilà donc, le vendredi 6 avril, en route vers Pau, via Paris-Orly. « Calme étonnant », ai-je noté dans mon journal de bord, « couplé avec le trac des grandes premières et la folle envie d'être déjà sur place. »

En fin d'après-midi, j'arrivais à Pau.

Ici commence « Le voyage réel ».

VERS SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

Le voyage réel
(Deuxième partie)

Tous les guides contiennent des photos et des commentaires sur les principales étapes du Chemin. Je ne m'y attarderai donc pas. En reprenant mon journal de bord, je me propose plutôt de vous faire vivre le Chemin comme je l'ai ressenti.

L'aventure commence à Pau. Contrairement aux prévisions, pas de car pour le col du Somport, point de départ du chemin aragonais. Ce sera 50 km en taxi ! Le chauffeur m'apprend l'histoire de la vallée et la bagarre - sans frontières - entre écologistes et autorouteurs au sujet du développement de la vallée. Je loge à Urdos, à l'Hôtel des Voyageurs, au pied du Somport. Montée en stop avec Raymond.

Aragon-Navarre : l'enchantement


Le Somport : neige et brouillard. À quelques pas de la frontière surgit comme un défi à l'imprudent qui va s'aventurer sur la « Voie lactée » le vaste panneau qui va désormais me guider : l'étoile dorée sur fond bleu qui surmonte le panneau jaune « Camino de Santiago ». En contrebas, minuscule, serpente le chemin, enchâssé dans la vallée. Appréhension... respiration profonde.

Descente sur Canfranc. Des plaisantins ont dessiné de faux repères : je m'égare. On se perd beaucoup sur St Jacques. « Le gave se rebiffe », impossible de traverser la rivière. Long détour... Loulou, la chienne husky, m'accompagne sur plus de vingt kilomètres, et serait peut-être encore avec moi si elle n'avait été reconnue dans le village. Dommage qu'elle m'ait joué « Brève rencontre » ; je m'y suis très vite attaché. Rien ne lui échappait, pas même feu le sandwich que j'avais imprudemment déposé près de mon sac ! Ça crée des liens.

1ère étape à Jaca : refuge. Impossible de dormir. Les premiers éclopés ; une femme est portée par ses deux compagnons. Il lui est impossible de poser le pied par terre. Celui de Pedro, son voisin, n'est qu'une vaste ampoule translucide. Temps magnifique (13°). Personne !

2ème étape : à la recherche du monastère de San Juan de la Peña : cinq heures de montagne par un temps magnifique. Je m'égare encore car le chemin est peu balisé et croise un sentier de grande randonnée (GR) que je suis machinalement : 10 km de trop dans les gaves, les torrents, la forêt. Boire comme un animal au pied d'un torrent...

Berdun, village perché, et « El Rincón », le « coin » d'Emilio : c'est le café parisien des années 30, où l'on cherche de l'œil Arletty et Michel Simon tout en dégustant le « bacalao a la baturra ». Emilio m'explique que le beau chemin décrit par le guide près du Rio Aragon n'existe pas. Ses provisions m'ont sauvé. 30 km sur la nationale sans possibilité de ravitaillement. En effet, pas d'accès aux berges du Rio Aragon, comme l'indiquent mes cartes. Le lac de Yesa est sublime. Il conduit à l'abbaye de Leyré, grand moment d'émotion hors du temps, magnifique messe en grégorien : 13 officiants en violet, 30 moines en noir, dans une nef dépouillée. Simplicité du divin. J'en reparlerai dans le « voyage intérieur », la troisième partie qui clôturera ce témoignage.

En route vers Monreal par le Foz de Lumbier, un mini « Grand Canyon » de toute beauté qui m'est indiqué par un premier ange gardien. Celui-ci m'explique que le vrai Camino n'est pas celui proposé par le guide. Je m'égare sur le chemin des éoliennes en cherchant le refuge d'Isco.

« Mort d'un cycliste » ! C'est Gérard, le bordelais, au sortir de l'étape des Pyrénées. Avec le vent, dans la grande côte qui précède Monreal, il avance moins vite que moi et doit mettre pied à terre. On dîne ensemble. Première lessive, il faut gérer le petit linge...

Vers Puente la Reina : chemin de montagne difficile, pluie, chute sur les galets. Le refuge vanté par les guides est fermé pour travaux... Carrefour des deux chemins (St-Jean-Pied-de-Port en Navarre/Somport en Aragon), point de jonction des caravanes, très nombreux jacquets de tous les continents.

Traversée du « pont des pélerins » vers Los Arcos. Découverte d'Estella, ville jeune et dynamique, la « Via Trajane » sur la trace des légions romaines.  Traversée en chemin montagneux. À Villamayor de Monjardín, John, le Hollandais, me fait visiter le refuge qu'il tient avec sa famille toute l'année. Chacun à tour de rôle. Heureux homme.

Los Arcos, hôtel Ezechiel. Abandon et « tentation du désert ». J'ai vraiment failli abandonner. C'était « Ezechiel » un vendredi 13 à l'aube du 7e jour ! Carrefour du « voyage intérieur », que je développerai dans la dernière partie.

Courte étape vers Viana dans une campagne riante avec « Minnka la gitane ». Refuge exigu et spartiate.

La Rioja : Viana-Navarette-Logroño-Najera

Horrible nuit à Najera. Épuisé. Belle traversée de Logroño et tortilla de patatas au piment doux à 10 heures du matin ! Course à la pharmacie. Beaucoup de « béton » ! Embalse de la Granjera et son lac. Dans un cadre enchanteur, pêcheurs, joggeurs, badauds, saluent amicalement le pèlerin.

Najera... et chute en entrant dans l'hôtel. Rêve, avec quatre messages : une voix, dans la nuit, comme dans le film « Les dix commandements » dicte quatre injonctions : vocation, divinité, loi, Voie lactée. Je me réveille et je note.

Le virus, attrapé dans la descente du Somport me lâche. Enfin le sommeil habituel. Récup. J'étais à bout.

Dimanche de Pâques : courte étape vers Santo Domingo de la Calzada. Très champêtre, agréable. Beaucoup de rencontres, quatre espagnols, deux nordiques, deux américains en tenue de pèlerins de jadis (impossibilité de les confondre !). Très beau refuge. Accueil chaleureux, visite, église, parador.

Santo Domingo-Belorado-Villafranca

Au petit déjeuner, « El Correo de Domingo » m'envoie un écho de la douce France : « los disparates de Chirac ». À Belorado, à l'heure du déjeuner, c'est la fête au refuge : vin de Navarre et chansons. Mais il faut repartir vers Villafranca et les Montes de Oca : froid, chemin difficile, caillouteux. Petit hôtel borgne, routier, parking des 40 tonnes de la route de Burgos. « La route tue le chemin » ai-je noté dans mon carnet de bord.

Montes de Oca-St Juan de Ortega-Burgos

Paysage d'Écosse après Inverness ! Une belle étape comme je les aime, sauvage, montagneuse, aride, rocailleuse. Beau temps froid (6-7 degrés).

Discussion avec la sœur du prieur de San Juan Atapuerca, accueil par Luis Juez au « Palomar » (le colombier), menu gastronomique à 50 francs ! Arrivée difficile à Burgos sur la nationale, 6 km de camions. Très fatigué, je m'abats dans le premier hôtel venu. Le hasard fait bien les choses : l'hôtesse s'occupe de mon linge et me bichonne !

Visite en bus de Burgos : cathédrale, tapas. Dormir !

Vive les hôtels : 1ère nuit excellente. Mais le périple d'hier a laissé des traces : contracture à la cuisse droite, qui m'obligera à me masser de façon continue et discrète au baume du tigre (indispensable).

Au départ de Burgos, distribution de ce fameux baume à une colonie de jeunes espagnoles estropiées. Beaucoup de blessures. Poches de glace sur les genoux et larmes de l'abandon inévitables.

Très beau chemin, le dernier pendant plusieurs jours. Celui qu'on imagine, sauvage, rocailleux, poétique, jusqu'à Castrojeriz dont le refuge est tenu par un « sergent major » barbu et pittoresque, qui vous réveille au son de la trompette, mais vous prépare un café au lait au petit déjeuner... Un tendre !

La Castille


Entrée en Castille. Le chemin est en grande partie bétonné. Découverte de « Palencia », plaisante campagne très irriguée, jusqu'à Frómista. Je boite, pense m'arrêter au refuge en début d'après-midi, mais le cow-boy de l'accueil m'en dissuade. Finalement, en compagnie de deux norvégiennes « Caârie and Toune », j'irai jusqu'à Carrion de los Condes. Total : 45 km ! Difficile de se nourrir, cafés minables...

Vendredi 20 : en route vers Sahagun. C'est la partie la moins plaisante du Chemin. Huit heures et demie de marche sur le bitume. En fait, la « Autovia camino de Santiago » a supprimé le Camino dans ce secteur. Après deux refuges, petit hôtel sympa. Récup. Je dors onze heures d'affilée, après avoir parcouru 160 km en quatre jours !

Moins de quatre heures pour rallier El Burgo Ranero (17 km), frontière du León. Bien reçu au refuge. Le « Racimo de Oro », vino de la casa, c'est du brutal ! Agarrarte que hay curvas ! Je pense beaucoup à la famille...

León
(dont le nom vient de la légion de l'empereur Galba). On devine de loin la ville dans le plateau castillan, car c'est là que planent les nuages noirs. Il pleut et, dans l'ensemble, à l'exception chanceuse de la montée du Cebreiro, il pleuvra jusqu'à St Jacques.

Mais d'abord Mansilla de las Mulas : accueil charmant par une responsable du Chemin, mais nuit horrible au refuge. C'est la fête régionale et le refuge est bondé ; pétards, ronflements et bruits divers. Réveil au milieu de la nuit par des départs précipités.

Mansilla-León : traversée, cathédrale, palais des anciens rois, junta. Mais le chemin se dédouble sans prévenir et m'envoie vers... Oviedo ! Un ange gardien, encore un, me remet sur le Chemin. Dix kilomètres pour rien.

León-Villadongas par l'église de la Virgen. La nationale 120 est omniprésente : 300 km de béton au total !

Voilà la campagne ! De Villadongas à Astorga, par le Bierzo et son vignoble, c'est magnifique ! Rencontre avec le « chien blanc » tout droit sorti du roman de Coelho. La peur. Se contrôler à tout prix. Faire comme s'il n'existait pas. C'était juste ! Une belle frousse !

Le « confortable » refuge du guide a deux douches pour 40 lits. Très belle ville. Cathédrale. Le baroque est roi. Rencontre avec un groupe de Parisiens. Mais aussi Sonia aus Nürnberg et Isabel de Bilbao.

Une étape intense : Astoraga-Rabanal-El Acebo. Départ à 6h15 pour éviter la ruée aux lavabos !

Pluie, cape norvégienne. Rencontre avec un capitaine de la Rijkwaerts (gendarmerie néerlandaise).

Premières tombes des morts du Chemin... Ceux que l'épuisement a laissés définitivement au bord de la route. Impressionnant ! Pause à la Posada de Caspar. Je me perds et rencontre un mouton, tout aussi perdu.

Nous sommes tous les deux bien loin du troupeau ! Foncebadón, village abandonné, oublié, massacré... La « Cruz de Ferro » qui fait partie de la légende du Chemin. Au Moyen Âge, le pèlerin y déposait une pierre de sa maison pour que St Jacques en assure la protection. Aujourd'hui, on y dépose une pierre du Chemin, au nom de tous les siens. Les « templiers » à Manjarín qui tiennent un refuge pittoresque n'ont de templiers que le nom et semblent plutôt échappés du film « Easy Rider ». J'y rencontre Céline de Grenoble. Dîner en groupe de tous les continents à El Aceibo.

Vers Ponferrada et Villafranca


Magnifique descente. Abandon de Céline (les chaussures...). Tapas à Ponferrada et sa magnifique citadelle. Puis 23 km difficiles vers Villafranca, au pied du redoutable O Cebreiro. Je m'abandonne aux délices de Capoue et m'installe au « parador » qui me traite en pèlerin et me fait un prix d'ami. C'est intense : une vraie baignoire (la première), le luxe. Un petit déjeuner comme jamais !

Le Cebreiro


Tous les guides le présentent comme la terreur du Chemin. Il l'est en effet dans sa dernière partie (12 km, très très raides), mais le beau temps est revenu, juste le temps de l'escalader. Mais d'abord l'Autovia del Noroeste. Travaux gigantesques pour relier le León. Cinq km de transition et huit km de chemin très vertical, caillouteux, où passent des troupeaux de vaches. C'est sauvage et magnifique. Ne pas perdre le rythme, bien arrimer le sac avec la bande ventrale pour faire corps avec lui. Je bénis l'équipement relativement léger que je porte (moins de dix kilos).

Refuge du désordre, sans âme et sans accueil. Je loge chez l'habitant. L'ama de casa est épatante et s'occupe de mon linge. L'église. Les huttes primitives. Dîner rouennais...

Le Monastère de Samos

Descente du Cebreiro, le Chemin tel qu'on le rêve ! Et ce sera pareil dans toute la Galice. Petits villages moyenâgeux avec leurs églises bordées de tombes. Des chiens partout. Je me perds dans le « cortado ». Traversée de « rios ». Chute (la quatrième) sur le ciment... Déception : une station-service où les poids lourds se succèdent est adossée au monastère qui nous sert de refuge.

Samos-Sarria-Portomarín


Le Chemin parle : « Deviens ce que tu es ». Nous y reviendrons. Pont détruit en rase campagne. Cinquième chute ! On se perd, le groupe se divise. Je choisis la nationale. Rencontre d'Eliana, l'Inca de Cuzco… un TGV que je n'arrive pas à suivre.

La Galice est l'exemple de ce que j'imaginais du Chemin. C'est le « pays celte », un mélange d'Irlande (les murets) et d'Écosse (les bois), avec un zeste de Basse Normandie (l'Orne). Mais le chemin est très dur, rugueux. Épuisé par ces 34 km difficiles, je m'écroule à 20h30, non sans avoir lu mon horoscope dans El Progresso : « Día en donde usted se sentira cansado. Busque tiempo, le conviene un respiro, disfrute de si mismo ».

Portomarín-Mellid


Je m'ouvre à mon ami argentin, Angel, de mon projet de rallier Mellid en une étape (39 km). Réponse : « j'ai 56 ans, je ne veux pas mourir ». Pluie battante. Rencontre du jeune Paco, Mexicain, sans le sou, poussé par la foi. Le Chemin l'aide à faire le point. À mi-parcours, il avait, me dit-il, déjà les réponses à ses questions. Il reconnaît que certaines parties du Chemin sont pénibles, mais ne pense qu'à recommencer. Accueil magnifique dans une petite auberge. Discussion avec les patrons sur l'Europe et ses effets bénéfiques pour la région. Ils n'ignorent rien du FEDER et du FEOGA. L'Espagne est très concernée par l'action de l'Union européenne, me disent-ils. Pèlerin et messager de l'Europe : fierté de ce nouveau statut.

Un camino très frais ; huit jours de pluie depuis León. Comme le dit le proverbe : « En abril, aguas mil » !

Mellid-Arzua-Arca-Lavacolla


Je pensais aller à Arca (33 km), mais me trouve pris dans un nœud autoroutier. De fil en aiguille, je ferai douze km de plus pour une avant-dernière étape près de l'aéroport de Santiago. Je rencontre Denis, cadre scientifique qui s'interroge sur sa reconversion professionnelle, ainsi qu'une vingtaine de jeunes madrilènes, porteurs d'une croix. On parle du Réal et de Zidane (cocorico !)

1er mai : petite balade de huit km jusqu'à St Jacques

Visite de l'immense centre universitaire de Monte del Gozo. Longue traversée de St Jacques. Je m'attendais à plus d'émotion à l'approche de la cathédrale. Elle me saisit cependant quand je reçois la Compostella : « Capitulum hujus Almae Apostolicae et Metropolitanae Ecclesiae Compostellanae, notum facit Doctorum Gerardum Bokanowski », mon premier diplôme acquis à la force des mollets. À côté de moi une femme pleure, recalée. Il lui manque quelques justificatifs (les précieux cachets que l'on appose sur le credencial). À la sortie, la CGT manifeste devant la cathédrale et chante l'Internationale. Contraste ! La vie séculière reprend.

Messe des pèlerins à midi. Immense foule. Le grand encensoir accroché aux voûtes se balance dans la nef. Sont présentes quelques figures du Chemin : Paco, le « capitaine », Eliana, Denis... Déjà des « vétérans de la longue marche » !

Tout d'un coup, la fatigue m'emporte. Allongé sur le lit dans un hôtel près de l'aéroport, je revis le voyage avec ses paysages, ses visages, son exigence de tous les instants, ainsi que son enseignement lié aux messages du « voyage intérieur », que je relaterai dans le prochain et dernier article.

VERS SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

Le voyage intérieur
 
(Troisième partie)

Je n'écris pas qu'avec la main ;
mon pied veut toujours être aussi
de la partie. Il tient son rôle bravement,
libre et solide, tantôt à travers champs,
tantôt sur le papier.

             Nietzsche, « Le Gai savoir ».

« L'automne est propice aux rêves », ai-je écrit, dans la première partie de cette relation (Le voyage virtuel), en indiquant que cet appel du Chemin était une recherche (retour sur soi, tentation d'arrêter la machine...), une interrogation (qui suis-je ?), avec la conscience rimbaldienne du « Je est un autre » et en même temps une rencontre espérée avec cette « Voie lactée » parcourue pendant douze siècles par les caminantes de toute l'Europe.

Autant le dire tout de suite, au risque de décevoir les mystiques, je n'ai pas rencontré Charlemagne, pèlerin, dit-on, du IXe siècle, ni Dante qui écrivait quelques siècles plus tard : « La conscience européenne est née en même temps que les pèlerinages à la tombe de Galice ».

Pourtant, nous le verrons, le Chemin parle.

Si je me dépouille, quelqu'un me parle


Tout d'abord, on se dépouille : partir de la gare du Midi dans la tenue ésotérique du randonneur pèlerin, sac au dos, polaire bien arrimée, en baskets avec chaussures de marche dans un filet, et prendre notre Euro-TGV au milieu de « ceux de l'ancien monde » (costume gris, attaché-case, gsm bourdonnant, voire PC clignotant), dont je faisais jusqu'à présent partie, est plus qu'un symbole. Le dépouillement de l'habit induit celui de l'esprit.

Pendant le trajet d'approche, vers le col du Somport, on s'interroge, on fait le point sur son cheminement professionnel, la vie des siens, des amis et des proches. Puis une voix interrompt la rêverie : « Est-ce que j'ai donné un sens à ma vie ? Est-ce que je vais donner un sens à ma vie ? ».

« Si je me dépouille, quelqu'un me parle » ai-je noté à la première page de mon journal de bord. Réflexion dont je mesure seulement aujourd'hui la profondeur. Je continue cette première page du journal : « Est-ce que cela veut dire que nos contraintes, vraies et fausses, notre « Homme agi », notre être civilisé, notre masque, nos routines, notre rôle social, nous empêchent d'entendre cette voix ? ». Il me semble aujourd'hui que quelqu'un a déjà dit cela mais je ne l'ai pas mesuré sur le moment. Il y a des choses tapies en nous que notre agitation nous empêche de percevoir. Pascal l'avait dit autrement et beaucoup mieux.

Le Chemin, la descente du Somport dans la neige, le brouillard et les gaves m'engloutissent. Ultreia ! (marche avec courage!)

À l'abbaye de Leyré (2e jour), mon grand souci est de savoir si, après le dîner, je vais pouvoir quitter la table dignement, tant l'effort a été grand (j'ai tout du manchot sur sa banquise, ai-je noté), en concluant le bilan de la journée, « de beaux paysages, mais pas la magie du Chemin ». Le lendemain matin, sommé de partir par les matines endiablées du frère carillonneur, je décide de visiter l'église romane de l'abbaye.

Un adolescent d'autrefois


C'est le choc ! La rencontre avec cet « adolescent d'autrefois », des années cinquante, reclus dans une école religieuse du centre de la France. La messe en grégorien, dite par 13 officiants en surplis violet au milieu de 30 moines en noir, dans une nef dépouillée surmontée d'un Christ en croix sous une Vierge à l'enfant, avec la musique cosmique d'un orgue invisible, me fait revivre les liturgies latines qui rythmaient la vie quasi monacale des blouses grises que nous étions alors.

Intense émotion... Tout ce passé de mes 13 à 16 ans m'a sauté au visage. « Ce que je suis, je le dois à cet adolescent qui trottait sous la pluie de décembre », notait Bernanos. Quelqu'un avait organisé cette rencontre avec cet autre moi-même, hors du temps.

Songé à Proust de « La Recherche », (Du côté de chez Swann) : « Mais quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir ».

Comme je devais le vérifier souvent, la « Magie du Chemin » opérait toujours quand on ne l'attendait pas, quand on ne la sollicitait pas.

Jamais seul


Et puis, d'une certaine façon, on n'est jamais seul. Ou plutôt, quand on l'est, nos proches sont présents dans nos pensées, et pas seulement nos proches. Tous ceux qui depuis ma plus tendre enfance m'ont aimé, soutenu, appuyé, élevé, étaient là. Je sentais la présence de « Naneu », la sœur de mon arrière-grand-mère que l'on obligeait le bonhomme de cinq ans que j'étais à embrasser, alors qu'elle piquait, la tendre, comme un grenadier de la Garde impériale, et dont l'œil bleu laissait filtrer l'émotion furtive. Et tous les autres, sortis de l'ailleurs, mais bien présents, attentifs et affectueux.

À l'aube du septième jour


Mais le Malin veillait, et m'avait, comme toujours sans prévenir, fixé rendez-vous à Viana, à l'Hostal Ezequiel, à l'aube du septième jour. L'étape avait été rude. Arrimé à mon sac, j'avais lourdement chuté sur les pierres glissantes et dévalé la pente en tentant de me retenir. Douleur persistante à la jambe droite au-dessus de la cheville, à la lisière de la chaussure, qui me fit terminer l'étape en boitant. Chambre sans eau de trois mètres sur trois. La nuit, je me lève et constate que la mécanique est enrayée ; je ne peux pratiquement plus marcher ! À partir de 6 heures, l'église d'à côté, de quart d'heure en quart d'heure, sonne... le glas ! Le miroir me renvoie l'image d'un visage tuméfié par les glaces du Somport. Il me faut donc rentrer.

Finie l'aventure... ces mois de préparation et d'attente, la retraite piteuse, le Chemin me rejette ! J'imagine le retour en train vers Bordeaux.

Puis, la voix intérieure : « Tu dois aller jusqu'au bout. Ultreia ! Marcher jusqu'à la limite de tes forces, jusqu'à ce que tu ne puisses réellement plus avancer ». Cette résolution me fait descendre, en boitillant, les chaussures à la main, jusqu'à la réception. J'entre dans mes chaussures et je sors. Plus rien ! Plus aucune douleur. Calme du lever du jour. L'épreuve est terminée. Plus jamais cette blessure ne se rappellera à mon souvenir...

J'avais vécu, ai-je analysé, ma « Tentation du désert » ! Le dialogue entre Jésus et le Malin me revenait à l'esprit : « Pourquoi, entreprends-tu tout cela ? À quoi bon ? Ne serais-tu pas mieux là-haut, aux côtés de ton père ? »

Leçon éternelle que le Chemin venait de me rappeler : à chaque fois que nous entreprenons quelque chose qui nous transcende, quelle qu'en soit la nature, il y a toujours une voix qui nous interpelle quand les premières difficultés apparaissent : « À quoi bon ? Ne serais-tu pas mieux, près des tiens, dans ton rail, ton confort, tes habitudes, ta routine traditionnelle ? Tu ne dois pas chercher à pénétrer de l'autre côté du miroir ». Des forces ferment le Chemin de la Vérité, du voyage intérieur.

Caminante

C'est une présence féminine, celle de Minnka, la Gitane, qui me fera reprendre le fil de St Jacques, illustration de « ces compagnes de voyage dont les yeux, charmants paysages, font paraître plus court le chemin », comme l'a chanté, si joliment, Georges Brassens.

Le soleil revient : c'est Logroño, le lac de la Granjera, les bars où les familles espagnoles, toutes générations mêlées, font la fête en habits bariolés, où les éclats de voix se mêlent au débit permanent d'une télévision que personne n'écoute ni ne regarde.

Traversée des Montes de Oca. Déception ! L'inoubliable cathédrale de Burgos, n'est qu'un immense chantier.

La traversée de la Castille sur des routes et des chemins en dur me fait accélérer. C'est d'abord un effort physique, avec des étapes de 45 km. Comme je l'ai noté, la Autovia Camino de Santiago, prestigieuse réalisation du FEDER, le Fonds européen de développement régional, a effacé l'antique chemin.

Les anges gardiens


À León, je mesure l'utilité des anges gardiens. Je m'explique ; à chaque fois que j'ai hésité ou que je me suis perdu, quelqu'un est apparu sur le Chemin (un paysan, une ama de casa) pour me remettre dans la bonne direction. Je les ai appelés les anges gardiens. À León donc, le chemin est doublé, ce qu'aucun guide ne m'a indiqué. En suivant les flèches jaunes, me voilà parti vers Oviedo, vers les fières et lointaines Asturies. Je parle à un petit garçon dont le père me remet dans le droit chemin. Petite escapade supplémentaire de 15 km.

Puis ce sera l'épreuve du chien dans un endroit proche de celui où Paolo Coelho a lutté avec le chien noir, tout un symbole. Ce fut un gros chien blanc qui s'est approché de biais, en grondant. Comment ai-je fait pour faire celui qui ne s'apercevait de rien et continuait sa route sans varier d'allure ? Il a hésité à happer ma main gauche. J'ai pu continuer.

Rencontres


Les rencontres sont multiples. On parle anglais, français, je me débrouille en espagnol et en allemand. L'Europe est largement représentée mais aussi l'Amérique du Nord (Canada et États-Unis), Centrale (Mexique) et du Sud (Brésil, Argentine, Pérou). Comme je l'ai écrit précédemment, on parle peu de foi sur St Jacques, mais elle est bien sûr omniprésente. Il y a ces couples âgés, voyageant à leur rythme et qui veulent, en six semaines environ, aller se recueillir sur la tombe de l'apôtre... avant leur mort. Impressionnant. Des jeunes, souvent désargentés qui trouvent chaleur et réconfort dans les refuges. Et tous ceux, dont de nombreuses femmes voyageant seules, qui se trouvent à un moment carrefour de leur vie, professionnel ou affectif.

Le Chemin parle : « Deviens ce que tu es »


Entre Sarria et Portomarín, après la rencontre avec Eliana, l'Inca de Cuzco, trois jours avant l'arrivée à St Jacques, le Chemin parle. Extrait de mon journal de bord : « Prends appui sur ce que tu as, là où tu vis, sur ceux que tu apprécies et qui t'apprécient. Approfondis ta sphère de vie actuelle au détriment des chimères et des faux projets. Appuie-toi sur la réalité de ce que tu es, de ce que tu fais et avec ceux avec qui tu le fais ». Autrement dit, « deviens ce que tu es » pour reprendre la formule de Nietzsche qui, grand marcheur (on dirait randonneur aujourd'hui) lui-même, affirmait : « seules les pensées qu'on a en marchant valent quelque chose » (Crépuscule des idoles).

Il s'agit en définitive de la conquête de la liberté, de sa liberté. L'esprit libre, c'est celui qui « pense autrement qu'on ne s'y attend en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction ou en raison des opinions régnantes de son temps » (Humain trop humain). « Veux-tu t'isoler ? Veux-tu chercher le chemin qui mène à toi-même ? » demande avec force Zarathoustra.

« Celui qui marche sur ses voies propres n'y rencontre personne. Personne ne vient l'aider dans son entreprise : dangers, hasards, méchanceté et tempête, tout ce qui l'assaille, il doit le surmonter lui-même. C'est qu'il a son chemin à lui » (Aurore). C'est aussi l'écho de Machado : « No hay camino, se hace camino al andar ».

« Chaque morceau du corps fabrique du bonheur »

Le plus beau moment ? C'est celui décrit par le poète : « Celui dont les pensers comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent leur libre essor. »
Le matin, « dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne » écrivait Victor Hugo, quand on vient d'ajuster son sac, après la cérémonie des chaussures, quand on sort du refuge vers une direction que l'on connaît, mais sans savoir vraiment où l'on va s'arrêter, quand on perçoit le tout sans vraiment tout discerner, on se sent envahi par le sentiment d'une liberté sans limite, en dehors de toute contingence. Je ne me souviens pas d'avoir jamais rencontré pareille plénitude : c'est le miracle permanent de St Jacques, qui dépasse St Jacques.

Bernard Ollivier qui, chaque année, parcourt l'ancienne Route de la Soie de Marco Polo, corrobore le message : « Tous les matins, je me demande si je vais rencontrer un village sur ma route, pouvoir manger, dormir, trouver de l'eau. Et tomber sur des gens merveilleux ou des bandits ». Mais cela est transcendé par la plénitude qu'offre la marche : « cette sorte de jouissance qui survient vers sept heures du matin, une fois le soleil levé, lorsque chaque morceau du corps fabrique du bonheur. Il y a un moment où l'on se sent en l'air. »

Après, quand on est revenu vers la civilisation, ses rites et ses prisons, on revient sans cesse à ce moment unique, à cette passion dont Dostoïevski disait que « quand comblée ou consumée, elle vient à disparaître, elle laisse son hôte privé de désir hormis la soif de devenir esclave à nouveau ».

Le message


Peut-être le lecteur se sentira-t-il frustré par la simplicité des messages que je lui transmets : « Deviens ce que tu es », « Carpe diem » ou peut-être, tout simplement (?) « Apprends à t'approprier l'aurore ». Mais Paul de Tarse n'attendait rien du Chemin de Damas, et tout le monde ne fonde pas une Église.

Paulo Coelho[1] l'a reconnu : « À cette époque, ma quête spirituelle était liée à l'idée qu'il existait des secrets, des chemins mystérieux. Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère de la vie. Je cherchais à faire de Petrus (son mentor, ndla) le sorcier Don Juan, personnage auquel recourt l'écrivain Carlos Castañeda pour expliquer son contact avec l'extraordinaire. Je croyais qu'avec un peu d'imagination, je pourrais rendre agréable l'expérience du Chemin de St Jacques et remplacer le révélé par l'occulte, le simple par le complexe, le lumineux par le mystérieux.

Longtemps après cette séparation (d'avec son mentor), j'ai compris ce que cette expérience m'avait apporté. Aujourd'hui, cette compréhension est ce que je possède de plus précieux : l'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires. Elle me permet de courir tous les risques pour aller au bout de ce en quoi je crois.
Là est, sans doute, l'enseignement principal du Chemin, de son Chemin. Mais il faut l'avoir fait pour le mesurer et le vivre.
L'automne est propice aux rêves...

[1]Le Pèlerin de Compostelle


Olivier Dassault ingénieur, artiste et homme politique

A tout début de l’année 2021, nous avions demandé au Service de presse de Dassault Aviation et à la Rédaction du « Figaro » l’autorisation de reproduire le message de Nouvel An d ’Olivier Dassault tant il était convaincant, remontant, ouvert sur l’avenir.

Il était bien dans l’esprit de la famille Dassault qui a toujours su, sous diverses formes, prendre les airs pour voir au-delà des horizons bouchés. Le dimanche 7 mars 2021, ce petit-fils de grands avionneurs mourait dans un accident d’hélicoptère à l’âge de 69 ans. Son, hélicoptère rivé a heurté un arbre au décollage. Nous n’arrivions pas à le croire ! La semaine même où nous avions décidé de le contacter pour l’associer à un projet de sauvetage d’un pays sinistré que notre Conférence Paneuropéenne de Strasbourg a entrepris.

Tête de facto du groupe industriel Marcel Dassault, président du think tank Génération Entreprise – Entrepreneurs associés, Olivier Dassault était le digne petit- fils de son grand père Marcel qui avait compris le premier dans les années 1920-30 qu’il fallait construire de gros avions en métal. Ami de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, il était aussi député de l’Oise à l’Assemblée Nationale. La politique était son autre passion, nonobstant la photo comme photographe exposant, la musique comme pianiste et compositeur, les médias comme Administrateur du « Figaro ».

Patron fortuné (361ème fortune mondiale selon Forbes), ce passionné d’innovation, ingénieur de formation, pilote de talent, sportif, intuitif et doté d’une mémoire impressionnante, manquera à la France et à l’Europe, lui qui militait pour la convergence fiscale européenne. Ses sports étaient le golf, la chasse et la plongée sous-marine. Né dans une fratrie de quatre enfants, il avait lui-même trois enfants. (JPP)

Valéry Giscard d’Estaing : un faiseur d’Europe

Il avait demandé à être inhumé non pas avec la pompe due à un ancien chef d’État, mais dans l’intimité, comme un simple citoyen, dans son village, mais dans son propre jardin, auprès de sa fille morte avant lui. La famille, les hobbies, la vie privée passaient pour lui avant la France des honneurs et de la gloriole. Le surdoué Valéry Giscard d’Estaing (2 février 1926 -2 décembre 2020) qui avait dit au lendemain de la réunification de l’Allemagne et du continent en 1989-90 qu’il fallait désormais aller « plus vite que l’histoire » pour faire l’Europe, était tout le contraire du demi-dieu sur son piédestal qui s’appelait de Gaulle et aussi du théâtral et ampoulé Jacques Chirac. Il était modeste, simple, sincère. Il ne voulait pas être encensé. Le culte de la personnalité n’était pas son genre. Il a voulu être proche de la réalité quotidienne des Français. Ses concurrents gaullistes ne l’aimaient pas.

« Giscard », comme on l’appelait, a compris des choses politiques élémentaires que l’ambition personnelle et le culte de la personnalité cachent et, en cela, il ressemblait à Adenauer et à Kohl, quoique bien différent d’eux. Il avait saisi que l’histoire se bricole avec un ou deux amis qui ont une marge d’action et perçoivent dans quel sens la roue tourne et à quel est le bon moment pour la pousser en avant. En faisaient partie à ses yeux le « père de l’Europe », Jean Monnet (1888-1979), et Helmut Schmidt (1918-2015) dont il fit connaissance dans l’appartement du premier « derrière un nuage de fumée », comme il l’a dit en souriant, car Schmidt était accro au tabac. S’appuyant en France tantôt sur les faibles libéraux, tantôt sur les rares chrétiens-démocrates, combattu comme Monnet par les nombreux gaullistes anti-européens, il trouva dans l’énergique Allemands Schmidt un supporter solide. Tous deux parlaient bien anglais et étaient des esprits rationnels. Ils firent de l’Europe la réalité politique qu’elle est aujourd’hui, cette Europe « saisissable à mains nues », comme l’a dit plus tard Helmut Kohl, et non pas celle des mots creux et des envolées rhétoriques sans réalisations concrètes à la manière néogaulliste.

On lui doit la première élection du Parlement européen au suffrage universel qui a institué en 1979 la souveraineté européenne par delà les nations, mais aussi la création du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement car il a vu qu’il manquait à l’Europe un exécutif et que l’illusion de faire l’Europe en supprimant ses États était utopique, simpliste et dépassée. Surtout, c’est à lui et à Schmidt que l’on doit ce qui fait aujourd’hui le ciment de l’Europe, à savoir l’Union économique et monétaire symbolisée par l’euro. A eux deux, ils ont réalisé en 1978 la performance arithmétique de réduire et stabiliser les variations des taux de change monétaires, la « guerre des monnaies », ce poison pour l’économie et l’union, en créant une monnaie virtuelle de référence l’écu qui deviendra sous Kohl et Mitterrand l’euro, et un fonds commun des banques centrales, embryon de la Banque Centrale Européenne.

Les autres pays européens adhérèrent à ce projet franco-allemand, excepté la Grande-Bretagne que Jean Monnet avait faite entrer dans la CEE. Bruxelles vient de mettre un point final à cette aventure anglaise. Enfin, Giscard fut l’inspirateur du traité de Lisbonne qui a remplacé en 2009 la constitution européenne qu’il avait conçue, rejetée en 2005 par référendum en France. LLe président gaulliste Chirac avait réussi à faire échouer ce grand projet européen en imposant à Giscard d'Estaing de le soumettre aux aléas des caprices populaires. "Lors d'un référendum, les gens ne répondent pas à la question qui leur est posée, mais à une question qu'ils se posent", nous a dit par la suite Giscard d'Estaing lors d'une entretien à l'Hôte Georges V à Paris.
C’est en 1978-79 que dans les sondages en France, la peur de l’Allemagne tourna à l’admiration et qu’aux yeux des Français la République fédérale d’Allemagne devint la meilleure alliée de la France. Nombreux étaient même ceux qui voulaient un gouvernement commun franco-allemand de l’Europe. Quel magnifique succès venant d’un homme qui était né à Coblence, fils d’un occupant français, et qui s’était engagé à 18 ans pour libérer Paris des occupants allemands !

Geschehen


1. Warnschuss: Nach den Regionalwahlen in Frankreich
2. Jetzt oder nie: Die grosse Umwälzung
3.  Nachruf: Olivier Dassault Ingenieur, Künstler und Politiker


Nach den Regionalwahlen in Frankreich vom Ende Juni 2021, die von einer historisch hohen Wahlenthaltung geprägt wurden, veröffentlichte der Chefredakteur der Regionalzeitung "La Lozère Nouvelle", Claude Donnadieu, diesen Leitartikel:

Ein Warnschuss

Wir müssen auf das ohrenbetäubende Schweigen von zwei Drittel n der Wähler hören, die bei den beiden Runden der Departements- und Regionalwahlen zi den Wahllokalen nicht gegangen sind.
Es macht keinen Sinn, die Ergebnisse unablässig zu kommentieren.
Die meisten Leitartikler sprechen von der Rückkehr der Rechten, vom Zerfall der Linken, vom Niedergang der ultrarechten RN oder der Labilität der Grünen. Das alles ist Cocolores. Es sind ie Bäume, hinter denen sich der Wald verbirgt. Genau wie diejenigen, die Ihnen erzählen, dass wir nicht zur Wahl gegangen sind, weil es an einem Sonntag zu sonnig war und am nächsten regnen sollte, oder dass wir Angst hatten, uns den Covid einzufangen, dass wir die beiden Wahlen, Departement oder Region, nicht voneinander unterscheiden konnten oder dass das Wahlmaterial nicht richtig verteilt wurde. Kurzum, wir werden mit Kinterlitzien beschäftigt, um das eigentliche Problem zu verbergen: Eine historisch hohe Wahlenthaltung, die mit dem Ärger und dem Desinteresse der Staatsbürger erklärt werden kann.
Die gedämpfte Wut der Franzosen, deren Sorgen tausend Meilen von denen der Politiker entfernt sind, deren einziges wirkliches Ziel es ist, ein Stück Macht zu erlangen und zu behalten. Oder soll man die Wahl erneuern, wie man es 2008 getan hatte, als man wieder abstimmen liess, um das "Nein" zur Volsabstimmung von 2005 zum europäischen Vertrag zu korrigieren?
Es ist auch das Zeichen einer wachsenden Kluft zwischen dem realen Frankreich und seinen Vertretern, Berufspolitikern aller Couleur, die keinen Bezug zum realen Leben haben. Diese Ernüchterung ist das Zeichen einer Republik in schlechter Verfassung, die diese Form der Trägheit nährt.
Desinteresse: Das Phänomen ist sicher nicht neu, aber Abstinenzler kommen heute aus allen Schichten, aus der Arbeiterklasse oder aus höheren Schichten, mit oder ohne Hochschulabschluss, vom Land oder aus der Stadt. Ganze Kategorien der Bevölkerung sind nicht vertreten. Wie viele Abgeordnete und Senatoren sind Bauern, Fischer, Arbeiter, Angestellte?
Das Ergebnis ist, wie unser Kollege Romain Rambaud analysiert, "ein degradiertes, in sich gekehrtes Bild des repräsentativen Systems, das die Wahl als ein Verfahren zur Erneuerung der Führung begreift und nicht mehr versucht, die Bürger einzubeziehen."
Das ist die Lehre aus dieser Episode, die das Problem der demokratischen Legitimation neu gewählter Amtsträger aufwirft und die dauerhafte Entwicklung einer protestierenden Wählerschaft offenbart.
Marc Lambret, Seelsorger der Parlamentarier, betonte "die Parallele zwischen der Umweltkrise und der Krise der Demokratie, wie sie Papst Franziskus verbindet. In beiden Fällen steuern wir auf eine Katastrophe zu, mit einer fortschreitenden Betäubung, einer Verharmlosung des Schlimmsten".
Wir sind sehr weit von einem Strukturierungsprojekt für die Gesellschaft entfernt, und die nächsten Fristen sehen besorgniserregend aus. Der zweite Rücktritt des Generalstabschefs der Streitkräfte innerhalb von vier Jahren mit der halb scherzhaften Begründung, er wolle in der kommenden Zeit nicht kommandieren, so angespannt sei der Kontext, verheißt nichts Gutes. Wollen wir hoffen, dass dieser Warnschuss gehört wird. (Claude Donnadieu. in: La Lozère Nouvelle, 1/07/2021)

Der epochale Scheinkrieg, aus dem wir kaum hervorgegangen sind, hat viele Dinge um uns herum beschädigt. Völlig ratlos haben Europa und seine Regierungen ihn ertragen müssen. Er kam ohne Erklärung, ohne Gewehre oder Bomben, ohne Schlachtfelder, ohne Einmarsch fremder Truppen und ohne Besatzung, ein Krieg, der kein Krieg war, aber Geschichte wird . Unsere Sprachen haben bisher kein Wort dafür. Seine Waffe ist billiger als Atomraketen und radikaler als der Terrorismus. Er hat uns in eine ständige Alarmbereitschaft gegen scheinbar nichts versetzt. Ein bakteriologischer Krieg, welcher noch lange schwelen wird.

Einen Waffenstillstand wird es nicht geben. Kaum hatten wir nach dem ersten Lockdown den Frühling, die Farben der Blumen, den Gesang der Vögel, das Blaue vom Himmel und die Bewegungfreiheit, da kam nach dieser Pause die zweite Welle der Pandemie, schlimmer als die erste, heisst es. Ausser in Frankreich wo die Regierung sich das nicht getraut hat, wurden mehrere Staaten der Weihnachtsfesttage beraubt. Viele Geschäfte, die Restaurants, die Bars sind geschlossen. In Deutschland herrscht ein Lockdown total, und man kann nicht leugnen, dass jetzt eine gewisse Schwermut sich in Europa verbreitet. Die Stimmung ist gedrückt. Das Schlimmste ist vielleicht, dass die Menschen einander wie besessen meiden, gegenüber ihren Artgenossen misstrauisch werden. Von Mitmenschlichkeit kann gar nicht mehr die Rede sein. Jeder ist jedem eine Gefahr. Und was, wenn Virusmutationen die Impfung wirkugnslost machen? Und was, wenn ein Virus kommt, das nicht die Lungen, sondern die Hirne angreift?

An Horrordrehbüchern ist kein Mangel! Könnte der amerikanische Film "Ich bin eine Legende", wo Menschen zu Raubtieren werden, die danach trachten zu beissen um zu töten, zur Realität werden ? Wir erleben schon jede Menge zur Wirklichkeit gewordene Science Fiction. Es könnte mehr werden.

Dieser stille Krieg hinterlässt wirtschaftliche Ruinen, Tote, die zu betrauern und Kranke, die zu versorgen sind. Hinterlistiger und weitaus globaler als die beiden Weltkriege zwang er jedoch zum ersten Mal in der Menschheitsgeschichte alle Länder gleichermaßen, gegen einen gemeinsamen Feind zu kämpfen. Dieser bösartige und unsichtbare Gegner ist kein Außerirdischer, sondern die älteste Lebensform des Planeten: ein Virus. Indem er ausschließlich dem Menschen Schaden zufügt, nutzt er unsere Körper als Wirte und Waffen. Um den Todeserreger zurückzudrängen setzte man Militär und Medizin ein. Die Medizin hat sich heldenhaft verdient gemacht. 1914-18 und 1939-45 begleitete sie die Armeen. 2020 wurde sie umgekehrt von der Armee unterstützt. Sie stand an vorderster Front, Frauen und Männer gleichberechtigt als Soldaten gegen das Virus, aber auch in der Lebensmittelversorgung, der Landwirtschaft, das Transportwesen und vielen anderen lebenswichtigen Bereichen.

Wir haben überlebt. Vorläufig oder dauerhaft? Einige werden in diesem Unglück eine göttliche Warnung für unsere Exzesse und Auswüchse sehen. Andere eine Episode im Kampf um das Recht auf Leben auf diesem schönen und unberechenbaren Planeten, den wir zu sehr geplündert haben. Wir sehen jedoch das Positive. Wir haben das Lebenswichtige und Wesentliche wiederentdeckt. Ein neuer Geist der Solidarität ist entstanden. In der kurzfristigen Improvisation waren Wissenschaftler und Regierende in den Demokratien ihrer Aufgabe gewachsen, wo die Exekutive gestärkt wurde. Ohne Vorbereitung auf solche Ereignisse hat Europa improvisiert, Einheit im Kleinformat über geschlossene Grenzen hinweg neu geknüpft. Es hat gesehen, dass menschliches Leben Vorrang vor Wirtschaft und Finanzwesen hat, es hat die Vorteile der Langsamkeit und diejenigen der Antizipation neu gelernt.

Der Corona-Schock birgt die Chance auf eine bessere Welt. Europafeinde und Demagogen haben Boden verloren. 2020 wird zum Gründungsjahr eines neuen zusammenhängenden europäischen Kontinents. Europa braucht ein Frühwarnsystem gegen Ausbrüche des Unerwarteten. Wir müssen unabhängiger, selbstständiger und souveräner, selbstversorgender werden, die benötigte Industrie, Nahrungsmittel und medizinische Versorgung müssen also bei uns neu angelegt sein und Nähe neu erfinden. Wir sollen soziale Ungleichheiten einebnen, ohne dabei essentielle Begabungen und Talente zu unterdrücken. Der Planet und das Leben müssen geschützt werden. Unsere Lebensart wird sich den neuen Gegebenheiten anpassen und weniger hektisch, genügsamer, besonnener werden müssen.

Falls die neue Welt auseinanderbricht, muss Europa in Vielfalt geeint mit gutem Beispiel vorangehen und sich an dem deutsch-französischen Modell einer erfolgreichen Versöhnung zwischen ehemaligen Feinden orientieren. Nach dem Ersten und Zweiten Weltkrieg sowie dessen Fortsetzung im Kalten Krieg entwarfen die Erbauer von Paneuropa, Richard Coudenhove-Kalergi und Otto von Habsburg, die Pläne eines Kontinents des Friedens und der Freiheit. Das aktuelle Europa entspricht ihren Wünschen. Diese dritte „Nachkriegszeit“ bietet uns jetzt wie ihnen damals die Chance, unseren supranationalen Verein auf den Fundamenten, die wir in Straßburg, Frankreich, ganz nahe zum Europaparlament und zu Europarat gelegt haben, neu aufzubauen. Unsere Reform wird neue, aktuelle, konkrete Ziele umfassen.

Die digitale Kommunikation bietet dabei gute Möglichkeiten zur Überbrückung von Distanzen. Diese Verwandlung hatten wir bereits seit fünf Jahren in der Vor-Corona-Zeit mit neuen Arbeitsweisen, zukunftsweisenden Analysen und frischen Ideen vorbereitet. In der „Welt danach“ liegt es an uns, Europa neu zu denken, seine Architektur neu zu gestalten. Gemeinsam mit unseren Brüdern und Schwestern der europäischer Nationen wollen wir noch mehr Brücken über Flüsse bauen, diese überqueren und neue Landschaften entdecken.

1989-90 aus dem Kalten Krieg auferstanden, vom Stigma der Jahre 2001 (der islamische Angriff auf die Zwillingstürme von New York), 2008-2010 (die Wirtschafts- und Finanzkrise, die den Euro beinah versenkt hätte) und 2020-21 (die Coronavirus-Pandemie) gekennzeichnet, müssen wir den Schaden bewerten. Viele haben die Schwingungen der planetarischen Mutationen nicht gespürt.

Viele haben nicht die Erschütterungen nicht gespürt. Sie bilden sich ein, dass sie auf denselben Stränden, auf den alten Pfaden wandern werden. Dass die Zeit die Ängste vergessen lässt und dass die Versicherungen helfen, die Wunden vernarben zu lassen. Dass sich nichts ändert. Wir dürfen aber nicht den Rückwärtsgang einschalten, von Veränderungen unberührt bleiben, als wäre nichts geschehen. Wir treten in eine neue Ära ein, in der sich das internationale Kräfteverhältnis wie die Plattentektonik verschoben hat. Wenn wir Software, Programme, Verhaltensweisen und Weltanschauung nicht reformieren, wird Europa untergehen. Noch schlimmere Viren als corona-2020 liegen auf der Lauer. Der Planet wird geröstet. Das Haus brennt. Müssen wir uns dem Unvermeidlichen beugen?

Nein, nichts ist festgeschrieben. Die Zukunft ist ein unbeschriebenes Blatt. Der europäische Geist kann Wüsten befruchten, das Schmelzen des Eises verlangsamen, Tornados stoppen und das Leben verlängern. Und dann, wer weiß, vielleicht hat uns die Corona-Krise den Dritten Weltkrieg erspart, der einigen als bedrohlich erschien, denn es hat sich herausgestellt, dass die Armeen durch das Virus schneller als durch die Artillerie vernichtet werden könnten. (Sophie von Stralendorff,  J-P. Picaper - Juni-Dezember 2020) 

Nachruf: Olivier Dassault Ingenieur, Künstler und Politiker

Gleich zum Beginn des Jahres 2021 baten wir die Pressestelle von Dassault Aviation und die Redaktion der Pariser Tageszeitung "Le Figaro" um die Erlaubnis, die Neujahrsbotschaft von Olivier Dassault abzudrucken, die so überzeugend, aufbauend und offen für die Zukunft war. Diese Stellungnahme war ganz im Sinne der Dassault-Familie, die bildlich gesagt, schon immer in verschiedenen Formen in die Lüfte stieg, um über den Horizont hinauszuschauen.

Am Sonntag, den 7. März 2021, starb der Enkel großer Flugzeugbauer bei einem Hubschrauberunfall im Alter von 69 Jahren. Sein Hubschrauber prallte beim Start gegen einen Baum. Wir konnten es nicht glauben! Noch in der gleichen Woche hatten wir beschlossen, mit ihm Kontakt aufzunehmen, um ihn in ein Hilfsprojekt in einem durch Krieg, Anschläge und Intoleranz angeschlagenen europanahe Land einzubeziehen, das unsere Paneuropa-Konferenz in Straßburg durchführen wird.

De facto Chef des Industriekonzerns Marcel Dassault, Präsident der Denkfabrik „Génération Entreprise - Entrepreneurs associés“, war Olivier Dassault der würdige Enkel seines Großvaters Marcel Dassault, der in den 1920er und 30er Jahren als erster begriffen hatte, dass es notwendig war, große Metallflugzeuge zu bauen. Als Freund von Jacques Chirac, dann von Nicolas Sarkozy, war er auch Abgeordneter des Départemen Oise bei Paris im französischen Parlament Die Politik war seine andere Leidenschaft, neben der Fotografie als ausstellender Fotograf und Buchautor, neben der Musik als Pianist und Komponist und neben seinem Engagement in den Medien als Direktor des "Figaro".. Seine beliebtesten Sportarten waren Golf, Jagen und Tauchen.

Er war ein moderner, sozialer Unternehmer. (361. Vermögen der Welt, laut Forbes), dieser leidenschaftliche Innovator, gelernter Ingenieur, begabter Pilot, Sportler, dieser mit mit Feingefühl und mit einem beeindruckenden Gedächtnis ausgestattete Mann wird Frankreich und Europa fehlen, er, der sich als Politiker für die europäische Steuerkonvergenz eingesetzt hatte. Mit drei Geschwistern aufgewachsen hatte er selbst drei Kinder. (JPP)





Livres/Culture


1. Opinion  publique européenne (français et anglais)
2. Un livre à contre-courant de Bruno Le Maire
3. 
Extraits du livre
4. Pirates barbaresques et esclaves européens

OPINION PUBLIQUE EUROPÉENNE
Heinz Wimpissinger, secrétaire général de la Société européenne CK

En dehors des efforts déployés par les institutions européennes, le déficit d'information de la population
européenne devrait être davantage compensé par des initiatives nationales, régionales et locales.
La communication européenne dite verticale est bonne et nécessaire, mais elle est souvent insuffisamment
perçue par la population dans son ensemble, quand elle ne lui donne pas à penser que le travail de la
bureaucratie interne et élitiste s’effectue en marge des besoins des citoyens. De ce fait, les problèmes qui
surgissent, sont tout simplement imputés à « Bruxelles ».
Avec l’intensification des rapports et la consolidation de l’UE ,les informations européennes sont disponibles
en quantité. Une présence dans les sources d’information habituelles des citoyens pourrait servir à garantir
structurellement un flux constant des informations sur l’Europe.
La télévision est désormais le principal média de masse. Une couverture télévisée quotidienne, que ce soit
dans le cadre du journal télévisé ou d’une émission journalière spécifique, pourrait améliorer
considérablement la diffusion au niveau européen. Toutes les chaînes de télévision publiques financées par
l’État pourraient en fait être incitées à le faire dans tous les pays de l’UE. Ce faisant, il ne faudrait pas
diffuser ces émissions sur des canaux secondaires et à des heures de moindre audience.
Les agences de presse nationales devraient également être davantage impliquées. Pour des raisons de concurrence, les
médias privés finiraient certainement par s'y joindre sous une forme ou sous une autre. Il faudrait envisager
la création d'agences européennes multilingues.
De nombreux journaux de qualité contiennent déjà des pages consacrées à l'UE. Mais il faudrait aussi que la presse grand public intègre également une rubrique régulière sur l'UE. « EUROPA » est un réseau exemplaire de coopération éditoriale de la presse écrite européenne.
L'utilisation des plateformes de médias sociaux, qui permettent d'atteindre plusieurs millions de personnes et
d'échanger des opinions et des informations de manière très personnalisée, revêt aujourd'hui une importance
considérable.
Les parlements nationaux et les représentations régionales devraient également intégrer régulièrement les
thèmes et les décisions de l'UE. Il serait également souhaitable que les représentants nationaux élus auprès de
l'UE présentent plus souvent personnellement, en fonction du sujet, des rapports publics dans les instances
nationales et régionales. Cela nécessiterait également que les représentants désignés auprès de l'UE mettent
les bureaux de leur pays d'origine à la disposition du public pour recueillir des informations et des
suggestions.
Dans les écoles des pays de l’UE, l’enseignement aux divers niveaux scolaires devrait inclure une formation
des élèves à la politique européenne. Les jeunes, en particulier, n’ont en effet plus autant conscience que les
générations plus âgées que notre période de paix durable est l’œuvre capitale de l'unification européenne.
Une telle européanisation horizontale pourrait renforcer l'identification de la population à l'Europe
et donc la formation d'une identité européenne. Elle pourrait également conduire à une plus forte
participation active des citoyens aux affaires européennes et devrait faire obstacle aux mouvements
nationalistes et populistes. (Heinz Wimpissinger. La Lettre Européenne de la Société Coudenhove-Kalegi. Vienne. 15 juillet 2021)

(Version de cet article en anglais: EUROPEAN PUBLIC AWARENESS

Additionally to the efforts of the European institutions, an information deficit among the European
population should be further supplemented through national, regional and local initiatives.
The so-called vertical reporting on European themes is good and necessary. But it is often inadequately
taken into account by the general public or even leads to the opinion that the internal and elitist bureaucracy
is distant from the needs of its citizens. It is typical that blame for the problems that arise are shifted over to
“Brussels”.
The volume of European information is sufficiently available thanks to an ever greater networking and
deepening of the EU. It would additionally be very important to make this information available to the more
common means citizens use to access information, and to ensure a more structural approach to the way
current information on Europe is defused.
Today television has become the main tool of media. Daily television coverage, be it in the news or in a
separate daily broadcast, could improve the process of Europeanization across the spectrum of society.
Actually all state-owned television broadcasters in all EU countries with public funding could be employed
to do so. It would be important not to focus these programs on secondary channels or during off-peak times.
National news agencies should also be more involved. The private media would certainly join in, in some
form or another for reasons of competition. The founding of multilingual European agencies should be
considered. Many quality newspapers already have sections dedicated to the EU. However, an attempt should
be made to ensure that the mass media also introduce a regular EU column. The editorial collaboration of
European newspapers called "EUROPA" is a good example of such networking.
Nowadays the use of social media platforms is of immense importance. An audience of millions can be
reached by these means and also enables a very individualized exchange of opinions and information.
The national parliaments and regional representations should also find ways to include EU issues and
decisions on a regular basis in their deliberations. It would also be desirable, depending on the topic, for the
nationally elected representatives for the EU to be personally present for public reports in national and
regional areas. This would also mean that the representatives sent to the EU should make their home offices
more available to the public for information and suggestions.
In schools within EU countries, the European political education of the pupils should be introduced into the
curriculum on all school levels. Young people in particular are no longer as aware as older generations are of
our ongoing period of peace which is the core achievement of European unification.
Such a horizontal Europeanization could improve the identification of the population with Europe, and thus
the formation of a European identity, and also lead to a stronger active participation of citizens in European
issues. It could also lead to greater active participation of citizens in European issues and should thus counter
nationalist and populist tendencies.

Un livre à contre-courant
Bruno Le Maire. « L’Ange et la Bête ». « Mémoires provisoires ». 
Ed. Gallimard. Paris. 2021

Des « Mémoires paradoxales », pourrait-on dire. Avec un regard chargé des lueurs du passé mais irrémédiablement tourné vers l’avenir, Bruno Le Maire, 50 ans, tire à l’aune de l’histoire et de la littérature la leçon des crises du 21ème siècle. Il en ressort un cours de politique intérieure et extérieure d’une richesse rare et une observation des acteurs de la scène mondiale fine et ironique, mais toujours bienveillante. Cela se lit comme un roman, avec en prime le sentiment d’accéder aux coulisses des maîtres du monde.

Loin de transfigurer la politique, l’auteur relate avec une sincérité teintée d’humilité combien a été aléatoire et rudimentaire, voire chaotique telle ou telle prise de décision internationale majeure. Comme par le trou de la serrure, on y voit les protagonistes se heurter puis se rabibocher ou pas. Au petit bonheur la chance. Les Allemands avancent avec la régularité placide de poids lourds et les Américains font autant de marches arrière que de démarrages à grande vitesse. Les Chinois sont impénétrables. Et Poutine parle doucement, presque inaudible. Là où nous mène le ministre-écrivain quand il approche les puissants, se joue le sort de notre pays et du monde.

L'idée fixe des médias

L’expérience que l’auteur a recueillie à fleur de peau est si multiple et diversifiée que, faute de pouvoir la cerner, certains observateurs ramèneront ce livre peut-être au ras des pâquerettes. L’auteur ne serait-il pas par hasard candidat à la présidence ? C’est la question à deux sous que les médias posent à tous ceux qui ont acquis quelque notoriété dans les médias, qu’ils s’appellent Éric Zemmour qui n'est jamais content, Jean-Luc Mélenchon le mécontent chronique, Christiane Taubira suffragette écolo sur sa bicyclette ou encore - pourquoi pas ? -le shooter sur gazon Kylian Mappé. On ne peut plus rien exclure. A notre époque de gloriole et d’idolâtries, l’ânerie est sans limites.

De nos jours où n'importe quel incompétent peut parler de n’importe quoi et s'adjuger influenceur, il y a 67 millions de présidentiables en France, moins les Français, ça va de soi, comme aurait dit Brassens. Bruno Le Maire aurait dû, paraît-il, expliquer au chef de l'État « qu'il ne s’agissait pas d'un ouvrage pour se positionner", que c'était simplement une "réflexion sur la littérature et le pouvoir en France", a écrit un grand quotidien (le 11 mars, p.11). Ne donne-t-il pas pourtant tout au long de son texte des preuves de loyauté envers celui qui a désankylosé la France et relancé l'Union Européenne. Ils mènent un combat commun contre le néant qui ronge notre pays, contre le vide et le creux, contre la décroissance et la moisissure. Une histoire sans fin…

Cela fait du bien de lire ce livre alors que déclinistes et collapsistes sortent de leurs trous tels des vers sous la pluie, pour nous annoncer que l’apocalypse sera hexagonale et qu’elle est imminente. Bruno Le Maire prend le contre-pied pour nous parler risorgimento, reconquista et remontada. Il remet les points sur les i et les pendules à l'heure d'été. De plus, la fréquentation des maîtres du monde, ceux qui commandent aux armées et disposent les aiguillages, lui a donné une hauteur de vue à la mesure de ce qu’on appelle la mondialisation. « Le terrain de jeu du pouvoir est désormais le monde », écrit-il (p.127). Pour l’affronter, « la France a des atouts ».

Les anciens compagnons

Apôtre du « bon sens » cartésien (bien qu’il semble lire davantage Pascal que Descartes) dans un monde qui glisse à la déraison (mais cela Pascal le comprend mieux peut-être), Bruno Le Maire a bifurqué quand Emmanuel Macron a injecté des mœurs nouvelles dans une politique française fossilisée. Il s’est rallié, on s’en souvient, à cette vision non conventionnelle d'une politique de rupture alors que les forces du passé, à droite comme à gauche, s’accrochaient à leurs reliques comme des naufragés à leur épaves.

Revenant sur ce moment périlleux, il a vu « les républicains poursuivre leur naufrage », sachant qu’ils « ne se relèveraient pas » de leur « crise profonde et durable ». Et de reprendre l’une des obsessions gaullistes, pour la contrer d’un trait de plume : « Il aurait fallu un homme providentiel – et il n’existe pas ». L’attente confortable du sauveur miraculeux a paralysé toute velléité de réforme des LR. Fillon devait être cet homme de la dernière chance après l'élimination de Sarkozy et le fade intermède de Hollande. Il est tombé aux oubliettes. Proscrit par les siens, espérant qu’ils allaient ouvrir leurs yeux tout grands fermés, Bruno Le Maire était le plus illustre des survivants. Il y avait trop d’autosatisfaction, de narcissisme, d'ambitions personnelles rivales chez ses anciens compagnons de route, persuadés d’être le dernier bastion de la Résistance et aveuglés par l'auto-encensement qui est une des plaies du vivier politique, surtout à droite.

Ce n'était pas avec eux qu'on revisserait les boulons manquants. Bruno Le Maire étaient de ceux qui avaient encore un avenir devant eux. Il a saisi la perche tendue par Emmanuel Macron. Il y allait de la République.

Vers un monde nouveau

S'ajoutait l'impératif européen. Pour réaménager l'Europe et l'armer face au désordre mondial, il fallait amener les Allemands à gommer leurs tabous et faire acte de solidarité. Germaniste devenu angliciste par la force des choses, Bruno Le Maire s'y est employé à son niveau, comme il le relate. Encore faut-il maintenant consolider l’Eurogroupe et substituer la majorité qualifiée à l’unanimité au Conseil Européen. L'heure est à l'approfondissement et non pas à l'élargissement.

Ceci dit, l’UE a progressé. Les "délires et fantasmes des souverainistes » (p. 200) s'estompent et les europhobes s'aperçoivent que, sans la solidarité monétaire européenne, nous aurions succombé à la crise financière de 2008 qu’il a « fallu dix ans » pour colmater, et que sans l'alliance monétaire européenne nous serions asphyxiés par la dette abyssale où nous a plongés le virus. Au passage, Bruno Le Maire rend hommage à Christine Lagarde et revient sur l’avertissement de Mario Draghi lui annonçant un tournant les mœurs financières : « You know, my friend, it is time to spend money ».

Nous sommes entrés dans un autre monde où l'homo sapiens a muté homo connecticus. Le patron de Bercy dénonce les travers, les dangers sournois,  la tyrannie de l'algorithme apatride, la dévaluation de la valeur Vérité, mais il évalue les chances nouvelles. Après que la deuxième moitié du 20ème siècle ait été très différente de sa première moitié, il estime que ce 21ème siècle « qui n’en finit pas de commencer », s’avère plus différent encore du demi-siècle qui l’a précédé. Sans innovation, on ne le maîtrisera pas.

Le goût du réel

Le Covid a fait revenir la réalité en force dans la politique, a dit Bruno Le Maire aux journalistes. J'ai retrouvé ce que j'aime : à la fois un basculement historique et la nécessité de gérer au quotidien l’approvisionnement en pâtes, en riz. Toucher les transformations géopolitiques et rassembler la grande distribution pour vérifier s'il y aura bien de la nourriture dans les supermarchés". (Le Figaro du 12 janvier 2021)

Se frotter aux dures réalités, tel est l'objectif. Et en allant jusqu'au bout de ce qu’on a commencé. Bruno Le Maire est un écrivain pour lequel "les mots doivent correspondre aux choses". son livre dénonce avant tout l’illusionnisme et le mirage, le trompe-l’œil, le bluff et l’épate qui mènent certains partis à leur perte quand ils se heurtent « au réel ». Car « le réel se produit. Le réel est le réel » (p. 112). Quel réel ?

Pour rebondir dans l’après-Covid, le gouvernement le gouvernement doit, primo, restaurer la santé des Français qui n’ont pas été capables d’inventer leur vaccin (à la différence de l'Allemand BioNTec) ; secundo, restaurer une économie devenue dépendante de puissances lointaines. ET ce, sans augmenter les impôts et sans contrainte tueuse d'initiative. Cela doit devenir visible et tangible sur les derniers cent mètres d'ici à mai-juin 2022, mais il faudra une seconde mi-temps pour y parvenir.

Gisements de croissance

Notre pays a des ressources sous-jacentes. L'une est le désir d’entreprendre des jeunes. Leur dynamisme doit briser des tabous et refouler des idées reçues. L'autre réside dans la promotion accrue des jeunes femmes dont le statut s’est nettement amélioré. L’égalité femmes-hommes est la grande supériorité de notre civilisation européenne sur les cultures rétrogrades d’autres continents. Et une encore pourrait être le déblocage des délais chiffrés, horaires de travail et âge de la retraite, fixés par décret régalien. Nous devons exploiter l’expérience des vieux au lieu de les pousser à s’endormir sur le mol oreiller de la retraite. Ceux qui le désirent doivent pouvoir reculer l’arrêt du travail (peut-être avec des retraites à temps partiel) quitte en contrepartie à avancer l'âge du repos pour les métiers pénibles ou dangereux, mais avec possibilité de recyclage.

Tous doivent s’atteler au sursaut national, non pas en partageant le travail résiduel mais en créant du nouveau travail. Bruno Le Maire écrit qu'"un des débats à venir pourrait porter sur la transmission des patrimoines" (p. 188). Grands-parents et parents veulent pouvoir investir sans pénalités dans les entreprises de leurs enfants, surtout s'agissant de microentreprises prometteuses. Ce qui implique le réinvestissement privilégié et productif de legs familiaux. L’État enfin doit réévaluer le statut d’autoentrepreneur très défavorisé par rapport à celui de salarié et de fonctionnaire.

Nous devons renouer avec l'économie de marché et d'entreprise, pas avec le capitalisme sauvage du 19ème siècle que combat encore une certaine gauche. La justice sociale n'est plus celle que revendiquaient Hugo, Zola et Dickens. Faut-il recommander la lecture de l'économiste libéral Pascal Salin : « Au lieu de penser que la raison est l'apanage d'une petite minorité d'hommes, sortes d'ingénieurs sociaux (qu'ils soient désignés démocratiquement ou autrement), écrit-il, le vrai libéral a confiance dans la capacité de chacun à déterminer son destin, à condition que les droits de tous soient définis et respectés. Le libéral n'a donc pas de "modèle de société" clefs en main à proposer. »

Chaque citoyen, citoyenne doit pouvoir être l’artisan(e) de son propre bonheur. Ce n’est pas évident, mais ce doit être rendu possible. L’économie libérale que la dictature communiste chinoise elle-même a adoptée pour réussir, a encore de beaux jours devant elle.

Réveiller la France endormie

A plus longue échéance viendra la réinvention de la politique. Elle est en route depuis 2017 avec un succès mitigé car il y a encore bien des inerties à surmonter. Bruno Le Maire diagnostique les foyers d’infection : la « déculturation occidentale », la « désindustrialisation », la « démoralisation » et la « désinhibition » qui nous gangrènent. Disons-le : nous souffrons de déconstruction et de négativisme. C'est ce qu'on lit entre ses lignes.

A ceux qui réclament des référendums à tout va et de la proportionnelle comme panacée dans la centralité parisienne, à ceux qui privilégient toutes les sensibilités et narcissismes au détriment de l’intérêt général, l’auteur du livre oppose implicitement que c’est moins au sommet qu’à la base qu’il faudra refonder la république. Il note que les Français ne supportent plus d’être entravés ni embrigadés. Qu'ils veulent être codécideurs de ce qui les concerne directement et personnellement. Nous allons vers plus d'horizontalité, de déhiérarchisation et de décentralisation.

Bien des gens veulent participer à la gestion de leurs communes et régions. Pas à la gestion de l’État ou de l’Europe, mais à celle de leur quotidien. Ils veulent acheter leurs produits en circuits courts sans passer par la grande distribution et se défaire des monstruosités multinationales que dénonce à juste titre la gauche. Ils ne veulent plus être alimentés en informations et désinformations par les Gaffas.

Mais gare aux idéologues jamais à court de slogans et de dogmes. Ils prétextent la cohésion sociale - nouveau terme à la mode - pour décourager les ardeurs et décapiter les talents, pour rabaisser le pays à l’étage des paresseux et des ratés en redistribuant l’argent à ceux qui ne font pas le bonheur des autres parce qu’ils ne sont pas capables de faire le leur. ll faut aider bien sûr les vrais handicapés, repêcher ceux qui sont mal partis, admettre aussi qu’il y a des irrécupérables, mais tous peuvent être motivés à se prendre en mains au lieu de devenir des assistés institutionnels.

Il y a suffisamment de métiers et des tâches sont en jachère. Quand la production repartira dans l’après-guerre du Covid, le reste du monde ne nous attendra pas. « Le temps est court, il ne doit pas être perdu », peut-on lire (p. 282). Disons même que le temps accélère. Certes, la pandémie l’a freiné et ralenti. Mais il repartira à la vitesse numérique.

Pourquoi tant d'engluement dans la routine ? Pourquoi ce train-train politique à courtes vues qui n’intéresse plus que les journalistes et les politologues, alors que les superpuissances de demain mettent les bouchées doubles. Pourquoi ne pas voir pas plus loin et plus grand ? Il n'y a presque plus i'informations européennes et mondiales au JT. Sauf sur la pandémie.

De la politique à la métapolitique


Ce n’est pas seulement de la politique que nous livre ici le ministre, c’est de la métapolitique. Elle est à la politique ce que la métaphysique est à la physique. C’est une vision transcendante des affaires incluant les enjeux globaux extérieurs, c'est la perception de « ce qui n’existe pas » et qui pourtant mène le monde. En un mot « le destin ». « La politique, c’est le destin », disait un grand despote français (Napoléon, je crois). Mais pour le moment, en 2021, le destin c’est le retour de la Santé et la croissance économique. Et pour cela, il faudra, dans le monde vacciné, libérer les énergies.

Visiblement, Bruno Le Maire n’est pas homme à brûler les étapes. Il gouverne l’Économie et la Finance, pas l’État. Il a fait depuis 2006 un long parcours sur les sentiers caillouteux de la politique et il a assez pâti en 2017 des fautes des autres pour ne pas les reproduire. Cependant, il a acquis le sens de l’État par-delà les institutions.. Entre les lignes, c’est d’État qu’il nous parle. Son sujet non nommé est l'État France qui baigne dans l’Europe. L’État, c’est la substance, le cœur des choses, notre nef par gros temps, notre lieu géométrique, notre hexagone spirituel. Il faut le préserver des taupes qui grignotent ses racines.

Celui qui revêt l’armure de l’homme d’État sous le manteau du politicien, doit acquérir un second sens : le sens de l’Histoire, c'est à dire l’aptitude à distinguer les courants historiques porteurs de ceux qu’on ne remonte pas. Tous n’ont pas pu comprendre en 1992 et en 2002 quand on lançait l’euro et l’Union Européenne, que c’était l’avenir. De même qu’il faudra comprendre en 2022 que l’UE et l’euro sont désormais irrévocables et qu’on peut faire avec eux de grandes choses. Cela transparaît à maintes pages dans ce livre.

Ce livre est un vrai remontant

Il fallait avoir de l'audace pour sortir en ces temps pandémiques et mortifères un ouvrage encore plus entraînant que les dix précédents tous écrits pour mobiliser les énergies. Or, le fait est qu’on peut tirer parti de cette crise qui a fait si mal. Nous n’en sortirons ni indemnes ni comme avant, mais elle nous oblige à obliquer et à « (…) reprendre le chemin de la transformation tout en tenant compte de l’état de fébrilité et d’instabilité du pays », dit le docteur Le Maire aux soignants et aux convalescents.

Reconstruire l’autorité de l’État sans sacrifier les libertés politiques et économiques, forger un capitalisme mieux partagé et ouvert à la créativité et enfin rendre l’Europe forte, tel est le travail herculéen qui requiert une rallonge de quelques années. Le pays a besoin de stabilité pour changer sans douleur. Ministre de l’Économie et des Finances comme le fut Emmanuel Macron avant lui, Bruno Le Maire serait prédestiné à prendre le relais. Mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour. La politique de relance de la France et de réforme de l’Europe menée par le pouvoir actuel doit aller jusque à son terme

Un libéral allergique au chaos, ainsi pourrait-on définir Bruno Le Maire. A la télévision au plus fort de la pandémie, il nous a souvent rappelé que deux et deux faisaient encore quatre et qu’il ne fallait pas s’affoler. Cet homme calme et droit, poète respectueux du patrimoine grammatical et sémantique, n’est pas du genre à manquer de parole. Dans ses chapitres, il prête allégeance à celui qu’il appelle parfois le « chef », celui qu’il tutoie en privé et vouvoie en public, celui dont il reconnait le bon travail dans une crise dévastatrice et sans précédent.

Leur mission commune est de remettre le pays sur les rails. C’est dans les crises que s’affirment non pas les hommes providentiels, mais les hommes et les femmes qui gardent leur sang-froid et ne perdent pas le Nord. Ceux et celles qui réparent l’avion en vol pour qu’il reprenne de l’altitude au lieu de se crasher. (JPP - 13.03.2021)

Extraits du livre

« Cette notion d’État actionnaire est contraire à l’idée que je me fais de l’État : garder les entreprises stratégiques de transports, de production nucléaire ou de défense, et céder le reste ».
(p. 61)

« De toutes les calamités qui peuvent s’abattre sur l’économie, l’incertitude est la plus grave. « Tout le pays d’Egypte fut dévasté par les mouches », dit l’Exode ; toute l’économie mondiale allait être dévastée par un virus qui instillait dans les échanges commerciaux comme dans les consciences une incertitude délétère ; quelque chose que nous ne pouvions pas voir à l’œil nu,  un virus pathogène dont personne ne connaissait à ce moment-là les causes, et dont nous mettrions des années à mesurer les conséquences, mettrait à bas soixante-dix années d’accumulation industrieuse de richesses, de savoirs, de sécurité matérielle et sanitaire. Le COVID de 2020 avait la force de la mouche pascalienne : <Puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empêchent notre être d’agir, mangent notre corps> ». (p. 263)

« Pas de meilleure école de pensée, pas de meilleure discipline que les affaires internationales pour vous réveiller. Les rapports de force sont la seule loi. La défense des intérêts nationaux ou européens la seule doctrine. La réalité est là, brutale, qui se pèse et se compte. A quand remonte la dernière période où la France a façonné le monde ? A quand le dernier moment français ? A De Gaulle, mais en trompe-l'œil ? Ou plus loin encore, à Richelieu (…) ? Et surtout avons-nous la capacité à modeler quoi que ce soit dans le grand bouleversement actuel ?
Ma conviction est que oui. Ma conviction est que nous pouvons encore, en nous engageant sans réserve comme le fait Emmanuel Macron dans le jeu européen, donner un sens à un monde qui en manque ».
(p. 148)

« Les géants du numérique ont la puissance sans la légitimité, le pouvoir sans les contraintes, la domination dans le partage. (…) Ce n’est pas seulement un ordre ancien que les réseaux sociaux numériques mettent à terre ; c’est la notion même de vérité et de mensonge, sur laquelle le monde occidental a bâti son expansion depuis trois siècles en se délivrant des dogmes religieux Les réseaux numériques sont comme la boîte du magicien à double fond, ils diffusent le vrai et le faux, ils apportent une foule d’informations et autant de mensonges sans une clé de compréhension, ils révèlent et ils dissimulent, ils éclairent et ils trompent. Du jour au lendemain, en quelques clics, ils projettent un individu en pleine lumière puis le jettent à la vindicte. Une InfoMatin sur les réseaux sociaux n’est pas vraie ou fausse. Elle est virale ou morte. Comme la force d’un virus se mesure à sa capacité de diffusion, l’importance d’une information ne se jauge plus à sa gravité, mais à son nombre de vues ». (p. 157)

« Le descendant en ligne directe du régime tsariste, Vladimir Poutine, pourrait très bien dire : «<Le force c’est le mensonge> ». (p. 173) (…) 


« En avons-nous fini avec cette violence ? Oui, si nous la considérons comme un épiphénomène lié à la crise des gilets jaunes. Non, si nos la comprenons comme une des manifestations récurrentes des la détresse occidentale, du manque de souffle de nos démocraties, de cet obscurantisme radical alimenté par des puissances étrangères, comme la Russie. Parce que je penche pour la dernière option, le remède ne peut pas être uniquement policier ou juridique, il doit aussi être politique ». (p. 200)

« Pour Donald Trump, l’Europe était beaucoup plus un rival à soumettre qu’un partenaire à respecter » 
(p. 232)

« Avant redistribution, la France est une des nations les plus inégalitaires parmi les nations les plus développées. Après, elle devient une des plus justes. Autrement dit, la justice dans notre société ne vient pas des efforts de chacun, ni de la possibilité de s’élever par son talent, mais d’une correction mécanique et publique des déséquilibres sociaux. Nous ne traitons pas la douleur, nous l’anesthésions avec le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé des pays de l’OCED". (p. 186)

« Toute une partie de la population française, depuis des années, ne se sent plus représentée par ses élus, en particulier les élus nationaux, députés u sénateurs. Elle se sent dépossédée de sa part de souveraineté. La délégation de la souveraineté nationale à ses représentants une fois pour toute, ou plutôt une fois pour un mandat, elle que l’avait conçue Rousseau, ne tient plus ; l’individu ne veut plus être citoyen le seul jour des élections, il veut être citoyen en permanence. De ce point de vue, les gilets jaunes auront accéléré la nécessaire refondation de a démocratie ».
(p. 194)

« La responsabilité politique n'est pas de vendre des rêves qui peuvent tourner au cauchemar, comme le font sans cesse les représentants de la France insoumise. Ils disent vouloir une nouvelle République, en réalité ils veulent le renversement du régime et le pouvoir derrière. Ils excusent les casseurs, parce que les casseurs servent leur cause. (...) Mais pour quel avenir ? Pour quelle société ? Notre responsabilité est de bâtir un modèle plus juste en développant nos propres atouts économiques et financiers, en unissant les politiques européennes, pas en montant nos compatriotes les uns contre les autres. Pourquoi un homme comme Jean-Luc Mélenchon, si courtois et cultivé dans la conversation privée, orateur si habile, se laisse-t-il gagner parfois par la fureur, au point de devenir méconnaissable? Les archanges de la révolte supportent mal la paix ». (p.186)

On peut rapprocher ceci de la citation précédente :

« La démondialisation est une fiction que pas un de nos partenaires européens ne mettra en pratique. (…) Les chantres de la démondialisation, Arnaud Montebourg en tête, sont les mêmes qui ont versé des larmes de crocodile sur la désindustrialisation de la France, et qui ont refusé de prendre les mesures économiques ou fiscales appropriées quand ils pouvaient le faire. ( …) La décroissance, utopie plus dangereuse encore pour notre nation, va plus loin que la simple sobriété. La sobriété suppose la mesure, la retenue, la tempérance sans lesquelles la vie en société peut rapidement devenir difficile. Mais la décroissance est autre chose : elle ne veut pas modérer, elle veut retirer. Elle ne se contente pas de restreindre, elle veut retrancher, tailler, couper. Nous produisons trop, il faut produire moins. Nous sommes trop nombreux, il faut arrêter de nous reproduire. Les tenants de la décroissance ont parfois des accents messianiques (…) La volonté de faire le bonheur des gens à leur place qui sème le malheur » (p. 328)

A propos d'un ami de jeunesse qui semblait prometteur et qu’il retrouve très diminué à près de 50 ans : "Il lui manquait cet orgueil sans lequel en politique comme en littérature, on ne commence rien (…) Comme Galilée affirmant que la Terre était ronde, je réalisai que la vie était plane, un espace borné dans lequel chacun au milieu de la multitude dispose d’un espace de temps très bref pour affirmer sa singularité et trouver sa place ». (p. 219)

Et l’on tombe sur des vérités, ainsi :

« Les doigts du verbe entrent à tâtons dans le noir du monde ». (p.221)

« Le peuple est le peuple. Il déverse sa colère sur ceux dont le pouvoir ne change plus rien à leurs vies » (p. 193)
« Le temps est court et il ne doit pas être perdu ». (p. 282)

Helmut Schmidt disait après Max Weber que la politique consiste à « percer des planches dures ». Face à l’ingratitude omniprésente dans son métier où il n’y a ni amitiés ni inimitiés définitives, et où celui qui était adulé hier peut être honni demain, l’auteur accorde aux grand commis de l’Etat le droit à la fierté :

« Dans un métier où l’ingratitude est la règle et la reconnaissance l’exception, je trouvais dans ces mots la plus belle des récompenses pour tous les agents publics, fonctionnaires, membres de mon cabinet qui avaient sacrifié leurs jours et leurs nuits pour quelque chose qui les dépassait, qui était au cœur de leur engagement, et qui était la France ». (p. 284)

Conscient des vulnérabilités de la démocratie qui prêtent le flanc aux destructeurs professionnels, Bruno Le Maire analyse la crise des gilets jaunes que « personne n’avait vue venir » : « Ce qui couvait en fait sous les braises des gilets jaunes puis du mouvement des retraites, c’était une crise de régime (par-là l’auteur entend visiblement un changement de régime, NDLR) ; elle n’a pas eu lieu parce que le chef de l’Etat a su se comporter en chef et que l‘Etat, malgré les faiblesses qui apparaîtraient encore plus crûment durant la crise sanitaire, a résisté. Les policiers, pourtant critiqués de toutes parts, n‘ont pas déposé les armes et ont continué d’assurer notre sécurité ; les préfets ont été à la hauteur de leurs responsabilités dans les départements ; les aides financières promises ont rapidement été débloquées par les services de Bercy ». (p. 209)

Et de critiquer que les manifestations bon enfant et justifiées au départ des gilets jaunes, aient tourné à « la désinhibition, pur produit de la déculturation de notre nation, de notre renoncement à notre histoire, à notre mémoire, à nos idées et à notre langue » et à ce « monde nu et masqué, qui refusait de parler, mais cognait ». (p. 199).

On a réparé les dégâts commis par des forcenés à l’Arc-de-Triomphe, on a rendu son visage défiguré à Marianne, mais « l’irréparable avait été commis ». La cicatrice est là et les replâtrages ne suffiront pas, car nous sommes en présence d’une « crise profonde de la démocratie – notre démocratie et de plus en plus fragilisée par des institutions désormais bancales » (p. 210). Il faudra « refondre nos institutions » (p. 213).

Et de conclure :
« Il nous reste moins de deux ans avant la prochaine élections présidentielle de 2022, pour tirer toutes les conséquences de ce que nous avons vécu et préparer un projet en ce sens, autour du président de la République. Soit nous proposons une transition vers de nouvelles institutions, soit nous nous exposons à la crise de régime. Nous sommes passés tout près en 2018. Nous pouvons la vivre pour de bon dans les prochaines années. La tâche est immense (…) ». (p. 287)

Au temps jadis : pirates barbaresques et esclaves européens

Au cours des derniers mois, de nombreuses manifestations rétroactives – avec des excès tels les déboulonnages de statues de grands hommes – ont eu lieu contre l’esclavage. Certes, la traite des hommes, des femmes, voire des enfants, à laquelle parfois des Africains eux-mêmes ont participé en vendant leurs captifs aux marchands américains ou européens, a été un crime contre l’humanité tel que l’a défini le Tribunal de Nuremberg après la guerre. Mais, sans parler de l’Antiquité, on oublie souvent que les Arabes musulmans ont été des esclavagistes eux aussi, y compris en Afrique subsahélienne, mais surtout en Europe. Il nous paraît important de rétablir la vérité historique. (Rédaction)

De 1500 à 1800, la côte sud méditerranéenne, du Maroc à la Libye fut le foyer d’une industrie florissante, celle de rapts d’Européens sur la côte nord, pour alimenter le commerce des esclaves au Maghreb. Tous les historiens évaluent le nombre des personnes kidnappées et vendues durant cette période à 1 250 000 (1 million ¼). Nettement plus que celui des esclaves africains déportés vers l’Amérique, estimé à 800 000 êtres humains. Les marines nationales européennes, trop faibles, ne possédaient pas de moyens de défense suffisants pour protéger leurs côtes. Les corsaires maghrébins et turcs ayant, en plus des voiles, la force de propulsion des rames de leurs esclaves pour leurs galères, pouvaient se déplacer plus rapidement, surtout quand le vent faiblissait. Dans les combats navals et à la poursuite, les Européens, y compris britanniques, étaient très inférieurs. En plus de l’attrait des rapines, l’agressivité des chefs islamiques était dopée par l’aiguillon religieux du djihad contre les mécréants chrétiens.

Nettement plus de la moitié des personnes capturées furent des Espagnols. Les Français étaient aussi en nombre important. En moindre nombre des Italiens et Grecs, quelques nordiques et enfin des Européens indéterminés. En plus de l’interception des navires, les raids esclavagistes barbaresques dépeuplèrent des milliers de kilomètres de côtes par le rapt d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils détruisaient les églises pour que leurs cloches ne puissent pas sonner l’alarme à leur approche. Cette haine des cloches s’est conservée jusqu’à nos jours dans les milieux islamistes. L’Algérie a détenu le plus d’esclaves européens (33%), devant la Tunisie (27%). Le Maroc venait loin derrière (8%) comme la Libye (Tripoli : 5%). La Turquie (11%) en eut aussi dont elle fit souvent des soldats ou des femmes de harems. Sur 1 300 km de côtes italiennes, la population alla s’installer à l’intérieur des terres, fuyant les rivages. Les razzias furent particulièrement importantes en Corse. L’île servait de relais où l’on émasculait des jeunes hommes pour faire de ceux qui survivaient des eunuques pour les harems.

Ces pirates qui avaient fait de la Méditerranée, « la mer de la peur », étaient chez eux des grands seigneurs qui possédaient de somptueuses villas et jusqu’à 1 300 esclaves chrétiens. On les nommait « les raïs ». Débarquant sous les coups de fouet en Afrique du Nord, leurs prisonniers étaient vendus sur les marchés d’Algérie ou de Tunisie s’ils étaient pauvres. Les riches, les nobles, et les juifs ou les religieux pouvaient êtres libérés contre rançon. De nombreux intermédiaires s’enrichissaient dans ces transactions. Le prix des femmes à la vente variait en fonction de leur beauté et de leur âge. Exposés nus comme elles, les enfants étaient vendus aux enchères eux aussi.

Le cruel Baba Arrouj dit Barbe Rousse, devenu Sultan d’Alger, fut l’un des plus célèbres corsaires. Il fut tué en 1518 près de Tlemcen, mais son frère Kheit Eddin lui succéda. Il y eut des captifs célèbres. L’écrivain Miguel de Cervantes, capturé au large de Rosas en Catalogne à son retour de Naples, avait été déporté comme esclave au bagne d’Alger avec son frère Rodrigo le 26 septembre 1580. Avantagé par la fortune de sa famille. Avantagé par la fortune de sa famille, il eut le privilège d’être libéré contre rançon. En fait après quatre tentatives d’évasion, il fut libéré contre rançon en septembre 1580, par l’ordre de la Sainte Trinité provençale, sa fortune familiale ayant certainement aidé. Certains de ses compagnons de malheur restèrent captifs 10 à 30 ans et moururent dans d’atroces conditions. Un autre captif célèbre fut Saint Vincent de Paul. Après avoir été gardien du troupeau familial, près de Dax (Landes), il fut ordonné prêtre en 1600 après sept ans d’études. Partant de Marseille où il était allé toucher un modeste héritage, il avait été capturé par des barbaresques et vendu comme esclave à Tunis. Après deux ans de captivité, il s‘était évadé. Il fut aumônier des galériens, des enfants trouvés et des paysans incultes et créateur d’hôpitaux. Saint Vincent de Paul fut canonisé en 1737.

Les captifs traînaient une chaîne enserrant l’une des chevilles. Il existait des bagnes de travail où ils étaient retenus dans un état épouvantable. Les plus robustes devenaient galériens enchaînés à leurs compagnons et aux rames. C’était la noyade assurée si le navire était coulé par la tempête ou les vaisseaux européens. Ils étaient soumis au fouet pour suivre les cadences. La punition habituelle était la bastonnade variant de 150 à 200 coups ce qui équivalait à une condamnation à mort. Ils pouvaient y échapper en « prenant le turban », c’est-à-dire en se convertissant à l’islam. La conversion exemptait aussi de service aux galères. Mais beaucoup hésitaient par crainte de « perdre leur âme » et devant le supplice de la circoncision. Parmi les moins riches, les charpentiers de marine, les fondeurs de métaux ou ceux qui possédaient des dons particuliers pouvaient jouir de certains avantages.

Les monarques européens tentèrent de résister. En 1541, une tentative de Charles Quint contre Alger tourna au désastre. En 1683, pour stopper les raids, Louis XIV fit bombarder Alger par une grande flotte sous le commandement de Duquesne. En représailles le père Le Vacher et 20 autres Français furent exécutés l’un après l’autre en étant attachés à la bouche d’un canon mis à feu. Et cette attaque d’Alger se solda aussi par un échec. Les razzias continuèrent de plus belle. En 1765, Suffren bombarda Salé au Maroc et traça des plans des côtes du Maghreb pour mieux traquer les ravisseurs. De 1785 à 1793, les USA firent la guerre à Tripoli après la capture de 130 Américains. Un accord de paix fut signé après trois bombardements. Puis en 1815, la guerre reprit contre le Dey d’Alger. En 1816, une expédition anglo-hollandaise sous les ordres de Lord Exmouth parvint à faire cesser momentanément les razzias. En 1818, le congrès d‘Aix-la-Chapelle appela les grandes puissances à mettre fin une fois pour toutes au fléau. L’écrivain diplomate Chateaubriand appela la France à prendre la tête de ce combat. La France tenta d’abord la négociation, mais son plénipotentiaire fut éconduit en juin 1827 par un coup d’éventail du Dey. Un blocus d’Alger fut établi jusqu’en 1830, puis après une bataille navale l’armée française débarqua à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830. Le 5 juillet 1830, le régent Hussein –Dey se soumit. Lors de la paix d’Alger, il restait encore 130 esclaves européens détenus par le Dey.

Le vent avait enfin tourné en faveur des Européens. L’esclavage des Blancs étant désormais aboli, il restait l’esclavage des noirs, non moins important sans doute. Le rebelle Abdel Kader fit décapiter 100 esclaves noirs qu’il avait repris après qu’ils se soient réfugiés chez les français. L’esclavage des Noirs fut aboli dans les villes du Maghreb mais il persista dans les campagnes et chez les Nomades.

Ces faits donnent un autre éclairage sur la colonisation de l’Algérie et l’histoire de la Méditerranée et des rapports avec le monde musulman. Le 18ème siècle s’était ému globalement de l’esclavage, condamnant surtout l’esclavage aux Amériques, mais aussi au Maghreb et en Turquie, comme on l’oublie un peu de nos jours. Condorcet, Montesquieu, Thomas Reynal, Viefville des Essarts et bien d’autres intellectuels du Siècle des Lumières ne cessèrent de condamner toutes les formes d’esclavage. C’est à l’initiative de l’abbé Grégoire que fut votée pour la première fois son abolition, le 16 pluviôse de l’an II (1794). Cette loi de la Révolution d’après Robespierre a précédé celle que fit voter Victor Schoelcher en 1848.

Les raids esclavagistes musulmans avaient commencé bien avant le 15ème siècle. Dès les 11 ème et 12 ème siècles, des ordres de chevaliers moines chrétiens furent fondés pour délivrer les chrétiens prisonniers des musulmans et pour protéger les pèlerins chrétiens qui se rendaient sur les lieux de la naissance et de la crucifixion du Christ. Par la suite, des ordres monastiques furent fondés qui négociaient le rachat des prisonniers, tels l’Ordre de la Trinité fondé par Saint Jean de Matha d’origine espagnole (1160-1231) qui racheta des dizaines de milliers de captifs. Un tiers des revenus des hôpitaux et écoles qu’il avait fondés furent consacrés au rachat de captifs. De même l’Ordre de la Merci, fondé par Pierre de Nolasque(1189-1256). A chaque retour d’esclaves rachetés, leurs rédempteurs organisaient d’immenses processions. Les foules qui y assistaient pouvaient s’y informer des infamies de l’esclavage. C’était aussi une façon d’avertir les populations du danger qu’elles couraient. Les gens du Moyen-Âge apprenaient ainsi que l’islam était pour l’Europe une menace capitale. Et les deux sièges de Vienne par les Turcs vinrent le rappeler au 16ème et au 17ème siècles.

L’esclavage en Terre d’Islam est une donnée historique reconnue, y compris par des historiens musulmans. Nul ne sait pourquoi l’histoire n’enseigne plus tout cela aux écoliers européens. De la même manière, l’origine des croisades est falsifiée. Elles n’avaient pas été une agression délibérée du monde chrétien, mais une réponse à l’expansion de l’islam en djihad dans tout le Moyen-Orient, notamment au Maghreb et en Espagne, jusqu’à Toulouse, Poitiers et Narbonne aux 7ème et 8ème siècles. (Diverses sources et Claude Jacquemay, 2020-21)

Bücher/Kultur


1. EUROPÄISCHE ÖFFENTLICHKEIT 
2. MÄRCHEN : Gérard Jugnot : " L'heure des contes "
3. Die Brüder Grimm und Schneewittchen
4. Studie in Deutschland: Vertrauen in Medien gestiegen

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EUROPÄISCHE ÖFFENTLICHKEIT
Dr. Heinz Wimpissinger, Generalsekretär der Europa-Gesellschaft CK

Das Informationsdefizit der europäischen Bevölkerung sollte abgesehen von den Bemühungen durch die
Europa-Institutionen durch nationale, regionale und lokale Initiativen stärker ergänzt werden.
Die sogenannte vertikale Europa-Berichterstattung ist gut und notwendig, wird aber von der breiten
Bevölkerung oft unzureichend wahrgenommen oder verleitet sogar zur Meinung, die innere und elitäre
Bürokratie arbeitet abseits der Bedürfnisse der Bürger. Sehr typisch dafür ist dabei entstehende Probleme auf
„Brüssel“ zu schieben.
Europäisches Informationsvolumen steht durch die ständig größere Vernetzung und Vertiefung der EU in
großem Umfang zur Verfügung, Ganz wichtig wäre es zu den üblichen Informationsquellen der Bürger
vorzustoßen und strukturell für laufende Europa-Informationen zu sorgen.
Das Fernsehen zählt heute zum allgemeinen Hauptmedium. Durch eine tägliche Fernsehberichterstattung, sei
es in den Nachrichten oder in einer täglichen Separatsendung, könnte die Europäisierung breitflächig
verbessert werden. Dazu könnten eigentlich alle staatsnahen Fernsehanstalten mit öffentlicher Finanzierung
in allen EU-Ländern angehalten werden. Wichtig dabei wäre, diese Sendungen nicht auf Nebenkanäle und
Randzeiten zu konzentrieren. Auch nationale Nachrichtenagenturen sollten verstärkt eingebunden werden.
Die privaten Medien würden sich dadurch aus Konkurrenzgründen sicherlich in irgendeiner Form
anschließen. Die Gründung mehrsprachiger europäischer Agenturen wäre zu prüfen. Viele Qualitätszeitungen
verfügen bereits über EU-Seiten. Es müsste jedoch versucht werden, dass auch die Massenblätter jeweils
eine regelmäßige EU-Spalte einführen. Die Redaktions-Zusammenarbeit „EUROPA“ europäischer
Printmedien ist eine beispielhafte Vernetzung.
Von immenser Bedeutung ist heutzutage die Nutzung von Plattformen der sozialen Medien, durch welche ein
Millionen-Publikum erreicht wird und wodurch ein sehr individualisierter Meinungs- und
Informationsaustausch ermöglicht wird.
Auch die nationalen Parlamente und Regionalvertretungen sollten zur regelmäßigen Einbeziehung der EU-
Themen und Beschlüsse finden. Wünschenswert wäre es auch, dass die national für die EU gewählten
Vertreter je nach Thema für öffentliche Berichte im nationalen und regionalen Bereich stärker auch
persönlich präsent sind. Dazu würde auch zählen, dass die in die EU entsandten Vertreter ihre Büros in der
Heimat der Öffentlichkeit für Auskünfte und Vorschläge zur Verfügung stellen.
In den Schulen der EU-Länder sollte im Lehrstoff auf den verschiedenen Schulstufen die europapolitische
Bildung der Schüler berücksichtigt werden. Gerade der Jugend ist unsere anhaltende Friedensperiode als
zentrale Errungenschaft der europäischen Einigung nicht mehr gleicherweise einsichtig wie den älteren
Generationen.
Eine solche horizontale Europäisierung könnte die Identifizierung mit Europa in der Bevölkerung und damit
die Bildung einer europäischen Identität verbessern, Es könnte auch dazu führen, dass eine stärkere aktive
Beteiligung von Bürgern in Europafragen erfolgt und sollte damit den nationalistischen und populistischen
Tendenzen entgegenwirken. (Heinz Wimpissinger. Wien. 15.07.2021))

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ÜBER MÄRCHEN : Gérard Jugnot : " L'heure des contes ". 

Am 30. November strahlte der Sender "France 5" den Film "Tandem" von Patrice Leconte aus dem Jahr 1987 erneut aus. In den beiden Hauptrollen sehen wir zwei gebürtige Pariser, Jean Rochefort (1930-2017) und Gérard Jugnot (geb. 1951), die aus beruflichen Gründen durch Frankreich reisen.

Der Film hat ein doppeltes Ende, eines, das tragisch hätte sein können, gefolgt von dem anderen, das ein echtes "Happy End" ist. Es zeigt die Wanderungen und den Niedergang eines äteren Radiostars (Rochefort), talentiert, aber mythomanisch, und seines jungen Assistenten und Prügelknaben(Jugnot) durch Frankreich Als es vorbei war, fällt Rochefort, Michel Mortez im Film, wie die Katze auf seine Pfoten aufrecht und rettet mit ihm seinen Mitarbeiter.

Es ist einer der großen Filme des französischen Kinos mit zwei renommierten Schauspielern und einem unerwarteten Ende. Jugnot und sein Kumpel verlassen Paris am Ende des Films in Richtung Bordeaux. Momentan im Film, aber am Ende ist es das, was er im Leben getan hat, wie viele Pariser, die es sich leisten können. Der waschechte Pariser Jugnot, der heute viel älter ist und einen kurzen weissen Backenbart trägt, antwortete auf den Ruf des Waldes: "Ich lebe jetzt schon seit geraumer Zeit für einen Teil des Jahres im Süden. Paris ist anstrengend geworden: Es ist eine Stadt der Schickimickis, in der man nur noch Roller oder Fahrrad fahren kann".

Kürzlich vertraute er seine Vorstellungen über die Gegenwart "Femina" (7.-13. Dezember 2020, S. 14), der Frauenzeitschrift der "Dernières Nouvelles d'Alsace“,an. Der Schauspieler hat gerade ein Buch beim Verlag Flammarion mit dem Titel "C'est l'heure des contes" veröffentlicht. „Dieses Buch" sagt er, entstand aus meiner Besessenheit, Rosa über Schwarz zu setzen (...)". Aber", fügt er hinzu, "als ich auf die Mörchen zurückblickte, war ich erstaunt, wie abscheulich all diese Geschichten sind; Eltern, die beschließen, ihre Kinder im Wald auszusetzen, weil sie sie nicht ernähren können, ein böser Wolf, der eine Großmutter frisst... Wenn man sie liest, kann man nicht sagen, dass die Welt vorher besser war“. Und weiter erklärt er, wie die Idee zu ihm kam: "Als ich später meinen Sohn mitnahm, um die Märchen im Kino zu sehen, wurde mir klar, wie traumatisch sie für Kinder waren". Jugnot bedauert ein wenig, dass das Image des Wolfer immer negativ sei: "Es ist unfair, wenn wir wissen, dass Wespen und Nilpferde viel tödlicher sind".

Seine Antwort auf die Frage nach unserer heutigen Gesellschaft, die in sozialen Netzwerken und im Virtuellen ertränkt wird, ist weniger ironisch: "Der Aufstieg der sozialen Netzwerke und die Invasion der „Fakes“ beunruhigen mich enorm. Viele Menschen vertrauen Journalisten, Politikern oder Spezialisten nicht mehr und glauben lieber Irgenjemanden, derseine verworrenen Theorien im Internet verbreitet. Wenn man die Verschwörer aller Länder sieht, wie die Amerikaner, die immer noch davon überzeugt sind, dass die Erde flach ist, denkt man, dass die Idioten überall sind!“ Außerdem schadet dieses riesige "Wohnzimmer", in das jeder geht, um seinen eigenen Kommentar abzugeben, dem Planeten sehr... Wir sprechen über den Kohlenstoff-Abdruck von Flugzeugen, aber der Kohlenstoff-Aabdruck des Clouds ist signifikanter. Trotzdem nehme ich lieber ein Flugzeug, um die Welt um mich herum zu sehen, als Fotos von mir selbst ins Netz zu stellen". (JPP - 14. November 2020)

Die Brüder Grimm und Schneewittchen


Die Bemerkung von Gérard Jugnot über Märchen lässt uns besonders an Schneewittchen denken, das als eines der schlimmsten grausamen Märchen überhaupt gilt. Nur durch ein Wunder hat es einen Happy End. Ansonsten hat die böse Schwiegermutter ihre Ziele perfekt erreicht, und abgesehen von dem sprechenden Zauberpiegel, spielt sich alles im wirklichen Leben.ab. Neidisch , weil sie "tausendmal schöner" ist als sie, wird die Prinzessin Schneewittchenvon ihrer Schwiegermutter in den Wald geschickt, um getötet zu werden. Verschont nimmt sie Zuflucht in dem kleinen Haus der sieben Zwerge. Die Schwiegermutter findet sie und vergiftet sie, als Hexe verkleidet. Sie wird nur durch den Kuss eines Prinzen wieder zum Leben erweckt.

Nur wenige Erzählungen schaffen es, uns die wichtigsten Phasen der Entwicklung eines Kindes - insbesondere die Pubertätszeit für Mädchen - sowie Schneewittchen verständlich zu machen. Zu Beginn der Geschichte sticht sich eine Königin, die später bei der Geburt von Schneewittchen stirbt, in den Finger. Drei Tropfen Blut fallen in den Schnee: Unschuld, Weiss kontrastiert also mit Sexualität, der Farbe Rot. Laut psychoanlytischer Deutung bereitet dieses Märchen kleine Mädchen darauf vor, sexuelle Blutungen, die Menstruation, zu akzeptieren. Das Kind lernt, dass eine kleine Menge Blut die erste Voraussetzung für die Empfängnis ist. In gleicher Weise wird Schneewittchen von asexuellen Zwergen als "weises" junges Mädchen erzogen, das auf "den jungen und schönen Prinzen" wartet, der sie von dem Begehren befreit, das sie erstickt (symbolisiert durch den Apfel). Die Haltung der Stiefmutter, die vergeblich versucht, sich selbst zu beruhigen ("Spiegel, mein schöner Spiegel..."), erinnert uns daran, dass unter den Schritten, die für die Konstruktion weiblicher Identität notwendig sind, die Mutter ihrer Tochter weichen muss. Aber jenseits der Erzählung hätte es eine historische Realität gegeben, auf die die Brüder Grimm, deren Grab auf dem Friedenau-Friedhof in Berlin zu sehen ist, ihre Geschichte ein wenig aufgebessert haben.

Der Alfelder Schneewittchen-Pfad

Mehrere Regionen in Deutschland beanspruchen den Ursprung vn „Schneewittchen“ für sich. Es ist sehr wahrscheinlich, dass die Brüder Grimm, die 1812 die endgültige Fassung schrieben, diese im südlichen Niedersachsen im "Siebengebirge" (der Bergregion der Leine) erhalten haben, dass sie umherbereisten, um Stories zu sammeln. Nicht weit entfernt liegt das Bergbaugebiet des Osterwaldes, wo die "Zwerge" möglicherweise in einem Kohlebergwerk gearbeitet haben, das es dort sseit dem 16 Jahrhundert gibt. Es gibt dort auch eine Glashütte, die die Idee des gläsernen Sarges gegeben haben könnte. Schließlich gibt es noch die Ruine der Stauffenburg, die die Heimat der bösen Schwiegermutter hätte sein können. Im Jahr 2002 wurde bei Alfeld an der Leine ein Weg entdeckt, der als "Schneeweißer Pfad" bezeichnet wird.

Ein anderer Ursprung könnte auf die Erzählerin Marie Hassenpflug zurückgehen, die im westhessischen Kassel oberhalb der Main Linie lebte. Der hessische Regionalist Eckhard Sander sieht die Tochter des Grafen Philipp IV. von Waldeck, Margaretha, als Schneewittchen. Nach Dokumenten in den Archiven der Stadt Bad Wildungen existierte sie wirklich und war bekannt für ihre große Schönheit und hatte eine strenge Schwiegermutter, vielleicht eifersüchtig auf die Schönheit ihrer Schwiegertochter, wie die Leute wohl angenommen haben. Aber es besteht ein Widerspruch darin, dass ihr Vater sie im Alter von 16 Jahren auf eine Reise zum Königlichen Hof von Brabant, heute in Brüssel, schickte, um einen echten Prinzen zu heiraten. Damals war es üblich, dass örtliche Adelige, die eine sehr schöne Tochter hatten, versuchten, sie in eine königliche Familie einzuheiraten (wie in Pierre Benoits Roman "Königsmark"), wo dieNeuankömmlingin natürlich nicht nur wohlmeinende Menschen traf.

Auf dem Heimweg  am Gift gestorbent?

Aber wie könnten wir verstehen, dass Margaretha bereits mit 16 Jahren eine böse Schwiegermutter an ihrem Herkunftsort gehabt haben kann, wenn sie sich anderweitig um eine Heirat ganz weit weg bemüht hätte? Dennoch überquerte sie zu Beginn ihrer Reise die Sieben Berge. Die Geschichte scheint dort zu spielen, in einer Bergregion, mit den Sieben Zwergen usw. In Wirklichkeit wäre sie jedoch in Brüssel angekommen, und dort ist ihre Schönheit das Problem,. Sie ziht mehrere Bewerber an: Graf Egmont (1522-1568), der später durch Goethe (1782) berühmt wurde, dann Beethoven (1812) und den Thronfolger, der Philipp II. werden wird. Das ist interessant bez. der Daten, aber auch für den Kontext, in dem die Geschichte der Brüder Grimm entstand. Goethes Drama über einen guten Menschen, der für die Freiheit kämpft und dafür mit seinem Leben bezahlen wird, spielt inmitten des "Sturm und Drang", dem Ausgangspunkt der deutschen Romantik. Es ist offensichtlich, dass die Erzählung von Schneewittchen von der Romantik inspiriert ist. Tatsächlich sind alle Zutaten vorhanden. Sogar mit der Gesundheit der sich verschlechternden Schönheit. Ihre Jugend, als sie am 13. März 1554 im Alter von 21 Jahren stirbt. Sicherlich ihre Blässe am Ende ihrer Tage und im Tod, die ihren Spitznamen Schneewittchen rechtfertigt.

Wahrscheinlich starb sie an einer Arsenvergiftung. Zumindest ist das die Indikation, die sich in Waldecks lokaler Chronik findet. Es war damals gängige Praxis, Ärgernisse und Peinlichkeiten mit Arsen zu beseitigen. Sie schrieb ihr Testament selbst mit einer zitternden Handschrift, die die fortschreitende Vergiftung bestätigt. Der Wohnort der sieben Zwerge wäre also das Bergwerksdorf Bergfreiheit, das heute Schneewittchendorf heißt. Es müsste festgestellt werden, ob es sich um dasselbe Gebiet und dasselbe Berfgwerk handelt wie in der von den Brüdern Grimm gesammelten Version. Auf jeden Fall haben die Brüder Grimm die gesamte Brabant-Episode eliminiert. Sie wäre in Langenbach gestorben, einem Ort mit deutscher Konsonanz. Ist sie auf der Rückreise nach Hause gestorben? In der Chronik steht, dass Margaretha blond war. Dies bestätigt die grundsätzliche Authentizität der Geschichte der Gebrüder Grimm, die 1808 in einem ersten Entwurf ihrer Erzählung schrieben, Schneewittchen habe "gelbe" Haare (das Wort "gelb" im Deutschen ist weniger negativ als

Wir könnten auch "Dornröschen" heraufbeschwören, das von den Brüdern Grimm durch den Kuss eines Prinzen geweckt wird. Dornröschen hat auf die deutsche Kultur nicht weniger Eindruck gemacht als "Schneewittchen". Noch immer heißt es von jemandem, der plötzlich aufwacht: "Aus dem Dornröschenschlaf erwacht". Diese Erzählungen sind ein ausgewähltes Terrain für die Psychoanalyse, die böse Schwiegermutter, die sieben Zwerge (und sieben Berge, die auch anderswo in Deutschland zu finden sind, insbesondere das Siebengebirge bei Bonn) und der gläserne Sarg usw.

Dokumentation: Kirsten Hoehne und Claudia Moroni (das Buch) schrieben: Schneewittchen und der Mord in Brüssel. (Schneewittchen und der Mord in Brüssel). Diese Dokumentation wurde 2005 vom Zweiten Deutschen Fernsehen (ZDF) in der Reihe "Märchen und Sagen - Botschaften aus der Wirklichkeit" (Teil 1) ausgestrahlt. Schneewittchen & der Jäger ist ein amerikanischer Film von RupertSanders aus dem Jahr 2012. Der Film basiert auf dem Märchen der Brüder Grimm. Man kann auch über die Erzählungen lesen: Anna, ANGELOPOULOS, Aigli BROUSKOU, Catalogue raisonné du conte grec, Types et versions AT 700-749, Athens FNRS / 1996, Trad. Maisonneuve et Larose; Bruno BETTELHEIM, Psychoanalyse des Märchenss, Paris, Livre de Poche, 1975. Und vor allem Carl Gustav JUNG. Die Wurzeln des Bewusstseins. Studien über den Archetyp. Hrsg. Buchet/Chastel. Paris. 1971. (Jean-Paul Picaper. 14. November 2020)

Studie in Deutschland: Vertrauen in Medien gestiegen

Die „Lügenpresse“ wie Rechtsaußen und Linksaußen behauptet wird...? Oder die „Lückenpresse“, weil nicht alle wichtigen Themen im Blätterwald und am Bildschirm ausreichend behandelt werden? Ganz anders als es diese wünschen, die stets auf die Presse ihre Rohrkrepierer abschießen, steigt das Vertrauen in die freie Presse der liberalen Demokratie, die uns in Europa zur Verfügung steht. Umfragen in Deutschland bestätigen das.

Das Vertrauen der Menschen in Deutschland gegenüber den Medien ist im Krisenjahr 2020 gewachsen. Dies geht aus einer repräsentativen Umfrage unter etwa 1.000 Wahlberechtigten im September und Oktober von Infratest Dimap im Auftrag des WDR hervor. Im Vergleich zum Vorjahr beträgt der Vertrauenszuwachs sechs Prozent, somit bewerten insgesamt 67 Prozent der Befragten das Medienangebot in Deutschland als glaubwürdig. Dieser Wert ist seit der erstmaligen Erhebung im Jahr 2015 der höchst gemessene. Am glaubwürdigsten unter den Medien sind öffentlich-rechtliche Radiosender (81 Prozent), öffentlich-rechtliche Fernsehsender (79 Prozent) sowie Tageszeitungen (74 Prozent). Am wenigsten glaubwürdig sind Social-Media-Plattformen sowie die Boulevardpresse.

Laut Umfragen bewerten zudem vier von fünf Befragten die Corona-Berichterstattung des öffentlich-rechtlichen Rundfunks als „gut“ oder „sehr gut“. Was die Unabhängigkeit der Medien betrifft, gibt es Zweifel. So glaubt mehr als ein Drittel, dass es Vorgaben von Staat und Regierung für die Berichterstattung der Medien gibt. 60 Prozent glauben allerdings, dass Staat und Regierung keinen Einfluss auf die Berichterstattung haben, dieser Wert ist der höchste seit dem Beginn der jährlichen Studie. So dumm sind die Menschen doch nicht, dass sie nicht unterscheiden können, was wahr und unwahr ist. (Nach einem Bericht des Berliner Fachjournalisten-Verbands DFJV vom 3.12.2020, news@dfjv.de)

Entretien Vidéo du mois - Videointerview of the month


Videoconferences - Video-Konferenzen

Notre Interview du 29 juin 2021 avec le Dr. Frédéric Marin, astrophysicien à l'Observatoire de l'Université de Strasbourg - cette interterview a été menée en français par Jean-Paul Picaper. Une interview similaire sera réalisée avec Monsieur Marin en septembre 2021 en anglais par Elisa Mayböck. Unser Interview vom 29. Juni 2021 mit dem DR. Frédéric Marin, Astrophysiker an der Sternwarte der Universität Strassburg wurde auf französisch von Jean-Paul Picaper geführt. Ein ähnliches Interview mit Dr. Marin wird im September 2021 von Elisa Mayböck auf englisch geführt

https://youtu.be/KYm7H-mZ9ro   

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Notre  Interview du 17 mars 2021, une demi-heure avec l'eurodéputée Anne Sander, membre du Parti Populaire Européen (PPE) - eine halbe Stunde mit der Europaabgeordneten Anne Sander, Mitglied der Europäischen Voikspartei (EVP). Le sujet était "Strasbourg et l'Europe". L'interview a été menée en français par Jean-Paul Picaper. Das Thema war "Strassburg und Europa". das Interview wurde ausschliesslich auf französisch von Jean-Paul Picaper geführt : https://youtu.be/q4-eb94LNotre interview vidéo du 5 février 2021

 Lien Internet - Internetlink (YouTube) : https://youtu.be/QIbU7wlXQWc (une demi-heure en français, une demi-heure en anglais - half an hour in French, half an hour in English) 

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"C l'Europe" a interviewé le 5 février 2021 Irène Tolleret, députée européenne de "La République En Marche" de l'Hérault (Occitanie). La première partie de l'interview était en français (première demi-heure) la seconde en anglais (seconde demi-heure). Les interviews ont été menées dans cet ordre par Jean-Paul Picaper et Elisa Mayböck.

Es ist Europa" hat am 5. Februar 2021 die Europa-Abgeordnete Irene Tolleret aus der französischen Region Okzitanien interviewt, die im Strassburger Parlament Mitglied der den Staatspräsidenten Macron unterstützenden LREM-Fraktion ist. Frau Tolleret ist im Parlament Sachverständige für Landwirtschaftsfragen Der erste Interviewteil (erste halbe Stunde) war in französischer und der zweite (zweite halbe Stunde) in englischer Sprache. Sie wurden in dieser Reihenfolge von Jean-Paul Picaper und Elisa Mayböck geführt. I https://youtu.be/QIbU7wlXQWc 

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Notre interview vidéo du dimanche 3 janvier 2021 - 

Lien Internet  - Internetlink :  https://youtu.be/wtVhdltMU5s

Avec Elisa Mayböck, Autrichienne, membre du Comité directeur de « C l’Europe » ; Alexandre Fernier, Français, membre du Comité directeur de « C l’Europe » ; Rainhard Kloucek, Autrichien, Secrétaire général de Paneurope Autriche.  Sujet : Les cités européennes du futur.  1. « Circuler en voitures silencieuses, dépolluées et intelligentes ». 

Unser Video-Interview vom 3. Januar 2021 - von Elisa Mayböck, Österreicherin, Mitglied des Vorstandes von "C l'Europe"; mit Alexandre Fernier, Franzosen Mitglied des Vorstandes von "C l'Europe" auf englisch durchgeführt; von Rainhard Kloucek, Österreicher, Generalsekretär von Paneuropa Österreich.  Thema: Mobilität in den Europäischen Städten der Zukunft.  1. „Fahren mit leisen, sauberen und intelligenten Autos“. Our video interview of 3 January 2021 with Elisa Mayböck, Austrian, Member of the Board of "C l'Europe"; Alexandre Fernier, French, Member of the Board of "C l'Europe"; Rainhard Kloucek, Austrian, Secretary General of Paneuropa Austria.  Topic: European cities of the future.  1. “Driving with quiet, clean and intelligent cars”.  

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 Notre interview vidéo du dimanche 28 novembre 2020. 

Lien Internet :  https://youtu.be/JR0hbs6DWBU 

Our Videoconference of the 28th November 2020 on Lebanon. Notre Vidéo-conférence du 28 novembre 2020 sur le Liban. Unsere Video-Konferenz vom 28. November über den Libanon. 

 Bonjour tout le monde, good morning, guten Tag, We speak first in French, just a little German, and then in English.  Ich grüsse, I greet, je salue my Co-Interviewers Sophie von Lossau d’Ambrosio who ist a German member of our staff and Rainhard Kloucek who is the Generalsecretary of Paneurope Austria, Paneuropa Österreich. L’Union Européenne a trois langues officielles: l‘allemand, l‘anglais, le français. Deutsch, englisch, französisch sind die offiziellen Sprachen der EU. Wir sollten sie alle drei ein wenig benutzen. We should use all of these languages – German and French a little and english more. Nous parlerons aujourd’hui de Beyrouth, première ville du Liban, où le président français Emmanuel Macron s’est rendu deux fois après la catastrophe du 4 août dernier en représentant la France et l’Europe. 

Notre interlocutrice était Nora Cherfan, architecte diplômée de l’École Nationale d’Architecture de Strasbourg, l’ENSAS. Elle travaille à Paris. 

Unser Thema wird heute Beirut sein. Gesprächspartnerin ist Nora Cherfan, Diplom-Architektin der Straßburger Universität. 

We are going to speak about Beirut with Nora Cherfan graduate architect of the Strasbourg University, working now in Paris. I just want to introduce our organisation.

Nous sommes la « Conférence Paneuropéenne de Strasbourg » avec pour nom d’usage « C’ l’Europe ». Nous l’avons constituée cette année comme personne morale de droit alsacien-mosellan. C’est aujourd’hui notre première apparition à l’écran. 

Ganz kurz auf deutsch: Heute tritt zum ersten Mal am Bildschirm unsere "Paneuropäischen Konferenz von Straßburg", deren Gebrauchsname "Es ist Europa" lautet. Wir haben unsere  Gesellschaft als juristische Person nach elsässisch-moselländischem Recht gegründet, kaiserliches Gesetz von 1908, aber wir sind grenzüberschreitend und supranational

And in English: Today is the first appearance on a visual  display of our " Paneuropean Conference of Strasbourg ", usual name "It is Europe“. We have incorporated it as a legal entity under Alsatian law, but we are cross-border and supranational

Comme son nom l’indique, notre conférence, « C’ l’Europe », est ancrée dans l’Eurométropole française de Strasbourg, mais elle est transfrontalière. Nous sommes une société paneuropéenne de débats et de rencontres intergénérationnelles. Nous voulons contribuer à diffuser l’Europe dans les générations montantes et créer un réseau supranational d’amis. Nous présenterons une fois par mois sur Internet un entretien de trente à quarante minutes. Nous aurons aussi un journal Internet et diverses autres activités.

Hello Nora, you come from a Franco-Lebanese family. You know Beirut well where you have relatives and friends. Before handing over the microphone to Sophie on last summer's disaster and the situation in Lebanon, I want to raise an important point with you. Three religions share power in this small country of 5 and a half million inhabitants: two are Muslim, the Sunnis close to Turkey and the Shiites dependent on Iran and its armed wing Hezbollah, and the third one is Christian, the Maronite religion of Syriac origin attached to Rome, to which you belong, isn't it? (Traduction: Bonjour Nora, vous êtes issue d’une famille franco-libanaise. Vous connaissez bien Beyrouth où vous avez des parents et amis. Avant de céder le micro à Sophie sur la catastrophe de l’été dernier et la situation au Liban, je veux évoquer avec vous un point important. Trois religions se partagent le pouvoir dans ce petit pays de 5 millions et demi d’habitants : deux sont musulmanes, les sunnites proches de la Turquie et les chiites dépendants de l’Iran et de son bras armé le Hezbollah, et une est chrétienne, la religion maronite d’origine syriaque rattachée à Rome, à laquelle vous appartenez, n’est-ce pas ?) 

AnswerYes, it is. 

D’abord 2 minutes en français. Just two minutes in French and then in English.

Question. Quelle est la place de cette église maronite au Liban ? Peut-elle exercer son culte ? 

Réponse. Au début du XXème siècle, à la chute de l’Empire ottoman, les maronites revendiquaient la protection française au sein du Grand Liban. Le partage du pouvoir s’est établi de manière confessionnelle selon l’importance démographique des communautés. Il fut décidé que le président  de la république serait chrétien maronite, le premier ministre sunnite et le président de l’Assemblée chiite. La répartition des postes de la fonction publique s’établirait proportionnellement à l’importance des communautés. Mais aujourd’hui, la communauté maronite est beaucoup moins importante. C’est dû à la forte émigration des chrétiens et au nombre plus important d’enfants par famille dans les ménages musulmans. Cependant, dans les quartiers chrétiens, on trouve de nombreuses églises où les chrétiens maronites peuvent exercer leur culte librement. La religion est très ancrée dans les familles, des groupes de prières sont organisés durant la semaine et des messes le week-end. 

Question. J’ai lu votre mémoire d’architecture et d’urbanisme : « L’INFLUENCE DES INSTITUTIONS POLITIQUES ET RELIGIEUSES CHRÉTIENNES SUR L’ESPACE URBAIN DE LA BANLIEUE SUD DE BEYROUTH ». C’est difficile à concevoir pour un Européen de notre temps que la religion ait une influence sur l’urbanisme. 

Réponse. C’est pourtant mon sujet. Mon mémoire traite des frontières confessionnelles dans une ville au Liban. Dans les territoires chrétiens, en plus des chapelles et des églises, on retrouve devant les maisons de nombreux marqueurs religieux tels que des autels, ou des icônes de Saints... Au Liban, les partis politiques sont affiliés à une religion. Dans les territoires chrétiens, les municipalités sont gérées par des partis chrétiens. Dans certaines régions des politiques ségrégationnistes sont mises en place, empêchant les chrétiens de vendre des terres à des musulmans. De plus, de nombreux terrains appartiennent à l’Église. Ainsi, les institutions religieuses peuvent participer ou non à la modification des frontières confessionnelles. En décidant par exemple à qui louer ces terrains. 

Question. Il y va à présent de la reconstruction de Beyrouth. Écririez-vous votre mémoire différemment maintenant, après la catastrophe de l'été 2020 ? 

Réponse. Je ne crois pas, pas pour le moment en tout cas. J’ai écrit mon mémoire en 2018, depuis les frontières confessionnelles n’ont pas, ou que très peu évoluées. Peut-être l’écrirais-je différemment dans 2 ou 3 ans, lorsqu’un nouveau gouvernement aura été proclamé ou lorsqu’on aura davantage de recul sur l’effet de la crise (quel taux d’immigration, au sein de quelles communautés) et sur la reconstruction. Thank you Nora, we talked about the Maronite Christian church in Lebanon of which you are a part and about the influence of religion on town planning in this country governed by religious multi-communitarism. I now pass the witness to Sophie who will speak with you in English. And Rainhard Kloucek will no doubt will also have a word to say. 

Question of Sophie. What exactly happened in Beirut on August 4 th ?

 Réponse NoraOn August 4 th, a large amount of ammonium nitrate stored at the port of Beirut exploded. The massive explosion left 200 people dead, 6,500 injured and 8,000 buildings were damaged, leaving 300,000 Lebanese homeless.  Most of the damage occurred in the districts of Gemayzeh, Machmirel and Achrafieh, where many Christians lived. However, the social categories were mixed. Indeed, it was a bohemian, economic and artistic area of Beirut. Traditional houses from the late nineteenth and early twentieth centuries were destroyed. 

Question. In your opinion, how is the explosion related to the economic and political crisis in the country?  

RéponseA serious economic and financial crisis has been affecting Lebanon for a year now. Protests against the government began on October 17, 2019. The Lebanese called for the abdication of the ruling political parties accused of corruption and clientelism. Indeed, half of the Lebanese population lives below the poverty line. Moreover, the Covid health crisis has worsened the country’s economic situation. It is an unprecedented crisis that Lebanon is going through. The Lebanese can no longer withdraw their money from banks, salaries are cut in half while prices are skyrocketing and state electricity utility operates two hours a day. Thus, there is violence in the streets during the protests: the Lebanese fear a new civil war. After the explosion, Israel was accused by some people of being the cause of the tragedy but it appears to be a fake information. Also, Washington accused Hezbollah of having stored the ammonium nitrate in the port. Nothing has been proven since then. However, the explosion appears to be the result of government negligence. 2,700 tonnes of ammonium nitrate were stored in the port without any precaution. This negligence reinforced the hatred of the Lebanese towards their governing parties. 

Question. What have other countries, especially the European union, done to help Beirut? Do you think this is enough? 

RéponseImmediately after the explosion, the first source of help came from the Lebanese youth who worked in the field, especially to clean the streets. From France, my family and I wanted to make a donation to Beirut. To do so, we waited for our friends and family on site to tell us which organization to donate to. In a country as corrupt as Lebanon, we should indeed be very careful. We have been told to make a donation to « Fondation of France », « Just Help » and « La Croix rouge libanaise ».  During the videoconference organized by the UN and France, the international aid granted amounted to 252 million euros. The European Union promised to provide 60 million euros and the Gulf countries 50. France promised to provide 30 million euros and also sent 18 tonnes of medical supplies as well as 700 tonnes of food supplies.   

QuestionAll aid will be managed by the UN ?  

RéponseThe Lebanese can also rely on Lebanese NGOs like « Live love Beirut ». The organization brings together 140 people, 30% of whom work in the field as architects or engineers for example. The average age of members is less than 25 years old. There is 3 hubs, N-Y, Paris and London. « Live Love Beirut » is very active on social networks, looking for donors. The organization’s ambition is to rebuild the city without compromising the cultural identity of the city center. The explosion affected mainly middle-class families. They cannot afford the costs of reconstruction because of the economic crisis. Also, some of these families have been injured and had to be hospitalized. Furthermore, money is stuck in banks and the prices of building materials have tripled. International aid focuses on health, food (which used to arrive through the port) as well as schools and housing rehabilitation. Needless to say, the aids are enormous but it will not be enough to rethink the city in a sustainable urbanism way. In my opinion, the issue of urban transport must be developed in the future. 

Question. One month after this tragic explosion, the harbour warehouse was on fire. Do you see any connections between those two events? 

RéponseA lot of “random” fires have started in different Lebanese cities and villages. In my opinion, the port fires could be related to the explosion as all other, might be.   

Question. The French president, Emmanuel Macron, promised financial aid to Lebanon, but this aid is subject to conditions. A new government would have to be formed within 15 days. And it should introduce reforms in the following six to eight weeks. The deadline is over and the conditions are not met. Why do you think it is so difficult to form a new government? 

RéponseThere is too much corruption in the country’s political classes. The parties in each community want to keep their ministries in order to continue stealing money from the state. No one thinks about the common good. Also, Lebanese politics has never been only about local concerns. There are many foreign countries that have personal interests and they try to secure the best deal they can for them. Another major problematic is Hezbollah, its political interests and affiliations. Furthermore, political Shiite parties sent men to sabotage civilian protests against the government. Violence is becoming a real problem. It is very hard to fight against the power in place when some people continue to support their clan rather than a common project. The communities are too deeply established in Lebanon and still exert a strong influence on the life of the political parties.    

Question. For years, many Lebanese have been suffering from persistent power cuts and corruption. In your opinion, why has the government not implemented any reforms? 

RéponseThe government and its allies are the big winners from these “unfortunate” power cuts. They are unable to restore the electricity network. No state investment has been made since 1990. The government keeps the profits from corruption in this sector while some Lebanese pay private electric generators for access to electricity.   

Question. How do you estimate the chances that new parties can be formed and oppose the established parties? 

RéponseFollowing the protests of October 17, 2019, a large part of the Lebanese population hoped for real reforms, or at least glimpsed the possibility for a real change. After the explosion, the designated Prime Minister Mustapha Adib failed to form a new government and resigned. This failure is mainly due to the insistence of the Shiite political parties to secure the Ministry of Finance. At the end of October, the Sunnit Saad Hariri, who had resigned a year earlier, was again nominated by the deputies. Change is possible, but as long as the government is multi-confessional, it will remain very difficult.   

Question. What should the protest movements do to compete against the established parties? 

RéponseThey need to raise awareness from an electoral point of view and have strong scholarly representatives across the Lebanese territory according to the Lebanese electoral system.

Question of Rainhard Kloucek. The Président of Paneuope Austria Karl of Habsburg who is who is too the président of the International Culture Organisation Blue Shiel has been in Beirut a short time after the blast eause there were so many questions for the protection of cultural good to sole. But that is no my question now. For a long time it was the United States of America which dominated the region, or which secured the order in the region. What we can see now is that the US is withdawing from the middle east, regional powers like Turkey, Saudi-Arabia or Iran are playing a much more important role, at the same time Russia is coming back with tons of bombs. Do you see any chance for a new stability in the region or will the Middle East be a war zone for the next years or even decades ? 

Réponse. Nowadays, two new powers are emerging in the Middle East. The first is Israel: Trump was pushing the Gulf countries (notably Saudi Arabia) to maintain cordial relations with Israel.
Thus, America is still very influential. To stop Iran from reaching Israel's borders through Shiite Iraq, Syria and southern Lebanon, America refuses to trade with countries supporting Iran or Hezbollah. Trump’s desire to change the location of the US embassy in Israel has also rekindled tensions in Arab countries... Let’s see what happens when Biden is in power. The second emerging power is Turkey, which defends Sunni Muslims in the Middle East, notably by helping the Libyan Jihadists to overthrow the power in Libya. 

Question. Can you imagine the Hezbollah ist going to establish its own state in Lebanon? 

Réponse. I really don’t know. For the moment it is not the case.

Conclusion Jean-Paul Picaper.

After the First World War, Greater Lebanon was created under British and French mandate. I think that the European Union with or without England must return to Lebanon in order to restore calm and balance and participate in the reconstruction. We are concerned by what is happening there. Après la Première Guerre mondiale le Grand Liban avait été créé sous mandat britannique et français. Je pense que l'Union Européenne doit revenir dans la région pour ramener le calme, créer un équilibre et participer à la reconstruction. Nous sommes concernés par ce qui se passe là-bas. Je vous remercie tous pour cet entretien. Le prochain aura lieu le 19 décembre (ndlr: enfait suite au covid, reporté au 3 janvier 2021) prochain et sera consacré à la circulation avec des voitures silencieuses, dépolluées et intelligentes dans les villes européennes du futur. Si nos auditeurs veulent nous écrire, if you want to write us, l’adresse e-mail de notre conférence se trouve sur votre invitation = euroblick@gmail.com Au revoir et restez en bonne santé. Thank you all for this interview. The next one will take place on the 3rd of January and will be dedicated to traffic with silent, unpolluted and intelligent cars in the European cities of the future. Goodbye. Stay safe. Bleiben Sie gesund.






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