Conférence Paneuropéenne de Strasbourg

euroblick@gmail.com/www.c-l-europe.eu

Bienvenue - Wilkommen - Welcome


La « Conférence Paneuropéenne de Strasbourg », nom d’usage « C’ l’Europe », est une plateforme internationale d’échanges de vues et d’informations sur l’Europe et le monde qui l’entoure. Elle rend compte de ce que l’Europe fait. L’Europe n’est pas une idée abstraite. Elle se définit par les actes de ses citoyens, ainsi que par sa géographie, sa philosophie et religion et par son histoire. C’est par nous qu’elle vit et s’exprime. Le Parlement Européen nous représente tous dans l’Eurométropole strasbourgeoise.
Reliée au mouvement paneuropéen créé en 1922 et ancrée en droit alsacien-mosellan depuis septembre 2020, notre Conférence est moderne et transfrontalière. Nous formons un groupe paneuropéen intergénérationnel d'un type nouveau dans l'intention de diffuser le concept de souveraineté européenne dans les générations montantes et de créer un réseau supranational d’amies et d’amis.
Nous présentons en vidéo à intervalles réguliers une interview d’une trentaine de minutes. Nous rédigeons le journal Internet que voici et organisons diverses autres activités. Nos langues sont les langues officielles de l’Europe, l’allemand, le français et subsidiairement l’anglais.

Die "Paneuropäische Konferenz von Straßburg", allgemein bekannt als "Es ist Europa", ist eine internationale Plattform für den Meinungs- und Informationsaustausch über Europa und die Welt um Europa herum. Sie berichtet über das, was Europa tut. Europa ist kein abstrakter Begriff. Es wird hauptsächlich dadurch gemacht, was seine Bürger tun, sowie auch durch seine Geographie, seine Philosophie und Religion, und seine Geschichte. Europa lebt und drückt sich aus durch uns, seine Bürger. Das Europäische Parlament vertritt uns alle in der französischen Eurometropole Straßburg.
Mit der 1922 gegründeten paneuropäischen Bewegung verbunden und seit September 2020 im elsässisch-moselländischen Recht in Straßburg gesetzlich verankert versteht sich unsere Konferenz als grenzüberschreitende Formation modernen Typus. Wir sind eine intergenerationelle Gruppe, die sich zum Ziel setzt, das Konzept der europäischen Souveränität unter den aufsteigenden Generationen zu verbreiten und ein supranationales Netzwerk von Freundinnen und Freunden zu schaffen.
In regelmäßigen Abständen präsentieren wir ein 30-minütiges Video-Interview. Wir schreiben das folgende Online-Journal und organisieren verschiedene andere Aktivitäten. Unsere Sprachen sind die Amtssprachen Europas, Deutsch, Französisch und gelegentlich Englisch.

The "Pan-European Conference of Strasbourg", commonly known as "It's Europe", is a plattform for international debate, exchange of views and information on Europe and the world around it. It reports on what Europe is doing. Europe is not an abstraction. It is what its citizens do, and it is moreover its geography, its philosophy and religion, and its historry. It lives and expresses itself through us, its citizens. The European Parliament represents us in the French Euro-metropolis of Strasbourg.
Linked to the pan-European movement created in 1922 and anchored in law since September 2020 in Strasbourg, our conference is cross-border and modern age. We are a pan-European society of intergenerational debates and meetings which aims to spreading the idea of European sovereignty among the rising generations and creating a supranational network of friends. At regular intervals we present a 30-minute video interview. We write the following internet newspaper and organize various other activities. Our languages are the official languages of Europe, French, German and English.
We are neither a mass organization nor an elite club, we are an avant-garde. Our motto is "Remembering to evolve".

Rédaction : Hélène Kohl, Elisa Mayböck, Jean-Paul Picaper, Dominik Possert, Catharina Silberman, Sophie von Stralendorff, Ulrich Strempel. 
Video-Interviews : Martin Absenger 

C l'Europe



1. Rencontre en numérique du 23 mai 2021

2. C l'Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg – Es ist Europa –  It is Europe
3. Rebondir et reconstruire : après le décès accidentel d'Olivier Dassault
4. La nouvelle Allemagne - Les appels du Muezzin à Cologne

Une conférence dématérialisée

La « Conférence Paneuropéenne de Strasbourg »,"C l'Europe", a organisé un échange de vues « dématérialisé » en vidéo-conférence le 23 mai dernier. Les restrictions de transit des frontières excluaient un colloque "en  présentiel » pour nos amis allemands, autrichiens, ukrainiens, suédois, géorgiens. Nous nous sommes donc entretenus « en distanciel". Après un exposé récapitulatif  au bout de sept mois et demi de fonctionnement sans  problèmes prononcé sur "zoom" par Jean-Paul Picaper, coordinateur de l'association, Mélanie Bretel-André, professeur d'allemand à Strasbourg et membre de notre Comité consultatif, a pris ensuite la parole pour parler d'un des plus célèbres ouvriers de l'Europe, l'écrivain alsacien trilingue André Weckman. Elle a présenté un film dans lequel ce regretté pionnier de l'Union Européenne explique son destin et celui de l'Alsace. Nous mettrons en ligne dans un proche avenir des extraits commentés de ce film. 

Voici le récapitulatif du départ dans la vie de notre association:

Chères amies et chers amis,

Nous utilisons, voyez-vous, un nouveau langage, "présentiel", "distanciel", "dématérialisation", "vidéoconférence", etc. C'est un « newspeak » qui n'était pas usuel il y a deux ans seulement. Toujours est-il que nous ne nous sommes pas rencontrés physiquement depuis des mois  et que c’est un plaisir de nous retrouver à quelques unes et quelques uns à l’écran malgré les contraintes encore en vigueur.

Vous savez que nous avons décidé d'effectuer toutes nos opérations gestionnaires et administratives "en distanciel" numérique pour économiser du temps, de l'argent et de la fatigue. En revanche, nous nous rencontrerons"en présentiel" pour échanger des idées, des connaissances et visiter des lieux politiques, culturels et scientifiques. Néanmoins, nous espérons nous rencontrer à Strasbourg à l'automne 2021 et reprendre nos activités normales en 2022.

Je dis que cette distance sanitaire entre nous n’est pas « sociale », mais « asociale ». Les êtres humains ont appris à se méfier les uns des autres, à s’éviter, l’agressivité et la violence augmentent. Mais aussi des gestes de solidarité se multiplient. Notre association veut cela. Renouer des liens rompus, jeter des ponts, même si ce ne sont que des bulles d’air pour le moment, former un réseau supranational d’amies et d’amis qui se connaissent et s’entraident. Nous avons réagi depuis cinq ans à ces attentes en rassemblant à Strasbourg chaque année des étudiantes et étudiants et des jeunes professionnels.

Les premiers invités furent des Ukrainiens et des Autrichiens et naturellement des Français, puis les Allemands sont venus. Paneurope France à Paris ne pouvait pas ou ne voulait pas s’en occuper. Or, nous devions agir à un niveau paneuropéen et neutre et non pas dans un cadre politique français restreint et sans avenir. Notre groupement de Strasbourg avait grandi avec le soutien de Rainhard de Paneurope Autriche et de la mairie de Strasbourg et avec l’aide de l’équipe du « Lieu d’Europe » d’où je vous parle. Un grand merci à tous.

Entre-temps, notre branche strasbourgeoise a pris des ramures. Au Lieu d’Europe de Strasbourg, nous nous sommes réunis la dernière fois le 27 octobre 2018. L’aboutissement de nos rencontres fut notre séminaire de Berlin, le 19 octobre 2019. C’était encore sans porter le masque. Et puis vint le trou noir de la pandémie, presque toute l’année 2020 et les deux tiers de 2021.

Nous avons profité de cette interruption pour réfléchir sur nous-mêmes.

Tous ensemble, nous avons créé à Strasbourg en 2020 « C l’Europe », association transfrontalière indépendante, pourvue d’une nouvelle identité juridique, financière, électronique, faisant un nouveau Journal Internet et des entretiens vidéo. Une association plus jeune, très féminisée, organisée en réseau sur toute l’Europe et surtout libre de penser en fonction des réalités de notre temps et non plus orientée en fonction d’idéologies passéistes et de mythes poussiéreux. A mon grand étonnement, la plupart de nos adhérents nous sont restés fidèles et de nouveaux adhérents sont venus à nous. En tant que coordinateur de l’association, je vous remercie toutes et tous. Avec vous, l’Europe a de l’avenir.

Je veux aussi montrer le Lieu d’Europe à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore. (Projection de Photos)

Croyant pouvoir profiter de la maladie et de la dépression, des oiseaux de malheur et des défaitistes chroniques, ces gens qui annoncent sans cesse la faillite de l’euro, le chômage, la crise, la misère, nous prédisaient le déménagement complet et définitif du Parlement Européen à Bruxelles. Mais nous sommes allés à contre-courant, nous avons décidé au printemps et à l’été 2020 de nous installer à Strasbourg, ville française certes, mais supranationale et européenne. C’était absurde n’est-ce pas ? Mais il paraît que tout ce qui ne paraît pas absurde au départ, ne vaut rien.

Et le miracle s’est accompli.

Le 9 mai dernier 2021,  le président de la République française, Emmanuel Macron, est venu au Parlement Européen de Strasbourg. Il a eu des mots magnifiques en faveur de Strasbourg. Il a dit : « "Au moment où nos valeurs sont attaquées, menacées au sein même de l'Europe, rappeler que Strasbourg est la capitale des droits démocratiques européens et de nos valeurs est essentiel. Et la place du Parlement européen est dans ce cœur vibrant des valeurs européennes. Si Bruxelles est la capitale des bureaux de l'Europe, Strasbourg est la capitale de son âme et de son cœur: là où on la pense, là où on défend ses valeurs".

Les Britanniques qui voulaient tuer Strasbourg ont quitté l’Europe. Ils reviendront un jour nus-pieds et en chemise. Ni les Russes, ni les Turcs, ni l’attraction de la lune ne chasserons de Strasbourg l’Europe de Jean Monnet, de Robert Schuman et de Konrad Adenauer, de Valéry Giscard d’Estaing et d’Helmut Schmidt, d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel. A tous ceux qui veulent expulser de Strasbourg la démocratie européenne, la France répondra par son droit de veto au Conseil européen. C’est agréable de débuter quelque chose sur une victoire.

Mais attention, le monde a changé. Le monde change. Pas partout en mieux. C’est difficile de croire au progrès. Pourtant il est notre raison d’être et d’agir. Personnellement, je crois à la science et à la culture plus qu’à la politique et je pense que notre association devra se tourner dorénavant vers la science plus souvent que vers la politique. La preuve en est par exemple la campagne que l'on mène pour la vaccination. Quelqu'un a dit : "Le vaccin est un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'immunité". La politique subit actuellement une crise de définition et de sens. Qui pourrait dire ce qui distingue encore la gauche de la droite ? Les problèmes économiques, climatiques, migratoires, alimentaires, biologiques, sanitaires et relationnels sont si gigantesques qu’aucune force politique ne peut avoir leur solution. Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs.

La raison et le droit ont créé la paix en Europe. Jean Monnet et Robert Schuman, les pères de l’Europe, n’étaient pas issus d’un parti politique. C’étaient des hommes hors norme. Grâce à eux, plus jamais, aucun pouvoir ne pourra obliger des Européens à se servir d’arbalètes, de fusils, de mitrailleuses les uns contre les autres. Les nations européennes étaient des facteurs de discorde. Elles sont devenues des agrafes qui maintiennent l’Europe en réseau. Pas seulement entre l’Allemagne et la France, mais tous les 27 Etats ensemble avec le Luxembourg polyglotte et l’Autriche avec son immense passé et sa grande culture. Un Autrichien, le député Otto de Habsbourg, a le premier ouvert le Rideau de fer en août 1989 à Sopron en Hongrie. Ces derniers jours, alors que des forcenés criaient dans les rues de Paris et de Berlin des slogans antisémites, la chancellerie autrichienne et le ministère autrichien des Affaires étrangères ont hissé le drapeau israélien. Mais j’apprends qu’en Allemagne aussi, le drapeau blanc et bleu israélien a été hissé.sur la Maison de la CDU, le parti d'Angela Merkel, et dans diverses villes allemandes.

Les Autrichiens ont du cran. Et d’autres aussi. Nous soutenons ces pays en difficulté comme Israël, l'Ukraine, l'Arménie, le Liban. Je pense à la volonté de vivre de la petite Géorgie face à l’énorme Russie. Notre secrétaire général est géorgien et j’en suis heureux.

Deux observations pour finir.

Premièrement : nous devons être nous-mêmes. Nous ne pourrons aider les petits peuples et agir dans le monde qu’en renforçant notre identité européenne. N’oublions jamais que nous avons un passeport national, mais que tous nos passeports ont la couleur bordeaux de l’Europe. Il faut aimer cette dualité.

Deuxièmement, nous devons être maîtres de notre temps : passé, présent, futur. A Berlin en 2019, notre amie allemande Sophie, membre de notre nouveau Comité directeur, avait attiré mon attention sur une petite inscription en français sur un vestige du Mur de Berlin. J’ai lu : « Se souvenir pour évoluer ». Nous en avons fait notre devise.

Attention : il ne faut pas être esclaves de la mémoire. Il faut tirer les bonnes leçons de l’Histoire, mais le souvenir ne doit nous cacher ni le présent ni l’avenir. (Jean-Paul  Picaper, 23/05/2021)

« C L'EUROPE. CONFÉRENCE PANEUROPÉENNE DE STRASBOURG » – « ES IST EUROPA » – « IT IS EUROPE »

Tel est le nom de notre Conférence approuvé en assemblée générale par nos adhérents. Inscrite depuis le 8 septembre 2020 au registre des associations du Tribunal judiciaire de Strasbourg, tome 98, folio n° 136, « C L'EUROPE » possède une personnalité juridique protégée par la loi en droit alsacien-mosellan (loi de 1908).
Fidèle au modèle d'union de l'Europe pacifique et libre de Richard Coudenhove-Kalergi et Otto de Habsbourg, notre association respecte l'architecture institutionnelle du continent forgée par Robert Schuman et Jean Monnet, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, Helmut Kohl et François Mitterrand. Elle est devenue l'Union Européenne souveraine, consolidée par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Bien du travail reste à faire, mais l'UE est d'ores et déjà un concept politique et humain fonctionnel innovant, unique au monde et dans l'histoire,
Son exécutif bruxellois, le Conseil européen des dirigeants élus des Etats-membres et son président permanent, est secondé par le travail gestionnaire et prospectif de la Commission Européenne. Elle est légitimée à Strasbourg par le Parlement Européen élu depuis 1979 au suffrage universel. L'Europe souveraine est devenue au fil des décennies le quadrilatère européen : Bruxelles (pouvoir exécutif), Luxembourg (pouvoir judiciaire), Strasbourg (pouvoir législatif), Francfort (pouvoir monétaire et financier). L'entente Paris-Bonn, devenue Paris-Berlin, est le pilier de l’Europe. La Commission de Bruxelles et la Banque Centrale Européenne de Francfort sont gouvernées par une Allemande et une Française. Mais la Françallemagne n’est pas toute l’Europe, la Paneurope.
L'axe de l'Europe, sa colonne vertébrale est le Rhin. Le sillon rhénan jadis frontière, est devenu le ruban bleu de la paix car la paix franco-allemande est l'âme de l'Europe. Après cinq ans de navigation sous un pavillon national d'emprunt, notre Conférence Paneuropéenne s'est amarrée sur cette rive symbolique que les Gaulois appelaient « rhen », « le fleuve », où les eaux allemandes se mêlent aujourd'hui aux eaux françaises.
Elle ne s'est pas constituée en association nationale comme les autres groupements du Mouvement Paneuropéen, mais enracinée dans l'Eurométropole strasbourgeoise, "C l'Europe" veut rayonner par-dessus des frontières franchissables (excepté en cas d'application toujours momentanée de l'article 23 de l'accord de Schengen). Dépassant la Françallemagne, "C l'Europe"veut être un passeurs d’idées dans la Paneurope. Elle estime que les Européens ne sont pas des étrangers les uns pour les autres. Ses adhérent(e)s jouissent des mêmes droits à partir de l'âge de la majorité civile. Elle n’est assujettie à aucune association, parti politique, syndicat ou communauté religieuse, idéologique ou ethnique.et n'est elle-même rien de tout cela.
Elle n'est ni une organisation de masse, ni un club élitaire, mais une avant-garde. Elle est le forum où les ami(e)s de l'Europe viennent débattre. Sa devise est « Se souvenir pour évoluer ».
 (Comité directeur. Strasbourg, le 23 décembre 2020)  
IN NECESSARIIS UNITAS - IN DUBIIS LIBERTAS - IN OMNIBUS CARITAS

L’auteur de l’article ci-dessous  que bien des lecteurs de notre page web ont apprécié, leader de la dernière grande entreprise privée d’aviation au monde, le pilote, ingénieur, homme politique et artiste français, Olivier Dassault a perdu la vie dans un accident d’hélicoptère le 7 mars 2021. Nous avons décidé de garder en ligne jusque au 31 décembre 2021 son message de Nouvel an 2021 si encourageant. (voir  la nécrologie dans notre page « Événements » ci-après)

Rebondir et reconstruire 
Message d’Olivier Dassault (†) pour l’année 2021

Adieu, 2020, personne ne te regrettera : et surtout, ne reviens jamais .

Alors que nous congédions l’une des pires années de l’époque contemporaine, nous contemplons l’étendue de ce qui nous reste à rebâtir.

Une économie en morceaux, une dette abyssale, des secteurs entiers d’activité dévastés, notre art de vivre réduit à néant, le moral de nos contemporains au plus bas. Autant de mots qui viennent s’ajouter aux horreurs de l’époque actuelle que sont le terrorisme islamiste, le communautarisme, la violence de l’extrême-gauche et les mille autres petites fractures qui ont donné naissance à l’archipel français si justement décrit par Jérôme Fourquet.

Il est temps de « tirer notre courage de notre désespoir même » (Sénèque).

Car, un jour, l’espoir renaîtra. Un jour, la vaccination volontaire de la majorité des Français nous permettra de construire notre immunité collective et de repartir de l’avant. A condition, bien sûr, que les lourdeurs administratives, les incohérences bureaucratiques et les pusillanimités politiques ne viennent pas tout ralentir et tout empêcher !

Un jour, l’économie française va s’ouvrir à nouveau. Alors, l’espoir renaîtra une fois encore, comme à la fin du premier confinement. Dès le mois de décembre, l’Insee mesurait déjà que le moral des patrons rebondissait fortement. Pour 2021, l’enjeu est désormais de connaître la forme que prendra ce rebond : en U, en V, en W, en L ou en K. Chacune portant un scénario de reprise plus ou moins souhaitable. Malheureusement, il nous faut cependant intégrer qu’il y aura des magasins qui ne rouvriront pas, des entreprises qui s’arrêteront définitivement, des emplois qui seront détruits. A l’image de l’équipage d’un navire se préparant à subir l’assaut d’une vague scélérate, il faut être prêt à s’accrocher à l’espoir comme au bastingage et attendre qu’elle frappe, conscient des dégâts à venir.

Malgré le choc, l’écume et la houle virevoltante, le soleil percera à travers les nuages de la tempête. Les plus agiles d’entre nous s’en remettront le plus vite. Les plus solides et résilients aussi. Ceux qui auront su se vacciner à temps, ceux qui auront choisi d’anticiper les mutations du monde en numérisant leur processus et activités et ceux qui auront eu la capacité de réaction nécessaire dès le premier confinement pour absorber choc également. J’en veux pour preuve les librairies indépendantes qui se sont réunies pou proposer leurs livres en ligne, les restaurants, des étoilés aux plus modestes, qui ont su et pu se mettre à la vente à emporter.

Pendant quasiment une année, les ressources déployées par nos concitoyens, notamment ceux qui se sont retrouvés en première ligne dès le mois de mars – souvent les salariés du « back office » chers à Denis Maillard, caissières, livreurs, chauffeurs de poids lourds, caristes… ont forcé l’admiration. Les soignants, ces guerriers, méritent quant à eux des statues, et les remerciements de la nation reconnaissante. Ils méritent surtout des moyens adéquats pour remplir leur mission.

Après le rebond viendra la reconstruction. Reconstruction de notre économie, et, espérons-le, de notre société.

2020 nous a enseigné les nécessités de la pensée stratégique, de la résilience et de l’adaptabilité. Tels sont les trois axes sur lesquels il va être nécessaire de s’appuyer dès maintenant.

Penser stratégiquement, c’est garantir la production en France d’équipements de première nécessité et non s’en remettre à des pays tiers à l’autre bout du monde. C’est aussi penser, pour l’Union Européenne, son indépendance technologique vis-à-vis des géants numériques américains et Chinois. La fin de la naïveté européenne que défend Thierry Breton au sein de la Commission européenne, est une mission de salut public et il faut se réjouir que le mouvement s’accélère en 2021. Coralie Delaume, jeune essayiste et analyste talentueuse de la question européenne, qui nous a malheureusement quittés l’année dernière, aurait salué cette orientation.

Penser stratégiquement, c’est garantir l’indépendance énergétique de la France, en sécurisant la fourniture d’énergie grâce au nucléaire, et donc en finir avec cette folie de vouloir supprimer l’unique énergie décarbonée.

Enfin, penser stratégiquement n’est pas affirmer que la France doit tout faire seule mais bien s’entendre sur les secteurs essentiels liés à la vie de la nation, comme l’alimentation, l’énergie ou la défense. Non, notre indépendance ne se négocie pas. Elle ne se dilue pas dans l’opportunisme politique ou l’émotion du moment. Elle est la ligne de crête sur laquelle nous devons toujours avoir le pied ferme. C’est aussi une des leçons de l’année écoulée.

Reconstruire notre société qui est si divisée, c’est repartir à la conquête des « territoires perdus de la République » pour les ramener dans le giron national et leur donner les mêmes chances qu’aux autres. Cela passera par le retour en force des services publics, notamment de la police et de la gendarmerie, premiers remparts contre la désagrégation de la société, suivis de très près par l’école républicaine, sans laquelle le ciment de l’esprit civique ne saurait prendre. Tâche essentielle : l’islam politique est là, qui ne demande qu’à remplir les fissures de nos sociétés par sa lecture du monde binaire – eux contre nous – facile d’accès pour des esprits non formés au sens critique, afin d’y provoquer des fractures irrémédiables. Reconstruire notre société, c’est lutter plus sévèrement contre l’immigration clandestine et opter enfin pour une immigration choisie, et non plus subie via le regroupement familial – qui n’a plus de sens en 2020. L’enquête exclusive de l’Ifop publiée dans ces pages dans le cadre du Figaro Enquêtes est révélatrice : les Français ne veulent plus accueillir de nouveaux arrivants. Seuls les idiots utiles de l‘extrême-gauche, servant ainsi de marchepied au Rassemblement National dans sa bataille pour la présidence de la République, défendent la fin des frontières. Ils démontrent ainsi la réalité de la « tenaille identitaire », ce piège identifié notamment par Laurent Bouvet.

Reconstruire notre société, c’est aussi lutter contre les fractures qui nous minent. Des communautés ultra-minoritaires mais très agissantes, notamment via les réseaux sociaux, s’érigent en censeurs, en maîtres chanteurs, voire vont jusqu'aux menaces physiques pour annuler l'autre. Ce cancel culture venue des États-Unis et dénoncée encore récemment par l’une de ses victimes, Bret Weinstein, doit être combattue partout, car elle porte en elle les graines des dictatures à venir. Il ne faut pas céder aux intimidations en ligne ou médiatiques, mais réintroduire la notion de recul et cesser de réagir à chaud à tout et tout le temps. Aujourd’hui les tribunaux des réseaux sociaux ne désemplissent jamais. Il est temps d’y mettre un terme et de cesser de jouer sur leur terrain.

Reconstruire notre société, c ‘est, enfin et surtout, redonner des motifs d’espoir à notre jeunesse. Calfeutrés sous les masques, assignés à domicile, contraints de subir au quotidien les règlements administratifs et les consignes sanitaires édictées – et ils le comprennent – pour la sauvegarde de leurs aînés, nos enfants paient un très lourd tribut à la crise. Bridés aujourd’hui dans leurs études, leur vie sociale, leurs voyages, leurs amitiés, leurs affections, ils se retrouveront demain plongés dans une économie en pleine tourmente, confrontés à un monde du travail plus rude que jamais, riches surtout des dettes et des drames que nous leur aurons légués. Le sursaut, c'est aussi à eux que nous le devons.

Il est des années où l’éditorial du 1er janvier est plus difficile à écrire que d’autres. Si 2020 fut une année « confinée », les graines de nos résurgences futures sont là, en gestation dans la terre fertile de nos espérances. Nous nous devons d’être les jardiniers de nos espoirs et de les faire germer, grandir, pour en récolter les fruits. Nous le devons à tous ceux qui nous ont quittés l’année dernière mais aussi à ceux qui restent. Dès demain, nous devrons rebâtir car le « vrai courage ne se laisse pas abattre «. (…) Je vous souhaite à tous, chers lecteurs, chères lectrices, une année 2020 pleine de courage, d’espoir et de vie !

Olivier Dassault
Administrateur du Groupe Figaro (in "Le Figaro", mardi 5 janvier 2021)

La nouvelle Allemagne - Les appels du Muezzin à Cologne


La maire de Cologne, Henriette Rekers, a lancé un projet pilote, qui débutera le 1er janvier 2010.15.10.21 et qui permet à toutes les mosquées de sa ville (environ 35 au total) de faire appeler le muezzin à la prière une fois par semaine, le vendredi. Toutefois, cela est soumis à certaines limites de volume et uniquement entre 12 heures et 15 heures.
C'est un peu surprenant que ce projet pilote n'ait pas vu le jour parce que les communautés musulmanes avaient fait pression pour cela, mais parce que la ville de Cologne et sa maire ont voulu d'elles-mêmes donner un signe de tolérance et que les communautés musulmanes aient été surprises par cette magnanimité. Bien que l'origine de la décision ne soit pas d’une réelle importance, on peut voir là aussi la volonté croissante de l'Allemagne de créer de manière proactive un espace pour les autres cultures - et surtout pour l'Islam. Même si la conséquence logique est que notre propre culture, le mode de vie libéral européen et la sécurité intérieure sont ainsi refoulées.
Le projet de la ville de Cologne a été dans l’ensemble bien accueilli et évalué sans esprit critique dans les médias. Selon des enquêtes non représentatives, la population allemande semble également réagir de manière positive et ouverte. On y trouve, entre autres, des comparaisons avec la sonnerie des cloches des églises chrétiennes et l'opinion selon laquelle, si la cathédrale est autorisée à sonner, alors, conformément à la liberté de religion, le muezzin doit être autorisé de même à se faire entendre. Sur ce point, toutefois, je me permets d’opposer que la sonnerie des cloches n'est pas une profession de foi expressis verbis ou un appel à la foi. De plus, la sonnerie des cloches est une tradition de notre pays depuis des siècles, c'était un signal horaire, un signal d'appel pour participer au service religieux ou bien les cloches des églises étaient utilisées pour alerter la population en cas d'urgence avant l’invention des sirènes.
Bien sûr, les appels de muezzin n'ont aucune tradition à Cologne et ont une signification et une fonction totalement différentes. Amplifiés par des haut-parleurs, ils ne sont pas seulement un signal pour les musulmans audible de loin, mais aussi un appel aux autres confessions et aux incroyants. Et certains musulmans percevront également ces nouveaux sons en Allemagne comme un moyen d'articuler et de démontrer leur pouvoir. " Ici, nous occupons l'espace public ! Retirez-vous, infidèles. Il n'y a qu'un seul Dieu et son nom est Allah !". Dans l'Islam, la foi est synonyme d’exercice du pouvoir, puisqu'il n'y a pas de séparation entre la religion et l'État. La charia est au-dessus des lois de l'État séculier. La Constitution de la République fédérale d'Allemagne n'a qu'une importance secondaire pour les musulmans vraiment convaincus, et même elle est sans importance dans les cas extrêmes. C'est une vérité sur laquelle la plupart des Allemands, dans leur ivresse de tolérance, ont fermé les yeux depuis des décennies
Même si le projet de Cologne est initialement limité à deux ans, je suppute que l’appel du muezzin deviendra du provisoire définitif. Comment peut-on imaginer que les politiciens reviendraient sur leur décision ou qu’ils oseraient le faire ? Si vous retirez une concession ancienne à une minorité musulmane déjà très puissante dans l'Allemagne moderne, idéologisée à gauche, vous vous rendez automatiquement suspect de discrimination et d’islamophobie. Ces slogans belliqueux peuvent suffire à stigmatiser des personnes et à détruire leur carrière et leur existence. Je suis vraiment curieux de voir comment les Allemands (qui représentent quand même encore quelque 60% de la population de Cologne) vont accueillir à la longue ce nouveau phénomène acoustique. Cette ville fermement ancrée depuis des siècles dans le catholicisme change à un rythme effréné. Il sera difficile de sauvegarder à long terme sa couleur locale, unique en Allemagne, le caractère particulier de sa population et son dialecte. Qui sait si, dans quelques décennies, nous n'aurons pas déjà d'autres soucis que le regret d’avoir assisté à la disparition de la culture de Cologne. Peut-être que cette ville ne parlera presque plus allemand. C'est tout à fait concevable. Le trait d’humour qui fait mention depuis un certain temps du « Califat de Rhénanie-Westphalie », c’est-à-dire le Land entourant Cologne, en dit long sur la question.
Nous autres, Allemands, ne devrions donc pas vouer nos pensées à la meilleure manière de devenir encore meilleurs, plus tolérants et cosmopolites, mais plutôt de nous demander de toute urgence si notre hyper-tolérance perpétuelle n’est pas en contradiction avec l'idée que nous nous faisons de l'Europe, de la future société et du mode de vie allemands. D’autant que le tapis rouge que l’on déroule devant l'Islam ne crée pas seulement de belles choses, du vivre-ensemble de diverses cultures, mais produit aussi des effets clairement négatifs et, surtout, irréversibles. Ce serait d’une grande urgence d’ouvrir le débat sur les conséquences de l’immigration de masse à laquelle nous assistons et de la recherche compulsive de toujours plus de diversité et d’arc-en-ciel. Mais on l’évite soigneusement et la politique et les médias font barrage. Les problèmes et les tensions déjà existantes s'accroissent sans même que nous nous en rendions compte. Au contraire ! Une grande partie de la population n'est pas du tout informée des potentiels de conflit qui couvent déjà et de leur énormité. Et comme l’évolution toujours dans le même sens est stimulée par des actions de tolérance comme celle de Cologne, le processus s’accélère.
Alors la question qui n’est pas sans importance se pose : dans quelle mesure notre société pourra-t-elle dans quelques décennies être encore ouverte et tolérante ? Si l'on voulait se donner la peine d’en parler aux chrétiens pratiquants qui vivent en Turquie, à condition de pouvoir encore en trouver et s’ils avaient le courage de parler, on saurait. On saurait que l’Islam est un mouvement religieux si tolérant envers la foi des autres qu'en l'espace de 200 ans, jusqu'au 20ème siècle, son territoire qui était autrefois à domination chrétienne a été transformé de force par la technique musulmane. Cette suppression d'autres cultures et d'autres croyances, qui se poursuit de nos jours encore, est l'une des caractéristiques de l'Islam. La preuve en est donnée par des évolutions historiques et actuelles, ainsi que par certaines sourates du Coran qui donnent de droit divin le cadre et la légitimation pour ce faire. C’est un état de fait que vous ne trouverez dans aucune autre religion. Dans le christianisme, par exemple, aucune atrocité commise à l’égard de tierces personnes d'autres confessions (même si cela s’e produit dans l’histoire, nous le savons) n’est justifié par les Saintes écritures et la doctrine. Il en va tout autrement dans l'Islam. Les écrits de Mahomet sont tout sauf des appels pacifistes à plus de compréhension entre ses adeptes et ceux des autres religions. Que l'on puisse se mettre en danger en dénonçant ces réalités n’est pas la preuve du contraire.
Malheureusement, l'islam (qui n'a pas encore été réformé) n'est pas une simple religion comme toutes les autres. La tolérance de l'Islam envers ceux qui étaient différents ou non-croyants n’a jamais défini ses limites, au plus tard, qu’une fois que les choses avaient nettement changé en faveur de l'Islam. Il existe de nombreux pays et zones de peuplement dans le monde qui peuvent servir d'exemples à cet égard. Et en Europe, cela ne pourra qu’être similaire. Il faudrait être vraiment naïf pour croire qu’il pourrait en être autrement !
Si vous ne le croyez pas, regardez la France, par exemple. Elle a été dans un récent passé le théâtre d’actes de terrorisme et d’atroces massacres qui reflètent la brutalité de la lutte pour le pouvoir entre les cultures et leur incompatibilité partielle en termes de vision du monde et d'humanité. Parmi elles, la décapitation de l'enseignant Samuel Paty par un islamiste tchétchène. Mais l'évolution démographique ne mène pas seulement à la violence et au terrorisme. Il y a des glissements de pouvoir et des conflits à tous les niveaux de la société. Les intellectuels français se sont déjà retrouvés acculés et contraints d'écrire des lettres ouvertes au gouvernement. Lettres dans lesquelles ils appellent Paris à résister à l’islamisation et à mettre un terme à la prise de pouvoir par l'islam dans de nombreux domaines de la société française, administrations, écoles, universités, etc. Combien de temps encore faudra-t-il à l’Allemagne pour en arriver là ? Et sait-on déjà à quel point la culture occidentale et chrétienne a dû reculer chez notre grand voisin de l’Ouest ?
Ce projet pilote à Cologne, que la plupart des gens célèbrent comme une preuve progressiste de tolérance, est pour moi (et peut-être aussi pour beaucoup d'autres qui se font rarement entendre dans l’espace public) un petit pas de plus vers l'autodestruction de l'Europe occidentale. Un pas de plus vers l'abandon, vers le renoncement à notre culture de base, vers le renoncement à exiger l’assimilation des musulmans et en quelque sorte un geste de soumission.
Si seulement plus de gens en Allemagne et en Europe occidentale voulaient s’extraire de cette situation, voulaient un changement de perspective, voulaient réfléchir et anticiper les conséquences d’une réorientation des aiguillages comme celui qui vient d’avoir lieu à Cologne, alors on y gagnerait quelque chose. Alors nous pourrions préserver notre mode de vie libre, éclairé et tolérant, ainsi que notre culture et les particularités culturelles qui permettent la coexistence pacifique des peuples européens rassemblés sous l'égide de l'Union Européenne.
Ou bien nous pouvons poursuivre nos expériences sociales somnambuliques et dilapider de manière irresponsable notre patrimoine culturel.  (Thomas Schaller, Berlin, 21/10/2021)

Es ist Europa


1. VirtuellesTeffen vom 23. Mai 2021
2. "Es ist Europa" Paneuropäische Konferenz von Strassburg - "C l'Europe"- "It is Europe"
3. Durch Frankreich muss ein Ruck gehen und darauf folgt der Neuaufbau

4. Das neue Deutschland - Muezzinrufe in Köln

Ein virtuelles Treffen

Die „Paneuropäische Konferenz von Straßburg », « Es ist Europa » organisierte am 23. Mai 2021 einen "entmaterialisierten" Meinungsaustausch per Videokonferenz. Aufgrund von Grenztransitbeschränkungen war eine "Face-to-Face"-Konferenz für unsere deutschen, österreichischen, schwedischen, ukrainischen und französischen  Freunde nicht möglich. So sprachen wir in „Distance-online“ statt auf einer „Präsenzsitzung“ miteinander. Nach einem Rückblick von Jean-Paul Picaper, dem Koordinator des Vereins, ergriff Mélanie Bretel-André, Professorin für Germanistik in Straßburg und Mitglied unseres Beirats, das Wort, um über einen der berühmtesten Vorkämpfer Europas, den dreisprachigen elsässischen Schriftsteller André Weckman, zu referieren. Sie präsentierte einen Film, in dem dieser  begnadete Europäer sein Schicksal und dasjenige des Elsass erklärt. In naher Zukunft werden wir kommentierte Auszüge aus diesem Film online stellen.
Hiermit die Zusammenfassung des Lebensbeginns unseres Vereins in den letzten 7,5 Monaten :

Guten Tag an alle.
Wir verwenden, wie Sie sehen, eine neue Sprache, ein "Newspeak", und praktizieren neue Arbeitsweisen, die vor nur zwei Jahren nicht üblich waren. Wir haben uns seit Monaten nicht mehr physisch getroffen und es ist eine Freude, einige von uns trotz der immer noch bestehenden Einschränkungen wieder auf dem Bildschirm zu sehen.

Wie Sie wissen, haben wir uns entschieden, alle unsere Management- und Verwaltungsvorgänge als " digitale Sitzungen" durchzuführen, um Zeit, Geld und Kraft zu sparen. Zum anderen werden wir uns "direkt persönlich" treffen, um Ideen und Wissen auszutauschen und politische, kulturelle und wissenschaftliche Orte zu besuchen.

Ich behaupte, dass die sogenannte sanitäre " Soziale Distanzierung“ zwischen den Menschen nicht "sozial", sondern "unsozial" ist. Die Menschen haben gelernt, einander zu misstrauen, zu meiden, Aggression und Gewalt nehmen zu. Aber die Gesten der Solidarität nehmen auch zu. Unser Verein will genau das fördern. Zerbrochene Bande erneuern, Brücken bauen, auch wenn sie im Moment nur aus Luft bestehen, ein supranationales Netzwerk von Freundinnen und Freunden bilden, die sich alle kennen und helfen. Seit fünf Jahren reagierten wir auf diese Erwartungen, indem wir jedes Jahr in Straßburg Studentinnen und Studenten oder junge Berufstätige, zusammengebracht haben.

Die ersten Besucher waren Ukrainer und Österreicher und natürlich auch Franzosen, dann kamen auch Deutsche, um die sich Paneuropa Frankreich Paris nicht kümmern wollte und konnte. Wir mussten auf einer gesamteuropäischen und neutralen Ebene handeln statt in einem ausschliesslich französischen politischen Rahmen ohne Zukunft. In der Zwischenzeit ist unsere Straßburger Gruppierung mit der Unterstützung von Rainhard Kloucek von Paneuropa Österreich und der Stadtgemeinde Straßburg und mit Hilfe des Teams vom Straßburger „Ort Europas“, dem "Lieu d'Europe", von wo aus ich spreche, denen allen ich herzlich danke, gewachsen.

In der Zwischenzeit hat unser Strassburger Gewächs Äste bekommen. Im "Lieu d'Europe" in Straßburg haben wir uns zum letzten Mal am 27. Oktober 2018 getroffen. Der Höhepunkt unserer Treffen war unser Berliner Seminar vom 19. Oktober 2019. Da lebten wir noch ohne Mundschutz. Und dann kam über fast das gesamte Jahr 2020 und zwei Drittel des Jahres 2021 das schwarze Loch der Pandemie.
Wir haben diese Auszeit genutzt, um über uns selbst nachzudenken.

Alle zusammen haben wir 2020 in Straßburg "Es ist Europa“ gegründet, einen unabhängigen grenzüberschreitenden Verein, mit einer neuen rechtlichen, finanziellen und elektronischen Identität, der ein neues Internet-Journal und Video-Interviews macht. Diese Gruppierung ist jünger, sehr weiblich, als Netzwerk in ganz Europa organisiert und vor allem frei, entsprechend den Realitäten unserer Zeit zu denken, statt sich an vergangenen Ideologien und verstaubten Mythen zu orientieren. Zu meinem Erstaunen sind die meisten unserer Mitglieder uns treu geblieben und neue Mitglieder sind zu uns gekommen. Als Koordinator des Vereins danke ich Ihnen allen. Europa hat mit Ihnen eine Zukunft.
Ich möchte den „Ort Europas“ auch denjenigen zeigen, die ihn noch nicht kennen. (Fotos werden übertragen)

Im Glauben, Krankheit und Depression ausnutzen zu können, prophezeiten Schwarzmaler und professionelle Defätisten, jene Leute, die ständig den Zusammenbruch des Euro, Arbeitslosigkeit, Krise und Elend vorhersagen, dass das Europäische Parlament vollständig und dauerhaft nach Brüssel umziehen würde. Aber wir sind gegen den Strom geschwommen und haben uns im Frühjahr und Sommer 2020 entschlossen, uns in Straßburg anzusiedeln, die natürlich eine französische, aber vor allem eine europäische Stadt ist. Es war absurd, nicht wahr? Aber es heißt, dass alles, was nicht auf den ersten Blick absurd erscheint, wertlos ist.

Und das Wunder war vollbracht.
Am 9. Mai 2021, also vor zwei Wochen, kam der Präsident der Französischen Republik, Emmanuel Macron, ins Europäische Parlament nach Straßburg. Er hatte wunderbare Worte für die Stadt. Er sagte"In einer Zeit, in der unsere Werte angegriffen und in Europa selbst bedroht werden, ist es wesentlich, sich daran zu erinnern, dass Straßburg die Hauptstadt der europäischen demokratischen Freiheiten und unserer Werte ist. Und der Platz des Europäischen Parlaments ist in diesem pulsierenden Herzen der europäischen Werte. Wenn Brüssel die Hauptstadt der Büros Europas ist, dann ist Straßburg die Hauptstadt seiner Seele und seines Herzens, wo gedacht wird, wo seine Werte verteidigt werden".

Die Briten, die Sraßburg "killen" wollten, haben Europa verlassen. Sie werden eines Tages barfuß und im Hemd zurückkommen. Weder die Russen, noch die Türken, noch die Anziehungskraft des Mondes werden das Europa von Robert Schuman und Konrad Adenauer, von Valéry Giscard d'Estaing und Helmut Schmidt, von Helmut Kohl und François Mitterrand aus Straßburg vertreiben. All jenen, die die europäische Demokratie aus Straßburg vertreiben wollen, wird Frankreich mit seinem Vetorecht im Europäischen Rat antworten. Es ist angenehm mit einem Sieg etwas anzufangen.

Aber die Welt hat sich verändert. Die Welt verändert sich. Nicht überall zum Besseren. Das macht es schwer, an Fortschritt zu glauben. Und doch ist es unser Grund zu sein und zu handeln. Ich persönlich glaube mehr an die Wissenschaft und an die Kultur als an die Politik als Rettung. Das zeigt uns zurzeit der Impfungsfeldzug gegen die Covid 19, wovon jemand gesagt hat, dass es "ein kleiner Schrirtt für den Menschen, aber ein grosser Schritt für die Immunität" ist. Ich denke, dass sich unser Verein von nun an mehr dem Wissen als der Politik zuwenden soll. Die Politik befindet sich derzeit in einer Definitions- und Sinnkrise. Wer kann schon sagen, was die Linke noch von der Rechten unterscheidet? Die wirtschaftlichen, klimatischen, migratorischen, Ernährung-, Gesundheit- und relationalen Probleme sind so groß, dass keine politische Kraft eine Patentlösung dafür haben kann. Diejenigen, die etwas anderes behaupten, sind Lügner.

Vernunft und Recht haben in Europa Frieden geschaffen. Jean Monnet und Robert Schuman, die Väter Europas, kamen nicht aus einer politischen Partei. Sie waren außergewöhnliche Männer. Dank ihnen wird keine Macht jemals wieder in der Lage sein, die Europäer zu zwingen, Armbrüste, Gewehre und Maschinengewehre gegeneinander einzusetzen. Die europäischen Nationen waren sich meist uneins. Sie sind zu Klammern geworden, die das europäische Patchwork zusammenhalten. Nicht nur zwischen Deutschland und Frankreich, sondern zwischen allen 27 Staaten zusammen. Selbst die kleinsten von ihnen, wie Luxemburg mit seiner Dreisprachigkeit und Österreich mit seiner immensen Vergangenheit und großen Kultur werden gleichberechtigt zusammengehalten. Ein Österreicher, Otto von Habsburg, war der erste, der im August 1989 in Sopron, Ungarn, den Eisernen Vorhang durchbrach. In den letzten Tagen, als auf den Straßen von Paris und Berlin antisemitische Parolen gebrüllt wurden, hissten das österreichische Bundeskanzleramt und das österreichische Außenministerium die israelische Flagge. Auch in Deutschland auf dem Haus der CDU-Partei von Angela Merkel und in verschiedenen Städten wirde die blau-weisse israelische Flagge gehisst

Österreicher haben Mumm. Manche Deutsche auch. Und andere, die zu Israel, zur Ukraine, zu Armenien stehen.. Ich denke an den Lebenswillen des kleinen Georgiens im Angesicht des riesengrossen Russlands. Unser Generalsekretär ist Georgier, und darüber bin ich froh.

Noch zwei Bemerkungen zum Abschluss:

Erstens: Wir müssen wir selbst sein. Wir können kleinen Völkern nur helfen und in der Welt handeln, wenn wir unsere europäische Identität stärken. Wir sollten nie vergessen, dass wir einen nationalen Pass haben, aber dass alle unsere Pässe die rotbraune Farbe Europas haben. Wir sollen diese Dualität lieben.

Zweitens müssen wir die Zeitmessung beherrschen: Vergangenheit, Gegenwart, Zukunft. In Berlin im Jahr 2019 hatte mich unsere deutsche Freundin Sophie, Mitglied heute unseres Vorstands, auf eine kleine Inschrift in französischer Sprache auf einem Überbleibsel der Berliner Mauer aufmerksam gemacht. Ich las: "Se souvenir pour évoluer" (Sich erinnern, um sich zu entwickeln). Das haben wir zu unserem Motto gemacht.

Vorsicht: Wir dürfen nicht Sklaven des Erinnerns sein. Wir müssen die Lehren aus der Geschichte ziehen, aber die Erinnerung darf weder die Gegenwart noch die Zukunft vor uns verbergen. (Jean-Paul Picaper, 23.05.2021

"ES IST EUROPA. PANEUROPÄISCHE KONFERENZ VON STRASSBURG - C l'EUROPE- IT IS EUROPE

So lautet der von einer Generalversammlung ihrer Mitglieder angenommene Name unserer Konferenz. In der Eurometropole angesiedelt, im Vereinsregister des Straßburger Regionalgerichts, Band 98, folio n° 136 eingetragen ist "C L'EUROPE" eine durch das Elsässisch-Moselländische Recht (Gesetz von 1908) geschützte Rechtspersönlichkeit. Dem Modell der friedlichen und freien paneuropäischen Union von Richard Coudenhove-Kalergi und Otto von Habsburg treu respektiert sie die von Robert Schuman und Jean Monnet, Valéry Giscard d'Estaing und Helmut Schmidt, Helmut Kohl und François Mitterrand geschmiedete Architektur der Europäischen Union, die aktuell von Emmanuel Macron und Angela Merkel konsolidiert wird.
Es bleibt noch viel zu tun, aber die EU ist ein Konzept, das in der Welt und in der Geschichte einzigartig ist. Ihre Exekutive mit Sitz in Brüssel, der aus gewählten Vertretern ihrer Mitgliedsstaaten und ihrem ständigen Präsidenten bestehende Europäische Rat, wird durch die administrative und prospektive Arbeit der Europäischen Kommission unterstützt. Die EU wird in Straßburg durch das seit 1979 direkt gewählte Europäische Parlament legitimiert. Im Laufe der Jahrzehnte hat sich das souveräne Europa im europäischen Viereck eingerichtet: Brüssel (Exekutivgewalt), Luxemburg (Judikative), Straßburg (Legislative), Frankfurt (Währung und Finanzen).
Das Paris-Bonn-Tandem, jetzt Paris-Berlin, ist der Grundpfeiler Europas. Die Brüsseler Kommission und die Europäische Zentralbank in Frankfurt werden von einer Deutschen und einer Französin geleitet. Der Europäische Rat ist minimalist: Derzeit ist ein Belgier an dessen Spitze. Deutschland-Frankreich ist aber nicht das ganze Europa, nicht das Paneuropa. Die Achse Europas, sein Rückgrat, ist der Rhein. Die Rheinfurche, einst eine Grenze zwischen "Erbfeinden", ist zum blauen Band des Friedens geworden, den die Gallier "rhen", "der Fluss", nannten, wo sich deutsche Gewässer mit französischen mischen.
Im Unterschied zu anderen Gruppierungen der Paneuropa-Bewegung ist "Es ist Europa" kein nationaler Verein. Er strahlt aus über die Grenzen hinweg, die überschritten werden können (außer im Falle der momentanen Anwendung vom Artikel 23 des Schengener Abkommens). Weit über die Grenzen von Deutschland und Frankreich hinau wollen wir ein Kanal für Ideen der Paneuropa sein,. Willkommen sind alle Bürgerinnen und Bürger aller EU-Mitgliedsstaaten, aber auch Europas im Ganzen. Kein Europäer ist in unseren Augen ein Ausländer.
Autonom und souverän ist unsere Paneuropa-Konferenz keinem Verband, keiner politischen Partei, keiner Gewerkschaft und keiner religiösen, ideologischen oder ethnischen Gemeinschaft unterstellt und ist selbst keine von ihnen.
Sie ist weder eine Massenorganisation noch ein elitärer Club, sondern eine Vorhut. Sie ist ein Forum, in dem Freunde Europas diskutieren. Ihr Motto lautet "Sich erinnern, um sich weiter zu entwickeln" (Remembering to evolve).
 (Der Vorstand, Straßburg, 23. Dezember 2020)
IN NECESSARIIS UNITAS - IN DUBIIS LIBERTAS - IN OMNIBUS CARITAS
Der Autor des folgenden Artikels, den viele Leser unserer Webseite geschätzt haben, Leiter der letzten großen privaten Luftfahrtgesellschaft der Welt, der französische Pilot, Ingenieur, Politiker und Künstler, Olivier Dassault, ist am 7. März 2021 bei einem Hubschrauberunfall ums Leben gekommen. Wir haben beschlossen, seine sehr ermutigende Neujahrsbotschaft, die er Anfang des Jahres veröffentlicht hatte, bis zum 31. Dezember 2021 online zu halten. (siehe den Nachruf in unserer "Geschehen"-Seite unten)

Durch Frankreich muss ein Ruck gehen und darauf folgt der Neuaufbau
Botschaft von Olivier Dassault (†) für das Jahr 2021 zur Lage in Frankreich

Lebewohl 2020, niemand wird dich vermissen: Und vor allem, komm nie wieder zurück.

Während wir eines der schlimmsten Jahre unserer Zeitrechnung hinter uns lassen, denken wir über das Ausmaß dessen nach, was noch wieder aufgebaut werden muss.
Eine zerrüttete Wirtschaft, eine abgrundtiefe Verschuldung, ganze Wirtschaftszweige am Boden zerstört, unsere Lebensweise auf den Nullpunkt reduziert, die Moral unserer Zeitgenossen auf einem historischen Tiefpunkt. So viele Worte, die zu den Schrecken der gegenwärtigen Epoche beitragen, wie der islamistische Terrorismus, der Kommunitarismus, die Gewalt der extremen Linken und die tausend anderen kleinen Brüche, die zu dem vom Meinungsforschungsdirektor beim IFOP-Institut Jérôme Fourquet so treffend bildlich beschriebenen, zerstückelten „französischen Inselgruppe“ geführt haben.

Es ist an der Zeit, "unseren Mut aus unserer eigenen Verzweiflung zu schöpfen" (Seneca).

Denn eines Tages wird die Hoffnung wiedergeboren werden. Eines Tages wird die freiwillige Impfung der Mehrheit der Franzosen es uns ermöglichen, unsere kollektive Immunität aufzubauen und voranzukommen. Vorausgesetzt natürlich, dass Bürokratie, bürokratische Ungereimtheiten und politische Kleinmütigkeit nicht alles ausbremsen und verhindern!

Eines Tages wird sich die französische Wirtschaft wieder entfalten. Dann wird die Hoffnung noch einmal neu geboren, wie schon mal nach dem ersten Lockdown. Bereits im Dezember hat das französische Statistik-Institut Insee gemessen, dass die Moral der Unternehmer wieder stark anstieg. Für 2021 besteht die Herausforderung nun darin, zu wissen, welche Form dieses Revival annehmen wird: ein U, ein V, ein W, ein L oder ein K. Jeder von ihnen wird ein mehr oder weniger wünschenswertes Wiederherstellungsszenario haben. Leider müssen wir jedoch berücksichtigen, dass es Geschäfte geben wird, die nicht wiedereröffnen werden, Unternehmen, die endgültig schließen werden, und Arbeitsplätze, die vernichtet werden. Wie die Besatzung eines Schiffes, die sich darauf vorbereitet, von einer Schurkenwelle angegriffen zu werden, müssen wir bereit sein, uns an die Hoffnung zu klammern, wie wir uns an die Reling klammern und darauf warten würde, dass sie zuschlägt, im Wissen um den Schaden, der auf uns zukommt.

Trotz Schock, Schaum und Seegang wird die Sonne durch die Sturmwolken stechen. Die agileren unter uns werden sich schneller erholen. Die stärksten und widerstandsfähigsten auch. Diejenigen, die sich rechtzeitig haben impfen lassen, diejenigen, die sich entschieden haben, die Veränderungen in der Welt durch die Digitalisierung ihrer Prozesse und Aktivitäten vorwegzunehmen, und diejenigen, die von Anfang an die nötige Reaktionsfähigkeit hatten, um auch den Schock abzufangen. Der Beweis dafür sind die unabhängigen Buchhandlungen, die sich zusammengeschlossen haben, um ihre Bücher online anzubieten, die Restaurants, von den hochwertigsten bis zu den bescheidensten, die ihre Gerichte nach dem System „Click and Collect“, klicken und abholen, weiter verkauft haben.

Fast ein Jahr lang war der Einsatz unserer Mitbürger bewundernswert, vor allem jener, die sich schon im März an der Front befanden - oft die vom Politik-Philosophen Denis Maillard geschätzten "Backoffice"- Arbeiter, die Kassiererinnen, die Auslieferungsfahrer, die LKW-Fahrer, die Staplerfahrer.... Die Pfleger, diese Krieger, verdienen als Standbilder verewigt zu werden und die Huldigung der dankbaren Nation. Vor allem aber verdienen sie angemessene Mittel, um ihre Aufgabe zu erfüllen.
Nach dem Ruck kommt der Wiederaufbau. Der Wiederaufbau unserer Wirtschaft und hoffentlich auch unserer Gesellschaft.

2020 hat uns die Notwendigkeit von strategischem Denken, von Widerstandsfähigkeit und Anpassungsfähigkeit gelehrt. Dies sind die drei Achsen, auf denen wir von nun an aufbauen müssen.

Strategisch zu denken bedeutet, die Produktion lebenswichtiger Geräte in Frankreich zu garantieren und sich nicht auf Drittländer am anderen Ende der Welt zu verlassen. Für die Europäische Union bedeutet das auch, über ihre technologische Unabhängigkeit gegenüber den amerikanischen und chinesischen Digitalgiganten nachzudenken. Das Ende der europäischen Naivität, die der französische Kommissar Thierry Breton in der Europäischen Kommission fördert, ist eine Auftrag im Sinne des öffentlichen Wohls, und wir müssen uns freuen, dass die Bewegung in diese Richtung 2021 an Fahrt gewinnt. Coralie Delaume, eine begabte junge Essayistin und Analytikerin der europäischen Frage, die uns leider im letzten Jahr verlassen hat, hätte diese Umorientierung begrüßt.

Strategisch zu denken bedeutet, die Energieunabhängigkeit Frankreichs durch die Sicherung der Kernenergie als Quelle der Energieversorgung zu gewährleisten und damit dem Wahnsinn ein Ende zu setzen, auf die einzige CO2-freie Energie verzichten zu wollen.

Strategisch zu denken bedeutet schließlich nicht zu behaupten, dass Frankreich alles allein machen muss, sondern sich auf die wesentlichen Sektoren zu einigen, die mit dem Leben der Nation verbunden sind, wie Ernährung, Energie und Verteidigung. Ja, unsere Unabhängigkeit ist nicht verhandelbar. Sie wird nicht durch politischen Opportunismus oder die Emotion des Augenblicks verwässert. Es ist die Kammlinie, auf der wir immer fest stehen müssen. Das ist auch eine der Lektionen des vergangenen Jahres.

Der Wiederaufbau unserer so gespaltenen Gesellschaft bedeutet, die Rückeroberung der "verlorenen Gebiete der Republik" in den Griff zu bekommen, um sie wieder in den nationalen Schoß zu holen und ihnen die gleichen Chancen wie den anderen zu geben. Dazu gehört ein erneutes, starkes Auftreten der öffentlichen Dienste, insbesondere der Polizei und der Gendarmerie, die das erste Bollwerk gegen den Zerfall der Gesellschaft sind, dicht gefolgt von der republikanischen Schule, ohne die der Kitt des Bürgersinns nicht greifen kann. Wesentliche Aufgabe: Der politische Islam ist da, der mit seiner Lesart der binären Welt - sie gegen uns -, für die unkritischen und ungebildeten Köpfe leicht zugänglich ist, und sie dazu auffordert, sich in die Risse unserer Gesellschaften einzuschleichen, um daraus unheilbare Brüche zu machen. Der Umbau unserer Gesellschaft bedeutet, die illegale Einwanderung härter zu bekämpfen und endlich auf selektive Einwanderung statt auf den Familiennachzug zu setzen, der seit 2020 sinnlos geworden ist. Die exklusive Ifop-Umfrage, die auf diesen Seiten im Rahmen der Figaro Enquêtes veröffentlicht wurde, ist aufschlussreich: Die Franzosen wollen keine Neuankömmlinge mehr aufnehmen. Nur die nützlichen Idioten der äußersten Linken, die der rechtsextremen Nationalen Sammlungsbewegung (Rassemblement National) in ihrem Kampf um die Präsidentschaft der Republik als Steigbügelhalter dienen, verteidigen die totale Öffnung der Grenzen. Sie stellen damit die Realität der "Identitätsfalle" zur Schau, die der Politologe der linken Mitte Laurent Bouvet ermittelte.

Unsere Gesellschaft wieder aufzubauen bedeutet auch, gegen die Risse zu kämpfen, die unseren Boden aushöhlen. Ultra-Minderheiten-Gemeinschaften, die vor allem über soziale Netzwerke sehr aktiv sind, stellen sich als Zensoren, Erpresser hin oder gehen sogar bis zu physischen Drohungen, um andere Menschen auszuschalten. Diese Abschaffungskultur, die „cancel culture“, die ihren Ursprung in den Vereinigten Staaten hat und erst kürzlich wieder von einem ihrer Opfer, dem amerikanischen Biologen und Entwicklungstheoretiker Bret Weinstein, angeprangert wurde, muss überall bekämpft werden, denn sie trägt den Keim künftiger Diktaturen in sich. Wir dürfen uns nicht von Online- oder Medieneinschüchterungen beeindrucken lassen, sondern müssen den Begriff der Distanzierung wieder einführen, wir müssen Abstand nehmen und aufhören, auf alles unmittelbar und ständig zu reagieren. Die Tribunale der sozialen Netzwerke von heute sind nie leer. Es ist an der Zeit, ihnen ein Ende zu setzen und aufzuhören, auf ihrem Revier mitzuspielen.

Der Wiederaufbau unserer Gesellschaft bedeutet schließlich und vor allem, unserer Jugend Hoffnung zu geben. Unsere Kinder, vermummt, unter Hausarrest, gezwungen, tagtäglich die Verwaltungsvorschriften und Gesundheitsvorschriften zu ertragen, die zum Schutz der Älteren erlassen wurden – dabei verstehen sie das -, zahlen einen sehr hohen Preis für die Krise. Heute in ihrem Studium, ihrem sozialen Beziehungsnetz, ihren Reisen, ihren Freundschaften, ihren Liebschaften eingeschränkt, werden sie sich morgen in einer unruhigen Wirtschaft wiederfinden, mit einer Arbeitswelt konfrontiert werden, die härter als je zuvor sein wird, reich vor allem an den Schulden und Tragödien, die wir ihnen hinterlassen. Den Ruck nach vorne müssen wir auch für sie bewerkstelligen.

Es gibt Jahre, in denen der Leitartikel zum 1. Januar schwieriger zu schreiben ist als in anderen. Wenn 2020 ein Jahr des Lockdowns war, sind die Samen unserer zukünftigen Wiederauferstehung dennoch gesät und werden im fruchtbaren Boden unserer Hoffnungen reifen. Wir sind es uns selbst schuldig, die Gärtner unserer Hoffnungen zu sein und sie keimen und wachsen zu lassen, um deren Früchte zu ernten. Das sind wir all denen schuldig, die uns im vergangenen Jahr verlassen haben, aber auch denen, die bleiben. Ab morgen werden wir wieder aufbauen müssen, denn "wahrer Mut lässt sich nicht unterkriegen". (...) Ich wünsche Ihnen allen, liebe Leser und Leserinnen, ein Jahr 2021 voller Mut, Hoffnung und Leben!
Olivier Dassault
Ehemaliger Geschäftsführer der Figaro-Zeitungsguppe (in "Le Figaro", Dienstag, 5. Januar 2021)

Das neue Deutschland - Muezzinrufe in Köln

Die Kölner Oberbürgermeisterin Henriette Rekers hat beginnend mit dem 15.10.21 ein Pilotprojekt gestartet, was allen Moscheen der Stadt (das sind in Summe etwa 35) gestattet, einmal pro Woche, am Freitag, den Muezzin zum Gebet rufen zu lassen. Allerdings unter Einhaltung bestimmter Lautstärkegrenzwerte und nur zwischen 12 u. 15 Uhr.
Es verwundert ein wenig, dass dieses Pilotprojekt wohl nicht deswegen zu Stande gekommen ist, weil die muslimischen Gemeinden darauf gedrängt hätten, sondern die Stadt Köln und ihre Oberbürgermeisterin haben von sich aus ein Zeichen der Toleranz setzen wollen und sogar die muslimischen Gemeinden mit dieser Möglichkeit überrascht. Es ist zwar nicht erheblich, von wem das Bestreben ausging, aber man erkennt auch hier den in den letzten Jahren zunehmenden Drang der deutschen Eliten proaktiv anderen Kulturen –und insbesondere dem Islam- Raum zu schaffen. Selbst dann, wenn ganz folgerichtig die eigene Kultur, die freiheitliche europäische Lebensweise und die innere Sicherheit damit zurückgedrängt werden.
Das Projekt der Stadt Köln wird in den Medien zumeist begrüßt und unkritisch bewertet. Auch die deutsche Bevölkerung scheint gemäß nicht repräsentativer Umfragen positiv und aufgeschlossen zu reagieren. Man vernimmt u.a. Vergleiche mit dem Glockengeläut der christlichen Kirchen und die Meinung, dass wenn der Dom läuten darf, dann muss es gemäß Glaubensfreiheit auch den hörbaren Muezzin geben dürfen. Hier möchte ich allerdings entgegen halten, dass ein Glockenläuten kein wortwörtliches Glaubensbekenntnis oder Glaubensaufruf darstellt. Außerdem gehört das Glockengeläut seit Jahrhunderten zur Tradition dieses Landes, es war Zeitsignal, Rufsignal für den Gottesdienst oder die Kirchenglocken wurden zur Warnung der Bevölkerung in Notsituationen genutzt. Muezzinrufe haben in Köln natürlich überhaupt keine Tradition und außerdem eine ganz andere, weitergehende Bedeutung und Funktion. Über Lautsprecher verstärkt sind sie nicht nur ein weithin hörbares Signal an die Muslime, sondern auch ein Signal an andere Konfessionen und nicht gläubige Menschen. Und einige Muslime werden diese neuen Klänge in Deutschland auch als eine Art der Machtartikulation und -demonstration verstehen. “Hier ist der öffentliche Raum durch uns besetzt! Zieht Euch zurück! Es gibt nur einen Gott und der heißt Allah!“.
Im Islam bedeutet der Glaube eben auch Machtausübung, da es keine Trennung zwischen Religion und Staat gibt/geben kann. Die Scharia steht über den Gesetzen des weltlichen Staates. Das Grundgesetz der Bundesrepublik Deutschland ist für streng gläubige Muslime nachrangig, im Extremfalle sogar ohne Bedeutung. Das ist eine Wahrheit wovor die meisten Deutschen in Toleranzbesoffenheit seit Jahrzehnten die Augen verschließen.
Auch wenn das Projekt in Köln zunächst auf zwei Jahre begrenzt ist, ichvermute allerdings, Muezzinrufe wird es nun für immer in Köln geben. Denn wer kann sich vorstellen, dass die Politik den Weg zurück wollen oder wenn, dann noch wagen würde? Nimmt man der bereits sehr mächtigen Minderheit der Muslime eine ehemalige Zubilligung wieder weg, macht man sich im modernen linksideologisierten Deutschland automatisch der Diskriminierung und Islamophobie verdächtig. Das sind heutige Kampfbegriffe, deren reine Unterstellung genügen kann, um Beschuldigte zur Unperson zu machen und Karrieren und Existenzen zu zerstören.
Ich bin sehr gespannt, wie die Deutschen (die immerhin noch einen Bevölkerungsanteil von rund 60% in Köln ausmachen) das neue akustische Erlebnis auf Dauer annehmen. Diese über viele Jahrhunderte fest in katholischer Hand befindliche Stadt verändert sich in dramatischer Geschwindigkeit. Es wird sehr schwer fallen dieses tolle, in Deutschland einzigartige Lokalcolorit und diesen ganz besonderen Menschenschlag und Dialekt langfristig zu bewahren. Wer weiß, ob wir in ein paar Jahrzehnten bereits ganz andere Sorgen haben, als über das Verschwinden der Kölschen Kultur zu klagen. Vielleicht wird in dieser Stadt dann sogar kaum noch deutsch gesprochen. Das ist durchaus denkbar. Der satirische Begriff vom Kalifat NRW (Bundesland Nordrhein-Westfalen) macht schon seit längerem die Runde.
Wir Deutschen sollten daher nicht darüber nachdenken, wie wir noch gutmenschlicher und toleranter werden können und noch weltoffener, sondern dringend darüber, ob unsere fortwährende Hypertoleranz unserer Vorstellung von der zukünftigen deutschen Gesellschaft und Lebensweise widersprechen könnte. Denn das weitere Ausrollen des roten Teppichs für den Islam erzeugt neben allem Schönen, was das Nebeneinander von unterschiedlichen Kulturen erzeugen kann, auch deutlich negative und vor allem irreversible Effekte. Eine offene Diskussion zu den Folgen der fortwährenden Massenmigration und der zwanghaften Suche nach immer mehr Vielfalt und Buntheit wäre dringend notwendig. Das wird in Deutschland allerdings vermieden und seitens Politik und Medien sogar unmöglich gemacht. Die bereits bestehenden Probleme und Spannungen werden größer, ohne dass wir sie überhaupt wahrnehmen. Im Gegenteil! Ein Großteil der Bevölkerung ist überhaupt nicht informiert, welche unlösbaren Konfliktpotentiale bereits unter der Decke schwelen und in welchem enormen Ausmaß. Und da die Entwicklung, auch getrieben durch solcherlei Kölner Toleranz-Projekte, eher schneller als langsamer in gleicher Richtung weiter gehen wird, wäre eine wichtige Frage: Wie offen und tolerant kann unsere Gesellschaft in wenigen Jahrzehnten noch sein?
Wenn man sich mit dieser Frage befassen wollen würde, könnte man sich mit in der Türkei lebenden praktizierenden Christen unterhalten. Falls man sie noch findet und sie den Mut haben, sich zu äußern. Der Islam ist eine so glaubenstolerante Bewegung, dass das ehemals durch das Christentum geprägte Gebiet der Türkei innerhalb von 200 Jahren, bis ins 20. Jahrhundert hinein, gewaltsam glaubenstechnisch umgekrempelt wurde. Dieses auch heute noch stattfindende Verdrängen anderer Kulturen und Glaubensrichtungen ist eines der Charaktermerkmale des Islam. Das zeigen historische und aktuelle Entwicklungen und einige Suren im Koran geben den gotteswörtlichen Auftrag oder zumindest Rahmen und Legitimation dafür. Ein Umstand, den man bei keiner anderen Religion finden wird. Im Christentum z.B. ist keine Gräueltat gegen Andersgläubige (wenn auch in der Historie vielfach geschehen, das wissen wir) über die heiligen Schriften und Lehren zu rechtfertigen. Ganz anders im Islam. Muhammads Schriften sind alles andere als pazifistische Apelle zur friedlichen Verständigung seiner Anhängerschaft mit anderen Religionen. Dass man sich mit der Äußerung solcher Fakten in Gefahr bringen kann, ist sicherlich alles andere als ein Gegenbeweis.
Der (aktuell noch nicht reformierte) Islam ist leider keine einfache Religion wie alle anderen. Die Toleranz des Islams gegenüber Anders- oder Nichtgläubigen hat im Rückblick betrachtet spätestens ab dann deutliche Grenzen gehabt, wenn Mehrheits- und Machtverhältnisse sich eindeutig Richtung Islam verschoben hatten. Es gibt viele Länder und Siedlungsräume dieser Welt, die in ihrer Entwicklung als lebendige Beispiele hierfür herhalten können. Und in Europa kann es im Grunde nur ähnlich laufen. Ein Narr, wer anderes erwarten würde! Wer es nicht glaubt, schauen wir z.B. nach Frankreich: Hier erlebte man in jüngerer Vergangenheit bereits eine Reihe von gräulichen Terrorakten und Massakern, die vom brutalen Machtkampf zwischen den Kulturen und ihrer teilweisen Unvereinbarkeit in Sachen Weltanschauung und Menschenbild Zeugnis tragen. Darunter die Enthauptung des Lehrers Samuel Paty durch einen tschetschenischen Islamisten. Aber die demografischen Entwicklungen führen nicht nur zu Gewalt und Terror. Es vollziehen sich Machtverschiebungen und Konflikte auf allen Ebenen der Gesellschaft. So sahen sich französische Intellektuelle bereits in die Enge getrieben und gezwungen, offene Hilfebriefe an die Regierung zu schreiben. Briefe, in denen sie Paris aufforderten der Islamisierung und dem Machtanspruch des Islams in vielen Bereichen der französischen Gesellschaft, in den Behörden, Schulen, Universitäten etc. endlich Einhalt zu gebieten. Mit welchem Zeitversatz werden wohl wir Deutschen an demselben Punkt sein? Und was ist dann bereits bei unserem großen westlichen Nachbarn an weiterer Verdrängung der christlich-abendländischen Kultur geschehen.
Dieses Pilotprojekt in Köln, was die allermeisten als fortschrittlichen Toleranzbeweis feiern, ist für mich (und vielleicht auch für viele andere, die im öffentlichen Raum selten gehört werden) ein weiterer kleiner Schritt hin zur Selbstzerstörung Westeuropas. Ein weiterer Schritt des Nachgebens, des Verzichts auf echte Leitkultur, des Verzichts auf Einforderung der Integrationsleistung der Muslime und in gewisser Weise eine Geste unserer Unterwerfung. Wenn endlich bei mehr Menschen in Deutschland u. Westeuropa ein Heraustreten aus der Situation, ein Perspektivwechsel, ein reflektiertes Nachdenken und eine Antizipation der Auswirkungen von solchen und ähnlichen Weichenstellungen für die unmittelbare Zukunft einsetzen würde, dann wäre schon etwas gewonnen. Dann könnten wir unsere weltweit einzigartige freie, aufgeklärt-tolerante Lebensweise und die kulturellen Besonderheiten im friedlichen Zusammenleben der befreundeten europäischen Völker unter dem Dach der EU bewahren.
Oder wir machen weiter schlafwandlerische soziale Experimente und verspielen verantwortungslos unser kulturelles Erbe. (Thomas Schaller, Berlin, 21.10.2021)

Strasbourg


1. Emmanuel Macron a défendu Strasbourg

2. Mosquée de Strasbourg: un message d'apaisement de la Maire Jeanne Barseghian

3.David Sassoli : Strasbourg reste le siège du Parlement européen

4. Lettre ouverte de Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg

5. Mettre le Parlement Européen au Vert à Strasbourg 

6.Une résolution pour Strasbourg de l’association « C’ l’Europe » 

7.  Le retour de l’Alsace 

8. 30 ans de jumelage Strasbourg-Dresde


Emmanuel Macron a défendu Strasbourg

Le 9 Mai 2021, journée de la Fête de l'Europe, le président Emmanuel Macron est venu dans l'Eurométropole alsacienne défendre la place du Parlement européen à Strasbourg. "Au moment où nos valeurs sont attaquées, menacées au sein même de l'Europe, a-t-il dit, rappeler que Strasbourg est la capitale des droits démocratiques européens et de nos valeurs est essentiel. Et la place du Parlement européen est dans ce cœur vibrant des valeurs européennes. Si Bruxelles est la capitale des bureaux de l'Europe, Strasbourg est la capitale de son âme et de son cœur: là où on la pense, là où on défend ses valeurs". Le président  a insisté sur la Souveraineté et la Démocratie européennes qui se déploient à Strasbourg et a mis la jeunesse qui a beaucoup souffert de la pandémie, au premier rang dans la promotion de l'Europe. Citant un poète un peu oublié, Patrice de la Tour du Pin, il a dit que "les peuples qui n'ont pas de légende meurent dans le froid". Mais ce ne sont pas les chaines françaises de télévision qui tisseront la nouvelle saga européenne. Dans leurs journaux du soir au petit écran, ni la chaîne publique TF 1 ni la chaîne privée France 2 n'ont eu un mot pour l'initiative et les propos du président.  (Rédaction, le 10 mai 2021)

Mosquée de Strasbourg: un message d'apaisement de la Maire Jeanne Barseghian

Nous avons suivi la polémique engagée entre le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian, à propos du financement de la grande mosquée promue par l'association religieuse turque Milli Görus (voir ci-après sous "Sécurité" : Gérald Darmanin). A la demande du ministre, la préfète de Strasbourg avait engagé un recours contre cette opération en faveur du culte musulman d'obédience politique turque. Le 16 avril, Mme Barseghian a mis fin aux empoignades en publiant une lettre adressée aux Strasbourgeois. Il en ressort qu'elle n'avait reçu ce projet en héritage de son prédécesseur socialiste Roland Ries, qu'elle ne peut donc en être tenue responsable et que sa demande d'apaisement est recevable. Dans sa lettre ouverte elle informe les Strasbourgeois que « les porteurs du projet - c'est à dire Milli Göruz, comprenons-nous - ont retiré leur demande de subvention ». Les "Dernières Nouvelles d'Alsace" (DNA) ont publié cette lettre de Mme la Maire et nous la reproduisons ci-après en intégralité
.

« Chères Strasbourgeoises, Chers Strasbourgeois,
Je m’adresse aujourd’hui à vous dans un contexte sanitaire, économique et social qui impose constance et responsabilité.
C’est dans un esprit d’apaisement et de concorde que je souhaite ainsi vous apporter toutes les informations sur le projet de subvention à la mosquée Eyyûb Sultan qui a fait tant de bruit ces dernières semaines. Je mesure l’incompréhension et l’émoi que cette polémique a causés chez nombre d’entre vous et j’entends répondre ici à votre besoin légitime d’explications.
La Ville de Strasbourg, en vertu du Concordat et du droit local, finance la construction de lieux de culte catholiques, protestants et israélites. Ces dispositions ont été progressivement étendues à d’autres cultes, du fait du volontarisme des élu·es de Strasbourg. Plus de 22 millions d’euros de subventions ont ainsi été octroyés depuis 2008 par la Ville, dont environ 8,6 millions pour les cultes protestants, 7,7 millions pour le culte catholique, 3,7 millions pour le culte musulman et 1 million pour le culte israélite.
A lire aussi Retrait de la subvention à la nouvelle mosquée de Strasbourg : Barseghian appelle à l'apaisement
Nouvelle mosquée de Strasbourg: Millî Görüs retire sa demande de subvention.

Histoire d’une controverse : « Je n’ai jamais été alertée par l’Etat quant au risque d’atteinte aux principes républicains »

C’est pour répondre au principe essentiel d’équité que la demande de subvention reçue fin 2020 pour la construction de la mosquée Eyyûb Sultan a été présentée au Conseil municipal du 22 mars, dans les mêmes formes que l’ensemble des délibérations relatives au financement des cultes à Strasbourg depuis de longues années. Les municipalités précédentes avaient fortement soutenu ce projet, au point de modifier les règles d’urbanisme pour en permettre la réalisation. La première pierre de l’édifice a été posée en 2017, en présence du Préfet de région Jean-Luc Marx, de mon prédécesseur Roland Ries et de nombreux autres élu·es. C’est donc dans la continuité des actes et des usages du Conseil municipal de Strasbourg que nous avons examiné cette demande de subvention.
Je veux être parfaitement claire : je n’ai jamais été alertée par l’Etat quant au risque d’atteinte aux principes républicains et à la sécurité nationale par l’association porteuse du projet. Aucun élément concret ne m’a d’ailleurs été transmis à ce jour. Si cela avait été le cas, aucun projet de subvention n’aurait été présenté en Conseil municipal. Dans ce contexte, le fait que l’État entretienne lui-même des relations avec la même association à Strasbourg, via différentes subventions et partenariats, ne manque pas d’interroger.

« La Ville ne versera donc pas en l’état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée ».

Qu’en est-il aujourd’hui de ce projet de subvention ? L’instruction du dossier s’est poursuivie en ce mois d’avril, conformément aux engagements pris lors du conseil municipal du 22 mars. J’avais conditionné le versement d’une subvention à la confirmation par l’association de son inscription dans les principes républicains et à la présentation d’un plan de financement transparent et consolidé. Sur le premier point, il appartient à chacun – et en premier à l’État – d’apprécier les clarifications apportées récemment par l’association. Sur le second point, les porteurs du projet ont constaté le besoin de consolider leur plan de financement et ont donc retiré le 15 avril leur demande de subvention. Je prends acte de ce retrait et la Ville ne versera donc pas en l’état de subvention pour la poursuite de la construction de la mosquée.
Au-delà des aspects spécifiques à ce dossier, je suis attentive aux nombreuses questions qui entourent les relations spécifiques aux cultes sur notre territoire. C’est la raison pour laquelle j’engagerai, dans les prochaines semaines, un travail constructif avec les représentants des groupes politiques au Conseil municipal, les représentants des cultes et d’autres acteurs locaux, pour rendre plus transparentes et équitables les procédures d’attribution de financement et de soutien aux cultes. Je sais pouvoir compter sur vous, habitantes et habitants de Strasbourg, pour participer à ce débat et l’enrichir de vos contributions.
Soyez assuré-es de mon engagement républicain sans équivoque, à votre service et malgré les menaces dont je fais l’objet. J’œuvre dans le strict respect de l’État de droit et des responsabilités qui m’incombent en tant que maire, pour faire face aux multiples crises : sanitaire, économique, sociale et écologique.

« Je combats les discriminations faites aux musulmans comme je combats l’antisémitisme sous tous ses aspects »

Au cours des dernières semaines, des Strasbourgeois·es ont été stigmatisé·es en raison de leur confession ou de leurs origines. Je ne peux l’accepter. Je suis pleinement engagée dans le combat contre toute forme d’injustice et de haine, dans le strict respect de la liberté de conscience et d’expression. Je combats les discriminations faites aux musulmans comme je combats l’antisémitisme sous tous ses aspects. Je regrette profondément que notre ville et ses habitant·es aient subi les conséquences de ces polémiques qui ont attisé peurs, haines et rejets.
Il est maintenant de notre responsabilité collective – j’y prends toute ma part – de rappeler pourquoi nous sommes si fier·es de Strasbourg : une ville qui symbolise la réconciliation entre les peuples et concrétise l’idéal d’une Europe de paix et de solidarité ; une capitale européenne de la démocratie et des droits humains ; une terre d’accueil humaniste, riche des cultures qui l’animent et la nourrissent ; le berceau d’un dialogue interreligieux de qualité au sein d’une République sociale et laïque ; une ville résiliente par son histoire comme pour son avenir, emplie des espoirs des jeunes générations.
Ces repères nous unissent indéfectiblement. Vous pouvez compter sur mon engagement pour les porter sans relâche, avec détermination et humilité, au service de l’intérêt général, auprès de chacune et de chacun d’entre vous. »

(Notre commentaire : Deux phrases nous frappent dans ce message de Madame la Maire : "Ces dispositions ont été progressivement étendues à d’autres cultes, du fait du volontarisme des élu·es de Strasbourg". "Autres cultes" signifiant ici évidemment le culte musulman, ce qui peut vouloir dire que les prédécesseurs de l'équipe municipale actuelle, dont des musulman(e)s élu(e)s au Conseil municipal, ont étendu de leur propre chef les subventions à ce culte, Effectivement, les années précédentes ont vu proliférer à Strasbourg les associations musulmanes surtout d'obédience turque. Sont-elles toutes licites ? 
L'autre phrase alarmante concerne le "fait que l’État entretienne lui-même des relations avec la même association (sous-entendu Milli Görus) à Strasbourg, via différentes subventions et partenariats". Ce qui "ne manque pas d’interroger"... suggère Mme la Maire. En effet. il y a de quoi s'interroger. Que Mme Barseghian ait été dans ce contexte la cible de "menaces" est en tout cas un signe très inquiétant. Mais le fond du problème n'est-ils pas ailleurs ? L’extension ostensible de la puissance turque - pas seulement à Strasbourg mais en Méditerranée orientale, en Syrie et en Azerbaidjan et Libye - met les nerfs des Européens à vif. Il serait donc plus que temps que M. Erdogan rentre dans sa modeste coquille comme viennent de le faire à Strasbourg ses amis de Milli Görus).

Strasbourg reste le siège du Parlement européen

En mars 2021, le président du Parlement Européen, David Sassoli, a fait au quotidien "Le Figaro" une déclaration solennelle d'une importance capitale. Répondant à une question sur la conférence sur l'avenir de l'Europe, il a précisé : "Le siège du Parlement Européen est à Strasbourg. C'est inscrit dans les traités et l'histoire de l'UE le confirme. Nous n'avons pas été en mesure de nous y rendre en raison de la pandémie, mais j'ai bien l'intention d'y retourner dès que possible. Le siège de Strasbourg n'est pas du tout remis en question. Toute initiative voulant faire croire que l'on pourrait ne pas y revenir n'a pas le moindre fondement ni le moindre sens".

Madame Jeanne Barseghian, Maire de Strasbourg, s'est jointe à l'engagement du président Sassoli dans une lettre ouverte  adressée à celui-ci et aux député(e)s européen(ne)s :

Mesdames les Députées européennes,
Messieurs les Députés européens,

Vous connaissez le sincère et profond attachement de la Ville de Strasbourg et des Strasbourgeois-es au Parlement européen.
Depuis le début de l’année 2020, nous faisons toutes et tous face à une pandémie sans précédent, et des mesures sanitaires exceptionnelles ont dû être prises dans toute l’Europe. Ces mesures ont conduit à l’annulation des sessions plénières à Strasbourg, qui ont été remplacées par des sessions en visioconférence ou depuis Bruxelles. Depuis un an désormais, vous n’avez pu débattre, voter, exercer votre mandat dans l’hémicycle du Parlement européen de Strasbourg.
Au nom des citoyen.nes européen.nes, vous siégez à Strasbourg, cœur de la démocratie européenne conformément aux traités. Pour que la voix des peuples européens continue d’être entendue, notre horizon commun est de renouer avec le fonctionnement normal de la démocratie européenne. C’est la raison pour laquelle j’appelle de mes vœux une reprise au plus vite des sessions plénières.
Soyez assurés de la mobilisation totale de la Ville pour garantir des conditions de sécurité sanitaire optimales et de ma détermination à faire vivre la démocratie européenne au siège du Parlement européen. Je serai ainsi heureuse de vous retrouver à Strasbourg, dans le cadre des sessions plénières ainsi qu’au cours d’échanges et d’événements que j’espère nombreux dans les prochains mois. À ce titre, je me réjouis que l’ouverture de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe ait lieu sur notre territoire le 9 mai prochain, première étape d’un processus démocratique dans lequel Strasbourg sera pleinement engagée.
Je vous prie d’agréer, Mesdames les Députées européennes, Messieurs les Députés européens, l’expression de ma considération distinguée.
Jeanne BARSEGHIAN
Maire de Strasbourg
Comptant sur votre présence,
Sincères salutations.

Mettre le Parlement Européen au Vert à Strasbourg

Le Parlement Européen était enfin revenu à Strasbourg le 14 décembre 2020 en soi-disant séance plénière de normalement trois jours. Deux vans de la police étaient postées à son entrée, avec, dans chacune, deux policiers, tandis que deux CRS armés déambulaient autour de l’édifice. Mais pour garder qui ? Il n’y avait pas foule sous les drapeaux du parvis. Il n’y avait même personne. Au lieu des 705 députés européens attendus,  moins d’une dizaine seulement siégeaient dans l’hémicycle. Les autres étaient branchés sur vidéo. Certes, le président du Parlement, David Sassoli, fit une apparition pour promettre que le Parlement reviendrait à Strasbourg au grand complet le 2 février prochain, après un an d’absence.

Mais une fois l’ordre du jour voté, il prit la tangente vers Bruxelles, non sans avoir proclamé sa fidélité indéfectible à Strasbourg, siège du Parlement européen.  Ce qui n’a pas empêché les députés de décider que le Prix Sakharov 2020 pour la liberté de l’esprit serait remis le mercredi 15 décembre à l’opposition démocratique biélorusse lors d’une cérémonie à Bruxelles. Certes, M. Sassoli nous a rassurés  par ses propos, mais on voit bien que les députés, leurs assistants et les administratifs parlementaires traînent les pieds pour venir en Alsace, un voyage qui coûte plus de 100 millions par an et les oblige à quitter trois jours par mois les délices de Bruxelles.

Emmanuel Macron et Clément Beaune ont enfin sonné le tocsin pour dénoncer l’abandon progressif de l’Eurométropole alsacienne. C’est nouveau après la passivité et l’insouciance qu’ont témoignée sur la question les présidents et ministres qui les ont précédés, contaminés par la maladie jacobine qui infecte la France de Paris  et fait de toutes les métropoles régionales quantité négligeable. A cela; s’est ajoutée en 2020 la Covid-19. Deux graves maladies, l’une chronique, l’autre momentanée, du moins espérons-le. Les élus français et leurs alliés luxembourgeois et allemands favorables à Strasbourg comme siège de la démocratie européenne de préférence aux silos  bureaucratiques bruxellois, ont encore un atout, à savoir l’unanimité requise pour changer le traité qui fait de Strasbourg le siège unique du Parlement européen. Traité dont la validité a été confirmée par la Cour européenne de Luxembourg il y a quelques années.

A Strasbourg aussi, la nouvelle équipe municipale, forte du soutien gouvernemental, a enfin repris les choses en mains après des années de léthargie qui ont laissé peu à peu Strasbourg se vider de sa substance européenne. Elle a récemment décidé tous les dirigeants élus des collectivités du Grand Est à adresser au président du Parlement un message lui rappelant que la remise en état de l’immeuble du Parlement Européen de Bruxelles va coûter la bagatelle d’un demi-milliard d‘euros et sans doute davantage alors que le superbe bâtiment Louise Weiss de Strasbourg est en parfait état. De plus, on construit face au Parlement de Strasbourg le bâtiment Osmose, conçu pour les institutions européennes.

En proue du quartier d’affaires international Archipel Wacken, Osmose renforce le statut protocolaire de l’accès au Parlement Européen en lui offrant un nouveau parvis large, institutionnel, agrémenté d’un miroir d’eau et de végétation. Sobre et élégant à l’extérieur, Osmose se révèle chaud et vivant à l’intérieur : à l’enveloppe externe gris argenté répondent les façades intérieures cuivrées, expression de l’intensité de la vie et des échanges au cœur du bâtiment, et référence au grès des Vosges de la façade intérieure du Parlement.

Des écervelés ont baptisé la future construction de Bruxelles "Caprices des Dieux". C'était jusqu'ici le nom d'un fromage.IL ne faut pas s'en étonner à propos de ce divin caprice qui contribuera à l'enrichissement de certains dans la capitale belge et rendra l'Europe encore plus impopulaire. Certainement des Britanniques étaient-ils à l'origine de ce projet insensé. Ils sont experts en la matière, à en juger par leur Brexit.


Malgré le côté pratique et utile de la communication virtuelle, les êtres humains que nous sommes auront à coup sûr besoin de proximité et de contacts visuels après tant de confinements. Et ce seront des endroits comme Osmose qui seront le lieu idéal pour cela dont on a besoins dans nos villes à reconcevoir.  (L’équipe de « C l’Europe ». 16/12/2020)


Une résolution pour Strasbourg de l’association « C’ l’Europe » 

« Nous militons en faveur d’un siège unique du Parlement Européen et de son administration à Strasbourg ». Ces mot figurent au début des statuts de notre association « C’ l’Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg », inscrits tout récemment au registre du Tribunal judiciaire de Strasbourg.

Or, pour éviter la contagion, nous dit-on, le Parlement Européen réunit depuis le 26 mars non seulement ses commissions mais aussi ses sessions plénières à Bruxelles. Autrement dit, le Parlement dans sa totalité. Pourtant, les votes se déroulent à distance en mode électronique. Donc en l’absence physique de députés. N’y a-t-il pas lieu de s’interroger ? Pourquoi affirmer que les sessions plénières se tiennent à Bruxelles si elles se déploient dans l’espace hertzien ?

La communication numérique est délocalisée et des gens sont prêts à la réceptionner et à la traduire à Strasbourg. Mais tout est ramené à Bruxelles. Alors, pourquoi nous dorer la pilule avec des messages conciliants comme celui fort aimable du président du Parlement invoquant pour se dédouaner l’intangible fidélité à la décision de 1992 ? 

Décision adoptée à l’unanimité par les gouvernements de l’Union qui attribuait les sièges des institutions européennes. Celui du Parlement fut accordé à Strasbourg. Il l’est resté. En droit, certes. Mais la force normative des faits forge les réalités politiques. Or, le danger est là, Bruxelles capture le Parlement. L’heure n’est plus aux belles phrases aussi vite oubliées que dites ou écrites. 

Réunir les commissions à Bruxelles avait déjà effrité la décision de 1992 sans pouvoir l’annuler. Les anti-Strasbourg profitent maintenant de la pandémie pour créer un nouveau fait accompli. Le 8 septembre dernier, quand le Parlement a renoncé derechef à siéger à Strasbourg, on a subodoré qu’il n’y viendra plus cette année. Strasbourg est comme rayée de la carte. Deux députées strasbourgeoises ont vivement protesté. Les a-t-on entendues ? Le pli est-il déjà pris ? 

Sur le papier, l’UE existe encore à Strasbourg. Mais le gardien sur le parvis du Parlement à l’Allée du printemps si bien nommée, n’a plus que les fleurs à surveiller. Sur ses terrasses, tout en haut, les arbustes font grise mine. Cette magnifique réussite architecturale, maintenant à l’abandon, unissait harmonieusement la vie moderne à la nature. Faut-il en parler au passé ? « Elle serait le siège idéal d’une université européenne », nous glisse un ami belge. Cette rumeur bien colportée s’insinue, « elle s'enfle, grandit à vue d'œil ; elle s'élance, étend son vol… ». Elle se fait légende urbaine. 

Nous laisserons-nous prendre à ces bienveillantes paroles ? 

En abusant de la complaisance et de l’indifférence (« Strasbourg est loin à l’Est ») propres à tant de gouvernements français successifs, les anti-Strasbourg ont officialisé des faits accomplis et grignoté peu à peu le terrain. Or, rien n’interdisait d’installer intégralement le Parlement Européen à son siège officiel, à Strasbourg. En homme de bon sens, Helmut Kohl le voulait. Pourquoi François Mitterrand n’a-t-il pas saisi la perche ?  

Le 3 octobre 2020, on a célébré le 30ème anniversaire de la réunification allemande. Son architecte, le chancelier Kohl, avait exprimé sa dernière volonté en demandant que ses obsèques religieuses se déroulent chez lui à Spire, et ses obsèques civiles et politiques dans l’amphithéâtre du Parlement de Strasbourg. 

Le chancelier savait que déconcentration et décentralisation sont dans l’ADN de l’Europe. Ce n’est pas sans raisons que les pères fondateurs de la future Union Européenne ne voulaient pas loger ses institutions dans des capitales nationales. Mais la capitale de la Belgique a obtenu la Commission et le Conseil européen. C’est une exception et un acquis. Bruxelles, sera toujours l’exécutif européen. 

Faut-il lui donner de surcroît le Parlement ? Ce serait une rupture du contrat et une atteinte à l’esprit du continent. Ce fut au départ essentiellement un objectif  des Britanniques, notamment pour mettre l’Europe sous l’aile de l’OTAN. Laisserons-nous faire alors que Londres a déserté l’Europe avec pertes et fracas en nous jouant une absurde comédie ? 

Bien entendu, la France ne décide pas seule. Or, d’ici à l’automne 2021, le moment est optimal pour des initiatives franco-allemandes. Il faut saisir les chances quand elles se présentent. L’histoire ne repasse pas les plats. 

Évidemment, on n’aura pas le Parlement tout entier à Strasbourg sans céder quelque gage substantiel en échange à nos amis allemands. Angela Merkel et Annegret Kramp-Karrenbauer l’ont nettement donné à comprendre. En Allemagne, peut-être plus qu’ailleurs, les bons comptes font les bons amis. 

L’Allemagne a enfanté l’euro et lui a donné son nom. Il est chez lui à Francfort. La représentation citoyenne est dans les gènes de la France. Elle est incarnée par Strasbourg. Pourquoi ne pas renforcer ces deux hauts lieux de l’européanité, chacun selon sa vocation ? Ce serait une base de pourparlers.  

En attendant, il faut agir, bousculer rites et usages. Ce sont les actes qui font bouger les choses. Ne laissons pas les faits s’établir insidieusement. Bruxelles est en zone plus rouge que Strasbourg. Ne faudrait-il pas aller chercher en voiture à Bruxelles des député(e)s volontaires et les héberger dans l’eurométropole strasbourgeoise ? 

Mais y a-t-il encore des parlementaires de l’UE à Bruxelles ? C’est en tout cas ce qu’on tente de nous faire avaler.

Jean-Paul Picaper Président de « C’ l’Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg ». Le 28 septembre 2020




La reconstruction de la France en 2014 en 13 régions métropolitaines plus 5 régions d'outre-mer, se superposant à la mosaïque des 101 départements, avait provoqué de nombreuses protestations parce que des unités territoriales très différentes et parfois distantes ont été soudées les unes aux autres. Le premier objectif était de mettre la France au diapason des autres pays européens, le plus souvent fédéralistes, comme sa grande voisine l’Allemagne avec ses seize Länder. Le second était de simplifier l’administration régionale française et de faire ainsi des économies d'échelle. Et le troisième enfin de décentraliser ou déconcentrer un pays trop axé sur Paris.

Non seulement la plupart de ces objectifs n’ont pas encore été atteints, mais les réclamations continuent, venant surtout de régions ayant une culture et une histoire très particulière. Mariée à la Lorraine et à la Champagne-Ardenne, l’Alsace jalousait la Bretagne qui forme une région à elle seule. Elle aurait bien voulu s’accoupler à la Lorraine, l’idée «d’Alsace-Lorraine » ayant un passé dans l‘inconscient français, mais qu’avait elle à voir avec ce pays « producteur de bulles » qu’est la Champagne ? Les Alsaciens n’ont eu de cesse d’obtenir le droit de former tout au moins une collectivité locale, sans se détacher de la Région Grand-Est composée de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne.

C’est chose faite cette année avec la formation de la Collectivité européenne d’Alsace (la CEA), composée des deux départements alsaciens Bas-Rhin et Haut-Rhin assez réticents auparavant à fusionner. Naturellement, les protestations en Lorraine et Champagne sont nombreuses, mais c’était inévitable et les Alsaciens y tenaient beaucoup. Le principal effet de cette création sera un renforcement de l’Eurorégion Alsace-Pays de Bade. Les pouvoirs locaux du Bade allemand voient un effet positif notamment en matière de promotion des langues, de la culture, des transports et de la santé. « L’Alsace avait été rayée de la carte politique, elle existera à nouveau et je m’en réjouis», a estimé le maire de Breisach, Oliver Rein, élu CDU, commune qui occupe une place particulière dans l’histoire frontalière.

En 1918, c’est par le pont de Breisach que les autorités françaises avaient expulsé sans ménagement les Allemands installés en Alsace et les Alsaciens jugés « indésirables ». Mais c’et aussi à Breisach en 1950, cinq ans seulement après la fin de la guerre et le retour de l’Alsace à la France, que 80% de la population avait demandé la suppression de la frontière sur le Rhin. Outre la revitalisation de programmes transfrontaliers européens déjà existants, de la relance en commun des énergies renouvelables et de la remise en service la ligne ferroviaire Colmar – Breisach, on va promouvoir le bilinguisme franco-allemand et la coopération sanitaire dont l’épidémie du Covid a fait prendre conscience.

La bonne nouvelle (Good news)

"Au milieu des années 1970, il ne restait plus que neuf couples de cigognes en Alsace. De nombreux acteurs se sont mobilisés afin de favoriser le grand retour de l’oiseau symbole : un programme de réintroduction de cette espèce dans la région, plusieurs opérations de sauvetage et une importation de spécimens par une vingtaine d’élevages, en provenance notamment du Maghreb. Une mission réussie après trente ans d’effort. Mais ce repeuplement, trop massif aux yeux de certains habitants, ne fait pas l’unanimité et quelques voix s'élèvent..."

"In the mid-1970s, there were only nine pairs of storks left in Alsace. Numerous players were mobilised to promote the great return of the symbol bird: a programme to reintroduce this species to the region, several rescue operations and the import of specimens by some twenty farms, notably from the Maghreb. A successfull mission after thirty years of effort. But this repopulation, too massive in the eyes of some inhabitants, is not unanimously approved and some voices raised”.


30 ans jumelage Strasbourg-Dresde

Très vite après la proclamation de la réunification allemande, le 3 octobre 1990 à Berlin, Strasbourg l’Alsacienne et Dresde la Saxonne signaient le 27 du même mois un accord de jumelage. Ce lien ne s’est jamais distendu, encore que Strasbourg coopère avec des villes limitrophes allemandes, telles Offenburg et Karlsruhe et naturellement Stutgart, un peu plus éloignée. Les célébrations du 30ème anniversaire qui auraient dû avoir lieu en 2020 ont été reportées en raison de la crise sanitaire. En 2003, es deux villes avaient obtenu le prix de la Culture des régions européennes pour la richesse de leurs échanges, notamment culturels et patrimoniaux. Des initiatives se suivent comme des perles sur un riche collier, telles récemment l’exposition « Boulevard de Dresde/Straβburger Platz » et « La rénovation urbaine de Dresde depuis 1990 » au Lieu d’Europe. (Stefan Richter. Président de Paneurope Saxe.20/12/2020)

Strassburg


1. Macron steht zu Sraßburg
2. David Sassoli: Straßburg ist und bleibt Sitz des Europäischen Parlaments
3.  Offener Brief  von Jeanne Barseghian an die Europaabgeordneten
4. 30 Jahre Städtepartnerschaft Straβburg-Dresden
5. Begrünung des Europäischen Parlaments in Straßburg
6. Das  Elsaß wie neugeboren

Macron steht zu Strassburg

Der französische Staatstpräsident Emmanuel Macron hat zum Europatag 9. Mai 2021 eine grossartige Rede im Europäischen Parlament zu Strassburg gehalten. Am gleichen Tag gab er der elsässischen Zeitung "Dernières Nouvelles d'Alsace" ein ausführliches Interview, in welchem er unter anderem sagte: "In einer Zeit, in der unsere Werte angegriffen und in Europa selbst bedroht werden, ist es wichtig, daran zu erinnern, dass Straßburg die Hauptstadt der europäischen demokratischen Rechte und unserer Werte ist. Und der Platz des Europäischen Parlaments ist in diesem pulsierenden Herzen der europäischen Werte. Wenn Brüssel die Hauptstadt der Büros Europas ist, dann ist Straßburg die Hauptstadt seiner Seele und seines Herzens: wo es gedacht wird, wo seine Werte verteidigt werden".Am Ende seiner Rede, in welcher er die Rolle des Jugend in Europa in den Vordergrund setzte, äusserte Emmanuel Macron dass Völker ohne Träume zum Tod in der Kälte verdammt sind. Aus seinen Worten ergab sich, dass die Souveränität Europas ein solcher konkreter, erreichbarer Traum sei". zu unserem Entsetzen berichteten die beiden französischen Tagesschaukanäle, TF 1 (öffentlich) und France 2 (privat) am Abend des 9. Mai mit keinem Wort darüber. TF1 erinnerte dagegen in einem langen Bericht an den Sieg des sozialistischen Staatspräsidenten François Mitterrand... 1981!  (Red.. 10.05.2021)

Im März 2021 gab der Präsident des Europäischen Parlaments, David Sassoli, gegenüber der Tageszeitung Le Figaro eine feierliche Erklärung von großer Bedeutung ab. Auf eine Frage zur Konferenz über die Zukunft Europas, die in Straßburg stattfindet, antwortete er: "Der Sitz des Europäischen Parlaments ist in Straßburg. Dies ist in den Verträgen verankert und die Geschichte der EU bestätigt dies. Wir konnten wegen der Pandemie nicht dorthin fahren, aber ich beabsichtige, so bald wie möglich zurückzukehren. Der Sitz in Straßburg steht überhaupt nicht in Frage. Jede Andeutung, dass wir nach Straßburg nicht zurückgehen können, ist völlig unbegründet und sinnlos.".

Frau Jeanne Barseghian, Bürgermeisterin von Straßburg, schloss sich dem Engagement von Präsident Sassoli zugunsten Strassburgs in einem offenen Brief an ihn und an  die Europaabgeordneten an:

Meine sehr geehrten Damen Abgeordnete des Europäischen Parlaments,
Meine sehr geehrten Herren Abgeordnete des Europäischen Parlaments,

Sie kennen die aufrichtige und tiefe Verbundenheit der Straßburg und der Bürgerinnen und Bürger Straßburgs mit dem Europäischen Parlament.

Seit Beginn des Jahres 2020 sind wir alle mit einer noch nie dagewesenen Pandemie konfrontiert, und in ganz Europa mussten außergewöhnliche Hygienemaßnahmen ergriffen werden. Diese Maßnahmen haben zur Absage der Plenarsitzungen in Straßburg geführt, die durch Sitzungen per Videokonferenz oder von Brüssel aus ersetzt wurden. Seit einem Jahr können Sie im Europäischen Parlament in Straßburg nicht mehr debattieren, abstimmen oder Ihr Mandat ausüben.

Kommen Sie nach Straßburg, dann sitzen Sie im Namen der europäischen Bürgerinnen und Bürger am Herz der europäischen Demokratie gemäß den Verträgen. Damit die Stimme des europäischen Volkes weiterhin gehört wird, ist es unser gemeinsames Ziel, zum normalen Funktionieren der europäischen Demokratie zurückzukehren. Deshalb hoffe und bete ich, dass die Plenarsitzungen so bald wie möglich wieder aufgenommen werden.

Sie können versichert sein, dass die Stadt Straßburg sich voll und ganz für die Gewährleistung optimaler Gesundheits- und Sicherheitsbedingungen einsetzt und dass ich entschlossen bin, die europäische Demokratie am Sitz des Europäischen Parlaments mit Leben zu erfüllen. Ich freue mich darauf, Sie in Straßburg wiederzusehen, sowohl während der Plenarsitzungen als auch bei den vielen Austauschveranstaltungen, die ich in den kommenden Monaten durchzuführen hoffe. In dieser Hinsicht freue ich mich, dass die Konferenz über die Zukunft Europas am 9. Mai auf unserem Territorium eröffnet wird, die erste Etappe eines demokratischen Prozesses, an dem Straßburg voll beteiligt sein wird.

Ich zähle auf Ihre Anwesenheit,
Mit freundlichen Grüßen

Jeanne BARSEGHIAN
Bürgermeisterin Straßburg

30 Jahre Städtepartnerschaft Straβburg-Dresden

Sehr bald nach der deutschen Wiedervereinigung am 3. Oktober 1990 in Berlin unterzeichneten die Städte Straβburg im Elsass und Dresden in Sachsen am 27. desselben Monats einen Partnerschaftsvertrag. Diese Verbindung hat nie nachgelassen, obwohl  Straßburg mit kleineren deutsch Nachbarstädten wie Offenburg und Karlsruhe sowie mit der gröβeren Landeshauptstadt Stuttgart kooperiert. Die Feierlichkeiten zum 30. Jahrestag, die im Jahr 2020 hätten stattfinden sollen, mussten aufgrund der Pandemie verschoben werden. Kleine Aktionen wie das „MailArt“-Projekt sorgten zumindest für etwas Aufmerksamkeit für die erfolgreiche Kooperation. Im Jahr 2003 waren beide  Städte mit dem Kulturpreis der europäischen Regionen für die Lebendigkeit ihrer  Partnerschaft, ausgezeichnet worden, insbesondere auf dem Gebiet des Kulturaustausches und der Pflege kulturellen Erbes. Initiativen folgen aufeinander wie Perlen auf einer schönen Halskette, wie etwa die jüngste Ausstellung Boulevard de Dresden/Straβburger Platz ; und Dresdens Stadterneuerung seit 1990 im Lieu d'Europe von Straβburg. (Stefan Richter, Präsident von Paneuropa Sachsen. 20.12.2020)

Begrünung des Europäischen Parlaments in Straßburg

Das Europäische Parlament war am 14. Dezember 2020 endlich wieder nach Straßburg zurückgekehrt. Zu einer sogenannten Plenarsitzung von normalerweise drei Tagen. Zwei Polizeiwagen waren an seinem Eingang stationiert, in denen jeweils zwei Polizisten saßen, während zwei bewaffnete Bereitschaftspolizisten um das Gebäude herumgingen. Aber um wen zu schützen?

Es stand keine Menschenmenge unter den Fahnen auf dem Parlamentsvorplatz. Es war sogar kein einziger Mensch zu sehen. Statt der erwarteten 705 Abgeordneten waren weniger als zehn von ihnen im Plenarsaal anwesend. Der Rest war auf Video ansprechbar. Parlamentspräsident David Sassoli trat auf und versprach, dass das Parlament am 2. Februar nach einem Jahr Abwesenheit wieder vollzählig nach Straßburg zurückkehren wird, und noch einmal versicherte, dass der Sitz des Parlaments Straßburg bleibt.

Doch, als über die Tagesordnung abgestimmt worden war, machte er sich schnell auf den Weg nach Brüssel, nicht ohne seine unerschütterliche Loyalität zu Straßburg zu verkünden. Seine guten Worte hielten die Europaabgeordneten nicht davon ab zu entscheiden, dass der Sacharow-Preis für geistige Freiheit 2020 am Mittwoch, den 15. Dezember, bei einer Zeremonie in Brüssel an die weißrussische demokratische Opposition verliehen werden sollte - und wurde. Es ist bekannt, dass die Abgeordneten, ihre Assistenten und das parlamentarische Verwaltungspersonal immer zögern, jeden Monat ins Elsass zu kommen, eine Reise, die über 100 Millionen im Jahr kostet und sie zwingt, die Brüsseler Genüsse drei Tage im Monat zu vermissen.

Staatspräsident Emmanuel Macron und Europaminister Clément Beaune haben endlich Alarm geschlagen und die schleichende Aufgabe der elsässischen Eurometropole angeprangert. Das ist nach der Passivität der Präsidenten und Minister, die ihnen vorausgingen neu. Ihre Vorgänger waren wohl von der jakobinischen Krankheit verseucht, die das Frankreich von Paris immer noch infiziert. Dazu kam 2020 Covid-19 zur Verstärkung des Übels. Zwei schwere Krankheiten, eine chronisch, die andere vorübergehend, zumindest hoffen wir das.

Die französischen Volksvertreter und ihre luxemburgischen und deutschen Verbündeten, die für Straßburg als Sitz der europäischen Demokratie anstelle der Brüsseler Bürokratie eintreten, haben noch einen Trumpf in der Hand, nämlich die erforderliche Einstimmigkeit im Europäischen Rat, um den Vertrag zu ändern, der Straßburg zum alleinigen Sitz des Europäischen Parlaments macht. Ein Vertrag, dessen Gültigkeit vor wenigen Jahren vom Europäischen Gerichtshof in Luxemburg bestätigt wurde.

Auch in Straßburg hat ,nach Jahren der Lethargie, die Straßburg nach und nach seiner europäischen Substanz entleert haben, die neue städtische Mannschaft mit Unterstützung der Regierung endlich die Dinge in die Hand genommen. Nach dem Abzug nach Brüssel des immer noch leeren Wissenschaftszentrums, wandern auch die meisten Mitarbieiter der irischen Mediatorin Emily O’Reilly, die normalerweise ihren Sitz in der Eurometropole Strassburg hat, zur belgischen Hauptstadt. Es musste also etwas geschehen.

Deswegen sind kürzlich alle gewählten Körperschaftenvorstände der Ostregion Frankreichs „ Grand Est“ in die Offensive gegangen und haben eine Botschaft an den Parlamentspräsidenten geschickt (hier unten), in der sie ihn daran erinnern, dass die Renovierung des Gebäudes des Europäischen Parlaments in Brüssel die Kleinigkeit von einer halben Milliarde Euro und wahrscheinlich mehr kosten wird.

Dabei ist in Strassburg alles vorhanden, was man braucht. Das prächtige Louise-Weiss-Hauptgebäude des Parlaments in Straßburg ist in tadellosem Zustand. Darüber hinaus entsteht gegenüber dem Parlament in der elsässischen Metropole das Osmose-Gebäude, das für die europäischen Institutionen konzipiert wurde. Am Bug des internationalen Geschäftsviertels von Straßburg „Archipel Wacken“ verstärkt Osmose den protokollarischen Status des Zugangs zum Europäischen Parlament, indem es ihm einen neuen, breiten, institutionellen Vorplatz bietet, der mit einem Spiegel aus Wasser und Vegetation geschmückt ist. Außen nüchtern und elegant, ist Osmose innen warm und lebendig: Die silbergraue Außenhülle wird durch die kupferfarbenen Innenfassaden ergänzt, ein Ausdruck für die Intensität des Lebens und des Austauschs im Herzen des Gebäudes und eine Referenz an den Vogesen-Sandstein der Innenfassade des Parlaments.

Einige Leute ohne Hirn und Verstand haben den in Brüssel geplanten Neubau "Laune der Götter“ getauft. In der Tat ist dieses Projekt eine überflüssige, göttliche Kaprizze, die Europa finanziell schwer belasten und noch unpopulärer machen wird. Wahrscheinlich waren Briten noch unter den Planern. Waaahnsinn!, kann man sagen. Dafür sind die Engländer Experten. Das zeigt zurzeit ihr Brexit.

Trotz der Bequemlichkeit und Nützlichkeit der virtuellen Kommunikation werden die Menschen ganz bestimmt nach der Corona-Pandemie ein Bedürfnis nach mitmenschlichem Zusammensein und visuellen Kontakten empfinden und dafür werden solche Stellen wie der Osmose Vorplatz in unseren neuzugestaltenden Städten geeignet und willkommen sein.
 (Das "C l'Europe"/“Es ist Europa“-Team. 16/12/2020)

 Wie neugeboren: Seit dem 1. Januar 2021 ist das Elsass eine einheitliche europäische Gebietskörperschaft

Die Rekonstruktion Frankreichs im Jahr 2014 in 13 Regionen, nachdem es zuvor in 101 Departements (die weiter bestehen, aber dadurch geschwächt werden) und in 22 Regionen aufgeteilt worden war, hatte viele Proteste hervorgerufen, weil sehr unterschiedliche und teilweise weit entfernte Gebietseinheiten zusammengeschweißt worden waren. Das erste Ziel war die Angleichung Frankreichs an andere europäische Staaten, die meist föderalistisch sind, wie der große Nachbar Deutschland mit seinen sechzehn Bundesländern. Das zweite Ziel bestand darin, die französische Regionalverwaltung zu vereinfachen und Einsparungen zu erzielen. Und das dritte schließlich ist die Dezentralisierung oder Dekonzentration des Landes, das zu sehr auf Paris ausgerichtet ist.

Die meisten dieser Ziele sind noch nicht erreicht worden, was Ungeduld erzeugt, aber das dauert sicherlich seine Zeit. Andere Proteste gehen weiter, vor allem aus Regionen mit einer ganz besonderen Kultur und Geschichte, die befürchten von der Landkarte verwischt zu werden.. Verheiratet mit Lothringen und Champagne-Ardenne, war das Elsass z. B. neidisch auf die Bretagne, die eine eigenständige Region bildet. Die Elsässer hätten sich schon mit Lothringen gepaart, die Idee von "Elsass-Lothringen" hat eine Vergangenheit im französischen Unterbewusstsein, aber was hatten sie mit diesem "Blasen produzierenden" Land zu tun, das Champagne heisst? Die Elsässer haben nie aufgehört, die Forderung zu stellen, mindestens eine Gebietskörperschaft zu bilden, ohne sich von der Grand-Est-Region, die aus dem Elsass, Lothringen und Champagne-Ardenne zusammensetzt, zu lösen.

Dies wurde in diesem Jahr mit der Bildung der Europäischen Gemeinschaft Elsass (Communauté Européenne d’Alsace, CEA) erreicht, die sich aus den beiden elsässischen Departements Bas-Rhin und Haut-Rhin zusammensetzt, die sich bisher eher zurückhaltend gegenüber einem Zusammenschluss miteinander gezeigt hatten. Natürlich gab es viele Proteste dagegen in Lothringen und in der Champagne, aber die Elsässer hatten das Sagen. Der Haupteffekt dieser Neugründung wird eine Stärkung der Euroregion Elsass-Baden sein. Die deutschen badischen Kommunen sehen einen positiven Effekt vor allem bei der Förderung von Sprachen, Kultur, Verkehr und Gesundheit. Der Bürgermeister von Breisach, Oliver Rein, gewähltes CDU-Mitglied, äusserte: „Das Elsass war von der politischen Landkarte gestrichen worden und wird nun wieder existieren, und darüber freue ich mich, als Vertreter einer Gemeinde, die einen besonderen Platz in der Grenzgeschichte einnimmt“.

Über die Breisachbrücke hatten die französischen Behörden 1918 die im Elsass ansässigen Deutschen und die als "unerwünscht" geltenden Elsässer vertrieben. Aber auch in Breisach hatten 1950, nur fünf Jahre nach Kriegsende und der Rückgabe des Elsass an Frankreich, bei einer Volksabstimmung 80 Prozent der Bevölkerung die Abschaffung der Grenze am Rhein gefordert. Neben der Wiederbelebung bestehender europäischer grenzüberschreitender Programme, neben der gemeinsamen Stärkung der erneuerbaren Energie und der Wiedereröffnung der Bahnlinie Colmar-Breisach werden die deutsch-französische Zweisprachigkeit und die Zusammenarbeit im Gesundheitswesen in Zukunft gefördert, wofür die die Covid-Epidemie das Bewusstsein geschärft hat. (Regionale Medien. Dezember 2020)


Economie/Société


1. Le grand malaise de la jeunesse en Europe
2. Les limites de la liberté et la fausse réalité - Considérations post-covid d’une juriste
3.  Le contre-coup du fiasco américain en Afghanistan
4. Comment éponger la dette ?
 5. L'avenir de la Politique Agricole Commune, par Anne Sander
6. Quand la liberté devient suicidaire, par Pierre-Michel Vidal. 
7. Résister aux négationnistes, avec Florian Harms
 8. Chronique irrespectueuse

Le grand malaise de la jeunesse 

Selon les sondages du Conseil Européen des Relations Internationales (European Council of Foreign Relations, ECFR) dans douze pays européens, la jeunesse européenne s'est sentie plus concernée par la crise sanitaire que les personnes plus âgées :
57% des jeunes assurent que leur vie a été très atteinte en matière de santé et de niveau de vie alors que ce pourcentage n'est que de 35% chez les plus âgés. Leur défiance envers les mesures décidées par les gouvernements pour combattre l'épidémie est également avec un taux de scepticisme de 43% nettement supérieure à celle des personnes d'un âge plus avancé chez qui ce taux se situe à 28%. S'ajoute que ce scepticisme a été plus élevé en Allemagne que dans les autres pays européens quelles qu'en soient les raisons.
Les sondeurs d'opinion estiment que ce facteur a poussé la jeunesse allemande à se sentir plus encore touchée encore par le sentiment de perte de liberté que la moyenne des Allemands et donc à voter pour le parti libéral allemand FDP qui a inscrit l'autodétermination et la liberté à sa bannière. Les sondages ont décompté dans l'Union Européenne 27% de citoyens qui se sentaient bridés dans leur liberté par les mesures de confinement et les gestes barrières alors que ce sentiment négatif était de 68%. Assez surprenant résultat qui révèle des Allemands différents de ce que leur voisins imaginent.
Nous recommandons la lecture de notre article sur le vote libéral des jeunes ci-après sous "Europe". (Rédaction "C l'Europe" avec ECFR et la "Welt". 29/09/2021) 


Il se trouve que, sans l’avoir voulu, nous comptons parmi nos adhérents une majorité de jeunes de 18 à 35 ans et parmi eux une petite majorité de jeunes femmes. Preuve que l'idée européenne motive les jeunes et qu'ils ont envie de ne pas rencontrer que des compatriotes. Chez nous, les plus jeunes ont les mêmes droits et devoirs que les plus âgés. Seuls les taux de cotisation diffèrent, mais en faveur des jeunes. Or, ce n’est qu’un bien mince privilège. Car les jeunes aujourd’hui sont terriblement en difficultés. Sauf avoir vingt ans en temps de guerre, rien n’est pire qu’avoir vingt ans au temps de la Covid.

Un écrivain français, Paul Nizan, mort à la guerre à 35 ans, a écrit en 1931 : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai jamais dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Le virus tue les plus âgés, la guerre les plus jeunes. Que nous n’ayons pas de guerre ouverte, est encore une chance pour ceux-ci. La paix est devenue l’état naturel de l’Europe. Mais comment s’en réjouiraient-ils quand ils ne savent pas ce que c’est que la guerre ? Certes, l’autre menace est moindre pour eux, mais elle n’est pas anodine. Certains de nos jeunes adhérents ont été testés positifs à la Covid. Quelques-uns ont souffert. Tous ont survécu. Fatigués, usés. Convalescents, ils récupèrent.

Si la pandémie se prolongeait, les jeunes subiraient un retard de vie, une amputation de leurs années productives et créatrices, une privation du printemps de leur vie. Et il n’est pas sûr d’ailleurs qu’un autre virus ne nous vienne de quelque part ailleurs. Nous sommes entrés dans une époque de guerre virale non déclarée et imprévue. Intentionnelle ou involontaire. On doute de tout. La peur et l’incertitude déstabilisent beaucoup de personnes et font le lit des théories du complot et ouvrent la porte aux faux messies. Mais ce phénomène n’est pas propre à notre temps. Déjà, lors de l’épidémie de peste au Moyen-Âge, les flagellants parcouraient les villes dans l’illusion que la peste était une punition divine et qu’on pouvait expier ainsi.

Les études tourneboulées

Or, la Covid induit un ou deux autres redoutables problèmes. En matière de formation et d'études par exemple. Tantôt les facultés et les écoles sont ouvertes, tantôt elles sont fermées. A commencer par le baccalauréat, les examens auront-ils lieu pour que l’année ne soit pas annulée ? Sous quelle forme et quand se dérouleront-ils ? Et que vaudront des diplômes acquis à la sauvette ? L’inquiétude étrangle ceux qui cherchent un emploi. Le virus et son confinement bloquent cette recherche déjà difficile auparavant. Or, la quête d’après sera plus dure encore. Un gratifié, cent refusés ? La télévision nous montre des commerces et des entreprises qui travaillent encore pour nous encourager, mais on voit bien que beaucoup mettent la clé sous la porte. Cela pourrait être le monde où vont entrer les jeunes.

Qui remboursera la dette ?

Les gouvernements ont sauvé à grands coups de subsides bien des salariés du chômage et d’entreprises de l’asphyxie, mais qui paiera et quand ? Il faudra bien rembourser un jour. Les teenagers et post-twenties devront-ils régler la dette abyssale ? Ou revenir à une économie de troc quand l’argent n’aura plus de valeur ?

La mise en circulation de monnaies numériques nous montre qu’il peut y avoir des alternatives aux monnaies étatiques et comme on ne paie pratiquement plus guère en liquide, ce serait facile d’y recourir. Mais sont-elles les monnaies solides de l’avenir ? C’est à voir.

Nul n’est sûr d’aller demain vers un monde vivable. « Un jeune, une solution », a dit la ministre française du Travail, Élisabeth Borne, métamorphosée ministre du sous-emploi. Son plan doté de 6,7 milliards d’euros accorde des primes d’apprentissage de 5 000 à 8 000 euros. Les restaurants universitaires mutés restaurants du cœur donnent des repas complets à un euro. Cela permet de survivre, mais survivre n’est pas vivre.

Tout se passe comme si les jeunes étaient réduits à la mendicité au lieu d’assumer ces petits boulots qui leur permettaient de surnager quand l’eau montait à ras bord. C’était déjà un sacrifice que de travailler à côté des études, mais les sacrifices eux-mêmes sont abolis. L’économie est paralysée. Seuls ceux qui manipulent de l’argent à des postes utiles à la sauvegarde du système ou de la subsistance, des transports, de la propreté et de la santé, ont encore fort à faire. Les objets, les produits, les services non comestibles ne sont plus demandés.

Où est le problème des jeunes ?

C’est le virus du chômage dopé par la covid-19 qui les touche en priorité. En 2018, dernier chiffre enregistré, la France comptait près d’un million de jeunes de 15 à 25 ans en inactivité totale, sans emploi ni formation, soit 12,9% de cette tranche d’âge. La pandémie a décuplé ce chiffre. Nous allons assister à une autre crise, d’ordre psycho-social, quand la jeunesse arrivera au bout de ses réserves vitales psychiques et monétaires. Sans abri, sans logis, affamée ? Sauf ceux qui ont des parents encore solvables.

Peut-on imaginer des foules de jeunes gens en révolte contre les forces apparemment obscures qui minent la vie et la planète et qu’incarnent les États avec leurs élus et fonctionnaires ? Car il faut bien qu’il y ait des responsables. Tous coupables bien sûr. Coluche ne l’a-t-il pas dit il y a bien longtemps ? « La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout ». Ce n’est pas difficile de pousser les gens à la rébellion, mais ils hésitent à ôter leurs pantoufles et à se chausser pour descendre dans la rue. Pas les jeunes. Ils n'ont pas de pantoufles. Ils ne se retirent pas dans leur coquille.

Les théories du complot, nous l’avons dit, et les explications simplistes se multiplient déjà. Des personnalités connues du cinéma et de la télévision et même d’éminents politiciens s’en servent à leurs propres fins. Pour le moment, les jeunes sont plus déprimés que révoltés. Bientôt ils seront en colère. Le mot colère a été l’un des plus galvaudés des dernières années. Les colères individuelles sont généralement spontanées. Les colères collectives sont pour la plupart fabriquées. On peut inoculer la colère comme un virus abstrait si c’est à la mode d’être en colère. Et si la jeunesse, influencée par des déviants nichés dans les nouveaux médias, décide de casser la baraque, rien ne pourra l’arrêter. Cela peut devenir un authentique problème pour la société tout entière. Le danger d’une génération perdue est bien présent.

Le déficit de guerre

Au bout de la pandémie, aurons-nous à affronter l’hystérie ou la dépression ? Selon le ministre français de la Santé, Olivier Veran, « pendant le confinement, près d’un étudiant sur trois a présenté des signes de dépression psychologique ». Mais des gourous et des agitateurs disent aux jeunes que leur mal est dû à la société parce qu’elle est mauvaise et mal faite, qu’ils n’en sont pas responsables et qu’ils peuvent la changer. Et il n’y a pas que les jeunes à être réceptifs à ce genre de propos. Des chefs d’États et de gouvernements qui fabulent au sujet de complots ourdis par des milliardaires juifs ou de la guérison de la Covid par l’absorption de chlore ne sont pas immunisés contre de telles folies.

On a l’impression qu’une guerre manque à beaucoup de gens qui se cherchent des ennemis. La guerre est dans les gènes de de l’homme, c’est sûr, mais chez certains plus que chez d’autres. Surtout chez des jeunes en mutation dans leur vie, exposés à l’incertitude et auxquels leur constitution physique donne l’illusion qu’ils sont invulnérables.

L’Europe connait la plus longue période de son histoire sans guerre. Beaucoup ont l’impression très subjective d’être en déficit de guerre. On ne voit plus guère défiler les jeunesses pacifistes des années 1970-80.

Mais l’ennemi où est-il ? Ceux qui ont vécu assez longtemps savent que la révolution dévore ses enfants. On guillotine d’abord les présumés adversaires puis on se guillotine réciproquement, car il est difficile de stopper la machine une fois lancée. Ainsi ont fini la Révolution jacobine, celle des Bolcheviks et celle de Mao Zedong et Castro et bien d’autres.

Il faut bien le dire aussi : le désert des barbares menace la jeunesse de demain. La menace plane d’une chute vertigineuse du niveau culturel tiré vers le bas surtout par l'inculture mais aussi par la possibilité ouverte à chacun de communiquer à un nombre incalculable de (jeunes) gens ses théories absurdes. Mais cette évolution peut être considérée également comme une démocratisation de l’univers médiatique. Elle peut donc aussi empêcher la chute du niveau culturel, la chute dans une nouvelle barbarie. Les disciples de la raison, de la paix et de la pensée rationnelle ont la possibilité de s’adresser à un vaste public sans être à la merci des caprices d’une grande maison de la presse ou de l’édition. Le monde virtuel est tout à la fois une bénédiction et une malédiction.

Le virtuel remplace la vraie vie

L’humanité a pris là un tournant. Les nouvelles générations se distinguent des précédentes par l’usage du numérique. Louons les acquis de la technique moderne ! Si nous avions subi cette pandémie il y a trente ans, nous serions morts de solitude. Le web a remplacé des bibliothèques et des archives et des services en numérique comme Skype et Zoom ont permis des réunions et des rencontres. Plus encore que les vieux, les jeunes en ont profité.

Un esprit chagrin a dit que le numérique n’introduit pas au savoir, mais qu’il tend à le remplacer. Les vingt et trente ans d’aujourd’hui se déchargent-ils du savoir sur le numérique ? Les débats sont nombreux sur la question et nous les aborderons peu à peu dans notre Conférence paneuropéenne au cours des mois et des années à venir. Mais nous ne partageons pas l’idée que les jeunes d’aujourd’hui ont empiré. Ils savent où l’information se trouve et c’est aussi cela la culture : savoir où sont les choses. De plus, dans notre société énormément spécialisée, il est devenu difficile de tout savoir. Le médecin ou l’enseignant ne peuvent tout savoir, mais ils peuvent apprendre à feuilleter les pages du web. L’ère du numérique a rendu cela possible. Le mécaniciens peut regarder un manuel virtuel ou YouTube s’il ignore quelque chose et le juriste peut appeler une loi sur son écran.

Euroland, Terre des jeunes

C’était plus agréable et facile sans doute d’être jeune à l’époque des trente Glorieuses et de l’absence de pandémie, mais cela n’a pas rendu plus intelligent ceux qui ont grandi à cette époque. De nombreux jeunes d’aujourd’hui, garçons et filles, sont mus par une grande générosité et un désir de servir en utilisant tout leur savoir accumulé dans la vie ouverte des années avant-covid. Ils surprennent les générations qui ont grandi dans le second après-guerre. Le besoin de rencontrer des gens comme eux dans tous les pays d’Europe et de construire avec eux quelque chose est chez eux considérable.

Notre équipe qui se compose de très jeunes, de jeunes et de personnes plus âgées, voire âgées, envisage de créer pour les générations de l’Europe future des tremplins et des plateformes qui leur donneront la possibilité d’œuvrer dans un cadre ouvert et diversifié, de sortir d’horizons fermés en s’enrichissant culturellement. Ils doivent aussi apprendre à ne pas se sous-estimer mais sans tomber dans l’arrogance de détenir la vérité ultime. Et il n’y a pas de meilleur antidote contre l’arrogance, y compris contre l’arrogance nationaliste si répandue à Paris, que l’Europe que nous faisons en nous faisant nous-mêmes, mais qui nous montre aussi nos limites.

Le retour dans le réel sera important après la pandémie. Et, puisque l’on cherche des exutoires à la paralysie, pensons au sport, pas le sport-spectacle au petit écran, pas le sport contemplé du haut des bancs des stades, mais celui que l’on fait. Un des pires méfaits du confinement a frappé les adolescents sédentarisés de force qui ont passé beaucoup plus de temps devant les écrans qu’à pratiquer les activités physiques. S’ils ne font pas maintenant le contraire, ils ne vieilliront pas bien. Mais pour se libérer de l’enfermement entre leurs quatre murs qu’ils ont subi, il leur faudra aussi franchir les frontières invisibles de l’espace Schengen et un peu au-delà pour aller de pays en pays comme les compagnons du Moyen-Âge et avant.
L’Espace Schengen, la Zone euro, c’est l’Europe d’aujourd’hui. Ce continent ouvert est à nous. et tous les confinements sont provisoires. (Jean-Paul Picaper, président de « C l’Europe », « Es ist Europa » - Dominik Possert, président délégué de « C l’Europe », « Es ist Europa ».15/12/2020)

Les limites de la liberté et la fausse réalité - Considérations post-covid d’une juriste

Un des pères de la démocratie, Montesquieu, a écrit au XVIIIème siècle : « … c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ». Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme on peut lire que… « les bornes de la liberté ne peuvent être définies que par la loi ».
Mais si l’on considère que la liberté est une idée absolue qu’aucune règle ni loi ne limite, alors on est dans l’anarchie. Le degré zéro de la société est l’anarchie dans laquelle tous ont et expérimentent toutes les libertés. Or, certaines situations d’urgence et de danger exigent qu’on restreigne les libertés.
Les antivax croient que la pandémie de coronavirus n’était pas aussi dangereuse qu’on l’a prétendu ou même que les gouvernements l’ont inventée, qu’ils ne disaient pas la vérité dans ce contexte. Par conséquent, pour eux, il n’y avait aucune raison de contraindre les gens à se faire vacciner.
Et surtout, ils se disent qu’ils voient la tromperie et ils sont fiers d’être si malins. S’ajoute que les pronostics sinistres concernant la dégradation du climat et les effets meurtriers de la pandémie sont difficiles à supporter et qu’ils sont plus supportables si l’on s’imagine qu’ils ne correspondent pas à la vérité. Tout se passe alors comme dans un film où l’on vit dans une réalité parallèle. Voir les films « Matrix » ou « The Truemanshow ».
Cette dérive en Allemagne est fréquente chez ceux qui ont subi la propagande communiste en RDA. Honecker et ses propagandistes décrivaient l’Ouest comme un complot impérialiste organisé. Or, la tromperie était à l’Est. Elle faisait partie de la stratégie communiste. Honecker mentait. Par exemple il a justifié la construction du Mur de Berlin en disant qu’il servait à protéger la RDA de menées occidentales et qu’il fallait pour cela faire ce sacrifice. Il s’agissait en réalité d’empêcher les fuites massives vers l’Ouest.
Beaucoup de ceux qui ont été soumis à une propagande intensive n’ont pas appris à distinguer une démocratie authentique d’une dictature qui se prétend démocratique et elles ne font pas confiance à un régime pourtant tenu par sa constitution et ses lois, par sa structure même à être transparent et à rendre compte à ses électeurs. La démocratie est fondée sur la confiance. Pas une confiance aveugle bien entendu. Il existe des institutions qui surveillent le pouvoir : le Parlement, la Cour constitutionnelle, les tribunaux, les médias.
Chaque loi mise en œuvre par l’État qui prescrit un certain comportement, entraine un dommage collatéral en réduisant la liberté de chacun. Il nous faut l’accepter, sinon la société ne peut pas fonctionner. La liberté individuelle ne peut aller que jusqu’au point limite que la société peut encore supporter sans subir un dommage intolérable. Mais personne à l’Ouest ne songe à retirer aux citoyens la jouissance des droits fondamentaux. Sauf ceux qui sont hostiles à la démocratie. Ceux-là ignorent volontairement les réalités. Leur intention est de nous faire croire avec des preuves imaginaires qu’on limite tellement nos droits fondamentaux qu’on aboutit à un retrait de ces droits.
Or, nous ne subissons pas dans l’Union Européenne un retrait de droits fondamentaux. Aucune loi ne vise à nous retirer par exemple le droit d’exercer une activité. Ce serait anticonstitutionnel. Les restrictions partielles ou temporaires de droits fondamentaux ne sont admises que protéger un autre bien de plus haute valeur. Par exemple, face à la pandémie, restreindre une activité pour protéger la vie qui est la plus haute des valeurs.
C’est ce qui s’est passé avec l’obligation du port du masque dans les supermarchés et d’autres lieux ou quand on a temporairement interdit aux coiffeurs d’exercer leur profession. Cela ressemblait de facto à une interdiction professionnelle. Une loi ou ordonnance peut aller jusqu’à interdire à certains groupes de personnes la jouissance du droit fondamental d‘exercer une profession. Mais ce n’est pas un retrait d’un droit. On ne leur interdit pas leur profession, mais temporairement son exercice, tant qu’il y a danger de contamination. Une interdiction professionnelle serait formulée ainsi : il est interdit d’être coiffeur.
Ne doit-on pas passer l’examen du permis avant de conduire une voiture seul sur la route ? C’est une restriction de liberté, mais s’il n’y avait pas d’examen du permis nous aurions des morts de la route en masse. Il faut procéder préalablement à une évaluation du risque. En matière de conduite automobile, il est évident. Mais les gouvernants ont dû évaluer aussi le risque d’une diffusion illimitée de la pandémie dans la population mondiale ou limiter l’exercice de certaines activités pour limiter ce risque.
Cette évaluation doit être vérifiable dans sa conformité avec le droit constitutionnel. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a eu en Allemagne quelques décisions de justice qui ont annulé des ordonnances. Il peut arriver effectivement que certaines mesures aillent trop loin. Il faut pouvoir se défendre contre elles. Mais dans la crise sanitaire, les États ont suivi l’avis de la majorité des scientifiques. Toute autre forme de décision aurait été un cas de négligence grave. Le devoir de l’État est de nous protéger et nous attendons cela de lui !
Seulement, quand on est possédé par l’idée qu’on nous gruge systématiquement et que les pouvoirs publics commettent quelques erreurs marginales, alors c’est grave. Car l’erreur entretient l’erreur. Mais tout ce débat aurait été superflu si tout le monde s’était fait vacciner. Car le vaccin s’est avéré efficace. Il a enrayé, voire stoppé l’épidémie.
Pour finir, vue sous l’angle de la géopolitique, la campagne des antivax peut-être utilisée par des concurrents étrangers de notre démocratie.
L’objectif de ceux qui dénoncent systématiquement et sans preuves un complot de l’État contre les citoyens peut viser à saper la confiance dans la démocratie et à provoquer un collapsus institutionnel. Pour lors, l’objectif final est de remplacer la démocratie par une dictature.
A moins qu’une puissance étrangère fortement armée ou dont on s’est rendu économiquement dépendant, comme la Russie de Poutine ou la Chine de Xi Jinping, n’intervienne et ne fasse de nous ses vassaux en nous imposant son système.
Cela peut arriver quand nous ne croiront plus en rien du tout dans notre société et ne ferons  plus confiance à personne ni à aucune institution. (Lorraine Lärisch, Berlin, 15/O9/2021)

Europe : le contre-coup du fiasco américain en Afghanistan

Les dirigeants européens ont été alarmés plus qu’il n'y paraît par le désastre du retrait précipité et irréfléchi des Américains d’Afghanistan. Un ami américain nous écrit de Californie que Biden n’a pas suivi ses militaires qui proposaient un retrait plus échelonné et le maintien d’une présence militaire résiduelle à Kaboul de façon à protéger les amis et auxiliaires de la liberté à l’occidentale.
Ces blocages américains font plus que jamais apparaître l’Oncle Sam comme un allié incertain. ll est plus que temps que l'Europe se redresse sans briser l'alliance avec les Etats-Unis.  (J.-P. Picaper, 30/08/2021)

La politique monétaire européenne ne suit plus les USA

Un événement de première importance est-il passé inaperçu ? Deux titres contradictoires dans la presse parisienne auraient dû pourtant attirer l’attention. L’un disait le 27 août 2021 que la Banque centrale américaine, « la Fed, prépare la fin de l’argent facile » et que « les marchés frémissent » - de crainte bien entendu. L’autre que la Banque centrale européenne, la BCE « envisage pas de coup de frein à court terme ».
C’est bien, la première fois que les politiques monétaires de l’Europe et des États-Unis divergent. La Fed va commencer dans quelques semaines à réduire ses achats de dette qui irriguent banques et entreprises à coups de milliards de dollars mensuels. Puis elle relèvera ses taux directeurs maintenus à un niveau historiquement bas aux États-Unis comme en Europe. Il est possible qu’un regain du Covid handicape ce retour à la vertu, mais visiblement les États-Unis ont trop inondé le monde de dollars et ils ne pourront pas continuer ainsi sous peine de voir l’inflation monter davantage chez eux (dans les 4% à 5% actuellement) et leur monnaie se déprécier. Telles sont les idées de Jérome Powel, le patron de la Fed.
Au contraire, un solide deuxième trimestre, une reprise de l’activité et des commandes en France plus forte que prévues et une relative maîtrise de la contre-attaque du variant Delta par la bonne progression des vaccins, rassure. L’inflation reste à son taux supportable de 1,5% (un peu monté entre-temps à 2% suite au rebond du prix du gaz) et il est probable que la croissance absorbera une partie de l’argent injecté.Le ministre françaus de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, compte sur la relance pour atténuer le poids de la dette. L’inflation et un problème américain plus qu’européen, selon les experts. Certes, un bond en avant des salaires propulsé par le déficit de main d’œuvre et le manque de matières premières qui comprime la disponibilité des produits, pourraient agir de façon négative. Mais la BCE estime qu’elle n’a pas à réduire ses achats d’actifs qui sont un des principaux soutiens à l’économie. On verra cela plus tard quand celle-ci aura nettement remonté la pente.
Les gouverneurs des banques européennes estiment qu’il y a en Europe un consensus fort sur le fait qu’il en faut rien changer. Dans un environnement encore incertain, la pandémie n’étant pas fortement résorbée, l’inflation restant faible à moyen terme, il est urgent de ne rien changer, sauf quelques ajustements fins.

Comment éponger la dette ?

S’agissant d’argent, les chiffres ont valeur d’idéaux à atteindre ou de limites à ne pas franchir. Toujours est-il que l’un d’eux, fatidique, a été dépassé à la fin du premier trimestre 2021 quand la dette cumulée de la zone euro a culminé à 100,5% de son produit intérieur brut. En France, elle s’est élevée à 118% du PIB national contre 100,8% un an plus tôt, en Allemagne à 71,2%, en Espagne à 125,2% et en Italie elle culminait à 160%. Il y avait pire : en Grèce, elle était de 209% du PIB. La dette européenne restera à ce niveau en 2022, un niveau jamais atteint dans l’histoire. Dans la zone euro, il s’agit donc d’un phénomène général.
Le tassement des recettes fiscales dues à la récession causée par les divers confinements et les mesures de soutien à l’économie distribuées notamment aux entreprises et aux salariés est à l’origine de ce « jamais vu ». En France où les déficits gonflent en début d’année, la dette reviendra à un niveau moins alarmant, mais le mot d'ordre « quoiqu’il en coûte » donné par le président dès le début de la pandémie en mars 2020 a creusé le déficit public (budget) de 9, 2% du PIB le faisant passer à cette année-là à 65% du PIB. Il a atteint le « creux » et se « stabilisera » à cette échelon en 2021, selon les prévisions gouvernementales.
On a aspergé d’argent les citoyens et les entreprises pour éviter, autant que possible, dépressions et faillites. Le gouvernement aidera, avait proclamé d’emblée le Président Macron. On a dépensé à cette fin un « pognon dingue », pour reprendre un autre mot du président. On a détourné les regards des règles budgétaires du Pacte européen de stabilité qui contraignaient les Etats membres de la zone à comprimer leur déficit public sous la barre de 3% du PIB et leur dette cumulée sous l’étiage de 60% du PIB. Et l'on n'a pas été les seuls à le faire.
En mars 2020, face à la Pandémie et au besoin de soutenir les économies, la Commission européenne avait suspendu le Pacte de stabilité jusqu’à la fin de 2022. Il était permis d’y déroger. Mais que faire si le variant Delta ou quelque autre mutant Covid continuent de réduire l’activité ? Comment même revenir dans les clous en l’état actuel des choses ?
Cela obligerait les Etats membres à lancer des mesures d’austérité comme on l’avait fait en 2011 après la crise du dollar et de l’euro pour remplir les caisses. Du coup, la récession a duré dix ans encore dans de nombreux domaines,. L’investissement et l’innovation ont reculé.
Plus question de se permettre une telle erreur. Pour limiter les dégâts, des économistes préconisent une révision du Pacte. Notamment en excluant du calcul du déficit public les investissements d’avenir. Ou encore en instaurant de nouvelles règles d’économies portant sur les dépenses publiques. Il faudra bien éliminer des fonctionnaires, surtout en France où la débureaucratisation a été interrompue pendant la pandémie.
Des économies pourraient être obtenues aussi sur les budgets de la politique étrangère. Pour les reporter peut-être sur la sécurité devenue un problème crucial de nos sociétés ? A l’heure des communications numériques intensifiées, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir tellement de diplomates et agents sur place à l’étranger, de leur payer des sursalaires et des frais de déménagements, mais il nous faut davantage de policiers qualifiés et de services d’enfermement ou (et) de réinsertion de délinquants.
La lutte contre la drogue, contre le tabagisme et pour la santé, la répression des incivilités doivent devenir des priorités absolue et il faut cesser de verser pour des raisons électorales des subventions à des groupements très minoritaires qui ne sont que le reflet de modes sociétales américaines. Nous devons privilégier le renforcement de l'Europe.
Le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, mise surtout sur le retour de la croissance, sur une maîtrise de nos dépenses de fonctionnement et sur des réformes structurelles. Au lieu de ponctionner les quelques 100 milliards d’économies accumulées par les Français durant les périodes de confinement, on va chercher surtout à les leur faire dépenser et investir.
Mais là-dessus vient se greffer un des dilemmes européens classiques. La perspective d’un assouplissement des règles ne plaît guère aux capitales de l’Europe du Nord qui redoutent que les pays membres du sud n’en profitent pour relâcher leurs efforts. Grosso modo, les Verts, Grünen et autres écologistes sont ouverts à une réforme du Pacte de stabilité. La droite conservatrice et le centre libéral sont beaucoup moins enclins à l’accepter.
La grande chance actuelle des pays industrialisés réside dans les taux très bas du crédit. Ceux à dix ans de la France tournent autour du zéro alors qu’ils dépassaient 4% en 2008 quand a éclaté la crise des subprimes américains. Mondialement, les taux ont été divisés par deux en points de PIB sur la période 1995-2020. Ils sont nettement inférieurs aux taux de croissance et d’inflation. Si les prix remontaient, une répercussion sur les taux serait probable, mais tout porte à croire que le léger sursaut d’inflation au début de 2021, suite à la reprise, après l’année morte 2020, n’est que temporaire et que les salaires, facteur d’inflation possible, ne rgrimperont pas non plus. La Banque centrale européenne (la BCE) fait son possible pour éviter une remontée des taux.
L’autre danger qui plane et qui inquiète les pays « frugaux » est que cette inversion des taux du haut vers le bas aie des effets négatifs sur les emprunts. Les gouvernements risquent de devenir comme des alcooliques qui sentiraient de moins en moins la cirrhose qui détruit leur foie et boiraient de plus en plus puisque l'alcool est gratuit. La tentation de remonter le prix de l'eau de vie serait alors forte pour ses fabricants. Elle inquiète aussi les gardiens de notre argent.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a lancé un avertissement : « Il serait aventureux de faire reposer notre stratégie de finances publiques sur le maintien éternel des taux bas ».Il a demandé au président de la République de limiter la croissance des dépenses publiques à 0,5% par an en moyenne contre 1,1% par an au cours de la dernière décennie. Selon ses calculs, cela ramènerait la dette publique française à 105 % du PIB en dix ans. On serait quand même loin encore des 60% requis par le Pacte.
C’est sûr comme deux et deux font quatre : la monnaie européenne subira un jour le contrecoup de la crise du Covid. A moins que… à moins qu’on ne dévalue... mais ce serait douloureux, brutal et destructeur ! La confiance en l'euro et dans l'Union Européenne se volatiliserait. Ou alors, comme c’est déjà le cas, les banques grignoteront les avoirs par des taux négatifs et écoperont lentement la dette. C'est assez tentant, la Banque Centrale Européenne (la BCE) ayant fait passer les taux en territoire négatif, de sorte que plus on a de dette, moins elle est lourde à porter. Ainsi pour la France, le service de la dette était descendu en fin d'année 2020 à 35,8 milliards au lieu des 38 milliards attendus il y a un an, avant la crise sanitaire.
L'effet positif est que la dette est lourde mais supportable. Parce que les banques centrales, ni européenne, ni américaine, ne semblent vouloir relever leurs taux directeurs, nous avons pour chercher des solutions, selon toute probabilité, un répit de quatre à cinq ans, probablement même de dix ans devant nous avec une monnaie assez stable.
D’une part, c’est à peu près le temps qu’il faudra à l’économie pour se régénérer si la santé collective se rétablit à la fin de 2021 avec le vaccin, comme on l’espère. De l’autre, la majorité des économistes estime que les taux bas pratiqués depuis des années sur les marchés financiers le resteront à moyen terme de sorte que nous aurons un temps de convalescence à notre disposition. MAIS a France se financera-t-elle encore à dix ans à un taux négatif de -0,34% ?
Toujours est-il que cela aiderait aussi des pays européens faibles, comme le Portugal. et l'Espagne. Quant à l'Italie et la Grèce, cas particuliers, ils doivent faire l'objet d'une réflexion de l'Europe.Ce n'est pas le moment en tout cas d'accueillir d'autres pays membres. C'est le moment de couper les pourparlers de candidature avec la Turquie.
Il faut quand même dire un mot de plus sur l'Italie entrée en convalescence sous l’œil attentif et compétent de Mario Draghi. Que son équipe de foot,la Squadra Azzurra ait battu en finale de l'euro l'équipe anglaise au stade de Wembley  a été une sévère leçon infligée à Boris Johnson. Étonnons-nous : cette victoire apporte 0,7% de plus de croissance à l'économie italienne. A la renaissance menteuse de la Grande-Bretagne que le Brexit a isolée sur son île tout en menaçant son unité et sa prospérité, Draghi, ancien chef de la Banque centrale européenne et sauveteur de l'euro en 2011-2012, oppose le reconstruction de l'Italie grâce au plan de relance Next Generation EU.L'Italie sera le premier bénéficiaire du plan de relance européen avec 221 milliards d'euros dont la première tranche de 25 milliards lui sera versée incessamment. Le plan italien auquel Draghi a associé pratiquement toutes les forces politiques importantes, est inscrit dans une stratégie cohérente axée sur quatre priorités : la transition écologique, la révolution numérique, la réduction de la pauvreté et des inégalités, la réforme de l'Etat et de la justice. Il a commencé par une campagne de vaccination de son pays qui avait été terriblement et le premier en Europe touché par la pandémie. S'ajoute que l'Italie a des atouts, de très nombreuses entreprises performantes dans des secteurs clés et surtout une balance commerciale positive de 63 milliards d'euros en 2020. Draghi a d'excellentes relations à Bruxelles et Francfort ainsi qu'à Washington avec Joe Biden. Les Italiens savent qu'il est leur grande et ultime chance de réussir.  (Rédaction, 25.07.2021)

Avenir de la Politique Agricole Commune - Un accord après 3 ans de négociations 

Fin juin 2021, après trois longues années de négociation, nous avons enfin trouvé un accord sur le futur de la Politique Agricole Commune. Prévue pour entrer en vigueur en 2023, elle aura des conséquences importantes pour nos agriculteurs et les exploitations agricoles françaises et européennes. Il faut garder à l’esprit que cet accord est un compromis, qui vient largement adoucir les positions de plus en plus idéologiques de la Commission européenne.

La PAC aura principalement pour objet sur la période 2023-2027 d’accompagner la transition verte de l’agriculture européenne, soutenir le développement économique et la structuration des filières agricoles, renforcer les processus de redistribution des aides directes entre exploitations, filières et régions et enfin de décentraliser la gestion et le contrôle de cette politique sans pour autant affaiblir son caractère commun.

En tant que Rapporteur pour le Groupe PPE sur la réforme de l’Organisation Commune des marchés agricoles et les règles de financement, de gestion et de contrôle des fonds agricoles, j’ai pris toute ma part dans ce processus. Avec mon groupe politique, nous avons eu à cœur de trouver un équilibre entre le développement économique des exploitations agricoles et la protection nécessaire de l’environnement et du climat.

Ce fut difficile à atteindre mais cela était essentiel. Certains perdent parfois de vue que sans revenu agricole, il n’y aura pas de durabilité environnementale et climatique. Nous avons également préparé l’avenir des fleurons de l’agriculture européenne, tels que le vin et les produits couverts par des appellations ou des indications géographiques. Nous avons également veillé à ce que les secteurs agroalimentaires bénéficient de nouveaux outils pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur, et que les outils de gestion des marchés et des crises soient révisés, notamment par la mise en place d’une réserve de crise de 450 millions d’euros. Nous avons enfin obtenu la mise en place d’une nouvelle « philosophie » en matière de contrôles, fondée sur une approche bienveillante de conseil vis-à-vis des agriculteurs, tout en renforçant les règles en matière de transparence et les outils pour lutter contre les conflits d’intérêts, la fraude et la corruption.

La mise en place pour la première fois de la possibilité pour les administrations nationales de corriger les erreurs commises de bonne foi par les agriculteurs est une source de fierté personnelle ayant porté cette proposition dans les négociations. (Anne Sander. Députée européenne (Groupe PPE)-Questeure au Parlement Européen. 16/07/2021).

Quand la liberté devient suicidaire

C’est une curieuse conception de la liberté que de considérer que l’on peut vivre enfermés, se nourrissant d’aides renouvelées -jusqu’à quand ?- c’est-à-dire de la mendicité publique, en laissant, l’arme au pied, l’épidémie se développer. Comme Ponce Pilate, les « antivax » crient aux atteintes à la liberté et se lavent les mains devant la situation de crise qui nous guette. Comme le préfet romain, la justice véritable ne les concerne pas, comme lui en son temps -l’historien Flavius Joseph l’avait noté-, ils se préoccupent d’abord de leur propre sort, d’un confort moral illusoire qui bientôt se heurtera au mur de la réalité et deviendra, de fait, invivable pour tous et pour eux en premier lieu. Je suis libre disent-ils, laissez-moi choisir… La liberté consiste-t-elle à accéder aux désirs de tous ? Cela en serait une conception bien puérile… aux enfants on apprend dès le premier âge les limites de l’accession à tous leurs désirs (mécanismes décrits par Freud) et la nécessité de se plier à des règles indispensables à une vie harmonieuse individuelle et collective.
Ces sceptiques, poussés par les vents complotistes, se pensent dans l’air d’un temps où l’hédonisme, l’individualisme et le matérialisme borné sont devenus les valeurs universelles, assénées, il est vrai, massivement pas les grands médias. Les gourous n’ont jamais eu autant d’adeptes et les harangues d’une adolescente ont plus de poids que les recommandations des scientifiques. De cette morale est bannie le vieux principe répété par nos instits : « La liberté des uns commence où s’arrête celle des autres ». Ils le remplacent par le « Je fais ce qui me plaît », slogan désuet, hérité de mai 68.
Pour ce qui est de la « dictature », ce mot qui a inondé les réseaux sociaux le soir même de l’intervention présidentielle, est assez choquant. Il est diffusé le jour même où les manifestants cubains sont durement réprimés, où Freddy Guevara l’opposant vénézuélien est emprisonné, où Kim Il Song affame son peuple en Corée du Nord pour financer ses missiles de mort et où le continent chinois tout entier est contraint de fêter son tortionnaire : le Parti Communiste, dirigé par une poignée de vétérans qui imposent une loi d’airain à leur bénéfice exclusif. Le souci unique du PC Chinois c’est en effet sa pérennité, le bien du peuple n’étant que l’habillage de cette ambition. Le récent documentaire d’Arte https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-F/le-monde-de-xi-jinping/ montre ce qu’est la réalité d’une dictature où les opposants sont directement envoyés en camp de rééducation.
La liste des dictatures n’est hélas pas exhaustive, elles sont plus nombreuses que les démocraties. Cela suffit-il de dire à ceux qui les dévaluent ainsi « Pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils disent ! » ? Nous bénéficions d’un système de liberté très large. C’est un privilège rare dans le monde dont nous devrions avoir conscience. Nous avons de nombreux droits et notamment celui de dire que nous ne sommes pas d’accord en votant ; un droit que nous n’utilisons d’ailleurs qu’avec parcimonie. Ces antivax qui évoquent la dictature devraient avoir un minimum de décence au regard de ces peuples courageux qui luttent pour un minimum de liberté.
Il y a parmi eux cette fameuse sphère complotiste qui prétend, par exemple, que nous sommes gouvernés par des extra-terrestres réunis dans un lieu secret ou que le virus lui-même a été créé de toutes pièces par un consortium capitaliste dans le but de s’enrichir. Ce sont des croyances hurluberlues plus largement répandues que ce que l’on croit. Il existe aussi un courant plus ancien, populaire depuis quelques années en raison de la publicité qui lui a été faite et aux profits qu’il génère, lié aux médecines parallèles, prétendument asiatiques –notamment- ou dites traditionnelles. Cette mouvance, anti-science, anti-progrès, a conduit naturellement ses adeptes au refus d’une vaccination qui va contre ses principes.
On constate désormais –avec étonnement- que ces attitudes que l’on pensait marginales ne le sont pas et atteignent désormais une partie considérable de la société. Il y aura donc dans les jours qui viennent deux types de réponse au défi de la vaccination : une première, venue des pragmatiques qui auront pris conscience de l’enjeu et qui vont se précipiter sur le vaccin et une seconde qui va s’enfermer dans un refus sectaire, soutenue par les formations politiques extrêmes : France Insoumise et Rassemblement National qui une fois encore se retrouvent côte à côte dans une attitude anti-sociale au nom d’une haine commune du système. Ces derniers, enfermés dans un ressentiment féroce contre Macron ne voudront pas en démordre. Il faut craindre une sorte de révolte de ce noyau dur antivax, d’autant plus violente qu’il sera isolé. Ils ont déjà choisi leur emblème, l’étoile jaune, insulte aux souffrances des six millions de victimes de la Shoah et à leurs familles.
Les droits impliquent des devoirs. L’avons-nous oublié ? La vie en société suppose que nous prenions nos responsabilités dans le monde du travail par exemple, que nous respections des règles communes et surtout que nous manifestions un minimum de solidarité vis-à-vis de nos concitoyens. Sans cet agrément commun, pas de cité au sens grec du terme. Dans le cas précis, compte-tenu du tsunami sanitaire qui risque de déferler à brefs délais, d’anéantir des milliers de vies et l’ensemble de nos libertés. On ne peut se soustraire aux directives de ceux qui sont en charge de notre santé. Les scientifiques nous le disent : on peut encore parer le coup grâce à une vaccination massive. Il n’y a pas de place pour les états d’âme. Évitons le pire. (Pierre-Michel Vidal, „Alternatives Pyrénées“, Association d‘intérêt général. Pau.19/07/21 - Le titre est de la Rédaction de "C l'Europe")

Un appel à la résistance contre les négationnistes

Au début de 2021, dans divers pays, d'abord en Angleterre, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, où l'on supposait que la pandémie était quelque peu sous contrôle, les infections et les décès se sont à nouveau rapidement multipliés. À Londres, le nombre de personnes infectées a explosé. Les hôpitaux ont de nouveau été surchargés, comme au printemps 2020 dans d'autres pays de l'UE. On a assisté à des embouteillages d’ambulances devant les cliniques de Londres. Le variant anglais était apparu dans le sud-est de l'Angleterre. Il a accéléré la contagion et a touché davantage de jeunes. Bientôt, cette mutation a été présente en augmentation sur le continent, notamment en France. En février 2021, ses cousins sud-africains et brésiliens dont on ne sait toujours pas s'ils sont résistants aux vaccins, lui sont venus en renfort.

En Allemagne et en Autriche notamment, des restrictions draconiennes de type confinement ont été introduites dans la vie quotidienne tandis que les gouvernements français et surtout espagnol évitaient en revanche tout ce qui aurait pu paralyser l'activité économique. Leurs économies, surtout en Espagne, ne survivraient pas à un deuxième choc total comme celui de mars-avril 2020. En France, les couvre-feux ont été étendus de 20 à 18 heures, au grand dam des commerçants. Aux Pays-Bas, un petit couvre-feu nocturne très limité a provoqué des mutineries brutales et inattendues. Le gouvernement français a préféré se fier à la conscience et à la raison des citoyens plutôt que de durcir les mesures restrictives. Si la pandémie ne devient pas plus agressive et meurtrière, cette politique aura porté ses fruits. Une grande vague d'obéissance et de participation civile, une sorte de patriotisme sanitaire a saisi le pays. Plus des deux tiers des Français sont fiers aujourd'hui d'être à nouveau le pays de la raison, comme l'avait proposé son philosophe modèle René Descartes au XVIIe siècle : "Cogito ergo sum", "Je pense donc je suis".

Mais un nombre considérable de citoyens ont encore du mal à adopter un comportement exemplaire. Beaucoup ne voient pas pourquoi ils devraient restreindre leur train de vie aussi radicalement que l’exigent les virologistes et les politiciens. Et beaucoup proclament haut et fort leur désaccord avec les dispositions protectrices et ces alertes fréquentes qui gâchent notre tranquillité, comme le fait l’auteur de l’article ci-dessus (Polémique sur les décès de la COVID19 : Optimisme vs catastrophisme) que nous publions parce que nous sommes attachés au débat. Dès qu’on jette un coup d’œil sur Internet, on se rend compte que de telles opinions sont très répandues et ne souffrent d’aucune censure. Elles sont devenues un refrain constant sur la toile, ce qui pousse naturellement les médias dominants d’exagérer en sens inverse, dans le catastrophisme, pour ramener les gens à un comportement raisonnable, car danger il y a, c’est scientifiquement incontestable. Nous sommes en présence d’un mal qui pourrait éradiquer l’humanité si l’on ne faisait rien contre lui.

Parmi ces négationnistes, il y a non seulement de ignorants et des stupides, mais aussi des cerveaux de plus en plus énergiques qui y subodorent une chance de renverser les gouvernements élus en démolissant leur politique de précaution et par conséquent les gouvernements eux-mêmes et de mettre à leur place d'autres systèmes politiques de type illibéral. Quiconque tente de les réfuter est mis à l’index, se plaignait récemment le rédacteur en chef du service d’information allemand « t-online.de ». Parce qu’il défendait la politique prudentielle de son gouvernement, des centaines de courriels ont afflué dans ses boîtes de réception, parmi eux des courriels d'approbation mais aussi des courriels indignés, voire haïssables. "Ces derniers entonnent le même refrain son que les hurleurs de hurleurs de Facebook, YouTube et Telegram, de Whatsapp et Twitter. Tous les diables de l'enfer se sont déchaînés contre moi", écrivait-il, citant une lectrice qui lui a avoué : "Je crains que bientôt, l'Allemagne entière ne s'informe plus principalement dans les médias publics ou les médias privés sérieux, mais seulement dans ces monceaux d'ordures du réseau ordurier". Ce sont des mots très forts, face à une dérive inquiétante.

On doit en effet, s’alarmer de voir le nombre de personnes qui croient aux mensonges et aux rumeurs répandues sur Internet. En Allemagne, Florian Harms donnait les noms de prêcheurs de haine tels Attila Hildmann et d'apôtres de la conspiration tels Ken Jebsen, en regrettant qu’ils soient encore autorisés à répandre sans entrave leur venin. Il regrettait que les élus de son pays ignorent largement ce problème. « De nombreux politiciens de haut niveau semblent n'avoir aucune idée de ce qui se passe sur le web, ou ne veulent pas s'y salir les mains », déplorait-il. Nous pouvons ajouter que le danger de contagion est si grand qu’on a vu l’an dernier des apôtres respectables d'une Europe idéale et sans frontières manifester contre la fermeture temporaire des frontières intérieures de l'UE. Ils n’étaient pas nombreux certes. Ils avaient surtout pour but de se faire photographier comme militants de la vraie foi. Contre tout bon sens, ils ont fait comme si le virus ne profitait pas de la mobilité excessive des citoyens pour se propager à travers notre continent (voir l’article « Stop ! Frontière ! »).

Mais « est-ce que cela commence enfin à changer ? L'attaque des fanatiques de Trump sur le Capitole à Washington a tiré de nombreux hommes politiques de leur léthargie numérique chez nous aussi ». C’est le chef du parti conservateur bavarois CSU, Markus Söder, qui ale premier mis en garde dans l’hebdomadaire Welt am Sonntag contre la radicalisation des soi-disant « anticonformistes » (les Querdenker en Allemagne) : "C'est dévastateur. Les fausses nouvelles et les mensonges qui circulent sans cesse sur le web incitent les gens à se réfugier dans des univers virtuels et parallèles. Cela prend les dimensions d’un culte. Les gens subissent un lavage de cerveau", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Les idées erronées deviennent des slogans fallacieux pour produire à un moment donné des actes nocifs. C'est pourquoi, en Allemagne aussi, nous devons non seulement améliorer les mesures de protection de nos institutions démocratiques, mais aussi examiner fondamentalement le mouvement sectaire des <anticonformistes> et d'autres groupes comparables à eux ». Sinon, selon lui, « il y aura un réel danger que des petits groupes protestataires se développent à partir de mouvements plus importants et finissent par former un noyau extrémiste qui peut devenir une cellule terroriste. Même si le parti extrémiste AfD recule dans les sondages, le risque existe qu’une sorte de Fraction Armée Rouge du Corona de plus en plus agressive et même violente ne germe en Allemagne sur ce terreau ". Et de conclure : "Nous ne laisserons pas casser notre démocratie".

Nous ne laisserons pas détruire notre démocratie.  Surtout pas en Allemagne où les idéologies erratiques ont déjà commis beaucoup de dégâts dans l’Histoire. En France, le danger est peut-être plus social qu’idéologique encore que les métastases du marxisme-léninisme survivent encore dans certaines formations politiques et se fiancent avec des microbes néo-fascistes ou islamo-fascistes. Ce magma existe dans tous les pays européens et il finit par contaminer tous les mouvements revendicatifs, comme on l’a vu en France avec les Gilets jaunes. S’ajoutent les Black-blocks et les bandes sauvages.  Les dirigeants de l'Europe encore démocratique et libérale devraient s’attaquer collectivement à ce recul de la civilisation qui commence par une gangrène des interprétations. Notre confrère Florian Harms s’en et pris aux réseaux dit « sociaux » qui véhiculent ces tendances et il a été très clair : " il faut voter des lois coercitives contre la plateforme américaine Facebook et ses filles WhatsApp et Instagram, contre le service de messagerie russe Telegram, contre la filiale américaine de Google YouTube et le service américain Twitter. Pas quelque part en Amérique ou ailleurs, mais ici dans l'Union Européenne, nous devons les sanctionner par de lourdes amendes pour chaque publication haineuse ou mensongère. Sans avoir recours à des procédures compliquées, mais séance tenante. Nous devons empêcher les fous numériques prendre d'assaut notre démocratie comme aux États-Unis. Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, le patron de Telegram, Pavel Durow, le patron de Google, Sundar Pichai, et les autres entrepreneurs de la toile ont gagné des milliards pendant des années en semant la haine et le mensonge partout dans le monde. Il est temps que cela cesse. (....) De préférence par le biais d'une initiative à l'échelle de l'UE soutenue par la commissaire européen à la concurrence (....). Réveillez-vous tous,Européens, s'il vous plaît !" ("C l'Europe" avec un article de Florian Harms du 11.01.2021 sur t-online)

Rubrique Irrespectueuse  
La plume acérée de Gilles Dubois

La paille et la poutre ?
Le moins que l’on puisse dire, le Garde des Sceaux n’est pas dans les petits papiers des juges. Même si nous ne faisons pas spécialement partie de ses amis intimes, et pour cause (avant d’entrer au gouvernement, il se disait proche de Jean-Luc Mélenchon), l’acharnement des magistrats contre lui interroge. Pour une futilité, au demeurant non démontrée, il est convoqué devant les juges afin d’être très probablement mis en examen (médias), après avoir fait l’objet d’une perquisition aux petits oignons à son ministère (de mémoire de garde des sceaux, une première). Mais ce n’est pas tout. Comme le dit sans cesse et fort à propos notre plombier, il y a toujours eu et il y aura toujours des fuites.
C’est ainsi que les médias ont eu vent du « délit supposé » et décidé : peu importe ce qu’il a fait ou pas fait, la proie est trop belle pour la laisser s’échapper, donc pas question de présomption d’innocence pour King Kong de la Place Vendôme -comme le surnomment affectueusement ses « amis », paraît-il. Haro donc sur le baudet. Ils ont même encore enfoncé le clou aujourd’hui. L’ex défenseur de la veuve et des orphelins - et partant, pourfendeur des vilains petits juges, c’est la triste rançon de la gloire- serait de plus soupçonné d’avoir fait une déclaration de patrimoine sans avoir mentionné ses revenus d’homme de théâtre -il a entre-temps corrigé l’oubli de son comptable (médias). Quel artiste mal léché !
Curieusement, plus personne, ou presque, ne semble se souvenir du fameux « mur des cons » du très raffiné Syndicat de la Magistrature, qui n’avait pas vraiment défrayé la chronique à l’époque - dans le meilleur des cas, un très maigre entrefilet en bas de la dernière page des journaux. Comme on l’a appris avec effarement, au bout du compte, aucune sanction, si ce n’est qu’une amende ridicule d’environ 500 euros pour la présidente. Circulez, il n’y a rien à voir ! Les victimes peuvent aller se rhabiller et, de toute façon, il leur restera toujours leurs yeux pour pleurer. Et que dire aussi de la chasse à l’homme contre François Fillon, peu de jour après sa victoire à la primaire de la droite et quelques jours seulement avant la présidentielle, comme par le plus grand des hasards…
Qu’avait dit le Christ dans son sermon sur la montagne? La paille et la poutre… Mais il est vrai qu’il ne s’adressait pas spécialement aux juges…(8 juillet 2021)

« Il y a des fois, je me sens fatigué... mais fatigué....» (Abraracourcix)
Décidément, la droite française est vraiment la plus bête du monde. Dans la situation actuelle, vu le taux très élevé d’abstention, il est un peu présomptueux de parler de victoire aux régionales et départementales. Elle aurait donc tout à gagner et à s’assembler, d’autant que le cœur des Français penche globalement à droite selon toutes les enquêtes d’opinion. Mais les égos des uns et des autres risquent à nouveau de tout faire capoter. Entre d’un côté le « frère trois points » ou « frérot la gratouille » des Hauts-de-France - il a officiellement reconnu être franc-maçon-, qui se dresse tel un coquelet sur ses petits ergots pour tenter de séduire à lui tout seul toute la basse cour et, de l’autre, les Républicains empêtrés dans des discussions sans fins et stériles sur l’opportunité d’une primaire (autant discuter du sexe des anges), la droite n’est pas vraiment au mieux de sa forme. Et encore, par charité chrétienne, nous ne nous attarderons pas ici sur l’épisode calamiteux en PACA. Toute l’année, la politique du Président est critiquée mais, à la guerre comme à la guerre, les trêves ne sont pas faites pour les chiens. Tout continue de se décider à Paris, au mépris de ce que pensent et souhaitent les électeurs. Dans ces conditions, comment encore s’étonner que les Français ne mettent plus de bulletins dans les urnes ? Il serait pourtant si simple de proposer un programme sérieux et qui tienne la route au lieu de personnalités dont la plupart de nos compatriotes n’ont cure…quand seulement ils les connaissent. (8/07/2021)

Nein, c'est nein
La chancelière a catégoriquement exclu de s’associer aux Présidents français et des EU pour nationaliser la recette des vaccins (télévision allemande du 13 juillet). Elle a évidement raison. Et peu importe que ce soit pour protéger ou non BioNTech. Toute nationalisation aurait en effet pour conséquence l’arrêt immédiat de toute recherche. Cela ne devrait pourtant pas être si difficile à comprendre, même si l’on a toujours vécu, bien au chaud, aux frais du contribuable.(16/07/2021)

Bruxelles n'y va pas avec le dos de la cuillère
La Commission européenne vient de présenter ses propositions en matière de transition écologique. Un chef d’œuvre du genre. Non seulement elle ne fait pas profil bas après sa gestion catastrophique de la vaccination, mais encore elle en remet une grosse couche. Sans se préoccuper le moindre du monde des « sans dents »européens et de ce qui est faisable dans l’état actuel de la science , elle propose en effet de serrer les boulons des propriétaires de véhicules prétendument polluants à partir de 2035 (on rappellera que l’on leur avait vendu les bienfaits du diesel à grand renfort de subventions il y a encore très peu de temps), et d’imposer d’importants travaux de rénovation aux propriétaires d’habitation pour rendre celles-ci moins « énergivores ». Afin de faire passer plus facilement la pilule, les ménages les plus pauvres devraient avoir droit à des aides d’un montant global d’environ 75 milliards d’euros - aux frais du contribuable européen, ce qui va sans dire. Ni la France ni l’Allemagne, qui ont gardé un reste de lucidité, ne semblent toutefois très emballés (Le Figaro). Et pour cause. Mais elles ont apparemment oublié que la proposition en question est la suite logique de la désastreuse COP 21 de Paris, qui avait été initiée à l’époque par une ex ministre de l’écologie socialiste en mal de notoriété et un ex premier ministre, furieux de s’être fait voler la vedette - tous deux ayant naturellement fait toute leur carrière sous les dorures de la république, donc à l’abri de toutes les vicissitudes de la vie et à des années-lumière des réalités du monde industriel.(16/07/2021)

« J'ai la mémoire qui flanche". » (chanson de Jeanne Moreau)
Le Ministre des Finances etc..se réjouit tellement de recevoir 40 milliards d’euro de Bruxelles qu’il semble avoir oublié que nous devrons, de notre côté, verser 80 milliards d’euros, donc le double, à Bruxelles. De notre temps, nous n’aurions même pas obtenu le certificat d’étude si avions eu une telle défaillance de mémoire en calcul.(16/07/2021)

On grignote, on grignote... avait répondu, en 1915, un pauvre général français à une haute personnalité politique venue de l’arrière, et qui lui avait demandé où l’on en était, finalement, avec la prise des tranchées allemandes .  La Cour de Justice européenne à Luxembourg semble s’être rappelée de ces propos et les avoir mis au goût du jour,  de l’UE s’entend. Dans un arrêt de la semaine dernière, le tribunal a en effet décidé que les militaires étaient des travailleurs comme les autres, notamment en matière de durée quotidienne de travail, quand ils ne sont pas en opération, ce qui a entraîné, à juste titre, une levée des boucliers en France (médias) - nous rappellerons, au passage, que la plus haute juridiction européenne n’en est pas à son coup d’essai. Il y a peu, elle avait en rendu une sentence similaire pour les pompiers et autres services de premier secours. Sachant que les armées sont  -encore- du ressort exclusif des États, force est de constater qu’une fois de plus, l’UE se mêle de ce qui ne la regarde pas et pire, essaie de rogner sur les compétences des Etats, à tel point, d’ailleurs, qu’un ex-membre de la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe se demande si elle n’essaie pas, lentement mais sûrement, d’instituer un Etat fédéral (c'est le quotidien "FAZ" qui le dit). Est-il encore nécessaire de rappeler que les membres des institutions européennes, hors Parlement, n’ont pas la légitimité des urnes et ne doivent leurs postes qu’à la bienveillance de leurs gouvernements, qui souhaitent bien souvent se débarrasser d’eux à moindre coût, l’actuelle présidente de la Commission en étant  une parfaite illustration…parmi tant d’autres.(18/07/2021)

Wirtschaft/Gesellschaft


1. Das große Unbehagen der Jugend in Europa
2. Distanzierung von Amerika nach dem US-Fiasko in Afghanistan 
3.Wenn Freiheit selbstmörderisch wird  
4. Hübsches  Programm! Ein Artikel von Claude Donnadieu
5  Wie können die Staatschulden getilgt werden? 
6. Die angebliche, medizinische Versklavung des deutschen Volkes
7. Tja, die schöne alte Zeit


Das große Unbehagen der Jugend in Europa

Laut Umfragen des European Council of Foreign Relations (ECFR) ist in zwölf europäischen Ländern die europäische Jugend stärker von der Gesundheitskrise betroffen als ältere Menschen:
57 % der jungen Menschen geben an, dass ihr Leben in Bezug auf Gesundheit und Lebensstandard beeinträchtigt wurde, während dieser Prozentsatz bei den älteren Menschen nur 35 % beträgt. Auch ihr Misstrauen gegenüber den Maßnahmen der Regierungen zur Bekämpfung der Epidemie ist mit einer Skepsis von 43 % deutlich höher als bei den Älteren, bei denen die Quote bei 28 % liegt. Außerdem war diese Skepsis in Deutschland aus welchen Gründen auch immer höher als in den anderen europäischen Ländern.
Meinungsforscher gehen davon aus, dass dieser Umstand die deutschen Jugendlichen noch stärker als die Durchschnittsdeutschen ein Gefühl des Freiheitsverlustes verschafft hat, so dass sie für die FDP gestimmt haben, die Selbstbestimmung und Freiheit auf ihre Fahnen geschrieben hat. Die Umfragen ergaben, dass 27 % der Bürger in der Europäischen Union das Gefühl haben, dass ihre Freiheit durch die Lockdownmaßnahmen und Barrieregesten beschnitten wurde, während die dieses Gefühl bei 68 % bei den Deutschen liegt. Dies ist ein ziemlich überraschendes Ergebnis, das zeigt, dass die Deutschen doch vielleicht anders sind, als ihre Nachbarn es sich vorstellen.
Wir empfehlen die Lektüre unseres Artikels über das liberale Votum der Jugend weiter unten unter "Europa". (Redaktion "C l'Europe" mit ECFR und "Welt". 29/09/2021)

Das große Unbehagen der Jugend

So kommt es, dass wir unter unseren Mitgliedern unbeabsichtigt eine Mehrheit von jungen Menschen zwischen 18 und 35 Jahren haben, und unter ihnen eine kleine Mehrheit von jungen Frauen. Sicherlich, weil der europäische Gedanke doch attraktiv ist und weil ein Grossteil der Jugend nicht nur Landsleute treffen will. Darüber hinaus, weil die Jüngsten unter uns die gleichen Rechte und Pflichten wie die Ältesten haben. Wir sind eben "cool" und tolerant. Europa hat viele Facetten und jede, jeder darf sich ihre-seine auswählen Lediglich die Beitragssätze unterscheiden sich, allerdings zu Gunsten der Jungen.

Dies ist aber ein sehr kleines Privileg. Denn die jungen Leute von heute sind in Schwierigkeiten. Abgesehen davon, in Kriegszeiten zwanzig Jahre alt zu sein, ist nichts schlimmer, als in Covid-Zeiten ebenfalls zwanzig zu sein.

Ein französischer Schriftsteller, Paul Nizan, der im Alter von 35 Jahren im Krieg fiel, schrieb 1931: "Ich war zwanzig. Ich werde es nie zulassen, dass man sagt, dies sei das schönste Alter des Lebens". Das Virus tötet die Älteren, der Krieg die Jüngeren. Die Tatsache, dass wir keinen offenen Krieg haben, ist sicherlich eine große Chance für die jungen Menschen. Frieden ist zum natürlichen Zustand Europas geworden. Wie könnten sie sich jedoch darüber freuen, wenn sie nicht wissen, wie Krieg aussieht? Das Virus ist für sie zwar nicht so gefährlich wie Krieg, aber es ist keine Kleinigkeit, die man von der Hand weisen kann. Einige unserer Mitglieder wurden positiv auf Covid getestet. Einige haben gelitten. Alle haben überlebt. Müde. Rekonvaleszent. Genesend.

Überall herrscht Zweifel

Sollte die Pandemie anhalten, würden junge Menschen eine Verzögerung im Leben erleiden, eine Amputation ihrer produktiven und kreativen Jahre, des Frühlings ihres Lebens. Und es ist nicht sicher, ob wieder ein Virus von irgendwoher kommt. Wir sind in eine Ära der unerklärten und vielleicht, unvorhergesehenen und unbeabsichtigten viralen Kriegsführung eingetreten. Wir zweifeln an allem. Die Angst und die Ungewissheit verunsichern viele und schaffen Raum für Verschwörungstheorien und falsche Heilbringer. Das ist aber kein Phänomen unserer Zeit. Bereits während der Pest-Epidemie im Mittelalter zogen Flagellanten in „Geißlerzügen“ durch die Städte, da sie dachten die Pest wäre eine göttliche Strafe und man könne so Buße tun.

Das grössere Problem steckt für die jungen Menschen anderswo. Und zwar ganz besonders in der neuen Labilität des Bildungs- und Ausbildungssystems. So sind Fakultäten und Schulen geöffnet, manchmal geschlossen. Werden die Prüfungen ab dem Abitur stattfinden, damit das Studienjahr nicht ausfällt? In welcher Form und wann wird geprüft werden ? Und was werden die schnell erworbenen Diplome wert sein? Die Sorge erstickt diejenigen, die auf der Suche nach Arbeit sind. Das Virus und seine Eindämmung blockieren die ohnehin schon schwierige Suche. Aber die Suche danach wird noch schwieriger als zuvor sein. Einer bekommt die Stelle, hundert werden abgelehnt? Das Fernsehen zeigt uns Unternehmen und Geschäfte, die noch arbeiten, um uns zu ermutigen, aber wir können auf der Straße sehen, dass viele Läden endgültig geschlossen haben. Das könnte die Welt sein, in die die jungen Menschen eintreten werden.

Wer wird die Schulden abbezahlen?

Die Regierungen haben mit Hilfen und Subventionen viele Mitarbeiter vor der Arbeitslosigkeit und Unternehmen vor dem Ende bewahrt, aber wer zahlt und wann? Eines Tages werden wir es zurückzahlen müssen. Müssen die heutigen Teenager und Post-Zwanziger die abgrundtiefe Schuld abbezahlen? Oder zu einer Tauschwirtschaft zurückkehren, wenn das Geld wertlos wird? Die Werbung zugunsten digitaler Währungen zeigt uns, es kann auch alternativ,e nicht staatliche Währungen geben, zumal wir kaum noch bar mit Papier und Metall bezahlen. Ob sie tatsächlich die sicheren Währungen der Zukunft sind, wird sich weisen.

Niemand ist sicher, dass er morgen in eine lebenswerte Welt kommt. "Ein junger Mann, eine junge Frau : eine Lösung", sagte die französische Arbeitsministerin Elisabeth Borne, jetzt eigentlich Ministerin für Unterbeschäftigung. Ihr 6,7-Milliarden-Euro-Plan gewährt Ausbildungsprämien zwischen 5.000 und 8.000 Euro. Die Universitätskantinen geben komplette Mahlzeiten für einen Euro. Das macht es ihnen möglich zu überleben, aber überleben ist nicht leben.

Man könnte das Gefühl bekommen, als ob junge Menschen auf das Betteln reduziert würden, anstatt den einen oder anderen Mini-Job anzunehmen, der es ihnen ermöglichte, über Wasser zu bleiben. Es war schon ein Opfer, neben dem Studium zu arbeiten, aber auch die Opfer werden abgeschafft. Die Wirtschaft ist gelähmt. Nur wer in systemerhaltenden Positionen mit Geld umgeht oder für Essen, Transport, Sauberkeit und Gesundheit arbeitet, hat noch viel zu tun. Gegenstände, Produkte und Dienstleistungen, die nicht essbar sind oder Leben unmittelbar retten , sind nicht mehr gefragt.

Wo steckt des Problem für die Jugend?

Was sie am härtesten trifft; ist das Arbeitslosenvirus,. Und die Pandemie hat diesen Zustand deutlich verschlimmert. Im Jahr 2018, der letzten erfassten Zahl, gab es in Frankreich fast eine Million junger Menschen im Alter von 15 bis 25 Jahren, die ohne Beschäftigung oder Ausbildung waren, d. h. 12,9 % dieser Altersgruppe. Die Pandemie hat diese Zahl vervielfacht. In Österreich und Deutschland war es bei weitem nicht so schlimm, aber jetzt werden wir ein weitere Krise erleben, eine psycho-soziale Krise, wenn die Jugend das Ende ihrer psychischen und monetären Leistungsfähigkeit erreicht. Wohnungslos, obdachlos, hungrig? Mit Ausnahme derjenigen, deren Eltern noch zahlungsfähig sind.

Können wir uns Scharen junger Menschen vorstellen, die sich gegen die scheinbar dunklen Kräfte auflehnen, die das Leben und den Planeten untergraben und die von den Staaten mit ihren gewählten Beamten und Staatsdienern verkörpert werden? Denn es muss Menschen geben, die dafür verantwortlich sind. Man wird Sündenböcke suchen. Hat der französische Komiker Coluche das nicht schon vor langer Zeit gesagt? "Die Hälfte aller Politiker ist zu nichts zu gebrauchen. Die anderen sind bereit, sich alles in die Taschen zu stecken“. Es ist nicht schwer, die Menschen zur Rebellion anzustacheln, aber sie zögern, ihre Pantoffeln gegen Schuhe auszutauschen, um auf die Straße zu gehen.
Junge Menschen verkriechen sich nicht mit Pantoffeln in ihre Schale. Im Moment sind sie eher deprimiert. Bald werden sie wütend sein. Das Wort Wut ist eines der meist missbrauchten Wörter der letzten Jahre. Individuelle Wut ist meist spontan. Die kollektive Wut wird künstlich hergestellt. Wut kann eingeimpft werden, wenn es in Mode ist, wütend zu sein. Und wenn die Jugendlichenvon Querdenkern beeinflusst, die sich in neuen Medien festsetzen, beschließen, alles kurz und klein zusammen zu schlagen, kann das ein reales Problem für die gesamte Gesellschaft werden. Es besteht die Gefahr einer verlorenen Generation.

Die Versuchung des Krieges

Werden wir am Ende der Pandemie eine Hysterie oder eine Depression erleben? Nach Angaben des franzöischen Gesundheitsministers Olivier Véran zeigte "während der Eindämmung fast jeder dritte Student Anzeichen einer psychischen Depression". Aber Gurus und Aufwiegler erzählen den Jugendlichen, dass ihr Übel an der Gesellschaft liegt, weil diese böse ist, und dass sie nicht dafür verantwortlich sind und dass sie das ändern können. Verschwörungstheorien, wie gesagt, und einfache Erklärungen greifen jetzt schon um sich. Sie werden auch von bekannten Persönlichkeiten aus Film und Fernsehen und sogar von Spitzenpolitikern verbreitet und für ihre Zwecke genutzt.

Nicht nur Jugendliche sind dafür sehr empfänglich. Auch Staats- und Regierungschefs die von Verschwörungen jüdischer Milliardäre oder dem Trinken von Chlor fabulieren, sind vor solchem Irrsinn nicht geschützt. Es scheint, als würden viele einen Krieg vermissen. Krieg liegt in den Genen der Menschen, das ist sicher, aber bei einigen von ihnen im Übermaß. Besonders bei jungen Menschen, deren Leben im Umbruch ist, die vor der Ungewissheit stehen und deren körperliche Verfassung den Trugschluss auf die eigene Unverwundbarkeit zulässt. Zumal Europa die längste Periode in seiner Geschichte ohne Krieg erlebt, haben Viele das subjektive Empfinden, es fehlt ein Krieg. Man sieht nicht mehr viel von der pazifistischen Jugend, die in den 1970er und 80er Jahren große Demonstrationen veranstaltete.

Aber wo ist der Feind? An der Staatsspitze? Die die lange genug gelebt haben, wissen, dass die Revolution ihre Kinder frisst. Zuerst werden die vermeintlichen Gegner guillotiniert und dann guillotiniert man sich gegenseitig, denn es ist schwierig, die Maschine zu stoppen, wenn sie einmal läuft. So endeten die jakobinische Revolution, die der Bolschewiken und die von Mao Zedong und Castro und vieler anderer.

Es muss auch gesagt werden: Die Wüste der Barbaren bedroht die Jugend von morgen. Es droht ein schwindelerregender Absturz des Kulturniveaus, verursacht vor allem durch die Möglichkeit jedes einzelnen, seine absurden Theorien leicht einer unermesslichen Menge an (jungen) Menschen zugänglich zu machen. Diese Entwicklung kann aber auch als Demokratisierung der Medienwelt gesehen werden. Dadurch kann dem Absturz des Kulturniveaus, dem Absturz in eine erneute Barbarei, auch verhindert werden. Auch die vernünftigen, friedfertigen und rationalen haben die Möglichkeit, sich, ohne dem Gutdünken eines großen Medienhauses oder großen Verlages ausgesetzt zu sein, einem weiten Publikum zu präsentieren. Das virtuelle Leben ist Segen und Fluch.

Virtuelles ersetzt das reale Leben

Die Menschheit hat hier eine Wendung genommen. Die neuen Generationen unterscheiden sich von den vorangegangenen durch den Einsatz von digitaler Technik. Lasst uns die Errungenschaften der modernen Technik loben! Hätten wir diese Pandemie vor dreißig Jahren erlebt, wären wir an Einsamkeit gestorben. Das Web hat Bibliotheken und Archive ersetzt, und digitale Dienste wie Skype und Zoom haben Treffen und Begegnungen möglich gemacht. Noch mehr als die Alten haben die Jungen davon profitiert. Ein Schwarzmaler sagte, dass das Internet nicht zum Wissen führt, sondern es eher ersetzt. Verlassen sich die heutigen Zwanzig- und Dreißigjährigen zu sehr auf den Computer? Es gibt viele Debatten zu diesem Thema und wir werden sie in den kommenden Monaten und Jahren allmählich in unserer Paneuropäischen Konferenz behandeln. Wir teilen aber nicht die landläufige Ansicht, dass die heutigen jungen Menschen geistig schwächer geworden sind. Sie wissen, wo die Informationen sind, und das ist es auch, worum es in der Kultur geht: Zu wissen, wo die Dinge sind. Zudem ist es in unserer enorm spezialisierten Gesellschaft unmöglich geworden, alles zu wissen. Der Arzt oder der Lehrer können nicht alles Wissen, aber sie können lernen, es nachzuschlagen. Das digitale Zeitalter hat dies leichter und effizienter gemacht. Der Mechaniker kann sofort ein Tutorial auf Youtube ansehen, wenn er etws nicht weiss, der Jurist sofort online ein Gesetz nachschlagen.

Euroland, Land der Jugend

Jungsein war freilich früher zur Zeit des Wirtschaftswunders und ohne Pandemie angenehmer als heute, aber es hat die heute Älteren nicht klüger gemacht. Viele junge Menschen, Jungen und Mädchen, werden heute von Großzügigkeit und vom Wunsch zu dienen angetrieben und ihr in der offenen Welt vor der Pandemie angesammeltes Wissen nützlich zu machen. Sie sind für die Generationen der Zweiten Nachkriegszeit eine große Überraschung. Das Bedürfnis, Gleichgesinnte aus ganz Europa zu treffen und mit ihnen etwas aufzubauen, ist bei ihnen stark ausgeprägt. Die europäische Staatenwelt wird von ihnen nicht mehr als Konflikt, sondern als Schulterschluss empfangen.
Unsere Mannschaft, die sich aus sehr jungen, aus jungen, aus älteren und aus alten Menschen zusammensetzt, hat sich vorgenommen, Sprungbretter und Plattformen zu schaffen, die den neuen Generationen die Möglichkeit geben, in einem offenen und vielfältigen Umfeld zu arbeiten, aus geschlossenen Horizonten herauszukommen und sich kulturell zu bereichern. Sie müssen auch lernen, sich selbst nicht zu unterschätzen, ohne dabei in die Arroganz zu verfallen, sich als Eigentümer der letzten Wahrheit zu betrachten. Und als Gegengift zur Arroganz, auch zur nationalistischen Arroganz, gibt es nichts Besseres als dieses Europa, das wir machen, wenn wir an uns selbst arbeiten, das uns aber auch unsere Grenzen aufzeigt.

Die Rückkehr zur Realität wird nach der Pandemie wichtig sein. Und wenn wir schon nach Auswegen aus der Lähmung suchen, sollten wir an den Sport denken, nicht an den Sport am Bildschirm, nicht an den Sport auf den Stadionbänken, sondern an den Sport, den wir betreiben. Einer der schlimmsten Schäden des Lockdowns hat die Teenager getroffen, die viel mehr Zeit vor dem Bildschirm als bei körperlicher Aktivität verbracht haben. Sie sollten es jetzt umgekehrt machen, sonst werden sie nicht gut altern. Zur Befreiung von der Einsperrung zwischen den eigenen vier Wänden wird auch gehören, die sowieso unsichtbaren Grenzen des Schengenraumes und etwas weiter zu überschreiten, um von Land zu Land wie die wandernden Gesellen im Mittelalter und davor zu gehen.

Schengeraum, Eurozone, das ist Europa heute, das ist Euroland. Dieser Kontinent ist unser. Er ist uns offen und alle Lockdowns sind vergänglich. (Jean-Paul Picaper, Präsident von “ Es ist Europa“, „C l’Europe“ - Dominik Possert, Vize-Präsident Präsident von „Es ist Europa“, „C l’Europe“.  15.12.2020)

Distanzierung von Amerika nach dem US-Fiasko in Afghanistan

Die europäischen Staats- und Regierungschefs sind durch das Desaster des überstürzten und unüberlegten amerikanischen Rückzugs aus Afghanistan mehr beunruhigt, als es den Anschein hat. Ein amerikanischer Freund schreibt uns aus Kalifornien, dass Biden dem Vorschlag seiner Militärs für einen schrittweisen Abzug und die Aufrechterhaltung einer Restpräsenz in Kabul zum Schutz der Freunde und Helfer der westlichen Freiheit nicht gefolgt sei.
Diese amerikanischen Blockaden lassen Onkel Sam mehr denn je als unsicheren Verbündeten erscheinen. Europa soll sich dringendst auf die Hinterbeine stellen, ohne das Bundnis mit Amerika zu brechen. Naturlich leiben wir in der Nato. Es Zeit De Gaulles, als die Amerikaner verteufelt wurden, ist längst vorbei und wir können ohne die Hilfe Amerikas weder den eroberer Putin nihct in Schach halten noch denislam!istsichen Terrroismus insbesondere in Afrika bekämpfen. Aber der Aufbau eines Europäischen Pfeiler in der Nato ist dringender denn je.

Die europäische Geldpolitik folgt nicht mehr der amerikanischen


Ist ein wichtiges Ereignis unbemerkt geblieben? Zwei widersprüchliche Schlagzeilen in der Pariser Presse hätten aufhorchen lassen müssen. Eine sagte am 27. August 2021, dass die US-Zentralbank, "die Fed, sich auf das Ende des leichten Geldes vorbereitet" und dass "die Märkte zittern" - natürlich aus Angst. Der andere sagte, dass die Europäische Zentralbank (EZB) "nicht vorhat, kurzfristig auf die Bremse zu treten".
Dies ist das erste Mal, dass die europäische und die US-amerikanische Geldpolitik auseinanderklaffen. In einigen Wochen wird die Fed damit beginnen, ihre Anleihekäufe zu reduzieren, mit denen sie Banken und Unternehmen jeden Monat Milliarden von Dollar zur Verfügung stellt. Dann wird sie ihre Leitzinsen anheben, die sowohl in den Vereinigten Staaten als auch in Europa auf einem historisch niedrigen Niveau gehalten werden. Es ist möglich, dass ein Wiederaufleben des Covid diese Rückkehr zur Tugend verhindern könnte, aber die Vereinigten Staaten haben die Welt offensichtlich mit zu vielen Dollars überschwemmt und können dies nicht weiter tun, ohne dass die Inflation in den Vereinigten Staaten weiter ansteigt (derzeit bei 4 bis 5 %) und ihre Währung abwertet. Das sind die Ideen von Fed-Chef Jerome Powel.
Im Gegenteil, ein solides zweites Quartal, eine stärker als erwartete Erholung der Aktivität und der Aufträge insbesondere in Frankreich und eine relative Kontrolle des Gegenangriffs der Delta-Variante durch die gute Entwicklung der Impfstoffe, beruhigen Europa. Die Inflation bleibt bei überschaubaren 1,5 % (allerdinds ist sie inzwischen auf 2 Prozent und mehr besonders wegen der ERhöhung des Gazpreises gestiegen) und es ist wahrscheinlich, dass das Wachstum einen Teil der Geldspritzen absorbieren wird. Die Inflation ist nach Ansicht von Experten eher ein amerikanisches als ein europäisches Problem. Zwar könnte sich ein durch den Arbeitskräftemangel und die Rohstoffknappheit bedingter sprunghafter Anstieg der Löhne, der die Verfügbarkeit von Produkten einschränkt, negativ auswirken. Die EZB ist jedoch der Ansicht, dass sie ihre Ankäufe von Vermögenswerten, die eine der wichtigsten Stützen für die Wirtschaft sind, nicht reduzieren muss. Dies wird sich später zeigen, wenn sich die Wirtschaft deutlich erholt hat.
Die Gouverneure der europäischen Banken sind der Meinung, dass es in Europa einen starken Konsens darüber gibt, dass nichts geändert werden sollte. In einem nach wie vor unsicheren Umfeld, in dem die Pandemie noch nicht vollständig überwunden ist und die Inflation mittelfristig niedrig bleibt, ist es dringend geboten, nichts zu ändern, abgesehen von ein paar Feinjustierungen.  (J.-P. P., 30/08/2021)

Wenn Freiheit selbstmörderisch wird

Es ist eine merkwürdige Auffassung der Freiheit, wenn man bedenkt, dass wir eingesperrt leben können, uns von staatlicher Hilfe ernähren - bis wann? -, das heißt, vom öffentlichen Betteln, während wir die Epidemie sich entwickeln lassen. Wie Pontius Pilatus haben die französischen "Anti-Vax"(Impfgegner) "Freiheit" geschrien und ihre Hände in Unschuld gewaschen, was die Krisensituation betrifft, die uns erwartet. Wie dem römischen Präfekten geht es ihnen nicht wie zu seiner Zeit um die wahre Gerechtigkeit - wie der Historiker Flavius Joseph feststellte -, sondern in erster Linie um ihr eigenes Schicksal, um einen illusorischen moralischen Trost, der bald an die Wand der Realität stößt und in der Tat für alle und in erster Linie für sie selbst unerträglich wird. Ich bin frei, sagen sie, lasst mich wählen... Besteht die Freiheit darin, den Wünschen aller zu entsprechen? Das wäre eine sehr kindliche Vorstellung... Kindern werden von klein auf die Grenzen des Zugangs zu all ihren Wünschen (von Freud beschriebene Mechanismen) und die Notwendigkeit, sich an Regeln zu halten, die für ein harmonisches individuelles und kollektives Leben unerlässlich sind, beigebracht.

Diese Skeptiker, getrieben vom Wind der Verschwörung, denken, sie seien im Einklang mit einer Zeit, in der Hedonismus, Individualismus und engstirniger Materialismus zu den universellen Werten geworden sind, die von den großen Medien in der Tat massiv vertreten werden. Gurus hatten noch nie so viele Anhänger und die Sprüche eines Teenagers haben mehr Gewicht als die Empfehlungen von Wissenschaftlern. Der alte, von unseren Lehrern wiederholte Grundsatz: "Die Freiheit des einen fängt dort an, wo die des anderen aufhört", ist aus dieser Moral verbannt worden. Sie ersetzen ihn durch "Ich mache, was ich will", einen veralteten Slogan, den sie von des studentischen Rebellion im Mai 68 geerbt haben.

Was die "Diktatur" betrifft, so ist dieses Wort, das am Abend der Präsidentenrede (Macrons Rede zugunsten der allgemeinen Impfung) die sozialen Netzwerke überflutete, ziemlich schockierend. Sie wurde am selben Tag ausgestrahlt, an dem kubanische Demonstranten brutal unterdrückt wurden, der venezolanische Oppositionelle Freddy Guevara inhaftiert wurde, Kim Il Song sein Volk in Nordkorea verhungern ließ, um seine Todesraketen zu finanzieren, und der gesamte chinesische Kontinent gezwungen war, seinen Folterknecht zu feiern: die Kommunistische Partei, angeführt von einer Handvoll Veteranen, die ein eisernes Gesetz zu ihrem ausschließlichen Vorteil durchsetzen. Die einzige Sorge der chinesischen KP ist in der Tat ihr eigenes Überleben, das Wohl des Volkes ist nur ein Deckmantel für diese Ambition.

Der aktuelle Arte-Dokumentarfilm

https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-F/le-monde-de-xi-jinping/ 

zeigt, wie die Realität in einer Diktatur aussieht, in der Gegner direkt in Umerziehungslager geschickt werden.

Leider ist die Liste der Diktaturen nicht erschöpfend; es gibt mehr von ihnen als Demokratien. Reicht es aus, denen, die sie auf diese Weise abwerten, zu sagen: "Verzeiht ihnen, sie wissen nicht, was sie sagen"? Wir genießen ein sehr breites System der Freiheit. Dies ist ein seltenes Privileg auf der Welt, dessen wir uns bewusst sein sollten. Wir haben viele Rechte, darunter auch das Recht, mit dem Wahlzettel zu sagen, dass wir nicht einverstanden sind, ein Recht, das wir zu sparsam nutzen. Diese Anti-Vaxer, die eine Diktatur heraufbeschwören, sollten ein Minimum an Anstand gegenüber die mutigen Menschen haben, die für ein Minimum an Freiheit kämpfen.

Dazu gehört die berüchtigte Verschwörungssphäre, die z.B. behauptet, dass wir von Außerirdischen regiert werden, die sich an einem geheimen Ort versammelt haben, oder dass der Virus selbst von einem kapitalistischen Konsortium aus dem Nichts geschaffen wurde, um sich zu bereichern. Diese Unsinnsvorstellungen sind weiter verbreitet, als uns bewusst ist. Es gibt auch einen älteren Trend, der in den letzten Jahren aufgrund der Publicity, die er erhalten hat, und der Gewinne, die er generiert, populär geworden ist, und der mit alternativen, angeblich asiatischen oder so genannten traditionellen Medikamenten verbunden ist. Diese wissenschaftsfeindliche, fortschrittsfeindliche Bewegung hat ihre Anhänger natürlich dazu gebracht, eine Impfung abzulehnen, die ihren Prinzipien widerspricht.

Wir sehen nun - mit Erstaunen -, dass diese Einstellungen, von denen man dachte, sie seien marginal, es nicht sind und nun einen beträchtlichen Teil der Gesellschaft erreichen. Demnächst wird es zwei Arten von Reaktionen auf die Herausforderung der Impfung geben: die erste von Pragmatikern, die sich der Problematik bewusst geworden sind und sich auf den Impfstoff stürzen werden, und die zweite, die in einer sektiererischen Verweigerung verhaftet sein wird, die von extremen politischen Gruppen unterstützt wird: die linksradikale France Insoumise und das rechtsradikale Rassemblement National, die sich wieder einmal Seite an Seite in einer unsozialen Haltung im Namen eines gemeinsamen Hasses auf "das System" befinden. Letztere, die in einem heftigen Ressentiment gegen Macron gefangen sind, werden nicht aufgeben. Wir müssen eine Art Revolte dieses harten Kerns der Anti-Vax befürchten, die umso heftiger ausfallen wird, als sie isoliert sein wird. Sie haben bereits ihr Emblem gewählt, den gelben Stern, eine Beleidigung für das Leiden der sechs Millionen Opfer der Shoah und ihrer Familien.

Rechte implizieren Pflichten. Haben wir das vergessen? Das Leben in der Gesellschaft setzt voraus, dass wir z. B. in der Arbeitswelt unsere Verantwortung wahrnehmen, gemeinsame Regeln respektieren und vor allem ein Mindestmaß an Solidarität gegenüber unseren Mitbürgern zeigen. Ohne diese gemeinsame Zustimmung gibt es keine Stadt im griechischen Sinne des Wortes. In diesem speziellen Fall, angesichts des Gesundheits-Tsunamis, der wahrscheinlich in naher Zukunft ausbrechen und Tausende von Leben und alle unsere Freiheiten zerstören wird. Wir können uns den Anweisungen derer, die für unsere Gesundheit verantwortlich sind, nicht entziehen. Wissenschaftler sagen uns, dass wir die Krankheit immer noch durch Massenimpfungen abwehren können. Da ist kein Platz für Sentimentalitäten. Vermeiden wir das Schlimmste (Pierre-Michel Vidal, "Alternatives Pyrénées", Gemeinütziger Verein. Pau.19/07/21 - Der Titel  ist  von "C l'Europe"

Hübsches Programm!

Im Moment, wo unsere Mitbürger zum Thema Diskriminierung befragt werden, versäumen es die Islamo-Linken aller Couleur sowie die Dekolonialisten nicht, Sie als hässliche Rassisten von Rechtsaussen zu beschimpfen, denen das Schicksal von Minderheiten gleichgültig ist, Sie behaupten ausserdem, unterdrückt zu werden, sobald man sich nicht vor ihnen beugt und seine angeblichen Verbrechen bereut.
Das ist der Trend heutzutage. Am Ende sieht alles aus wie in den Vereinigten Staaten, wo der Kommunitarismus in einem Ausmaß abdriftet, wie man es seit dem Elend im rassistischen Süden vergangener Zeiten nicht mehr erlebt hatte. Einige amérikanische Universitäten, und nicht die geringsten, haben beschlossen, getrennte Abschlussfeiern auf der Grundlage von Rasse, ethnischer Zugehörigkeit, sexueller Präferenz oder Lebensstandard zu inszenieren! Unsere Kollegen von der New York Times buchstabieren jetzt Black mit einem B und white mit einem w, um die Rassentrennung zu bekämpfen. Ein großer Unsinn, der dazu drängt, eine neue Form der Apartheid zu erfinden.
Martin Luther King, wach auf, sie sind verrückt geworden!
Hier sind andere Warnzeichen sichtbar, die nicht täuschen: die Studentengewerkschaft UNEF organisiert „nicht gemischte Diskussionsgruppen“, die für Weiße verboten sind, unter dem Vorwand, farbige Menschen besser zu Wort kommen zu lassen. Oder die Politikerin Audrey Pulvar schlägt vor, dass Weiße einfach den Mund halten und als stille Zuschauer teilnehmen sollen.
Die heutigen Antirassisten sind weit entfernt vom SOS-Rassismus der 1980er Jahre. Statt für die Aufklärung einzutreten, die unserer Republik teuer ist, betonen sie die Besonderheiten der jeweiligen Gemeinschaft. Die Welt steht auf dem Kopf, das Individuum wird wegen seiner Clan-Zugehörigkeit und nicht wegen seiner Eigenschaft als Mensch.
Diese dekolonialistsiche Bewegungen möchten uns eine politische und kulturelle Schuld aufbürden, eine Schuld, die auf die von unseren Vorfahren begangene Kolonisierung zurückgeht und für die wir ad vitam aeternam einen hohen Preis zahlen müssten. Nach diesem Prinzip wäre der Weiße ewig in der Schuld und der Schwarze oder Araber hätte immer einen guten Grund, den Rang des Opfers zu beanspruchen.
Wir sollten uns jedoch nicht scheuen, die Werte zu verteidigen, die unsere sind. Wir sollten vor den Aktivisten nicht zurückweichen, die in Grenoble einen Hochschullehrer einschüchtern, der den Mut hatte, den Geist der Kapitulation anzuprangern, der in unseren Fakultäten angesichts des Minderheitendrucks um sich greift.
Nein, Frankreich ist kein Land mit systemischem Rassismus, es gibt sicherlich Differenzierungen, aber nicht unbedingt auf der Basis ethnischer Konzepte. Die se Leute müssen aufhören, uns Schuldgefühle einzureden. Erinnern wir uns daran, dass Frankreich, die Heimat des Universalismus, eine unteilbare Gesellschaft ist, die darauf abzielt, alle im Dienste des Gemeinwohl zu assimilieren.
Unsere jüdisch-christliche Welt, dekadent in Nordamerika und verfallend in Europa, taumelt unter dem Einfluss dessen, was Samuel Huntington "Kampf der Kulturen" nannte. In einem aktuellen Lied zögert des islamistische Politprediger Tariq Ramadan nicht zu sagen: "Ihr habt die Wahl, wir haben keine Wahl/Entweder ihr teilt alles mit uns, oder wir bedienen uns selbst".
Damit ist alles gesagt: Es geht dort tatsächlich um die Islamisierung der Moderne und nicht um die Modernisierung des Islams. Das ist nicht dasselbe. "Mit euren demokratischen Gesetzen werden wir euch kolonisieren, mit unseren koranischen Gesetzen werden wir euch unterwerfen", vertraute Mohammad Abdelkarim Alissa, Generalsekretär der Islamischen Weltliga, an.
Ein hübsches Programm!
(Claude Donnadieu, Chefredakteur der französischen Regionalzeitung La Lozère Nouvelle - 15. April 2021)

Wie können die Staatschulden getilgt werden?

Wenn es um Geld geht, sind Zahlen entweder Ideale, die erreicht werden müssen, oder Grenzen, die nicht überschritten werden dürfen. Eine davon wurde am Ende des ersten Quartals 2021 überschritten, als die kumulierte Verschuldung der Eurozone 100,5 % ihres Bruttoinlandsprodukts erreichte. In Frankreich stieg es von 100,8 % im Vorjahr auf 118 % des nationalen BIP, in Deutschland auf 71,2 %, in Spanien auf 125,2 % und in Italien erreichte es einen Höchststand von 160 %. Noch schlimmer: In Griechenland waren es 209% des BIP. Die europäische Verschuldung wird auch im Jahr 2022 auf diesem Niveau bleiben, das in der Geschichte noch nie erreicht wurde. In der Eurozone ist dies ein allgemeines Phänomen.

Der Rückgang der Steuereinnahmen aufgrund der Rezession, die durch die Unterbrechungen der Arbeit und wirtschaftlichen Unterstützungsmaßnahmen, die insbesondere an Unternehmen und Arbeitnehmer verteilt wurden, verursacht wurde, ist der Grund für diese "noch nie dagewesene" Situation. In Frankreich, wo die Defizite zu Beginn des Jahres anschwellen, wird die Verschuldung auf ein weniger alarmierendes Niveau zurückkehren, aber die vom Präsidenten zu Beginn der Pandemie im März 2020 ausgegebene Parole "koste es, was es wolle" hat das öffentliche Defizit (Haushalt) um 9,2 % des BIP erhöht. Die Talsohle ist durchschritten und wird sich den Prognosen der Regierung zufolge im Jahr 2021 auf diesem Niveau "stabilisieren".
Die Bürger und Unternehmen wurden mit Geld überschüttet, um Depressionen und Konkurse so weit wie möglich zu vermeiden. „Die Regierung wird helfen", sagte Präsident Macron zu Beginn der Pandemie. Dafür wurde „ein Batzen Moneten“ ausgegeben, um ein anderes Wort des Präsidenten zu verwenden. Die Haushaltsregeln des Europäischen Stabilitätspakts, die die Mitgliedstaaten der Zone dazu verpflichteten, ihr öffentliches Defizit auf unter 3 % des BIP und ihre Gesamtverschuldung auf unter 60 % des BIP zu senken, wurden ignoriert. Und die Franzosen waren nicht die einzigen, die das taten.

Im März 2020 setzte die Europäische Kommission angesichts der Pandemie und der Notwendigkeit, die Volkswirtschaften zu unterstützen, den Stabilitätspakt bis Ende 2022 aus. Es wurde erlaubt, davon abzuweichen. Was aber, wenn die Delta-Variante oder andere Covid-Mutante die Aktivität weiter verringert? Wie kann man in der jetzigen Situation überhaupt wieder in die Spur kommen?
Dies würde die Mitgliedstaaten dazu zwingen, die Steuern zu erhöhen, wie sie es 2011 nach der Dollar- und Eurokrise getan haben, um die Kassen zu füllen. Infolgedessen hat die Rezession in vielen Bereichen weitere zehn Jahre gedauert. Investitionen und Innovation sind zurückgegangen.
Wir können uns einen solchen Fehler nicht mehr leisten. Um den Schaden zu begrenzen, empfehlen Wirtschaftswissenschaftler eine Überarbeitung des Pakts. Zum Beispiel, indem zukunftsorientierte Investitionen aus der Berechnung des öffentlichen Defizits ausgeschlossen werden. Oder durch die Einführung neuer Sparvorschriften für die öffentlichen Ausgaben. Es wird notwendig sein, Beamte zu entlassen, insbesondere in Frankreich, wo der Entbürokratisierungsprozess während der Pandemie unterbrochen wurde.
Auch bei den Budgets für die Außenpolitik könnten Einsparungen erzielt werden. Vielleicht, um dieses Geld auf die Sicherheit zu übertragen, die zu einem entscheidenden Problem in unseren Gesellschaften geworden ist? Im Zeitalter der verstärkten digitalen Kommunikation brauchen wir vielleicht nicht mehr so viele Diplomaten vor Ort im Ausland, denen wir zusätzliche Prämien und Umzugskosten zahlen müssen, aber wir brauchen mehr ausgebildete Polizeibeamte und Dienste, die Straftäter einsperren und/oder rehabilitieren.
Die Bekämpfung von Drogen, vom Tabak und mehr Geld für die Gesundheit, sowie die Unterdrückung abnormer Verhaltensweisen müssen zu den wichtigsten Prioritäten werden, und wir müssen aufhören, aus wahltaktischen Gründen Zuschüsse an sehr kleine Minderheiten zu vergeben, die amerikanische soziologische und intellektuelle Moden widerspiegeln, die dem Geist der europäischen Republik nicht entsprechen. Wir müssen uns auf die Stärkung Europas konzentrieren.
Der französische Wirtschafts- und Finanzminister Bruno Le Maire setzt vor allem auf die Rückkehr des Wachstums, auf die Kontrolle der Staatskosten und auf Strukturreformen. Anstatt die rund 100 Milliarden an Ersparnissen fiskalisch zu tilgen, die die Franzosen während der aufeinanderfolgenden Lockdowns auf die hohe Kante gelegt ahben, wird verscuhte$= werden, sie zum Ausgeben und Investieren zu bewegen.

Aber hier haben wir es mit einem der klassischen europäischen Dilemmas zu tun. Die Aussicht auf eine Lockerung der Regeln gefällt den Hauptstädten Nordeuropas nicht, die befürchten, dass die südlichen Mitgliedsländer dies ausnutzen werden, um in ihren Sparbemühungen nachzulassen. Im Großen und Ganzen sind die Grünen und Sozialisten offen für eine Reform des Stabilitätspakts. Die konservative Rechte und die liberale Mitte sind weit weniger bereit, dies zu akzeptieren.
Das derzeitige große Glück der Industrieländer liegt in den sehr niedrigen Kreditzinsen. Die zehnjährigen Zinssätze in Frankreich liegen bei Null, während sie 2008, als die US-Subprime-Krise ausbrach, bei über 4 % lagen. Weltweit haben sie sich in BIP-Punkten im Zeitraum 1995-2020 halbiert. Sie liegen deutlich unter den Wachstums- und Inflationsraten. Sollten die Preise steigen, wäre ein Auswirkung auf die Zinssätze wahrscheinlich, aber es gibt allen Grund zu der Annahme, dass der leichte Anstieg der Inflation Anfang 2021 nach der Erholung vom toten Jahr 2020 nur vorübergehend war und dass auch die Löhne, ein möglicher Inflationstreiber, nicht steigen werden. Die Europäische Zentralbank (EZB) tut ihr Bestes, um einen Anstieg der Zinssätze zu vermeiden.

Die andere Gefahr, die sich abzeichnet und den "sparsamen" Ländern Nordeuropas plus Österreich Sorgen bereitet, ist, dass diese Zinswende von oben nach unten negative Auswirkungen auf die Kreditaufnahme haben wird. Die Regierungen laufen Gefahr, wie Alkoholiker zu werden, die die Zirrhose, die ihre Leber zerstört, immer weniger spüren und deswegen immer mehr trinken, da Alkohol kostenlos ist. Die Versuchung, den Preis für Branntwein zu erhöhen, wäre dann für die Hersteller groß. Das beunruhigt auch die Hüter unseres Geldes.
Der Gouverneur der französischen Zentralbank, François Villeroy de Galhau, warnte: "Es wäre abenteuerlich, unsere Strategie für die öffentlichen Finanzen auf die ewige Beibehaltung der niedrigen Zinssätze zu gründen". Er forderte den Staatspräsidenten auf, das Wachstum der öffentlichen Ausgaben auf durchschnittlich 0,5 % pro Jahr zu begrenzen, gegenüber 1,1 % pro Jahr im letzten Jahrzehnt. Nach seinen Berechnungen würde dies die französische Staatsverschuldung in zehn Jahren auf 105 % des BIP senken. Dies wäre immer noch sehr weit von den im Pakt geforderten 60 % entfernt.
Es ist todsicher, dass die europäische Währung eines Tages unter den Auswirkungen der Covid-Krise leiden wird. Es sei denn... es sei denn, wir werten ab... aber das wäre schmerzhaft, brutal und zerstörerisch! Das Vertrauen in den Euro und in die Europäische Union würde schwinden. Oder die Banken werden, wie es bereits der Fall ist, mit Negativzinsen an den Vermögenswerten knabbern und die Schulden langsam abbauen. Das ist recht verlockend, denn die Europäische Zentralbank (EZB) hat die Zinsen in den negativen Bereich verschoben, so dass, je mehr Schulden man hat, desto leichter wird deren Last. So sank der Schuldendienst Frankreichs bis Ende 2020 auf 35,8 Milliarden statt der vor einem Jahr, vor der Gesundheitskrise, erwarteten 38 Milliarden.

Der positive Effekt ist, dass die Schulden zwar hoch, aber erträglich sind. Da die Zentralbanken, weder die europäische noch die amerikanische, ihre Leitzinsen nicht anheben wollen, haben wir vier bis fünf Jahre, wahrscheinlich sogar zehn Jahre Zeit, um nach Lösungen mit einer einigermaßen stabilen Währung zu suchen. Einerseits ist dies ungefähr die Zeit, die die Wirtschaft braucht, um sich zu regenerieren, wenn die kollektive Gesundheit bis Ende 2021 mit dem Impfstoff wiederhergestellt ist, wie man hofft. Andererseits ist die Mehrheit der Ökonomen der Meinung, dass die seit Jahren niedrigen Zinsen auf den Finanzmärkten mittelfristig bestehen bleiben werden, so dass wir eine Zeit der Erholung zur Verfügung haben werden. Kann sich aber Europa wirklich noch zehn Jahre lang einen negativen Zinssatz verlassen?
Dies würde auch schwachen europäischen Ländern wie Portugal und Spanien helfen. Was Griechenland anbelangt, das ein Sonderfall sind, so muss Europa darüber achdenken. Auf jeden Fall ist dies nicht der Zeitpunkt, um andere Mitgliedsländer aufzunehmen. Es ist aber höchste Zeit, die Kandidaturgespräche mit der Türkei abzubrechen.

Noch ein Wort zu Italien, das sich unter dem wachsamen und kompetenten Blick von Mario Draghi erholt . Die Tatsache, dass seine Fußballmannschaft, die Squadra Azzurra, die englische Mannschaft im EM-Finale im Wembley-Stadion geschlagen hat, war für Boris Johnson eine ernste Lektion. Überraschenderweise brachte dieser Sieg der italienischen Wirtschaft 0,7 % mehr Wachstum. Der verlogenen Renaissance Großbritanniens, das durch den Brexit auf seiner Insel isoliert wird und dessen Einheit und Wohlstand bedroht sind, stellt Draghi, ehemaliger Chef der Europäischen Zentralbank und Retter des Euro in den Jahren 2011-2012, den Wiederaufbau Italiens dank des europäischen Konjunkturprogramms Next Generation EU. Italien wird der erste Nutznießer des europäischen Programms mit 221 Milliarden Euro sein, von denen die erste Tranche von 25 Milliarden in Kürze ausgezahlt wird. Der italienische Plan, an dem Draghi praktisch alle wichtigen politischen Kräfte beteiligt hat, ist Teil einer kohärenten Strategie, die sich auf vier Prioritäten konzentriert: den ökologischen Übergang, die digitale Revolution, die Verringerung von Armut und Ungleichheit sowie die Reform von Staat und Justiz. Er begann mit einer Impfkampagne für sein Land, das als erstes in Europa von der Pandemie betroffen war. Darüber hinaus verfügt Italien über Vermögenswerte, eine große Anzahl erfolgreicher Unternehmen in Schlüsselsektoren und vor allem eine positive Handelsbilanz von 63 Milliarden Euro im Jahr 2020. Draghi hat ausgezeichnete Beziehungen in Brüssel und Frankfurt und in Washington zu Joe Biden. Die Italiener wissen, dass er ihre große und letzte Chance auf Erfolg ist.  (Redaktion, 25.07.2021)

Frankreich vor der Regionalwahl im Juni 2021 und vor der Parlaments- und Präsidialwahlen im Mai-Juni 2022 : Macron oder Le Pen ?

Die Juni- Regionalwahlen sind inzwischen verstrichen. Die Alternative Macron-Le Pen ist vielleicht für die Präsidentschaftswahlen vom April 2022 nicht mehr so aktuell, wie sie im letzten April aussah.  Die Ultrarechten von Marine Le Pen haben deutlich an Boden verloren. Die neogaullistischen Republikaner (LR) haben ihre regionalen Festungen behalten und die Grünen (EELV) ihre neuen Erfolge bestätigt. Die Sozialisten (PS) sind anwesend geblieben, wenn auch als Minderheit. Dagegen hat die Macron-Partei (LREM) mit einem schwachen Ergebnis  bestätigt, dass sie in Provinzen und Gemeinden nicht ausreichend verankert ist. Im Moment wachsen die Kandidaten auf die Nachfolge von Macron wir Pilze im Wald. (Red. 28.07.21)

Ist Frankreich das Land der Staatsstreiche? Ist es nicht in der Lage, sich selbst zu reformieren? Der Mythos der großen Revolution von 1789-93, der der französischen Republik zugrunde liegt, hat etwas damit zu tun. Die Franzosen neigen dazu, einen Regimewechsel einem Regierungswechsel vorzuziehen. Aber sie haben etwas Angst vor den Folgen, zumindest diejenigen von ihnen, die etwas Geschichte gelernt haben, zumal die Große Revolution nicht mehr verherrlicht wird, wie das z. B. unter dem Staatsprâsidenten Mitterrand noch der Fall war. Letztendlich votieren die Franzosen, wenn es möglich ist, eher für „law and order“ statt für Umsturz und Umwälzung. Sie haben nicht so unmittelbar wie die Deutschen Diktaturen erlebt. Aber sie haben genug abschreckende Beispiele in ihrer Historie, um Vorsicht walten zu lassen,.
Erinnern sie sich z. B. an die Ablösung der Monarchie durch die Republik. Um eine Rückkehr der Könige zu verhindern, beschloss damals der revolutionäre Konvent den Tod des Königs Ludwig den 16..unter der Klinge der Guillotine und wenig später den Tod der Königin Marie-Antoinette auf die gleiche Weise, denn die Revolutionen steigern sich im Blutrausch, sobald das erste Blut geflossen ist. Sie kennen dann keine Grenzen mehr.
Es bedurfte ebenfalls eines regelrechten Staatsstreichs, um die Revolutionären zu beseitigen, und Robespierre und seine Clique landeten wiederum unter der Guillotine. Dann übernahm General Napoleon Bonaparte die Macht und errichtete eine legalistische Diktatur und eine Quasi-Monarchie. Und nach der Restauration der Monarchie übernahm Louis Napoleon Bonaparte, dessen Neffe, wieder die Macht, nachdem er Präsident der Republik gewesen war.
Um einen Putsch der Generäle zu verhindern, übernahm General De Gaulle 1958 die Macht, änderte die Regierungsform aber nicht das Regime. Dafür wenigstens musss man ihm danken. Er hat ein Präsidialsystem eingeführt aber die Feiheit nicht angetastet.
Emmanuel Macron versuchte, über die klassischen politischen Spaltungen von Links-Rechts-Mitte-Linksaußen-Rechtsaußen hinauszugehen, weil er das Gefühl hatte, dass diese Praxis nicht mehr funktionierte, vor allem, wenn es darum ging, die großen Probleme er heutigen Zeit zu lösen, die nicht mehr in diesen Rahmen passen, wie Klimawandel, Massenezuwanderung, Währungskrise, Globalisierung, zu der inzwischen auch noch die Pandemie hinzugekommen ist. Er veröffentlichte jedoch am 24. November 2016 zu Beginn seines Präsidentschaftsfeldzugs von 2017 ein Buch mit dem Titel "Revolution". Hätte er es "Reform" betitelt, wäre es nicht so erfolgreich gewesen. Er kündigte darin "eine große Transformation an, wie (sein Land) seit der Erfindung des Buchdrucks und der Renaissance sie nicht mehr gesehen hatte." Trotzdem profilierte er sich darin vorsichtshalber als Mann des "Dafür" und nicht als Mann des "Dagegen". Er wolle "für die notwendige Neugründung des Landes" über die politischen Spaltungen hinausgehen.
Was davon hat er geleistet? Sicher, er hat einige grundlegende Reformen durchgeführt. Einige bleiben oder blieben auf der Strecke.
Die klassische Opposition links und rechts oder was davon übrig geblieben ist versucht nachzuweisen, dass er nichts getan hat und dass die Reformen nicht „revolutionär“ sondern halbherzig und halbfertig geworden sind Aber es stimmt, dass sie unter Macron ein schweres Leben hatte. Sie versucht, im Hinblick auf die bevorstehenden Parlaments- und Präsidentschaftswahlen im Mai-Juni 2022 wieder Profil zu bekommen. Auf Seiten der Linken gibt es nur noch eine Kraft, die in der Lage ist, wie in Deutschland voranzukommen: die Umweltschützer. Bei den Kommunalwahlen im Juni 2020 eroberte die "grüne Welle", und zwar die Partei EELV, mehrere regionale Metropolen: Annecy, Besançon, Grenoble, Lyon, Poitiers, Straßburg, Tours und vor allem Bordeaux, das seit Jahrzehnten auf die klassische Rechte abonniert war. Die Wähler dieser acht Städte haben alle einen grünen Bürgermeister gewählt, nicht alle mit dem gleichen Programm, aber mit gemeinsamen Grundideen.
Die beiden Parteien, die mehr gelitten haben als Macrons vielseitige Partei LaREM (La République en Marche), waren die Sozialisten der PS (Sozialistische Partei) und die spätgaullistischen Republikaner (LR).
Der Fehler der Sozialisten (PS) war, auf die Migranten als Wahlvolk zu setzen. Angesichts der Bedrohung durch starke Einwanderungswellen und durch den Aufstieg des politischen Islams in Frankreichs großer arabischer Migrantengemeinschaft ist die PS nach einigen Erfolgen in der sozialistischen François-Hollande-Ära (2012-2017) ins Hintertreffen geraten. Auf der einen Seite ist ein großer Teil der Arbeiterschaft nach Rechtsaußen übergelaufen, auf der anderen Seite werden die sozialistischen Kader selbst beschuldigt, mit dem politischen Islam zu sympathisieren. Die Schimpfworte "Islamolinke" und "Islamo-Faschismus" fordern ihren Tribut und verurteilen die Sozialisten zum Scheitern. Die PS hat unwissentlich einen Pakt mit dem Teufel geschlossen.
Haben die spätgaullistischen Republikaner  (LR) überhaupt eine Chance, Macron zu besiegen? Im Moment seht es nicht so aus, dass die alte gaullistische Partei abbröckelt und sich vielleicht auflosen wird. Derjenige, der sich für ihren Anführer im Feldzug hielt, Xavier Bertrand, der Präsident der Region Nordfrankreich, war der erste, der sich als Anti-Macron-Kandidat aufstellte, um von seinen Genossen nicht eingeholt zu werden und sich an deren Spitze zu setzen. Aber wie Olaf Scholz in Deutschland, hat er sich wohl zu früh erklärt. Er spielt gegen Macron die die Sicherheitskarte aber nicht so glaubwürdig wie die ultra-rechte Partei RN (Rassemblement National ) von Marine Le Pen, die diese Fahne seit Jahren schwingt. Es liegt auch auf der Hand, dass dieser ruhige Mann, Versicherungsvertreter von Beruf, intellektuell das Wasser zu Macron nicht reichen kann.
Sarkozy hatte das intellektuelle Niveau, wurde aber 2012 von François Hollande geschlagen, weil der Zentrist François Bayrou, der ständige Aussteiger, ihn im letzten Moment mit dem Rückzug seiner Unterstützung zu Fall brachte. Er gibt in seiner gaullistischen Parte LR, keinen Kandidaten, den Sarkozy bisher unterstützt. Außerdem hat er selbst wegen nie endender finanzieller Angelegenheiten endlose Probleme mit der Gerichtchbarkeit.
Und dann war noch die Fillon-Affäre im Jahr 2017, als der ehemalige Premierminister von Nicolas Sarkozy als Kandidat der klassischen Rechten zurücktreten musste, nachdem entdeckt wurde, dass er seine Frau mit einem Gehalt als Parlamentsassistentin versorgt hatte, wofür sie kaum gearbeitet hatte. "Wir stecken im Dreck, resümiert ein Sarkozyst, Ich weiß nicht, wie wir da rauskommen, aber ich weiß, dass Bertrand nicht die Lösung ist".
Man hatte mit Michel Barnier (unser Artikel weiter unter "Europa") gerechnet, aber er lässt auf sich warten. Ein anerer Gaullist, Laurent Wauquiez, der nach dem Scheitern der gaullistischen Partei bei den Europawahlen von seinem Posten als LR-Präsident zurücktreten musste, scheint sich nicht entscheiden zu wollen. Vielleicht zieht Wauquiez es vor, Präsident der Region Rhône-Alpes zu bleiben. Er wartet auf das Ergebnis der Regionalwahlen im nächsten Juni. Es bleibt die Tatsache, dass Nicolas Sarkozy die Gallionsfigur der Spätgaullisten ist, aber dass er älter geworden ist, dass seine Frau vielleicht nicht wünscht, dass der politische Zirkus die Familie wieder kaputt macht, und dass er sich mit siegreichen aber zermürbenden Schlachten gegen die Gerichte aufreibt. Er schreibt Bücher Vielleicht zieht er es vor, weiter welche zu schreiben.
Sarkozy ist darüber hinaus nicht so eindeutig gegen Macron. Er bejaht u. a. dessen Engagement für Europa. Manche gaullistische Regionalchefs, der Bürgermmeister von Nizza, Estrosi und sein Parteifreund Muselier, Président der Region Südostfrankreich, stehen zu Macron. Tatsache bleibt, dass Emmanuel Macron in den Umfragen im Moment überraschend stabil in Führung bleibt. Die ultrarechte Marine Le Pen bekommt in den Prognosen für die erste Runde der zukünftigen Präsidentschaftswahlen oft etwas bessere Ergebnisse, aber trotz eines etwaigen Bröckelns seiner Mehrheit von 2017 wäre Macron deutlich vor ihr in der entscheidenden zweiten Runde. Für den Moment können wir auf die Wiederwahl von Emmanuel Macron als Präsident im Jahr 2022 setzen. Hinzu kommt, dass er trotz des Rücktritts seines ehemaligen Premierministers Édouard Philippe weiterhin gut und sicher umgeben ist: Von seinem brillanten Sekundanten, dem Wirtschafts- und Finanzminister Bruno Le Maire; von seinem derzeitigen volkstümlichen Premierminister Jean Castex; von dem ausgezeichneten Gesundheitsminister, dem Mediziner Olivier Véran; von dem sehr soliden Innenminister Gerald Darmanin bekommet er reiche Hilfe und er hatmit Gabriel Attal einen  ausgezeichneten Presse sprecher. Er hat den prestigeträchtigen aber total einflusslosen Posten des Plankommissars an François Bayrou vergeben, damit dieser ihm keinen Dolchstoß in den Rücken versetzt. Inzwischen haben sich die Gelbwesten und andere die Volksaufständische und Chaoten etwas beruhigt. Es bleibt nur noch das Problem des blutigen islamistischen Terrors. Gefährdungen der öffentliche Sicherheit könnten Macron destabilisieren, aber sie können ihn auch stärken, da die Wähler sich an die amtierende Regierung klammern, wenn Gefahr im Verzuge ist. Das ist wohl das wahrscheinlichste. (Jean-Paul Picaper, 27.04.2021)


Die angebliche, medizinische Versklavung des deutschen Volkes

Eine Zentralregel der Propaganda besteht darin, die Lügen so aufzubauschen, dass sie zu Wahrheiten werden. Kleine Lügen sind kaum glaubwürdig, große Lügen sind es, weil keiner in diesem Ausmaß lügen würde, bildet man sich ein. Dass es sich bei den Organisatoren der „Coronalüge“ um Manipulatoren handelt, war schon bei ihrer ersten Großdemo daran ersichtlich, dass den Angaben der Veranstalter zufolge 800.000 bis 1,3 Millionen Menschen mitmachten. Tatsächlich kamen laut Polizei nach sicheren Zähltechniken nur 17.000 bis 20.000 zusammen. Es kann uns nicht beruhigen, dass diese Aussteiger nur eine kleine Minderheit sind. Mao Zedong hatte seinen Kampf gegen die chinesische Republik mit nur 6 Mitgliedern angefangen und Hitlers Partei bestand aus einem Grüppchen von Randalierern, bevor die Weltwirtschaftskrise ausbrach.

Corona-Leugner, Impfgegner, Klimawandelleugner, Komplotisten, kurz die Ewignegationisten, verabreden sich in regelmäßigen Abständen in der deutschen Hauptstadt, um die Ursache der Pandemie nicht im Covid-Virus selbst sondern in der Virusbekämpfung als Ursache allen Übels anzuprangern. So eigenartig und skurril diese Behauptung auch sein mag, so ist für diese Menschen das Virus eine Regierungserfindung, eine „Corona-Lüge“, um das Volk mit medizinischer Verordnung zu unterjochen und die Menschenrechte ausser Kraft zu setzen.

Das behaupten ihre Strippenzieher aber natürlich geht es ihnen darum, die Gewählten der Bundesrepublik Deutschland zu diskreditieren und ihre Autorität zu untergraben. Politisch gutgläubige Gutmenschen und historisch unerfahrene junge Menschen laufen diesen Scharlatanen hinterher in dem Glauben, dass sie für eine bessere Welt demonstrieren und sich einsetzen. In der Menge marschieren aber immer wieder Teilnehmer mit eindeutig rechtsgerichteten Fahnen oder T-Shirts, und ebenfalls Mystagogen und Sektierer, die sich seit den ersten Tagen der Virusbekämpfung als Freiheitskämpfer und „Endederpandemieapostel“ produzieren.

Höhepunkte dieser totalitären Farce fanden u. a. mit Großdemos in der Berliner Stadtmitte am Sonntag 2. Juli und am Samstag 7. November 2020 und einige Male zwischen durch noch in Berlin und andernorts statt. Am 31. August 2020 wurde von einer Handvoll rabiater Demonstranten ein Angriff auf das Reichstagsgebäude inszeniert, der von einigen mutigen Polizisten mutig abgewehrt wurde, von denen die „Bild“-Zeitung schrieb, dass sie „Helden“ waren. Das waren sie in der Tat. Sie haben sich für die Republik in Gefahr begeben. Nichts hätte besser als dieser Angriff auf die Bundestagshochburg nachweisen können, dass die Randalierer der Demokratie den Garaus machen wollen.

Nach der wechselvollen Geschichte des Reichstags, der vom deutschen Kaiser verachtet, von Josef Goebbels als „Klatschbude“ bezeichnet und dann höchstwahrscheinlich von den Nazis in Brand gesteckt wurde, und der während der deutschen Teilung als Sinnbild der Demokratie nur einige Schritte von der Ulbricht-Mauer entfernt dastand, ging dieser Anschlag der Rechtsextreme aus einer Weltanschauung hervor, die die legitime, frei gewählte Vertretung des deutschen Volkes beseitigen will. Bundespräsident Frank-Walter Steinmeier sprach von einem "unerträglichen Angriff auf das Herz unserer Demokratie", Regierungssprecher Steffen Seibert kritisierte "schändliche Bilder, die so nicht hinzunehmen waren". Bundestagspräsident Wolfgang Schäuble sah "Grenzen des Anstands" verletzt.

Diese Leute versuchen mit dem Kampf gegen die Pandemiebekämpfung als Vorwand, aus Deutschland ein Irrenhaus zu machen, wo Fiktionen und Phantasmen die Wirklichkeit ersetzen Und das nicht nur in Deutschland, sondern auch in Italien, in Spanien und anderen EU-Staaten, wo auch Revolten stattfinden Aber in Deutschland muss man wegen der Vergangenheit vor 1945 und vor 1989 besonders aufmerksam sein. Die Maßnahmen und Zwänge gegen Nachlässigkeit und Leichtsinn, die der Kampf der Regierung gegen den Virustod erfordert, schaffen für die Dauerprotestler und Hobbyquerulanten eine willkommene Gelegenheit, die beste und effizienteste Regierungsform, die Deutschland in seiner Geschichte je hatte, und zwar die bundesrepublikanische Demokratie, als Diktatur darzustellen. Nicht anders tat es jahrzehnte lang die sowjetische Desinformation im Kalten Krieg, indem sie Fakten und Tatsachen im freien Westen in ihren Darstellungen in ihr Gegenteil umkehrte.

Spätzöglinge der marxistischen Agitprop sind jetzt an den Schaltstellen und sowieso, wie Brecht sagen würde, „der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch“. Mit der Verleumdung des Euros und mit der Verleugnung der Klimakrise hatten sie es schon versucht, aber die europäische Währung hat sich behauptet und die Klimastörung ist spürbar geworden. Als Ersatz zur Irreführung der Menschen kam ihnen die Corona-Pandemie gerade recht. Menschen blind für Tatsachen zu machen und Tatsachen zu leugnen, gehörte immer zum Wesen des Marxismus-Leninismus. Aber die radikale Rechte, praktisch alle totalitären Bewegungen tun es auch. Der Lockdown und die dadurch bewirkte Wirtschaftsflaute machen die Bevölkerung labil und anfällig für absurde Parolen und destruktive Verhaltensweisen. Ein fruchtbarer Boden für die Propaganda.

Der bekannte Beeinflussungsprozess, der darin besteht, aus vernünftigen Menschen Politfantasten zu machen, funktioniert nach wie vor in Zeiten der Destabilisierung durch
Seuchen, Hungernot, Krieg und Naturkatastrophen. Da sucht man händeringend nach Sündenböcken, nach Deutungen und Fabeln, nach Verschwörungen und Machenschaften und nach Hintermännern. Es mangelt schon etwas an Zielscheiben. Selbst der Kapitalist mit dickem Bauch und dicker Zigarre steht nicht mehr zur Verfügung, weil es ihn in dieser Form nicht mehr gibt. Es bleibt die Hauptfigur der Regierung, die Merkel. Der Feldzug gegen die demokratisch gewählte deutsche Regierung ist umso aggressiver als der seit 2015 etwas angekratzte Nimbus der Kanzlerin Merkel seit Jahresbeginn 2020 im Kampf gegen die Pandemie, den sie sehr gut führt, Profil und Glanz wieder erlangte.

Die verwöhnten Staatsbürger Europas, die besonders in Deutschland und Frankreich immer mehr an geschenktem Wohlstand für immer weniger Arbeit verlangten, neigen dazu, bei geringen Einschränkungen ihres Luxuslebens zu rebellieren. Verleiht man diesen ahnungslosen „Querdenkern“ das Gefühl, dass sie eben „denken“ und klüger als Ottonormalstaatsbürger sind, weil sie sich einbilden, die angeblichen Lügen der Medien und der Politik durchschauen, da sind sie bereit, die Säulen der Demokratie abzusägen und frohlockend Rattenfängern zu folgen, die diesmal nicht von Hameln sind. (JPP,  S. v. Str. Nov. 2020)

Tja, die schöne alte Zeit

Es war einmal eine Zeit, als man sagte, dass alles früher besser und schöner gewesen war. Mag sein, dass es in den 50er bis in die 80er Jahre des letzten Jahrhunderts trotz des „Kalten Krieges“ und der atomaren Bedrohung, der Schließung der Grenzen zwischen Ost und West so gewesen war, als das sog. „Wirtschaftswunder“ stattfand und das Arbeitsangebot üppig war, indem Kaufkraft und Lebensstandard wuchsen. Aber es geht uns heute in Deutschland so gut wie nie zuvor und unser Land hatte in seiner ganzen Geschichte noch nie ein so freies und effektiv arbeitendes politisches System wie heute, das in der Bekämpfung eines völlig neuen, unerwarteten und unberechenbaren Unglücks sein Bestes tut.  In dem folgenden Rückblick denkt der Chefredakteur von „t-online.de“, Florian Harms, an die bereits fernen Jahre vor 1949.

Meine Großeltern sind schon lange tot, aber ich erinnere mich an viele ihrer Worte. Meine Großmutter erzählte mir, wie schwierig es war, in der Nachkriegszeit fünf Kinder aufzuziehen, sie arbeitete hart, versagte sich vieles; als ihr Mann starb, musste sie alles allein machen. Sie nahm es auf sich und blieb trotz der Mühen und Entbehrungen eine liebenswerte und humorvolle Frau. Meine andere Omi hinterließ viele Briefe, die mein Onkel und meine Tante gesichtet und abgetippt haben. Dort lese ich von den Ängsten im Krieg, von Unsicherheit und Enttäuschung, von Schmerz und Verlust – und trotzdem schimmert zwischen den Zeilen immer wieder ein unbändiger Lebenswille durch, flackert Hoffnung auf eine bessere Zukunft auf. Später habe ich meine Omi als lebenslustige und großherzige Frau kennen gelernt.

Ich denke gerne an meine Vorfahren. Ich male mir die Szenen aus, die sie mir von den Schlachtfeldern in Russland, der Todesangst auf einem sinkenden Lazarettschiff im Mittelmeer und den Ruinen im zerstörten Deutschland geschildert haben. Was haben diese Menschen erlitten, was haben sie durchgestanden – und haben dabei trotzdem ihren Lebensmut, ihre Empathie und ihren Elan nicht verloren. Eine enorme Leistung. Sie packten an, statt zu wehklagen. Sie steckten den Kopf nicht in den Sand, sondern blieben zuversichtlich: Es muss ja weitergehen, wir stehen das durch, irgendwann wird es besser!

Wenn ich in diesen Corona-Herbsttagen manche Zeitgenossen höre, die sich in Selbstmitleid ergehen, weil sie nun lästige Regeln einhalten und ihren Alltag einschränken müssen, wenn ich andere höre, die sich verängstigt im Nachrichtenhagel verkriechen und tagtäglich das schlimmste Szenario beschwören, dann denke ich: Denen täte es gut, mal nicht nur auf sich selbst, sondern kurz zurückzuschauen. Sich an die Vorfahren zu erinnern, die ungleich größere Krisen durchzustehen hatten als wir heute. Und die trotzdem mutig und energiegeladen blieben. So haben sie unser Land wiederaufgebaut, unseren Wohlstand erwirtschaftet, uns die Freiheiten ermöglicht, die wir heute so selbstverständlich genießen. Ich finde, einigen Leuten täte es in diesen Tagen gut, weniger zu nörgeln, weniger zu bangen und mehr Zuversicht zu zeigen. Wir werden diese Pandemie durchstehen, und danach geht es wieder aufwärts in unserem schönen Land! (Florian Harms, t-online.de, Freitag, 23. Oktober 2020)

Europe



Notre message pour les 30 ans de l'indépendance de l'Ukraine (24 août  1991)

 La jeunesse européenne vote de plus en plus libéral


1.  Avant les présidentielles françaises du 10 et du 24 avril 2022
-
Le surprenant Éric Zemmour : un séisme politique en France
Macron attend son heure

2.Après les législatives en Allemagne du 26 septembre 2021
- Le gagnant sera le vainqueur-
- Et l’Europe dans l’Allemagne d’après Merkel ?
- Le programme européen des Verts allemands
- Allemagne : l’ultra-droite trépigne mais fait du surplace

3. L'Europe vue d'Autriche
- Un nouvel équilibre - le point de vue de Vienne
- Une déclaration de Paneurope Autriche à l'occasion de la Fête de l'Europe le 9 mai 2021

Notre message pour l'Ukraine

Un ministre d’un Tsar a dit un jour qu’une frontière russe n’est sûre que si des soldats russes sont des deux côtés de cette frontière. Cela peut vouloir dire que les territoires voisins de la Russie lui appartiennent ou doivent être ses vassaux. C’est ce que le Kremlin tente de réaliser avec l’Ukraine et d’autres Etats voisins. Il a installé à demeure des combattants russes en territoire ukrainien. Ce n’est pas ainsi que l’on maintiendra la paix en Europe. Ces soldats russes doivent se retirer sur leur territoire. La place de l’Ukraine est dans une union d’Etats souverains, égaux les uns avec les autres comme l’est l’Union Européenne, respectueuse des frontières de ses voisins, ouvertes aux pays amis.(à l'occasion du 30ème anniversaire de l'indépendance ukrainienne, 23 août 2021)

Liberté et individualisme : la jeunesse européenne vote de plus en plus libéral.

La jeunesse vote « vert »… En êtes-vous vraiment  sûrs ? Ce n’est pas faux, mais ce n’est pas tout à fait exact. La  vraie sensation de cette élection allemande aura été le vote important et inattendu des jeunes de moins de 44 ans et de moins de 29 ans en faveur du petit parti libéral (FDP).
Le 26 septembre, chez les primo-votants de 18-22 le parti libéral (FDP) a été avec 22% des suffrages exprimés nettement en tête des votes, suivi de près par les Verts (Grüne). En moyenne 19% des jeunes de 18 à 29 ans ont voté en faveur du parti libéral (FDP) et 22% pour les Verts (Grüne). La tranche d’âge de 30 à 44 ans a été 13% à voter libéral et 18% Vert. Donc, plus on est jeune, plus on vote libéral. L’écart s’est resserré dans la jeunesse allemande entre les votes Verts et les votes libéraux, ces derniers dominant chez les très jeunes. Par contre, seulement 8% des suffrages des plus jeunes sont allés aux deux partis de l’ultra-droite(AfD) et de l’ultragauche (Die Linke) et leurs votes pour les grands partis traditionnels ont été de seulement 11% pour la CDU/CSU conservatrice et 17% pour le SPD social-démocrate. Les plus de 60 ans ont voté nettement CDU/CSU et SPD.
Les valeurs de la gauche, solidarité et justice sociale que prônent les partis de gauche, parmi eux les Verts, attirent moins les jeunes des années 2020 que l’individualisme et la liberté. En Allemagne, en septembre 2021, 23% des primo-votants ont opté pour le FDP libéral alors qu’ils n’avaient été que 12% eaux élections de 2017 à le faire, à peine un peu plus que la moyenne (10%). Or, cette tendance n’est pas seulement allemande, elle est européenne. En Hollande, le parti libéral Démocrates 66 est au-dessus de la moyenne parmi les jeunes. En Suède le Parti du Centre libéral a fait un comeback remarqué et le jeunes le préfèrent aux autres plus anciens. Cela s’applique aussi au parti Radikale Venstre et Venstre du Danemark. Quant aux Racines d’herbes et Anarcholibéraux du parti de Pirates de Tchéquie, ceux-là récoltent chez les jeunes deux fois plus de voix que chez leurs aînés. Les Pirates sont actuellement à 19% et pourraient entrer au Parlement de Prague.
Partout en Europe, les grands partis traditionnels du centre droit et du centre gauche perdent du terrain surtout parmi les moins de 29 ans et les moins de 39 ans. C’est avéré en Allemagne, nous l’avons dit, en Autriche, en Bulgarie, au Danemark, en Pologne et en Italie. C’est indéniable que les jeunes votaient depuis une à deux décennies plutôt à gauche, pour les Insoumis en France, les Verts en Allemagne et en Autriche, pour Unidos podemos en Espagne, et en faveur des Verts, des socialistes, du parti de la Protection animale aux Pays-Bas. Mais ils glissent maintenant peu à peu vers les partis libéraux, tels les Neos en Autriche, D66 aux Pays-Bas, les Libéraux modérés et le Centre en Suède, Venstre au Danemark et le FDP en Allemagne. Autrefois, les jeunes étaient scindés entre conservateurs et socialistes. Ils sont divisés maintenant entre Libéraux et Verts. Évidemment un Eco libéralisme, mêlant les deux tendances leur conviendrait mieux. Ils aiment aussi les partis anti-Establishment. En Italie, cela explique aussi les succès du parti Cinq étoiles somme toute  assez indéfinissable.  (Jean-Paul Picaper, 30/09/2021)

1. Avant les présidentielles françaises du 10 et du 24 avril 2022

Le surprenant Éric Zemmour : un séisme politique en France

Une explosion de dynamite a perturbé la campagne présidentielle en France. Dans le camp anti-Macron, certains vieux gaullistes rêvaient de l’homme providentiel qui allait, tel De Gaulle, sauver la France. Leur candidat s’appelait Xavier Bertrand, président de la Région Nord. Des gaullistes plus jeunes cherchaient la femme providentielle en Valérie Pécresse, présidente de la Région parisienne. Et les gaullistes ralliés à l’Europe voyaient le salut en Michel Barnier, ancien commissaire européen.
Or, un homme nouveau a tout balayé : le journaliste, auteur et polémiste sans parti Éric Zemmour. Il se classe depuis le 5 octobre dans les sondages à 17%-18%, en tendance ascendante, second derrière le président en titre, Emmanuel Macro, dominant mais bloqué à 25% des intentions de vote depuis longtemps. Zemmour est le seul candidat en dynamique comme Macron l’était en 2017 avant son élection surprise. Les présidentielles sont encore loin, mais il a des chances de participer au duel télévisé et électoral du Second tour avec Macron. Ce qui pour le président en titre changerait gravement la donne.
Zemmour chasse sur les terres de presque tous les autres partis en pénétrant par toutes leurs failles et en les faisant apparaître comme ringards, ce qu’ils sont en effet. Ce petit et fluet bonhomme à l’air ascétique, mais tout à fait normal, marié une avocate connue, mère de ses trois enfants âgés de 24 ans, 23 ans et 17 ans, s’est fait un renom comme rédacteur et commentateur audacieux et hyper cultivé dans les journaux et chaînes les plus remarquables dont « Le Figaro » et « Cnews ». Il a une mémoire prodigieuse et son QI est aussi exceptionnel au moins que celui de Macron. Son avant « Le suicide français » s’est vendu à 300 000 exemplaires et son tout dernier « La France n’a pas dit son dernier mot » en deux semaines à 400 000 exemplaires. Il casse toutes les normes et brise tous les tabous. Il s’est défait de la muselière du politiquement correct. Il dépasse l’ultra-droite de Marine Le Pen sur sa droite. Il est plus gaullien que les gaullistes. Il est anti-centriste.
Mais la gauche n’a pas prise sur cet anti-bourgeois, descendant d’immigrés d’origine berbère, élevé pourtant par ses parents dans la religion juive, mais profondément laïc, issu d’un milieu plus que modeste, mais diplômé du prestigieux Institut d’Études Politiques de Paris. La candidate socialiste Anne Hidalgo, mairesse de Paris, se dit « dégoûtée jusqu’à la nausée » par es arguments de Zemmour et le centriste rallié à Macron François Bayrou a déclaré qu’ils étaient « du poison ». Ses déclarations ? Ce sont des anathèmes, ce ne sont pas des arguments. Zemmour profite surtout du naufrage de la droite gaulliste classique, celle des Xavier Bertrand et autres, qui n’ont plus aucune chance de conquérir la présidence, et plus encore de celui de la gauche, celle d’Anne Hidalgo, (socialiste) et de Yannick Jadot (Verts) qui se dispute le leadership, mais ne pourra jamais dépasser in fine 30% des voix même en faisant bloc.
Zemmour dit ce que beaucoup de Français pensent mais, selon lui, n’osent pas dire : « En 2050, nous serons un pays à moitié islamique. En 2100 une République islamique » ; « La France est assiégée par une autre civilisation contre laquelle elle est en guerre depuis mille ans » ; « L’islam est incompatible avec la France. C’est une autre civilisation qui vise à nous coloniser » ; « Je pense que le rap est une sous-culture d’analphabètes » ; « Un Français ne doit pas avoir le droit d’appeler son fils Mohammed » ; « La guerre civile a commencé. Les Français quittent les banlieues qui ne leur appartiennent plus. C’est un signe de guerre civile. Vous, vous confondez la paix et le pacifisme. Le pacifisme, c’est se soumettre à l’ennemi » ; « L’extrême-droite, c’est ce qui veut détruire la République. Je ne combats pas la République. La République c’est la civilisation » ; « Quand on est patriote on défend son pays » ; « Emmanuel Macron veut construire une défense européenne. Mais aucun autre pays européen ne partage cette idée. Ils ne veulent être défendus que par l’OTAN, c’est à dire par l’armée américaine ». En matière européenne, Zemmour et proche du Premier ministre hongrois, Olivier Orban, auquel il rendu visite au début d’octobre 2021.
Évidemment ses diagnostics sont iconoclastes, mais ils ne sont pas farfelus. Il a des solutions, mais il n’en parle pas encore. Ce n’est pas son sujet, assure-t-il. Il se place à un autre niveau, à celui des enjeux majeurs. Ce qui distingue surtout le franc-tireur Zemmour des autres candidats, comme il le dit lui-même, c’est qu’il parle de l’avenir de la France et non pas de demi-mesures programmatiques. Il a une vision d’avenir, à dix ans et plus. Un politologue l’a qualifié de « gigantesque lanceur d’alerte ». (J.-P. P.-07.10.2021)

Élections présidentielles en France : Macron attend son heure

La course aux présidentielles en France a démarré bien qu’on toi encore à plus de six mois des échéances électorales (le 10 et le 24 avril 2022). Mais comme dans tous les principaux pays européens, les grands partis traditionnels du centre droit et du centre gauche reculent. Et c’est pour Emmanuel Macron qui a fondé un mouvement centriste au-dessus des partis, plutôt favorable. Comme l’indique le sociologue politique Jérôme Fourquet  « la gauche et la droite se sont effondrées car les soubassements  socioculturels  sur lesquels elles s’appuyaient ont été bouleversés. » Il indique aussi que « l’horizon des individus s’arrête à la recherche du bonheur individuel « et que l’on assiste à un retrait sans violence : tout comme one ne va plus à l’église, on ne va plus voter. La vraie vie et ailleurs ».
La droite classique incarnée par les néogaullistes est terriblement fragmentée et en net recul. Pour le moment seul un homme émerge un peu, Xavier Bertrand, le président de la région du Nord « Hauts-de-France « qui surfe sur trois slogans : rétablir l’autorité de l’État ; le prestige du travail ; et les territoire (le mot est inexact : il veut dire les régions). Il devance dans les sondages sa principale concurrente dans son propre parti, Valéry Pécresse, la présidente de la Région Ile-de-France, autour de Paris. Celle-ci n’a pas encore dit tout ce qu’elle a à dire. Elle a aussi l’avantage d’être une femme, mais quand on voit les malheurs d'Annalena Baerbock en Allemagne, ce n’est plus nécessairement un atout.
Toujours est-il que le parti néogaulliste (les Républicains LR) départagera les candidats de la droite nationaliste, tandis que Bertrand refuse de se plier à la règle du parti. Cela peut jouer contre lui mais aussi pour lui. A l’extrême droite le Rassemblement National de Marine Le Pen est en perte de vitesse parce qu’elle a désormais un concurrent qui se dit lui aussi « républicain » malgré les étiquettes de racisme, de fascisme qu’on lui accole : le franc-tireur Éric Zemmour, un journaliste et auteur de livre s politiques à succès. Il prendra aussi des voix à Bertrand qui n’a pas encore gagné contre Macron qui n’a pas encore déclaré qu’il était candidat à sa propre succession, mais naturellement est omniprésent sur le terrain, dans les médias et au palais Présidentiel.
Le camp gouvernemental serait en voir de création d’un grand parti centriste autour de Macron, avec le soutien de François Bayrou qui a toujours prêché la modération au centre et que le président Macron a eu l’adresse d’intégrer dans l’appareil gouvernemental à un poste de conseil seulement, certes, mais de réflexion et de projection. S‘ajoute que son ancien Premier ministre Édouard Philippe s’est prononcé en faveur de Macron au lieu de le concurrencer. Avec 40% d’avis favorables contre 53% de défavorables, Macron est en meilleure posture que ses prédécesseurs à la présidence de la France. Sarkozy était en 2012 à seulement 35% d’avis positifs et François Hollande n’était en 2016 qu’à 15 % d’avis favorables contre 80 % de défavorables. Il ne s’est pas présenté aux élections de 2017et Macron a gagné.
Macron en tout cas n’a pas grand-chose à craindre sur sa gauche. Sa concurrente socialiste, la maire de Paris Anne Hidalgo, recule. Pourtant le représentant de l’appareil du Parti des Verts et de l’écologie classique qui a été élu candidat  aurait pu la seconder. Mais ce sera pour lui l’occasion de s’affirmer candidat de la gauche, avec  aucune chance d’être présidentiable. Quant à l’extrême gauche néo-communiste d Jean-Luc Mélenchon, elle fatigue et n’a aucune chance. D’ailleurs, le tout petit parti communiste s’est rallié à Mme Hidalgo. Macron attend son heure. Ses deux prédécesseurs, Sarkozy et Hollande n’avaient pas été réélus pour un second mandat. Mais il est encore en position de force. Il aura pour lui aussi l’Europe, surtout si Olaf Scholz a pu former d’ici là son gouvernement comme c'est probable. La France est en présidence de l’Union Européenne de janvier à juin 2022 et on devra tirer les leçons de la Conférence sur l’avenir de l’Europe que Macron avait lancée dès le début de son quinquennat et qui le mettra en vedette. (J.-P. P., 5.10.22)

2. Après les législatives en Allemagne du 26 septembre 2021


Le gagnant sera le vainqueur

L’Allemagne donne le « la » dans le concert européen. La France le « la majeur »et les mélomanes du chœur européen chantent généralement à l’unisson, sauf deux ou trois qui émettent un « la mineur » discordant. Ainsi fonctionne l’Europe.
Aussi les législatives allemandes du 26 octobre dernier sont-elles importantes pour l’avenir de l’Union Européenne qui est le premier souci de notre association strasbourgeoise « C l’Europe ». Incontestablement, le social-démocrate (SPD) Olaf Scholz a mathématiquement remporté ce scrutin. De gagnant il va devenir vainqueur, c’est-à-dire chancelier.
La mascarade de son adversaire chrétien-démocrate (CDU/CSU) Armin Laschet qui prétendait au titre de chancelier malgré son mauvais résultat, « relevait d’une perte de réalité et de l’hystérie » (selon les termes du quotidien conservateur « Die Welt » le 29 septembre). « La majorité, c’est la majorité », avait dit un jour un social-démocrate (SPD), Gerhard Schröder, qui avait lui aussi oublié en 2005 qu’il avait perdu l’élection. Il prétendait devenir chancelier alors qu’il était en minorité derrière Merkel.  
Laschet (24,1% des suffrages) n’est pas seulement à 1, 1 point derrière Scholz (25,6%). Il a infligé à son parti la CDU une dégringolade inédite (un recul de 8,6% des voix, alors que le SPD a grimpé de 5,21%) qui l’a faite chuter au plus bas niveau de son histoire. Sa défaite et sans précédent. Pourquoi avoir choisi le mollusque Laschet alors que la situation sur tous les fronts est grave ? On ne peut-être certain que son rival Markus Söder, chef du parti-frère CSU bavarois, aurait gagné. Toujours est-il que les lendemains de l’élection ont montré que Söder veut la peau de Laschet et qu’il ne le lui pardonnera pas.
Tôt ou tard, la question se posera de savoir pourquoi la CDU avait empêché la candidature d’Annegret Kramp-Karrenbauer, la favorite de Mme Merkel. Cette ancienne ministre-présidente CDU de la Sarre aurait certainement mieux réussi que Laschet. Mais Mme Merkel avait dû la reléguer au poste ingrat de ministre de la Défense sous la pression de son parti.
AKK, comme on l’appelle en remplaçant son nom impossible par ses initiales, est très francophile. Elle a rendu le français obligatoire à l’école, elle l’a établi deuxième langue administrative de son Land et a noué des liens forts avec la Lorraine,
Le ministre-président rhénan Laschet, lui, est l’ami de Xavier Bertrand avec lequel il a conclu un accord de coopération interrégional. Sa défaite et sa honte ne sont pas une bonne affaire pour le candidat gaulliste à la présidence en France qu’est Bertrand.  (J.-P. P., 29 septembre 2021)

Et l’Europe dans l’Allemagne d’après Merkel ?

Il n’y a pas plus pro-européen que le futur chancelier allemand Olaf Scholz. Social-démocrate sérieux et modéré, incarnant la stabilité et la prévisibilité, qui plus est, originaire de Hambourg, ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ? Bien sûr : son modèle social-démocrate hambourgeois Helmut Schmidt, chancelier allemand e 1974 à 1982.
Schmidt est décédé en 2015 à presque 97 ans. Président français de 1974 à 1981, Giscard d’Estaing est mort en 2020 à 94 ans. Leur époque avait été le grand tournant vers un Union Européenne respectée hors d’Europe. A l’échelle de l’Histoire, ce n’est pas loin de nous bien que les choses aient fortement changé entre-temps. Gageons qu’Emmanuel Macron et Olaf Scholz pourront former dans les années 2020 un tandem européen rappelant le duo légendaire Valéry Giscard d’Estaing – Helmut Schmidt qui a, dans les années 1970, tant fait avancer l’Europe.
En Allemagne, c’est essentiellement la chancellerie qui décide en matière européenne, comme en France la présidence. Ce mécanisme du pouvoir est conforté par le fait que les chefs d’État et de gouvernement ont la parole au Conseil européen qui se réunit au moins deux fois par an à Bruxelles où il dispose désormais d’une institution permanente. Certes, les présidents et chefs de gouvernements des États-membres de l’Union Européenne, s’assoient à la table bruxelloise avec leurs ministres des Affaires étrangères mais ces derniers n’y sont que les brillants seconds.
Normalement, en Allemagne, les Affaires étrangères tombent dans l’escarcelle du parti de la coalition gouvernementale qui a obtenu le second score aux élections. Ce sont les Verts. Mais ceux-ci veulent créer et obtenir un Superministère de la politique climatique. Sans doute ne pourraient-ils gérer les Affaires étrangères contre la volonté des deux autres partis, car ils sont, quant à eux, réfractaires à une Realpolitik intégrale. Ils sont contre la signature à l’aveugle de l’accord d’investissement libéral en Chine (le CAI) et contre l’ouverture inconditionnelle du gazoduc russe dans la Baltique, le Nord-Stream. Cela ne peut se faire, selon eux, sans que ces deux puissances respectent les droits de l’homme.
Quant au troisième parti de la probable future coalition gouvernementale à trois, SPD (social-démocrate)-Verts (Grüne)-libéraux (FDP), les Libéraux donc, leur chef, Christian Lindner, veut obtenir le ministère des Finances et non les Affaires étrangères. Pour tenir les cordons de la bourse en Europe, craignant du gaspillage au profit des canards boiteux. Ceci dit, le chancelier Scholz, favorable à ml mutualisation des dettes européennes, ne sera pas toujours d’accord avec eux.
L’idée que partagent ces trois partis avec l’opposition CDU-CSU et qui sans doute exclura une coalition de gauche (avec le parti néo-communiste Die Linke au lieu des Libéraux), est leur attachement au partenariat transatlantique avec les Américains. Mais ils sont tous en faveur du renforcement de la Défense européenne dans le cadre de l’OTAN, les Verts restant légèrement autimilitaristes.
Député européen de 2004 à 2017 et membre du Bundestag allemand depuis 2017, le Libéral Alexander Lambsdorff recommande la création d’un Conseil National de la Sécurité comme il en existe dans d’autres pays. Et cela, en tirant la leçon de ce qui vient de se produire en Afghanistan. (J.-P. P, 29/09/2021)

Le programme de politique européenne des Verts  allemands - Un bilan
 
Une participation du parti des Verts allemands (Bündnis 90/DIE GRÜNEN) au gouvernement allemand après les élections du Bundestag le 26 septembre prochain n'est pas exclue malgré leur baisse constante dans les sondages. Les augures s'orientent vers la candidate principale, bien qu'Annalena Baerbock soit de plus en plus controversée, comme possible vice-chancelière et (ou) ministre des affaires étrangères, ce qui la mettrait en charge de l'Europe. Cela, ainsi que le fait que les Verts se considèrent comme particulièrement cosmopolites, incite à poser la question suivante : quel rôle joue l'Europe dans le programme électoral des Verts allemands pour 2021 ? Notre analyse se fonde sur la version figurant sur le site web du parti des Verts qui n'a pas encore été finalisée rédactionnellement.
En tant que chapitre distinct dans leur programme, l'Europe ne joue pas un rôle très important. Le chapitre Europe n'est pas long et vient avant la section internationale à la fin du texte. Cela peut s'expliquer, premièrement, par le fait que la politique étrangère et les affaires internationales ne sont pas porteuses de victoire électorale. Mais cela peut, secondairement, exprimer un certain manque d'enthousiasme pour l'acquis communautaire et la structure institutionnelle de l'Union Européenne. Troisièmement, il peut s'agir d'un symptôme révélateur de l’idée que les Verts se font d’eux-mêmes, à savoir qu’ils sont un parti à enjeu unique. Ce qui est étonnant, étant donné leur ambition de gouverne. Tout est subordonné à leur objectif d’abaisser de 1,5 ° la température et à la politique climatique. Il est donc d'autant plus surprenant que le "Green Deal" de la présidente de la Commission, Mme von der Leyen, ne soit mentionné que de manière relativement superficielle, avec la déclaration d'intention de "lui donner une forme ambitieuse". Certes, les références à l'UE sont parsemées dans d'autres parties du programme - nous devrons y revenir.
En effet, près de trois pages placées sous le mot d’ordre "Nous continuons à construire l'Europe" sont consacrées à la tâche de "façonner démocratiquement l'avenir de l'UE" (page 108 et suivantes). L'Allemagne (associées à la France) a une "responsabilité centrale et historique" à cet égard. Les décisions à la majorité comme contre-mesure aux "intérêts individuels nationaux" et le renforcement du Parlement européen sont les moyens privilégiés. Jusqu'ici, tout va bien. En effet, l'acceptation par l’opinion publique des actions de l'UE dépend dans une large mesure du sentiment de légitimité démocratique qu’elles dégagent. Et c'est là que le Parlement a un rôle clé à jouer. D'autant plus que - et c'est le paragraphe le plus remarquable - l'intention est d'ouvrir la voie à une "République fédérale européenne". Bravo à cette grande vision et à l'étape qui y mène, l’évolution de la citoyenneté européenne vers une authentique "citoyenneté ". Toutefois, d'un point de vue réaliste, il est probable que cet objectif sera, au mieux, à long terme.
Cet engagement clair en faveur des processus parlementaires au niveau de l'UE, il convient de le noter ici entre parenthèses, ne passe pas inaperçu. Car dans la politique nationale, les Verts parlent d'organes de décision genre conseils de citoyens et de citoyennes. Dans le meilleur des cas, ils accompagneraient et complèteraient les processus décisionnels parlementaires ; dans le pire, ils les retarderaient ou les contourneraient. D’un point de vue théorique en matière de démocratie, ce n'est pas obligatoirement à rejeter, mais il faudrait quand même soumettre cette proposition à la critique. Il en va de même du scepticisme qu’ils affichent à l'égard de la démocratie parlementaire, lequel trouve également son expression dans une déclaration fréquemment citée et extraite d’une interview que le ministre-président du Bade-Wurtemberg, membre du Parti des Verts. Dans le contexte de la crise Corona, il dit "envisager" de changer de "régime politique" pour permettre "des interventions sévères dans les libertés civiles." Une "urgence climatique", que les Verts sont toujours prêts à invoquer, même au niveau local, ne serait-elle pas une base suffisamment sérieuse pour en arriver là ?
Pour le reste, le chapitre européen contient les éléments habituels de la boîte à outils politique des Verts : renforcement des initiatives citoyennes et de l’utilité publique, exigibilité en justice des droits fondamentaux, rejet de la privatisation des entreprises municipales, politique des réfugiés "fondée sur les droits de l'homme", l'Allemagne devant accueillir davantage de réfugiés, normes sociales minimales communes, conditions de travail pour les citoyens de l'Union Européenne, internationalisation de la formation professionnelle et des études, autorité chargée de coordonner les entreprises publiques et privées, etc. Il reprend aussi indirectement l'idée envisagée depuis des années déjà de la création d’un « espace d’information européen » sous la forme « d'une « plateforme médiatique publique européenne », cette proposition n’étant peut-être pas tout à fait désintéressée étant donné que les chaînes publiques allemandes chouchoutent systématiquement les Verts.
Dans le même esprit, en matière de politique intérieure, le programme subordonne tout à rien de moins que la restructuration "socio-écologique" de la société, l'objectif de la politique européenne étant en tout cas de faire une UE qui "pèsera de tout son poids dans la balance contre le changement climatique et la disparition des espèces." Chaque fois qu'il est fait référence à l'UE en dehors du chapitre sur l'Europe, il s'agit le plus souvent de réunir des moyens pour atteindre ce but. Quelques exemples : une taxe européenne sur le kérosène, un système de dépôt sur gages à l'échelle de l'UE, l'élargissement du système d'échange de quotas d'émission de l'UE, des règles antidumping liées aux normes écologiques, une loi sur la chaîne d'approvisionnement à mettre en œuvre au niveau européen, des interdictions d'importation de produits agricoles liés à la déforestation illégale. En d'autres termes, il s'agit souvent de mesures qui mettraient politiquement en œuvre les réserves formulées antérieurement contre les accords internationaux de libre-échange. C’est tout à fait cohérent avec la ligne du parti écologiste, mais pas avec celle de la politique allemande qui a fait la preuve de son efficacité.
Il en va de même des instruments financiers européens. De même qu'en politique intérieure on veut abandonner le cap des zéro dettes et du frein à l'endettement, au niveau européen on s'écarte aussi de la position allemande actuelle en faveur d’une union fiscale. Le projet d’extension de l'Union économique et monétaire européenne à une "Union sociale" ne signifie as autre chose. Le programme fustige le rejet d’une "politique fiscale propre à l'Europe" par "les conservateurs" comme une "erreur". En plus d'un contrôle parlementaire accru, les Verts demandent l'extension du Fonds monétaire européen pour en faire un mécanisme de stabilité. Bien entendu, toutes les mesures de politique monétaire doivent être envisagées à la lumière de la "crise climatique", l'euro étant la monnaie de réserve mondiale pour tous les investissements adéquats. Les ajustements apportés au système d'échange de quotas d'émission, notamment un "ajustement frontalier des coûts du CO2", sont censés faire entrer des fonds dans les caisses de l'UE, mais ils sont versés aux partenaires plus pauvres pour soutenir la décarbonisation.
Apparemment, ils sont toutefois conscients que, comme la majorité des Allemands, la majorité des Européens ne partagent pas cette vision unidimensionnelle, du moins pas à ce point. Par conséquent, les Verts sont raisonnablement favorables à une Europe à plusieurs vitesses et à la coopération renforcée qui a fait ses preuves. C'est aussi pragmatique que judicieux, mais peu réalisable en l'état actuel de l'UE. Cela signifie qu'il est nécessaire d'utiliser l'Union comme écran de projection précisément pour les questions avec lesquelles les Verts allemands ont toujours le plus de difficultés au niveau national, mais qui semblent néanmoins avoir reconnu la nécessité d'un engagement allemand et européen plus fort : la politique étrangère, de sécurité et de défense.
Le service européen d'action extérieure ainsi que la politique étrangère et de sécurité communes doivent à juste titre être renforcés. On peut être d'accord avec cette proposition, mais on peut se demander dans quelle mesure l'ajout de la "sécurité humaine", vaguement définie, n’aboutit pas à une valse-hésitation. Il s’agit aussi de rien moins que de "réaligner " l'OTAN dans un nouveau sens en rejetant catégoriquement la règle des deux pour cent de dépenses en sa faveur (ce qui revient à rejeter nos engagements multinationaux). Le programme exige aussi davantage de coordination de la politique de sécurité. Les politiciens en charge de la sécurité reconnaîtront volontiers cette nécessité. L'objectif (à moyen terme ?) d'une Union de la sécurité de l’Union Européenne dotée dune "structure de commandement commune" qui en découle, il est vrai, apporte au projet l’auréole de l'utopie.
En revanche, le renforcement demandé de l'OSCE et du Conseil de l'Europe avec la participation de tous les États européens ainsi que la formation d'un "système fort de sécurité collective" en Europe de l'Est sont tout à fait souhaitables et compréhensibles. L’exigence d'une expansion rapide de l'UE dans les Balkans va également dans ce sens. Très bien jusque là. Mais ces bonnes intentions contrastent avec le ton, certes justifié, mais quand même étonnamment sévère à l'égard de la Russie (et, dans une moindre mesure, de la République populaire de Chine). Il est difficile de se défaire de l'impression que l'intention est ici de repousser délibérément des domaines problématiques ad calendas graecas parce qu'on ne veut pas vraiment les traiter - peut-être parce qu'ils menacent de diviser le parti, au sein duquel une minorité importante voulait sérieusement utiliser le mot "Allemagne" à la place du nom de l'État (à savoir la République fédérale d’Allemagne) que l'on prétend vouloir gouverner.
Que faut-il en conclure ? Les Verts sont tout sauf anti-européens, ce dont il faut se réjouir. La connotation européenne imprègne presque tous les domaines du programme. La politique européenne devient, en quelque sorte, une politique intérieure européenne. Malheureusement, le niveau supranational n'est trop souvent qu'une rallonge de la douce main de l'État-nounou écosocial vers lequel tend tout la politique intérieure évoquée dans le programme. Les objectifs réalistes ne se marient pas toujours harmonieusement avec les objectifs irréalistes. Les connaissances techniques ou les idées créatives ne manquent pas, mais cela manque de largeur de vues. Au lieu de l'unité dans la diversité, il s'agit plutôt de la polyvalence dans l'unidimensionnalité, avec une conviction presque chiliastique d’être les seuls à connaître la bonne voie vers l’avenir. (Dr. Ulrich Strempel, "C l'Europe", Berlin. 5.07/2021)

Allemagne : l’ultra-droite trépigne mais fait du surplace

Malgré des manifestations parfois musclées, des protestations véhémentes et de nombreux écrits dénonçant les atteintes aux libertés perpétrées par une chancelière parfois trop zélée, parfois à la traîne dans la lutte contre la pandémie, l’AfD (Alternative für Deutschland) , fer de lance de l’ultra-droite allemande ne décolle pas à six mois des législatives. Peut-être a-t-elle enfourché le mauvais cheval.

Comme en France, le ras le bol des confinements successifs et des limitations diverses se manifester, surtout chez les jeunes, mais ces mesures fatiguent et dépriment plus qu’elles exaspèrent et affolent. Une fois de plus, les Allemands s’avèrent raisonnables et modérés. Ils n’ont pas envie de changer de régime politique et ils voient que les contraintes qu’on leur impose ciblent le virus sans intention aucune de démonter la démocratie.

L’AfD prétend le contraire et cherche à se tailler une réputation d’avocate des libertés, mais beaucoup trop de médias, ces médias qu’elle accuse de mensonge, ont dénoncé le loup déguisé en berger qu’elle est, pour n’avoir pas été entendus. A son dernier congrès il y a un mois au palais des expositions de Dresde, elle s’affichait comme « normale ». Jusque dans le titre du programme électoral adopté : « L’Allemagne, mais normale ». Le mot était partout et, pour le prouver, les 600 délégués n’étaient pas contraints de porter le masque et il n’y avait pas de tests à l’entrée.

L’AfD veut en vrac le retour au service militaire obligatoire, aux contrôles aux frontières, au nucléaire, l’abandon du programme d’arrêt du charbon et l’interdiction des minarets… Quant à la lutte contre le réchauffement climatique, elle a été vite évacuée : « l’histoire de l’humanité a toujours démontré que les périodes chaudes vont de pair avec un épanouissement de la vie et de la civilisation ». Tout cela est un peu hétéroclite et ce sont plutôt les questions de personne qui dominent la vie de l’AfD. « Le parti ira peut-être aux élections avec une unité de façade, mais une scission semble inévitable d’ici la fin de l’année », analyse le politologue Albrecht von Lucke.

Car voilà des mois maintenant que le parti n’a plus rien de normal. Les services de r enseignement intérieurs étudient la possibilité de le placer sous surveillance. Plusieurs élus régionaux et la branche jeunesse le sont déjà. Officiellement la mouvance la plus radicale, « l’Aile », patriote tendance nationale-sociale, a été dissoute l’an dernier. Mais ses leaders défilaient néanmoins à la tribune, en rang serrés derrière le n°1 du parti en Saxe, Tino Chrupalla. L’ancien protégé de l'Américain Steve Bannon veut être désigné « candidat de tête » pour les législatives. Le congrès a préféré reporter cette décision, trop explosive. En attendant, Chrupalla organise la fronde contre l’actuel président du parti Jörg Meuthen jugé trop modéré car il a exclu plusieurs élus pour sauver l’image fréquentable de l’Alternative. Une erreur selon le tribun saxon : « Nous avons atteint notre réservoir de voix venues du camp conservateur et libéral. Désormais il faut viser les abstentionnistes.

Forts de leurs résultats électoraux (autour de 20% en moyenne avec des bastions à 40%), les délégués d’Allemagne de l’Est veulent en découdre contre l’esprit des fondateurs de l’AfD, né en 2013 de l’opposition d’économistes et d’universitaires ouest-allemands aux plans de sauvetage de l’Euro. Une ligne, qui se présente comme « républicaine et libérale », mais qui ne rassemble plus que 5-10% des voix. Lors des élections régionales dans le sud-ouest mi-mars, l’Afd a perdu un tiers de ses électeurs. A l’inverse, le camp de l’Est propose une alternative « venue de la rue », populiste donc, qui cherche une confrontation dure avec les partis de gouvernement. Loin des espoirs de dédiabolisation du clan de Meuthen, ils assument dérapages fascisants, rapprochement avec les néonazis et discours complotistes. « Ce sont des grande-gueules limitées intellectuellement », critique un proche de Meuthen. « Nous sommes les vrais représentants du peuple. Suivez notre ligne, fissa ! », réplique anonymement un élu de Thuringe dans un forum de délégués.

Ces luttes intestines plombent le parti pour qui la pandémie aurait pu être une aubaine. Les difficultés du gouvernement à gérer la crise n’ont pas profité à l’AfD. Ni l’essor du mouvement de contestation des mesures sanitaires, actif partout dans le pays, et qui partage souvent les idées de l’extrême-droite. En un an, l’AfD est passé de 14 à 11% des intentions de vote. (Hélène Kohl, correspondante à Berlin, 20/04/2021)

3. L'Europe vue d'Autriche

Budapest-Bruxelles: un nouvel équilibre - le point de vue de Vienne

Une loi hongroise visant à protéger la famille est soi-disant contraire aux valeurs européennes. Elle est devenue un objet de scandale alors qu’elle n’est pas d’une importance extrême. D'autres idées de politique européenne émanant de Budapest sont beaucoup plus dangereuses pour l'unification européenne.

La Hongrie est une fois de plus au pilori. À cause d'une nouvelle loi censée protéger la famille et qui, par exemple, attribue clairement l'éducation sexuelle des enfants à la responsabilité des parents. La loi est discriminatoire et viole les principes de l'État de droit, affirment ses opposants. Jusqu'à présent, ils n'ont fourni aucune preuve de cela. La Commission européenne a maintenant engagé une procédure d'infraction, qui permettra probablement de déterminer si et comment les normes européennes sont violées (ou non) par cette loi. Dans tous les cas, l'histoire de la discrimination ne peut pas être entièrement vraie. La parade Gay Pride à Budapest s'est déroulée sans problèmes, et les couples de même sexe peuvent se pacser en Hongrie.

La raison pour laquelle une loi visant à protéger la famille devrait être une violation des valeurs européennes, voilà qui reste un mystère. Après tout, la famille est le noyau de la société avant l'État (tant en termes de temps et d'histoire - il y avait des familles avant l'existence de l'État - qu'en termes d'organisation - la famille n'est pas une institution de l'État-nation).

Le conflit n'oppose pas non plus l'Europe occidentale et l'Europe centrale, même si certains le présentent aujourd'hui comme une nouvelle division entre l'Est et l'Ouest. Cette légende est répandue par des idéologues qui l'utilisent pour se présenter comme victimes de l'oppression de l'Europe de l'Est par l'Europe de l'Ouest afin d’ccréditer l’idée qu’ils seriaent les seuls (et aussi les derniers) à défendre les vraies valeurs de l'Europe. Il s'agit plutôt d'un conflit entre des idéologies qui, en fin de compte, veulent saper l'État de droit et lui imposer leur vision idéologique. L'essence de l'État constitutionnel libéral n'est précisément pas l'application par l'État d'une certaine idée du bonheur et du bien-être. La tâche de l'État de droit libéral est de garantir la justice et la liberté ! Tout comme il existe en Europe occidentale de nombreuses personnes qui défendent la famille (traditionnelle) et vivent cet idéal, il existe également des représentants du mouvement LGBTIQA en Europe centrale et orientale.

C’est donc totalement absurde que le débat sur l'Europe, sur les valeurs européennes, ne porte que sur les préférences sexuelles. C'est un gigantesque pas en arrière dans la civilisation. L'homme, par son esprit, s'est élevé au-dessus de l'instinct de l'animal (ou a été créé ainsi). Mais peut-être certains croient-ils vraiment que c'est en débattant de questions sexuelles que l'Europe pourra écarter les dangers qui émanent de Pékin et de Moscou. Toujours est-il que les politiciens de ces pays doivent mourir de rire en apprenant de telles absurdités.

Avec une loi pour protéger la famille, Viktor Orban ne deviendra certainement pas un danger pour l'Europe. Et plus il est critiqué pour cette politique par Ursula von der Leyen, Mark Rutte ou Karoline Edtstadler, plus il est certain d'être réélu aux élections hongroises de l'année prochaine.

Ceci dit, ce serait erroné d'absoudre de manière générale Viktor Orban et les membres et sympathisants de son parti. Car sur de nombreux points, le gouvernement hongrois mène une politique qui constitue un énorme pouvoir de sape pour l'unification européenne. Le plan en 7 points, qui a fait l'objet d'une publicité dans plusieurs quotidiens de différents pays de l'UE (en Autriche dans "Die Presse") au début du mois de juillet, en est un exemple. Une réduction de l'intégration européenne à une pure coopération intergouvernementale, dans laquelle tout serait réduit au plus petit dénominateur commun, serait probablement bien accueillie à Moscou et à Pékin. Mais l'Europe - et donc aussi les États qui propagent cette régression vers le nationalisme - serait perdante.Un des objectifs est de supprimer l’élection directe au Parlement européen. Sans elle, Otto von Habsburg ne serait probablement jamais devenu membre de cette représentation populaire européenne où il a d'ailleurs beaucoup fait pour la Hongrie en particulier.

Le plan en 7 points de Viktor Orban sur l'avenir de l'Europe
Les propositions hongroises
1. Bruxelles construit un super-État que personne n'a autorisé. Nous disons non à l'empire européen.
2. L'intégration est un moyen et non une fin en soi. Par conséquent, l'objectif d'une "union sans cesse plus étroite entre les peuples d'Europe" doit être supprimé des traités fondamentaux de l'Union européenne.
3. Les décisions doivent être prises par des dirigeants élus et non par des organisations non gouvernementales (ONG). Nous disons non à l'externalisation de l'État de droit.
4. La puissance de l'intégration européenne vient de la réussite économique partagée. Si nous ne pouvons pas être plus performants ensemble qu'individuellement, alors c'est la fin de l'Union européenne.
5. La prochaine décennie sera l'ère des défis dangereux. Les migrations massives et les pandémies sont imminentes. Nous devons protéger le peuple européen.
6. Nous devons restaurer la démocratie européenne. Le Parlement européen s'est révélé être une impasse. Il ne représente que ses propres intérêts idéologiques et institutionnels. Nous devons accroître le rôle des parlements nationaux.
7. La Serbie doit être admise en tant qu'État membre de l'Union européenne.
Signé : Viktor Orban

Ce plan soulève la question fondamentale de savoir ce que Viktor Orban veut vraiment. Il est logique qu'un politicien aime être sous les feux de la rampe et être un interlocuteur recherché. Tout comme, d'ailleurs, il aspire au pouvoir. Ce n'est que récemment que Viktor Orban a fait des déclarations qui font apparaître plus clairement son véritable objectif. Un diplomate hongrois en poste à Vienne a fait remarquer un jour, lors d'une conversation personnelle, que pour comprendre Orban et sa politique, il fallait se pencher sur l'histoire de la Hongrie. Et pas au 20e siècle, mais au 19e siècle. Cela nous ramène à la révolution nationale hongroise de 1848 et au Compromis hongrois de 1867.

Dans une longue interview accordée au portail slovaque Postoj.sk, que l'on peut également lire en allemand dans « Magyar Nemzet », M. Orban interprète l'Union européenne comme suit : "Jusqu'à présent, l'Union européenne tournait autour d'un axe franco-allemand, en mode de coopération bipolaire. Ce à quoi nous aspirons aujourd'hui, c'est une Europe qui comptera un troisième pôle d'ici 2030 : l’Europe centrale, c'est-à-dire le V4". (V4 désigne les quatre États de Visegrad : Pologne, République tchèque, Hongrie et Slovaquie, note). Outre le fait que le terme "Europe centrale" est ici mal utilisé (l'Europe centrale n'est pas une construction de l'État-nation, l'Europe centrale a été détruite par l'État-nation), cette déclaration (qui, soit dit en passant, a également été diffusée dans les émissions de l'ambassade de Hongrie le 19 mai 2021) montre que la pensée d'Orban est manifestement ancrée dans un vieux style de politique hégémonique. Dans cette conception, il revendique pour lui-même être un pilier du pouvoir hégémonique.

C'est donc la revendication d'un nouvel équilibre hongrois qui est propagée ici. Dans le cas concret, le problème pour le leader hongrois n'est plus Vienne, comme au temps jadis, mais Bruxelles. Ainsi, dans la publicité déjà citée, Bruxelles est accusée de mettre en place de son propre chef un super-État. "Nous disons non à un empire européen", a formulé Orban. Le fait que "Bruxelles" ne peut agir que si les États membres le lui permettent,est délibérément occulté.

Ce n'est donc pas une loi de protection des familles qui détruit l'identité de l'Europe, mais la poursuite d'un nouveau règlement hongrois qui limite la capacité d'action de l'Europe et sert ainsi les puissances non européennes. Ce qui est honteux dans la politique européenne, c'est que cette menace n'est abordée par aucun politicien. (Rainhard Kloucek, Secrétaire général de Paneurope Autriche, 27 juillet 2021)

Une déclaration de Paneurope Autriche à l'occasion de la Fête de l'Europe le 9 mai 2021

Le projet de la Paneurope en résumé : la liberté, l'État de droit, la souveraineté européenne en matière de politique étrangère et une réduction de la dette dans la zone euro, a pour but de renforcer l'Europe en tant que telle. Nous traçons une perspective claire pour les six États de l'Europe du Sud-Est dont l'avenir est crucial pour consolider notre politique étrangère.
La Conférence sur l'avenir de l'Europe sera (a été) officiellement lancée le 9 mai 2021. En tant que plus ancien mouvement d'unification européenne, fondé en 1922, nous nous préoccupons depuis près d'un siècle de l'amélioration constante de l'Europe. Dans son discours sur l'avenir de l'Europe en janvier 2021, Karl de Habsbourg, président du Mouvement paneuropéen d'Autriche (il est publié périodiquement dans notre rubrique C l'Europe ci-dessus, ndlr), a fait référence à quatre éléments fondamentaux du renforcement de l'Europe : La liberté, l'État de droit, une souveraineté européenne en matière de politique étrangère et un désendettement de la zone euro.
"Nous ne devons pas oublier, a déclaré M. Habsbourg, que la question de la sécurité a été à l'origine de l'unification européenne. Nous avons enfin besoin d'initiatives audacieuses pour une véritable politique étrangère et de sécurité européenne qui permettra à l'Europe d'agir en tant qu'entité politique dans les multiples conflits géopolitiques." Dans ce contexte, le président de Paneurope Autriche, a rappelé les défis posés par les politiques des puissances extérieures régionales et mondiales.
Ce sont les questions que la Paneurope abordera spécifiquement l'année prochaine à l'occasion du 100ème anniversaire de sa fondation.
Pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie de Corona, Rainhard Kloucek, secrétaire général du Mouvement paneuropéen Autriche, a mis en garde contre une rechute dans les doctrines protectionnistes. "Si nous cherchons des exemples de reconstruction, prenons la politique du miracle économique. La liberté d'entreprendre est la meilleure recette pour un nouvel essor. La politique n'intervient pas, elle fixe les conditions cadres et crée la sécurité juridique." Pour le secrétaire général paneuropéen, cela implique également un engagement en faveur du libre-échange et de l'achèvement du marché intérieur.
Selon le président des Jeunes Paneuropéens d'Autriche, Philipp Jauernik, agir en tant qu'acteur géopolitique nécessite une offensive d'élargissement audacieuse vers l'Europe du Sud-Est. "Pendant trop longtemps, les pays dits des Balkans occidentaux ont été repoussés encore et encore par des promesses. Ce dont nous avons besoin ici, c'est d'une politique offensive de l'UE pour exporter la stabilité dans une région encore troublée et également contestée. Plus la pression d'une politique étrangère de l'UE est forte, plus la pression des populations de ces pays sur leurs gouvernements est forte pour faire avancer les étapes de réforme nécessaires - et ce pour la promotion de l'Etat de droit et de la lutte contre la corruption." La libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo, promise de longue date, fait partie de cette politique au même titre que la perspective d'adhésion de l'Ukraine, a-t-il déclaré.
"Avec les quatre libertés fondamentales, les droit de l'homme, les principes de l'État de droit", a déclaré Stefan Haböck, responsable international de Paneurope Autriche, "l'UE dispose d'une base solide en matière de libertés civiles et de droits fondamentaux. Il faut les renforcer." Il faut mettre un terme à l'expansion de la surveillance de masse par l'État, notamment grâce aux nouvelles possibilités numériques. Haböck met également en garde contre un renforcement des tendances nationalistes et centralisatrices et souligne le rôle important des régions et des municipalités, mais aussi de chaque citoyen, dans le sens de la subsidiarité européenne.  (Philipp Jauernik, Stefan Haböck, Rainhard Kloucek .Vienne. 9.5.2021


Europa


Unsere Botschaft an die Ukraine : 30 Jahre Unabhängigkeit seit dem 24. August 1991

Freiheit und Individualismus: Die Jugend Europas wird immer liberaler

1. Vor den französischen Europawahlen (10. und 24. April 2022)

- Der überraschende Eric Zemmour: Ein politisches Erdbeben in Frankreich
- Macron lässt sich Zeit
- Michel Barnier: Europäer müssen ihre nationalen Identitäten bewahren

2. Nach den deutschen Bundestagswahlen vom 26. September 2021

- Der Gewinner wird der Sieger sein
- Wie steht es um Europa im Post-Merkel-Deutschland?
- Bundestagswahl 2021: Die europapolitische Agenda der Grünen – eine Betrachtung

3. Europa aus österreichischer Sicht

- Europa für die Zukunft stärken (Stellungnahmen von Paneuropa Österreich. Philipp Jauernik, Stefan Haböck))
- Konferenz zur Zukunft Europas (Rainhard Kloucek)
- Budapest-Brüssel: Ein neuer Ausgleich (Eine Analyse von Rainhard Kloucek zum 7-Punkte-Plan von Viktor Orban)

Unsere Botschaft an die Ukraine

Ein Minister eines Zaren sagte einmal, dass eine russische Grenze nur dann sicher ist, wenn auf beiden Seiten dieser Grenze russische Soldaten stehen. Das kann bedeuten, dass die benachbarten Gebiete Russlands ihm gehören oder seine Vasallen sein müssen. Das ist es, was der Kreml mit der Ukraine und anderen Nachbarstaaten zu erreichen versucht.  Er hat russische Kämpfer dauerhaft auf ukrainischem Gebiet installiert. Das ist nicht der Weg, um den Frieden in Europa zu erhalten. Diese russischen Soldaten müssen sich auf ihr eigenes Gebiet zurückziehen. Die Ukraine hat ihren Platz in einer Union souveräner Staaten, die einander gleichgestellt sind, wie die Europäische Union, die die Grenzen ihrer Nachbarn respektiet und befreundeten Ländern gegenüber offen ist.

                                                                                                             *    *
Freiheit und Individualismus: Die Jugend Europas wird immer liberaler

Junge Menschen wählen "grün"... Ist diese Erkenntnis gesichert? Sie ist nicht falsch, aber doch nicht ganz richtig. Die eigentliche Sensation der deutschen Wahl 2021 war die unerwartet hohe Zustimmung der jungen Menschen unter 44 und unter 29 Jahrenr zu der kleinen liberalen Partei (FDP).
Bei den Erstwählern im Alter von 18 bis 22 Jahren lag am 26. September die FDP mit 23 % der abgegebenen Stimmen klar in Führung, dicht gefolgt von den Grünen. Im Durchschnitt stimmten 19 % der 18-29-Jährigen für die FDP und 22 % für die Grünen. In der Altersgruppe der 30- bis 44-Jährigen wählten 13 % die Liberalen und 18 % die Grünen. Je jünger sie also sind, desto liberaler wählen die junge Generationen. Die Kluft zwischen den Grünen und den Liberalen hat sich bei den deutschen Jugendlichen verringert, wobei die Liberalen bei den sehr jungen Wählern dominieren. Dagegen entfielen nur 8 % der Stimmen der jüngeren Generation auf die ultrarechte Partei (AfD) und auf die ultralinke Partei (Die Linke), und ihre Stimmen für die traditionellen Volksparteien lagen bei nur 11 % für die konservative CDU/CSU und 17 % für die sozialdemokratische SPD. Die über 60-Jährigen haben klar für CDU/CSU und SPD gestimmt.
Die von den linken Parteien, einschließlich der Grünen, vertretenen linken Werte der Solidarität und sozialen Gerechtigkeit sind für junge Menschen in den 2020er Jahren weniger attraktiv als Individualismus und Freiheit. In Deutschland entschieden sich im September 2021also 23 % der Erstwähler für die liberale FDP, gegenüber 12 % und nur geringfügig mehr als der Durchschnitt (10 %) bei der Wahl 2017. Dieser Trend ist nicht nur deutsch, er ist europäisch. In den Niederlanden liegt die Partei der Liberalen Demokraten 66 bei jungen Menschen über dem Durchschnitt. In Schweden hat die liberale Zentrumspartei ein bemerkenswertes Comeback erlebt, und junge Menschen ziehen sie den älteren Parteien vor. Dies gilt auch für die Parteien Radikale Venstre und Venstre in Dänemark. Die basisdemokratischen und anarcholiberalen Mitglieder der tschechischen Piratenpartei erhalten von jungen Menschen doppelt so viele Stimmen wie von den Älteren. Die Piraten liegen derzeit bei 19% und könnten in das Prager Parlament einziehen.
In ganz Europa verlieren die traditionellen Mitte-Rechts- und Mitte-Links-Parteien an Boden, insbesondere in den Altersgruppen der unter 29- und unter 39-Jährigen. Das gilt, wie gesagt, in Deutschland, sowie in Österreich, Bulgarien, Dänemark, Polen und Italien. Es ist unbestreitbar, dass junge Menschen seit ein oder zwei Jahrzehnten für die Linke stimmen, für die Insoumis in Frankreich, für die Grünen in Deutschland und Österreich, für Unidos podemos in Spanien und für die Grünen, die Sozialisten und die Tierschutzpartei in den Niederlanden. Doch nun verlagern sie sich allmählich auf liberale Parteien wie die Neos in Österreich, die D66 in den Niederlanden, die Liberalen Moderaten und das Zentrum in Schweden, Venstre in Dänemark und die FDP in Deutschland. In der Vergangenheit waren die jungen Menschen zwischen Konservativen und Sozialisten gespalten. Jetzt sind sie zwischen Liberalen und Grünen aufgeteilt. Offensichtlich würde ein Ökoliberalismus, der beide Tendenzen miteinander verbinden würde, schon besser zu ihnen passen. Sie mögen auch Anti-Establishment-Parteien. In Italien erklärt dies auch den Erfolg der Fünf-Sterne-Partei, deren Programmatik recht unklar ist.  (J.-P..P, 30.09.2021)


1. Vor den französischen Europawahlen (10. und 24. Aprils 2022)

Der überraschende Eric Zemmour: Ein politisches Erdbeben in Frankreich

Eine Dynamitexplosion hat den Präsidentschaftswahlkampf in Frankreich gestört. Im Anti-Macron-Lager träumten einige alte Gaullisten von dem Mann der Vorsehung, der wie De Gaulle Frankreich retten würde. Ihr Kandidat hieß Xavier Bertrand, Präsident der Region Nord. Die jüngeren Gaullisten suchten in Valérie Pécresse, der Präsidentin der Region Paris, die Frau der Vorsehung. Und die Gaullisten, die sich für Europa stark gemacht hatten, sahen ihr Heil in Michel Barnier, dem ehemaligen EU-Kommissar.
Aber ein neuer Mann hat alles weggefegt: der Journalist, Autor und parteilose Polemiker Éric Zemmour. Seit dem 5. Oktober liegt er in den Umfragen bei 17%-18%, mit steigender Tendenz, an zweiter Stelle hinter dem amtierenden Präsidenten Emmanuel Macro, der seit langem dominiert, aber bei 25% der Wählerstimmen verharrt. Zemmour ist der einzige Kandidat, der so viel Schwung hat wie Macron im Jahr 2017 vor seiner überraschenden Wahl. Die Präsidentschaftswahlen liegen noch in weiter Ferne, aber er hat die Chance, am Fernseh- und Wahlkampfduell der zweiten Runde mit Macron teilzunehmen. Das wäre für den amtierenden Präsidenten ein gravierender Einschnitt.
Zemmour jagt auf den Ländereien fast aller anderen Parteien, dringt in alle ihre Ritzen ein und lässt sie altmodisch erscheinen, was sie in der Tat sind. Dieser kleine, schlanke, asketisch wirkende, aber völlig normale Mann, verheiratet mit einem bekannten Anwalt und Mutter seiner drei Kinder im Alter von 24, 23 und 17 Jahren, hat sich als kühner und überkultivierter Schriftsteller und Kommentator in den bekanntesten Zeitungen und Sendern, darunter "Le Figaro" und "Cnews", einen Namen gemacht. Er verfügt über ein hervorragendes Gedächtnis und sein IQ ist mindestens so hoch wie der von Macron. Sein vorheriges Buch "Le suicide français" verkaufte sich 300.000 Mal und sein neuestes Buch "La France n'a pas dit son dernier mot" 400.000 Mal innerhalb von zwei Wochen. Er bricht alle Normen und Tabus. Er hat den Maulkorb der politischen Korrektheit durchbrochen. Er übertrifft die Ultra-Rechte Marine Le Pen auf der rechten Seite. Er ist mehr Gaullist als die Gaullisten. Er ist antizentrisch.
Aber die Linke hat keinen Einfluss auf diesen Anti-Bürger, Nachkomme von Einwanderern berberischer Herkunft, von seinen Eltern in der jüdischen Religion erzogen, aber zutiefst säkular, aus mehr als bescheidenen Verhältnissen, aber Absolvent des renommierten Institut d'Études Politiques de Paris. Die sozialistische Kandidatin Anne Hidalgo, Bürgermeisterin von Paris, sagte, sie sei "angewidert bis zum Brechreiz" von Zemmours Argumenten, und der Zentrumsanhänger François Bayrou, der sich für Macron stark machte, erklärte, sie seien "Gift". Seine Aussagen? Das sind keine Argumente, sondern Anathema. Zemmour profitiert vor allem von den Trümmern der klassischen gaullistischen Rechten, von Xavier Bertrand und anderen, die keine Chance mehr auf die Präsidentschaft haben, und noch mehr von denen der Linken, von Anne Hidalgo (Sozialistin) und Yannick Jadot (Grüne), die zwar um die Führung kämpfen, aber nie über 30 % der Stimmen erreichen werden, selbst wenn sie einen Block bilden.
Zemmour spricht aus, was viele Franzosen denken, sich aber seiner Meinung nach nicht zu sagen trauen: "Im Jahr 2050 werden wir ein halb islamisches Land sein. Im Jahr 2100 eine islamische Republik"; "Frankreich wird von einer anderen Zivilisation belagert, gegen die es seit tausend Jahren Krieg führt"; "Der Islam ist mit Frankreich unvereinbar. Es ist eine andere Zivilisation, die darauf abzielt, uns zu kolonisieren"; "Ich glaube, dass Rap eine Subkultur von Analphabeten ist"; "Ein Franzose sollte nicht das Recht haben, seinen Sohn Mohammed zu nennen"; "Der Bürgerkrieg hat begonnen. Die Franzosen verlassen die Vorstädte, die ihnen nicht mehr gehören. Dies ist ein Zeichen für einen Bürgerkrieg. Sie verwechseln Frieden mit Pazifismus. Pazifismus bedeutet Unterwerfung unter den Feind"; "Die extreme Rechte ist es, die die Republik zerstören will. Ich kämpfe nicht gegen die Republik. Die Republik ist die Zivilisation"; "Wer Patriot ist, verteidigt sein Land"; "Emmanuel Macron will eine europäische Verteidigung aufbauen. Aber kein anderes europäisches Land teilt diese Idee. Sie wollen nur von der NATO, d.h. von der amerikanischen Armee, verteidigt werden". In europäischen Angelegenheiten steht Zemmour dem ungarischen Premierminister Olivier Orban nahe, den er Anfang Oktober 2021 besuchte.
Natürlich sind seine Diagnosen ikonoklastisch, aber sie sind nicht weit hergeholt. Er hat Lösungen, aber er spricht noch nicht darüber. Das ist nicht sein Thema", sagt er. Er stellt sich auf eine andere Ebene, auf die Ebene der großen Themen. Was den Außenseiter Zemmour von den anderen Kandidaten unterscheidet, ist, wie er selbst sagt, dass er über die Zukunft Frankreichs spricht und nicht über programmatische Halbheiten. Er hat eine Vision für die Zukunft, zehn Jahre und mehr. Ein Politikwissenschaftler hat ihn als "gigantischen Alarmgeber" bezeichnet. (J.-P. P.-07.10.2021)

Macron lässt sich Zeit

Der Präsidentschaftswahlkampf in Frankreich hat begonnen, obwohl die Wahlen noch mehr als sechs Monate entfernt sind (10. und 24. April 2022). Wie in den meisten europäischen Ländern sind die großen traditionellen Parteien von Mitte-Rechts und Mitte-Links im Niedergang begriffen. Und das ist für Macron, der eine überparteiliche Bewegung der Mitte gegründet  hat, eher günstig. Wie der französische politische Soziologe Jérôme Fourquet feststellt, "sind die Linke und die Rechte zusammengebrochen, weil die soziokulturellen Grundlagen, auf denen sie beruhten, zerbrochen sind". Er weist auch darauf hin, dass "der Horizont des Einzelnen bei der Suche nach individuellem Glück aufhört" und dass wir "Zeugen eines gewaltlosen Rückzugs sind: So wie man nicht mehr in die Kirche geht, geht man auch nicht mehr wählen. Das wirkliche Leben findet woanders statt".
Die klassische Rechte, die von den Neo-Gaullisten verkörpert wird, ist erschreckend zersplittert und geht deutlich bergab. Im Moment zeichnet sich nur ein Mann ab, Xavier Bertrand, der Präsident der nördlichen Region "Hauts-de-France", der mit drei Slogans unterwegs ist: Wiederherstellung der Autorität des Staates ; des Ansehens der Arbeit ; und der Territorien (das Wort ist ungenau: er meint die Regionen). In den Umfragen liegt er vor seiner Hauptkonkurrentin in der eigenen Partei, Valery Pécresse, der Präsidentin der Region Ile-de-France um Paris. Letztere hat aber noch nicht alles gesagt, was sie zu sagen hat. Sie hat auch den Vorteil, eine Frau zu sein, aber wenn man das Missgeschick von Annalena Baerbock in Deutschland sieht, ist das nicht unbedingt ein Vorteil.
Tatsache ist, dass die neogaullistische Partei (die LR-Republikaner) zwischen den Kandidaten der nationalistischen Rechten entscheiden wird, wer ds Rennen macht, während Bertrand sich weigert, sich an die Regeln der Partei zu halten. Das kann gegen ihn arbeiten, aber auch für ihn. Auf der extremen Rechten verliert Marine Le Pens Rassemblement National an Boden, weil sie jetzt einen Konkurrenten hat, der sich trotz der ihm angehefteten Etiketten von Rassismus und Faschismus ebenfalls als "Republikaner" bezeichnet: den Außenseiter Éric Zemmour, einen Journalisten und Autor erfolgreicher politischer Bücher. Er wird auch Bertrand Stimmen abnehmen. Macron kann Zemmour nicht schaden. Der amtierende Staatspräsident hat sich noch nicht zum Kandidaten für seine eigene Nachfolge erklärt aber natürlich vor Ort, in den Medien und im Präsidentenpalast ist er allgegenwärtig.
Das Regierungslager ist dabei, eine große zentristische Partei um Macron herum zu schaffen, mit der Unterstützung von François Bayrou, der immer die Mäßigung in der Mitte gepredigt hat und den Präsident Macron geschickt in den Regierungsapparat integriert hat, zwar nur in beratender Funktion, aber in einer Position der Reflexion und Projektion. Außerdem hat sich Macrons ehemaliger Premierminister Édouard Philippe für seinen ehemaligen Chef ausgesprochen und nicht gegen ihn. Mit 40 % Zustimmung und 53 % Ablehnung steht Macron besser da als seine Vorgänger als Präsident Frankreichs. Sarkozy lag 2012 bei nur 35 % Zustimmung und François Hollande lag 2016 bei nur 15 % Zustimmung gegenüber 80 % Ablehnung. Bei den Wahlen 2017 kandidierte Hollande nicht und Macron gewann.
Macron hat auf seiner Linken ohnehin wenig zu befürchten. Seine sozialistische Konkurrentin, die Bürgermeisterin von Paris, Anne Hidalgo, sinkt auch in den Umfragen. Der Vertreter des grünen Parteiapparats und der klassischen Ökologie, der zum Kandidaten gewählt wurde, hätte sie unterstützen können. Dies ist jedoch eine Gelegenheit für ihn, sich als Kandidat der Linken zu behaupten, aber er hat keine Chance diese Wahl gegen Macron zu gewinnen. Die neokommunistische extreme Linke von Jean-Luc Mélenchon ist müde und abgehängt. Außerdem hat sich die kleine kommunistische Partei hinter Frau Hidalgo gestellt.
Macron wartet seine Zeit ab. Seine beiden Vorgänger, Sarkozy und Hollande, wurden nicht für eine zweite Amtszeit wiedergewählt. Aber er befindet sich immer noch in einer starken Position. Er wird auch Europa auf seiner Seite haben, vor allem wenn Olaf Scholz bis dahin seine Regierung bilden kann. Frankreich hat von Januar bis Juni 2022 die Präsidentschaft der Europäischen Union inne, und man wird die Lehren aus der Konferenz über die Zukunft Europas ziehen, die Macron zu Beginn seiner fünfjährigen Amtszeit ins Leben gerufen hatte. (J.-P. P., 5.10.22)

Michel Barnier: Europäer müssen ihre nationalen Identitäten bewahren 

Ehemaliger Minister (2004-2005/2007-2009), ehemaliger EU-Kommissar (2010-2014), Sonderberater für den Brexit bei der Europäischen Kommission (2016/2020), Michel Barnier gewährte der Zeitschrift "Politique Internationale", einem der ersten politikwissenschaftlichen Magazine der Welt, ein außergewöhnliches Interview. Im Interview mit Isabelle Lasserre, stellvertretender Chefredakteurin von "Le Figaro", antwortet er auf die Fragen:

I. L.-Ohne die Briten, läuft Europa nicht Gefahr, deutsch zu werden? Seit dem Brexit hat das Gewicht Deutschlands in der Außenpolitik zugenommen
M. B.- Umso besser, wenn sich die Deutschen weiter entwickeln, und wir wissen, wie langwierig und schwierig es für sie aufgrund ihrer Geschichte ist. Ich erinnere mich, wie Helmut Kohl zwei Jahre nach der Wiedervereinigung erklärte, was für eine Revolution es für Deutschland sei, sich an einem NATO-Einsatz auf dem Balkan zu beteiligen! Aber ein deutsches Europa will ich genauso wenig wie ein französisches Europa. Was ich will, ist ein europäisches Deutschland und ein europäisches Frankreich. Unser Land hat Trümpfe im europäischen Spiel in der Hand. Unter der Voraussetzung, dass wir professionell und nicht zu arrogant sind...
(...) I.L. - Was beunruhigt Sie am meisten bezüglich Europas?
M. B. - Europa bleibt eine neue Idee. Diejenigen, die es leiten, müssen die Gefühle, Empfindlichkeiten und Beiträge der einzelnen Länder sehr respektieren. Jeder Staat hat ein Recht auf Respekt. Dies erfordert Zeit, Überlegung und Zuhören. Die zweite Voraussetzung ist, dass die Brüsseler Bürokratie an ihrem Platz bleiben muss. Wenn in Brüssel, wie in Paris, die Bürokraten die Macht übernehmen, dann deshalb, weil die Politiker sie ihnen überlassen haben. In der Vergangenheit und auch in letzter Zeit haben wir Exzesse gesehen. Die Politik muss die Kontrolle zurückgewinnen und ihre europäische Vision durchsetzen. (...)
(...) Ich habe mit dem Brexit gelernt, dass die Europäer geeint bleiben können. Ich hoffe, dass wir diese Einigkeit, die wir demonstriert haben, nutzen können, um positive Themen anzugehen, nicht nur negative. Die Covid-Affäre, die extrem gewaltsam war, hat bewiesen, dass jedes Land in der Union, angefangen mit Deutschland, in der Lage war, Tabus zu brechen: Zum ersten Mal haben wir Kredite und Anleihen - in Höhe von 750 Milliarden - zusammengelegt, um zu investieren und die Situation gemeinsam zu bewältigen.
I.L. - Welche weiteren Lektionen haben Sie aus dieser reichen Erfahrung in der Brexit -Verhandlung gezogen?
M. B. - Ich habe auch gelernt, dass nationale Identitäten kein Schimpfwort sind und dass die Europäer sie bewahren müssen. De Gaulle sagte bereits in einer Rede: "Europa darf die Völker nicht wie ein Kastanienpüree zerdrücken. Es ist wichtig, die Identität von Völkern zu bewahren, ihre Wurzeln, ihre Sprachen, ihre Kulturen. Europa muss ein Projekt der Gegenseitigkeit sein, nicht der Verschmelzung. Es muss die Unterschiede bewahren, die die Menschen schätzen. Die Politik hat die Pflicht, diese Komplexität zu akzeptieren, denn das ist der Preis dafür, dass Europa geeint ist, ohne einheitlich zu sein". (Aus der Zeitschrift "Politique Internationale", Nr. 171, Frühjahr 2021)

2. Nach den deutschen Bundestagswahlen vom 26. September 2021

Der Gewinner wird der Sieger sein

Deutschland gibt im europäischen Konzert den Ton an. Frankreich singt das A-Dur, und die Musikliebhaber des europäischen Chors singen im Allgemeinen unisono, mit Ausnahme von zwei oder drei, die ein disharmonisches A-Moll singen. So funktioniert Europa.
Die deutschen Parlamentswahlen vom 26. Oktober sind daher wichtig für die Zukunft der Europäischen Union, die das Hauptanliegen unseres Straßburger Vereins "C-Europa"-Kreises ist. Der Sozialdemokrat (SPD) Olaf Scholz hat diese Wahl rechnerisch zweifellos gewonnen. Er wird der Gewinner, d.h. der Bundeskanzler, werden.
Die Maskerade seines CDU/CSU-Gegners Armin Laschet, der trotz seines schlechten Ergebnisses behauptete, Kanzler sein zu wollen, "war Realitätsverlust und Hybris" (so die konservative Tageszeitung Die Welt am 29. September). "Mehrheit ist Mehrheit", sagte einmal ein Sozialdemokrat (SPD), Gerhard Schröder, der auch 2005 vergessen hatte, dass er die Wahl verloren hatte. Er behauptete, er wolle Kanzler werden, als er hinter Merkel in der Minderheit war.
Laschet (24,1 % der Stimmen) liegt nicht nur 1,1 Punkte hinter Scholz (25,6 %). Er hat seiner Partei, der CDU, einen beispiellosen Absturz zugefügt (ein Rückgang von 8,6 % der Stimmen, während die SPD um 5,21 % zulegte), der sie auf den niedrigsten Stand in ihrer Geschichte fallen ließ. Diese Niederlage ist beispiellos. Warum hat die CDU die Kandidatur des weichen Laschet unterstützt, als die Lage an allen Fronten ernst wurde, wird für immer ein Rätsel bleiben. Ist das symptomatisch? Man kann nicht sicher sein, dass sein Konkurrent Markus Söder, Vorsitzender der bayerischen CSU-Schwesterpartei, gewonnen hätte. Die Nachwehen der Wahl haben jedoch gezeigt, dass Söder Laschet nichts verzeihen und es ihm heimzahlen wird.
Früher oder später wird sich die Frage stellen, warum die CDU die Kandidatur von Annegret Kramp-Karrenbauer, Merkels Favoritin, verhindert hat. Diese frühere CDU-Ministerpräsident des Saarlandes hätte es sicher besser gemacht als Laschet. Doch Merkel musste sie auf Druck ihrer Partei auf den undankbaren Posten der Verteidigungsministerin abschieben.
AKK, wie sie genannt wird, weil man ihren unmöglichen Namen durch ihre Initialen ersetzt, ist frankophil. Sie hat Französisch in den Schulendes Saarlandes zur Pflicht gemacht, es als zweite Verwaltungssprache in ihrem Land eingeführt und enge Beziehungen zu Lothringen geknüpft,
Der rheinische Ministerpräsident Laschet ist ein Freund von Xavier Bertrand, mit dem er ein interregionales Kooperationsabkommen geschlossen hat. Seine Niederlage und Schande sind keine guten Nachrichten für den gaullistischen Präsidentschaftskandidaten in Frankreich Namens Bertrand. (Jean-Paul Picaper, 29. September 2021)

Wie steht es um Europa im Post-Merkel-Deutschland?

Kaum jemand kann so pro-europäisch der wahrscheinlich zukünftige deutsche Bundeskanzler Olaf Scholz sein. Er gilt als seriöser und gemäßigter Sozialdemokrat, Inbegriff von Stabilität und Berechenbarkeit, und ein gebürtiger Hamburger ist er auch. Erinnert er Sie an jemanden? Natürlich: an sein Hamburger sozialdemokratisches Vorbild Helmut Schmidt, deutscher Bundeskanzler von 1974 bis 1982.
Schmidt starb 2015 im Alter von fast 97 Jahren. Der liberale französische Präsident Giscard d'Estaing (1974 bis 1981) starb 2020 im Alter von 94 Jahren. Ihre Ära, die 1970er Jahre, war der große Wendepunkt auf dem Weg zu einer außerhalb Europas respektierten Europäischen Union. Auf der Skala der Geschichte ist dies nicht weit von uns entfernt, auch wenn sich die Dinge in der Zwischenzeit stark verändert haben. Hoffen wir, dass Emmanuel Macron und Olaf Scholz in den 2020er Jahren ein europäisches Tandem bilden können, das an das legendäre Duo Valéry Giscard d'Estaing-Helmut Schmidt erinnert, das so viel für den Fortschritt Europas getan hat.
In Deutschland entscheidet im Wesentlichen das Kanzleramt in Sache Europa, in Frankreich ist das die Aufgabe des Präsidenten. Dieser Machtmechanismus wird dadurch verstärkt, dass die Staats- und Regierungschefs im Europäischen Rat das Wort haben, der mindestens zweimal im Jahr in Brüssel tagt, wo er inzwischen eine ständige Einrichtung besitzt. Die Präsidenten und Regierungschefs der EU-Mitgliedstaaten sitzen zusammen mit ihren Außenministern am Brüsseler Tisch, aber letztere sind nur die Sekundanten.
Normalerweise wird in Deutschland die auswärtige Politik von der Partei der Regierungskoalition wahrgenommen, die bei den Wahlen den zweiten Platz belegt hat. Das sind die Grünen. Aber die Grünen wollen ein Superministerium für Klimapolitik schaffen und erhalten. Sie könnten die Außenpolitik wahrscheinlich nicht gegen den Willen der anderen beiden Parteien gestalten, weil sie gegen Realpolitik resistent sind. Sie sind gegen die blinde Unterzeichnung des liberalen Investitionsabkommens mit China (CAI) und gegen die bedingungslose Inbetriebnahme der russischen Gaspipeline in der Ostsee, Nord-Stream. Dies sei nicht möglich, ohne dass diese beiden Großmächte die Menschenrechte respektieren.
Was die dritte Partei der wahrscheinlichen künftigen Drei-Parteien-Regierungskoalition, SPD (Sozialdemokraten)-Grüne (Grüne)-Liberale (FDP), anbelangt, so wollen die Liberalen unter ihrem Vorsitzenden Christian Lindner um jeden Preis das Finanzministerium und nicht das Außenministerium erhalten. Er möchte in Europa die Hand auf der Kasse halten, da er eine Verschwendung von Geldern für lahme Enten befürchtet. Allerdings wird Bundeskanzler Scholz, der die Vergemeinschaftung der europäischen Schulden befürwortet, ihnen nicht immer zustimmen.
Die Idee, die diese drei Parteien mit der CDU-CSU-Opposition teilen und die wahrscheinlich eine linke Koalition (mit der neokommunistischen Partei Die Linke anstelle der Liberalen) ausschließen wird, ist ihre Verbundenheit mit den Amerikanern in der transatlantischen Partnerschaft. Aber sie sind alle für eine Stärkung der europäischen Verteidigung innerhalb der NATO.
Der Liberale Alexander Lambsdorff, der von 2004 bis 2017 Mitglied des Europäischen Parlaments war und seit 2017 Mitglied des Deutschen Bundestages ist, empfiehlt die Schaffung eines Nationalen Sicherheitsrates, wie es ihn in anderen Ländern gibt. Und dies als Lehre aus den jüngsten Ereignissen in Afghanistan. (J.-P. P., 29.09.21)

Bundestagswahl 2021: Die europapolitische Agenda der Grünen – eine Betrachtung

ine Regierungsbeteiligung von Bündnis 90/DIE GRÜNEN nach der Bundestagswahl am 26. September ist, trotz nunmehr wieder stetigem Rückgang in den Umfragen, nicht ausgeschlossen. Auguren handeln ihre zunehmend umstrittene Spitzenkandidatin als mögliche Vizekanzlerin und Außenministerin, womit sie für Europa zuständig wäre. Das und die Tatsache, dass sich die Grünen selber als besonders weltoffen einstufen, gibt Anlass zu der Frage: Welche Rolle spielt Europa im Bundestagswahlprogramm 2021 der deutschen Grünen? Zugrunde liegt hier die sprachlich noch nicht endredigierte Fassung auf der Webseite der Bundespartei.
Als eigenes Kapitel spielt Europa keine sehr große Rolle. Es ist nicht lang und kommt vor dem internationalen Bereich am Ende des Textes. Dem mag die Einschätzung zugrunde liegen, dass Außenpolitik und Internationales nicht primär wahlgewinnend sind. Es mag auch einen gewissen Mangel an Enthusiasmus für den Aquis communautaire ausdrücken und das Institutionengefüge der Union. Es mag drittens Symptom eines Textes sein, der die Grünen in erstaunlichem Maß – angesichts des selbst erhobenen Regierungsanspruchs fast erschütternd – als Ein-Thema-Partei ausweist. Alles wird dem 1,5 Grad Ziel und der Klimapolitik untergeordnet. Umso überraschender, dass man den „Green Deal“ von Kommissionspräsidentin von der Leyen da nur vergleichsweise kursorischer Erwähnung für wert befindet mit der Absichtserklärung, es „ambitioniert gestalten“ zu wollen. Freilich finden sich Bezugnahmen auf die EU in anderen Teilen des Programms eingesprengselt – darauf wird zurück zu kommen sein.
Immerhin knapp drei Seiten unter dem Motto „Wir bauen Europa weiter“ widmen sich der Aufgabe, die „Zukunft der EU demokratisch zu gestalten“ (Seite 108 ff). Deutschland (im Verbund mit Frankreich) komme dabei eine „zentrale und historische Verantwortung“ zu. Mehrheitsentscheidungen als Gegenmittel gegen „nationalen Einzelinteressen“ und die Stärkung des Europäischen Parlaments sind die Mittel der Wahl. Soweit, so richtig. Denn die öffentliche Akzeptanz des Handelns der EU hängt in keinem geringen Maße von deren perzipierter demokratischer Legitimierung ab. Und da fällt dem Parlament eine Schlüsselrolle zu. Umso mehr als – und das ist der beachtenswerteste Absatz – man den Weg zu einer „Europäischen Föderalen Republik“ ebnen will. Zu dieser großen Vision wie dem Etappenziel dahin, der Weiterentwicklung der Unionsbürgerschaft zu einer echten „Staatsbürgerschaft“, bravo! Realistisch allerdings dürfte sich das allenfalls als weites Fernziel eignen.
Dieses klare Bekenntnis zu parlamentarischen Prozessen auf EU-Ebene, das sei hier parenthetisch angemerkt, lässt aufmerken. Denn in der nationalen Politik reden die Grünen Gremien wie sogenannten Bürger(innen)räten das Wort. Günstigstenfalls flankieren und ergänzen sie parlamentarische Entscheidungsprozesse, schlimmstenfalls verzögern oder umgehen sie sie. Demokratietheoretisch ist das nicht zwingend abzulehnen, jedenfalls aber kritisch zu hinterfragen. Ebenso wie die Skepsis an parlamentarischer Demokratie, die auch in einer häufig zitierten Äußerung in einem Zeitungsinterview des grünen Ministerpräsidenten von Baden-Württemberg mitschwingt. Vor dem Hintergrund der Corona-Krise möchte er „erwägen“, das „Regime“ dahingehend zu ändern, dass „harte Eingriffe in die Bürgerfreiheiten möglich werden“. Wäre ein selbst auf kommunaler Ebene von den Grünen immer wieder gern bemühter „Klimanotstand“ nicht auch eine ausreichend gravierende Basis dafür?
Ansonsten enthält das Europakapitel die üblichen Elemente des grünen politischen Werkzeugkastens: Stärkung von Bürgerinitiativen und Gemeinnützigkeitsrecht, Einklagbarkeit der Grundrechte, Ablehnung der Privatisierung kommunaler Unternehmen, „menschenrechtsgerechte“ Flüchtlingspolitik mit der Übernahme von mehr Flüchtlingen durch Deutschland, gemeinsame soziale Mindeststandards, Arbeitsbedingungen für EU-Bürger, Internationalisierung von Berufsausbildung und Studium, eine Behörde zur Koordinierung staatlicher und privatwirtschaftlicher Unternehmungen, usw. Es greift zudem die auf EU-Ebene seit Jahren verfolgte Idee der Schaffung einer europäischen Öffentlichkeit indirekt auf mit der Forderung einer europäischen „öffentlich-rechtlichen Medienplattform“ – vielleicht nicht ganz uneigennützig eingedenk des ihnen in Deutschland gerade auf öffentlich-rechtlichen Kanälen häufig zuteilwerdenden journalistischen Schmusekurses.
So wie das Programm innenpolitisch alles nichts geringerem als dem „sozio-ökologischen“ Umbau der Gesellschaft unterordnet, ist auch Zweck der Europapolitik ohnehin einer EU, die „ihr ganzes Gewicht gegen den Klimawandel und das Artensterben in die Waagschale wirft.“ Wo immer außerhalb des Europa-Kapitels auf die EU Bezug genommen wird, geht es zumeist um Mittel zu diesem einen Zweck. Einige Beispiele: eine europäische Kerosinsteuer, ein EU-weites Pfandsystem, Ausweitung des EU-Emissionshandels, an Ökostandards geknüpfte Anti-Dumping-Regeln, ein europäisch umzusetzendes Lieferkettengesetz, Importstopps für Agrarprodukte im Zusammenhang mit illegaler Entwaldung. Häufig also Maßnahmen, die frühere Vorbehalte gegen internationale Freihandelsabkommen in die politische Praxis übersetzen würden. Was zwar konsequent auf Parteilinie liegt, nicht aber auf der Linie bewährter deutscher Politik.
Gleiches lässt sich für die europäischen Finanzinstrumente sagen. So wie man innenpolitisch den Kurs der schwarzen Null und der Schuldenbremse verlassen möchte, weicht man auch auf europäischer Ebene von der bisherigen deutschen Haltung zu einer Fiskalunion ab. Nichts anderes verbirgt sich hinter der der projizierten Ausweitung der Europäischen Wirtschafts- und Währungsunion zu einer „Sozialunion“. Die Ablehnung einer „eigenen Fiskalpolitik Europas“ durch „die Konservativen“ geißelt das Programm als „Fehler“. Neben mehr parlamentarischer Kontrolle fordern die Grünen den Ausbau des europäischen Währungsfonds zu einem Stabilitätsmechanismus. Selbstverständlich sind alle geldpolitischen Maßnahmen unter dem Gesichtspunkt der „Klimakrise“ zu betrachten, mit dem Euro als weltweiter Leitwährung bei allen einschlägigen Investitionen. Anpassungen des Emissionshandels, einschließlich eines „Grenzausgleichs von CO2-Kosten“ sollen zwar Mittel in die EU-Kassen spülen, jedoch ärmeren Partnern zufließen zur Unterstützung der Dekarbonisierung.
Offenbar ist man sich aber bewusst, dass wie die Mehrheit der Deutschen die der Europäer allemal diese eher eindimensionale Vision nicht teilt, jedenfalls nicht in diesem Umfang. Daher befürworten die Grünen vernünftigerweise ein Europa der unterschiedlichen Geschwindigkeiten und die bewährte verstärkte Zusammenarbeit. Das ist ebenso pragmatisch wie vernünftig, allerdings im momentanen Zustand der EU wenig wahrscheinlich. Womit eine notwendige Voraussetzung dafür fehlen dürfte, die Union als Projektionsfläche eben jener Themen zu nutzen, mit denen sich die deutschen Grünen national stets am schwersten tun, gleichwohl aber die Notwendigkeit stärkeren deutschen und europäischen Engagements erkannt zu haben scheinen: der Außen-, Sicherheits- und Verteidigungspolitik.
Europäischer Auswärtiger Dienst wie gemeinsame Außen und Sicherheitspolitik sollen richtigerweise gestärkt werden. Dem kann man zustimmen, fragt sich aber, inwieweit die Ergänzung um die unscharf definierte „menschliche Sicherheit“ nicht bestenfalls eine Art Echternacher Springprozession (zwei Schritte vor, einen zurück) bewirkt. Als Teil von nichts weniger als einer „Neuausrichtung“ der NATO, deren Zwei-Prozent-Ziel (und damit multinational eingegangene Verpflichtungen) man rundweg ablehnt, soll eine stärkere sicherheitspolitische Koordinierung stattfinden. Dieser Notwendigkeit werden Sicherheitspolitiker ebenfalls gerne zugestehen. Das daraus abgeleitete (mittelfristige?) Ziel einer EU-Sicherheitsunion mit “gemeinsamer Kommandostruktur“ freilich umschmeichelt die Aura des Utopischen.
Durchaus wünschenswert und nachvollziehbar hingegen ist die geforderte Stärkung von OSZE und Europarat unter Einbindung aller Europäischen Staaten sowie Bildung eines „starken Systems kollektiver Sicherheit“ in Osteuropa. Dazu passen auch die Forderungen nach rascher Erweiterung der EU auf dem Balkan. Soweit, so gut. Entgegen stehen dem jedoch die keineswegs unberechtigten, aber überraschend markigen Töne, die man Russland gegenüber (und in geringerem Maße der Volksrepublik China) gegenüber anschlägt. Es ist schwer sich des Eindrucks zu erwehren, dass hier bewusst Problembereich ad calendas graecas verschoben werden sollen, mit denen man sich nicht wirklich befassen möchte – vielleicht, weil sie die Partei zu spalten drohen, in der eine substantielle Minderheit ernsthaft mit dem Wort „Deutschland“ den Namen des Staates aus dem Programm streichen wollte, das man doch regieren zu wollen vorgibt.
Das Fazit unter dem Strich? Den Grünen ist alles andere als Europaferne zu attestieren, begrüßenswert. Europäische Aspekte durchdringen nahezu alle Bereiche des Programms, Europapolitik wird gewissermaßen zu europäischer Innenpolitik. Bedauerlicherweise aber dient die supranationale Ebene allzu oft nur als erweiterter Arm des öko-sozialen Nannystaates, auf den der innenpolitische Teil des Programms hinausläuft. Realistische Zielsetzungen gehen ein nicht immer passgenaues Bündnis mit unrealistischen ein. Es mangelt auch nicht an Sachkunde oder kreativen Einfällen, wohl aber an Breite. Statt Einheit in Vielfalt geht es eher um Vielseitigkeit in Eindimensionalität mit einer fast chiliastischen Überzeugung, den einzig richtigen Weg zu kennen. ( Dr. Ulrich Strempel,  Vorstand  v. "Es ist Europa e.V.". Berlin. 5. Juli 2021)

3. Europa aus Österreich gesehen

Eine Stellungnahme von Paneuropa Österreich  : EUROPATAG: Europa für die Zukunft stärken

The key messagesin English are:
EU needs an european foreign policy
We need an economic recovery plan based on the principles of the „Wirtschaftswunder“
We have to strenghten the four fundamental freedoms of the EU
EU has to be ready for geopolitics


Paneuropa: Freiheit, Rechtsstaatlichkeit, eine europäische Souveränität in der Außenpolitik und eine Entschuldung der Eurozone werden Europa stärken. Eine klare Perspektive für die sechs Staaten Südosteuropas ist entscheidend für außenpolitische Stärke.

Am 9. Mai soll (ist) offiziell der Startschuss für die Konferenz zur Zukunft Europas fallen (gefallen). Als älteste europäische Einigungsbewegung, gegründet 1922, befasst sich die Organisation seit fast 100 Jahren mit der steten Verbesserung Europas. In seiner Rede zur Zukunft Europas hat Karl von Habsburg, Präsident der Paneuropabewegung Österreich, im Jänner 2021 auf vier Kernelemente der Stärkung Europas verwiesen: Freiheit, Rechtsstaatlichkeit, eine europäische Souveränität in der Außenpolitik und eine Entschuldung der Eurozone.

„Wir sollten dabei nicht vergessen“, so Habsburg, „dass am Beginn der europäischen Einigung die Frage der Sicherheit stand. Wir brauchen endlich mutige Initiativen für eine echte europäische Außen- und Sicherheitspolitik, die es Europa ermöglicht als politische Einheit in den vielfältigen geopolitischen Konflikten auftreten zu können.“ Habsburg erinnerte in diesem Zusammenhang an die Herausforderungen durch die Politik von externen regionalen und globalen Mächten.

Diesen Themen wird sich Paneuropa im nächsten Jahr zum 100. Jahrestag ihres Bestehens speziell widmen.

Für die Bewältigung der wirtschaftlichen Folgen der Corona-Pandemie warnt Rainhard Kloucek, Generalsekretär der Paneuropabewegung Österreich, vor einem Rückfall in protektionistische Konzepte. „Wenn wir nach Beispielen für einen Wiederaufbau suchen, dann nehmen wir doch die Politik des Wirtschaftswunders. Unternehmerische Freiheit ist das beste Rezept für einen neuen Aufschwung. Die Politik interveniert nicht, sie setzt Rahmenbedingungen und schafft Rechtssicherheit.“ Dazu gehört für den Paneuropa-Generalsekretär auch ein Bekenntnis zum Freihandel sowie die Vervollständigung des Binnenmarktes.

Das Auftreten als geopolitischer Akteur verlangt aus Sicht von Jugendvorsitzenden Philipp Jauernik nach einer mutigen Erweiterungsoffensive Richtung Südosteuropa. „Viele zu lange schon wurden die sogenannten Westbalkanländer immer wieder mit Versprechungen vertröstet. Hier braucht es eine offensive Politik der EU, um Stabilität in eine noch immer unruhige und auch umstrittene Region zu exportieren. Je stärker der Druck einer EU-Außenpolitik, umso höher ist auch der Druck der Bevölkerung dieser Länder auf ihre Regierungen, die notwendigen Reformschritte – um Rechtsstaatlichkeit und Kampf gegen die Korruption zu nennen – durchzusetzen.“ Die längst versprochene Visaliberalisierung für die Bürger des Kosovo gehöre genauso zu einer solchen Politik wie eine Beitrittsperspektive für die Ukraine.

„Mit den vier Grundfreiheiten, der EMRK, den rechtsstaatlichen Prinzipien“, so Stefan Haböck, Internationaler Referent von Paneuropa Österreich, „hat die EU ein starkes Fundament an bürgerlichen Freiheiten und Grundrechten. Diese müssen gestärkt werden.“ Dem Ausbau der staatlichen Massenüberwachung, besonders auch durch neue digitale Möglichkeiten, muss Einhalt geboten werden. Zudem warnt Haböck vor einem Erstarken des Nationalismus und Zentralisierungs-Tendenzen und betont die wichtige Rolle der Regionen und Gemeinden, aber auch jeden einzelnen Bürgers, im Sinne der europäischen Subsidiarität. ( Philipp Jauernik, Stefan Haböck,  Rainhard Kloucek, Paneurope Österreich. Wien. 09.05.2021)

KONFERENZ ZUR ZUKUNFT EUROPAS

Die europäische Politik braucht wieder eine klare Idee, wohin die europäische Einigung gehen soll. Seit Mai sollte dazu eine Konferenz zur Zukunft Europas tagen. Doch noch sind einige Fragen dazu offen, der Beginn unklar.

Genaugenommen sollte sie längst tagen. Die „Konferenz zur Zukunft Europas“. Am Europatag, am 9. Mai, unter kroatischer Ratspräsidentschaft, hätte in der kroatischen Hauptstadt Zagreb (Agram) feierlich der Beginn dieser Debatte über die Zukunft Europas über die Bühne gehen sollen. Immerhin ist die zuständige Kommissarin Dobravka Suica eine Kroatin. Doch da war bereits das Virus namens Covid unterwegs, und machte eine derartige Veranstaltung unmöglich. Also wurde einmal verschoben.

Dann kursierte ein Termin im September, unter deutscher Ratspräsidentschaft. Aber auch der hielt nicht. Noch Anfang November ergab eine Anfrage bei Kommissarin Suica, dass sie davon ausgeht, diese Konferenz werde noch in diesem Jahr beginnen. Zu Redaktionsschluss dieses Artikels am 27. November gab es allerdings noch immer keinen konkreten Termin für den offiziellen Beginn dieser Konferenz. Covid, das war allerdings bereits klar, ist nicht der Grund, warum die Konferenz noch auf einen offiziellen Beginn wartet.

Ursprünglicher Erfinder dieser Konferenz war der französische Staatspräsident Emmanuel Macron. In seiner Elysee-Rede Anfang März 2019, noch vor der Europawahl, präsentierte er eine Reihe von Maßnahmen, mit denen er die Europäische Union reformieren wollte. Diese sollten eben in einer Konferenz zur Zukunft Europas diskutiert werden. Der Abschluss war geplant für die nächste Ratspräsidentschaft Frankreichs im ersten Halbjahr 2022. Wenn es schon kein neuer Vertrag von Paris geworden wäre, dann zumindest eine feierliche Schlusszeremonie, in der die französische Politik ihre Führungsrolle in Europa dokumentiert hätte.

Ursula von der Leyen, die amtierende Kommissionspräsidentin, nahm die Idee einer solchen Konferenz bereits in der Bewerbungsphase für das Amt der Kommissionspräsidentin auf, und integrierte sie in die sechs Prioritäten der fünfjährigen Amtsperiode. Auch das Europäische Parlament griff die Initiative auf, und hat mittlerweile mehrere Stellungnahmen dazu abgegeben. Der Rat, auf dessen Ebene Macron seine Konferenzidee angesiedelt hatte, war letztlich die letzte der drei EU-Institutionen, die dann eine Position dazu erarbeitet hat.

Wie notwendig eine Debatte über die weiteren Schritte der europäischen Einigung ist, zeigen die vielen krisenhaften Erscheinungen in der europäischen Politik. Man denke etwa an das Gezerre um die Aufnahme von Beitrittsverhandlungen mit Mazedonien und Albanien oder bei der Visa-Frage für die Bürger des Kosovo. Wir haben aber auch im Zusammenhang mit den Grenzschließungen wegen der Migranten oder dann im Zuge der Pandemie gesehen, wie stark ausgeprägt nationale Egoismen sind. Der jüngste Streit um das EU-Budget, die Vermischung von Rechtsstaatlichkeit, Ideologie und Blockaden sind ein weiterer Beleg für die Notwendigkeit einer zielgerichteten Debatte über Europa.

Es scheinen die europäischen Persönlichkeiten zu fehlen, und es fehlt eine klare Zieldefinition, was Sinn und Zweck der europäischen Einigung sein soll. Für Paneuropa war das Ziel schon 1922 bei der Gründung klar. Es war ein geopolitischer Ansatz, der Europa als eigenständige politische Einheit sehen wollte, mit einer starken Betonung der Freiheit und der Werte. Nach 1945 war es das Ziel, Krieg in Europa zu verhindern. Die große Friedensidee. Nach 1989, nach dem Fall des Eisernen Vorhangs und dem Untergang der Sowjetunion schien das auch noch klar zu sein. Damals war man offen für die Aufnahme der mitteleuropäischen Länder in die EU. Es gab eine klare Erweiterungsstrategie, man sprach sogar von der „Wiedervereinigung Europas“. Es ging um die Stabilisierung von Demokratie, Rechtsstaatlichkeit und freier Wirtschaft.

Wenn man heute Politiker fragt was denn Europa sein soll, dann kommt wahrscheinlich als gemeinsamer Nenner: Bekämpfung der Pandemie und Bekämpfung des Klimawandels, vielleicht noch das Wieselwort von der sozialen Gerechtigkeit. Das alles wird in einen Green Deal verpackt und mit einem Billionen-Budget serviert, das in seiner Dimension unfassbar ist, und damit einer vernünftigen Debatte entzogen wird.

Hochgesteckt sind jedenfalls die Ziele für die Konferenz zur Zukunft Europas, die in der Mitteilung der Europäischen Kommission im Jänner dieses Jahres formuliert wurden. „Die Zeit ist reif“, heißt es da, „um der europäischen Demokratie einen neuen Impuls zu geben.“ Wenn sich in einer zunehmend multipolaren Welt nach wie vor viele Europäer Sorgen um ihre Zukunft machen, so müsse die Europäische Union nun zeigen, dass sie darauf Antworten liefern könne. „Die europäische Politik muss sowohl den Bürgerinnen und Bürgern als auch den Unternehmen helfen, vom ökologischen und digitalen Wandel zu profitieren. Sie muss Ungleichheiten bekämpfen und dafür sorgen, dass die Europäische Union eine faire, nachhaltige und wettbewerbsfähige Wirtschaft ist. … Die Konferenz wird als große paneuropäische, demokratische Übung ein neues öffentliches Forum für offene, inklusive, transparente und strukturierte Bürgerdebatten über wichtige Prioritäten und Herausforderungen sein.“

So sollen sämtliche Bürger der EU an den Foren teilnehmen können. „Dieses Forum sollte ein Abbild der europäischen Vielfalt sein. … Sein Ziel ist es, die Verbindung zwischen der europäischen Bevölkerung und den Organen, die für sie da sind, zu stärken.“ Auch die zuständige Kommissarin Dobravka Suica betonte in verschiedenen Videobotschaften zu Konferenzen (zuletzt für eine Veranstaltung der Paneuropa-Union Kroatien), dass alle Bürger in diese Debatte eingebunden werden.

Leichte Widersprüche tun sich bei der Frage auf, welche Themen in der Konferenz diskutiert werden sollen. So hält die Kommission in ihrer Mitteilung fest, dass ganz besonders die jüngere Generation mehr Mitsprache in der Politik fordere und sich nicht mehr damit zufrieden geben wolle, alle fünf Jahre bei Wahlen die Stimme abzugeben. In einem Zwischentitel heißt es: „Offene Diskussion über Fragen, die den Bürgerinnen und Bürgern am Herzen liegen.“ Und in der Pressemitteilung zur Mitteilung wird festgehalten, dass die Kommission keine Themen ausschließen möchte, „ist aber der Ansicht, dass die Debatte einer gewissen Struktur durch bestimmte Vorgaben bedarf und die Themen angesprochen werden sollten, die in den politischen Prioritäten der Kommission und in der strategischen Agenda des Europäischen Rates beschrieben werden.“

So heißt es dann in der Mitteilung weiter, es solle eine gemeinsame Erklärung der drei Institutionen (Rat, Kommission und Parlament) geben, in der „Konzept, Struktur, Gegenstand und Zeitplan der Konferenz“ festgelegt werden sollten. Die Kommission will zwei große Themenbereiche abdecken. Einerseits die Frage der Zukunft der Union, die sie in den sechs politischen Prioritäten der Kommission und der strategischen Agenda des Rates bereits vorgegeben sieht. Andererseits soll es um institutionelle Fragen gehen. Hier werden das Spitzenkandidatenmodell und länderübergreifende Listen für die Europawahlen genannt.

Das Europäische Parlament hat in zwei Entschließungen (15. Jänner 2020 und 18. Juni 2020) seinen Standpunkt definiert. So wird bereits im Jänner festgehalten, „dass die Einbeziehung der Bürger, der organisierten Zivilgesellschaft und einer Reihe von Interessensträgern auf europäischer, nationaler, regionaler und lokaler Ebene das Schlüsselelement dieses innovativen und originellen Prozesses sein sollte“.

Besprechen möchte das Europäische Parlament folgende Themen: europäische Werte, Grundrechte und Grundfreiheiten, demokratische und institutionelle Aspekte der EU, ökologische Herausforderungen und die Klimakrise, soziale Gerechtigkeit und Gleichstellung, wirtschaftliche und beschäftigungspolitische Fragen einschließlich Besteuerung, digitaler Wandel, Sicherheit und die Rolle der EU in der Welt. Wobei betont wird, dass es sich hier nur um eine Orientierungshilfe handelt, nicht um eine „erschöpfende Zusammenstellung politischer Themen“.

Die Struktur der Konferenz soll nach Meinung der europäischen Volksvertretung aus einer Reihe von Gremien mit unterschiedlichen Zuständigkeiten bestehen: Bürgerforen, Jugendforen, ein Lenkungsausschuss, sowie ein geschäftsführender Koordinierungsausschuss. Alle Gremien der Konferenz sollen ein ausgewogenes Geschlechterverhältnis aufweisen. Die Bürgerforen sollen thematisch organisiert werden, und aus 200 bis 300 Bürgern, mindestens drei pro Mitgliedsland, bestehen.

Auch für die Plenarversammlung der Konferenz hat das Europäische Parlament ganz konkrete Vorstellungen über die Zusammensetzung formuliert. Zweimal pro Halbjahr sollte die Konferenz zu einer Plenartagung im Europäischen Parlament zusammenkommen.

In der Stellungnahme vom Juni wird der Standpunkt vom Jänner betont, auf die aktuelle Situation mit Covid Bezug genommen, und bedauert, dass der Rat noch immer keine Stellungnahme angenommen hat.

Kurz darauf, am 24. Juni hat der Rat dann seine Stellungnahme abgegeben. Die Mitgliedsländer definieren einen politischen Zugang als wesentlich. Eine Vision der EU in zehn oder 20 Jahren sollte dabei herauskommen. Deshalb will der Rat eine Konzentration auf einige Kernpunkte, wie sie beispielsweise in der strategischen EU-Agenda verankert sind. Dazu gehören Nachhaltigkeit (Klimaneutralität), gesellschaftliche Herausforderungen (Gender-Politik), Grundrechte und die internationale Rolle der EU (hier werden Außen- und Sicherheitspolitik als Beispiele genannt).

Die Institutionen sollten nach Vorstellung der Regierung der EU-Mitgliedsländer gleichberechtigt an dem Prozess beteiligt sein, Bürokratie sollte vermieden werden, und eine effektive Einbeziehung von Bürgern soll sichergestellt sein.

Wer nun meint, dass nach all den Stellungnahmen, Interessensbekundungen und Willensäußerungen die Konferenz über die Zukunft Europas beginnen könnte, der irrt. Denn es handelt sich hier um eine eminent politische Frage. Und damit ist von entscheidender Bedeutung, wer den Vorsitz führt. Da geht es um Interessen und Prestige, um Parteipolitik, nationale Egoismen und Eitelkeiten. Mindestens seit Anfang Oktober dürfte diese Frage der Hintergrund für den Aufschub des Konferenzbeginns sein. (Rainhard Kloucek. Generalsekretär der Paneuropäischen Bewegung Österreichs. Dezember 2020)

Budapest-Brüssel: Ein neuer Ausgleich

Ein Gesetz zum Schutz der Familie soll angeblich gegen die europäischen Werte verstoßen. Viel gefährlicher für die europäische Einigung sind allerdings einige andere europapolitische Vorstellungen aus Budapest.

Ungarn steht wieder einmal am Pranger. Wegen eines neuen Gesetzes, das die Familie schützen soll, und beispielsweise die Sexualerziehung der Kinder klar der Verantwortung der Eltern zuschreibt. Das Gesetz sei diskriminierend und verletze die Prinzipien der Rechtsstaatlichkeit, sagen seine Gegner. Beweis dafür haben sie bisher keinen erbracht. Nun hat die Europäische Kommission ein Vertragsverletzungsverfahren eingeleitet, das wohl klären wird, ob und wie welche europäischen Normen verletzt werden (oder eben nicht). Die Geschichte mit der Diskriminierung jedenfalls kann nicht ganz stimmen. Die Pride-Parade in Budapest ging ohne weitere Probleme über die Straßen, und gleichgeschlechtliche Paare können sich in Ungarn verpartnern.

Warum gerade ein Gesetz zum Schutz der Familie ein Verstoß gegen europäische Werte sein soll, bleibt schleierhaft. Schließlich ist die Familie vor dem Staat (sowohl zeitlich-historisch – es gab schon Familien bevor es den Staat gab –, als auch organisatorisch – die Familie ist eben keine Einrichtung des Nationalstaates) Keimzelle der Gesellschaft.
Der Konflikt ist auch keiner zwischen West- und Mitteleuropa, auch wenn er nun von manchen zur neuen Spaltung in Ost und West hochstilisiert wird. Betrieben wird dieses Narrativ von Ideologen, die sich damit als Opfer einer Unterdrückung Osteuropas durch Westeuropa darstellen, um darauf die Geschichte aufzubauen, dass sie die Einzigen (und auch Letzten) seien, die die wahren Werte Europas verteidigen. Es ist vielmehr ein Konflikt zwischen Ideologien, die letztlich den Rechtsstaat aushöhlen und ihm ihre ideologische Sicht aufzwingen wollen. Das Wesen des liberalen Rechtsstaates ist eben nicht die staatliche Durchsetzung einer bestimmten Glücks- und Wohlfahrtsvorstellung. Aufgabe des liberalen Rechtsstaates ist es, Recht und Freiheit zu garantieren! So wie es in Westeuropa viele Menschen gibt, die für die (traditionelle) Familie eintreten und dieses Ideal auch leben, so gibt es auch in Mittel- und Osteuropa Vertreter der LGBTIQA-Bewegung.

Wobei es völlig absurd ist, wenn die gesamte Debatte um Europa, um europäische Werte, anhand sexueller Vorlieben geführt wird. Das ist ein gigantischer zivilisatorischer Rückschritt. Der Mensch hat sich durch seinen Geist über die Triebhaftigkeit des Tieres erhoben (bzw. wurde so geschaffen). Aber vielleicht glauben einige wirklich, dass wir so die Gefahr aus Peking und Moskau bannen, weil sich die Politiker dort eventuell totlachen über diese Absurdität.
Mit einem Gesetz zum Schutz der Familie wird also Viktor Orban sicherlich nicht zur Gefahr für Europa. Und je mehr er wegen dieser Politik von Ursula von der Leyen, Mark Rutte oder Karoline Edtstadler kritisiert wird, um so sicherer ist seine Wiederwahl bei den ungarischen Wahlen im nächsten Jahr.

Trotzdem wäre es falsch, Viktor Orban und seine Parteigänger generell frei zu sprechen. Denn in vielen Punkten verfolgt die ungarische Regierung eine Politik, die enorme Sprengkraft für die europäische Einigung birgt. Der 7-Punkte-Plan, der Anfang Juli in mehreren Tageszeitungen in verschiedenen EU-Ländern (in Österreich in „Die Presse“) inseriert wurde, ist so ein Beispiel. Eine Reduktion der europäischen Integration auf eine reine zwischenstaatliche Zusammenarbeit, bei der alles auf den kleinsten gemeinsamen Nenner reduziert werden würde, würde wohl in Moskau und Peking begrüßt werden. Europa – und damit auch jene Staaten, die diesen Rückschritt in den Nationalismus propagieren – wäre aber der Verlierer. Ohne Direktwahl des Europäischen Parlamentes wäre Otto von Habsburg wohl nie Mitglied dieser europäischen Volksvertretung geworden, aus der heraus er übrigens auch sehr viel gerade für Ungarn erreicht hat.

Der 7-Punkte-Plan von Viktor Orban
Über die Zukunft Europas
Die ungarischen Vorschläge

1. Brüssel errichtet einen Superstaat, du dem niemand die Ermächtigung gegeben hat. Wir sagen Nein zu dem europäischen Imperium.
2 Die Integration ist ein Mittel und kein Selbstzweck. Deshalb muss man aus den Grundlagenverträgen der Europäischen Union die Zielsetzung der „immer engeren Einheit zwischen den Völkern Europas“ streichen.
3. Die Entscheidungen sollen die gewählten führenden Politiker und nicht die Nicht-Regierungs-Organisationen (NROs) treffen. Wir sagen Nein zur Auslagerung des Rechtsstaates.
4. Die Kraft der europäischen Integration geben die gemeinsamen wirtschaftlichen Erfolge. Wenn wir gemeinsam nicht erfolgreicher sein können als jeder für sich selbst, dann ist dies das ende der Europäischen Union.
5. Das kommende Jahrzehnt wird das Zeitalter gefährlicher Herausforderungen sein. Die massenhafte Migration und Pandemien drohen. Wir müssen die europäischen Menschen schützen.
6. Wir müssen die europäische Demokratie wiederherstellen. Das Europäische Parlament hat sich als Sackgasse erwiesen. Es vertritt ausschließlich die eigenen ideologischen und institutionellen Interessen. Man muss die Rolle der Nationalen Parlamente vergrößern.
7. Serbien muss als Mitgliedsstaat in die Europäische Union aufgenommen werden.
Unterschrift : Viktor Orban

Damit stellt sich die grundsätzliche Frage, was Viktor Orban wirklich will. Nun, dass ein Politiker gerne im Rampenlicht steht und ein begehrter Interviewpartner sein möchte, ist logisch. Genauso übrigens, dass er nach Macht strebt. Erst in jüngster Zeit gab es von Viktor Orban einige Aussagen, die sein wirkliches Ziel klarer erscheinen lassen. Ein ungarischer Diplomat, der in Wien Dienst tat, hat einmal in einem persönlichen Gespräch angemerkt, dass man, um Orban und seine Politik verstehen zu können, in die ungarischen Geschichte blicken müsse. Und zwar nicht in die des 20. Jahrhunderts, sondern in die des 19. Jahrhunderts. Damit sind wir bei der nationalen ungarischen Revolution 1848 und dem ungarischen Ausgleich von 1867.

In einem ausführlichen Interview mit dem slowakischen Portal Postoj.sk, das auch in Magyar Nemzet auf Deutsch nachzulesen ist interpretiert Orban die Europäische Union so: „Bis jetzt drehte sich die Europäische Union um eine deutsch-französische Achse, in einem bipolaren Modus der Zusammenarbeit. Was wir jetzt anstreben, ist ein Europa, das bis 2030 einen dritten Pol haben wird: Mitteleuropa, also die V4.“ (V4 steht für die vier Visegrad-Staaten Polen, Tschechien, Ungarn und Slowakei, Anmerkung.) Abgesehen davon, dass hier der Begriff Mitteleuropa missbraucht wird (Mitteleuropa ist nämlich nicht ein Konstrukt des Nationalstaates, Mitteleuropa wurde durch den Nationalstaat zerstört), zeigt die Aussage (die übrigens auch in den Aussendungen der ungarischen Botschaft am 19. Mai 2021 verbreitet wurde), dass Orbans Denken offenbar in einem alten hegemonialen Politikstil verankert ist. In diesem Verständnis beansprucht er für sich einen Pfeiler der hegemonialen Macht.

Es ist also der Anspruch eines neuen ungarischen Ausgleichs, der hier propagiert wird. Im konkreten Fall ist nicht mehr Wien das Problem, sondern Brüssel. So wird in dem schon zitierten Inserat Brüssel beschuldigt, ohne Ermächtigung einen Superstaat zu errichten. „Wir sagen Nein zu einem europäischen Imperium“, lässt Orban formulieren. Dass „Brüssel“ nur dann handeln kann, wenn es die Mitgliedsstaaten erlauben, wird dabei geflissentlich verschwiegen.
Es ist also nicht ein Gesetz zum Schutz der Familien, das Europas Identität zerstört, sondern das Streben nach einem neuen ungarischen Ausgleich, das die europäische Handlungsfähigkeit einschränkt und damit außereuropäischen Mächten dient. Beschämend an der europäischen Politik ist, dass diese Bedrohung von keinem Politiker thematisiert wird. (Rainhard Kloucek, Generalsekretär von Paneuropa Österreich, 27. Juli 2021)


Sécurité


1. Malgré l’échec  en Afghanistan : pas d’antiaméricanisme primaire !
2. Les  sous-marins français n'iront pas en Australie- torpillés par Joe Biden.
3. La terrible  légèreté du gouvernement Biden, héritier de Trump.

4. Afghanistan : l’abandon
5.  L’hypocrisie a pris le pouvoir à Kaboul
6 . Le "crime d'honneur " est un meurtre 
7. Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire 
8. Gérald Darmanin : Nous devons cesser d'être naïfs
9. Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?


Malgré l’échec  en Afghanistan : pas d’antiaméricanisme primaire !

On a la nette impression que diverses institutions américaines désavouent le président Joe Biden après la défaite américaine en Afghanistan. Le Pentagone et l’OTAN en particulier sont mécontents de la manière dont il n'a ni anticipé la chute de Kaboul ni géré le retrait des forces américaines. Les propos qu’il a tenus ensuite ont été poliment mais clairement critiqués par le Secrétaire général  de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans une interview du très sérieux quotidien allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » (édition du 13/09/2021, p. 2). Elle corrobore une de nos  sources américaines qui nous a confié que Biden a retiré ses troupes précipitamment d’Afghanistan contre la volonté de ses militaires. Il ne voulait pas avoir un seul mort américain. Or, 13 soldats américains (et 90 Afghans au moins) ont été tués par une bombe à l’aéroport de Kaboul.
Alors que Biden avait dit que « l’Intervention de l’OTAN en Afghanistan n’avait jamais eu pour objectif de construire une nation (afghane) et que le seul objectif avait été la lutte contre le terrorisme » et que celui-ci avait été atteint avec l’exécution d’Oussama Ben Laden, Stoltenberg a exprimé tout autre chose : « Parfois, a-t-il dit, on ne peut empêcher le terrorisme que si l’on stabilise un pays, si on y crée des institutions fortes et fiables ». Il avait quant à lui salué l’intention de « créer un Afghanistan stable » pour une période dépassant largement la présence militaire occidentale.
Stoltenberg a semblé dire que Biden n’était pas à la hauteur.Il a rappelé que la Communauté atlantique a néanmoins ré ussi, en Afghanistan à allonger l’espérance de vie, à renforcer la participation politique et à permettre aux filles d’aller à l’école. « Ce ne sera pas facile de réduire à néant ces progrès », a ajouté Stoltenberg. C’est vrai, tant qu’ils auront besoin d’argent. Mais "les Talibans mentent", a dit Jean-Yves le Drian, ministre français des Affaires étrangères. Une des premières décisions de leur gouvernement a été d’interdire le sport aux femmes.
Le Secrétaire général de l’OTAN a souligné que l’Alliance atlantique ne doit pas se limiter à son espace euro-américain, mais continuer à se vouer partout à la lutte contre le terrorisme. « Pour cela nous devons former des forces de sécurité dans d’autres pays et mener des interventions militaires ». Emmanuel Macron avait le 7 novembre 2019 déclaré à "The Economist", dans le contexte de tension avec la Turquie, que l’Otan était « en état de mort cérébrale ». Il est vrai que sous Trump – éliminé - et Erdogan –encore présent, hélas ! – il ne fallait rien attendre de l’Otan. Mais il semble que l’Alliance cherche maintenant à sortir de cette impasse.
On avait beaucoup attendu du président Biden. Il a d’excellents conseillers et secrétaires d’Etat. On voyait en lui un nouvel Harry Truman. Mais visiblement, ce n’est pas le cas. Il a abandonné à la tyrannie talibane les élites de la société afghane et surtout les femmes instruites et les femmes en général qui vont être soumises à des pressions inhumaines. Biden a laissé l’obscurantisme remplacer l’intelligence et la liberté. Il a abandonné entre les mains des Talibans l’équipement d’une armée hypermoderne et même des uniformes américains. Une impardonnable gabegie !
Et pourtant, dans notre association européenne transfrontalière « C l’Europe », nous pensons que notre devoir est de renforcer notre alliance avec les USA et d’aider nos amis d’outre-Atlantique à chercher de meilleurs gouvernants. Nous exprimons notre désaccord avec la présidence de l’Union Paneuropéenne Internationale qui croit le moment venu de faire une Europe indépendante des États-Unis, à la manière de De Gaulle dans les années 1960. Nous ne partageons pas ces illusions gaullistes.
Karl de Habsbourg, président de Paneurope Autriche, a rappelé récemment dans une déclaration officielle que les États-Unis ont construit des démocraties stabilisatrices en Corée du Sud et à Chypre. A cela s'ajoutent les Balkans du Sud qui ont été contraints par la force des armes à cesser leurs guerres et à bâtir des Etats libres stables. Tout en consolidant le pilier européen au sein de l’Otan, il faut donc renforcer l’Alliance atlantique, en faire un instrument commun efficace. La France est-elle en mesure de lutte à elle seule contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient et de défendre l’Ukraine, la Géorgie, les États baltes contre l’expansionnisme poutinien ? La force de frappe nucléaire des Français et des Britanniques ne suffit pas non plus face à l'armement atomique russe. Non, nous avons pour cela besoin des Américains.
Les États-Unis ne sont pas au bout du rouleau comme l’imaginent en France des hypernationalistes de droite et d’extrême-droite et d’extrême gauche également. Ils sont à la pointe de la science et de la technologie et leur capacité de résilience est étonnante, comme l’avait vu déjà Alexis de Tocqueville. Ils ont encore la première armée de la planète. Notre défense dépend du renseignement électronique américain. Naturellement, il ne faut pas être naïf, tout n’est pas blanc-bleu outre-Atlantique, mais il ne faut pas non plus tomber dans des obsessions passéistes et dogmatiques et imaginer qu’on puisse bâtir une Europe indépendante contre les États-Unis.
 L’Europe de Papa, l’Europe de De Gaulle, c’était il y a déjà soixante ans. (Jean-Paul Picaper, Conférence Paneuropéenne de Strasbourg, 13 septembre 2021)

Les Etats-Unis et la Grande Bretagne torpillent les futur sous-marins français

Depuis qu’il avait remporté en 2016 aprsè deux ans de négociations l’appel d’offres visant à livrer douze sous-marins français à la Royal Australian Navy [RAN] de type Shortfin Barracuda [une déclinaison du sous-marin nucléaire d’attaque Suffren… mais à propulsion « classique »], le constructeur naval français Naval Group, à Cherbourg, devait faire face à une campagne médiatique et politique hostile, certains groupes d’intérêts remettant en cause le choix du gouvernement australien.
Lors d’une audition au Sénat, en février 2020, Hervé Guillou, alors Pdg de Naval Group, avait dénoncé des attaques « médiatiques à charge », relayées par « un certain nombre de médias qui ne nous veulent pas que du bien ». Cependant, le gouvernement australien avait jusqu’alors toujours pris le parti de l’industriel français. Comme encore le 30 août 2021. Et la signature de la phase « Core Work Scope 2 » du contrat confié à Naval Group semblait alors sur de bons rails.
Mais le 14 septembre dernier, le Premier ministre australien, Scott Morrison a annoncé l’abandon du contrat attribué à Naval Group au profit de l’acquisition de sous-marins nucléaires d’attaque anglo-américains, dans le cadre d’une étroite coopération avec les États-Unis et le Royaume-Uni. Un axe des pays anglophones est en train de se reconstituer des mois après le Brexit, au détriment de l’industrie française et européenne. C’est une perte énorme, de près de 35 milliards, le contrat du siècle, pour les chantiers navals français.
Surtout, ce coup dans le dos a été perpétré en sous-main par l'administration américains sans en avertir les Alliés français, membres de l'OTAN. C'est un coup à la manière de Trump, a dit le ministre français Jean-Yves Le Drian. l élimine la France de la stratégie navale dans le Pacifique où la France a pourtant des possessions.
Ce qui fait reposer la question aux adversaires de l’alliance avec les Etats-Unis de savoir si ceux-ci sont un partenaire fiable. Trump et Biden avaient déjà décidé le retrait rapide d’Afghanistan sans avertir les partenaires.  Certes, l'erreur a été aussi de préférer une propulsion classique à la propulsion nucléaire pour les sous-marins français. Mais le premier sous-marin aurait pu être livré en 2023, tandis que les vaisseaux à propulsion nucléaire y compris américains demanderont de plus longs délais.  (Rédaction, 16.09/2021)

La terrible  légèreté du gouvernement Biden, héritier de Trump. 

On n’avait jamais vu ça à ce niveau : ils ont surarmé leurs ennemis

Le 30 août 2021 le général américain Kenneth Mackenzie qui a supervisé jusqu’au dernier avion les opérations d’évacuation à l’aéroport de Kaboul a regretté de n’avoir pu évacuer tous ceux qui devaient l’être. Cela résonnait comme un reproche adressé à son président . Mais il n’y a pas que les hommes et les femmes. Drones, armes, artillerie, véhicules : les États-Unis abandonnent aux talibans un trésor de guerre inespéré qui donne le tournis, au point que des élus américain sont demandé des explications et des évaluations au gouvernement qui est en fâcheuse posture.
Les Talibans sont à la tête d'un arsenal de véhicules blindés, d'hélicoptères Black Hawk et des hélicoptères russes achetés par les Américains, ainsi que de centaines de milliers de fusils, de grenades, d’armes automatiques dernier cri et lance-roquettes fabriqués aux Etats-Unis. Celui de leurs troupes, mais aussi les équipements donnés à l'armée afghane. Les Américains avaient formé de nombreux pilotes et mécaniciens afghans qui seront désormais à la disposition des nouveaux maîtres du pays. 
Les livraisons d'armements se sont même poursuivies jusqu'à l'été de façon totalement irréfléchie, sans la moinde évaluation sur le prochain avenir. Le système américain est une machine gigantesque et coûteuse qui tourne à vide sans considérer les données politiques et stratégiques. Une vingtaine d’avions de surveillance en terrain accidenté Pilatus fabriques par la Suisse à Stans pourront pourchasser les Résistants de la vallée du Panshir.

Le triomphe des vainqueurs

Sur des images de propagande postées par les talibans, des combattants en turban posent fièrement devant des hélicoptères de fabrication américaine. Des vidéos montrent, comme dans une publicité pour un salon d’armement, l’avancée chorégraphiée de forces spéciales talibanes équipées de pied en cap avec du matériel de pointe américain : casques dernier cri, lunettes à vision nocturne, radios, armes automatiques. Sur des photos, les combattants talibans arborent fièrement leurs armes. Des images de propagande sur lesquelles les fusils d'assaut américains ont remplacé les vieilles kalachnikovs. 
En reportage à Kaboul, un journaliste américain, Richard Engel, raconte à quel point les talibans se confondent désormais avec les forces américaines, jusqu’aux casques et uniformes. "Ils portent des lunettes de protection, des armes récentes, des M4 en parfait état, mais ce ne sont pas des Américains ». Mais ils pourront combattre déguisés en Américains. Un avantage considérable.
Dans un rapport, le Sigar (Special Inspector General for Afghanistan Reconstruction), un organisme officiel américain de surveillance, évalue à 212,39 millions de dollars le matériel livré en seulement deux mois, soit entre le 30 avril et le 30 juin 2021. Dans cette liste, des munitions de différents calibres (du 5.56 pour fusils d'assaut à des roquettes de 70 mm) pour 28,3 millions de dollars, des vêtements militaires pour 3,6 millions de dollars, des pièces détachées (moteurs diesel et transmissions hydrauliques, 5,48 millions de dollars), mais aussi des véhicules blindés et des avions de combat légers, ainsi que des lunettes infrarouge pour les combats de nuit. Jusqu’ici les T=talibans n’avaient jamais possédé de tels équipements.
Avant l'été, les Etats-Unis avaient livré à l'armée afghane six A-29 Tucano, des avions destinés à la lutte antiguérilla et à la formation des pilotes (133,51 millions de dollars), ainsi que 174 blindés légers M1151 Humvee (41,5 millions de dollars). Cela représenterait qu’une goutte d’eau dans les dépenses de formation et de modernisation affectées à l’armée afghane : 83 milliards de dollars en vingt ans. John F. Sopko, chef du Sigar nommé par Barack Obama en 2012, estime que chaque année, 300 millions de dollars ont été empochés par le gouvernement afghan pour financer "une armée fantôme". Selon « Le Figaro », le Département américain de la Défense évalue à 778 milliards de dollars les dépenses militaires engagées entre octobre 2001 et septembre 2019. D’après le Sigar, un tiers du matériel était remplacé chaque année.
Selon une vidéo diffusée sur internet, des talibans et du matériel de guerre. "Les Américains avaient pour mission de moderniser l'armée afghane et donc de leur fournir un matériel de haute pointe et de haute précision", rappelle Sébastien Boussois, spécialiste du Moyen-Orient. Pour les Etats-Unis, l'histoire se répète. "Il se passe la même chose qu'en 2014 lorsque Daesh a pris Mossoul et tout l'équipement de l'armée irakienne, là c'est pareil", observe le Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l'ONU.

Le projet Macron désavoué par les Nations-Unies

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, lundi 30 août, une résolution gravant dans le marbre les "engagements" des talibans en faveur du départ "sûr" de ceux qui veulent quitter l’Afghanisant mais sans évoquer la zone protégée évoquée par la France. Treize des 15 membres ont voté en faveur de ce texte rédigé par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, tandis que la Chine et la Russie se sont abstenus.
Dans la résolution, le Conseil dit "s'attendre" à ce que les talibans tiennent tous leurs "engagements", notamment en ce qui concerne "le départ sûr" et "ordonné" d'Afghanistan "d'Afghans et ressortissants étrangers", après le retrait des Etats-Unis. En revanche, il ne fait nullement référence à la "safe zone" évoquée par Emmanuel Macron.
Dimanche, le président français avait déclaré que Paris et Londres allaient plaider à l'ONU pour la création d'une zone franche à Kaboul, notamment pour permettre la poursuite des "opérations humanitaires". "Je pense que ce projet est totalement réalisable. J'ai bon espoir qu'il puisse trouver une issue favorable, je ne vois pas qui pourrait s'opposer à la sécurisation des projets humanitaires", avait-il précisé.
Selon Richard Gowan, spécialiste de l'ONU à l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group, la résolution "adresse au moins un message politique aux talibans au sujet de la nécessité de garder l'aéroport ouvert et d'aider les Nations unies à acheminer l'aide". Mais globalement, "le texte est assez léger" et "Macron a eu le tort de survendre l'idée d'une zone protégée à l'aéroport de Kaboul", "ou en tout cas de ne pas communiquer de manière très claire", a-t-il affirmé à l'AFP.
Selon la résolution, le Conseil de sécurité "réaffirme" aussi l'importance du "respect des droits humains, y compris ceux des femmes, des enfants et des minorités", et "encourage" la mise en place d'une solution politique "inclusive" avec une participation "significative" des femmes. Il "demande" également que le territoire afghan ne soit pas utilisé pour "menacer ou attaquer" d'autres pays ni pour abriter des "terroristes". Pour le moment, tous ceux que les Occidentaux ont laissé sur place et la majorité des femmes dans les villes vivent dans la terreur tandis que les Talibans exhibent les armes américaines ultra-modernes, préludes de futures guerres et victoires. (Rédaction, avec les agences. 31/08/2021)

Afghanistan : l’abandon

Ce n’est pas de trop que de placer l’abandon de l’Afghanistan dans notre rubrique « Sécurité », car l’installation des Talibans dans Kaboul et d’autres villes afghanes annonce de nouveaux attentats meurtriers en Europe et peut-être aux États-Unis. La guerre qui leur avait été déclarée il y a près de vingt ans, était destinée à détruire les bases d’entrainement au terrorisme qu’ils avaient établie en Afghanistan. Aucun doute, ils vont rouvrir ces antichambres de l’enfer.
La façon dont les Américains ont abandonné ce pays et ceux qui s’étaient naïvement ralliés à leur cause et croyaient à leur fiabilité, restera un des scandales du siècle. Quelle traîtrise ! Quel déshonneur ! Angela Merkel et Emmanuel Macron n’ont pas réclamé à Washington une autre politique d’évacuation. Ils sont partis de nuit comme des voleurs, abandonnant des millies de véchules, des tonnes d’armements à leurs ennemis, délaissant leurs amis afghans et leurs femmes à leurs meurtriers et bourreaux. Quelle imprévoyance ! Quel mépris !
Comment se fait-il que le Pentagone et la CIA n’aient pas anticipé la manière dont les Talibans se glisseraient dans les interstices ? Bloqueraient les frontières ? Occuperaient les villes pour empêcher les évasions ? Ceux que l’on voit sont très bien armés (par qui ? par la Russie ? par la Chine ? Par le Qatar ?), mais ils sont peu nombreux. Visiblement, ils bluffent. Tout ce qu’ils font et disent fait partie de la « takiya », cette recommandation que l’Islam adresse à ses fidèles de mentir aux mécréants.
Pourquoi les puissances occidentales n’ont-elles pas envoyé des forces d’intervention rapide susceptibles d'ouvrir des couloirs humanitaires d’évacuation pour la population ? On avait bien sauvé Berlin-Ouest pas un Pont aérien en 1948-49. Il fallait exfiltrer un maximum de gens intelligents pour préparer le retour à la démocratie dans quelques années quand les Talibans seront bannis de la communauté internationale et auront échoué économiquement comme l’Iran, comme la Turquie, comme l’Irak, comme les Etats musulmans qui n’ont pas d’hydrocarbures à vendre.
Certes, les USA envoient beaucoup d’avions, la France quelques-uns, mais il fallait organiser des accès sûrs à l’aéroport pour les élites afghanes, pour les jeunes femmes désireuses de faire des études. On n’est pas dans le même cas de figure qu’en 2015 avec les réfugiés syriens. Les Occidentaux avaient pris la responsabilité de l’Afghanistan. Ils lui sont redevables, coûte que coûte. Trump puis Biden ont abandonné à leurs meurtriers les Afghans fidèles après leur avoir montré ce que pouvait être pour eux un État moderne, laïque, intelligent et libre.
On n’a pas retenu la leçon de Saigon, de Phnom Penh, d’Alger jadis.Ceux qui nous dirigent n’ont pas de cervelle. Ils abandonnent leurs amis à la pire théocratie de la planète. Celle qui coupe des mains, lapide, fouette, égorge et traite les femmes comme des insectes, juste bonnes à mettre au monde de la chair à canons. Pourrons-nous encore faire confiance à Joe Biden. (Rédaction « C l’Europe.eu ». 23/08/2021)

L’hypocrisie a pris le pouvoir à Kaboul – elle déteint sur les occidentaux

Une petite brise tiède souffle étrangement sur Kaboul. Les nouveaux dirigeants sont là, prenant position sur leurs sièges. Le règne des Talibans a commencé. Ce n'est pas la première fois - et ceux qui étaient présents à Kaboul à l'époque ne l'ont pas oublié. Immédiatement après leur invasion en septembre 1996, les fous d’Allah avaient torturé à mort l'ancien chef du gouvernement, Mohammed Najibullah, d'une manière qui a déclenché une vague d'horreur même en Afghanistan, pourtant habitué à la guerre. Ils avaient accroché son corps mutilé et celui de son frère à un carrefour pour que tout le monde comprenne le message : Nous sommes là. Des temps nouveaux se lèvent.
Quelle chance que l'histoire ne se répète pas telle quelle ! Les Talibans de 2021 veulent qu’on remarque leur retour. Mais surtout ne venez pas les déranger. Américains, ne visez pas leurs chefs avec vos drones. Ils sont encore à nu, vulnérables. Ils ont discrètement mis fin à l'offensive militaire. Ils ont pris cette fois les frontières avant de prendre les villes pour empêcher un exode massif, tout à fait d’accord sur ce point avec les Occidentaux. Ils veulent que l’aide humanitaire des pays mécréants dont dépend la vie de 16 des 39 millions d’Afghans continue à affluer dans leur pays. Tous ces gens sont la propriété de leurs nouveaux maîtres et doivent le rester. Les femmes surtout dont le statut juridique ne dépassera pas celui des animaux. Juste bonnes pour la reproduction.
Quel soulagement pour l’Allemagne à un mois des élections ! On n’accueillera que 10 000 Afghans, cent fois moins que de Syriens en 2015. « La leçon de 2015 semble avoir été retenue », écrit Philippe Gélie dans « Le Figaro ». Mais attention, les Afghans forment déjà le deuxième contingent de réfugiés en Europe, le premier en France où d'abord 50% puis 90% des –aussi – 10 000 dossiers de leurs demandeurs d’asile depuis 2018 ont été agréés. Les gouvernements occidentaux ont promis de faire évacuer les milliers d’employés de la coalition occidentale. C’est « un devoir », disent Biden et Macron. Les États-Unis se disent prêts à distribuer 80 000 visas à leurs supplétifs afghans et à leurs familles. Mais ils n’ont pas laissé le temps à la plupart d’atteindre l’aérodrome, avec leur départ inutilement précipité. Pratiquement, leur compte est bon, comme ceux de nos harkis en Algérie en 1962, désarmés et abandonnés au couteau des bouchers sur ordre de De Gaulle.
Les nouveaux dirigeants islamistes ne les laisseront certainement pas partir. Personne ne viendra les secourir. Les Talibans lancent maintenant une offensive du charme. Les responsables talibans, les chefs militaires et les porte-parole du mouvement ronronnent sur tous les canaux disponibles. Es-tu employé d'une ambassade, peut-être d'un pays de l'OTAN, ou même un citoyen américain ? S'il te plaît, reste ! Personnel local de l’ancien régime, travailleurs humanitaires afghans et médias étrangers ? Nous garantissons votre sécurité ! Tout est oublié, pardonné, on passe l’éponge. Ils veulent ouvrir un nouveau chapitre de coopération constructive avec les Américains. L’ennemi héréditaire, l’Inde est la bienvenue pour poursuivre ses projets dans le pays - ils se réjouissent de la poursuite de la coopération !
On affiche sans cesse et en tout lieu des symboles de conciliation pour que nous autres Européens, Américains, nous nous rapprochions des nouveaux Talibans. Sur la chaîne de télévision la plus connue d'Afghanistan, la présentatrice est assise dans le studio - oui, une femme, eh oui, à visage découvert - en train d'interviewer un homme barbu de haut rang. Les femmes reporters afghanes sont dans les rues, font des apparitions à la télévision, parlent aux hommes armés. L'un des commandants les plus importants, le fils du défunt chef taliban Mullah Omar, exhorte ses combattants à se comporter correctement, à ne pas confisquer les véhicules et à ne pas entrer dans les maisons. Est-ce que cela ne rappelle pas certains souvenirs d’Occupation aux Français (du moins par les récits de nos pères et grands-pères et dans les livres ?). Pas de représailles ! Pas d'actes de vengeance ! Officiellement du moins. les deux enfants d'une cuisinière afghane des Français ont été enlevés, mais ils lui ont été rendus. L'un d'eux était découpé en morceaux C'est de l'humour taliban !.La propriété et la vie privée doivent être respectées. Des petits groupes de  filles vont et sont à l'école sous les caméras avec de beaux  voiles blancs sur et autour de la tête. Elles n'ont pas l'air très rassurées. Elles ne bavardent pas, ne rient pas. Il paraît que les femmes doivent travailler et étudier. Le port de la burqa n'est bien sûr pour elles qu'une recommandation non contraignante, le foulard peut suffire. Et avec la minorité chiite, que les théologiens talibans considèrent comme des apostats de l'islam et qui ont été brutalement réprimés jusqu'à présent, ils se réunissent pour prendre le thé.
On apprendra dans dix ans combien de milliers ou de dizaines de milliers de personnes ont été exécutées et torturées comme partout ou s'installe Allah le bon, le miséricordieux. L’heure est pour le moment à a paix et aux embrassades. C’est tout juste si les guerriers barbus ne distribuent pas des friandises. Ils ne se permettent guère la sévérité en ces heures de liesse. Les talibans ont déclaré la guerre à l'insécurité notoire qui régnait dans les rues de Kaboul, aux agressions et aux enlèvements. Ils ne poseront plus de bombes qui tuent des civils et des enfants. Ils prennent des mesures cohérentes contre les voleurs et les pilleurs, comme en témoignent les nombreuses photos publiées sur les réseaux sociaux. Quel soulagement ! Quand ce n’est pas un porte-parole du nouveau pouvoir qui vient expliquer l'importance primordiale de la liberté d'expression et de la liberté de la presse ainsi que d'une société sans discrimination.
C’est parfaitement clair. Ils ont consulté des experts en relations publiques et soignent leur image. Mais ce serait imprudent de considérer leur posture libérale comme un simple écran de fumée. Il y a des intérêts tangibles derrière tout cela. Les affaires sont les affaires : la Chine se prépare, et les Talibans ne disent plus non aux investissements internationaux. Cependant, nous pouvons nous douter qu'il y a plus derrière leur affichage qu'une simple avidité pour l'argent. La reconquête spectaculaire du pays par les talibans nous conduit à leur attribuer des pouvoirs qu'ils n'ont pas. Leurs commandants ont eu eux-mêmes du mal à suivre le rythme de la conquête. Ils doivent de nombreux succès à des adversaires achetés, à des unités de l'armée qui ont déserté ou fait défection, à des accords et des arrangements avec l'aide des anciens des tribus. Des victoires ont été remportées sans tirer un seul coup de feu.
Maintenant, les combattants talibans sont partout, mais parfois nulle part. Leur emprise est encore faible, tout comme les loyautés qu'ils ont achetées. Les gens veulent la sécurité, des emplois, de l'argent. Les Talibans doivent tenir leurs promesses.
Tant que les conquérants ne seront pas plus fermement en selle, ils doivent gagner du temps, estime Florian Harms, rédacteur en chef de t-online.de. En attendant, ils ne veulent surtout pas d’un effondrement économique. Leurs porte-paroles ne se lassent pas de le souligner : Personne ne devrait avoir à fuir l'Afghanistan. Leurs propos évoquent la crainte d'un exode massif et de la "fuite des cerveaux", la fuite des personnes instruites et des professionnels. Et autre chose : si vous avez écouté attentivement, vous avez pu entendre hier quelque chose d'étonnant de la part du Pakistan, le plus proche allié, financier et mentor des talibans. Un ministre pakistanais a expliqué que son pays n'était pas pressé de reconnaître diplomatiquement son propre protégé, l’Afghanistan taliban. Ils consultent leurs amis dans la région et s'efforcent d'obtenir une reconnaissance collective du nouveau gouvernement afghan. En termes clairs, cela veut dire : le Pakistan ne veut pas alimenter à nouveau un État paria mis au ban de la communauté internationale. Il faut que le monde extérieur vienne à la rescousse. Les talibans font donc tout leur possible pour ne pas faire peur et se donner des airs de respectabilité
Peut-on prêter foi au conte de fées des nouveaux talibans gentils ? Certainement pas. Si des travailleurs humanitaires afghans ou des soldats occidentaux sont arrêtés à un poste de contrôle par une horde d'hommes armés, ils n'auront guère envie de se référer aux belles promesses d’un porte-parole du régime ou d'un mollah pour négocier leur vie avec les sbires barbus. A Kaboul, la présence des médias afghans et internationaux permet au moins de s'assurer que les extrémistes font attention à leur image - du moins pour le moment. Mais là où personne ne regarde et où l'emprise des talibans est ferme, nous devons craindre le pire. Dans l'interprétation de l'islam de l'âge de pierre à laquelle adhèrent les "Guerriers de Dieu", on n’a pas changé un iota. Ce qui restera de retenue et d’apaisement de ces premiers jours de la restauration islamique, va se décider dans les luttes de factions au sein du mouvement taliban dans les mois à venir. Les châtiments terribles - mains amputées, lapidation, fouet - reviendront en tout cas.
Néanmoins, l'Occident peut saisir cette opportunité : tant que les nouveaux arrivants à Kaboul veulent encore que le monde les aime, de nombreux accords peuvent être négociés avec eux. Les gouvernements européens semblent surmonter leur paralysie due au premier choc de l’invasion et cherchent à nouer des pourparlers et les Américains discutent également avec les Talibans. Au moins, les supplétifs locaux des forces armées occidentales, les travailleurs humanitaires, les militants de l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme peuvent peut-être encore être mis en sécurité. Mais l'heure tourne. Personne ne sait combien de temps encore les maîtres de céans enturbannés continueront à soigner leur apparence. Des tout petits groupes de 3 ou 4 hommes lourdement armés circulent dans des blindés légers dans les villes à la recherche d‘adversaires. La nuit on entend de temps à autre des coups de feu.
En France, l’opposition de gauche, Socialistes et Verts, accuse le gouvernement Macron de cacher sordidement la vérité. Il faudrait, disent-ils, accorder à tous les Afghans et pas seulement à ceux qui nous ont aidés le statut de victimes, de futures victimes en fait. Sinon les talibans auront beau jeu de dire que l'Europe est indifférente au sort des Afghans. (Rédaction « C l’Europe », avec « Le Figaro » et "t-online.de", 18/08/2021)

Le "crime d'honneur" est un meurtre

L'honneur et le meurtre n'ont pas leur place dans la même phrase, encore moins dans la même locution. Ces crimes scandaleux sont tout simplement la preuve d'une intégration ratée. La preuve qu’on n’a pas pu enseigner à des jeunes immigrés les rudiments de la civilisation. Dans le cas le plus récent, deux des jeunes frères afghans de la victime avaient - vraisemblablement - voyagé de Bavière à Berlin dans le but précis de tuer leur sœur. Apparemment, elle devait mourir parce que son mode de vie ne correspondait pas aux normes morales des suspects. Les frères auraient ensuite transporté le corps de leur victime dans une valise depuis la station de S-Bahn "Südkreuz" à Berlin.
Utiliser le terme « honneur » ne rend pas la brutalité tolérable ou même honorable. Aujourd'hui, on se demande s'il ne vaudrait pas mieux parler de féminicide, c'est-à-dire de meurtre d'une femme uniquement en raison de son sexe. Dans un premier temps, la Sénatrice à l'intégration de Berlin, Elke Breitenbach, ne voulait pas entendre parler de "crime d'honneur" (avant de faire marche arrière face aux protestations) - le terme lui semblait trop banalisant. Nous pouvons supposer qu'elle avait de bonnes intentions, mais les « crimes d'honneur » font toujours partie d'une catégorie à part. Ils n'ont pas automatiquement quelque chose à voir avec des sentiments tels que la jalousie ou la violence domestique dans laquelle les hommes mettent en œuvre leurs fantasmes de pouvoir personnel, ce qui arrive malheureusement trop souvent et, selon les statistiques criminelles, a récemment coûté la vie à 117 femmes en une seule année.
La majorité des auteurs de ces crimes sont des naturalisés Allemands. De tels cas se produisent donc en Allemagne, mais ils sont relativement rares : trois à douze par an, en tenant compte du nombre de cas non signalés, constituaient la moyenne jusqu'en 2005, selon une étude de l'Institut Max Planck pour l'Office fédéral de police criminelle. Un résultat important de l'étude : les auteurs sont presque toujours des migrants de première génération. Parmi leurs enfants et petits-enfants qui sont déjà nés en Allemagne, la criminalité est presque inexistante. En d'autres termes, ceux qui se sentent liés par ce terrible "code de l'honneur" l'ont eux-mêmes apporté de l'étranger. Ici, il se fane et disparaît. Mais quand même il est là.
C'est peut-être la raison pour laquelle la justice a mis beaucoup trop de temps à traiter ce délit de manière appropriée, à savoir sévèrement. Avant 1995, les juges étaient souvent indulgents. Du point de vue actuel, c'est si difficile à comprendre que nous devrions au moins nous familiariser avec la logique des peines . Pour faire simple, c'est comme ça : On disait que les agresseurs ne connaissaient pas la différence entre le droit allemand et le leur chez eux au pays. Or, celui qui tue un autre être humain doit au moins comprendre qu'il fait le mal – c’est un minimum. Un arrêt de la Cour fédérale a quand même mis un terme à cette hantise de la tolérance excessive qu’on pratiquait encore ici il y a un quart de siècle.
Dans les pays d'où nous parviennent les crimes dits d'honneur, on souhaiterait vivement que cette rigueur soit un tant soit peu respectée, mais la réalité est malheureusement différente. Au Pakistan, qui est très en avance en matière de discipline, le meurtre de membres de sa famille pour avoir prétendument porté atteinte à son honneur fait rarement la une des journaux, et n’est certainement pas payé par une peine de prison. Dans les régions pauvres, violentes et armées qui bordent la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, des adolescents ont été tués pour s'être trouvés dans la même pièce qu'une personne du sexe opposé. Ils ont peut-être même ri ensemble ! Ecouté de la musique ! Ou même donné un baiser innocent ? Pour les filles, cela peut signifier la mort, et parfois aussi pour les garçons concernés.
Ces histoires proviennent d'un monde dont les conditions de vie sont très éloignées des nôtres, où les familles élargies, les anciens des villages et les tribus mènent la barque et où même l'armée n'ose entrer qu'armée jusqu’aux dents. Mais il y a aussi des endroits plus accessibles. Par exemple dans le riche Koweït, en Jordanie, en Arabie Saoudite, et la liste est longue. Cette coutume meurtrière est généralement imputée à l'Islam, mais elle est en fait l'expression de traditions régionales empoisonnées. Les actes s'accumulent là où les traditions sont les plus fortes : à la campagne plutôt qu'en ville, du moins tant que la migration vers les villes ne brouille pas les frontières. Les législateurs n'osent pas s'attaquer aux idées archaïques. La plupart des États concernés imposent des peines plus légères pour les meurtres de proches que pour les autres auteurs.
Les résultats d'une enquête menée il y a deux ans dans six États arabes sont particulièrement irritants. Selon l'enquête, une majorité de personnes interrogées dans toutes les tranches d'âge rejette clairement les "crimes d'honneur". Mais ceux qui considèrent le meurtre comme acceptable sont désormais plus nombreux parmi les jeunes que dans la génération de leurs parents. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons, mais l'influence de la propagande islamiste joue probablement un rôle. Et les activités des prédicateurs ultra-conservateurs qui sont financés depuis des décennies par l'Arabie saoudite et apportent ainsi leurs idées morales extrêmes à la population.
Mais le meurtre de Berlin nous rappelle aussi nos propres transgressions. C'est vrai : la plupart des migrants condamnent ces coutumes brutales comme tout autre citoyen de notre pays. Mais il en reste quelques-uns qui doivent d'abord passer par un processus d'apprentissage rapide et difficile. Cela ne vient pas tout seul. C'est pourquoi nous devrions considérer un crime comme celui de Berlin, aussi rare soit-il, comme un signal d'alarme indiquant que notre politique d'intégration est très insuffisante. Notre pays, nos règles : tout le monde doit les comprendre et les respecter.. Nous le devons à nous-mêmes - et à la majorité des immigrants, pour qui cela va de soi. (D’après Florian Harms, T-online.de, Berlin, 12.08.2021)

Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire ? 

Il n'y a plus de grande guerre, plus de Guerre mondiale comme on les appelait. Il n'y a plus que des guerres partielles, locales, hybrides, asymétriques affublées de noms divers. Cela ne date pas d'hier, mais de la Guerre froide quand l'équilibre de la Terreur nucléaire excluait un affrontement planétaire qui aurait anéanti les principaux belligérants et décimé l'humanité. Il n'en va pas autrement aujourd'hui. Seules, des puissances dominantes cherchent à accaparer le fruit de guerres régionales. Et voilà qu'avec la pandémie un autre obstacle à la guerre totale est apparu : des armées en campagne pourraient être décimées par le virus du covid comme d'autres armées le furent au Moyen-Âge par la peste. N'a-t-on pas vu deux gros porte-avions, le "Charles de Gaulle" français et l'américain "Theodore Roosevelt" pratiquement paralysés, leur équipage étant terrassé par le virus ?

Cette absence de grande guerre peut avoir pour effet la multiplication des conflits locaux ou régionaux et la prolifération des émeutes et violences intestines dans les Etats sans que celle-ci aboutissent nécessairement à des guerres civiles. A coup sûr, au lieu de s'affronter armée contre armée, les puissances chercheront à se déstabiliser réciproquement en fomentant des désordres et des troubles économiques et sociaux susceptibles de déstabiliser leur concurrents. Mais un autre phénomène a surgi durant la pandémie : on a pris conscience des dépendances qui affaiblissent l'autodétermination et l'indépendance des Etats et groupes d'Etats. De sorte que la parcellisation du globe qui avait déjà remplacé la dichotomie de la guerre froide va certainement s'accentuer. La mondialisation l'avait atténuée , mais on s'aperçoit que cette mondialisation favorise certaines puissances, en tout premier lieu la Chine.

La pandémie nous a fait prendre conscience brutalement que nous manquons de tout : de masques pour stopper la diffusion du virus, de gants, de blouses pour le personnel hospitalier, et surtout que des médicaments basiques ou sophistiqués anticancéreux, antibiotiques, anti-inflammatoires, anesthésiants étaient presque en situation de rupture. Ainsi plus personne ne parle du vaccin anti-grippal en quasi carence totale. L'Europe n 'avait pas prévu tout cela, la Chine avait tout prévu ou à peu près . Elle nous tenait pratiquement à la gorge. Il est certain qu'il va falloir reconstituer des filières de production en Europe et diversifier les sources d'approvisionnement en éléments indispensables qu'on ne trouve pas sur notre continent. En pharmacie et en chimie mais aussi en électronique et en agriculture, nous devons fabriquer des intrants incontournables dont le manque est intolérable. Nous devons établir des listes de produits vitaux dans les secteurs de la communication par fibre optique, en agriculture et en pharmacie.

Ce n'est pas moins important que de fabriquer un avion de combat européen si nous voulons assurer la survie de notre population car cette pandémie a fait apparaître qu'une guerre bactériologique ou plutôt virale était possible. Des Etats qui ont des populations dépassant le milliard d'individus peuvent lui survivre tandis que des États et groupes d'Etats de quelques dizaines ou d'une ou deux centaines de millions d'habitants n'y survivent pas. Et dans cette perspective nous devons revisiter notre pensée stratégique, à savoir la protection et l'entretien des réserves d'eau, la cyber-sécurité des entreprises, l'approvisionnement énergétique en électricité, les télécommunications, l'agroalimentaire, les fournitures médicales et pharmaceutiques et tous nos systèmes de communication et de télécommunication doivent pouvoir fonctionner en double ou triple en cas de sabotage.

Sans compter la lutte contre les canicules et les pluies diluviennes, contre les sécheresses et les inondations et le retrait des côtes rongées par la mer. (Cyprien Cazamayou, 22/12/2020) 

Nous devons cesser d'être naïfs

En février 2021, le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin (membre du parti LREM de Macron), s'est permis de critiquer la maire verte de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), pour avoir subventionné à hauteur de 2,5 millions d'euros la construction de la mosquée turque Eyyub Sultan, qui devait être la "plus grande mosquée turque d'Europe", plus grande encore que la Grande Mosquée de Cologne. Elle serait le pendant religieux de la "plus grande ambassade turque d'Europe occidentale" récemment construite Strasbourg dans le Quartier européen avec le soutien de l'ancienne majorité socialiste au conseil municipal de la ville.
La maire de Strasbourg a rétorqué que sa cité n'est pas soumise à la laïcité en vigueur en France, mais à l'ancien régime concordataire issu de la loi de 1908 en Alsace-Moselle, qui permet le financement public des associations religieuses. Évidemment, le gouvernement français ne va pas lâcher prise et sa représentante officielle dans la région Grand Est, la préfète Josiane Chevalier, veut faire interdire la construction de cette mosquée par les tribunaux.
LaTurquie a découvert à Strasbourg la porte juridique entrouverte pour prendre pied sur le continent européen et établir sa capitale annexe d'Europe occidentale. Construite en 2017 à proximité du Conseil de l'Europe, l'ambassade de Turquie est gigantesque et a tout l'air d'un siège de gouvernement.
Il est clair que la mosquée Eyyub Sultan est destinée à être non seulement une maison de prière mais aussi un centre religieux missionnaire pour l'Islam dans une ville qui regorge d'associations islamiques et islamistes homologuées conformément à la loi en vigueur qui date de l'empire allemand.
Lorsque Erdogan avait remporté la dernière élection présidentielle, les Turcs de Strasbourg avaient organisé une véritable fête de rue avec un cortège de voitures actionnant leurs klaxons. En termes de pourcentage, le parti islamiste AKP d'Erdogan obtient beaucoup plus de voix parmi les Turcs français et allemands qu'en Turquie même. Le rêve ici est de faire élire un maire turc de Strasbourg.
On ne peut l'exclure. Londres n'a-t-elle pas un maire musulman d'origine pakistanaise ? L'islamo-gauche en France fait campagne depuis des années pour donner aux musulmans non seulement naturalisés mais aussi nouvellement arrivés le droit de vote aux élections locales.
La Turquie - alors encore démocratique et neutre - est depuis 1949 un membre fondateur du Conseil de l'Europe, dont le siège est à Strasbourg. Si le Parlement européen (le Parlement de l'Union européenne) se retirait de Strasbourg pour se réunir uniquement à Bruxelles, la Turquie d'Erdogan et la Russie de Poutine (également membre du Conseil de l'Europe) donneraient le ton dans l'Eurométropole strasbourgeoise. Le Kremlin fait de la propagande par ses relais français contre la présence de l'UE à Strasbourg. Implantée sur la frontière avec l'Allemagne, dans le riche sillon rhénan, l'Eurométropole de Strasbourg occupe une position stratégique en Europe.
Sans remonter au déluge, il semble que ce que la Turquie n'a pas réussi à obtenir à Vienne aux XVIe et XVIIe siècles par la force des armes, elle cherche à l'obtenir à Strasbourg par la religion et la diplomatie. Strasbourg a manifestement été choisie pour devenir le centre rayonnant de la Turquie en Europe. (1er avril 2021, "C l'Europe.eu")


Nous reproduisons ci-après les réponses qu’a données le ministre aux questions de l’hebdomadaire « Le Point » sur ce sujet qui fait polémique. A une question sur son intervention contre l'aide fournie la construction de la mosquée, M. Darmanin a répondu:

G. D. Je n’ai évidemment aucun problème sur le fait que les musulmans puissent prier à Strasbourg comme ailleurs. Mais ce qui se passe dans cette ville n’a rien à voir avec cette pure question de liberté de culte. Ce qui se passe est très grave. Nous avons une association relieuse d’inspiration turque qui bâtit un véritable ensemble immobilier à 200 mètres de l’antenne française du Saadet, le Parti de la félicité, un parti politique islamiste turc… Je constate aussi que cet édifice – qui entend devenir la grande mosquée d’Europe – représente tout de même  6 900 mètres carrés de surface au sol avec une salle de culte, ce qui est bien normal, mais aussi 27 coupoles , deux minarets de 36 mètres de haut, un centre socioculturel, un centre éducatif, un restaurant communautaire et 600 places de parking… Bref, c’est en réalité un quartier tout entier  qui est « communautarisé ». J’ai eu l’occasion de le dire personnellement à la maire de Strasbourg, et la préfète l’a alertée. Nous savons que les autorités turques suivent de très près le dossier de construction, et que d’autres États pourraient aussi financer…
Le Point. Des responsables politiques écologistes vous répondent que si cette association est dangereuse, vous n’avez qu’à la dissoudre…
G. D. S’il y a des partis politiques qui ont manifestement envie de faire du communautarisme, le les laisse à leurs responsabilités. Moi, je ne pense pas politique politicienne quand il s’agit de l’intérêt national. Ce n’est pas parce que le droit local autorise les collectivités à financer les cultes que des élus doivent se sentir obligées de financer des associations proches du régime turc, qui refusent de partager nos valeurs sur lesquelles l’État se pose beaucoup de questions . Par ailleurs, je m’étonne que les dirigeants d’Europe Écologie Les Verts se disent engagés en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes tout en donnant des gages à des associations pilotées par un pays qui n’hésitent  pas à revenir sur ses engagements en matière de lutte  contre la violence à l’égard des femmes. On m’attaque en diffamation pour avoir dit la vérité, à croire que, comme le chantait Guy Béart, « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Le Point. Vous avez demandé à la Commission Européenne de renoncer à subventionner l’association Alliance citoyenne qui s’est fait connaitre en organisant des « opération burkini » à Grenoble. Est-ce à dire que vous considérez que l’Europe joue un rôle dans la diffusion des discours antirépublicains ?
G. D.  Je considère que tous ceux qui financent des associations prônant des valeurs contraires aux nôtres doivent arrêter leurs subventions.  La liberté, la fraternité ou l'égalité entre les femmes et les hommes ne se négocient pas. Sur ce point, les collectivités locales, l’Europe ou même l’État doivent redoubler de vigilance. J’ai vu l’État financer, sans le savoir, des associations aux discours bien peu conformes à l’idéal républicain, à travers la CPAM ou la CAF… Certaines associations ont pour métier de discréditer la France, il me semble normal d’interpeller les collectivités qui les aident, en attendant que, demain, la loi confortant le respect des principes de la République les oblige à le faire.
Le Point. Sur les six derniers mois, vous avez annoncé la dissolution du CCIF, de BarrakaCity, des Loups gris, de Génération identitaire… N’auriez-vous pas la gâchette un peu facile ?
G. D. Non ! Les Français demandent de protéger la République et nous devons arrêter avec la naïveté. BarrakaCity, le CCIF étaient des associations islamistes qui promouvaient ouvertement un discours de détestation de la République. Moi, je suis très fier que le président de la République ait eu le courage de saisir les armes du droit. Je connais la richesse de la vie associative, qui irrigue aussi la vie confessionnelle et caritative, mais la limite c’est que la République ne finance pas  et ‘n’accepte pas sur son sol distillent un discours de haine contre la France et qui ton la matrice du séparatisme et de la haine.
Le Point. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, la machine à polémiques s’est un peu emballée…Il  suffit de voir la virulence des conflits autour de l’affaire d Trappes, de l’"islamo-gauchisme"à l’université, des profs mis au pilori à Grenoble, des histoires de l’UNEF… Traversons-nous un moment identitaire ?
G. D. Non, je ne crois pas, simplement, les Français prennent le taureau par les cornes et veulent en finir avec la naïveté. Les Français sont un peuple extrêmement ouvert qui a construit avec la laïcité un équilibre qui permet par exemple aux musulmans de disposer de plus de 2 000 lieux de culte sur le territoire national. C’est une très bonne chose. Nous avons aussi une volonté très forte de ne pas confondre religion et politique. Nous sommes dans un moment de l’histoire de France où notre pays doit réaffirmer qu’il faut tout donner aux religions quand elles se placent dans l’ordre de la spiritualité, mais ne rien leur céder quand elles veulent faire prévaloir une action politique  sur les lois de la République. C’est ce que nous faisons. (Le Point, 1er avril 2021, p. 41-42)
Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?

Pourquoi les Suisses ont finalement (en attenant la votation…) été contraint de sélectionner le F35 américain qui est un véritable fiasco (aux dires des militaires américains eux-mêmes) de préférence au Rafale français ? Cela ne peut avoir été le choix de l’armée de l’air suisse.
Le F-35 de Lockheed Martin est probablement l'échec le plus cher de l'histoire de l'aéronautique américaine. Toujours en phase de test plus de 25 ans après son premier vol, il n'atteindra jamais son cahier des charges alors que son coût explose et que sa disponibilité reste médiocre. Incapable d'assumer ses missions, il est aujourd'hui vulnérable aux cyber attaques ..
Contre toute attente, la Suisse vient pourtant de faire un choix en faveur du F35 dans le cadre de son plan Air2030, un choix reposant sur des arguments auxquels personne ne croit : l'avion serait moins cher et plus performant que ses concurrents ! Vous pouvez visionner une vidéo qui reprend de très nombreuses sources et rapports, dont ceux du Senat et de la cour des comptes US, des articles de Defense News ou de la presse générale, des blogs comme celui-ci qui décrypte parfaitement la manipulation : https://www.portail-aviation.com/blog...
Dans sa vidéo, Xavier Tytelman explique que les défauts du F35, ce sont les Américains eux-mêmes qui en parlent le mieux : F-35 : L’ÉCHEC ULTIME QUI ARRIVE A S'EXPORTER - ne vous faites pas arnaquer !
Et Xavier Tytelman de préciser : « je suis très certainement partisan du Rafale (qui reste le meilleur avion de la galaxie), mais les éléments que j'évoque sur le F35 ne sont pas mon avis personnel, ce sont des faits, des données américaines présentées très officiellement dans des rapports des responsables américains, notamment à la Cour des comptes des Etats-Unis.
(Note de Bertrand Plas.10/07/20211)



Sicherheit



1. Trotz des Scheiterns in Afghanistan: Kein primitiver Antiamerikanismus bitte!
2. Afghanistan : im Stich gelassen
3.  Die Heuchelei hat in Kabul die Oberhand gewonnen
4.  Deutschland: "Ehrenmord" ist Mord.  ?

5. Auf dem Wege zum Krieg ohne Krieg ? Was gibt es denn Schlimmeres als Krieg
6. Frankreich: Gérald Darmanin: Wir müssen mit der Naivität aufhören 

Trotz des Scheiterns in Afghanistan: Kein primitiver Antiamerikanismus bitte!

Es besteht der starke Eindruck, dass verschiedene US-Institutionen den Präsidenten Joe Biden nach der Niederlage der USA in Afghanistan desavouieren. Insbesondere das Pentagon und die NATO sind unzufrieden mit der Art und Weise, wie der US-Präsident weder den Fall von Kabul vorausgesehen noch den Abzug der US-Truppen gesteuert hat. Seinen  anschließenden Äußerungen wurde von NATO-Generalsekretär Jens Stoltenberg in einem Interview mit der seriösen "Frankfurter Allgemeinen Zeitung" (Ausgabe vom 13.09.2021, S. 2) höflich aber deutlich widersprochen.
Das bestätigt eine unserer amerikanischen Quellen, die uns mitteilte, dass Biden seine Truppen in aller Eile gegen den Willen seiner Militärs aus Afghanistan abgezogen hat. Der Präsident wollte nicht aus Rücksicht auf seine Wähler, dass auch nur ein einziger Amerikaner stirbt. Aber 13 amerikanische Soldaten (und mindestens 90 Afghanen) wurden durch eine Bombe am Flughafen von Kabul getötet.
Während Biden erklärt hatte, dass „ der Einsatz nie zur Nationenbildung (in Afghanistan) gedacht war“ und dass der Kampf gegen den Terror mit der Tötung Osama Bin Ladens sein Ziel erreich gehabt habe, sagte Stoltenberg etwas ganz anderes: "Manchmal kann man Terrorismus nur verhindern, wenn man ein Land stabilisiert, wenn man starke und zuverlässige Institutionen schafft“. Er begrüßte die Absicht, "ein stabiles Afghanistan" für einen Zeitraum zu schaffen, der weit über die westliche Militärpräsenz hinausgegangne wäre.
Hat er angedeutet, dass Joe Biden der Aufgabe nicht gewachsen sei? Stoltenberg erinnerte daran, dass es der Atlantischen Gemeinschaft in Afghanistan dennoch gelungen sei, die Lebenserwartung zu erhöhen, die politische Teilhabe zu verbessern und Mädchen den Schulbesuch zu ermöglichen. "Es wird nicht einfach sein, diesen Fortschritt wieder rückgängig zu machen", fügte Stoltenberg hinzu. Das ist richtig, solange sie das Geld brauchen. Aber „die Taliban lügen“, sagte der französische Außenminister Jean-Yves le Drian. Eine der ersten Entscheidungen ihrer Regierung war es, den Frauen den Sport zu verbieten.
Der NATO-Generalsekretär betonte, dass sich das Atlantische Bündnis nicht auf seinen euro-amerikanischen Raum beschränken dürfe, sondern sich weiterhin überall dem Kampf gegen den Terrorismus widmen müsse. "Dazu müssen wir Sicherheitskräfte in anderen Ländern aufbauen und weiter in der Lage sein, auch selbst Kampfeinsätze zu führen". Emmanuel Macron hatte am 7. November 2019 gegenüber „The Economist“ im Zusammenhang mit den Spannungen mit der Türkei erklärt, die Nato sei "hirntot". Es ist wahr, dass unter Trump - eliminiert - und mit Erdogan - leider immer noch präsent! - von der NATO nichts zu erwarten war. Aber es scheint, dass das Bündnis jetzt versucht, diese Blockade zu durchbrechen.
Von Präsident Biden war viel erwartet worden. Er hat hervorragende Berater und Staatssekretäre. Er wurde als ein neuer Harry Truman angesehen. Aber das ist er eindeutig nicht. Er hat die Eliten der afghanischen Gesellschaft, insbesondere gebildete Frauen und die Frauen im Allgemeinen, die unmenschlichem Druck ausgesetzt sein werden, der Tyrannei der Taliban überlassen. Biden hat zugelassen, dass Obskurantismus an die Stelle von Vernunft und Freiheit tritt. Er hat in den Händen der Taliban die Ausrüstung einer hypermodernen Armee und sogar amerikanische Uniformen hinterlassen. Ein Skandal!
Und doch glauben wir in unserem paneuropäischen Verein "Es ist Europa", dass es unsere Pflicht ist, unser Bündnis mit den USA zu stärken und unseren Freunden auf der anderen Seite des Atlantiks zu helfen, nach einer besseren Regierun g zu suchen. Wir stimmen nicht mit der Präsidentschaft der Internationalen Paneuropäischen Union überein, die offensichtlich der Meinung ist, dass es an der Zeit ist, Europa von den Vereinigten Staaten unabhängig zu machen, wie es De Gaulle in den 1960er Jahren getan hat. Wir teilen diese gaullianischen Illusionen nicht.
Wie Karl von Habsburg, Präsident der Paneuropäischen Bewegung in Österreich, kürzlich in einer offiziellen Erklärung sagte, haben die USA in Südkorea und Zypern stabilisierende Demokratien aufgebaut. Sie sind dazu imstande, wenn sie es nur wollen. Darüber hinaus wurden die südlichen Balkanländer mit Waffengewalt gezwungen, ihre Kriege zu beenden und freie und stabile Staaten aufzubauen. Neben der Konsolidierung des europäischen Pfeilers innerhalb der NATO ist es daher notwendig, das Atlantische Bündnis zu stärken und es zu einem wirksamen gemeinsamen Instrument zu machen. Ist Frankreich in der Lage, den Terrorismus in Afrika und im Nahen Osten allein zu bekämpfen und die Ukraine, Georgien und die baltischen Staaten gegen den Expansionismus Putins zu verteidigen? Auch die nukleare Schlagkraft der Franzosen und Briten reicht gegen russische Atomwaffen nicht aus. Nein, dafür brauchen wir die Amerikaner. Damit der europäische Pfeiler innerhalb der NATO konsolidiert wird, muss das Atlantische Bündnis gestärkt und zu einem wirksamen gemeinsamen Instrument gemacht werden. Wäre denn Frankreich allein in der Lage, den Terrorismus in Afrika und im Nahen Osten zu bekämpfen und die Ukraine, Georgien und die baltischen Staaten gegen den Expansionismus Putins zu verteidigen? Nein, dafür brauchen wir die Amerikaner.
Die Vereinigten Staaten sind nicht so am Ende, wie manche Hypernationalisten der Rechten und der extremen Rechten und der extremen Linken in Frankreich es gerne hätten. Sie sind auf dem neuesten Stand von Wissenschaft und Technik und verfügen über eine erstaunliche Erhoungsfähigkeit, wie schon Alexis de Tocqueville feststellte. Sie haben immer noch die größte Armee der Welt. Unsere Verteidigung hängt von der amerikanischen elektronischen Aufklärung ab. Natürlich dürfen wir nicht naiv sein, es ist nicht alles weiß und blau auf der anderen Seite des Atlantiks, aber wir dürfen nicht in rückwärtsgewandte und dogmatische Zwangsvorstellungen verfallen und uns einbilden, wir könnten ein unabhängiges Europa gegen die Vereinigten Staaten aufbauen.
Das Europa von Papa, das Europa von De Gaulle, das ist schon sechzig Jahre her (Jean-Paul Picaper, Paneuropäische Konferenz in Straßburg, 13. September 2021)

Afghanistan : im Stich gelassen

Klar, die Aufgabe Afghanistans in unsere Rubrik "Sicherheit" aufzunehmen, war unumgehbar, denn der Einzug der Taliban in Kabul und anderen afghanischen Städten kündigt weitere tödliche Anschläge in Europa und möglicherweise in den Vereinigten Staaten an. Der Krieg, der vor fast zwanzig Jahren gegen sie erklärt wurde, hatte zum Ziel, die von ihnen in Afghanistan errichteten terroristischen Ausbildungsstätten zu zerstören. Zweifellos werden sie diese Vorzimmer der Hölle wieder in Betrieb nehmen
Die Art und Weise, wie die Amerikaner dieses Land und diejenigen, die sich naiv auf ihre Seite geschlagen und an ihre Zuverlässigkeit geglaubt haben, im Stich gelassen haben, wird einer der Skandale des Jahrhunderts bleiben. Welcher Verrat! Was für eine Schande! Angela Merkel und Emmanuel Macron haben Washington nicht um eine andere Evakuierungspolitik gebeten. Wie Diebe zogen sie nachts ab, überließen Tausende von Fahrzeugen und Tonnen von Waffen ihren Feinden und ihre afghanischen Freunde und ihre Frauen ihren Mördern und Henkern. Welche Kurzsichtigkeit! Welche Verachtung!
Wie kann es sein, dass das Pentagon und die CIA nicht vorausgesehen haben, wie die Taliban in die Lücken schlüpfen würden? Die Grenzen blockieren? Städte besetzen, um die Flucht zu verhindern? Diejenigen, die wir sehen, sind sehr gut bewaffnet (von wem? von Russland? von China? vom Katar?), aber sie sind nicht zahlreich. Offensichtlich bluffen sie. Alles, was sie tun und sagen, ist Teil der "takiya", der Empfehlung, die der Islam seinen Anhängern gibt, Ungläubige zu belügen.
Warum haben die Westmächte keine schnellen Eingreiftruppen entsandt, die humanitäre Evakuierungskorridore für die Bevölkerung öffnen könnten? West-Berlin wurde 1948-49 durch eine Luftbrücke gerettet. Es war notwendig, ein Maximum an intelligenten Menschen zu exfiltrieren, um die Rückkehr zur Demokratie in einigen Jahren vorzubereiten, wenn die Taliban aus der internationalen Gemeinschaft verbannt und wirtschaftlich gescheitert sein werden wie der Iran, die Türkei, der Irak und die muslimischen Staaten, die kein Öl zu verkaufen haben.
Die USA schicken zwar viele Flugzeuge, Frankreich einige zum Flughafen Kabuls, aber für die afghanischen Eliten und für junge Frauen, die studieren wollen, sollte ein sicherer Zugang zum Flughafen organisiert werden. Wir befinden uns nicht in der gleichen Situation wie 2015 mit den syrischen Flüchtlingen. Der Westen hatte die Verantwortung für Afghanistan übernommen. Das sind sie ihm schuldig, koste es, was es wolle. Trump und dann Biden haben die treuen Afghanen ihren Mördern überlassen, nachdem sie ihnen gezeigt hatten, was ein moderner, säkularer, intelligenter und freier Staat für sie sein könnte.
Die Lektion von Saigon, Phnom Penh und Algier ist nicht gelernt worden, und diejenigen, die uns führen, haben keinen Weitblick. Sie überlassen ihre Freunde der schlimmsten Theokratie der Welt, derjenigen, die Hände abhackt, steinigt, peitscht, Kehlen aufschlitzt und Frauen wie Insekten behandelt, die nur dazu gut sind, Kanonenfutter zu gebären. Können wir Joe Biden noch vertrauen? (Redaktion von "Es ist Europa.eu". 23/08/2021)

Die Heuchelei hat in Kabul die Oberhand gewonnen - und färbt auf die Westler ab

Es weht eine seltsam laue Brise durch Kabul. Die neuen Herrscher sind da und nehmen ihre Plätze ein. Die Herrschaft der Taliban hat begonnen. Nicht zum ersten Mal - und diejenigen, die damals in Kabul dabei waren, haben das nicht vergessen. Unmittelbar nach ihrem Einmarsch im September 1996 hatten die Allah-Fanatiker den ehemaligen Regierungschef Mohammed Najibullah auf eine Weise zu Tode gefoltert, die selbst im kriegsgebeutelten Afghanistan eine Welle des Entsetzens auslöste. Sie hängten seinen verstümmelten Körper und den seines Bruders an einer Kreuzung auf, damit jeder die Botschaft versteht: Wir sind hier. Es brechen neue Zeiten an.
Was für ein Glück, dass sich die Geschichte nicht wiederholt, so wie sie war! Die Taliban des Jahres 2021 wollen, dass wir ihre Rückkehr bemerken. Aber dass wir sie sie nicht ohne Grund stören. Amerikaner, zielt nicht mit euren Drohnen auf ihre Anführer. Sie sind noch nackt und verletzlich. Sie haben die Militäroffensive still und leise beendet. Diesmal nahmen sie die Grenzen ein, bevor sie die Städte einnahmen, um eine Massenflucht zu verhindern, und sie waren sich in diesem Punkt mit den Westlern völlig einig. Sie wollen, dass die humanitäre Hilfe aus den Ländern der Gotteslästerer, von der das Leben von 16 von den 39 Millionen Afghanen abhängt, weiterhin in ihr Land fließt. All diese Menschen sind das Eigentum ihrer neuen Herren und müssen es auch bleiben. Vor allem die Frauen, deren rechtlicher Status nicht über den der Tiere hinausgehen wird. Nur gut für die Zucht. .
Was für eine Erleichterung für Deutschland einen Monat vor den Wahlen! Nur 10.000 Afghanen werden aufgenommen, hundertmal weniger als die Zahl der Syrer im Jahr 2015. "Die Lektion von 2015 scheint gelernt zu sein", schreibt der Journalist Philippe Gélie in Le Figaro. Aber Vorsicht: Afghanen bilden bereits das zweitgrößte Flüchtlingskontingent in Europa, das erste in Frankreich, wo 90 % der - ebenfalls 10.000 - Anträge afghanischer Asylbewerber seit 2018 genehmigt wurden. Die westlichen Regierungen haben zugesagt, die Tausenden von Helfern der westlichen Koalition zu evakuieren. Es ist "eine Pflicht", sagen Biden und Macron. Die USA erklären sich bereit, 80.000 Visa an ihre afghanischen Mitkämpfer und deren Familien zu verteilen. Aber sie haben den meisten von ihnen durch ihre unnötig überstürzte Abreise keine Zeit gelassen, den Flugplatz zu erreichen. Sie erwartet nur noch der Tod, wie es unseren Harkis in Algerien 1962 geschah, die auf Befehl von De Gaulle entwaffnet und dem Messer ihrer Metzger ausgeliefert wurden.
Die neue islamistische Führung wird sie sicher nicht laufen lassen. Es wird niemand kommen, um sie zu retten.
Die Taliban starten nun eine Charmeoffensive. Taliban-Beamte, Militärkommandeure und Sprecher der Bewegung säuseln auf allen verfügbaren Kanälen. Sind Sie Angestellter einer Botschaft, vielleicht eines NATO-Landes oder sogar ein amerikanischer Staatsbürger? Bitte bleiben Sie! Lokale Mitarbeiter des ehemaligen Regimes, afghanische Entwicklungshelfer und ausländische Medien? Wir garantieren Ihre Sicherheit! Alles ist vergessen, vergeben, das Handtuch ist geworfen.
Zumindest offiziell: Die beiden Kinder einer afghanischen Köchin der Franzosen wurden entführt, aber sie wurden ihr gnädig zurückgegeben. Einer von ihnen war in Stücken zerschnitten. Das ist Taliban-Humor! .
Die Jugend kennt nicht die Taliban. Wehe, wenn sie für Freiheit demonstriert. Wie im Iran, wie in der Türkei, werden sie im Gefängnis landen, ausgepeitscht und gefoltert werden, damit ihnen der Wille vergeht, frei zu sein. Denn Allah will das nicht.
Die Taliban wollen ein neues Kapitel der konstruktiven Zusammenarbeit mit den Amerikanern aufschlagen. Der Erbfeind Indien ist willkommen, seine Projekte im Land fortzusetzen - sie begrüßen die weitere Zusammenarbeit!
Überall werden ständig Symbole der Versöhnung gezeigt, damit wir Europäer und die Amerikaner sich den neuen Taliban mit vollen Geldbeuteln annähern, wie sie es immer gerne tun. Im bekanntesten Fernsehsender Afghanistans sitzt die Moderatorin im Studio - ja, eine Frau, ja, unverschleiert - und interviewt einen hochrangigen bärtigen Mann. Afghanische Reporterinnen gehen auf die Straße, treten im Fernsehen auf und sprechen mit den bewaffneten Männern. Einer der wichtigsten Kommandeure, der Sohn des verstorbenen Taliban-Führers Mullah Omar, ermahnt seine Kämpfer, sich anständig zu verhalten, keine Fahrzeuge zu beschlagnahmen und nicht in Häuser einzudringen. Erinnert dies die Franzosen nicht an eine andere Besatzungszeit durch die Wehrmacht (zumindest durch die Erzählungen ihrer Väter und Großväter und in Büchern)? Keine Repressalien! Keine Racheakte! Eigentum und Privatsphäre müssen respektiert werden. Man dringt in Wohnungen nicht ein. Mädchen haben das Recht, zur Schule zu gehen, Frauen sollen arbeiten und studieren.
Das Tragen der Burka ist für sie natürlich nur eine unverbindliche Empfehlung, das Kopftuch kann ausreichen. Kleine Gruppen von Mädchen gehen unter den Kameras mit schönen weißen Schleiern auf den Köpfen und um ihre Hälse zur Schule und sitzen dort. Also ja, sie sind in einer Schu:klasse. Toll, nicht wahr ?Sie sehen nicht sehr entspannt aus. Sie reden nicht, sie lachen nicht, wie Mädchen das tun.. Es scheint, dass Frauen arbeiten und studieren müssen. Einige haben für ihre Rechte demonstriert. Vielleicht auf Befehlt, um zu zeigen, dass man demonstrieren darf. In eine grossen Stadt, wo eine Menge Männer mit der Flagge ihres Landes demonstriert haben, haben die Taliban einfach in die Menge geschossen. Mit der schiitischen Minderheit, die von den Theologen der Taliban als Abtrünnige vom Islam betrachtet und bisher brutal unterdrückt wurden, treffen sie sich zum Tee.
In zehn Jahren werden wir erfahren, wie viele Tausende oder Zehntausende von Menschen hingerichtet und gefoltert wurden, wie überall, wo Allah, der Gute, der Barmherzige, sich niederlässt. Zurzeit sind Friede, Freude und Eierkuchen geplant. In diesen Stunden des Jubels soll sich niemand ungerecht behandelt fühlen. Die Taliban haben der berüchtigten Unsicherheit in den Straßen von Kabul, den Anschlägen und Entführungen den Kampf angesagt. Sie werden keine Bomben mehr legen, die Zivilisten töteten. Welche Erleichterung ! Endlich herrscht Sicherheit. Sie gehen konsequent gegen Diebe und Plünderer vor, wie die vielen in den sozialen Netzwerken veröffentlichten Fotos zeigen. Erinnert das nicht die Deutschen an die Jahre 1933-1934? Es geht sogar so weit, dass mancher Sprecher der neuen Regierung die überragende Bedeutung der Meinungs- und Pressefreiheit und einer Gesellschaft ohne Diskriminierung unterstreicht. E ist doch alles völlig klar.
Sie haben Experten für Öffentlichkeitsarbeit konsultiert und sorgen sich um ihr Image. Es wäre auch von uns unklug, ihre liberale Haltung als bloßen Deckmantel zu betrachten. Dahinter stehen handfeste Interessen. Geschäft ist Geschäft: China bereitet sich auf Investitionen vor, und die Taliban sagen nicht mehr nein zum internationalen Geld. Wir können jedoch vermuten, dass hinter ihrem Auftreten mehr steckt als nur Geldgier. Ihre spektakuläre Rückeroberung des Landes verleitet uns als Beobachter dazu, ihnen Kräfte zuzuschreiben, die sie nicht haben. Ihre Befehlshaber hatten selbst Mühe, mit dem Tempo der Eroberung Schritt zu halten. Viele Erfolge verdanken sie gekauften Gegnern, desertierten oder übergelaufenen Armeeeinheiten, Absprachen und Vereinbarungen mit Hilfe von Stammesältesten. Es wurden Siege errungen, ohne einen einzigen Schuss abzugeben. Jetzt sind die Taliban-Kämpfer überall, aber manchmal nirgends. Ihr Einfluss ist noch schwach, ebenso wie die Loyalität, die sie sich erworben haben. Die Menschen wollen Sicherheit, Arbeit und Geld. Die Taliban müssen ihre Versprechen einhalten.
Bis die Eroberer fester im Sattel sitzen, müssen sie Zeit gewinnen. In der Zwischenzeit ist das letzte, was sie wollen, ein wirtschaftlicher Zusammenbruch. Ihre Sprecher werden nicht müde zu betonen: Niemand soll aus Afghanistan fliehen müssen. Sie sprechen von der Angst vor einem Massenexodus und dem "Brain Drain", der Abwanderung von gebildeten Menschen und Fachkräften. Und noch etwas: Wenn Sie genau zugehört haben, haben Sie gestern etwas Überraschendes aus Pakistan gehört, dem engsten Verbündeten, Finanzier und Mentor der Taliban. Ein pakistanischer Minister erklärte, sein Land habe es nicht eilig, seinen eigenen Schützling, die Taliban in Afghanistan, diplomatisch anzuerkennen. Sie beraten sich mit ihren Freunden in der Region und versuchen, die kollektive Anerkennung der neuen afghanischen Regierung zu erreichen. Im Klartext bedeutet dies, dass Pakistan nicht erneut einen von der internationalen Gemeinschaft geächteten Pariastaat ernähren will. Es braucht die Welt da draußen, um es zu retten. Die Taliban bemühen sich daher nach Kräften, Angst zu vermeiden und sich den Anschein von Seriosität zu geben.
Können wir an das Märchen vom neuen guten Taliban glauben? Sicherlich nicht. Wenn afghanische Entwicklungshelfer oder deutsche Soldaten an einem Kontrollpunkt von einer Horde bewaffneter Männer angehalten werden, werden sie sich kaum auf die Pressekonferenz eines Mullahs berufen wollen, um mit den bärtigen Schergen über ihr Leben zu verhandeln. In Kabul sorgt die Präsenz der afghanischen und internationalen Medien zumindest dafür, dass die Extremisten vorsichtig mit ihrem Image umgehen - zumindest im Moment. Aber wo niemand zuschaut und die Taliban fest im Griff sind, müssen wir das Schlimmste befürchten. An der Auslegung des steinzeitlichen Islams, dem die "Gotteskrieger" anhängen, hat sich nichts geändert. Was von der Zurückhaltung und Beschwichtigung aus diesen frühen Tagen der islamischen Restauration übrig bleibt, wird sich in den kommenden Monaten in den Fraktionskämpfen innerhalb der Taliban-Bewegung entscheiden. Die schrecklichen Strafen - amputierte Hände, Steinigung, Auspeitschung - werden auf jeden Fall wiederkehren.
Dennoch kann der Westen die Gelegenheit nutzen: Solange die neuen Machthaber in Kabul noch wollen, dass die Welt sie mag, können viele Geschäfte mit ihnen ausgehandelt werden. Die europäischen Regierungen scheinen ihre Lähmung durch den ersten Schock der Invasion zu überwinden und suchen das Gespräch, und auch die Amerikaner sprechen mit den Taliban. Zumindest lokale Unterstützer der westlichen Streitkräfte, Mitarbeiter von Hilfsorganisationen, Oppositionelle und Menschenrechtsaktivisten könnten noch in Sicherheit sein. Aber die Uhr tickt. Niemand weiß, wie lange die Herren des Landes mit ihren Turbanen noch ihr Erscheinungsbild aufrechterhalten werden. Grüppchen von 3 oder 4 schwerbewaffneten Männern fahren in leichten Panzerwagen hin und her durch die Städte auf der Suche nach Gegnern. Ab und zu hört man nachts Schüsse knallen.
In Frankreich werfen die linke Opposition, Sozialisten und Grüne, der Macron-Regierung vor, die Wahrheit zu vertuschen. Alle Afghanen, nicht nur diejenigen, die uns geholfen haben, sollten den Status von Opfern erhalten, und zwar von zukünftigen Opfern. (Redaktion "C l'Europe", mit "Le Figaro" und "t-online.de", 18/08/2021) 

Ehrenmord" ist Mord

Ehre und Mord gehören nicht in denselben Satz, geschweige denn in dasselbe Wort. Diese ungeheuerlichen Straftaten sind einfach der Beweis für eine gescheiterte Integration. Ein Beweis dafür, dass jungen Einwanderern die Grundzüge der Zivilisation nicht beigebracht wurden. Im jüngsten Fall waren zwei junge afghanische Brüder des Opfers - vermutlich - mit dem ausdrücklichen Ziel, ihre Schwester zu töten, von Bayern nach Berlin gereist. Offenbar sollte sie sterben, weil ihr Lebensstil nicht den moralischen Vorstellungen der Verdächtigen entsprach. Anschließend sollen die Brüder die Leiche ihres Opfers in einem Koffer vom S-Bahnhof "Südkreuz" in Berlin abtransportiert haben.
Die Verwendung des Begriffs "Ehre" macht die Brutalität nicht erträglich oder gar ehrenhaft. Heute fragt man sich, ob es nicht besser wäre, von Feminizid zu sprechen, d.h. von der Ermordung einer Frau allein aufgrund ihres Geschlechts. Die Berliner Integrationssenatorin Elke Breitenbach wollte den Begriff "Ehrenmord" zunächst nicht hören (machte dann aber angesichts der Proteste einen Rückzieher) - der Begriff erschien ihr zu trivial. Wir können davon ausgehen, dass sie gute Absichten hatte, aber "Ehrenmorde" sind immer noch eine eigene Kategorie. Sie haben nicht automatisch etwas mit Gefühlen wie Eifersucht oder häuslicher Gewalt zu tun, bei der Männer ihre persönlichen Machtphantasien ausleben, was leider allzu oft vorkommt und laut Kriminalitätsstatistiken kürzlich in einem einzigen Jahr 117 Frauen das Leben gekostet hat.
Die Mehrzahl der Täter sind eingebürgerte Deutsche. Solche Fälle kommen also in Deutschland vor, sind aber relativ selten: Drei bis zwölf pro Jahr, unter Berücksichtigung der Dunkelziffer, war der Durchschnitt bis 2005, so eine Studie des Max-Planck-Instituts für das Bundeskriminalamt. Ein wichtiges Ergebnis der Studie ist, dass es sich bei den Tätern fast immer um Migranten der ersten Generation handelt. Unter ihren Kindern und Enkeln, die bereits in Deutschland geboren sind, gibt es so gut wie keine Kriminalität mehr. Mit anderen Worten: Diejenigen, die sich an diesen schrecklichen "Ehrenkodex" gebunden fühlen, haben ihn selbst aus dem Ausland mitgebracht. Hier verblasst und verschwindet sie. Aber sie ist immer noch da.
Vielleicht hat es deshalb viel zu lange gedauert, bis die Justiz dieses Verbrechen angemessen, nämlich mit aller Härte, behandelt hat. Vor 1995 waren die Richter oft nachsichtig. Aus heutiger Sicht ist das so schwer zu verstehen, dass man sich zumindest mit der Logik der Verurteilung vertraut machen sollte. Einfach ausgedrückt: Es ist so: Es hieß, dass die Angreifer den Unterschied zwischen dem deutschen Recht und ihrem eigenen Recht nicht kannten. Aber wer einen anderen Menschen tötet, muss zumindest verstehen, dass er Unrecht tut - das ist das Mindeste. Ein Urteil des Bundesgerichts hat der Angst vor übertriebener Toleranz, die hier noch vor einem Vierteljahrhundert herrschte, ein Ende gesetzt.
In den Ländern, in denen so genannte Ehrenverbrechen begangen werden, würden wir uns wünschen, dass diese Strenge bis zu einem gewissen Grad eingehalten wird, aber die Realität sieht leider anders aus. In Pakistan, das in puncto Disziplin weit voraus ist, macht die Ermordung von Familienmitgliedern wegen angeblicher Verletzung der Ehre nur selten Schlagzeilen und wird schon gar nicht mit einer Gefängnisstrafe geahndet. In den armen, gewalttätigen und bewaffneten Gebieten entlang der pakistanisch-afghanischen Grenze wurden Jugendliche getötet, nur weil sie sich im selben Raum mit einer Person des anderen Geschlechts aufhielten. Vielleicht haben sie sogar zusammen gelacht! Ich habe Musik gehört! Oder sogar einen unschuldigen Kuss bekommen? Für die Mädchen kann dies den Tod bedeuten, und manchmal auch für die betroffenen Jungen.
Diese Geschichten stammen aus einer Welt, in der die Lebensbedingungen ganz anders sind als bei uns, in der Großfamilien, Dorfälteste und Stämme das Sagen haben und in der sich selbst die Armee nur bis an die Zähne bewaffnet hineintraut. Aber es gibt auch leichter zugängliche Orte. Zum Beispiel im reichen Kuwait, in Jordanien, in Saudi-Arabien, und die Liste geht weiter. Dieser mörderische Brauch wird in der Regel dem Islam angelastet, ist aber in Wirklichkeit ein Ausdruck giftiger regionaler Traditionen. Die Taten häufen sich dort, wo die Traditionen am stärksten sind: auf dem Land und nicht in der Stadt, zumindest so lange, wie die Migration in die Städte die Grenzen nicht verwischt. Der Gesetzgeber traut sich nicht, archaische Ideen in Angriff zu nehmen. Die meisten der betroffenen Staaten verhängen für die Ermordung von Angehörigen geringere Strafen als für andere Straftäter.
Die Ergebnisse einer Umfrage, die vor zwei Jahren in sechs arabischen Staaten durchgeführt wurde, sind besonders erschreckend. Der Umfrage zufolge lehnt eine Mehrheit der Befragten in allen Altersgruppen "Ehrenmorde" klar ab. Aber diejenigen, die Mord für akzeptabel halten, sind heute unter den Jugendlichen zahlreicher als in der Generation ihrer Eltern. Über die Gründe können wir nur spekulieren, aber der Einfluss islamistischer Propaganda spielt wahrscheinlich eine Rolle. Und die Aktivitäten ultrakonservativer Prediger, die seit Jahrzehnten von Saudi-Arabien finanziert werden und so ihre extremen Moralvorstellungen unter die Bevölkerung bringen.
Der Berliner Mord erinnert uns aber auch an unsere eigenen Verfehlungen. Es ist wahr: Die meisten Migranten verurteilen diese brutalen Bräuche wie jeder andere Bürger unseres Landes. Aber es gibt immer noch einige wenige, die erst einen schnellen und schwierigen Lernprozess durchlaufen müssen. Das kommt nicht von alleine. Deshalb sollten wir ein Verbrechen wie das in Berlin, so selten es auch ist, als ein Warnsignal für die Unzulänglichkeit unserer Integrationspolitik betrachten. Unser Land, unsere Regeln: Jeder muss sie verstehen und respektieren. Das sind wir uns selbst schuldig - und der Mehrheit der Einwanderer, für die das selbstverständlich ist. (Mit t-online.de, Berlin, 12.08.2021)

Auf dem Wege zum Krieg ohne Krieg ? Was gibt es denn Schlimmeres als Krieg ?

Es gibt keinen großen Krieg mehr, keinen Weltkrieg, wie man ihn früher nannte. Es gibt nur noch partielle, lokale, hybride, asymmetrische Kriege mit verschiedenen Namen. Das ist nicht neu, sondern es stammt aus der Zeit des Kalten Krieges, als das Gleichgewicht des Atomterrors eine planetarische Konfrontation ausschloss, die die Hauptkriegsparteien ausgelöscht und die Menschheit dezimiert hätte. Das ist heute nicht anders. Dominante Mächte versuchen zwar, die Früchte regionaler Kriege zu monopolisieren. Aber jetzt, mit der Pandemie, ist ein weiteres Hindernis für den totalen Krieg aufgetaucht: Armeen im Feld könnten durch ein Virus dezimiert werden, wie andere Armeen im Mittelalter durch die Pest dezimiert wurden. Wurden nicht zwei große Flugzeugträger, die französische "Charles de Gaulle" und die amerikanische "Theodore Roosevelt" praktisch gelähmt waren, weil ihre Besatzungen von dem Covid-Virus befallen waren?

Das Ausbleiben eines großen Krieges kann dazu führen, dass sich lokale oder regionale Konflikte vervielfachen und sich Unruhen und interne Gewalt in Staaten ausbreiten, ohne dass dies zwangsläufig zu Bürgerkriegen führt. Anstatt sich gegenseitig mit Waffen zu bekämpfen, werden die Grossmächte zweifelsohne versuchen, sich gegenseitig zu destabilisieren, indem sie wirtschaftliche und soziale Unruhen schüren, die ihre Konkurrenten destabilisieren könnten. Aber noch ein anderes Phänomen ist während der Pandemie aufgetreten: Das Bewusstsein für die Abhängigkeiten, die die Selbstbestimmung von Staaten und Staatengruppen schwächen, ist gewachsen. Infolgedessen wird die Fragmentierung des Globus, die bereits die Dichotomie des Kalten Krieges ersetzt hatte, zwangsläufig zunehmen. Die Globalisierung hatte sie abgeschwächt, aber wir können sehen, dass die Globalisierung bestimmte Mächte begünstigt hat, allen voran China. Das werden die Staaten in Zukunft vermeiden wollen.

Die Pandemie hat uns plötzlich bewusst gemacht, dass uns alles fehlt: Masken, um die Ausbreitung des Virus zu stoppen, Handschuhe und Kittel für das Krankenhauspersonal und vor allem, dass grundlegende oder hochentwickelte Krebsmedikamente, Antibiotika, Entzündungshemmer und Narkosemittel fast nicht mehr vorhanden waren. So spricht niemand mehr über den Grippeimpfstoff, der fast völlig veschwunden ist. Europa hatte das alles nicht vorausgesehen, China hatte alles oder fast alles vorausgesehen. Die kommunistische Partei Chinas hat uns praktisch an der Kehle gepackt. Es ist sicher, dass wir die Produktionsketten in Europa neu aufbauen und die Bezugsquellen für wesentliche Elemente, die wir auf unserem Kontinent nicht finden können, diversifizieren müssen. In der Pharmazie und Chemie, aber auch in der Elektronik und in der Landwirtschaft müssen wir wesentliche nKomponenten herstellen, deren Verknappung untragbar ist. Wir müssen Listen mit lebenswichtigen Produkten aus den Bereichen Glasfaserkommunikation, Landwirtschaft und Pharmazie erstellen.

Das ist nicht weniger wichtig als die Herstellung eines europäischen Kampfflugzeugs, wenn wir das Überleben unserer Bevölkerung sichern wollen, denn diese Pandemie hat gezeigt, dass eine bakteriologische, oder besser gesagt virale, Kriegsführung möglich ist. Staaten mit einer Bevölkerung von mehr als einer Milliarde Menschen können ihn überleben, während Staaten und Gruppen von Staaten mit einer Bevölkerung von ein paar Millionen oder ein oder zwei hundert Millionen ihn nicht überleben. Und in dieser Vorauschau müssen wir unser strategisches Denken überdenken, nämlich auch den Schutz und die Aufrechterhaltung der Wasserversorgung, die Cybersicherheit für Unternehmen, die Schlüsselenergie für die Stromversorgung, die Telekommunikation, die Lebensmittelverarbeitung, die medizinische und pharmazeutische Versorgung.

Wir sind wirklich in neue und gefährliche Zeiten eingetreten. Die Ära des totalen Risikos hat begonnen. Und die nukleare Proliferation ist immer noch da. (Cyprien Cazamayou. 22/12/2020)

Wir müssen mit der Naivität aufhören

Im Februar 2021 erlaubte sich der französische Innenminister Gérald Darmanin (Mitglied der Macron-Partei LAREM), die grüne Straßburger Bürgermeisterin Jeanne Barseghian (EELV) dafür zu kritisieren, dass sie den Bau der türkischen Eyyub-Sultan-Moschee, der "größten türkischen Moschee Europas", noch größer als die Großmoschee von Köln, werden soll, mit 2,5 Millionen Euro bezuschusst hat. Sie wird das religiöse Gegenstück zur "größten türkischen Botschaft in Westeuropa" sein, die kürzlich in Straßburg im Europaviertel mit Unterstützung der früheren sozialistischen Mehrheit im Straßburger Stadtrat gebaut wurde.
Die Bürgermeisterin von Straßburg entgegnete, dass ihre Stadt nicht der in Frankreich geltenden weltlichen LaIzität unterliegt, sondern dem alten Konkordats-Regime aus dem Gesetz von 1908 im Elsass-Mosel, das die Finanzierung religiöser Vereine durch die öffentliche Hand erlaubt. Offensichtlich will die französische Regierung nicht loslassen und Ihre Vertreterin in der Region Ostfrankreich, die Präfektin Josiane Chevalier, will den Bau dieser Moschee gerichtlich verbieten lassen.
Es ist klar, dass die Eyyub-Sultan-Moschee nicht nur ein Gebetshaus sondern auch ein religiöses Missionszentrum für den Islam in einer Stadt sein soll, wo es aufgrund des dort geltenden Rechts an islamischen und islamistischen eingetragenen Vereinen wimmelt.
Die Türkei hat in Straßburg die rechtlich offene Tür entdeckt, um auf dem Europäischen Kontinent Fuss zu fassen und ihre Nebenhauptstadt in Westeuropa einzurichten. Die 2017 in unmittelbarer Nähe des Europarates erbaute türkische Botschaft ist gigantisch und hat die Allüren eines Regierungssitzes.
Als Erdogan die letzte Präsidentenwahl gewann, haben die Straßburger Türken eine wahre Straßenfeier mit Autokorso veranstaltet. Die islamistische Partei AKP Erdogans bekommt ja prozentual deutlich mehr Stimmen bei den Französischtürken und den Deutschtûrken als in der Türkei selbst. Der Traum ist hier, einen Türkischen Bürgermeister von Straßburg wählen zu lassen.
Das kann man nicht ausschließen. Hat denn London nicht einen moslemischen Bürgermeister pakistanischer Abstammung? Die Islamo-Linke in Frankreich setzt sich seit Jahren dafür ein, dass nicht nur eingebürgerte sondern auch neuanssässige Moslems das kommunale Wahlrecht bekommen.
Die Türkei - damals noch demokratisch und neutral - ist seit 1949 Gründungsmitglied des Europarates mit Sitz in Straßburg. Sollte sich das Europäische Parlament (das Parlament der Europäischen Union) Straßburg zurückziehen und nur noch in Brüssel tagen, da wären die Türkei von Erdogan und das Russland von Putin (auch Mitglied des Europarates) inStraßburg tonangebend. 

Der Kreml agitiert unentwegt gegen die Präsenz der EU in Straßburg.
Direkt an der Grenze zu Deutschland in der reichen Rhein-Furche ist die Eurometropole Straßburg  eine strategische Position in Europa. Was im 16. und 17. Jahrhundert der Türkei in Wien mit Waffengewalt nicht gelungen ist, soll in Straßburg  mit Religion und Diplomatie gelingen. Straßburg ist offensichtlich auserkoren worden, zur Westmetropole der Türkei in Europa zu werden.


Im Folgenden geben wir die Antworten des französischen Ministers Gérald Darmanin auf die Fragen der Wochenzeitschrift "Le Point" zu diesem kontroversen Thema wieder:


G. D. Ich habe natürlich kein Problem damit, dass Muslime in Straßburg wie anderswo beten können. Aber was in dieser Stadt geschieht, hat nichts mit dieser reinen Frage der Religionsfreiheit zu tun. Was hier geschieht, ist sehr ernst. Wir haben einen türkisch inspirierten Verein, der 200 Meter von der französischen Niederlassung der Saadet, der Glückspartei, einer türkisch-islamistischen politischen Partei, entfernt einen Immobilienkomplex baut... Ich stelle auch fest, dass dieses Gebäude - das die große Moschee Europas werden soll - eine Fläche von 6.900 Quadratmetern mit einem Gottesdienstsaal hat, was ganz normal ist, sondern auch 27 Kuppeln, zwei 36 Meter hohe Minarette, ein soziokulturelles Zentrum, ein Bildungszentrum, ein Gemeinschaftsrestaurant und 600 Parkplätze... Kurz gesagt, es ist eigentlich ein ganzes Viertel, das "vergemeinschaftet" wurde. Ich hatte die Gelegenheit, es dem Bürgermeister von Straßburg persönlich zu sagen, und der Präfekt hat sie alarmiert. Wir wissen, dass die türkischen Behörden die Bauakte sehr genau verfolgen und dass auch andere Staaten die Finanzierung.

Le Point. Irgendein Ökopolitiker antwortet Ihnen, dass man diesen Verband nur auflösen muss, wenn er gefährlich ist...
G. D.
Wenn es politische Parteien gibt, die offensichtlich pro-islamistisch sein wollen, überlasse ich sie ihrer Verantwortung. Ich denke nicht an die Parteipolitik, wenn es um das nationale Interesse geht. Nicht weil das Kommunalrecht den Gemeinden erlaubt, religiöse Bekenntnisse zu finanzieren, sollten sich die gewählten Volksvertreter verpflichtet fühlen, dem türkischen Regime nahestehende Vereine zu finanzieren, die sich weigern, unsere Werte zu teilen, Vereine, über die der Staat viele Fragen hat. Darüber hinaus bin ich überrascht, dass die Verantwortlichen der Grünenpartei  Europe Écologie Les Verts behaupten, sich für die Gleichstellung von Frauen und Männern einzusetzen, während sie gleichzeitig Zusagen an Verbände geben, die von einem Land geführt werden, das nicht zögert, seine Zusagen zur Bekämpfung von Gewalt gegen Frauen zu brechen. Ich werde wegen Verleumdung verklagt, weil ich die Wahrheit gesagt habe, als ob, wie der Sänger Guy Béart sang, "die erste Person, die die Wahrheit sagt, hingerichtet werden sollte".

Le Point. Sie haben die Europäische Kommission aufgefordert, auf die Subventionierung des Vereins Alliance citoyenne zu verzichten, der durch die Organisation der "Operation Burkini" in Grenoble bekannt geworden ist. Bedeutet das, dass Sie der Meinung sind, dass Europa eine Rolle bei der Verbreitung antirepublikanischer Diskurse spielt?
G. D
. Ich bin der Meinung, dass alle, die Vereine finanzieren, die Werte vertreten, die den unseren widersprechen, ihre Subventionen einstellen sollten. Freiheit, Brüderlichkeit und Gleichheit zwischen Männern und Frauen sind nicht verhandelbar. In diesem Punkt müssen die lokalen Behörden, Europa und sogar der Staat wachsamer sein. Ich habe gesehen, wie der Staat, ohne es zu wissen, über die CPAM oder die CAF Vereine finanziert hat, deren Reden nicht dem demokratischen Ideal entsprechen... Einige Vereine haben die Aufgabe, Frankreich zu diskreditieren, und es scheint mir normal, die lokalen Behörden, die ihnen helfen, in Frage zu stellen, während ich darauf warte, dass das morgige Gesetz, das die Einhaltung der Prinzipien der Republik stärkt, sie dazu verpflichtet, dies zu tun.

Le Point. In den letzten sechs Monaten haben Sie die Auflösung der islamischen Verbände CCIF, BarrakaCity, der Grauen Wölfe, und der rechtsextremen Génération identitaire angekündigt... Sind Sie nicht ein bisschen schießwütig?
G. D.
Nein. Das französische Volk verlangt von uns, dass wir die Republik schützen, und wir müssen aufhören, naiv zu sein. BarrakaCity und die CCIF waren islamistische Vereinigungen, die offen einen Diskurs der Verabscheuung der Republik propagierten. Ich bin sehr stolz, dass der Präsident der Republik den Mut hatte, das Gesetz anzuwenden. Ich kenne den Reichtum des assoziativen Lebens, das auch konfessionelles und karitatives Tun bewässert, aber die Grenze ist, dass die Republik nicht finanzieren und nicht akzeptieren darf, dass auf ihrem Boden ein Diskurs des Hasses gegen Frankreich destilliert  wrd, der die Matrix des Separatismus und Hasses ist

Le Point. Seit der Ermordung von Samuel Paty (ein Lehrer,  der2020 Ziel islamischer Propaganda gewesen ist und von einem tschetschenischen Islamisten ermodert wurde, weil in seinem Unterrricht eine Karikatur von Mohammed gezeigt hatte, die am 7. Januar 2015 Anlass für die Ermordung des Redaktion der satirischen Zeitung"Charlie Hebdo"  gewesen war. Red.) läuft die Polemikmaschinerie auf Hochtouren... Man muss sich nur dieirulenz der Konflikte um die Trappes-Affäre, den "Islamo-Linksfaschismus" an der Universität, die in Grenoble  als islamfeindlich an den Pranger  gestellten Lehrer, den Streit um die Studentengewerkchaft UNEF ansehen... Erleben wir einen Moment der Identität?
G. D.
Nein, das glaube ich nicht, nur dass die Franzosen den Stier bei den Hörnern packen und die Naivität abschaffen wollen. Die Franzosen sind ein extrem offenes Volk, das ein Gleichgewicht mit dem Laizismus geschaffen hat, das es beispielsweise Muslimen erlaubt, mehr als 2.000 Gebetsstätten auf dem Staatsgebiet zu haben. Dies ist eine sehr gute Sache. Wir haben auch einen sehr starken Wunsch, Religion und Politik nicht zu verwechseln. Wir befinden uns in einem Moment in der Geschichte Frankreichs, in dem unser Land bekräftigen muss, dass wir den Religionen alles geben müssen, wenn sie spirituell sind, aber ihnen nicht nachgeben dürfen, wenn sie politisches Handeln über die Gesetze der Republik stellen wollen. Das ist, was wir tun. (Le Point, 1. April 2021, S. 41-42)

Science/Technologie


Exploration Spatiale - notre Interview de Frédéric Marin.
2  La mort de Michael Collins

3  Après le Covid-19, d’autres virus d’origine animale nous menacent
4  Pourquoi la visioconférence met-elle notre cerveau K.-O.
5  Subissons-nous une mutation pérenne ?
6 SF : la viande artificielle sur mesure

Exploration spatiale : Interview de Frédéric Marin - L'interview est enregistrée sur You Tube (lien ci-après)

Le cosmos ne sort pas de l’actualité. Le milliardaire Richard Branson a réussi le 11 juillet 2021 son premier vol suborbital dans l’espace avec son avion missile "Virgin Galactic" qui a inauguré le tourisme spatial. Il a soufflé la vedette à Jeff Bezos, qui a accompli son vol neuf jours plus tard sur sa fusée "New Shepard" avec trois passagers, son frère Marc, ainsi que le plus jeune astronaute du monde, Olivier Daemen, un garçon de 18 ans, et l'astronaute femme la plus âgée de l'histoire Wally Funk, 82 ans.Dans ces deux cas, les engins se sont posés en douceur après leur vol.
Le 15 septembre 2021 ce fut le tour de Space X, la firme d’Elon Musk, de propulser dans l’espace quatre passagers. Le vaisseau de Space X a décollé depuis la mythique aire de lancement 39A au Kennedy Center de la Nasa, en Floride, d’où sont parties les missions Apollo vers la Lune. Ces quatre personnes, deux hommes et deux femmes, tirés au sort lors d’une loterie, devaient rester trois jours dans l’espace et aller au-delà de la station spatiale internationale ISS.
C’étaient Hayley Arceneaux, 29 ans, rescapée d’un cancer pédiatrique et handicapée, entretemps assistante médicale, première personne avec une prothèse à aller dans l’espace ; Sian Proctor, afro-américaine, professeur depuis 20 ans des sciences de la Terre, deux fois candidate à la Nasa pour devenir astronaute et finaliste. Jared Isaacman, 38 ans, pilote milliardaire, commandant de la mission. Milliardaire et PDG de l’entreprise Shift4 Payments, il a payé le billet du voyage à ses trois Co-passagers. Il est qualifié pour voler sur des appareils militaires et a battu un record du monde en jet : et enfin Chris Sembroski, 42 ans, ancien de l’armée de l’air américaine, ayant servi en Irak.
Finalement, ils n’étaient pas tous aussi novices qu’on l’avait dit et ils avaient subi un entrainement durant des mois, à bord notamment d’une centrifugeuse (un bras de plusieurs mètres en rotation rapide et avaient vécu l’apesanteur à bord d’un avion en vols paraboliques. Mais surtout ce vol, à la différence des précédents, était entièrement automatisé, c’est-à-dire pilote depuis la Terre.   

Ces vols touristiques sont souvent critiqués. Ils produisent inutilement du CO2 et de l'acrobatie, dit-on. Cependant, la fabrication de fusées réutilisables et l'argent récolté quand le vol dans l'espace ne coûtera plus que 5 000 à 10 000 euros et non plus des millions de dollars, auront une grande utilité. Jeff Bezos, né Jeffrey Jorgensen à Albuquerque en 1964, a remercié tous ses collaborateurs. Il se distingue du commun des mortels parce que, démarrant dans les affaires sans un sou, il est devenu "l'homme le plus riche du monde" grâce à sa société Amazon. Il a créé l'entreprise "Blue Origin" vouée au tourisme spatial. Si l'on veut explorer l'espace, coloniser d'autres planètes, il ne faudra pas cracher sur l'argent.
"C l'Europe. Conférence Paneuropéenne de Strasbourg" s'est entretenue le 29 juin 2021 avec le Dr. Frédéric Marin, chercheur en astrophysique, membre du CNRS. Monsieur Marin est basé à l'Observatoire Astronomique de Strasbourg, rattaché à l'Université de l'Eurométropole strasbourgeoise. Son domaine d'étude principal est l'évolution des trous noirs au centre des galaxies afin de mieux comprendre comment se sont formées les grandes structures de l'Univers. C’est un expert dans le domaine de la polarisation des hautes énergies et il fédère la recherche sur la polarisation des quasars en France. (Interview menée par Jean-Paul Picaper)


JPP : Dites-nous en deux mots, Monsieur Marin, ce qu’est un quasar. Je suis sûr que 90% de nos auditeurs ne savent pas ce que c’est.
FM : Ce sont des noyaux actifs de galaxies proches des trous noirs mais qui apparaissent au télescope comme des points très brillants, ce sont les objets les plus lumineux de l’univers. Le mot est une abréviation de quasi-stellar radiosource en anglais.
Je me focalise aussi sur un second axe de recherche: l'anthropologie de l'espace lointain. Il s'agit de l'étude de l'exploration humaine de l'espace, de l'orbite terrestre aux lointaines exoplanètes.
JPP : Oui, je sais que c’est votre principal centre d’intérêt. Nous devrons en reparler et faire un colloque là-dessus. Ce qu’on voit actuellement, ce sont de nombreuses activités assez spectaculaires cette année dans votre domaine de recherche : tout d’abord l’atterrissage réussi du robot Perseverance sur le cratère Jezero de la planète Mars et le bon fonctionnement de ses instruments, y compris le spectromètre fabriqué en France ; puis le lancement de Thomas Pesquet et de ses coéquipiers vers la station spatiale et plus récemment ses trois sorties dans l’espace pour installer un panneau solaire. Je ne sais plus si l’alunissage d’un engin chinois sur la face cachée de la Lune a eu lieu cette année ou l’année dernière. L’Inde aussi après la Chine va se lancer dans l’espace avec une capsule appelée Gaganyaan emportant trois spationautes et les Russes coopèrent désormais avec les Chinois. J'ai l'impression en revanche que les activités spatiales russes sont en chute libre, n'est-ce pas votre impression ?
FM : Les activités spatiales russes sont complètement différentes depuis la chute de l'URSS. La politique de la recherche spatiale concurrentielle a changé, le paradigme aussi et les financements sont allés à la reconstruction du pays. La recherche russe dans le spatial reste excellente mais elle ne correspond plus à ce qui se passait avant les années 90. Gros focus sur le tourisme spatial et les manières d'injecter de l'argent dans une recherche qui peine à être financée par l'État. Ils ont une très grosse concurrence des pays capitalistes où le secteur privé se charge de ce genre de recherche/exploitation. Il est difficile de les concurrencer. Mais la Russie possède encore une formidable expertise dans la création de vaisseaux spatiaux habités (les fameux Soyouz) fiables, robustes et peu chers.
JPP : Pesquet a voyagé dans une capsule Crew Dragon de Space X, d'Elon Musk, un missile privé, et non plus sur une fusée russe de Baïkonour comme jusqu'ici. Mais on dit que les Russes vont remplacer leurs vieux Soyouz et par une nouvelle capsule plus moderne baptisée Oriol.
FM : C'est une histoire d'argent. Les lanceurs privés américains sont moins chers car en partie réutilisables. Mais l'ESA comme la NASA et le ROSCOSMOS travaillent à l'élaboration de nouveaux lanceurs réutilisables. Le problème est que les entreprises privées ont un coup d'avance. Dans le cas des Russes, un nouveau lanceur appelé Soyouz-5 va remplacer les anciens d'ici la fin de la décennie. Soyouz-5 (également connues sous les appellations Feniks ou Sunkar) remplacera à l'horizon 2022 la fusée Zenit dont il reprend les dimensions, le système propulsif et les installations de lancement. Soyouz-5 doit lancer le nouveau vaisseau spatial Oriol (anciennement Federatsiya) en 2022. Oriol doit à la fois remplacer le vaisseau spatial Soyouz en assurant la relève des équipages de la Station Spatiale Internationale et être utilisé pour transporter les cosmonautes jusqu'à la Lune dans le cadre du futur programme spatial lunaire de la Russie.
JPP : Ce qui frappe, c'est que l'Europe n'a pas de missile interplanétaire. Les Européens vont obtenir désormais des strapontins dans les missiles américains. J'ai lu que les Vingt-Sept mettront un poids lourd spatial à la disposition des propulseurs américains dans lequel on acheminera du matériel, de l'eau et de la nourriture pour les bases sur la Lune. Je ne sais pas comment cela va se faire. Ce camion spatial sera-t-il dans l'espace ou au départ sur Terre ? Les Européens prévoient aussi de mettre en orbite des satellites de communications autour de la Lune. Mais dès lors nous sommes dépendants des Américains.
FM : L'Europe (via son agence l'ESA) n'a pas le même mode de fonctionnement que la NASA, la JAXA ou ROSCOSMOS par exemple. La stratégie de l'ESA est définie par un conseil dans lequel chaque pays membre dispose d'un représentant qui vote pour ses intérêts. C'est donc un référendum hétéroclite qui va décider de la marche à suivre pour l'ESA, alors que les agences américaines, russes ou japonaises sont monolithiques. Leurs décisions sont plus rapides et plus focalisées.
JPP. Je vous coupe là: il faudra à coup sûr que l'Union Européenne confie la recherche spatiale à un Directoire composé des pays qui y participent vraiment, c'est à dire l'Allemagne, la France, peut-être l'Italie et en tout cas, même si cela peut surprendre, le Luxembourg. On peut faire cela sous forme de "coopération renforcée", comme prévu dans les traités européens.
FM. Ne perdons pas de vue que l'ESA possède des poids lourds : Ariane-6 et Véga-C. Ariane 6 est un lanceur de moyenne/forte puissance (5 à 11,5 tonnes en orbite de transfert géostationnaire) qui remplacera la fusée Ariane-5 à compter de 2022. Véga-C sera un lanceur léger quant à lui, pour des mises en orbites polaires. Mais, encore une fois, les entreprises privées sont bien en avance. Les fusées de l'ESA coûtent cher à fabriquer et ses parts de marché sont menacées à moyen terme à la fois par l'évolution du marché des satellites et par l'arrivée de concurrents : SpaceX et Longue Marche par exemple. Quoiqu'il en soit, il va falloir partager l'espace. Pour l'heure, tous les tirs se feront depuis la Terre. La création d'un port spatial de lancement, récupération et traitement des fusées et vaisseaux demande d'abord de maîtriser l'économie et les ressources spatiales. Pour cela, il nous faudra d'abord miner la Lune, probablement Mars et peut être quelques mornes cailloux de l'espace, riches en fer et en autres métaux.
JPP : Les Chinois ont lancé en 2020 la fusée "Longue Marche" qui a embarqué l'engin spatial Tianwen-1, un robot qu’ils doivent poser sur Mars eux aussi cette année. Ils ont aussi annoncé mettre en orbite d’une station spatiale à eux qui aura le nom ravissant et bien chinois de « Palais Céleste ».
FM : La Chine possède une volonté spatiale très agressive. L'argent qui est investi dans le spatial est colossal et les moyens humains sont innombrables. Oui, la Chine est l'un des acteurs avec lesquels il va falloir compter dans le futur proche. Ce qui va encore plus complexifier les relations et le partage de l'espace.
JPP : Revenons aux stations spatiales en orbite. Pensez-vous que l'humanité n'habitera plus un jour sur notre Terre dévastée mais dans d'immenses stations spatiales gravitant à divers étages en orbite autour de notre planète ? Ou bien est-ce de la science-fiction ?
FM : C'est une question complexe, car elle reste du domaine du futurisme. Mais de mon point de vue, oui, il va falloir s'extirper de la vieille Terre. La Terre est le berceau de l'Humanité, mais personne n'est sensé mourir dans son berceau. SI nous voulons progresser en tant qu'espèce, il faut nous étendre et nous développer. Les limites du globe sont petites, l'espace est infini. Il y a fort à parier que le développement de l'Humanité sur la Lune, Mars et divers corps célestes devienne nécessaire dans le futur, ne serait-ce que pour pallier à la surpopulation et à surconsommation des ressources. Il faut développer une politique verte, oui, mais devant une Humanité toujours grandissante, cela ne suffira pas longtemps. Les deux doivent aller main dans la main.
JPP : Sans doute faudra-t-il à l'avenir construire les stations spatiales et les grands vaisseaux interplanétaires dans l'espace ou bien sur la lune où tout est beaucoup plus léger. La Lune pourrait-elle servir de station Intermédiaire ?
FM : C'est même l'unique moyen de faire. Il nous faut un port spatial, de faible gravité, proche et assez large pour développer l'économie spatiale. La Lune, avec ses richesses en métaux et en gaz, est idéale. De très nombreux projets de développement d'habitats spatiaux, par l'ESA, la NASA ou des compagnies privées, existent depuis des décennies. S'implanter est complexe car il faut monter dans l'espace beaucoup de matériel. Puis il faut faire avec les conditions rugueuses du sol lunaire, les fameux régolites. Cette poudre hyper fine n'est pas bonne pour les fondations. Mais des solutions émergent, comme le chauffage du régolite pour former une dalle solide, compacte et durable.
JPP : La course à l'espace avait commencé en compétition pacifique durant la Guerre froide avec le lancement du Spoutnik en 1956, puis le premier homme dans l'espace, Youri Gagarine, et enfin les deux premiers hommes sur la Lune Neil Armstrong et Buzz Aldrin.
FM. N’oublions pas Valentina Terechkova, première femme dans l’espace, qui a passé près de trois jours en orbite, seule à bord de sa capsule spatiale Vostok 6 qui décolla le 16 juin 1963 de Baïkonour. Il fallait faire la preuve que les femmes peuvent être spationautes aussi bien que les hommes. Les Russes l'ont apportée les premiers.
JPP. Oui, la NASA refusait les femmes dans ses équipages. Est-ce vrai que les Russes sont en panne aujourd’hui dans la course à Mars parce qu'ils avaient opté pour aller sur Vénus et les Américains sur Mars ? Vénus n'est-elle pas encore plus inhospitalière que Mars ? Qu'est-ce qui est arrivé à cette pauvre planète ?
FM : Compétition, oui. Pacifique, non. N'oublions pas que le but premier était de placer des missiles dans l'espace pour pouvoir les tirer partout sur la Terre. Les premières stations spatiales étaient les secrètes stations soviétiques Salyut, militarisées et oppressives. Mais toute cette période complexe et charnière de notre histoire récente a joué un rôle important dans l'exploration spatiale. Les Soviétiques, devant la conquête lunaire des Américains, ont en effet décidé d'explorer Vénus avec les sondes Venera. Le programme Venera constituait un enjeu autant politique que scientifique. Les sondes spatiales du programme Venera ont progressivement dévoilé la structure de l'atmosphère et certaines caractéristiques du sol vénusien. Ce programme constitue le plus grand succès de l'astronautique soviétique dans le domaine de l'exploration du système solaire.
Et pourquoi Mars plutôt que Vénus ? Vénus a certaines similarités avec la Terre ce qui rendrait la colonisation plus facile sous certains aspects. Ces similarités, et sa proximité, ont fait que Vénus a été surnommée la « sœur jumelle de la Terre »: plus forte gravité (donc on mitige les effets de décalcification des os), atmosphère épaisse protégeant des rayons X et UV qui abîment le corps humain, et proximité de la Terre (comparé à Mars). Mais c'est complexe d'imaginer une colonisation. La surface de Vénus est extrêmement chaude, avec des températures dans les plaines, proches de 500 °C, plus élevée que la température de fusion du plomb. De plus la pression atmosphérique à la surface est environ 90 fois celle de la Terre, soit, sur Terre, la pression ressentie à environ 1 km au-dessous du niveau de la mer. Ces conditions font que la durée de vie des sondes spatiales qui parviennent à sa surface est extrêmement brève : les sondes Venera 5 et Venera 6 par exemple ont été écrasées par la pression à 18 kilomètres au-dessus de la surface. Les sondes suivantes, Venera 7 et Venera 8 réussirent à transmettre après avoir atteint la surface, mais ces transmissions étaient très brèves, ne fonctionnant pas plus d'une heure dans la brûlante atmosphère corrosive. L'accès aux matériaux de la surface à l'usage d'une colonie située dans la haute atmosphère serait donc un problème. Et il y a encore d'autres problèmes à cause de l'atmosphère corrosive et oppressive de Vénus.
JPP : Je crois que les Russes ont signé avec les Chinois un contrat pour l'exploitation en commun de la Lune, en particulier du lithium qui serait abondant sur notre satellite naturel et peut servir à la fusion nucléaire créatrice d'énergie illimitée. Avez-vous vu cela ?
FM : Je crois qu'il s'agit surtout d'une collaboration pour établir une base internationale sur la Lune et d'en exploiter les ressources, entrer d’autres projets scientifiques. Mais je ne suis pas au courant de cet accord précisément. De toute manière la question de la légalité dans l'espace doit être réglée avant. A qui appartiennent la Lune et ses ressources ? A toute le monde ? Au pays qui s'y pose et fore ? Et si c'est une entreprise privée ? Que se passe-t-il dans le cas d'un crime ? C'est très compliqué et les juristes s'arrachent les cheveux sur cette question épineuse.
JPP : Finalement, les planètes du système solaire ne sont pas très hospitalières. Quand on pense par exemple à Titan le satellite de Saturne sur lequel s'est posée la sonde Huyghens en 2005 (une performance extraordinaire, soit dit en passant) : des lacs de méthane liquide et des pluies de méthane... Ce n'est pas très bon pour la santé... Mars non plus n'est pas de tout repos. J'avais lu il y a une vingtaine d'années un livre sur la "terraformation" de Mars. Croyez-vous que l'homme pourra vivre sur Mars ?
FM : Non, aucune planète locale n'est hospitalière à l'heure actuelle. Mars l'était il y a des millions d'années avant, lorsqu'elle était recouverte d'eau, mais ce n'est plus le cas. Mars n'est pas beaucoup mieux que le reste : pas ou peu d'atmosphère, un sol ferreux et fin, une gravité insuffisante pour y survivre à long terme (sauf si on reste sur place pendant des générations). Créer une colonie sur Mars est une bonne idée, c'est nécessaire pour de nombreuses raisons scientifiques, biologiques, humaines, économiques, etc. Mais il faut compter y rester très peu de temps ou tout le reste de sa vie.
JPP : Donc il faut remplacer l'homme par des robots. Peut-on imaginer des planètes solaires peuplées de robots qui les exploitent ? Qui nous ramènent les métaux rares qu’ils y trouvent ? Des diamants ? De l'or ? Va-t-on vers une diminution des vols habités et vers la robotisation équipée d'intelligence artificielle ?
FM : Les robots sont nécessaires pour nous servir d'éclaireurs, mais en aucun cas nous ne pourrons être remplacés par des robots. Le propre de l'humain est son adaptabilité et sa curiosité, ce que les robots ne peuvent pas encore reproduire. L'humain ira à l'encontre de ses ordres par curiosité s'il pense que cela peut être bénéfique à long terme. L'utilisation de robots est pourtant nécessaire. Plus les vaisseaux seront gros, plus le taux de défaillances mécaniques sera grand par secondes. Seule une Intelligence Artificielle sera capable de faire toutes les réparations à temps pour un vaisseau accueillant une centaine, ou plus, d'occupants. Comme sur Terre, la mécanisation et l’utilisation de robots peut aider aux grands projets spatiaux, mais pas tout remplacer.
JPP : Je crois savoir aussi qu'on envisage d'exploiter des météorites avec des robots qui s'y déposent et reviendront avec une charge de matière première qu'ils parachuteront pour ainsi dire sur Terre? J'ai lu que le Luxembourg qui a pas mal de capitaux, a créé une agence à cette fin.
FM : Oui, le minage d’astéroïdes est l'une des grandes épopées qui doivent être accomplies pour créer des ports spatiaux et commencer une expansion pacifique dans l'espace et dans le système solaire au minimum. L'ESA et la NASA ont de grands projets dans ce sens. Par exemple, Psyché, la quatorzième mission spatiale du programme Discovery de la NASA, doit étudier l'astéroïde métallique 16-Psyché qui pourrait être en partie le vestige du noyau ferreux d'une ancienne protoplanète résultant d'une violente collision avec un autre objet qui aurait arraché ses couches externes. L'objectif scientifique de la mission est d'identifier les caractéristiques de cet astéroïde atypique et de collecter des données sur le processus de formation des noyaux planétaires sinon du système solaire. Mais avec ce genre de données, nous pourrons aussi déterminer à quel point le minage d'un astéroïde peut s'avérer rentable dans le futur.
JPP : De toute manière, l'exploration spatiale sera de plus en plus confiée à l'Intelligence Artificielle parce qu'elle calcule plus vite et en combinant infiniment plus d'éléments que le cerveau humain, non ?
FM : Les calculs des trajectoires et des manœuvres des vaisseaux spatiaux sont depuis longtemps confiés aux ordinateurs. Rien ne changera de ce point de vue. L'ordinateur, les IA et les robots sont des outils pour l'humain. Il faut en prendre soin et savoir les manier correctement. Ils sont alors extrêmement utiles. Mais ils ne remplaceront jamais complètement l'humain pour l'exploration.
JPP : Vous travaillez dans un domaine transgénérationnel en ce sens que ce dont nous parlons, vos arrière-petits-enfants le vivront. Surtout vous qui vous intéressez davantage aux voyages intersidéraux, c'est-à-dire vers d'autres constellations. Est-ce que ce n'est pas décourageant de ne pas voir les résultats de son propre travail ?
FM : Je travaille surtout en astrophysique où j’étudie des astres morts, des galaxies qui ont existé avant moi et qui existeront après moi, ainsi que la poussière d'étoiles dont nous sommes faits. La recherche contemporaine consiste en grande partie à construire un mur de connaissances, que des esprits brillants ont commencé avant moi il y a plus de deux millénaires et que des générations futures continueront à construire. Je ne suis qu'une fraction infime de cette grande bibliothèque du savoir. J'ai conscience que je ne verrai pas tous les fruits de mon travail, mais ce n'est pas mon but au final.
JPP : Vous avez déjà fait deux conférences dans notre association, une au Lieu d'Europe et une autre à la villa Schutzenberger sur votre projet de voyage vers la constellation du Centaure. Est-ce toujours votre objectif ?
FM : Je travaille en effet sur l'exploration spatiale humaine sur des périodes temporelles supérieures à celles d'un humain normal : les vaisseaux-mondes et les populations multigénérationnelles. Ma recherche consiste à comprendre si et comment des vaisseaux explorateurs contenant une large population pourront un jour voyager vers d'autres systèmes solaires, tels celui d'Alpha du Centaure. Je continue dans cette branche qui est fascinante et à la pointe de la recherche. Notre petite équipe bénévole de chercheurs continue de se creuser la tête mais nous serions ravis d'avoir l'aide et les avis de la communauté des sciences humaines et sociales sur un sujet aussi complexe.
JPP : Je pense qu'il faudra que nous consacrions un colloque à cet immense projet. Merci Docteur Marin. Je signale que notre amie Elisa Mayböck, membre de notre Comité directeur, réalisera une nouvelle interview avec vous en anglais sur ces sujets en septembre prochain.
FM : Ce sera avec grand plaisir. (Propos recueillis par Jean-Paul Picaper)    

Lien de l'interview sur You Tube: https://youtu.be/KYm7H-mZ9ro           

Décès d'un homme modeste : Michael Collins, 90 ans

Comme dans un conte méchant, il avait vu d’assez près le château magique mais il n’avait pu y entrer car tel était son sort, le sort de Michael Collins qui vient de décéder à 90 ans ans en Floride. Né en 1930, fils d’un officier de l’armée américaine, ancien étudiant de l’académie militaire West Point, pilote de l’US Air Force, il avait accepté sans rechigner de piloter l’engin du retour de la Mission Apollo. Ses deux camarades, Neil Armstrong et Buzz Aldrin, accomplissaient leur ballade à pied sur la Lune, mais il avait dû rester dans la capsule en orbite autour de notre satellite destinée à les récupérer après leur exploit. Il n’avait même pas pu vivre en « live » leur alunissage difficile qui avait réussi grâce au sang-froid d'Armstrong dans les dernières secondes. Pendant cette phase finale de l'expéditionn Collins longeait la face cachée de l’astre d’où les communications avec eux et avec la Terre étaient impossibles.

Son dialogue avec la base de Houston a été enregistré quand il est revenu dans l’espace de communication :
Houston. Nous t’entendons nettement et fort.
Collins. Vous entends également nettement et fort. Comment ça marche ?
Houston. Au mieux. L’opération se déroule à merveille. Je crois qu’ils sont juste en train de hisser le drapeau.
Collins. Formidable.
Houston. Je crois que tu es à peu près le seul humain qui ne voit pas ça à la télévision.
Collins. C’est bien comme ça. Ҫa ne me fait rien. (un silence) Comment sont les images à la télé ?
Houston. Oh, c’est magnifique, Mike. Vraiment.

600 millions de téléspectateurs avaient vu l’événement à la télévision. Collins a accepté avec abnégation. La modestie et le sens de la discipline de cet homme sont dans ces phrases lapidaires. Il lui restait une grosse épreuve à affronter. Si « l’aigle » (le LEM)  n’avait pas pu décoller de la Lune, il aurait dû rentrer seul vers la Terre comme témoin du succès et de la mort de ses deux camarades. Mais tout s’est bien passé. L’humanité se souviendra à peine de Collins alors que son camarade Armstrong, décédé entre-temps avant lui, est entré ans l’Histoire. Collins répondit en 2009 dans une interview, comme on lui demandait ce qu’il souhaiterait comme épitaphe après sa mort : « Écrivez < Happy> sur ma tombe »,. Happy: heureux. (29/4/2021)

Après le Covid-19, d’autres virus d’origine animale nous menacent

La nomination d’un vétérinaire au Conseil scientifique sur le Covid-19 a mis l’accent sur la nécessité d'associer des spécialistes des animaux aux spécialistes de la santé humaine. Les zoonoses, maladies d’origines animales, pourraient en effet être de plus en plus nombreuses à l’avenir. Ce phénomène  qui s’était exprimé au néolithique avec la domestication des animaux a diffusé depuis quelques millénaires déjà les principales maladies infectieuses épidémiques, comme l’a si bien décrit le professeur américain Jarred Diamond dans son célèbre livre « Guns, Germs, and Steel » qui avait obtenu le Prix Pullitzer en 1998 et aurait mérité un succès au moins aussi mondial que celui de Yuhal Harari avec son « Sapiens », tout simplement parce qu’il est plus vrai, plus proche des réalités, plus scientifique. Eh bien, cela va s’accentuer et nous allons à coup sûr devoir vivre autrement. Nous avons pris le tournant en 2020-21 et nous ne retrouverons plus « le monde d’avant ». Cet article de de Radio France est important. Il avertit nos concitoyens. Nous ne sommes pas au bout des problèmes.

Réclamée par de nombreux experts depuis un an, la récente nomination d’un spécialiste de la santé animale au sein du conseil scientifique français sur le Covid-19 est un symbole fort : il montre qu’il est nécessaire de conjuguer les compétences pour prévenir les maladies nouvelles dont l’émergence se multiplie : 60 % des maladies humaines existantes sont en effet désormais zoonotiques, autrement dit issues du monde animal, et 75 % des maladies émergentes le sont aussi. Les virus, bactéries ou parasites "sautent" la barrière d’espèces pour infecter l'être humain, le plus souvent en transitant par des animaux domestiques. D’où ce concept d’associer les disciplines appelé One Health ("une seule santé") né dans les milieux scientifiques internationaux au début des années 2000.

Médecins, vétérinaires, éleveurs et chefs de villages mobilisés

Dans cet esprit, à la mi-janvier 2021, sous l’égide de la France, s'est tenu à Paris le One Planet Summit. Il a permis de lancer l'initiative Prezode – dont l’objectif est de prévenir de futures crises sanitaires en détectant de manière précoce ces maladies chez les animaux, afin de réagir avant qu’elles "sautent la barrière desespèces » et se diffusent entre humains.

L’unité santé animale du CIRAD (Center for International Cooperation in Research for Agronomic Development -Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a ainsi évalué le projet australo-français déployé par le Groupe Ausvet en Indonésie. Baptisé iSIHKNAS (Indonesia’s National Animal Health and Production Information System), il a notamment développé une application pour téléphone mobile, destinée à partager et faire remonter les informations concernant les cas de maladies détectées dans les élevages d’animaux domestiques, voire les cas de contaminations d’êtres humains.

Cet outil associe les éleveurs (de bovins et volailles), les chefs de village, les responsables de dispensaires, les vétérinaires de districts, ainsi que les niveaux supérieurs. De la sorte chacun sait ce qui se passe dans son village et dans les villages voisins et surtout cela permet aux autorités sanitaires de prendre, en temps réel, les mesures adaptées. En Indonésie, cinq millions d’éleveurs sont dotés de cette application.

Près de 800 000 virus nous menacent

De tels réseaux de surveillance sont d’autant plus nécessaires que les zoonoses se sont multipliées au cours des dernières décennies. Et tout laisse à penser que le Covid-19 marque le début d’une épidémie de pandémies. "Avant le XXe siècle, le monde connaissait une pandémie environ tous les cent ans, explique Benjamin Roche, éco-épidémiologiste à l’IRD (Institut de recherche sur le développement). Or depuis le début du XXIe siècle on en a déjà connu six !"

En 2003 émergeait le premier SARS-CoV-1 (un coronavirus, donc), à l’origine du "syndrome respiratoire aigu sévère", ou SRAS, apparu en Chine avant de provoquer la panique dans le monde entier.

En 2009-2010 émerge au Mexique la grippe A (H1N1), dite "grippe porcine", vite élevée au rang de pandémie par l’OMS. Elle sévit depuis dans le monde entier.
En 2012 le MERS-CoV (un autre coronavirus) surgit en Arabie saoudite puis s'étend à plusieurs autres pays du Moyen-Orient. On le retrouve également en Corée du Sud.
En 2013 en Polynésie puis en 2015 au Brésil, la fièvre Zika fait des ravages.

En 2014 enfin, l’Afrique de l’Ouest subit la plus grande épidémie de fièvre Ebola jamais encore connue dans le continent (où la maladie se maintenait à bas bruit depuis son apparition au Soudan et au Congo en 1976).

Et la liste risque de s’allonger à un rythme soutenu. En effet, en octobre 2019 un groupe de 22 experts internationaux de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) dont fait partie Benjamin Roche, alertait en ces termes : "On estime à 1,7 million le nombre de virus 'non découverts' actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 827 000 pourraient avoir la capacité d'infecter les êtres humains. »

La perte de biodiversité : une aubaine pour les nouveaux virus

Parmi les causes de nouvelles maladies : la perte de biodiversité. S'il trouve, comme toutes les pandémies, son origine dans des microbes portés par des animaux, le Covid-19 doit son émergence à l’intensification des activités humaines. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains. C'est un chemin qui conduit droit aux pandémies, explique le rapport final de l’IPBES.

Dans une nature vierge, ou peu perturbée par les activités humaines, une forme d'équilibre se maintient entre la faune sauvage et les microbes (virus, bactéries et parasites) dont elle est porteuse. On appelle cela l’effet de dilution. "Une forte biodiversité permet de 'diluer' les microbes dans la variété des espèces sauvages, explique Benjamin Roche. On l’a observé à de multiples reprises aux États-Unis où l’on voit progresser en flèche la maladie de Lyme [transmise par les tiques] dans les États où la biodiversité est la plus détruite. Pour ce qui est de la fièvre du Nil occidental [arrivée aux États-Unis à la fin des années 90 et transmise par des moustiques aux oiseaux avant le passage au cheval et à l’homme], on a observé que les États où il y avait le moins de cas étaient ceux qui conservaient la plus riche diversité d’oiseaux. Dans le cas du virus Ebola en Afrique, poursuit l'éco-épidémiologiste, on s’est rendu compte qu’il se propageait tout particulièrement dans les zones déforestées, car les chauve-souris originaires des écosystèmes forestiers sont contraintes de se déplacer de plus en plus près des villages et des villes à proximité de ces écosystèmes : c’est là que se fait la transmission à l'homme, puis la transmission interhumaine prend le relais."

Pourquoi la visioconférence met-elle notre cerveau K.-O.
(et comment riposter) ?


par Alice Galopin - franceinfo
France Télévisions
Publié le 08/02/2021

Les nombreux appels en visioconférence, imposés par le télétravail, sont source de fatigue mentale. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

Incontournables depuis le début de la crise sanitaire et la généralisation du télétravail, les discussions vidéo sont source d'épuisement mental. En cause, notamment, le manque de communication non verbale lors de ces échanges.

Une réunion d'équipe sur Teams à 10 heures, quatre "conf-calls" avec des clients dans l'après-midi, sans oublier le Skype en famille à 19 heures pour fêter l'anniversaire du petit dernier… Avec la crise sanitaire, la visioconférence s'est imposée dans notre quotidien. Au printemps dernier, elle est même devenue incontournable pour maintenir le lien social dans nos vies confinées.

Mais depuis, les apéros Zoom ont laissé place au phénomène de "Zoom fatigue"*, un sentiment d'épuisement face à l'accumulation de ces réunions virtuelles. Car outre la fatigue visuelle, liée à la fixation prolongée d'un écran, la visioconférence est surtout génératrice de fatigue mentale, explique à franceinfo Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives. Et pour cause : une discussion vidéo exige beaucoup plus de concentration qu'un échange en face à face. Mais comment l'expliquer ?

Un manque de signes non verbaux

D'abord, par la difficulté de s'appuyer sur le langage corporel des interlocuteurs. Lorsqu'on est en présence de quelqu'un, un hochement de tête lui indique par exemple que nous l'écoutons. La posture et les gestes peuvent quant à eux traduire notre envie de prendre la parole. Autant de signes non verbaux, souvent inconscients, qui "facilitent la compréhension claire des messages et des intentions lors d'une interaction", mais moins nombreux en visioconférence, analyse pour franceinfo Marie Lacroix, docteure en neurosciences. Difficile en effet de discerner les gestes d'une personne en appel vidéo si sa caméra est cadrée au niveau des épaules. "Et puis, pour éviter les bruits parasites, on a tendance à couper son micro quand n'a pas la parole, ajoute Marie Lacroix. Alors on détecte encore moins de signaux."

Le cerveau doit donc davantage se concentrer pour s'appuyer sur d'autres indicateurs, comme le ton de la voix ou les expressions du visage. Mais même avec une connexion internet optimale, la technologie restitue toujours ces informations avec un léger décalage, et complique encore la tâche pour notre cerveau. C'est ce que Nawal Abboub appelle "la désynchronie".

"C'est un décalage qui se calcule peut-être en millisecondes. Mais c'est suffisant pour demander un effort supplémentaire au cerveau pour qu'il reconstruise la réalité."
Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives, à France Info. La réduction et la mauvaise qualité des signaux "nous oblige[nt] à être plus attentifs pour suivre et prête[nt] à des moments de confusion dans la conversation", confirme Marie Lacroix. La visioconférence perturbe ainsi la fluidité et le rythme de l'échange, soulignent les deux spécialistes. Vous avez d'ailleurs certainement déjà rencontré cette situation : un silence s'installe soudainement dans la discussion vidéo, et provoque en quelques secondes un sentiment de gêne chez vous et vos collègues, avant que deux d'entre eux ne prennent finalement la parole en même temps.

"La distribution de la parole dans un groupe est réglementée de manière inconsciente, grâce aux signes non verbaux. En visio, il devient donc très difficile de trouver un rythme spontané.", Marie Lacroix, docteure en neurosciences, à France Info. Surtout, les appels vidéo nous privent de "la synchronicité dans l'échange des regards", rapporte Marie Lacroix. Pour donner l'impression à son interlocuteur de le regarder dans les yeux, il faut fixer la caméra, ce qui empêche de facto d'observer sa réaction en même temps sur l'écran. En visioconférence, chaque participant a donc plutôt tendance à maintenir le regard sur l'écran, n'observant pas directement les autres dans les yeux, mais uniquement leur rendu filmé. Or, lors d'une discussion, le contact visuel avec autrui permet de stimuler le système attentionnel et de renforcer la mémorisation. Ainsi, face à une vidéo où un individu s'exprime, "notre attention est davantage attirée lorsque la personne qui parle donne l'impression de nous regarder environ 30% du temps", indique Marie Lacroix, citant une étude menée par deux universitaires britanniques*.

Plus étonnant encore, l'absence de contact visuel est interprétée par le cerveau comme "un évitement du regard", note l'experte. Cette réaction inconsciente et automatique donne "l'impression que la personne est sur la défensive ou inattentive", détaille-t-elle. De la même manière, les retards de son et d'image provoquent une interprétation négative des interlocuteurs. En 2014, des chercheurs allemands ont montré qu'un décalage de 1,2 seconde pouvait suffire à être perçu comme moins amical ou moins concentré*.

Quand l'écran devient miroir

Si la visioconférence bouleverse la perception des autres, elle modifie également le regard porté sur soi-même. Se voir à l'écran, pendant la discussion avec les autres, joue sur l'anxiété et la fatigue mentale. "Quand vous êtes en visioconférence, vous savez que tout le monde vous regarde. Vous êtes comme sur scène, ce qui provoque une pression sociale et l'impression que vous devez jouer", souligne Marissa Shuffler, enseignante en psychologie organisationnelle à l'université américaine de Clemson, auprès de la BBC*. En plus de devoir gérer la conversation, l'esprit n'a de cesse de se demander quelle posture adopter ou de se focaliser sur son propre visage.

Et dans le contexte actuel, où les espaces professionnel et personnel ne font plus qu'un, le cerveau est d'autant plus à l'affût de la moindre situation génératrice de malaise face à nos collègues : et si l'un des enfants faisait irruption dans le champ de la caméra ? Ou que le chat grimpait sur le bureau ?

"Vous mettez votre cerveau en double tâche : vous vous concentrez à la fois sur la personne à qui vous parlez et sur vous.", Nawal Abboub à franceinfo. "Or, le système attentionnel ne traite pas les informations en parallèle, mais en série", ajoute la spécialiste. Et chaque aller-retour entre votre visage et celui de votre interlocuteur est énergivore. "L'attention que vous allez prêter à votre image dépend aussi de la personne en face de vous, précise toutefois Nawal Abboub. Quand vous discutez avec un collègue, un collaborateur ou un supérieur, vous n'êtes pas sur les mêmes niveaux de ressources."

"Où est Charlie ?"

La situation se complique encore quand les participants à la réunion sont nombreux. Le mode galerie, où les visages apparaissent dans de petites vignettes, est difficile à gérer pour le cerveau. "C'est comme si on devait jouer à 'Où est Charlie ?'", illustre Marie Lacroix. "On peut capter des choses assez générales, voir si l'audience a l'air réceptive ou se désintéresse, mais c'est plus difficile de prêter attention à chacun", nuance-t-elle. Sans compter qu'un appel vidéo ne se résume pas à un écran avec un ou plusieurs visages. "Il y a aussi un tchat sur le côté et des notifications peuvent apparaître, détaille Nawal Abboub. Il y a beaucoup de sources de distraction et ça rend l'espace encore plus difficile pour se concentrer."

Devant cet afflux d'informations, le cerveau se met donc en "attention partielle continue", analyse National Geographic*, et jongle avec une multitude de tâches, sans se concentrer pleinement sur l'une d'elles. Comme si vous essayiez de cuisiner et de lire en même temps, relève le média.

A cela s'ajoute qu'avec la crise sanitaire, des moments de vie, d'ordinaire séparés, sont désormais tous réunis en visioconférence. "Imaginez que vous vous rendiez dans un bar, et que dans ce même bar, vous discutiez avec vos professeurs, rencontriez vos parents ou organisiez un rendez-vous amoureux. C'est exactement ce que nous faisons en ce moment [en visioconférence]", avance Gianpiero Petriglieri, enseignant à l'Institut européen d'administration des affaires, auprès de la BBC."Le travail à distance nous impose un monocanal qui est l'ordinateur."Marie Lacroix à franceinfo. "La fatigue mentale est générée par l'accumulation du temps passé sur une même tâche", expose l'experte. Même en jonglant avec des réunions professionnelles et des appels vidéo entre amis, l'activité reste similaire et suscite donc de l'épuisement. D'autant plus si les participants sont peu actifs lors de ces visioconférences. "Cela peut paraître contre-intuitif, mais rester passif [face à un ordinateur] est encore plus demandeur d'énergie", ajoute Nawal Abboub, comparant cette situation au travail "très fatigant" des professionnels de la vidéosurveillance qui scrutent en permanence des écrans.

Gare à la "visionite"

Alors comment se prémunir de cette fatigue ? Pensez d'abord à faire des pauses visuelles. "Toutes les vingt minutes, il faut lever les yeux de son écran et regarder à vingt mètres devant soi pendant vingt secondes", recommande Marie Lacroix, qui a cofondé Cog'X, une agence de conseil en sciences cognitives auprès des entreprises. Autre possibilité : fixer des créneaux de réunion plus courts pour laisser un temps de récupération.

Exit aussi l'utilisation systématique de la caméra. "On peut l'allumer au début de la réunion, pour prendre des nouvelles des autres, garder ce moment d'interactions, suggère Marie Lacroix. Puis la couper quand on entre dans des aspects plus techniques de la discussion afin de permettre à chacun de se concentrer sur le contenu."
Pour compenser l'absence d'une partie des signes non verbaux, Nawal Abboub, cofondatrice de l'agence de conseil Rising Up, propose de "jouer davantage sur la voix" ou d'"amplifier les gestes du visage" pour capter l'attention de l'auditoire. Etablir des règles explicites permet par ailleurs de fluidifier les échanges : lever la main pour prendre la parole, poser les questions dans l'espace de tchat.

"Il ne faut pas non plus tomber dans le syndrome de la visionite", poursuit Nawal Abboub, qui incite à alterner avec d'autres modes de communication. "On peut aussi s'appeler par téléphone, s'envoyer des messages, travailler sur des documents partagés", détaille-t-elle. Selon l'experte, le meilleur conseil pour s'adapter reste d'apprendre à "connaître la manière dont notre cerveau fonctionne". "Ce n'est pas un ordinateur qui sait faire fonctionner Powerpoint et Excel en même temps", sourit la scientifique.

Subissons-nous une mutation pérenne ?

Dans une interview accordée à Paris-Match du 5 août 2020, Nicolas Sarkozy, répondait à une question qui faisait allusion à la crise sanitaire : « Doit-on comprendre que vous ne partagez pas la distinction entre le « monde d’avant » et le « monde d’après » ? ». L’ancien président répondit du tac au tac :

« Bien sûr que non ! Quoi de plus artificiel que ce genre de débat ? Rien n’est plus démodable que la mode. La vie est toujours plus forte que les circonstances, même les plus terribles. Une crise sanitaire nous ferait basculer dans un autre monde ? Il faut lire Giono, qui décrit dans « Le hussard sur le toit » la France frappée par le choléra au XIXème siècle. Et la grippe espagnole, après la Première Guerre mondiale, la grippe de 1968, les a-t-on oubliées ? Elles ont frappé la France, elles ne l’ont pas transformée »

Peut-être, l’ancien président de la République se trompait-il. Les larges avenues qui ont remplacé les ruelles dans nos villes répondaient entre autres à la sécurité sanitaire après l’épidémie de choléra au XIXème siècle, de même que les canalisations et égouts, ainsi que la désinfection et la stérilisation de nos jours omniprésentes, y compris dans l’alimentaire. Par ailleurs, son propos ne tient pas compte de la connexion numérique qui n’existait pas au temps du choléra et de la grippe dite espagnole.

Lors des grandes épidémies de peste au Moyen-Âge la mort en masse avait ralenti le progrès de la civilisation. Quand tout ou presque était travail manuel, la main d'oeuvre avait fait défaut. Beaucoup d'hommes durent pratiquer plusieurs métiers à la fois. Dans certaines régions, l'architecture religieuse et restée au roman sans passer au gothique, faute de spécialistes. Au temps du choléra, ce n'était pas beaucoup mieux. Avec la Covid-19 ce fut différent,. Elle a tué beaucoup plus de retraités que d'actifs, et, de plus, l'industrie et le commerce ont développé l'automation. Enfin et surtout, nous sommes entrés dans l'ère du numérique.

Incontestablement, l’épidémie de la Covid-19 et son corollaire le confinement ont amplifié et dynamisé la communication électronique. Elle a maintenu le lien social du moins parmi ceux qui l’utilisent et même le lien commercial et industriel grâce au télétravail qui a cassé l'obligation de présence physique sur les lieux de production. Le « distanciel » s’est avéré souvent plus productif que le « présentiel ». Enfin, on commence à s'apercevoir qu'on a perdu l'habitude d'utiliser les pièces et billes pour payer ses emplettes par peur de la contaminationJusqu'à un litre de lait ou un pain, tout se paye en argent numérique par cartes de crédit.

Cette pratique restera. N'est-ce pas un changement de civilisation ?

Dans les comportements au quotidien, l’écart entre les gens s’est élargi. C'est la fin des embrassades. On a appris à s’éviter. Sauf des inconscients très critiqués qui s’agglutinent en groupes, nous pratiquons la distance civile. Et il n’est pas sûr que ces modifications d'habitudes s’estompent du jour au lendemain. Les déplacements se sont réduits, l’industrie et surtout les vols aériens touristiques ont subi un ralentissement momentané de leur croissance et de nouvelles priorités sont apparues.

Qui sait si les mentalités n’ont pas évolué ? Ce n’était pas une « mode ». C’était quelque chose de plus profond et de plus grave. Nous avons appris dans cette crise que  l’économie peut s’effondrer, que la civilisation peut faire place à l’ensauvagement et que l’humanité peut rapidement disparaître comme bien d’autres espèces avant elle. Peut-être aussi notre sensibilité à l’environnement s’est-elle accrue après être passée à l’arrière-plan derrière la Covid-19, car le changement climatique n’a pas été interrompu. Il va nous retomber dessus à la vitesse de l’ouragan. Le président Macron veut inscrire l’écologie au début de la constitution et organiser pour cela un référendum et il a bien raison de le faire. (JPP - 18 novembre 2020)

SF : la viande artificielle sur mesure

La Science Fiction n’a pas toujours prédit l’avenir tel qu’il s’est fait. Mais tel ou tel auteur a prévu notre monde tel qu’il est devenu, s’agissant surtout de techniques nouvelles. Ainsi Jules Verne a-t-il imaginé le sous-marin et l’engin interplanétaire. Nous avons découvert chez un auteur français célèbre, prolixe et imaginatif, comme l'était René Barjavel (1911-1985) un passage qui préfigure une technologie alimentaire qui en est encore de nos jours à ses premiers balbutiements et n’a pas atteint le stade industriel, mais qui enregistre quelques réussites aux Pays-Bas et en Israël notamment : la fabrication de viande artificielle. Alors que les partisans du bien-être animal se multiplient et que les flatulences des herbivores accroissent le CO2 atmosphérique, Barjavel avait déjà conçu en 1943 dans son roman « Ravage » la fabrication en grande série de viande de laboratoire et d'usine sans qu'il soit besoin d'envoyer des animaux sur les pâturages puis à l'abattoir. Ce n’est peut-être pas un hasard qu’il y ait pensé pendant la Seconde Guerre mondiale quand le pillage de la France par l’Occupation nazie faisaient de la viande une denrée rare et chère. 

Il a écrit :

« L’élevage, cette horreur, avait également disparu. Élever, chérir des bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c’étaient bien là des mœurs dignes des barbares du XXème siècle. Le « bétail » n’existait plus. La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel cœur de poulet vivait encore au §usée de la Société protectrice des animaux. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux, ni graisses, et ‘une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de bœuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours , de chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion et de mille autres variétés, servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant-garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui, cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et par leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelle, depuis le simple bœuf miroton jusqu’au civet de lièvre à la royale.
Pour les plus raffinés, une maison célèbre fabriquait des viandes à goût de fruit ou de confiture, à parfum de fleurs. L’Association chrétienne des abstinents qui avait pris pour devise : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger », possédait sa propre usine. Afin de les aider à éviter le péché de gourmandise, elle y cultivait pour ses membres une viande sans goût.
La Brasserie 13 n’était qu’une succursale de la célèbre usine du bifteck-frites, qui connaissait une grande prospérité. Il n’était pas une boucherie parisienne  qui ne vendît son plat populaire Le sous-sol de la brasserie abritait l’immense bac à sérum où plongeait la « mère », bloc de viande de près de cinq cents tonnes. Un dispositif automatique la taillait en forme de cube. (…) Elle repoussait indéfiniment ». (« Ravage », Barjavel. Histoires extraordinaires. Edition France-Loisirs. 1995, p. 25-26)

Wissenschaft /Technologie


1. Weltraumforschung: Interview mit Frédéric Marin
2. Covid-19 bedrohen uns weitere Tierviren...
3. Warum schaltet unser Gehirn bei Videokonferenzen aus...
4. Klimakrise: "Das Treibhaus wird weiter angeheizt"
5. Erleben wir eine dauerhafte Mutation? 
6. Neue Vorratsdatenspeicherung und Verschlüsselungsverbot in der EU

Erforschung des Weltraums: Interview mit Dr. Frédéric Marin
(Das Gespräch führte Jean-Paul Picaper)

Der Kosmos verschwidet nicht mehr aus den Nachrichten. Am 11. Juli 2021 absolvierte der Milliardär Richard Branson mit seinem Raketenflugzeug "Virgin Galactic" erfolgreich seinen ersten suborbitalen Flug in den Weltraum und leitete damit den Weltraumtourismus ein. Er überholte Jeff Bezos, der seinen Flug neun Tage später auf seiner "New Shepard"-Rakete mit drei Passagieren, seinem Bruder Marc sowie dem jüngsten Astronauten der Welt, dem 18-jährigen Olivier Daemen, und der ältesten Astronautin der Geschichte, der 82-jährigen Wally Funk, durchführte.
Am 15. September 2021 war Space X, das Unternehmen von Elon Musk, an der Reihe und brachte vier Passagiere ins All. Das Space X-Raumschiff hob von der legendären Startrampe 39A im Kennedy Center der NASA in Florida ab, wo die Apollo-Missionen zum Mond begannen. Die vier Personen, zwei Männer und zwei Frauen, wurden in einer Lotterie ausgelost, um drei Tage im Weltraum zu bleiben und über die Internationale Raumstation ISS hinauszugehen.
Es handelt sich um Hayley Arceneaux, 29 Jahre alt, Überlebende einer Kinderkrebserkrankung und einer Behinderung, inzwischen medizinische Assistentin, die erste Person mit einer Prothese im Weltraum; Sian Proctor, eine Afroamerikanerin, seit 20 Jahren Professorin für Geowissenschaften, zweimalige NASA-Astronautenkandidatin und Finalistin; um Jared Isaacman, 38, Milliardär, Pilot und Einsatzleiter. Der Milliardär und CEO des Unternehmens Shift4 Payments bezahlte die Reise für seine drei Mitreisenden und lfiegt mit. Er ist qualifiziert, Militärflugzeuge zu fliegen und hat einen Weltrekord in einem Düsenflugzeug aufgestellt. Und schließlich Chris Sembroski, 42, ehemaliger US-Luftwaffenoffizier, der im Irak gedient hat.
Schließlich waren sie nicht alle so unerfahren, wie man ies hnen gesagt hatte. Sie hatten ein monatelanges Training absolviert, unter anderem an Bord einer Zentrifuge (ein schnell rotierender Arm von mehreren Metern Länge), und hatten die Schwerelosigkeit an Bord eines Flugzeugs im Parabolflug erlebt. Vor allem aber war dieser Flug im Gegensatz zu den vorangegangenen vollautomatisch, d.h. von der Erde aus gesteuert.
Diese touristischen Flüge sind oft mit Problemen behaftet. Die Herstellung von wiederverwendbaren Raketen und das Geld, das dadurch eingenommen wird, sind ausserordentlich nützlich und wenn der Flug ins All nur noch 5 000 bis 10 000 Euro und nicht mehr Millionen von Dollar kosten wird, werden sie von großem Nutzen sein. Jeff Bezos, der 1964 als Jeffrey Jorgensen in Albuquerque geboren wurde, dankte allen seinen Mitarbeitern. Er hebt sich von der Masse ab, weil er ohne einen Pfennig in die Wirtschaft eingestiegen ist und dank seines Unternehmens Amazon zum "reichsten Mann der Welt" wurde. Er gründete das Unternehmen "Blue Origin", das sich dem Weltraumtourismus widmet. Wenn wir den Weltraum erforschen und andere Planeten besiedeln wollen, brauchen wir nicht auf Geld zu spucken
.
"Es ist Europa. Paneuropäische Konferenz von Strassburg" hat Dr. Frédéric Marin, Beiratsmitglied unseres Vereins, Forscher der Astrophysik an der Astronomischen Sternwarte der Universität Straßburg, interviewt., Herr Marin, der Mitglied des Französischen Zentrums für wissenschaftliche Forschung (CNRS) ist,  erforscht insb. die Entwicklung von Schwarzen Löchern im Zentrum von Galaxien, um besser zu verstehen, wie die großen Strukturen des Universums entstanden sind. Er ist Experte auf dem Gebiet der Hochenergiepolarisation und leitet die Forschung zur Quasarpolarisation in Frankreich.


JPP: Bitte erklären Sie uns, Herr Marin, mit wenigen Worten, was ein Quasar ist. Ich bin mir sicher, dass 90 Prozent unserer Zuhörer nicht wissen, was das ist.
FM: Es handelt sich um aktive galaktische Kerne, die in der Nähe von schwarzen Löchern liegen, aber im Teleskop als sehr helle Flecken erscheinen, sie sind die hellsten Objekte im Universum. Das Wort ist eine Abkürzung für Quasi-Stellare Radiosource.
Ich konzentriere mich auch auf einen zweiten Forschungszweig: die Anthropologie des Weltraums. Dies ist das Studium der Erforschung des Weltraums durch den Menschen, von der Erdumlaufbahn bis zu fernen Exoplaneten.
JPP: Ja, ich weiß, dass das Ihr Hauptaugenmerk ist. Darüber müssen wir noch einmal sprechen und ein Symposium dazu veranstalten.
In diesem Jahr hat sich auf Ihrem Forschungsgebiet einiges getan: zunächst die erfolgreiche Landung des Roboters Perseverance auf dem Jezero-Krater auf dem Mars und der erfolgreiche Betrieb seiner Instrumente, darunter das Spektrometer aus französischer Produktion; dann der Start von Thomas Pesquet und seinen Besatzungsmitgliedern zur Raumstation und zuletzt seine drei Weltraumspaziergänge zur Installation eines Solarpanels. Ich weiß nicht mehr, ob die chinesische Mondlandung auf der dunklen Seite des Mondes dieses Jahr oder im letzten Jahr stattgefunden hat. Nach China fliegt auch Indien mit einer Kapsel namens Gaganyaan mit drei Raumfahrern ins All und die Russen kooperieren nun mit den Chinesen. Ich habe aber den Eindruck, dass sich die russischen Raumfahrtaktivitäten im freien Fall befinden, ist das nicht auch Ihr Eindruck?
FM: Die russischen Raumfahrtaktivitäten sind seit dem Zerfall der UdSSR völlig anders. Die Politik der wettbewerbsfähigen Weltraumforschung hat sich geändert, das Paradigma hat sich geändert und die Mittel sind in den Wiederaufbau des Landes geflossen. Die russische Weltraumforschung ist immer noch exzellent, aber sie entspricht nicht mehr dem, was vor den 1990er Jahren geschah. Man widmet großes Augenmerk auf den Weltraumtourismus und auf die Möglichkeiten, Geld in eine Forschung zu stecken, die um ihre Finanzierung durch den Staat kämpft. Sie haben eine Menge Konkurrenz aus kapitalistischen Ländern, in denen der private Sektor diese Art von Forschung betreibt. Es ist für Russland schwierig, mit ihnen zu konkurrieren. Aber Russland verfügt immer noch über eine enorme Expertise im Bau von zuverlässigen, robusten und preiswerten bemannten Raumfahrzeugen (die berühmte Sojus).
JPP: Pesquet reiste in einer Crew-Dragon-Kapsel von Elon Musk's Space X, einer privaten Rakete, und nicht wie bisher mit einer russischen Rakete von Baikonur. Aber die Russen sollen ihre alte Sojus durch eine neue, modernere Kapsel namens Oriol ersetzen.
FM: Es geht nur um Geld. Private amerikanische Trägerraketen sind billiger, weil sie teilweise wiederverwendbar sind. Aber sowohl die ESA als auch die NASA und ROSCOSMOS arbeiten an neuen wiederverwendbaren Trägerraketen. Das Problem ist, dass private Unternehmen einen Schritt voraus sind. Bei den Russen wird eine neue Trägerrakete namens Sojus-5 die alten Raketen ersetzen. Sojus-5 (auch bekannt als Feniks oder Sunkar) wird bis 2022 die Zenit-Rakete ersetzen und deren Abmessungen, Antriebssystem und Startanlagen übernehmen. Sojus-5 soll im Jahr 2022 das neue Raumschiff Oriol (ehemals Federatsiya) starten. Oriol wird sowohl das Sojus-Raumschiff ersetzen, indem es die Besatzung der Internationalen Raumstation entlastet, als auch im Rahmen des zukünftigen russischen Mondraumprogramms Kosmonauten zum Mond transportieren.
JPP: Auffallend ist, dass Europa keine interplanetarische Rakete hat. Die Europäer bekommen jetzt Jump Seats in den amerikanischen Raketen. Ich habe gelesen, dass die EU den US-Boostern ein Weltraum-Schwergewicht zur Verfügung stellen wird, in dem Ausrüstung, Wasser und Nahrung zu den Stützpunkten auf dem Mond transportiert werden. Ich weiß nicht, wie das passieren soll. Wird dieser Space Truck im Weltraum gebaut werden oder von der Erde starten? Die Europäer planen auch, Kommunikationssatelliten in eine Umlaufbahn um den Mond zu bringen. Aber sonst sind wir von den Amerikanern abhängig.
FM: Europa (über seine Agentur ESA) hat nicht die gleiche Arbeitsweise wie zum Beispiel die NASA, JAXA oder ROSCOSMOS. Die Strategie der ESA wird durch einen Rat definiert, in dem jedes Mitgliedsland einen Vertreter hat, der für seine Interessen stimmt. Es ist also ein heterogenes Gremium, das über das Vorgehen der ESA entscheidet, während die amerikanischen, russischen oder japanischen Agenturen monolithisch sind. Entscheidungen werden dort schneller und gezielter getroffen.
JPP. Darf ich Sie unterbrechen? Die EU muss mit den Staaten, die effektiv in der Weltraumerforschung arbeiten, und zwar Deutschland, Frankreich, vielleicht Italien und, Sie werden staunen, Luxemburg ein Direktorium bilden. Das könnte wie in den EU-Verträgen vorgesehen als „verstärkte Kooperation“ laufen. Damit sollte sich unser Verein bald befassen.
FM. Die ESA hat trotzdem Schwergewichte: Ariane 6 und Vega-C. Die Ariane 6 ist eine Trägerrakete mittlerer/hoher Leistung (5 bis 11,5 Tonnen im geostationären Transferorbit), die ab 2022 die Ariane-5-Rakete ersetzen wird. Vega-C wird eine leichte Trägerrakete für polare Umlaufbahnen sein. Aber auch hier sind die privaten Unternehmen weit voraus. Die Raketen der ESA sind teuer in der Herstellung und ihr der Marktanteil ist mittelfristig sowohl durch die Entwicklung des Satellitenmarktes als auch durch das Auftreten von Wettbewerbern bedroht: SpaceX und Long March, zum Beispiel. Wie auch immer, der Platz muss geteilt werden. Bis auf Weiteres werden alle Starts von der Erde aus erfolgen. Die Schaffung eines Raumhafens für den Start, die Bergung und die Verarbeitung von Raketen und Raumfahrzeugen erfordert zunächst die Beherrschung der Weltraumwirtschaft und der Ressourcen. Dazu müssen wir zunächst den Mond, wahrscheinlich auch den Mars und vielleicht einige wandernde Felsen im Weltraum, die reich an Eisen und anderen Metallen sind, ausbeuten.
JPP: Die Chinesen haben 2020 die "Langer Marsch"-Rakete gestartet, die die Raumsonde Tianwen-1 trägt, einen Roboter, den sie noch in diesem Jahr auf dem Mars landen wollen. Sie haben auch angekündigt, eine eigene Raumstation in Orbit zu bringen, die den reizvollen und sehr chinesischen Namen "Himmelspalast" tragen wird.
FM: China hat ein sehr aggressives Raumfahrtprogramm. Das Geld, das in den Weltraum investiert wird, ist kolossal und die menschlichen Ressourcen sind unzählig. Ja, China ist einer der Akteure, mit denen wir es in naher Zukunft zu tun haben werden. Dadurch werden die Beziehungen und die gemeinsame Nutzung von Raum noch komplexer.
JPP: Kommen wir zurück zu den Raumstationen im Orbit. Glauben Sie, dass die Menschheit eines Tages nicht mehr auf unserer zerstörten Erde leben wird, sondern in riesigen Raumstationen, die unseren Planeten auf verschiedenen Ebenen umkreisen? Oder ist das Science Fiction?
FM: Das ist eine komplexe Frage, weil sie noch im Bereich des Futurismus angesiedelt ist. Aber aus meiner Sicht: Ja, wir müssen raus aus der alten Erdeheraus. Die Erde ist die Wiege der Menschheit, aber niemand soll in seiner Wiege sterben. Wenn wir als Spezies vorankommen wollen, müssen wir uns erweitern und entwickeln. Die Grenzen des Globus sind klein, der Raum ist unendlich. Es besteht eine gute Chance, dass die Entwicklung der Menschheit auf dem Mond, dem Mars und verschiedenen Himmelskörpern in der Zukunft notwendig wird, und sei es nur, um die Überbevölkerung und den Überverbrauch von Ressourcen zu lindern. Wir müssen eine grüne Politik entwickeln, ja, aber angesichts einer immer größer werdenden Menschheit wird das nicht mehr lange ausreichen. Beides muss Hand in Hand gehen.
JPP: In Zukunft wird es wahrscheinlich notwendig sein, Raumstationen und große interplanetare Schiffe im Weltraum oder auf dem Mond zu bauen, wo alles viel leichter ist. Könnte der Mond als Zwischenstation im Weltraum dienen?
FM: Das ist der einzige Weg, es zu tun. Wir brauchen einen Raumhafen, mit geringer Schwerkraft, in der Nähe und groß genug, um die Weltraumwirtschaft zu entwickeln. Der Mond, mit seinem Reichtum an Metallen und Gas, ist ideal. Es gibt seit Jahrzehnten viele, viele Projekte zur Entwicklung von Weltraumhabitaten auf dem Mond durch die ESA, die NASA und private Unternehmen. Die Einrichtung ist komplex, weil eine Menge Ausrüstung in den Raum gestellt werden muss. Dann muss man sich mit den rauen Bedingungen des Mondbodens, dem ruhmreichen Regolith, auseinandersetzen. Dieser sehr feine Puder ist als Wohnungsunterbau nicht geeignet. Aber es zeichnen sich Lösungen ab, wie z. B. das Erhitzen des Regoliths, um eine feste, kompakte und dauerhafte Platte zu bilden.
JPP: Der Wettlauf ins All begann im friedlichen Wettstreit während des Kalten Krieges mit dem Start des Sputniks 1956, gefolgt vom ersten Menschen im All, Juri Gagarin, und schließlich den ersten beiden Männern auf dem Mond, Neil Armstrong und Buzz Aldrin.
FM. Vergessen wir nicht Valentina Tereschkowa, die erste Frau im Weltraum, die fast drei Tage im Bass-Orbit verbrachte, allein an Bord ihres Raumschiffs Wostok 6, das am 16. Juni 1963 von Baikonur startete. Die Russen haben als erste den Beweise erbracht, dass Frauen als Astronautinnen geeignet sind. Die Nasa ihrerseits nahm keine Frauen in ihre Mannschaften.
JPP. Stimmt es, dass die Russen heute im Rennen zum Mars zurückliegen, weil sie sich für die Venus und die Amerikaner für den Mars entschieden hatten? Ist die Venus nicht noch unwirtlicher als der Mars? Was ist mit diesem armen Planeten passiert?
FM: Wettbewerb, ja. Friedlich, nein. Vergessen wir nicht, dass der ursprüngliche Zweck war, Raketen in den Weltraum zu bringen, damit sie überall auf die Erde abgefeuert werden können. Die ersten Raumstationen waren die geheimen sowjetischen Saljut-Stationen, militarisiert und imponierend. Aber diese ganze komplexe und entscheidende Periode in unserer jüngeren Geschichte hat eine wichtige Rolle bei der Erforschung des Weltraums gespielt.
Angesichts der amerikanischen Eroberung des Mondes beschlossen die Sowjets in der Tat, die Venus mit den Venera-Sonden zu erforschen. Das Venera-Programm war ebenso ein politisches wie ein wissenschaftliches Thema. Die Raumsonden des Venera-Programms enthüllten allmählich die Struktur der Atmosphäre und bestimmte Eigenschaften des venusischen Bodens. Dieses Programm stellt den größten Erfolg der sowjetischen Raumfahrt auf dem Gebiet der Erforschung des Sonnensystems dar.
Und warum Mars und nicht Venus? Die Venus hat gewisse Ähnlichkeiten mit der Erde, was die Kolonisierung in einigen Aspekten erleichtern würde. Diese Ähnlichkeiten und ihre Nähe haben dazu geführt, dass die Venus als "Zwillingsschwester der Erde" bezeichnet wird: stärkere Schwerkraft (wodurch die Auswirkungen der Knochenentkalkung gemildert werden), dicke Atmosphäre zum Schutz vor Röntgen- und UV-Strahlen, die den menschlichen Körper beschädigen, und Nähe zur Erde (im Vergleich zum Mars). Aber es ist komplex, sich eine Kolonisierung vorzustellen. Die Oberfläche der Venus ist extrem heiß, mit Temperaturen in den Ebenen nahe 500°C, höher als die Schmelztemperatur von Blei. Außerdem ist der atmosphärische Druck an der Oberfläche etwa 90-mal so hoch wie auf der Erde, das heißt, der Druck ist etwa wie 1 km unter dem Meeresspiegel auf unserem Planeten Erde zu spüren. Diese Bedingungen führen dazu, dass die Lebensdauer von Raumsonden, die die Oberfläche erreichen, extrem kurz ist: Die Sonden Venera 5 und Venera 6 zum Beispiel wurden durch den Druck in 18 Kilometern Höhe zerquetscht. Die nächsten Sonden, Venera 7 und Venera 8, schafften es nach dem Erreichen der Oberfläche zu senden, aber diese Übertragungen waren sehr kurz und dauerten nicht länger als eine Stunde in der heißen, korrosiven Atmosphäre. Der Zugang zu Oberflächenmaterialien für die Nutzung durch eine Kolonie in der oberen Atmosphäre wäre also ein Problem. Und es gibt weitere Probleme wegen der korrosiven und drückenden Atmosphäre der Venus.
JPP: Ich glaube, die Russen haben einen Vertrag mit den Chinesen über die gemeinsame Ausbeutung des Mondes unterzeichnet, insbesondere um Lithium auszubeuten, das auf unserem natürlichen Satelliten reichlich vorhanden wäre und für die Kernfusion verwendet werden kann, wodurch unbegrenzte Energie erzeugt wird. Haben Sie das gesehen?
FM: Ich denke, es ist vor allem eine Zusammenarbeit, um eine internationale Basis auf dem Mond zu errichten und seine Ressourcen auszubeuten, um in andere wissenschaftliche Projekte einzusteigen. Aber ich bin mir dieser Vereinbarung nicht speziell vertraut. In jedem Fall muss zuerst die Frage der Legalität im Weltraum geklärt werden. Wem gehören der Mond und seine Ressourcen? Der ganzen Welt? Dem Land, das dort landet und bohrt? Was ist, wenn es sich um ein privates Unternehmen handelt? Was passiert im Falle eines Verbrechens? Es ist sehr kompliziert und Anwälte reißen sich die Haare aus bei diesem dornigen Thema.
JPP: Schließlich sind die Planeten des Sonnensystems nicht sehr gastfreundlich. Wenn man zum Beispiel an Titan denkt, den Trabanten des Saturns, auf dem die Huyghensonde 2005 landete (übrigens eine außergewöhnliche Leistung): Seen aus flüssigem Methan und Methanregen... Nicht sehr gut für Ihre Gesundheit... Auch der Mars ist kein Zuckerschlecken. Ich habe vor etwa 20 Jahren ein Buch über das "Terraforming" des Mars gelesen. Glauben Sie, dass Menschen auf dem Mars leben können?
FM: Nein, kein lokaler Planet ist im Moment gastfreundlich. Der Mars war vor Millionen von Jahren gastfreundlich, als er mit Wasser bedeckt war, aber jetzt ist er es nicht mehr. Der Mars ist nicht viel besser als der Rest: wenig oder keine Atmosphäre, dünne Eisenerde, unzureichende Schwerkraft, um dort langfristig zu überleben (es sei denn, man bleibt über Generationen dort). Eine Kolonie auf dem Mars zu gründen ist eine gute Idee, sie ist aus vielen wissenschaftlichen, biologischen, menschlichen, wirtschaftlichen Gründen usw. notwendig, aber man muss damit rechnen, dass man nur sehr kurz dort bleiben wird. Sie müssen planen, dort für eine sehr kurze Zeit oder für den Rest Ihres Lebens zu bleiben.
JPP: Wir müssen also Menschen durch Roboter ersetzen. Können wir uns vorstellen, dass Sonnenplaneten von Robotern bevölkert werden, die sie ausbeuten und die seltenen Metalle, die sie dort finden, zurückbringen? Diamanten? Gold? Steuern wir auf einen Rückgang der bemannten Flüge und auf eine Robotisierung mit künstlicher Intelligenz zu?
FM: Roboter sind notwendig, um für uns auszukundschaften, aber wir können nicht durch Roboter ersetzt werden. Die Sache mit dem Menschen ist, dass er anpassungsfähig und neugierig ist, was Roboter noch nicht replizieren können. Menschen werden aus Neugier gegen ihre Befehle verstoßen, wenn sie glauben, dass es langfristig von Vorteil ist. Der Einsatz von Robotern ist jedoch notwendig. Je größer die Schiffe sind, desto höher ist die Rate der mechanischen Ausfälle pro Sekunde. Nur eine künstliche Intelligenz wird in der Lage sein, alle Reparaturen für ein Schiff mit hundert oder mehr Insassen rechtzeitig durchzuführen. Wie auf der Erde können die Mechanisierung und der Einsatz von Robotern bei großen Weltraumprojekten helfen, aber nicht alles ersetzen.
JPP: Ich habe auch gehört, dass es Pläne gibt, Meteoriten mit Robotern abzubauen, die auf ihnen landen und mit einer Ladung Rohmaterial zurückkehren, das sie sozusagen mit dem Fallschirm zur Erde zurückbringen? Ich habe gelesen, dass Luxemburg, das über viel Kapital verfügt, zu diesem Zweck eine Agentur eingerichtet hat.
FM: Ja, der Asteroidenabbau ist eine der großen Aufgaben, die erledigt werden müssen, um Raumhäfen zu schaffen und eine friedliche Expansion in den Weltraum und zumindest in das Sonnensystem zu beginnen. ESA und NASA haben große Projekte in dieser Richtung. So soll Psyche, die vierzehnte Weltraummission des Discovery-Programms der NASA, den metallischen Asteroiden 16-Psyche untersuchen, der möglicherweise zum Teil der Überrest des Eisenkerns eines uralten Protoplaneten ist, der durch eine heftige Kollision mit einem anderen Objekt entstand, bei der seine äußeren Schichten abgerissen wurden. Das wissenschaftliche Ziel der Mission ist es, die Eigenschaften dieses atypischen Asteroiden zu identifizieren und Daten über den Entstehungsprozess von Planetenkernen anderswo im Sonnensystem zu sammeln. Aber mit dieser Art von Daten werden wir auch in der Lage sein, zu bestimmen, wie profitabel der Abbau eines Asteroiden in der Zukunft sein kann.
JPP: Auf jeden Fall wird die Erforschung des Weltraums zunehmend der Künstlichen Intelligenz anvertraut werden, weil sie schneller und durch die Kombination von unendlich mehr Elementen rechnet als das menschliche Gehirn, oder?
FM: Die Berechnung von Flugbahnen und Manövern von Raumfahrzeugen wird schon lange von Computern übernommen. In dieser Hinsicht wird sich nichts ändern. Computer, KIs und Roboter sind Werkzeuge für den Menschen. Sie müssen gepflegt und sachgemäß behandelt werden. Dann sind sie äußerst nützlich. Aber sie werden den Menschen für die Erkundung nie vollständig ersetzen.
JPP: Sie arbeiten in einem generationenübergreifenden Bereich in dem Sinne, dass das, worüber wir sprechen, Ihre Urenkel erleben werden. Vor allem Sie, die sich mehr für interstellare Reisen, also zu anderen Konstellationen, interessieren. Ist es nicht entmutigend, die Ergebnisse der eigenen Arbeit nicht zu sehen?
FM: Ich arbeite hauptsächlich in der Astrophysik, wo ich tote Sterne studiere, Galaxien, die vor mir existiert haben und nach mir und dem Sternenstaub, aus dem wir gemacht sind, existieren werden,. Bei einem Großteil der heutigen Forschung geht es darum, ein Kapital an Wissen zu errichten, die kluge Köpfe vor mir vor über zwei Jahrtausenden begonnen haben und die zukünftige Generationen weiter aufbauen werden. Ich bin nur ein winziger Bruchteil dieser großen Bibliothek des Wissens. Mir ist klar, dass ich nicht alle Früchte meiner Arbeit sehen werde, aber das ist nicht mein oberstes Ziel.
JPP: Sie haben bereits zwei Vorträge in unserem Verein gehalten, einen in dem Lieu d'Europe und einen weiteren in der Villa Schutzenberger über Ihr Projekt, in die Centaur-Konstellation zu reisen. Ist das immer noch Ihr Ziel?
FM: Ich arbeite in der Tat an der Erforschung des Weltraums durch den Menschen über Zeiträume, die länger sind als die eines normalen Menschen: Weltraumschiffe und Mehrgenerationenpopulationen. Meine Forschung besteht darin, herauszufinden, ob und wie Forschungsschiffe mit großen Populationen eines Tages zu anderen Sonnensystemen, wie Alpha Centauri, reisen könnten. Ich arbeite weiter in diesem faszinierenden und zukunftsweisenden Forschungsgebiet. Unser kleines Team von freiwilligen Forschern arbeitet immer noch hart, aber wir würden Hilfe und Ratschläge aus der Gemeinschaft der Geistes- und Sozialwissenschaften zu einem solch komplexen Thema begrüßen.
JPP: Ich denke, wir sollten ein Symposium zu diesem riesigen Projekt veranstalten. Danke, Dr. Marin. Ich möchte darauf hinweisen, dass unsere Freundin Elisa Mayböck, ein Mitglied unseres Vorstands, im September ein weiteres Interview mit Ihnen zu diesen Themen in englischer Sprache führen wird.
FM: Es wird mir eine große Freude sein.

 Der LInk zum Interview auf französisch:
  https://youtu.be/KYm7H-mZ9ro    

Nach Covid-19 bedrohen uns weitere Tierviren...

Die Berufung eines Tierarztes in den Wissenschaftlichen Rat zum Covid-19 in Frankreich unterstrich die Notwendigkeit, neben den Spezialisten für menschliche Gesundhei,  auch Tierärzte einzubeziehen. Zoonosen, Krankheiten tierischen Ursprungs, könnten in Zukunft tatsächlich immer zahlreicher werden. Dieses Phänomen, das sich in der Jungsteinzeit mit der Domestizierung von Tieren äußerte, verbreitet seit mehreren Jahrtausenden die großen epidemischen Infektionskrankheiten, wie es der amerikanische Professor Jarred Diamond in seinem berühmten Buch "Guns, Germs, and Steel" so gut dargestellt hat, das 1998 den Pullitzer-Preis gewann und einen mindestens so großen Welterfolg verdient hätte wie derjenige von Yuhal Harari mit seinem "Sapiens", ganz einfach, weil es wahrer, realitätsnäher, wissenschaftlicher ist. Nun, das Virus-Phänomen wird sich noch verstärken und wir werden anders leben müssen. Wir haben es 2020-21 mit den neuen Impstoffen fast geschaft und wir werden „die Welt davor“ nicht mehr zurückbekommen. Dieser Artikel von Radio France ist wichtig. Er warnt unsere Staatsbürger. Wir sind noch nicht am Ende der Probleme (Redaktion "C l'Europe", 1/03/2021)

Die kürzlich erfolgte Ernennung eines Spezialisten für Tiergesundheit in den französischen Wissenschaftlichen Rat zum Covid-19, die von vielen Experten im vergangenen Jahr gefordert wurde, ist ein starkes Symbol: Sie zeigt, dass es notwendig ist, Kompetenzen zu bündeln, um neue Krankheiten zu verhindern, deren Auftreten sich vervielfacht: 60 Prozent der bestehenden menschlichen Krankheiten sind heute zoonotisch, stammen also aus der Tierwelt, und 75 Prozent der neu auftretenden Krankheiten sind ebenfalls zoonotisch. Viren, Bakterien oder Parasiten "überspringen" die Artenschranke, um den Menschen zu infizieren, meist über Haustiere. Daher das Konzept des Zusammenschlusses von Disziplinen namens "One Health", das Anfang der 2000er Jahre in internationalen Wissenschaftskreisen geboren wurde.

Ärzte, Tierärzte, Landwirte und Dorfvorsteher mobilisiert


In diesem Geiste fand Mitte Januar 2021 unter der Schirmherrschaft Frankreichs der One Planet Summit in Paris statt. Dadurch wurde es möglich, die Prezode-Initiative zu starten - deren Ziel es ist, zukünftige Gesundheitskrisen zu verhindern, indem diese Krankheiten bei Tieren frühzeitig erkannt werden, um zu reagieren, bevor sie „die Artengrenze überspringen" und sich unter Menschen ausbreiten.

Die Abteilung für Tiergesundheit des CIRAD (Center for International Cooperation in Research for Agronomic Development) hat daher das französisch-australische Projekt der Ausvet-Gruppe in Indonesien bewertet. Unter dem Namen iSIHKNAS (Indonesia's National Animal Health and Production Information System) wurde insbesondere eine Handy-Anwendung entwickelt, mit der Informationen über Krankheitsfälle, die in Haustierfarmen festgestellt wurden, und sogar Fälle von Kontaminationen beim Menschen ausgetauscht und gemeldet werden können.

Dieses Werkzeug bringt Viehzüchter (Rinder und Geflügel), Dorfvorsteher, Klinikleiter, Distriktveterinäre und höhere Ebenen zusammen. Auf diese Weise weiß jeder, was in seinem Dorf und in den Nachbardörfern passiert, und vor allem können die Gesundheitsbehörden in Echtzeit entsprechende Maßnahmen ergreifen. In Indonesien sind fünf Millionen Nutztierhalter mit dieser Anwendung ausgestattet.

Fast 800.000 Viren bedrohen uns

Solche Überwachungsnetzwerke sind umso notwendiger, als sich die Zoonosen in den letzten Jahrzehnten vervielfacht haben. Und alles deutet darauf hin, dass Covid-19 den Beginn einer pandemischen Epidemie markiert. "Vor dem 20. Jahrhundert erlebte die Welt etwa alle hundert Jahre eine Pandemie, erklärt Benjamin Roche, Öko-Epidemiologe am IRD (Institute for Research on Development). Aber seit Beginn des 21. Jahrhunderts erlebten wir schon sechs davon!"

Im Jahr 2003 tauchte das erste SARS-CoV-1 (also ein Coronavirus) auf und verursachte das "schwere akute respiratorische Syndrom", kurz SARS, das zunächst in China auftrat und dann weltweit Panik auslöste.

In den Jahren 2009-2010 trat die Influenza A (H1N1), bekannt als "Schweinegrippe", in Mexiko auf und wurde von der WHO schnell als Pandemie eingestuft. Seitdem wütet es weltweit.

Im Jahr 2012 tauchte MERS-CoV (ein weiteres Coronavirus) in Saudi-Arabien auf und breitete sich auf mehrere andere Länder im Nahen Osten aus. Sie ist auch in Südkorea zu finden.

Im Jahr 2013 in Polynesien und dann 2015 in Brasilien richtet das Zika-Fieber verheerende Schäden an.

Schließlich kommt es 2014 in Westafrika zur größten Ebolafieber-Epidemie, die je auf dem Kontinent aufgetreten ist (Afrika, wo sich die Krankheit seit ihrem Auftreten im Sudan und Kongo 1976 in aller Stille gehalten hat).

Und die Liste wird wahrscheinlich in rasantem Tempo wachsen. Im Oktober 2019 warnte eine Gruppe von 22 internationalen Experten der IPBES (Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), der Benjamin Roche angehört: "Es gibt schätzungsweise 1,7 Millionen 'unentdeckte' Viren, die derzeit in Säugetieren und Vögeln vorkommen, von denen 827.000 möglicherweise die Fähigkeit haben, Menschen zu infizieren“.

Abnahme der Artenvielfalt: ein gefundenes Fressen für neue Viren

Zu den Ursachen für neue Krankheiten gehört der Verlust der Artenvielfalt. Wenn sie, wie alle Pandemien, ihren Ursprung in von Tieren übertragenen Mikroben findet, verdankt Covid-19 ihre Entstehung der Intensivierung menschlicher Aktivitäten. Veränderungen in der Landnutzung, die Ausweitung und Intensivierung der Landwirtschaft sowie nicht nachhaltiger Handel, Produktion und Konsum erhöhen den Kontakt zwischen Wildtieren, Nutztieren, Krankheitserregern und Menschen. Dies ist ein Weg, der geradewegs zu Pandemien führt, erklärt der IPBES-Abschlussbericht.

In einer unberührten oder durch menschliche Aktivitäten wenig gestörten Wildnis herrscht eine Art Gleichgewicht zwischen Wildtieren und den Mikroben (Viren, Bakterien und Parasiten), die sie tragen. Dies wird als Verdünnungseffekt bezeichnet. Ein hohes Maß an Biodiversität ermöglicht es, die Mikroben in der Vielfalt der Wildarten zu 'verdünnen'", erklärt Benjamin Roche. Dies wurde wiederholt in den Vereinigten Staaten beobachtet, wo die Lyme-Borreliose [die von Zecken übertragen wird] in den Bundesstaaten, in denen die Artenvielfalt am meisten zerstört wirden ist, stark zunimmt. Im Fall des West-Nil-Fiebers [das in den späten 1990er Jahren in die Vereinigten Staaten kam und von Moskitos auf Vögel übertragen wurde, bevor es auf Pferde und Menschen überging] wurde festgestellt, dass die Staaten mit den wenigsten Fällen die größte Vielfalt an Vögeln hatten. „Im Fall des Ebola-Virus in Afrika", fährt der Öko-Epidemiologe fort, "wurde festgestellt, dass es sich vor allem in abgeholzten Gebieten ausbreitet, weil Fledermäuse, die aus Wald-Ökosystemen stammen, gezwungen sind, sich immer näher an Dörfer und Städte in der Nähe dieser Ökosysteme zu begeben: Dort findet die Übertragung auf den Menschen statt, und dann erfolgt die Übertragung von Mensch zu Mensch".

WHO hinkt hinterher


Darüber hinaus verbreiten sich mit der Globalisierung Mikroben, ob Viren oder Bakterien, mit der Geschwindigkeit des heutigen Verkehrs um die Welt, kleben an den Rädern von Lastwagen, stecken im Gepäck von Reisenden oder in den Laderäumen von Flugzeugen und Containern auf Frachtschiffen. Es sind also die menschlichen Aktivitäten in ihrer Gesamtheit, die den Cocktail bilden, der das Auftreten von Zoonosen und damit von Pandemien auslöst.

Diese Pandemien werden daher in Zukunft wahrscheinlich immer zahlreicher auftreten. Dies umso mehr, als der Planet sich zwar auf sie vorbereitet, aber noch nicht dafür gerüstet ist, mit ihnen umzugehen. "Diese Verbindung zwischen Human- und Veterinärmedizin beginnt in den Ländern der nördlichen Hemisphäre", erklärt der Gesundheitshistoriker Patrick Zylberman, "aber in den Ländern des Südens sind wir davon noch weit entfernt. Letztere rufen sicherlich die WHO auf den Plan, aber die WHO hinkt mit einem lächerlichen Budget hinterher." Das Konzept von One Health, das dem gesunden Menschenverstand zu entsprechen scheint, steht nun vor einem Problem bei der Umsetzung in der Praxis. Es ist ungleichmäßig implementiert. Viren kennen keine Grenzen. (Anne Brunel, Radio France Investigation Unit - franceinfo. 27/02/2021)

Warum schaltet unser Gehirn bei Videokonferenzen aus...
(und wie man sich dagegen wehrt)?

"Die vielen Videokonferenzen, die durch die Telearbeit erzwungen werden, sind eine Quelle der mentalen Ermüdung“. (Jessica Komguen / franceinfo)

Unvermeidlich seit Beginn der Gesundheitskrise und der Verallgemeinerung der Telearbeit, sind Videobesprechungen eine Quelle der mentalen Erschöpfung. Einer der Gründe dafür ist der Mangel an nonverbaler Kommunikation während dieses Austauschs.

Eine Teamsitzung um 10 Uhr morgens, vier "Conf-Calls" mit Kunden am Nachmittag, nicht zu vergessen Skype mit der Familie um 19 Uhr, um den Geburtstag des jüngsten Kindes zu feiern... Mit der Gesundheitskrise sind Videokonferenzen ein fester Bestandteil unseres täglichen Lebens geworden. Im letzten Frühjahr wurde es sogar unerlässlich, die soziale Verbindung in unserem begrenzten Leben aufrechtzuerhalten.

Doch seither sind die Zoom-Apéros dem Phänomen der "Zoom-Müdigkeit "* gewichen, einem Gefühl der Erschöpfung angesichts der Häufung dieser virtuellen Treffen. „Neben der visuellen Ermüdung, die mit dem langen Fixieren eines Bildschirms zusammenhängt, sind Videokonferenzen vor allem eine Quelle geistiger Ermüdung", erklärt Nawal Abboub, Doktor der kognitiven Wissenschaften, gegenüber franceinfo. Und das aus gutem Grund: Eine Videodiskussion erfordert viel mehr Konzentration als ein Austausch von Angesicht zu Angesicht. Doch wie lässt sich das erklären?

Ein Mangel an nonverbalen Zeichen


Erstens, durch die Schwierigkeit, sich auf die Körpersprache der Gesprächspartner zu verlassen. Wenn wir in der Gegenwart von jemandem sind, zeigt z. B. ein Kopfnicken an, dass wir zuhören. Körperhaltung und Gesten können unseren Wunsch zu sprechen widerspiegeln. Das sind alles nonverbale Zeichen, oft unbewusst, die "ein klares Verstehen von Botschaften und Absichten während einer Interaktion erleichtern", aber bei Videokonferenzen weniger zahlreich sind, analysiert für franceinfo Marie Lacroix, Doktor der Neurowissenschaften. In der Tat ist es schwierig, die Gesten einer Person in einem Videogespräch zu erkennen, wenn die Kamera auf Schulterhöhe ausgerichtet ist. "Und um Störgeräusche zu vermeiden, neigen wir dazu, unser Mikrofon abzuschalten, wenn wir nicht sprechen können", ergänzt Marie Lacroix. Dann erkennen wir noch weniger Signale."
Das Gehirn muss sich daher stärker konzentrieren, um sich auf andere Indikatoren, wie z. B. den Tonfall oder die Mimik, zu verlassen. Aber selbst bei einer optimalen Internetverbindung stellt die Technik diese Informationen mit einer leichten Verzögerung zur Verfügung, was es unserem Gehirn noch schwerer macht. Das ist es, was Nawal Abboub "Desynchronität" nennt.

"Es ist eine Verschiebung, die in Millisekunden berechnet werden kann. Aber es ist genug, um dem Gehirn eine zusätzliche Anstrengung zuzumuten, die Realität zu rekonstruieren." (Nawal Abboub, Doktor der Kognitionswissenschaften )

Die Reduzierung und schlechte Qualität der Signale "zwingt uns, aufmerksamer zu sein, um zu folgen und auf Momente der Verwirrung im Gespräch vorbereitet zu sein", bestätigt Marie Lacroix. Videokonferenzen stören somit die Flüssigkeit und den Rhythmus des Austauschs, betonen die beiden Spezialisten. Sicherlich haben Sie diese Situation auch schon erlebt: Während der Videodiskussion tritt plötzlich eine Stille ein, die innerhalb weniger Sekunden bei Ihnen und Ihren Kollegen für Unbehagen sorgt, bis schließlich zwei von ihnen gleichzeitig sprechen.

"Die Verteilung der Sprache in einer Gruppe wird unbewusst durch nonverbale Zeichen geregelt. Daher wird es sehr schwierig, einen spontanen Rhythmus in einem Video zu finden." (Marie Lacroix, Doktorin der Neurowissenschaften)

Vor allem berauben uns Videotelefonate der "Synchronität im Austausch der Blicke", berichtet Marie Lacroix. Um den Eindruck zu erwecken, dem Gesprächspartner in die Augen zu schauen, müssen Sie die Kamera fixieren, was de facto verhindert, dass Sie gleichzeitig seine Reaktion auf dem Bildschirm beobachten können. Bei Videokonferenzen neigt daher jeder Teilnehmer dazu, seinen Blick auf dem Bildschirm zu halten und den anderen nicht direkt in die Augen zu sehen, sondern nur deren gefilmte Wiedergabe. „Während eines Gesprächs regt der Blickkontakt mit anderen jedoch das Aufmerksamkeitssystem an und fördert das Erinnerungsvermögen. So wird bei einem Video, in dem eine Person spricht, "unsere Aufmerksamkeit stärker erregt, wenn die sprechende Person in etwa 30 % der Zeit den Eindruck erweckt, uns anzuschauen", sagt Marie Lacroix und zitiert eine Studie zweier britischer Wissenschaftler*.

Noch überraschender ist, dass das Fehlen von Blickkontakt vom Gehirn als "Vermeidung von Blicken" interpretiert wird, bemerkt der Experte. Diese unbewusste und automatische Reaktion vermittelt "den Eindruck, dass die Person in der Defensive oder unaufmerksam ist", sagt sie. Ebenso führen Verzögerungen in Ton und Bild zu einer negativen Interpretation von Gesprächspartnern. Im Jahr 2014 zeigten deutsche Forscher, dass eine Verzögerung von 1,2 Sekunden ausreichen kann, um als weniger freundlich oder weniger konzentriert wahrgenommen zu werden*.

Wenn der Bildschirm zum  Spiegel wird

Wenn Videokonferenzen die Wahrnehmung anderer verändern, verändern sie auch die Art und Weise, wie wir uns selbst betrachten. Sich selbst auf dem Bildschirm zu sehen, während man mit anderen spricht, spielt auf Angst und geistige Ermüdung an. "Wenn Sie in einer Videokonferenz sind, wissen Sie, dass jeder Sie ansieht. Es ist wie auf einer Bühne, die sozialen Druck erzeugt und das Gefühl, dass man etwas leisten muss", sagt Marissa Shuffler, Professorin für Organisationspsychologie an der amerikanischen Universität Clemson, gegenüber der BBC*. Neben der Aufgabe, das Gespräch zu führen, fragt sich der Verstand ständig, welche Haltung er einnehmen soll oder konzentriert sich auf sein eigenes Gesicht.

Und in der heutigen Welt, in der beruflicher und privater Raum eins geworden sind, ist das Gehirn umso aufmerksamer für die kleinste Situation, in der wir uns in der Nähe unserer Kollegen unwohl fühlen: Was, wenn eines der Kinder in das Blickfeld der Kamera platzt? Oder die Katze klettert auf den Schreibtisch?

"Sie stellen Ihr Gehirn vor eine doppelte Aufgabe: Sie konzentrieren sich auf Ihren Gesprächspartner und auf sich selbst."

„Aber das Aufmerksamkeitssystem verarbeitet Informationen nicht parallel, sondern in Reihe", sagt der Spezialist. Und jeder Hin- und Rückweg zwischen Ihrem Gesicht und Ihrem Gesprächspartner ist energieaufwändig. Die Aufmerksamkeit, die man seinem Image schenkt, hängt auch von der Person ab, die man vor sich hat", sagt Abboub. Wenn Sie mit einem Kollegen, einem Mitarbeiter oder einem Vorgesetzten sprechen, befinden Sie sich nicht auf der gleichen Ebene der Ressourcen."

"Wo ist Charlie?"

Die Situation wird noch komplizierter, wenn es viele Teilnehmer in der Besprechung gibt. Der Galeriemodus, in dem Gesichter in kleinen Miniaturbildern angezeigt werden, ist hart für das Gehirn. "Es ist wie das Spiel 'Wo ist Charlie?'", veranschaulicht Marie Lacroix. "Man kann ziemlich allgemeine Dinge festhalten und sehen, ob das Publikum aufnahmebereit oder desinteressiert scheint, aber es ist schwieriger, jedem Aufmerksamkeit zu schenken", sagt sie. Ganz zu schweigen davon, dass ein Videoanruf nicht nur ein Bildschirm mit einem oder mehreren Gesichtern ist. "Es gibt auch einen Chat an der Seite und es können Benachrichtigungen erscheinen", sagt Abboub. Es gibt eine Menge Ablenkungen und das macht es noch schwieriger, sich zu konzentrieren."

Angesichts dieser Informationsflut schaltet das Gehirn in "kontinuierliche Teilaufmerksamkeit", so die Analyse von National Geographic, und jongliert mit einer Vielzahl von Aufgaben, ohne sich auf eine davon voll zu konzentrieren. Es ist, als würde man versuchen, gleichzeitig zu kochen und zu lesen", sagt das Medium.

Darüber hinaus werden durch die Gesundheitskrise Momente des Lebens, die normalerweise getrennt sind, nun per Videokonferenz zusammengeführt. "Stellen Sie sich vor, Sie gehen in eine Bar, und in derselben Bar sprechen Sie mit Ihren Lehrern, treffen Ihre Eltern oder verabreden sich mit ihnen. Genau das machen wir gerade [per Videokonferenz]", sagt Gianpiero Petriglieri, der am European Institute of Business Administration der BBC unterrichtet.

"Das Arbeiten auf Distanz zwingt uns einen einzigen Kanal auf, nämlich den Computer." (Marie Lacroix)

"Mentale Ermüdung entsteht durch die Anhäufung von Zeit, die mit der gleichen Aufgabe verbracht wird", sagt der Experte. Selbst beim Jonglieren zwischen Geschäftsterminen und Videotelefonaten mit Freunden bleibt die Aktivität ähnlich und führt daher zu Erschöpfung. Vor allem, wenn die Teilnehmer während dieser Videokonferenzen nicht sehr aktiv sind. "Es mag kontraintuitiv erscheinen, aber passiv [vor einem Computer] zu bleiben, verbraucht noch mehr Energie", fügt Abboub hinzu und vergleicht die Situation mit der "sehr ermüdenden" Arbeit von Videoüberwachungsexperten, die ständig Bildschirme abtasten.

Hüten Sie sich vor "Visionitis

Wie können wir uns also vor dieser Ermüdung schützen? Denken Sie daran, zuerst visuelle Pausen zu machen. "Heben Sie alle zwanzig Minuten den Blick vom Bildschirm und schauen Sie zwanzig Sekunden lang zwanzig Meter vor sich", empfiehlt Marie Lacroix, Mitbegründerin von Cog'X, einer Agentur, die Unternehmen in Sachen Kognitionswissenschaften berät. Eine andere Möglichkeit ist es, kürzere Besprechungszeiten festzulegen, um eine Erholungszeit zu ermöglichen.

Auch der systematische Einsatz von Kameras gehört der Vergangenheit an. "Sie können es zu Beginn des Meetings einschalten, um Neuigkeiten von anderen zu erfahren, um diesen Moment der Interaktion zu erhalten", schlägt Marie Lacroix vor. Dann schalten Sie es aus, wenn wir zu den eher technischen Aspekten der Diskussion kommen, damit sich alle auf den Inhalt konzentrieren können."

Um das Fehlen einiger der nonverbalen Zeichen zu kompensieren, schlägt Nawal Abboub, Mitbegründerin der Beratungsagentur Rising Up, vor, "mehr mit der Stimme zu spielen" oder "die Mimik zu verstärken", um die Aufmerksamkeit des Publikums zu gewinnen. Das Aufstellen von expliziten Regeln macht den Austausch auch flüssiger: Heben Sie die Hand, um zu sprechen, stellen Sie Fragen im Chatroom.

"Wir sollten auch nicht in das Sehsyndrom verfallen", sagt Abboub, der dazu ermutigt, sich mit anderen Kommunikationsarten abzuwechseln. "Wir können uns auch gegenseitig anrufen, Nachrichten schicken und an gemeinsamen Dokumenten arbeiten", erklärt sie. Laut Abboub ist der beste Ratschlag für die Anpassung, "die Arbeitsweise unseres Gehirns kennenzulernen. "Es ist kein Computer, der gleichzeitig Powerpoint und Excel ausführen kann", schmunzelt der Wissenschaftler.

* Mit einem Sternchen markierte Links verweisen auf Artikel in englischer Sprache. (Artikel von Alice Galopin - auf der Seite von France Télévisions, franceinfo, 08.02.2021)

Klimakrise: "Das Treibhaus wird weiter angeheizt" -   Interview mit dem Klimaforscher Manfred Fischedick

Der Klimaforscher Manfred Fischedick, 55 Jahre alt, erklärt, warum die Corona-Pandemie eine Chance für den Kampf gegen den Klimawandel sein kann und was wir von Corona lernen können. Er ist wissenschaftlicher Geschäftsführer des Wuppertaler Instituts für Klima, Umwelt und Energie. Der Energie- und Klimaforscher ist Mitglied des Weltklimarates und Mitautor des nächsten Sachstandberichts über den globalen Forschungsstand zu den Auswirkungen der Erwärmung.

t-online.de: Durch die Corona-Krise stehen große Teile der weltweiten Produktion still, auch die Flug- und Schiffsbewegungen sind stark zurückgegangen. Die CO2-Emissionen sind so gering wie lange nicht. Kann der Planet jetzt endlich durchatmen?

Manfred Fischedick: Nein, kann er nicht. Am Ende des Tages sind es ja die über viele Jahre angehäuften Emissionen, die den Treibhauseffekt ausmachen. Es wird zwar weniger CO2 ausgestoßen als im vergangenen Jahr. Aber ausgestoßen wird ja dennoch. Dadurch erhöht sich die Konzentration der Treibhausgase in der Atmosphäre. Das Treibhaus wird also weiter angeheizt. Deswegen ist es unbedingt notwendig, dass wir schnell in Richtung Treibhausgasneutralität kommen. Da haben wir jetzt zwar einen Schritt in die richtige Richtung gemacht – wenn auch unfreiwillig – aber wir sind längst noch nicht bei dem Ziel, das wir erreichen müssen.

Dieses Ziel mussten wir auch schon vor der Corona-Pandemie erreichen. Was hat sich durch die Krise verändert?

Die Emissionen sind vor allem im Wirtschaftsbereich runtergegangen. Mit der Belebung der Wirtschaft werden wie unter anderem in Deutschland sehen, dass wir bei den Emissionen relativ schnell wieder auf das alte Niveau zurückkommen. Wir müssen jetzt alles dafür tun, dass wir aus der Corona-Krise lernen und nicht einfach wieder zum "Business as Usual" zurückgehen. (Ein Interview von Tim Blumenstein, t-online.de, 09.08.2020)

Erleben wir eine dauerhafte Mutation?

In einem Interview, das am 5. August 2020 im Magazin Paris-Match veröffentlicht wurde, beantwortete der ehemalige Staatspräsident Nicolas Sarkozy eine Frage, die auf die Gesundheitskrise anspielte: "Sollen wir verstehen, dass Sie die Unterscheidung zwischen der 'Vorher-Welt' und der 'Nachher-Welt' nicht bejahen? ». Gemeint war, ob die Covid-Krise das Leben und Verhalten der Menschen verändern würde. Der ehemalige Präsident antwortete schnurstracks:

"Natürlich nicht! Ich bejahe nicht diesen Unterschied zwischen dem Vorher und dem Danach! Was könnte künstlicher sein als diese Art von Debatte? Nichts wird so schnell altmodisch wie die Mode. Das Leben ist immer stärker als selbst die schrecklichsten Umstände. Eine Gesundheitskrise würde uns in eine andere Welt drängen? Man sollte den Schriftsteller Jean Giono lesen, der in seinem Roman "Der Husar auf dem Dach" das im 19. Jahrhundert von der Cholera heimgesuchte Frankreich beschreibt. Und die die spanische Grippe, nach dem Ersten Weltkrieg, sowie die Grippe von 1968, hat man sie nicht vergessen ? Sie haben Frankreich getroffen, aber sie haben es nicht verwandelt“.

Vielleicht hat sich der ehemalige Präsident der Republik doch geirrt. Die breiten Alleen, die die Gassen in unseren Städten ersetzten, waren Teil der Antwort auf die Gesundheitsunsicherheit nach der Choleraepidemie im 19. Jahrhundert, ebenso wie die Rohre und Abwasserkanäle und die Desinfektion und die Sterilisation, die heute allgegenwärtig sind, auch in der Lebensmittelindustrie. Darüber hinaus berücksichtigen seine Bemerkungen nicht die digitale zwischenmenschliche Verbindung, die zur Zeit der Cholera nicht existierte.

Die Seuchen des Mittelalters haben den Fortschritt gebremst, weil das Massensterben zu einer Zeit, als Handarbeit alles beherrschte, Stagnation oder Rückschritt verursachte. Veile Männer mussten dann zeitgleich mehrere Berufe ausüben. In manchen Regionen konnten sich in der Kirchenarchitektur die gothische Bauweise nicht durchsetzen und man blieb beim romanischen Bogen. In der Mitte des 19. Jahrhunderts war es nicht viel anders. Aber inzwischen hat sich im Handel und in der Industrie die Automation durchgesetzt und vor allem sind wir seit zwanzig Jahren in der digitalen Ära.

Zweifellos hat die Covid-19-Epidemie der elektronischen Kommunikation Auftrieb gegeben. Diese hat das soziale Beziehungsnetz aufrechterhalten, zumindest bei denen, die sie nutzen, insbesondere dank der Heimarbeit am Computer, die viele Tabus gebrochen hat, insbesondere die kommerzielle und industrielle Aktivität vor Ort. „Distanzierung" hat sich oft als produktiver erwiesen als "Präsenz“. Die digitale Kommunikation hat einen Aufschwung erfahren und es stellte sich heraus, das Anwesenheit im Büro manchmal in der Werkstatt die Produktivität nicht unbedingt fördert. Manche Firmen haben ihre Büro und Produktionsflächen verkleinernund mait viel Geld sparen können.

Hinzukam, dass wir uns aus Angst vor der Ansteckung daran gewöhnt haben, nicht mehr mit Bargeld, also ohne Geldstücke und -scheine, zu bezahlen. Für ein Brot oder ein Liter Milch haben wir mit dem Kreditcard, also mit digitalem Geld, bezahlt. Man kann wetten, dass diese Systematisierung des unsichtbaren Geldes zur Gewohnheit werden wird. Ist das kein Zivlisationswandel?

Im Alltag hat sich die Kluft zwischen den Menschen vergrößert. Wir haben gelernt, einander aus dem Weg zu gehen. Abgesehen von den stark kritisierten Verweigerern der Sicherheitsmaßnahmen praktizieren wir die zivile Distanz. Diese Angewohnheit wird nicht so schnell verschwinden. Das Reiseaufkommen ist zurückgegangen, die Branche der touristischen Luftfahrt hat eine vorübergehende Wachstumsverlangsamung erfahren und neue Prioritäten sind entstanden. Wer weiß, ob sich die Mentalitäten nicht geändert haben? Das wir uns die Zukunft zeigen. Einige haben gelernt, sich in die Zukunft zu projzieren, statt fûr die nächste Woche, den nächsten Monat die vier oder fünf nächsten Jahre zu planen. Ein Problem für die Politik, die nur bis zur nächsten Wahl denkt.

Die Angst vor der Seuche war keine "Modeerscheinung". Es war etwas Tieferes und Ernsteres. Wir haben in dieser Krise gelernt, dass die Menschheit sehr schnell verschwinden kann, nachdem ihre Wirtschaft zusammengebrochen und die Zivilisation vor barbarischen Brauchen und Sitten gewichen ist. Vielleicht wird das unsere Empfindlichkeit für das erste Problme unserer Zeit, den drohenden Klimawechsel , aber auch für das zweitgrösste Problem des Jahrhunderts, die Überbewölkerung  der Erde und die drohende Massenmigration schärfen. Diese Probleme sind in den Hintergrund hinter dem Covid-19 verdrängt worden ist und jetzt kommen sie wie ein Tornado auf uns zu. Der französische Präsident Emmanuel Macron will aus guten Gründen den Umweltschutz am Anfang der französischen Verfassung aufschreiben lassen und dafür eine Volksabstimmung durchführen. (JPP - 10. Dezember 2020)


Neue Vorratsdatenspeicherung und Verschlüsselungsverbot in der EU

Durch zwei „Leaks“ von bisher geheimen Dok EU: umenten des Europäischen Rates stehen die Möglichkeit einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ sowie der Entschlüsselung von Kommunikation für Sicherheitsbehörden als mögliche Rechtsetzungsprojekte im Raum. Der nachfolgende Beitrag behandelt die Vorratsdatenspeicherung und die geplanten Projekte einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ und des Zugriffs von Sicherheitsbehörden auf verschlüsselte Kommunikation.

Was ist Vorratsdatenspeicherung?

Die Idee der Vorratsdatenspeicherung ist die generelle Speicherung von diversen Verkehrs- Standort und Telekommunikationsdaten durch den Anbieter öffentlich zugänglicher elektronischer Kommunikationsdienste (zumeist Telefon und Internet Provider). Diese Daten mussten nach der RL 2006/24/EG 6 Monate auf Vorrat gespeichert werden.[1] . Der Begriff der auf Vorrat zu speichernden Daten ist ein sehr ungenauer. Um herauszufinden welche Daten gespeichert werden, hat der Politiker Malte Spitz seine (Vorrats-)Daten aus dem Zeitraum August 2009 bis Februar 2010, die er erst nach erfolgreicher Klagsführung ausgehändigt bekam, veröffentlicht. Darunter fanden sich Daten über eingehende und Ausgehende Anrufe und Nachrichten, ein komplettes Bewegungsprofil aufgrund der Verbindungsdaten oder auch die Dauer der Internetverbindung. Es war möglich daraus den Arbeitsweg, Restaurantaufenthalte oder auch Geschäftsmeetings und Telefonate akkurat abzulesen.[2] Ziel der Vorratsdatenspeicherung war die Harmonisierung der Vorratsdatenspeicherung in den Mitgliedsstaaten, um sicherzustellen, dass die Daten zum Zweck der Ermittlung, Feststellung und Verfolgung von schweren Straftaten zur Verfügung stehen.[3] Die Idee war somit ein europäisches Instrument für die Aufklärung schwerer Straftaten zu schaffen. Hintergrund der Initiative waren die schweren Terroranschläge in Madrid 2004.

Umsetzung in Österreich:

Die Richtlinie wurde nach einigen Kontroversen im Mai 2011 durch die Implementierung der entsprechenden gesetzlichen Bestimmungen in das Telekommunikationsgesetzz 2003 (TKG 2003) umgesetzt.
Zentrale Norm dabei war der § 102a TKG 2003[4], der Anbietern von Internet-Zugangsdiensten (Host-Provider), öffentliche Telefondienste und E-Mail Dienste zur Speicherung einer Vielzahl von Daten verpflichtete. Darunter unter anderem:
 
  • Name, Anschrift und Teilnehmerkennung des Teilnehmers
  • IP-Adressen
  • ISMSI, ISMEI und Standortkennungen (Cell-ID)
  • Datum, Uhrzeit, Kommunikationsbeginn und Zeitzone
  • uvm
 Aufhebung der Vorratsdatenspeicherung

Der EuGH hat mit seinem Urteil vom 8.4.2014[5] die Richtlinie zur Vorratsdatenspeicherung wegen dem Verstoß gegen Art 7 der europäischen Grundrechtecharta (GRC) aufgehoben. Die nach der RL 2006/24/EG vorgeschriebene Vorratsdatenspeicherung stellte einen besonders schwerwiegenden Eingriff in die in Art 7 GRC verankerten Rechte dar.[6] Dieses Grundrecht verlangt, dass sich die Ausnahmen auf das absolut notwendige beschränken müssen.[7] Die Verhältnismäßigkeit des Eingriffs war nicht erfüllt und somit rechtswidrig. Nicht nur die Speicherfrist , der wirksame Schutz vor Missbrauch und die Speicherfrist selbst wurden bemängelt, sondern auch die Tatsache, dass nicht gewährleistet war, dass die Vorratsdaten im Unionsgebiet gespeichert wurden.[8]

In Österreich wurden die entsprechenden Bestimmungen des TKG 2003, des Sicherheitspolizeigesetzes und der Strafprozessordnung mit dem Urteil vom 27.6.2014[9] vom VfGH aufgehoben. Die wegen Verfassungswidrigkeit aufgehobenen Regelungen traten mit 1.7.2014 außer Kraft.

Geleakte Statements des Rates

Am 12.11.2020 veröffentlichte die NGO „statewatch“ ein internes Dokument des Rates vom 9.11.2020.[10] Gegenstand dieser Schlussfolgerung des Rates sind die inneren Sicherheit und die Europäischen Polizeipartnerschaft. Explizit genannt und verurteilt werden die Anschläge in Österreich (Wien), Deutschland und Frankreich.
Unter dem mit „Die Zukunft gestalten und mit dem technologischen Fortschritt Schritt halten“ überschriebenen Kapitel, werden die Absichten des Rates konkretisiert. Es wird der Wert von künstlicher Intelligenz zur Gewährleistung der Sicherheit sowie zur Verhütung, Ermittlung und Verfolgung von Verbrechen in der gesamten EU betont. Die Erkennung von Mustern, die Identifikation von Opfern und Tätern sowie die Identifikation der Orte an denen Straftaten passieren, seien zur Senkung der Kosten und zur Senkung der psychologischen Belastung bei sexuellen Verbrechen und Hassverbrechen potentiell verringerbar. Betont wird auch die Notwendigkeit, dass der Einsatz solcher Systeme mit dem Datenschutz und den Grundrechten in Einklang gebracht werden müssen. Ein Ergebnis soll – möglicherweise unter Berücksichtigung des Verbots von Profiling im Datenschutzrecht – immer der menschlichen Entscheidung unterworfen werden.

Interessantes führt der Rat vor allem zur Verschlüsselung aus: 

Verschlüsselung sei ein Vertrauensanker der Digitalisierung, der gefördert werden soll. Der rechtmäßige Zugang für Strafverfolgungs- und Justizzwecke müsse aber erhalten bleiben. Es müsse bei sorgfältiger Abwägung der Interessen nach technischen Lösungen für den rechtmäßigen Zugang zu verschlüsselten Daten gesucht werden. Das bedeutet wohl nichts anderes als die Schaffung von technischen Möglichkeit zur Entschlüsselung von verschlüsselter Kommunikation für Strafverfolgungsbehörden.

Besonders hellhörig lässt vor allem folgende Passage werden:
„RECALLS the need for a balanced framework for targeted data retention, which effectively allows access to the information needed to combat serious crime, as well as the swift adoption of legislation on access to cross-border electronic evidence.“
Der Vergleich zur grundrechtswidrigen RL 2006/24/EG, drängt sich auf sich schon alleine aufgrund der Terminologie auf:
„ DIRECTIVE 2006/24/EC OF THE EUROPEAN PARLIAMENT AND OF THE COUNCIL of 15 March 2006 on the retention of data generated or processed in connection with the provision of publicly available electronic communications services or of public communications networks“
Es geht also um eine nicht näher definierte „gezielte Vorratsdatenspeicherung“ von Daten für Zwecke von Justiz und Strafverfolgung.

Zweites geleaktes Statement des Rates: Möglichkeit zur Entschlüsselung von Ende-zu-Ende verschlüsselter Kommunikation

Auch aufgrund eines weiteren Dokuments des Rates, dass dem ORF vorliegt[11] hinterlässt diese Formulierung den Eindruck die Grund- und Freiheitsrechte in der EU einschränken zu wollen. Im geleakten Dokument des Rates vom 6.11.2020 wird formuliert, dass es für Sicherheitsbehörden und die Strafjustiz die Möglichkeit geben muss auf relevante Daten auch in der digitalen Welt zuzugreifen.

„Protecting the privacy and security of communications through encryption and at the same time upholding the possibility for competent authorities in the area of security and criminal justiceto lawfully access relevant data for legitimate, clearly defined purposes infighting seriousand/or organizedcrimesand terrorism, including in the digital world, are extremely important. Any actions taken have to balance these interests carefully.“

Fazit und Ausblick

Die Absicht des Rates aufgrund der jüngsten Terroranschläge sowohl die Ende-zu-Ende-Verschlüsselung durch Zugriffsmöglichkeiten für Strafverfolgungsbehörden als auch die Absicht zur Einführung eines so unbestimmten Werkzeugs wie einer „gezielten Vorratsdatenspeicherung“ hinterlässt wohl nicht nur bei Datenschützern ein ungutes Gefühl. Die vom EuGH bei der Aufhebung der Vorratsdatenspeicherung erwähnte Verhältnismäßigkeit wird bei der voraussichtlich neu entstehenden Rechtsvorschrift besonders zu berücksichtigen sein. Es handelt sich hierbei um einen – bisher nur geplanten – höchst sensiblen Eingriff in die Grund- und Freiheitsrechte jedes Unionsbürgers. In Ansätzen erinnern diese Gesetzgebungsabsichten des Rates an Länder wie China in denen das Regime die totale Überwachung der Staatsbürger anstrebt. Ein nicht gerade wünschenswerter Zustand. Vor allem da die inzwischen wieder abgeschaffte Vorratsdatenspeicherung nicht zur Aufklärung von mehr Straftaten (in Deutschland wurde eine 0,006% höhere Aufklärungsquote erreicht)[12], sondern nur zur Einschränkung der Grundrechte beigetragen hat.

Dennoch gilt: „Nichts wird so heiß gegessen wie es gekocht wird“

Selbst bei einer Rechtsetzung in dieser Diktion ist die Europäische Union auf die Zusammenarbeit mit den zumeist US-amerikanischen Diensteanbietern angewiesen. Diese haben sich auch in den USA nicht unbedingt kooperativ verhalten und betonen, dass sie die Privatsphäre der Kunden über staatliche Interessen stellen. Auch die Einführung einer neuerlichen Vorratsdatenspeicherung ohne umfassende Maßnahmen, um die Grund- und Freiheitsrechte der Unionsbürger zu wahren, würde spätestens am EuGH scheitern. Bedenkt man das Engagement der Zivilgesellschaft vor der Einführung der ersten Vorratsdatenspeicherung, könnte nicht nur die rechtliche Ausgestaltung, sondern auch der politische Wille – zumindest in Mitgliedsstaaten in denen bald gewählt wird – enden wollend sein. (Dominik Possert. 22.11.2020)

[1] Kolb, Die Begriffe in der RL 2006/24/EG (Vorratsdatenspeicherungsrichtlinie), Jahrbuch Datenschutzrecht 2010, 237
[2] https://www.zeit.de/digital/datenschutz/2011-02/vorratsdaten-malte-spitz
[3] Vgl Art 1 (1) RL 2006/24/EG.
[4] https://www.ris.bka.gv.at/eli/bgbl/i/2003/70/P102a/NOR40128485
[5] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12 (Digital Rights Ireland Ltd gg Minister for Communications, Marine and Natural Resources, Minister for Justice, Equality and Law Reform, Commissioner of the Garda Síochána, Irland, The Attorney General; Kärntner Landesregierung).
[6] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 39.
[7] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 52.
[8] EuGH 08.04.2014, C-293/12 und C-594/12, Rz 66ff.
[9] VfGH 27.06.2014, G47/2012 ua.
[10] https://www.statewatch.org/media/1464/eu-council-draft-conclusions-internal-security-policing-11518-20-rev1.pdf
[11] https://files.orf.at/vietnam2/files/fm4/202045/783284_fh_st12143-re01en20_783284.pdf
[12] < https://www.heise.de/newsticker/meldung/Vorratsdatenspeicherung-fuer-eine-0-006-Prozentpunkte-hoehere-Aufklaerungsquote-151466.html >.

Grandes Puissances


Voici les premiers articles d'une rubrique que nous ouvrons ici et qui sera consacrée aux trois grandes puissances de notre temps : les deux principales, les États-Unis et la Chine, qui commencent à s'affronter avec les risques de guerre qui en découleront, et la troisième, la Russie, peut-être plus importante pour nous parce qu'elle et géographiquement proche.
Par ailleurs, l'Islam, sous ses diverses formes avance ses pions sur notre continent.
La Chine de Xi Jinping nous guette et achète des entreprises, des infrastructures et des hommes politiques en Europe occidentale.Son but et de dominer la planète d'ici 2050.
 Vladimir Poutine tisonne les glaces d’une nouvelle Guerre froide et vise à étendre son emprise sur des territoires voisins de chez lui et à influencer les Occidentaux.
Aux confins de l'Union Européenne, le Turc Erdogan nous fait chanter, se joue de nous et voudrait nous convertir à l'islam sunnite. Il a fait bâtir à Strasbourg, non loin du Conseil de l'Europe une énorme ambassade qui pourrait abriter une filiale  gouvernementale d'Ankara.
Le nouveau président américain Joe Biden semble avoir compris qu'une Europe forte lui est plus utile qu'une Europe faible et divisée. C'est une chance à saisir pour les Européens. Mais Biden et-il mhysiqueent la hauteur de sa tâche?
 Il faut connaître ces pays pour nous affirmer en tant que République européenne des Droits de l'homme et de la Raison. C'est pourquoi nous avons ouvert cette rubrique. (Rédaction "C l'Europe", juillet 2021).

RUSSIE : C'est certain qu'après des siècles d'isolement par rapport à l'Europe occidentale, renforcé par sept décennie de régime communiste soviétique, la Russe a évolué dans un autre sens que le nôtre. Peut-être même les différences profondes qu'indique ci-dessous notre amie Anna Gichkina sont-elles plus anciennes encore. Ceci dit, la Russie n'est quand même pas aussi étrangère à l'Europe qu'on pourrait l'imaginer.. Elle parle une langue européenne et elle a hérité de la religion orthodoxe, partie orientale du christianisme après le schisme. De plus, nous avons connu dans l'après-guerre une philosophie assez proche de celle, russe, décrite ci-dessous par Anna Gichkina: l'existentialisme de Jean-Paul Sartre. Celui-ci a écrit "L'être et le néant", mais il est vrai que l'être était pour Sartre, sauf erreur,  plutôt "l'action" de l'homme et son "être là" qu'une intuition intérieure à la différence des philosophes russes

Sum ergo cogito ou la vision du monde à la russe

Ce petit texte représente encore une tentative de faire connaître ici en Occident la vision russe du monde.

Généralement, au premier coup d’œil, la Russie semble avoir beaucoup de points communs avec le monde occidental mais dès que l’analyse est faite au niveau des noyaux civilisationnels de ces deux cultures nous voyons qu’il s’agit de deux mondes différents. Ce postulat peut être démontré sur un exemple assez représentatif : l’attitude de ces deux mondes envers l’Être et sa perception (l’Être dans le sens « ce qui est », « Réalité », « Existence »). En m’appuyant sur les idées clés des plus grands philosophes russes de tous les temps (Soloviev, Frank, Leontiev, Kireevski, Dostïevski, Florenski), j’essayerai de vous exposer le panorama général du phénomène qui, faisant référence à Descartes, pourrait être reformulé comme « sum ergo cogito ».

Selon cette façon de voir les choses, inhabituelle pour l’esprit occidental, il est impossible de penser l’Être en passant par les voies extérieures à l’homme, car toute voie extérieure ne permet de percevoir l’Être que dans son apparence. Ainsi, il est nécessaire d’envisager la présence du témoignage intérieur, intra-humain, de l’Être sans lequel ce dernier ne peut jamais être perçu. Ce témoignage intérieur apparaît donc comme l’évidence et porte le nom de « la foi », mais non pas dans le sens de la foi aveugle et de l’acceptation de la Réalité sans argumentations mais de la foi comme évidence primaire, comme pénétration mystique dans l’Être. Cette thèse devient beaucoup plus claire quand on compare l’homme occidental à l’homme russe.

Depuis Descartes, Locke et Kant l’évidence pour l’homme occidental réside non pas dans l’Être mais dans la raison/conscience/connaissance. Pour un individu élevé dans les traditions et la mentalité occidentales, cet état des choses semble tout à fait cohérent et raisonnable et la thèse exposée plus haut, au contraire, lui paraît absolument impossible. Rappelons-nous ici les mots de Kant : « A part notre connaissance nous n’avons rien à quoi on pourrait comparer cette connaissance ». Ou encore cette réplique de Spinoza : « Ni rire, ni pleurer, ni haïr mais comprendre ». L’homme occidental se sent et se perçoit comme une conscience individuelle pensante, et tout ce qu’il connaît du monde est perçu grâce à cette conscience individuelle qui sait penser et réfléchir. Il ne se sent pas présent ni enraciné dans l’Être comme si sa vie existait en dehors de l’Être. Il se trouve face à l’Être et ne peut l’atteindre que via la voie de la connaissance et de la compréhension. Nous sommes ici donc dans le « cogito ergo sum ».

La vision du monde russe est complètement différente. Pour l’âme et l’esprit russes la voie qui mène de « cogito » vers « sum » est vue comme absolument artificielle. La voie véritable mène au contraire de « sum » vers « cogito ». Ce qui est d’une évidence primaire ne doit pas être pensé et compris à travers un élément autre que lui-même. Seulement ce qui se fonde sur soi-même et manifeste soi-même via soi-même est l’Être. L’esprit russe considère l’Être comme quelque chose qui ne peut être révélé par la raison/conscience/connaissance et ce n’est pas non plus l’objet de la réflexion de cette dernière parce que notre raison/conscience n’est qu’une des manifestations de l’Etre. Il n’y a donc pas de nécessité de réaliser un acte de connaissance pour percevoir l’Être, au contraire, il faut d’abord être et c’est parce que nous sommes que nous pouvons réaliser les actes de connaissance. Le lien réel entre « moi » chez l’homme et l’Être - c’est notre vie. La compréhension/acte de connaissance est, en revanche, uniquement un lien métaphysique entre le Moi et l’Être.

Pour l’esprit russe, c’est plutôt le postulat « primum vivere deinde philosophare » qui est plus approprié. Donc sum ergo cogito. (Anna Gichkina - 10 juillet 2021)

ETATS-UNIS : Un espoir du parti démocrate

Les électeurs de Californie ont approuvé par référendum, le 14 septembre, le maintien au pouvoir de leur gouverneur démocrate, Gavin Newsom, fragilisé par la crise du Covid-19 et par les terribles incendies qui ravagent cet État de l’Union. La révocation de Newsom a été rejetée par environ les deux tiers des voix. Il va rester gouverneur et terminer son mandat à la tête de ce grand État de l’Ouest américain.
De nombreux citoyens avaient été choqués par cette tentative de révocation (en anglais un « recall »). Mais cette procédure est usuelle dans le système parlementaire britannique où le Premier ministre peut subir une révocation à tout moment. Pourquoi ne pas l’appliquer aux États-Unis ? Si Newsom avait perdu ce vote ou si sa majorité avait été très mince, cela aurait signifié la fin de sa carrière et de ses espoirs présidentiels alors qu’il est considéré comme un «up-and-coming young man » du parti démocrate, comme on dit ici. Mais tout s’est passé comme ses partisans l’escomptaient.
Il a donc aisément survécu à la tentative des républicains de le démettre de son mandat – à quatorze mois de la prochaine élection – pour un coût de 276 millions de dollars et les motifs les plus divers : son opposition à la peine de mort, son soutien aux migrants sans papiers, le montant des impôts, le nombre de sans-abri, dans son Etat et sa gestion stricte de l’épidémie (fermeture des écoles et vaccination obligatoire pour les enseignants). Sans oublier son dîner avec des lobbyistes dans un restaurant trois étoiles de la Napa Valley, en novembre 2020, sans masques ni distanciation, un événement devenu central dans le « recall » : le symbole de « l’élitisme » des démocrates.
Cela n’aurait pas fait autant de bruit si le démocrate Newsom n’était pas un candidat potentiel à la succession de Biden. Et les Républicains ne s’y sont pas trompés. D’emblée, Donald Trump avait poussé son homme-lige californien Larry Elder à contester l’élection de Newsom à la tête de la Californie. Elder menaçait même d’aller devant les tribunaux. Mais il n’avait pas la moindre preuve de ses allégations. Joe Biden en personne a soutenu Newsom. Tous avaient sorti le grand jeu, car l’affaire était chaude.
Trump reste très controversé avec en gros la moitié des Américains contre lui et la moitié pour lui et il est évident que Nwsom pourrait le combattre, lui ou un de ses lieutenants, avec de bonnes chances de succès. En Californie, les deux tiers des votants sont contre Trump.
MAIS Gavin Newsom a des relations haut placées et vient d’une famille riche.
D'origine irlandaise par un de ses arrière-grands-parents, il est né en 1967, fils de William Alfred Newsom III (1934-2018), juge et administrateur du conglomérat de la famille Getty, et de Tessa Menzies (1946-2002). Il a fait des études littéraires et de science politique avec diplômes universitaires. Après avoir commencé par vendre des orthèses pédiatriques, puis après une succession de plusieurs petits emplois, il avait connu le succès économique avec la fondation en 1991 du groupe PlumpJack, grâce à l'aide financière d'un ami de sa famille, Gordon Getty, l'une des plus grosses fortunes américaines. Cette affaire s’était vite développée. Il la vendit en 2004 pour devenir maire de San Francisco avec un programme de lutte contre la pauvreté.
Il fit parler de lui en février 2004 en ordonnant à l’état civil de modifier les certificats de mariage pour accepter les mariages entre personnes du même sexe, contestant ainsi une proposition de loi no 22 votée par les Californiens en 2000. La Cour suprême de Californie lui donna raison le 17 mai 2008. Son commentaire : « C'est un grand jour pour San Francisco ». Il fit également de sa ville « la capitale du recyclage, le havre des immeubles verts, [...] et le fer de lance du développement de l'énergie solaire ». Après un premier essai et ayant dû céder la candidature au poste de gouverneur de Californie à Jerry Brown, il devint le proche conseiller de celui-ci et lui succéda le 6 novembre 2018, élu gouverneur avec 59,3 % face au Républician John Cox.
Après la mort de George Floyd il avait imposé à 23 universités publiques de son État fédéral de suivre un cours d’ethnic studies (études ethniques) pour obtenir leur diplôme. La direction de Cal State – nom de ce réseau d’universités – était opposée à cette mesure, estimant qu’il s'agissait d’une ingérence. Il est mis à dos également les antivax en ordonnant la vaccination dans les écoles. Le 21 février 2020, une pétition demandant l'organisation d'un référendum révocatoire contre lui fut lancée par Orrin Heatlie, sheriff adjoint dans le comté de Yolo.
Le texte lui reprochait d'être favorable à l’immigration illégale alors que la Californie compte un grand nombre de personne sans-abri, que le niveau d'imposition est élevé, que la qualité de vie est en baisse, ainsi que d'autres griefs. Nous l’avons vu, il a gagné.
Ses parents s’étaient séparés en 1969 et avaient divorcé en 1972. Après maintes aventures féminines qui avaient fait quelque bruit, il a épousé l’actrice et réalisatrice Jennifer Siebel lors de la San Francisco Pride du 29 juin 2008. Ils ont quatre enfants. Il avait divorcé de Kumberly Guilfoyle ancienne mannequin et procureur adjointe de San Francisco, alors experte judiciaire. L’ironie du  destin avait voulu qu’elle fût très proche de Donald Trump. Ils étaient évidemment incompatibles. (John Lee. 30/09.2021)

Großmächte


Dies sind die ersten Artikel einer Rubrik, die wir hier eröffnen und die den drei Großmächten unserer Zeit gewidmet sein wird: den beiden Hauptmächten, den Vereinigten Staaten und China, die beginnen, sich gegenseitig zu konfrontieren, mit dem Risiko eines Krieges, den dies mit sich bringen könnte und der dritten, Russland, die für uns vielleicht wichtiger ist, weil sie geografisch in unserer Nähe liegt.
Xi Jinpings China lauert und kauft Unternehmen, Infrastruktur und Politiker in Westeuropa auf mit dem Ziel, den Planeten bis 2050 zu dominieren.
Wladimir Putin führt einen neuen kalten Krieg und will seinen Griff auf die Nachbargebiete ausweiten und den Westen beeinflussen.
Am Rande der Europäischen Union erpresst uns der türkische Erdogan, spielt mit uns und will uns zum sunnitischen Islam bekehren. Er hat eine riesige Botschaft in Straßburg gebaut, nicht weit vom Europarat entfernt, die eine Regierungsniederlassung von Ankara beherbergen könnte. Darüber hinaus treibt der Islam in seinen verschiedenen Formen seine Spielfiguren auf unserem Kontinent voran.
Der neue amerikanische Präsident Joe Biden scheint verstanden zu haben, dass ein starkes Europa für ihn nützlicher als ein schwaches und geteiltes Europa ist. Das ist eine Chance für die Europäer.
Wir müssen diese Mächte kennen lernen, um uns als europäische Republik der Menschenrechte und der Vernunft zu behaupten. ("C l'Europe", Juli 2021).


RUSSLAND: Es ist sicher, dass sich Russland nach Jahrhunderten der Isolation von Westeuropa, verstärkt durch sieben Jahrzehnte sowjetischer kommunistischer Herrschaft, in eine andere Richtung entwickelt hat als wir. Vielleicht sind die tiefgreifenden Unterschiede, auf die unsere Freundin Anna Gichkina unten hinweist, noch älter. Dabei ist Russland Europa gar nicht so fremd, wie man vielleicht denkt. Es spricht eine europäische Sprache und hat die orthodoxe Religion geerbt, den östlichen Teil des Christentums nach dem Schisma. Außerdem haben wir in der Nachkriegszeit eine Philosophie kennengelernt, die der russischen, die Anna Gichkina im Folgenden beschreibt, recht ähnlich war, den Existentialismus von Jean-Paul Sartre. Letzterer schrieb "Das Sein und das Nichts", aber es ist wahr, dass für Sartre, wenn wir nicht irren, das Sein eher die "Aktion" des Menschen und sein "Da-Sein" war als eine innere Intuition, -im Gegensatz zu den russischen Philosophen

Sum ergo cogito oder die Russische Weltanschauung

Dieser kleine Text ist ein weiterer Versuch, die russische Weltsicht im Westen bekannt zu machen.

Im Allgemeinen scheint Russland auf den ersten Blick viele Gemeinsamkeiten mit der westlichen Welt zu haben, aber sobald man die Analyse auf der Ebene der zivilisatorischen Kerne dieser beiden Kulturen vornimmt, sieht man, dass es sich um zwei verschiedene Welten handelt. Dieses Postulat lässt sich an einem eher repräsentativen Beispiel demonstrieren: der Einstellung dieser beiden Welten zum Sein und seiner Wahrnehmung (Sein im Sinne von "was ist", "Wirklichkeit", "Existenz"). Ausgehend von den Schlüsselideen der größten russischen Philosophen aller Zeiten (Solowjew, Frank, Leontjew, Kirejewski, Dostjewski, Florenski) werde ich versuchen, Ihnen einen allgemeinen Überblick über das Phänomen zu geben, das in Anlehnung an Descartes als "sum ergo cogito" umformuliert werden könnte.

Nach dieser für den westlichen Verstand ungewohnten Betrachtungsweise ist es unmöglich, über das Sein durch die Kanäle außerhalb des Menschen nachzudenken, denn jeder äußere Kanal erlaubt es nur, das Sein in seiner Erscheinung wahrzunehmen. Es ist also notwendig, das Vorhandensein des inneren, innermenschlichen Zeugnisses des Seins zu berücksichtigen, ohne das letzteres niemals wahrgenommen werden kann. Dieses innere Zeugnis erscheint also als Beweis und wird "Glaube" genannt, aber nicht im Sinne von blindem Glauben und Annahme der Wirklichkeit ohne Argument, sondern von Glaube als primäre Evidenz, als mystisches Eindringen in das Sein. Diese These wird viel deutlicher, wenn wir den westlichen Menschen mit dem russischen Menschen vergleichen.

Seit Descartes, Locke und Kant liegt der Beweis für den westlichen Menschen nicht im Sein, sondern in der Vernunft/Bewusstsein/Wissen. Für ein Individuum, das in westlichen Traditionen und westlicher Mentalität aufgewachsen ist, erscheint dieser Sachverhalt durchaus schlüssig und vernünftig, die obige These hingegen absolut unmöglich. Erinnern wir uns an dieser Stelle an die Worte Kants: "Außer unserem Wissen haben wir nichts, womit dieses Wissen verglichen werden kann". Oder Spinozas Satz: "Weder lachen, noch weinen, noch hassen, sondern verstehen". Der westliche Mensch fühlt und nimmt sich selbst als individuelles denkendes Bewusstsein wahr, und alles, was er über die Welt weiß, nimmt er dank dieses individuellen Bewusstseins wahr, das zu denken und zu reflektieren weiß. Er fühlt sich nicht präsent oder im Sein verwurzelt, als würde sein Leben außerhalb des Seins existieren. Sie liegt vor dem Wesen und kann nur über den Weg der Erkenntnis und des Verstehens erreicht werden. Hier sind wir beim "cogito ergo sum".

Das russische Weltbild ist völlig anders. Für die russische Seele und den Verstand wird der Weg vom 'cogito' zur 'sum' als absolut künstlich angesehen. Der wahre Weg führt stattdessen von 'sum' zu 'cogito'. Das, was selbstverständlich ist, darf nicht durch etwas anderes als sich selbst gedacht und verstanden werden. Nur das, was auf sich selbst beruht und sich durch sich selbst manifestiert, ist Sein. Der russische Geist betrachtet das Sein als etwas, das weder mit Hilfe der Vernunft/des Bewusstseins/des Wissens enthüllt werden kann, noch ist es Gegenstand der Reflexion des letzteren, weil unsere Vernunft/unser Bewusstsein nur eine der Erscheinungsformen des Seins ist. Es besteht also keine Notwendigkeit, einen Akt der Erkenntnis zu vollziehen, um das Sein wahrzunehmen, im Gegenteil, wir müssen zuerst sein, und gerade weil wir sind, können wir Akte der Erkenntnis vollziehen. Die wirkliche Verbindung zwischen dem "Ich“ im Menschen und dem Sein - das ist unser Leben. Das Verstehen/der Akt des Wissens hingegen ist nur ein metaphysisches Bindeglied zwischen dem "Ich" und dem Sein.

Für den russischen Geist ist eher das Postulat "primum vivere deinde philosophare" angebracht. Also sum ergo cogito. (Anna Gichkina - 10. Juli 2021)

USA: A hope for the Democratic Party

California voters approved a referendum on September 14 to keep their Democratic governor, Gavin Newsom, who has been weakened by the Covid-19 crisis and by the terrible fires that are ravaging the state. Newsom's removal from office was rejected by about two-thirds of the vote. He will remain governor and complete his term as head of this great state in the American West.
Many citizens were shocked by the attempted recall. But this procedure is common in the British parliamentary system, where the prime minister can be removed from office at any time. Why not use it in the United States? If Newsom had lost that vote or if his majority had been very slim, it would have meant the end of his career and his presidential hopes, even though he is considered an "up-and-coming young man" in the Democratic Party, as they say here. But everything worked out as his supporters expected.
He easily survived the Republicans' attempt to remove him from office - fourteen months before the next election - for a cost of $276 million and a variety of reasons: his opposition to the death penalty, his support for undocumented migrants, the amount of taxes, the number of homeless people in his state and his strict management of the epidemic (closing schools and mandatory vaccination for teachers). Not to mention his dinner with lobbyists in a three-star restaurant in Napa Valley, in November 2020, without masks or distancing, an event that has become central in the "recall": the symbol of "elitism" of the Democrats.
It wouldn't have made so much noise if Democrat Newsom wasn't a potential candidate to succeed Biden. And the Republicans were not wrong. From the outset, Donald Trump pushed his California point man Larry Elder to challenge Newsom for the California governorship. Elder even threatened to go to court. But he had no evidence to back up his claims. Joe Biden himself endorsed Newsom. All had pulled out all the stops, because the case was hot.
Trump remains highly controversial with roughly half of Americans against him and half for him, and it is clear that Newsom could fight him or one of his lieutenants with good odds. In California, two-thirds of the voters are against Trump.
Gavin Newsom is well connected and comes from a wealthy family.
Of Irish descent through one of his great-grandparents, he was born in 1967, the son of William Alfred Newsom III (1934-2018), a judge and director of the Getty family conglomerate, and Tessa Menzies (1946-2002). He studied literature and political science with university degrees. After starting by selling pediatric orthotics, and then after a succession of small jobs, he experienced economic success with the founding in 1991 of the PlumpJack group, thanks to the financial help of a family friend, Gordon Getty, one of the largest American fortunes. This business grew quickly. He sold it in 2004 to become mayor of San Francisco with a program to fight poverty.
He made news in February 2004 when he ordered the state to change marriage certificates to accept same-sex marriages, challenging a bill passed by Californians in 2000, Bill 22. The California Supreme Court ruled in his favor on May 17, 2008. His comment: "This is a great day for San Francisco". He also made his city "the capital of recycling, the haven of green buildings, [...] and the spearhead of solar energy development. After a first try and having to give up the candidacy for governor of California to Jerry Brown, he became the close adviser of the latter and succeeded him on November 6, 2018, elected governor with 59.3% against the Republican John Cox.
After George Floyd's death he required 23 public universities in his state to take an ethnic studies course as a requirement for graduation. The leadership of Cal State - the name of this network of universities - opposed this measure, believing it to be an interference. It also alienated antivaxers by ordering vaccination in schools. On February 21, 2020, a petition calling for a recall referendum against him was launched by Orrin Heatlie, deputy sheriff in Yolo County.
The text criticized him for being in favor of illegal immigration while California has a large number of homeless people, a high level of taxation, a declining quality of life, and other grievances. As we have seen, he won.
His parents had separated in 1969 and divorced in 1972. After several high-profile affairs with women, he married actress and moviesdirector Jennifer Siebel at the San Francisco Pride on June 29, 2008. They have four children. He had divorced Kumberly Guilfoyle, a former model and deputy prosecutor of San Francisco, then a forensic scientist. Ironically, she was very close to Donald Trump. They were obviously incompatible. (John Lee. 30/09.2021)

Monde


1. Etats-Unis : Où Joe Biden souffle le chaud et le froid
2. Afghanistan : la tragédie  annoncée
3.  Les dictateurs aux portes de l’Europe (4 articles) 
4.  Erdogan s'en prend à l'Autriche
5. Le sinistre décompte des morts
6. Manifestations antisémites en Allemagne également
7. Les extrémistes du Hamas tiennent  l’opinion publique mondiale
8. Vers une nouvelle Guerre froide russo-américaine ?
9. Moscou : des méthodes politiques d’un autre temps
11. « Joe » et « Xi » engagent un bras de fer10.   Joe Biden veut-il assujettir l’Europe au leadership américain ?
12. La Défense européenne peine à décoller
13. Vers un séparatisme écossais ?

ETATS-UNIS : Où Joe Biden souffle le chaud et le froid
 
Le 45ème président des Etats-Unis avait créé la surprise en formulant une vision non idéologique de la situation du monde et de sa politique internationale. Il avait renoué avec la tradition des Harry Truman et Gérald Ford en passant par Eisenhower qui écoutaient leurs conseillers. Il s’était même démarqué de l’hostilité américaine à l’Union et de monnaie européenne qui covait depuis les années 1990. Et il s’était prononcé en faveur de l’Union de l’Europe à la différence de son prédécesseur Trump.
Après avoir admis à la télévision américaine que Vladimir Poutine était un « killer », il avait amélioré un peu sa relation avec le Kremlin lors de son voyage en Europe de la mi-juin 2021 au cours duquel il avait assisté à un G7. Il cherchait à nouveau à sauvegarder la limitation des missiles stratégiques porteurs de destruction mutuelle assurée tout en reprenant la doctrine du « containment » à la Harry Truman selon laquelle la Russie devait rester tranquille sur son territoire. Pour amadouer Poutine, il avait écarté les critiques émises par le fantasque Donald Trump contre le gazoduc russe Nordstream dans la Baltique.
Il s’agit aussi d’arracher la Russie au champ gravitationnel chinois et de contrer la cyberguerre menée par la Russie contre l’Europe occidentale et les Etats-Unis. Et l’enjeu est de taille.
Or, on peut entre-temps se poser quelques questions telles : Que vaut le « containment » à l’ère de la cyberguerre qui interpénètre tout ? Biden n’est-il pas un faux dur qui pliera après quelques joutes martiales ? Deux évènements ont considérablement gâché les relations Europe-États-Unis. D’une part, le départ brutal et précipité des Américains d’Afghanistan et de Kaboul sans consulter préalablement leurs alliés.
De l’autre, la rupture du contrat de livraison de douze sous-marins à missiles nucléaires par la France à l’Australie au profit de la livraison de submersibles nucléaires américains. Le contrat était conclu et la France avait accepté de substituer des engins nucléaires aux engins à propulsion au fioul initialement prévus. Une véritable trahison ! Tout au moins cette affaire a-t-elle montré que la solidarité européenne n’est plus une chimère. De nombreux pays européens ont exprimé au plus haut niveau leur solidarité avec la France, notamment l’Allemagne et l’Italie et la Commission européenne elle-même.
Entre-temps, la colère et la déception se sont un peu apaisées et la diplomatie a ramené le calme, car les Américains ont besoin de l’Union Européenne pour stabiliser leur sécurité en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique et que l’Europe, la France en particulier qui assume la mus lourde charge militaire dans la région, ne peut mener à bien cette mission sans l’appui de la technologie et des fournitures américaines et le soutien de l’OTAN. Chacun suit ses propres intérêts, mais ils se conjuguent encore largement des deux côtés de l’Atlantique.
Il s’agit aussi de ne pas trop égratigner l’hôte tranquille de la Maison Blanche qui permet enfin à l’Europe et au monde de respirer un peu après l’ouragan Trump. Après tout, des nouvelles élections présidentielles auront lieu aux États-Unis dans trois ans déjà. Un ami américain résidant en Californie a attiré notre attention sur un jeune du parti démocrate qui pourrait être un successeur de l’actuel président américain. Tout au moins, Gavin Newsom, le gouverneur de la Californie, car c’est lui, a-t-il des « ambitions présidentielles ». (J.-P.P., 30.09.2021)

Afghanistan : la tragédie  annoncée

Cela s'est passé comme si les démocraties n'avaient pas retenu les leçons de l'Algérie avec le désarmement des 100 000 harkis dévoués à la France, offerts en pâture aux terroristes algériens par De Gaulle, et la population française d'Algérie obligée de faire ses valises à la hâte. Comme si on n'avait pas vécu l'invasion des Viets à Saïgon et l'entrée triomphale des massacreurs Khmers rouges à Phnom Penh. Et encore, comme si on n'avait aucun souvenir de ces trahisons de l'occident, les Américains ont fait à Kaboul la preuve de leur immaturité et de leur infantilisme ainsi que de la lâcheté et de la naïveté des Occidentaux.
On s'est contenté d'évacuer les ressortissants occidentaux, surtout le personnel des ambassades, alors qu'on aurait eu tout le temps de faire sortir les Afghans dévoués à la liberté et à la démocratie en échelonnant l'abandon d'un peuple sur des mois.
Mais au lieu de cela on avait laissé s'installer un gouvernement islamique qui a vite laissé sa place à d'autres plus islamique encore. Encore un pays abandonnés aux fous de Dieu. Tamerlan, Djingis Khan réjouissez-vous dans vos tombes. Les cadavres vont s'empiler. Les femmes seront châtiées durement d'être des femmes et les garçons seront transformés en kamikazes poseurs de bombes dans sur les marchés et dans les rues de nos villes. La Américains ont quitté leur base de Baghram de nuit sans prévenir, comme des voleurs. Même pas. Comme des illusionnistes.
Comment des militaires chevronnés ont-ils pu imaginer que l'armée et la police afghane fantoche qui n'étaient courageux que tant que les dollars abondaient, résisterait à la grande vague religieuse et populaire des Talibans que leurs prédécesseurs avaient formés pour résister à l'Union soviétique ? Et ce, face à une population qui n'a pas construit ni assimilé la vie en démocratie et liberté, dans un Etat qui se disait islamique ?
Mais surtout, c'est la rapidité avec laquelle le pays est tombé entre les mains des fous de dieu qu'ils n'avaient pas prévue. Ils sont partis de nuit de leur camp de Baghram comme des voleurs, abandonnant à leur sort terrible ceux auxquels ils avaient dit des années durant : : Croyez en nous ! La France se contente une fois de plus d'extraire les ressortissants français, abandonnant aux mutilations, lapidations, incarcérations et au fouet et à la bastonnade toutes ces jeunes femmes voilées et un peuple à la misère.
Il est probable qu'aucun des généraux hautement décorés des forces armées allemandes et américaines n'avait prévu la vitesse vertigineuse à laquelle les talibans envahiraient l'Afghanistan. Il leur a fallu moins d'une semaine pour reprendre un quart du pays. Ce que les soldats occidentaux, les experts en politique étrangère et les bénévoles de l'aide au développement ont construit en 20 ans sera détruit du jour au lendemain.
Il est si facile de dire : les Talibans conquièrent l'Afghanistan. Mais ce qui se cache réellement derrière cette phrase est bien plus tragique que ce que les mots peuvent exprimer. Si vous voulez savoir ce que cela signifie vraiment, il faut regarder du côté des réseaux sociaux. Sur Twitter, par exemple, on peut voir des hommes barbus armés de kalachnikovs courir dans les rues, prendre d'assaut les bureaux du gouvernement et massacrer tous ceux qu'ils considèrent comme des ennemis ou des pécheurs. Ils se moquent éperdument des accords conclus par leurs dirigeants lors des pourparlers de paix avec les diplomates américains au Qatar, ils prennent simplement ce qu'ils veulent. Je ne veux pas entrer dans les détails ici, mais je dirai ceci : quiconque voit ces scènes doit être consterné par la naïveté (ou le manque de scrupules ?) des politiciens allemands et américains qui ont décidé d'abandonner l'Afghanistan comme ça.
Maintenant, une panique aveugle règne. Les diplomates et les humanitaires se réfugient dans les quelques avions qui décollent encore, le gouvernement allemand appelle tous les Allemands à quitter le pays le plus rapidement possible. Même le shérif en chef Horst Seehofer a maintenant compris qu'il ne peut pas renvoyer les criminels afghans d'Allemagne dans un pays qui est en train d'être pris en charge par des meurtriers et des tortionnaires. Le ministère des Affaires étrangères prévoit que les premières vagues de réfugiés se dirigeront bientôt vers l'Allemagne. La nuit dernière, les Talibans ont pris Kandahar dans le sud du pays, la deuxième plus grande ville d'Afghanistan. Le gouvernement américain part du principe que la capitale Kaboul pourrait également tomber entre leurs mains dans quelques semaines. Le Pentagone a annoncé que 3 000 soldats américains supplémentaires seraient déployés dans la ville pour renforcer la sécurité de l'aéroport. Il est difficile d'imaginer ce qui menace les enseignants des écoles de filles, les journalistes, les politiciens de l'opposition et les autres représentants de la société civile si Kaboul tombe également. Il y a quelques jours, un comédien bien connu a été égorgé par des guerriers de Dieu autoproclamés.
Et les anciens traducteurs et cuisiniers des forces armées allemandes et leurs familles tremblent encore sur le sol. Les Talibans ont juré de les éliminer rapidement eux aussi. La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, la chancelière Angela Merkel et d'autres représentants du gouvernement allemand affirment abondamment qu'ils veulent faire partir par avion tous les travailleurs humanitaires de la Bundeswehr en danger. Mais si l'on y regarde de plus près, on constate qu'ils n'ont pas fait grand-chose - et qu'ils cherchent maintenant des excuses en disant que les autorités sur le terrain ne laisseront "malheureusement sortir les Afghans du pays que s'ils ont un passeport". Oui, c'est ce que dit le ministre du pays dont les soldats lourdement armés font la loi dans plusieurs régions d'Afghanistan depuis des années. Que le gouvernement fantoche de Kaboul a alimenté à coups de milliards d'aide. C'est une blague cynique. Et cela portera atteinte à la crédibilité de la République fédérale pour les années à venir. Les appels à l'aide des personnes concernées se répandent dans le monde entier via Facebook et Twitter.
Aujourd'hui, le drapeau des talibans flotte à nouveau sur les capitales provinciales et les soldats du gouvernement se dépêchent d'enlever leurs uniformes pour ne pas être reconnus. Dans les villes capturées, les talibans ouvrent les prisons et libèrent leurs compagnons emprisonnés. Il y a vingt ans, ils recrutaient leurs combattants principalement dans les tribus pachtounes ; ils étaient un parti de la guerre civile ethnique parmi d'autres. Aujourd'hui, les guerriers sont issus de différents groupes ethniques et régions du pays, mais ils sont unis par une chose : la colère contre le gouvernement central corrompu de Kaboul qui s'est impliqué avec les étrangers. C'est précisément ce gouvernement et tous ses collaborateurs et complices qu'ils veulent maintenant balayer afin de rétablir leur "État de Dieu" avec une morale de l'âge de la pierre.
C'est peut-être ce que les missionnaires occidentaux de la démocratie ont le plus gravement négligé : Ceux qui fondent leur pouvoir sur des crapules peuvent pomper autant de dollars qu'ils veulent dans le système, ils ne créeront de cette manière jamais une société civile stable  (Rédaction avec t-online.de, 15.08.2021)

Les dictateurs aux portes de l’Europe 

Roman Protassevitch : victime expiatoire du dictateur stalinien de Biélorussie ?

Prétextant le 23 mai dernier, la présence à son bord d’une bombe, les autorités biélorusses détournent  l’avion de ligne de Ryan Air en vol entre Athènes et Vilnius et l’obligent à se poser à Minsk, leur capitale Elles ont envoyé un avion de chasse contraindre l’appareil civil à se poser sur un aéroport où l’attend un important dispositif policier avec des chiens renifleurs. Capitale de la Lituanie, Vilnius n’est qu’à 172 km de Minsk. Il ne restait qu’un quart d’heure de vol à l’appareil civil. Le chasseur a fait exécuter un détour de 200 km à l’appareil de FR49278 de la compagnie irlandaise RyanAir qui aurait pu se poser très vite à Vilnius en Lituanie sa destination finale pour désamorcer la... "bombe".
N'est-ce pas une singulière protection contre une prétendue bombe que de contraindre un appareil commercial civil en menaçant de l’abattre s’il ne change pas de direction ?
A l'arrivée à Minsk, l’opposant biélorusse Roman Protassevitch, 26 ans, journaliste, et sa compagne Sofia Sapega, 23 ans, durent descendre de l’avion et furent arrêtés. Il faut croire que les services biélorusses ou russes ont un ou des agents qui avait eu accès à Athènes à la listes des passagers. Les chiens étaient là non pour détecter une bombe mais pour impressionner. Ensuite, l’avion put repartir.
Plus tard, les autorités biélorusses firent passer Sofia Sapega en vidéo où elle a affirmé faire partie d’une chaîne de médias où elle publie des informations sur des agents du régime biélorusse. Sa mère déclare qu’elle a fait cet aveux sous la menace de tortures, ce qui n’est pas inusité sous la dictature de l’agriculteur communiste Alexandre Loukachenko, devenu dictateur biélorusse et protégé de Vladimir Poutine.
Des accusations préfabriquées par les officines de Poutine en Russie
Devant le scandale international provoqué par cet acte de piraterie aérienne, les autorités biélorusses ont sorti le couple de prison et les ont placés en résidence surveillée – dans quelles conditions ? - en assurant sur leur chaîne de désinformation « Telegram » l’avoir « jugé possible », les deux accusés ayant fait des « aveux cohérents » et s’étant engagés à « aider l’enquête et identifier leurs complices ». Que de mensonges ! Croient-ils avec ça désamorcer la campagne occidentale dans laquelle s’est engagée l’Union Européenne ? On se doute bien que ces prétendus « aveux » ont été obtenus sous la menace. et peut-être sous les coups.
Pour avoir un semblant d’accusation convaincante contre Protassevitch, un soi-disant « comité d’enquête » du dictateur prétend qu’il a combattu – contre qui ? contre des envahisseurs russes ? - dans les rangs du bataillon néonazi Azov, dans l’est de l’Ukraine. On retrouve là le schéma classique : ceux qui combattent la politique russe-biélorusse sont des nazis. Soixante-seize ans après la fin de la guerre contre Hitler, le mot « nazi » est toujours utilisé comme épouvantail, dans le plus pur style stalinien. Veulent-ils ouvrir un « procès de Nuremberg » contre Protassevitch ?
Premièrement, il n’est absolument pas certain que ce groupe paramilitaire de patriotes ukrainiens dont peut-être quelques « néonazis » ou prétendus tels soit « néonazi ». Il a été rejoint par beaucoup d’autres combattants volontaires et intégré depuis dans l’armée ukrainienne, selon Stéphane Siohan, correspondant du journal français Libération en Ukraine qui travaille sur ces milices depuis le début du conflit en 2014. Nous savons tous que la propagande soviétique poststalinienne concluait toujours très vite au néonazisme.
Deuxièmement, si Protassevitch s’est glissé dans les rangs des combattants ukrainiens comme beaucoup d’autres correspondants de guerre le font depuis toujours, avec pour seules armes une caméra et un stylo, c’était pour réaliser un reportage photographique du front. C’est sûr que les ennemis de l’Ukraine n’aiment pas être photographiés. Protassevitch aurait été blessé dans les combats, comme il l’a affirmé lui-même sur la chaîne russe
. Quel genre de blessure ? En est-on certain ? Il faut aussi tabler sur l’ambition d’un jeune professionnel des médias désireux de se mettre en valeur et qui n’avait que 19 ans à l’époque.
Voici ce qu’explique Stéphane Siohan, expert neutre : «Il était assurément sur des bases d’Azov, une amie l’a croisé. La question est de savoir s’il y est allé à 19 ans comme journaliste en devenir, ou comme militant. Passer par les bataillons était le moyen le plus simple pour accéder à la zone de combat pour les journalistes. Beaucoup se sont rendus dans les zones de combat comme ça.». Ce journaliste français précise qu’il «faut aussi garder en tête qu’il était très facile d’accéder à ces bataillons. Roman était là pendant la révolution de Maïdan. Pour peu que tu aies quelques potes de cette époque, il suffit d’un coup de téléphone ou d’un SMS pour aller à Azov».
Ils cherchent à le faire condamner à mort comme à l'époque de Staline
Mais peut-on être vraiment sûr Roman Protassevitch soit allé sur le front en Ukraine. C’est ce qu’ont répandu avec une hâte suspecte, le 26 mai, trois jours à peine après le détournement de l’avion, le journaliste pro-Kremlin Alexander Kots, sa consœur Olga Skabeeva, présentatrice pour la télévision d’État russe. Sur la chaîne « Télégramme », l’émission biélorusse pro régime Zelten Silvy, ils ont diffusé diverses photos montrant en uniforme ukrainien à Marioupol lors d’une parade du régiment Azov un jeune homme présenté comme Roman Protassevitch et qui aurait fait la photo de couverture de Black Sun, le magazine du régiment, en juillet 2015. Ceci, selon le blogueur ukrainien Anatoly Shariy qui relaie régulièrement des contenus pro-russes. En fait l’identité du jeune Protassevitch sur ces photos aurait été obtenue par un « logiciel d’identification faciale ».
On peut s’étonner que les milieux de la désinformation russe aient eu si rapidement après la capture de Roman Protassevitch tant de photos à leur disposition. Mais les officines des falsificateurs moscovites travaillent vite. Ils ont une longue pratique de la « maskirovska ». Les photos étaient-elles déjà prêtes avant la capture du journaliste ?
Le mot de la fin est que Roman Protassevitch risque la peine de mort pour avoir soutenu la révolte de 2020 contre la dictature. Le but de l’actuel gouvernement de Minsk qui procède à une répression brutale contre les militants démocrates, est d’intimider ces derniers. Évidemment l’ordre d’arrêter et d’inculper le jeune homme de crimes qu’il n’a pas commis, provient d’Alexandre Loukachenko lui-même.
Le dirigeant de Minsk peut se permettre ce menu plaisir si la communauté internationale et en particulier l’Union Européenne détourne les yeux de ses crimes d’État. Il a dit que «des enquêteurs du Donbass [comprendre des combattants pro-russes des républiques séparatistes de l’Est ukrainien]» pourraient interroger Protassevitch car «ils ont tué des gens là-bas» (qui ça ?). Il a confirmé que le journaliste encourt bien la peine de mort. (Jacob Guézat. Paris. 3/08.201)

L'Entente brutale : Poutine-Erdogan

Immédiatement, face à l’indignation quasi-planétaire et à la sidération devant cet acte sans précédent dans l’Histoire du transport aérien, le régime frère de Vladimir Poutine était intervenu en faveur de Loukachenko, en essayant comme à l’accoutumée d’éteindre le feu par minimisation du scandale, comme si de rien n’était. Mais comme l’affaire est très grave, ce n’est pas le chef propagandiste du Kremlin avec son titre de porte-parole du gouvernement russe, mais le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov en personne qui est intervenu en disant qu’il ne fallait « pas juger la situation sous le coup de l’émotion » mais que « Minsk » (autrement dit Loukachenko) « témoignait d’une intention rationnelle dans le contexte de ce cas ». Donc le Kremlin assure la propagande de Loukachenko. Autrement dit, c’est « rationnel » de dérouter un avion de ligne civil étranger avec des passagers sous la menace de tirs d’un avion de chasse
en prétextant qu’il y a une bombe dans l’avion.
Comme un malheur ne vient jamais seul, « l’entente brutale » entre Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine est en train de se renforcer. Cette formule très juste et ciblée a été lancée 25 mai dernier à la « une » du quotidien français « Le Monde ». La haine de la démocratie et de la liberté unit les deux dictateurs ainsi que le désir de conquérir de nouvelles terres. Ce n’est pas l’encerclement de la Russie par les forces américaines qui justifie le surarmement du régime de Poutine au détriment du bien-être de la population russe. Ce sont au contraire les pulsions expansionnistes du Kremlin qui contraignent les États-Unis à revenir au secours de l’Europe occidentale et à mettre la Russie sous surveillance de divisions blindées et de missiles antimissiles US comme cela avait été le cas pendant la Guerre froide. Nous, les Européens, nous en serions bien passés. (C.C. 25 Mai 2021)

Une affaire d'État à Tokyo : la sprinteuse biélorusse Krystsina Tsimanouskaya

Elle se préparait à participer aux séries du 200 m, le lundi 2 août 2021 aux JO de Tokyo trois jours après avoir été éliminée lors de celles du 100 m. Elle a vu son rêve brisé par les autorités de son pays, qui l'ont forcée à quitter la sélection olympique dimanche après des critiques émises envers sa Fédération et ses entraîneurs. C'est l'athlète elle-même qui l'a expliqué par message à l'agence de presse Reuters. Elle a publié dimanche une vidéo dans laquelle elle demandait de l'aide après avoir été accompagnée à l'aéroport par des responsables du comité olympique national biélorusse pour rentrer dans son pays. "J'ai été forcée de quitter le Japon contre mon gré", y déclare-t-elle.
Cette vidéo l’a probablement sauvée. Le Comité international olympique (CIO) et les autorités japonaises l’ont hébergée en sécurité dans un hôtel de l’aéroport avant que ses gardes l’embarquent dans l’avion. Plusieurs pays libres lui ont offert l’asile, finalement, elle a accepté un visa humanitaire pour la Pologne.
Selon le comité olympique biélorusse dirigé par Viktor Loukachenko, fils du président Alexandre Loukachenko, la sportive a dû suspendre sa participation aux JO sur "décision des médecins, en raison de son état émotionnel et psychologique". Une déclaration qualifiée aussitôt de "mensonge" par l'athlète devant la presse à l'aéroport. Visiblement, la famille Loukachenko est une usine à mensonges. Il s’agissait d’un véritable enlèvement avec sanctions judiciaires sans doute à l’arrivée à Minsk. En Biélorussie, on n’a pas droit à la critique.
Une punition "due au fait que j'ai parlé sur mon compte Instagram [vendredi 30 juillet] de la négligence de nos entraîneurs", a expliqué Tsimanouskaya à Reuters. La sportive biélorusse avait déjà ouvertement critiqué la Fédération biélorusse d'athlétisme en affirmant avoir été contrainte de participer au relais 4x400 m car deux autres athlètes n'avaient pas réalisé un nombre suffisant de contrôles antidopage, selon elle. "L'entraîneur m'a ajoutée au relais sans m'en parler. J'en ai parlé publiquement. L'entraîneur principal est venu me voir et m'a dit qu'il y avait un ordre d'en haut de me retirer (de l'équipe)", a-t-elle relaté à l'agence de presse. (J. G., 3/08/2021)

Chantage migratoire de Minsk sur Vilnius

La frontière de la Lituanie, c’est-à-dire de l’Union Européenne, avec la Biélorussie compte 678 km. Malgré les haies de barbelés, des centaines de migrants, des Irakiens surtout, mais aussi des Africains et même des Russes, la passent chaque jour. Une centaine sont interceptés quotidiennement pas les garde-frontières lituaniens, mais les autres passent. Les Irakiens sont embarqués à Bagdad via la Biélorussie par des agences biélorusses qui empochent 4 000 € par personne à l’arrivée à Minsk avant de les expédier vers la frontière avec la Lituanie, c’est-à-dire vers l’Union Européenne. Cette crise met les Lituaniens en difficultés. Ils manquent de personnels, de locaux d’hébergement, argent pour les nourrir, les soigner.
Cette opération de déstabilisation de la Lituanie et indirectement de l’Union Européenne par Alexandre Loukachenko et sa clique s’est intensifiée depuis que Vilnius a accueilli Svetlana Tikhanovskaïa, la leader de l’opposition biélorusse, et soutient les forces démocratiques biélorusses. Cet afflux de migrants n’est autre qu’une guerre hybride de Loukachenko contre l’Union Européenne. « L’unique raison de ce flux en hausse et la volonté du régime biélorusse de nous effrayer et de faire pression sur nous », a déclaré Ingrida Simonyte, Première ministre lituanienne. (D’après « Le Figaro » du 3 août 2021)

Erdogan s’en prend à l’Autriche : « Je maudis l’État autrichien »

Le dictateur turc s'est exprimé ainsi parce que le chancelier autrichien Sebastian Kurz et son ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg ont hissé un drapeau israélien sur la chancellerie fédérale et un second sur le ministère des Affaires étrangères à Vienne en signe de solidarité avec Israël. Et le dictateur turc de commenter : « « L’État autrichien cherche à mettre au compte des musulmans la facture du génocide qu’il a perpétré contre les juifs ». Les raisonnements d’Erdogan ne sont jamais très clairs. Il a été élevé dans une école religieuse musulmane et n’a pu se familiariser avec la logique.
Sans doute faisait-il allusion au massacre de millions de juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Autriche annexée par Hitler avait largement participé à l’Holocauste en effet. Que les Autrichiens et les Allemands luttent aujourd’hui contre l’antisémitisme et défendent l’existence de l’État hébreux, n’est donc que justice et nullement dirigé contre les musulmans. Il ne faut pas oublier qu’Israël ne lutte pas contre les musulmans en général mais contre l’organisation terroriste Hamas qui a pris l'en otage la population palestinienne et s'en sert comme d’un bouclier.
En 2018, Erdogan avait déclaré qu’Israël est « l’État le plus fasciste et raciste au monde » et que « l’esprit d’Hitler » renaît chez les politiciens israéliens. Cela se passe de commentaire. Erdogan serait bien incapable de définir ce qu’était « l’esprit d’Hitler ». S’il le savait, il ne l'imiterait pas. Ou peut-être si. Il le sait et il l'imite.
Notons en passant qu'en Allemagne aussi, le parti d'Angela Merkel, la CDU chrétienne-démocrate, a hissé sur son immeuble de Berlin le drapeau israélien. Il a été arraché dans la nuit, mais hissé à nouveau le lendemain. Diverses villes et villages allemands ont également hissé le drapeau de l'Etat hébreux. (Presse allemande et autrichienne. 19/05/2021)

Manifestations antisémites en Allemagne : « Bombardez Tel Aviv", "Nous n'avons pas besoin d'une solution pacifique", "Israël assassin d'enfants"

Beaucoup d’Allemands qui se souviennent encore de ce que leur pays embrigadé par Hitler a fait subir aux Juifs sous le IIIème Reich et parmi eux des jeunes qui ont appris l’histoire au lycée ou collège ont honte de ce qui s’est passé dans leur pays des derniers jours. Que des manifestations contre Israël et les juifs aient lieu en Allemagne est un comble !
Or, ce n'est ci-dessus qu'une toute petite sélection des slogans de haine et des fantasmes de violence diffusés lors des manifestations organisées dans les villes allemandes le weekend du 16/17 mai dernier. Ce qui avait été annoncé comme devant être une manifestation pro-palestinienne contre la politique d’Israël s'est transformé en de nombreux endroits en explosion d’antisémitisme. À Berlin en particulier, la situation a été très grave. La police a dispersé une marche de protestation et a ensuite été attaquée.
Qui étaient ces gens qui répandaient cette propagande antisémite ? Le Forum juif pour la démocratie et contre l'antisémitisme (JFDA) rapporte que ce sont principalement des islamistes radicaux, des partisans de l'organisation terroriste Hamas et des membres de l'association turque d'extrême droite "Loups gris" qui ont donné le ton à Berlin. Cependant, ils étaient accompagnés - et au moins tolérés - par des familles et des jeunes, souvent issus de l'immigration.
Des extrémistes de gauche se sont également joints à eux. Un journaliste israélien a été attaqué par la foule avec un pétard puis agressé, un homosexuel a été matraqué par les manifestants. Bilan : 93 hommes des forces de l’ordre blessés, 59 arrestations, 150 inculpations.(D'après "BILD" et autres journaux allemands. 19 mai 2021)

Le sinistre décompte des morts : En visant en particulier les tunnels creusés par le Hamas sous la bande de Gaza où sont stockées notamment les armements et missiles en vue du déclenchement d'une guerre, Israël a tué 200 personnes. Selon le Hamas, 100 de ces tués seraient des civils, dont des enfants. Seulement au moins 30 combattants du Hamas auraient été tués. Selon les sources israéliennes, 130 combattants du Hamas et 30 terroristes du Djihad Islamiste Palestinien (PIJ) sont parmi les morts. La majorité des combattants du Hamas ont entre 16 et 30 ans. Or  le ministère de la santé de Gaza déclare "enfant" tout combattant de moins de 18 ans tué ou blessé. De sorte qu'Israël "tue des enfants". Propagande très efficace reprise partout dans le monde.
Au lendemain des affrontements, pendant la trêve imposée à Israël par les États-Unis, Le Hamas a défilé en grande pompe dans les rues de Gaza pour proclamer sa "victoire" en se sachant protégé par l'opinion mondiale. Les terroristes de Gaza sont assurés de l'impunité. Maîtres du mensonge comme il est prescrit dans le Coran, ils ont réussi à faire passer leur défaite pour une victoire. Or c'est bien une défaite car ils n'ont pas réussi à mettre Israël à feu et à sang avec leurs nouveaux missiles lancés en tirs groupés. S'il y a eu relativement peu de morts en Israël, c'est que "dôme de fer" israélien qui le protège a fait à nouveau ses preuves. Sinon , Israël aurait eu des centaines de milliers de victimes. La situation sera de plus en plus dangereuse pour l’État juif, surtout si l'opinion publique mondiale continue à se laisser aveugler.

Les extrémistes du Hamas  ont pris en otage  l’opinion publique mondiale

Le conflit au Moyen-Orient divise l'opinion aussi en Allemagne, en Europe et dans le monde. Le psychologue et auteur Ahmad Mansour * décrit le débat comme étant hautement émotionnel et haineux et explique ce que beaucoup en Allemagne ne comprennent pas ce qui se passe. Il travaille depuis des années dans la prévention de l'extrémisme. La journaliste de t-online Camilla Kohrs l'a interviewé le 14 mai 2021 par téléphone. Dans l'interview, il explique comment les extrémistes utilisent les médias sociaux pour leur propre cause et comment cela affecte le débat en Allemagne. Cela pourrait s’appliquer évidemment aussi à la France.

t-online : M. Mansour, vous avez de la famille en Israël. Quelles nouvelles recevez-vous d’eux ?
Ahmad Mansour : Mes parents vivent actuellement une situation incroyable : des attaques à la roquette et des émeutes de jeunes contre la police qui veulent de défouler de leur ressentiment et de leur agressivité. Ils vivent dans une ville majoritairement arabe. Dans les villes mixtes comme Haïfa, Acre et Lod, les foules et les extrémistes des deux camps prennent le pouvoir en ce moment même et s'attaquent les uns aux autres.
Le président israélien Ruven Rivlin met en garde contre une guerre civile, les experts contre une fracture permanente de la société. Cependant, des manifestations conjointes d'Israéliens juifs et musulmans se sont élevées contre la haine. Quelle est votre évaluation de la situation ?
Cette haine qui se manifeste en ce moment aura bien sûr des conséquences. Un important travail de réconciliation sera nécessaire. Mais je suis sûr que les gens retrouveront le chemin de la normalité. Ils veulent poursuivre leur vie et leur travail. Et cela se passe ensemble dans les hôpitaux, dans les industries de haute technologie, dans les centres commerciaux. Mais ce dont nous avons besoin maintenant, c'est d'une force de police forte pour agir contre les extrémistes et des politiques qui disent en arabe et en hébreu : "Cela ne peut pas continuer ainsi, nous devons stopper ça."
Quelles erreurs le gouvernement israélien a-t-il commises dans cette situation ?
Il a réagi très tard et a en partie sous-estimé les tensions qui s'accumulent au sein de la population depuis des années. Mais je refuse de dire que le gouvernement israélien en est la cause. Il y a toujours deux côtés. D'un côté, il y a un pays démocratique avec des lois, et de l'autre, une organisation terroriste.
Il s'agit du Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007 et terrorise actuellement les civils israéliens par des attaques à la roquette. Quel est leur but, à part la terreur ?
Le Hamas n'a pas vraiment besoin de raisons, son droit à l'existence est la lutte armée contre Israël. Au cours des 20 dernières années, il a démontré à plusieurs reprises qu'il était à la recherche de l'escalade. Il s'en sert sans cesse pour se présenter comme le protecteur des lieux saints, comme il le fait actuellement à Jérusalem-Est. Il terrorise non seulement les Israéliens, mais aussi sa propre population palestinienne.
Comment ?
Des images les montrent en train de lancer des roquettes depuis des zones densément peuplées. Ils utilisent la population comme bouclier. Il est donc difficile pour Israël d'affaiblir le Hamas sans que des innocents n’en souffrent. Ce que l'on ne remarque pas non plus en Europe, c'est que certaines roquettes du Hamas ne frappent pas du tout Israël, mais Gaza même, blessant et tuant des personnes sur place. Je ne veux pas minimiser le fait que des personnes innocentes meurent aussi à cause des attaques israéliennes.
L’'escalade à laquelle nous assistons actuellement a été déclenchée principalement autour d'une expulsion de maisons à Jérusalem-Est. Pourquoi ?
Je vous mets en garde contre la recherche d'une explication simple pour une situation compliquée. Tout d'abord, il y a la situation politique incertaine en Israël : le pays va-t-il repartir avec un gouvernement sans Benjmain Netanyahu ? Netanyahu s’alliera-t-il à l’extrême-droite, ou peut-être à un parti arabe ? Le débat est très animé. Ensuite, il y a l'Autorité palestinienne, qui a d'abord annoncé des élections, puis les a annulées, de peur de les perdre. Cela ne convient pas à l'organisation islamiste radicale Hamas, qui espérait obtenir plus de pouvoir en Cisjordanie. Ajoutez à cela une jeunesse en quête d'aventure et de travail après la pandémie du covid et le mois de jeûne du Ramadan qui met de nombreux musulmans de toute façon à bout de nerfs. Enfin les extrémistes qui utilisent des images très fortement émotionnalisées.
Qu'est-ce que vous entendez par là ?
Par exemple, il y a eu les vidéos où l'on voit des musulmans prier dans la mosquée d'Al-Aksa. Puis les forces de police arrivent, les officiers entrent dans ce lieu sacré pour les musulmans et tirent des gaz lacrymogènes. Cela provoque, bien sûr, un refus absolu de ceux qui voient cela. Avec une telle vidéo, il est facile de mobiliser les gens sur le slogan "Protégez votre religion, protégez votre mosquée". Mais si vous voyez ensuite que, depuis la zone de la mosquée, le mur des Lamentations, qui est sacré pour les Juifs, a été attaqué à coups de pierres, le tableau est différent. Seulement les extrémistes montrent qu'un côté des faits.
Ce n'est pas le seul exemple de messages très partiaux. Il y en a beaucoup sur les médias sociaux comme Instagram ou Tiktok qui touchent parfois des millions de personnes. Quel rôle cela joue-t-il dans cette situation ?
Ces dernières semaines, il y a eu plusieurs cas où des jeunes arabes ont attaqué des juifs et ont mis cela en ligne sous forme de vidéos Tiktok, qui ont ensuite provoqué de l’enthousiasme. Bien sûr, cela a déclenché beaucoup d'émotions du côté juif, et a incité les extrémistes juifs par contrecoup à réagir. Je remarque également que le conflit est dépeint de manière très unilatérale, non seulement là-bas, mais dans le monde entier. L'une des vidéos qui a le plus circulé en Allemagne montre une foule de Juifs célébrant au Mur des lamentations l'incendie de la mosquée Al-Aksa. Vous avez vu la vidéo ?
Oui, j'ai vu ça. Ce n'était qu'un tout petit extrait.
L'histoire est que des Palestiniens ont essayé de lancer un pétard sur le Mur des Lamentations. Cela a mal tourné et un arbre à côté de la mosquée a pris feu. Les manifestants juifs, parmi lesquels il y avait sans aucun doute de nombreux extrémistes, avaient déjà fait la fête auparavant. Je ne peux pas juger si le feu ultérieur a également été fêté. Mais il y a aussi des images du camp d’en face, de personnes célébrant les premières attaques à la roquette sur Jérusalem. La situation n’est donc pas si simple. Mais lorsque vous créez cette unilatéralité à partir des images, vous créez des émotions. Et nous le voyons même ici en Allemagne.
Comment percevez-vous le climat en Allemagne ?
Plein d’émotion et de haine. Je suis effrayé par le nombre de messages que je reçois chaque jour. Cependant, je tiens également à préciser que les gens ont bien sûr le droit de descendre dans la rue ici en Allemagne contre la guerre, de se préoccuper de la population de Gaza et d'exprimer leur mécontentement à l'égard de la guerre. Mais ce que nous avons vu jusqu'à présent n'était pas des manifestations anti-israéliennes. Ce sont des attitudes purement antisémites. Crier "putain de juif" n'a rien à voir avec le conflit en Israël.
Lors de ces manifestations - mais aussi sur les médias sociaux comme Instagram et Tiktok - Israël est systématiquement représenté comme Goliath opprimant David qui incarne les Palestiniens. Est-ce si simple ?
Non. Nous avons souvent tendance à avoir des images unidimensionnelles en noir et blanc et à ne pas voir la réalité. Les gens m'attaquent souvent ici pour avoir soi-disant une position pro-israélienne. En Israël, en revanche, je serais considéré comme étant de gauche parce que je n'approuve pas la politique de Netanyahu. Mais je vois la complexité : beaucoup ne réalisent pas qu'il y a aussi deux millions d'Arabes vivant en Israël, qu'une guerre contre une organisation terroriste n'est pas si facile à mener, et qu'Israël vit avec cette peur de l'anéantissement depuis le début de son existence.
D'où vient la haine ?
Elle a toujours été là, mais trouve maintenant une légitimité pour se manifester. Je le remarque dans mon travail : les réfugiés de Syrie, par exemple - sans les présenter comme un groupe homogène - sont bien sûr des personnes qui sont socialisées d'une manière complètement différente. Nous devons comprendre cela afin de les atteindre en conséquence. Mon propos n'est pas de les qualifier d'antisémites. Mon but est de trouver un moyen d'expliquer pourquoi cela n'a pas sa place ici. Mais c'est difficile d’aborder ces coses-là dans le débat parce qu’on apporte des arguemtns au mauvais côté. Et c'est le cas : l'AfD pense que c'est très bien de parler de l'antisémitisme musulman. Certes, nous devons y remédier, mais ce faisant, nous ne devons pas oublier qu'il s'agit d'un problème pour la société dans son ensemble. La menace est multiple.
Après l'escalade au Moyen-Orient en 2014, il y a eu beaucoup d'incidents antisémites en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe. N'en a-t-on pas fait assez après ça ?
Il y a eu des veillées et puis on a oublié. La seule chose que nous pouvons faire maintenant dans cette situation est de montrer l'état de droit, de communiquer clairement, "Ce n'est pas comme ça que ça marche". Mais le vrai travail commence ensuite : dans les écoles, dans les médias sociaux, dans les cours d'intégration. Nous devons les atteindre lorsque les émotions ne sont pas si fortes en ce moment. Mais pour l'instant, il n'est guère possible d'atteindre ces personnes.

* Ahmad Mansour, né en 1976, est un Arabe israélien qui vit à Berlin depuis 2004. Il est psychologue et travaille à des projets contre l'extrémisme. Début 2018, il a fondé Mind Prevention (Mansour Initiative for Democracy Promotion and Extremism Prevention). Il a reçu de nombreux prix pour son travail, notamment le prix Moses Mendelssohn pour la promotion de la tolérance et le prix Carl von Ossietzky.
Il a écrit en allemand un livre intitulé "Être solidaire ! Contre le racisme, l'antisémitisme et la haine
".



La Défense européenne peine à décoller

Beaucoup pronostiquent qu'une Europe de la défense ne verra jamais le jour, du fait des rivalités entre Etats Européens concernant la construction des matériels de guerre communs à une Europe de la défense désirant ne pas se borner à acquérir au prix fort des armements américains.

La question du futur avion européen dit NGF (New Generarion Fighter) élément essentiel du Système de combat aérien futur (Scaf) envisagé par les deux pays avec le partenariat de l'Espagne est significatif à ce sujet. Annoncé il y a deux ans, celui-ci est toujours en discussion du fait des conflits entre partage des tâches et des responsabilités entre les industriels impliqués.

L'avionneur français Dassault Aviation avait été désigné comme maître d'oeuvre industriel de ce programme. Pour cela il devrait partager certains secrets industriels avec ses partenaires allemands. Mais il s'y refuse de peur d'être pillé sans contreparties par ces derniers. C'est le cas notamment concernant les commandes de vol électriques, élément critique d'un avion de ce type. L’Allemagne doit à la France d’être revenu dans réseau industriel aérien grâce à Airbus Industrie conçu d’ailleurs par feu le ministre-président de Bavière et ancien ministre allemand de la Défense Franz-Jposef Strauss.

La France et l'Allemagne espèrent valider avant les élections allemandes de septembre 2021 les contrats industriels d'étude devant conduire en 2026 à la réalisation d'un démonstrateur, pré-prototype destiné à valider la faisabilité du concept. L'enjeu de ce programme-phare de la coopération de défense en Europe est stratégique pour les trois pays. Ils doivent remplacer à l'horizon 2040 leurs avions Rafale et Eurofighter et s'assurer que leurs industriels resteront au plus haut niveau technologique. C'est pour de tels conflits que le projet européen précédent d'avion gros porteur A 400 M avait échoué.

Alors que le Parlement allemand vient de refuser d’envoyer des soldats de la Bundeswehr au Sahel pour prêter main forte aux forces françaises en lutte contre les Djihadistes peut-être n’est-ce pas à l’avionneur français de faire un geste alors qu’il vient de perdre son patron Olivier Dassault dans un terrible accident. Mais, évidemment, les affaires sont les affaires. La puissante industrie allemande est sollicitée. (G.B./C. C., 8/03.2021)

Vers un séparatisme écossais ? Les Écossais ne feront pas de cadeau à Boris Johnson

Aux super-élections du jeudi 6 mai 2021, le parti indépendantiste écossais SNP de la populaire Première ministre Nicola Sturgeon  a remporté 64 sièges, un de moins que la majorité absolue, mais en se coalisant avec les Verts qui ont obtenu huit sièges et qui sont eux aussi pour l'indépendance de la nation écossaise, elle pourra former un gouvernement. Lequel se prononcera probablement pour un référendum en faveur de 'indépendance. Sur la chaîne de télévision Sky News elle a déclaré à ses électeurs qu'il n'y a "tout simplement aucune justification démocratique pour Boris Johnson, ou pour quiconque, à chercher à bloquer le droit du peuple écossais )à choisir son propre avenir". La raison majeure de l'indépendantisme écossais est le désir de rester membre de l'Union Européenne. Les Conservateurs de Boris Johnson n'ont obtenu que 31 voix en Ecosse. Il s'oppose fermement à un référendum qui risquerait de lui coûter sa carrière.  En février, nous avions publié l'article ci-dessous. (Rédaction, le 9 mai 2021)

Le « cadeau de Noël » que Boris Johnson affirmait avoir fait à ses compatriotes fin 2020 en mettant sous leur sapin le Brexit et l’accord de sortie d’Europe de la Grande Bretagne, négocié littéralement en dernière minute, pourrait à la longue prendre des airs de cadeau empoisonné.

Il n’y avait pas dans l’accord passé à Bruxelles de clause sur les transactions financières. Or, dès janvier 2021, à la suite de la mise en œuvre du Brexit, la capitale britannique a cédé la place à sa rivale néerlandaise en volume d’échanges boursiers. Amsterdam dame le pion à Londres et devient la première place financière européenne en récupérant les transactions “perdues par le Royaume-Uni depuis le Brexit”, a annoncé le Financial Times. Jusqu’alors, la City londonienne s’adjugeait 60% de poids spécifique dans la finance européenne. En janvier le volume quotidien des transactions à Amsterdam a quadruplé et dépasse nettement celui de Londres.

C’en est fait. Mais ce n’est pas le pire. Le Royaume Uni britannique pourrait devenir bientôt un Royaume désuni, car l’Ecosse semble résolue à devenir un État indépendant qui resterait membre de l'Union Européenne. La personne la plus qualifiée pour le dire, Nicola Sturgeon, Première ministre d’Ecosse a écrit dans « Le Figaro » dès le 4 janvier dernier : « Nous ne voulions pas quitter l’Union Européenne et espérons vous rejoindre bientôt en tant qu’État indépendant ». Elle dirige non seulement le gouvernement régional écossais mais aussi le Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste dont on entendra encore parler.

Cela vaut la peine de lire son article dans lequel elle dit clairement et nettement que l’Ecosse « est résolue à suivre une voie égale et constitutionnelle pour devenir un État indépendant ». Elle reconnait que lors du vote sur le Brexit en 2016, le Royaume Uni, en tête l’Angleterre et le Pays de Balles a voté en faveur de la sortie de l’Union, mais elle rappelle que l’Ecosse et l’Irlande du Nord (il faudrait ajouter Gibraltar) ont voté pour le maintien dans l’Europe. Elle mentionne que le gouvernement britannique a rejeté le compromis écossais et a « voulu et veut toujours une relation plus distante (avec l’Europe) pour des raisons qu’il n’a jamais pu expliquer ».

Mme Sturgeon se défend d’être « séparatiste ». Elle affirme vouloir défendre le droit de son peuple de « décider de la forme de gouvernement la mieux adaptée à ses besoins » sans abandonner « la vision internationaliste et accueillante de l’Europe, vison qui est partagée par tant de personnes en Ecosse ». Et de conclure « Les liens entre l’Ecosse et la France sont aussi anciens que forts. C’et un partenariat forgé sur de vieux champs de bataille t qui reste tout aussi important aujourd'hui qu’il y a des siècles. Nous appartenons à la famille des nations de l’Union Européenne depuis près d’un demi-siècle. Nous ne voulions par quitter l’Union et espérons vous rejoindre bientôt en tant que partenaire à part entière pour faire face aux opportunités et aux défis de l‘avenir ». (Rédaction, 16 février 2021)


Welt


1.  Aghanistan: Tragödie mit Ansage
2. Belarus: Diktator Lukaschenko gegen die Europäische Union (3 Artikel)
3  Antisemitismus auch in Deutschland
4. Der Konflikt im Nahost wird weltweit sehr einseitig dargestellt
5. Auf dem Weg zu einem neuen russisch-amerikanischen Kalten Krieg?
6. Moskau: politische Methoden aus einer anderen Zeit
7. Biden spielt die Karte der Eindämmung à la George Kennan gegenüber Peking
8. Will Joe Biden Europa dem amerikanischen Leadership unterwerfen?
9. Fernsehen in Frankreich: Zuviel des Guten!


Afghanistan: Tragödie mit Ansage

Es war, als hätten die Demokratien nicht die Lehren aus Algerien gezogen, als die 100.000 Harkis, die Frankreich ergeben waren, von De Gaulle entwaffnet wurden und den algerischen Terroristen als Futter angeboten wurden, als die französische Bevölkerung Algeriens gezwungen wirde in aller Eile ihre Koffer zu packen. Als ob wir die vietnamesische Invasion in Saigon und den triumphalen Einzug der mörderischen Roten Khmer in Phnom Penh nicht miterlebt hätten. Und als ob wir uns nicht an diesen Verrat des Westens erinnern würden, demonstrierten die Amerikaner in Kabul ihre Unreife und Infantilität sowie die Feigheit und Naivität der Westler.
Sie begnügten sich damit, westliche Staatsangehörige, insbesondere Botschaftsmitglieder, zu evakuieren, obwohl genügend Zeit war, um die Afghanen, die sich für Freiheit und Demokratie einsetzen, herauszuholen, indem sie die Aufgabe eines Volkes über Monate hinweg gestaffelt vornahmen.
Stattdessen wurde eine islamische Regierung eingesetzt, die bald durch andere, noch islamischere Macht ersetzt wurde. Ein weiteres Land, das den Verrückten Gottes überlassen wurde. Tamerlan, Dschingis Khan, freut Euch in euren Gräbern. Die Leichen werden sich stapeln. Frauen werden hart bestraft werden, weil sie Frauen sind, und Jungen werden zu Selbstmordattentätern und zu Bombenlegern auf Märkten und in den Straßen unserer Städte gemacht. Die Amerikaner verließen ihren Stützpunkt in Baghram nachts ohne Vorwarnung, wie Diebe. Nicht einmal. Wie Illusionisten.
Wohl keiner der hochdekorierten Generäle in der Bundeswehr und der amerikanischen Armee hat vorausgesehen, in welch atemberaubendem Tempo die Taliban Afghanistan überrennen. Keine Woche haben sie gebraucht, um ein Viertel des Landes zurückerobern. Was die westlichen Soldaten, Außenpolitiker und Entwicklungshelfer in 20 Jahren errichtet haben, wird von heute auf morgen zunichte gemacht.
Es sagt sich so leicht: Die Taliban erobern Afghanistan. Aber was sich wirklich hinter diesem Satz verbirgt, ist so unendlich viel tragischer, als es die nüchternen Buchstaben ausdrücken könnten. Wer wissen will, was es wirklich bedeutet, muss dann eben doch in die sozialen Netzwerke schauen. Auf Twitter ist beispielsweise zu sehen, wie bärtige Männer mit Kalaschnikows durch Straßen rennen, Regierungsbüros stürmen und jeden massakrieren, den sie für einen Gegner oder Sünder halten. Sie geben einen feuchten Kehricht auf die Abkommen, die ihre Anführer bei den Friedensverhandlungen mit US-Diplomaten in Qatar geschlossen haben, sie holen sich einfach, was sie haben wollen. Ich möchte das hier nicht weiter ausführen, aber so viel sage ich dann doch: Wer diese Szenen sieht, muss entsetzt sein über die Naivität (oder Skrupellosigkeit?) der deutschen und amerikanischen Politiker, die entschieden haben, Afghanistan mir nichts, dir nichts im Stich zu lassen.
Jetzt regiert kopflose Panik. Diplomaten und Mitarbeiter von Hilfsorganisationen retten sich in die wenigen noch startenden Flugzeuge, die Bundesregierung ruft alle Deutschen auf, das Land schleunigst zu verlassen. Sogar Ober-Sheriff Horst Seehofer hat inzwischen verstanden, dass er afghanische Straftäter aus Deutschland nicht in ein Land zurückschicken kann, das gerade von Mördern und Folterknechten übernommen wird. Das Auswärtige Amt rechnet schon bald mit den ersten Flüchtlingswellen in Richtung Deutschland. Vergangene Nacht eroberten die Taliban mit Kandahar im Süden des Landes die zweitgrößte Stadt Afghanistans. Die US-Regierung geht davon aus, dass auch die Hauptstadt Kabul in wenigen Wochen in ihre Hände fallen könnte. Das Pentagon kündigte an, 3.000 weitere US-Soldaten in die Stadt zu verlegen, um die Sicherheit am Flughafen zu verstärken. Was Lehrerinnen in Mädchenschulen, Journalisten, Oppositionspolitikern und anderen Vertretern der Zivilgesellschaft droht, wenn auch Kabul fällt, mag man sich nicht ausmalen. Einem bekannten Komiker haben die selbsternannten Gotteskrieger vor wenigen Tagen die Kehle durchgeschnitten.
Und noch immer bangen vor Ort ehemalige Übersetzer und Köche der Bundeswehr mit ihren Familien. Die Taliban haben geschworen, auch mit ihnen kurzen Prozess zu machen. Die deutsche Verteidigungsministerin Annegret Kramp-Karrenbauer, Kanzlerin Angela Merkel und andere Vertreter der Bundesregierung beteuern zwar wortreich, alle gefährdeten Helfer der Bundeswehr ausfliegen zu wollen. Doch schaut man genauer hin, haben sie viel zu wenig dafür getan – und reden sich nun damit heraus, die Behörden vor Ort würden Afghanen leider, leider "nur aus dem Land lassen, wenn sie einen Reisepass haben". Ja, so sagt das die Ministerin des Landes, dessen schwerbewaffnete Soldaten in mehreren Regionen Afghanistans jahrelang die Regeln vorgegeben haben. Das die Marionettenregierung in Kabul mit vielen Hilfsmilliarden hochgepäppelt hat. Es ist ein zynischer Witz. Und es beschädigt auf Jahre hinaus die Glaubwürdigkeit der Bundesrepublik. Die Hilferufe der Betroffenen ziehen via Facebook und Twitter um den Globus.
Nun weht also wieder die weiße Taliban-Flagge über den Provinzhauptstädten, und Regierungssoldaten streifen eilig ihre Uniformen ab, um nur ja nicht erkannt zu werden. In den eroberten Ortschaften öffnen die Taliban die Gefängnisse und lassen inhaftierte Gefährten frei. Vor 20 Jahren rekrutierten sie ihre Kämpfer überwiegend aus den Stämmen der Paschtunen, sie waren eine ethnische Bürgerkriegspartei unter mehreren. Heute stammen die Krieger aus verschiedenen Ethnien und Regionen des Landes, aber eines eint sie: die Wut auf die korrupte Zentralregierung in Kabul, die sich mit den Ausländern eingelassen hat. Genau die sowie alle ihre Helfer und Helfershelfer wollen sie nun hinwegfegen, um ihren "Gottesstaat" mit Steinzeitmoral wieder zu errichten.
Vielleicht ist es ja das, was die westlichen Demokratiemissionare am folgenschwersten übersehen haben: Wer seine Macht auf Halunken stützt, der kann noch so viele Dollars in einen Einsatz pumpen – eine stabile Zivilgesellschaft wird er so nie schaffen (Redaktion mit t-online.de, 15.08.2021)

Belarus: Diktator Lukaschenko gegen die Europäische Union

Roman Protassewitsch: Das Sühneopfer des belarussischen Diktators?

Am 23. Mai entführten die belarussischen Behörden ein Flugzeug der Ryan Air auf dem Weg von Athen nach Vilnius und zwangen es zur Landung in ihrer Hauptstadt Minsk. Sie schickten einen Kampfjet, um das Zivilflugzeug zur Landung auf einem Flughafen zu zwingen, wo ein Polizeiaufgebot mit Spürhunden wartete. Vilnius, die Hauptstadt von Litauen, ist nur 172 km von Minsk entfernt. Das Passagierflugzeug hätte nur 15 Minuten gebraucht, um Vilnius zu erreichen. Ist es nicht ein merkwürdiger Schutz gegen eine angebliche Bombe am Bord, ein ziviles Verkehrsflugzeug unter Drohung abgeschossen zu werden, zur Landung zu zwingen?
Nach der Landung wurden der weißrussische Oppositionelle Roman Protassevitch, 26, Journalist, und seine Begleiterin Sofia Sapega, 23, festgenommen. Es muss vermutet werden, dass die weißrussischen oder russischen Dienste über einen oder mehrere Agenten verfügten, die Zugang zu der Passagierliste in Athen hatten, und dass die Hunde nicht dazu da waren, eine Bombe aufzuspüren, sondern um Lukaschenkos Feind mit Sicherheit zu identifizieren. Dann konnte das Flugzeug starten.
Die belarussischen Behörden haben Sofia später auf Video aufgenommen und zur Behauptung gezwungen, sie gehöre einem Medienkanal an, in dem sie Informationen über Agenten des belarussischen Regimes veröffentlichte. Ihre Mutter sagte, dass sie dieses Geständnis unter Androhung von Folter abgelegt habe, was unter der Diktatur des kommunistischen Landwirts Alexander Lukaschenko, der zum weißrussischen Diktator und Schützling von Wladimir Putin wurde, nicht unüblich ist.
Angesichts des internationalen Skandals, der durch diesen Akt der Luftpiraterie ausgelöst wurde, entließen die belarussischen Behörden das Paar aus dem Gefängnis und stellten es unter Hausarrest - unter welchen Bedingungen? -Die belarussischen Behörden versicherten auf ihrem Desinformationskanal "Telegram", dass sie es "für möglich gehalten" hätten, da die beiden Beschuldigten "kohärente Geständnisse" abgelegt und sich verpflichtet hätten, "die Ermittlungen zur Identifizierung ihrer Komplizen zu unterstützen ". Wie schön! Das war aber ein Weg, um die westliche Kampagne zu entschärfen, an der die Europäische Union sich beteiligte. Man vermutet, dass diese so genannten "Geständnisse" unter Drohungen erlangt wurden.
Um den Anschein einer überzeugenden Anklage gegen Protassevitch zu erwecken, behauptet der so genannte "Untersuchungsausschuss", er habe in den Reihen des neonazistischen Asow-Bataillons in der Ostukraine gekämpft - gegen wen? gegen russische Invasoren? -. Hier finden wir das klassische Muster: Diejenigen, die die russisch-weißrussische Politik bekämpfen, sind Nazis. Sechsundsiebzig Jahre nach dem Ende des Weltkrieges gegen Hitler wird das Wort "Nazi" immer noch als Schreckgespenst in reinster stalinistischer Manier verwendet. Wollen sie einen "Nürnberger Prozess" gegen Protassevich inszenieren?
Zunächst einmal ist es überhaupt nicht sicher, dass diese paramilitärische Gruppe ukrainischer Patrioten, zu der vielleicht einige "Neonazis" oder angebliche "Neonazis" gehörten und die inzwischen in die ukrainische Armee integriert wurde, "neonazistisch" ist. Ihr schlossen sich viele andere freiwillige Kämpfer an. So berichtet Stéphane Siohan, Korrespondent in der Ukraine der französischen Zeitung Libération, der seit Beginn des Konflikts im Jahr 2014 diese Milizen beobachtet. Wir alle wissen, dass die poststalinistische sowjetische Propaganda ihre Gegner immer sehr schnell als Nazis oder Neonazis bezeichnete.
Zweitens: Wenn Protassewitsch in die Reihen der ukrainischen Kämpfer schlüpfte, wie es viele andere Kriegsberichterstatter immer getan haben, dann eben nur mit einer Kamera und einem Bleistift als Waffen, um eine Fotoreportage von der Front zu machen. Die Feinde der Ukraine lassen sich natürlich nicht gerne fotografieren. Protassevitch wurde Berichten zufolge bei den Kämpfen verwundet, wie er selbst im russischen Kanal erklärte. Welche Art von Verletzung? Soll man ihn beim Wort nehmen? Es kann nicht ausgeschlossen werden, dass er ein junger Medienprofi wie er, einfach prahlen wollte. Er war damals erst 19 Jahre alt.
Stéphane Siohan, ein neutraler Experte, erklärt: "Er war sicherlich auf den Stützpunkten von Asow, ein Freund von mir ist ihm dort begegnet. Die Frage ist, ob er mit 19 Jahren als angehender Journalist oder als Aktivist dorthin ging. Über die Bataillone war es für Journalisten am einfachsten, in das Kampfgebiet zu gelangen. Viele sind auf diese Weise in die Kampfgebiete gegangen“. Der französische Journalist präzisiert: "Man darf auch nicht vergessen, dass der Zugang zu diesen Bataillonen sehr einfach war. Roman war während der Maidan-Revolution vor Ort. Wenn Sie in dieser Zeit ein paar Freunde hatten, genügte ein Anruf oder eine SMS, um zu Asow zu gelangen“. Das gehörte einfach zum journalistischen Job.
Aber können wir wirklich sicher sein, dass Roman Protassewitsch in der Ukraine an der Front war? Dies verbreiteten der kremlnahe Journalist Alexander Kots und seine Kollegin Olga Skabeeva, eine Moderatorin des russischen Staatsfernsehens, mit verdächtiger Eile am 26. Mai, nur drei Tage nach der Entführung des Flugzeugs. Der regimetreue belarussische Sender "Zelten Silvy" strahlte auf dem Kanal "Telegram" verschiedene Fotos aus, die einen jungen Mann in ukrainischer Uniform bei einer Parade des Asow-Regiments in Mariupol zeigen, der als Roman Protassewitsch vorgestellt wurde und im Juli 2015 das Titelbild der Regimentszeitschrift "Black Sun" gewesen sein soll.
Dies berichtet der ukrainische Blogger Anatoly Shariy, der regelmäßig pro-russische Inhalte verbreitet. Die Identität des jungen Protassevitch wäre auf diesen Fotos durch eine "Gesichtsidentifizierungssoftware" ermittelt worden. Ein Roboter ist also der Ankläger.
Es ist erstaunlich, dass russische Desinformationskreise und Experten der Maskirowska so schnell nach der Festnahme von Roman Protassevitch über so viele Fotos verfügten. Moskaus Fälscheragenturen arbeiten schnell. Oder waren die Fotos bereits fertig, bevor der Journalist gefangen genommen wurde? Schon bei der Behauptung, eine Bombe wäre am Bord der Ryan Air-Maschine gewesen, haben die Belarussen gezeigt, dass die ganze Sache auf Lüge beruht.
Das letzte Wort ist, dass Roman Protassevitch die Todesstrafe droht, weil er den Aufstand gegen die Diktatur 2020 unterstützt hat. Offensichtlich kam der Befehl von Alexander Lukaschenko selbst. Das Ziel der derzeitigen Regierung in Minsk, die mit brutaler Härte gegen Demokratieaktivisten vorgeht, ist es, sie einzuschüchtern.
Der Minsker Regierungschef sagte, dass "Ermittler aus dem Donbass [darunter versteht man prorussische Kämpfer aus den separatistischen Republiken in der Ostukraine]Protassewitsch befragen könnten“, weil "sie dort Menschen getötet haben" (wer hat wen getötet?). Der regimetreue belarussische Sender "Zelten Silvy" strahlte auf dem Kanal "Telegram" verschiedene Fotos aus, die einen jungen Mann in ukrainischer Uniform bei einer Parade des Asow-Regiments in Mariupol zeigen, der als Roman Protassewitsch vorgestellt wurde und im Juli 2015 das Titelbild der Regimentszeitschrift "Black Sun" gewesen sein soll. Dies berichtet der ukrainische Blogger Anatoly Shariy, der regelmäßig pro-russische Inhalte verbreitet. Tatsächlich wäre die Identität des jungen Protassevitch auf diesen Fotos durch eine "Gesichtsidentifizierungssoftware" ermittelt worden.
Es ist erstaunlich, dass russische Desinformationskreise so schnell nach der Festnahme von Roman Protassevitch über so viele Fotos verfügten. Moskaus Fälscheragenturen arbeiten schnell. Oder waren die Fotos bereits fertig, bevor der Journalist gefangen genommen wurde?
Das letzte Wort ist, dass Roman Protassevitch die Todesstrafe droht, weil er den Aufstand gegen die Diktatur 2020 unterstützt hat. Offensichtlich kam der Befehl von Alexander Lukaschenko selbst. Das Ziel der derzeitigen Regierung in Minsk, die mit brutaler Härte gegen Demokratieaktivisten vorgeht, ist es, sie einzuschüchtern. Das Vergnügen kann sich Lukaschenko leisten, wenn die Weltgemeinschaft und vor allem die EU von seinenStaatsverbrechen wegschaut.
Der Minsker selbstgewählte Präsident sagte, dass "Ermittler aus dem Donbass [darunter versteht man prorussische Kämpfer aus den separatistischen Republiken in der Ostukraine]" Protassewitsch befragen könnten, weil sie dort Menschen getötet haben" (wer wen?). Lukaschenko bestätigte, dass dem Journalisten die Todesstrafe droht. (Jacob Guézat, Paris, 03.07.2021)

Staatsaffäre in Tokio: Die weißrussische Sprinterin Krystsina Tsimanouskaya

Sie bereitete sich darauf vor, am Montag, dem 2. August 2021, bei den Olympischen Spielen in Tokio im 200-Meter-Lauf zu starten, drei Tage nachdem sie im 100-Meter-Lauf ausgeschieden war. Ihr Traum wurde von den Behörden ihres Landes zunichte gemacht, die sie nach Kritik an ihrem Verband und ihren Trainern aus dem Olympiakader ausschlossen. Dies erklärte die Sportlerin selbst in einer Mitteilung an die Nachrichtenagentur Reuters. Am Sonntag veröffentlichte sie ein Video, in dem sie um Hilfe bat, nachdem sie von Beamten des Nationalen Olympischen Komitees Weißrusslands zum Flughafen begleitet wurde, um in ihr Land zurückzukehren.
"Ich wurde gegen meinen Willen gezwungen, Japan zu verlassen", sagte sie. Dieses Video hat sie gerettet. Das Internationale Olympische Komitee (IOC) und die japanischen Behörden brachten sie sicher in einem Flughafenhotel unter, bevor sie von ihren Bewachern in das Flugzeug gebracht wurde. Ihr wurde in mehreren freien Ländern Asyl angeboten und sie akzeptierte schließlich ein humanitäres Visum für Polen.
Nach Angaben des weißrussischen Olympischen Komitees, das von Viktor Lukaschenko, dem Sohn von Präsident Alexander Lukaschenko, geleitet wird, musste die Sportlerin ihre Teilnahme an den Olympischen Spielen "aufgrund einer ärztlichen Entscheidung wegen ihres emotionalen und psychologischen Zustands" aussetzen. Diese Aussage wurde von dem Athleten vor der Presse am Flughafen sofort als "Lüge" bezeichnet. Die Familie Lukaschenko ist eindeutig eine Lügenfabrik. Es handelte sich um eine echte Entführung, die wahrscheinlich nach der Ankunft in Minsk strafrechtlich geahndet worden wâre. In Weißrussland gibt es keinen Raum für Kritik.
Eine Strafe "aufgrund der Tatsache, dass ich auf meinem Instagram-Account [am Freitag, 30. Juli] über die Nachlässigkeit unserer Trainer gesprochen habe", erklärte Tsimanouskaya gegenüber Reuters. Die weißrussische Sportlerin hatte den weißrussischen Leichtathletikverband bereits offen kritisiert. Sie sei gezwungen worden, an der 4x400-m-Staffel teilzunehmen, weil zwei andere Athleten nicht genügend Dopingkontrollen durchgeführt hätten, sagte sie. "Der Trainer hat mich in die Staffel aufgenommen, ohne es mir zu sagen. Ich habe mich öffentlich darüber geklagt. Der Cheftrainer kam zu mir und sagte, es gebe einen Befehl von oben, mich (aus dem Team) zu entfernen", sagte sie der Nachrichtenagentur. (J. G., 3/08/2021)

Minsker Migrationserpressung gegenüber Vilnius

Die Grenze Litauens, d.h. die Grenze der Europäischen Union, zu Weißrussland ist 678 km lang. Trotz des Stacheldrahtzauns überqueren ihn jeden Tag Hunderte von Migranten, hauptsächlich Iraker, aber auch Afrikaner und sogar Russen. Etwa hundert werden täglich von litauischen Grenzbeamten abgefangen, aber die anderen kommen durch. Die Iraker werden von belarussischen Agenturen über Weißrussland nach Bagdad gebracht, die bei ihrer Ankunft in Minsk 4.000 € pro Person kassieren, bevor sie sie an die Grenze zu Litauen, d. h. in die Europäische Union, schicken. Diese Krise bringt die Litauer in Schwierigkeiten. Es fehlt ihnen an Personal, Unterkünften und Geld für die Ernährung und Pflege der Migranten.
Diese Destabilisierung Litauens und indirekt auch der Europäischen Union durch Alexander Lukaschenko und seine Clique hat sich verstärkt, seit Vilnius die belarussische Oppositionsführerin Swetlana Tichanowskaja aufgenommen hat und die demokratischen Kräfte in Belarus unterstützt. Dieser Zustrom von Migranten ist nichts anderes als Lukaschenkos hybrider Krieg gegen die Europäische Union. "Der einzige Grund für diesen zunehmenden Zustrom ist der Wille des belarussischen Regimes, uns Angst zu machen und Druck auf uns auszuüben", sagte die litauische Ministerpräsidentin Ingrida Simonyte. (Laut "Le Figaro" vom 3. August 2021)

Beschießt Tel Aviv", "Wir brauchen keine friedliche Lösung", "Kindermörder Israel".
 
Das ist nur eine kleine Auswahl des Hasses und der Gewaltfantasien, die am Wochenende vom 16.-17. Mai auf Demonstrationen in deutschen Städten verbreitet wurden. Was als propalästinensischer Protest gegen die Politik Israels angekündigt war, zeigte sich vielerorts als offener Antisemitismus. Besonders in Berlin eskalierte die Lage. Die Polizei löste einen Protestzug auf und wurde daraufhin attackiert
Wer waren die Menschen, die dort antisemitische Hetze verbreiteten? Das Jüdische Forum für Demokratie und gegen Antisemitismus (JFDA) berichtet, dass vor allem radikale Islamisten, Anhänger der Terrororganisation Hamas und Mitglieder der rechtsextremen türkischen Vereinigung "Graue Wölfe" die Sprechchöre in Berlin initiierten. Begleitet – und zumindest toleriert – wurden sie aber von Familien und Jugendlichen, oft mit Migrationshintergrund. Auch Linksradikale liefen mit.
Eine israelische Journalistin wurde aus der Menge mit einem Böller angegriffen und daraufhin attackiert, eine homosexuelle Person wurde geschlag Die Bilanz: 93 verletzte Beamte, 59 Festnahmen, 150 Anzeigen.

"Der Konflikt im Nahost wird weltweit sehr einseitig dargestellt"

 Der Nahostkonflikt spaltet auch in Deutschland die Meinungen. Als hochemotional und hasserfüllt beschreibt der Psychologe und Buchautor Ahmad Mansour* die Debatte und erklärt, was viele in Deutschland nicht verstehen. Er arbeitet schon seit Jahren in der Extremismusprävention. Die Journalistin von t-online.de Camilla Kohlrs interviewte ihnam 14.05.2021 per Telefon. Im Interview erklärt er, wie Radikale die sozialen Medien für sich nutzen und wie sich das auf die Diskussion in Deutschland auswirkt.

t-online: Herr Mansour, Sie haben selbst Familie in Israel. Was hören Sie von dort?
Ahmad Mansour: Meine Eltern erleben derzeit eine unglaubliche Situation: Raketenangriffe und Ausschreitungen von Jugendlichen gegen die Polizei, die ihren Unmut und ihre Aggressionen loslassen wollen. Sie wohnen in einer hauptsächlich arabischen Stadt. In gemischten Städten wie Haifa, Akkon und Lod übernehmen gerade Mobs und Radikale von beiden Seiten und machen Jagd auf die jeweils anderen.
Der israelische Präsident Ruven Rivlin warnt vor einem Bürgerkrieg, Experten vor einer dauerhaften Spaltung der Gesellschaft. Allerdings gab es auch gemeinsame Demonstrationen von jüdischen und muslimischen Israelis, die gegen den Hass eintreten. Wie schätzen Sie die Lage ein? 
Dieser Hass, der sich gerade zeigt, wird natürlich Konsequenzen haben. Es wird viel Versöhnungsarbeit nötig sein. Aber ich bin mir sicher, dass die Menschen wieder zu einer Normalität finden werden. Sie wollen ja ihr Leben weiterführen und ihrer Arbeit nachgehen. Und die findet gemeinsam in Krankenhäusern, in der High-Tech-Branche, in Einkaufszentren statt. Wir brauchen jetzt aber eine starke Polizei, die gegen die Radikalen vorgeht und politische Vorbilder, die auf Arabisch und Hebräisch sagen: "So geht es nicht weiter, wir müssen damit aufhören".
Welche Fehler hat die israelische Regierung in dieser Situation gemacht? 
Sie hat sehr spät reagiert und teilweise diese Spannungen, die sich ja schon seit Jahren in der Bevölkerung aufbauen, unterschätzt. Ich wehre mich aber dagegen zu sagen, die israelische Regierung ist der Auslöser. Es gehören immer zwei Seiten dazu. Und auf der einen Seite steht ein demokratisches Land mit Gesetzen, und auf der anderen Seite eine Terrororganisation.
Das ist die Hamas, die seit 2007 in Gaza regiert und derzeit die israelische Zivilbevölkerung mit Raketenangriffen terrorisiert. Was bezwecken sie damit außer Terror?
Die Hamas braucht eigentlich keine Gründe, ihr Existenzrecht ist ja der bewaffnete Kampf gegen Israel. Sie hat in den letzten 20 Jahren immer wieder unter Beweis gestellt, dass sie auf der Suche nach Eskalation ist. Das nutzt sie immer wieder, um sich als Beschützer der Heiligen Orte zu stilisieren, wie jetzt auch in Ost-Jerusalem. Sie terrorisieren übrigens nicht nur die Israelis, sondern auch die eigene Bevölkerung.
Wie?
Bilder zeigen, wie sie Raketen aus dicht besiedelten Gegenden abschießen. Sie nutzen die Bevölkerung sozusagen als Schutzschild. Das macht es für Israel natürlich schwer, die Hamas zu schwächen, ohne dass Unschuldige darunter leiden. Was man in Europa auch nicht mitbekommt ist, dass einige Raketen von der Hamas gar nicht in Israel, sondern in Gaza selbst einschlagen und dort auch Menschen verletzen und töten. Ich will damit nicht kleinreden, dass auch durch israelische Angriffe unschuldige Menschen sterben.
Die Eskalation, die wir derzeit beobachten, hat sich vor allem rund um eine Hausräumung in Ost-Jerusalem entzündet. Warum?
Ich warne davor, eine einfache Erklärung für eine komplizierte Lage zu finden. Da ist zum einen die unsichere politische Lage in Israel: Geht das Land nach links mit einer Regierung ohne Benjmain Netanjahu? Wird Netanjahu mit Rechtsradikalen zusammenarbeiten oder vielleicht doch mit einer arabischen Partei? Die Debatte ist sehr heftig. Dann ist da die Palästinensische Autonomiebehörde, die erst eine Wahl angekündigt und dann wieder abgesagt hat – aus Angst, sie zu verlieren. Für die radikalislamistische Hamas kommt das ungelegen, weil sie auf mehr Macht im Westjordanland gehofft hat. Dazu kommt eine Jugend, die nach der Corona-Pandemie auf der Suche nach Abenteuer und Beschäftigung ist, und der Fastenmonat Ramadan, in dem viele Muslime nervlich sowieso am Ende sind. Die radikalen Seiten spielen außerdem mit sehr stark emotionalisierten Bildern.
Was meinen Sie damit?
Es gab zum Beispiel die Videos, in denen man Muslime in der Al-Aksa-Moschee beten sieht. Dann kommen Polizeikräfte, Beamte gehen in diesen für Muslime heiligen Ort und schießen mit Tränengas. Das ist natürlich für die, die das sehen, ein absolutes No-Go. Mit so einem Video kann man die Leute unter dem Motto "Schützt eure Religion, schützt eure Moschee" leicht mobilisieren. Wenn man dann aber sieht, dass aus dem Bereich der Moschee heraus die für Juden heilige Klagemauer mit Steinen angegriffen wurde, ist das Bild ein anderes. Die Radikalen aber zeigen jeweils nur eine Seite.
Das ist nicht das einzige Beispiel von sehr einseitigen Beiträgen. In sozialen Medien wie Instagram oder Tiktok erreichen diese teilweise Millionen Menschen. Welche Rolle spielt das in dieser Situation?
Es gab in den letzten Wochen mehrere Fälle, in denen arabische Jugendliche Juden angegriffen und das als Tiktok-Videos hochgeladen haben, die dann noch gefeiert wurden. Das hat natürlich sehr viele Emotionen auf jüdischer Seite ausgelöst und Radikale zu Gegenreaktionen bewegt. Ich merke auch, dass der Konflikt nicht nur dort, sondern weltweit sehr einseitig dargestellt wird. Eines der Videos, das in Deutschland am meisten verbreitet wurde, zeigt einen Mob von Juden, der an der Klagemauer feiert, dass es bei der Al-Aksa-Moschee brennt. Kennen Sie das Video?
Ja, das habe ich gesehen. Es war nur ein sehr kleiner Ausschnitt.
Die Vorgeschichte ist, dass Palästinenser einen Feuerwerkskörper auf die Klagemauer werfen wollten. Das ist schiefgegangen und dann hat ein Baum neben der Moschee Feuer gefangen. Die jüdischen Demonstranten, unter denen ohne Frage viele Radikale waren, hatten schon vorher gefeiert. Ob das spätere Feuer auch gefeiert wurde, kann ich nicht beurteilen. Es gibt aber auch von der anderen Seite Bilder, wie Leute die ersten Raketenangriffe auf Jerusalem gefeiert haben. Also so einfach ist die Lage nicht. Aber wenn man aus den Bildern diese Einseitigkeit herstellt, schafft man Emotionen. Und die sehen wir sogar hier in Deutschland.
Wie nehmen Sie das Klima in Deutschland wahr?
Hochemotional und hasserfüllt. Es macht mir Angst, wie viele Nachrichten ich tagtäglich bekomme. Ich will es aber auch ganz deutlich sagen: Die Menschen haben natürlich das Recht, hier in Deutschland gegen den Krieg auf die Straße zu gehen, sich Sorgen um die Menschen in Gaza zu machen und ihren Unmut über den Krieg zu äußern. Das, was wir aber bisher gesehen haben, waren keine antiisraelischen Demos. Das waren reine antisemitische Haltungen. "Scheiß Jude" zu rufen, hat mit dem Konflikt in Israel nichts zu tun.
Israel wird auf diesen Demonstrationen – aber auch in sozialen Netzwerken wie Instagram und Tiktok – immer wieder als Goliath dargestellt, der David, die Palästinenser, unterdrückt. Ist es so einfach? 
Nein. Wir neigen oft zu sehr eindimensionalen Schwarz-Weiß-Bildern und verkennen dabei die Realität. Die Leute greifen mich hier oft an, weil ich angeblich eine pro-israelische Haltung habe. In Israel würde ich hingegen als links gelten, weil ich die Politik von Netanjahu nicht gutheiße. Ich sehe aber die Komplexität: Viele begreifen nicht, dass in Israel auch zwei Millionen Araber leben, dass ein Krieg gegen eine Terrororganisation nicht so einfach zu führen ist und, dass Israel mit dieser Vernichtungsangst seit seiner Existenz lebt.
Woher kommt der Hass?
Der ist immer da gewesen, findet aber jetzt eine Legitimation sich zu zeigen. In meiner Arbeit merke ich das: Flüchtlinge aus Syrien zum Beispiel – ohne sie jetzt als homogene Gruppe darzustellen – sind natürlich Menschen, die ganz anders sozialisiert sind. Das müssen wir begreifen, um sie dementsprechend zu erreichen. Es geht mir nicht darum, sie als Antisemiten abzustempeln. Es geht mir darum, einen Weg zu finden, wie man erklären kann, warum das hier nichts zu suchen hat. Das ist in der Debatte aber schwierig anzusprechen, weil es die falsche Seite unterstützt. Und das tut es ja auch: Die AfD findet es sehr gut, wenn man über den muslimischen Antisemitismus spricht. Wir müssen es ansprechen, aber dürfen dabei nicht verkennen, dass es ein gesamtgesellschaftliches Problem ist. Die Bedrohung ist vielfältig und
Auch nach der Eskalation in Nahost 2014 hat es in Deutschland und anderen Ländern Europas eine Vielzahl an antisemitischen Vorfällen geben. Ist danach nicht genug getan worden?
Es gab Mahnwachen und dann haben wir es vergessen. Das einzige, was wir in dieser Situation jetzt machen können, ist Rechtsstaatlichkeit zeigen, klar zu kommunizieren: "So geht es nicht." Die wirkliche Arbeit aber fängt danach an: in den Schulen, in den sozialen Medien, in den Integrationskursen. Wir müssen sie erreichen, wenn die Emotionen gerade nicht so hochkochen. Gerade aber ist es wohl kaum möglich, diese Menschen zu erreichen.

* Ahmad Mansour, geboren 1976, ist arabischer Israeli und lebt seit 2004 in Berlin. Er ist Diplom-Psychologe und arbeitet für Projekte gegen Extremismus. Anfang 2018 gründete er Mind Prevention (Mansour-Initiative für Demokratieförderung und Extremismusprävention). Für seine Arbeit erhielt er zahlreiche Auszeichnungen, unter anderem den Moses-Mendelssohn-Preis zur Förderung der Toleranz sowie den Carl-von-Ossietzky-Preis. Im Oktober erschien sein Buch "Solidarisch sein! Gegen Rassismus, Antisemitismus und Hass".

Auf dem Weg zu einem neuen russisch-amerikanischen Kalten Krieg? 

Am 17. März 2021 nannte der Präsident der Vereinigten Staaten Putin einen "Mörder", der für seine Verbrechen bezahlen wird. Am 18. März warf sein Chef der Diplomatie den Chinesen vor, die "Weltstabilität" zu bedrohen. Mit der Antwort "Ja, ich denke schon" auf die Frage eines ABC-News-Reporters, der ihn fragte: "Ist Putin ein Mörder? ", wandte sich der Präsident eindeutig an die amerikanische Öffentlichkeit. Nach Trump wurde ein "weicher" Präsident Biden erwartet. Dieser sehr offensive Ansatz zielte darauf ab, das Bild eines starken Amerikas auf der internationalen Bühne wiederherzustellen und widerspricht der Vorstellung Bidens, die wir hatten.
Joe Bidens Bemerkungen wurden in Moskau gehört, wo sie zu einer spöttischen Erwiderung von Wladimir Putin führten, der die Beleidigung an Washington mit einem sehr verächtlichen "Wie die Kinder sagen, ist es derjenige, der es sagt", zurückgab. Über diese Sequenz hinaus wurde der Kreml-Botschafter in Washington "zu Konsultationen" nach Moskau zurückgerufen, eine Geste ohne Präzedenzfall in der jüngeren Geschichte (das letzte Mal war im Jahr 1998). Sicherlich hatte Putin keine anderen Möglichkeiten der Vergeltung, aber wenn man jetzt an der Weichheit von Biden zweifelt, kann man auch an Putins Intelligenz zweifeln.
Es war sicher falsch, den Amerikaner angesichts der politischen und vor allem wirtschaftlichen Schwierigkeiten, die er in Russland hat, nicht ernst zu nehmen. Indem er die Korruption und die Privilegien der Herrschenden anprangerte, hat Alexej Nawalny die Saat der Volksrevolte gesät. Die Lebensmittelpreise steigen und werden knapper. Das russische Volk ist weder zufrieden noch satt.

Verschlechterung der Beziehungen
Sicher ist, dass sich die Beziehungen zwischen den beiden Ländern verschlechtern. "Die Beziehungen zwischen Moskau und Washington sind seit langem sehr schlecht, sagte Andrej Kortunow, Direktor einer Denkfabrik, des Russischen Rates für Internationale Angelegenheiten, der von den Medien in Frankreich zitiert wurde. Aber wir sehen, dass es mit Biden keinen Willen gibt, diese Beziehungen in der Substanz zu verbessern". Kortounow hält jedoch an den Äußerungen von Joe Biden fest, der auf der Möglichkeit beharrte, Vereinbarungen mit Russland zu bestimmten Themen zu finden. Er sagte: "Wir werden vielleicht selektiv Fortschritte sehen, in bestimmten Punkten, in denen die Interessen konvergieren: der Nahe Osten, die Arktis, die Kontrolle von Atomwaffen". Dennoch wird die Atmosphäre, so sein Fazit, vorerst eine der Konfrontation bleiben.
Es bleibt die Tatsache, dass ein zweiter Kalter Krieg, etwas gemäßigter als der vorherige, Gestalt annimmt. Er unterscheidet sich vom Kalten Krieg 1947-1990 dadurch, dass die Bedrohung durch gegenseitige nukleare Vernichtung nicht mehr auf der Tagesordnung steht. Im Gegenteil, Russen und Amerikaner verhandeln weiterhin über die Reduzierung der Atomwaffen. Auch das Klimathema ist ein wichtiger Teil ihrer Beziehungen, ebenso wie zwischen Washington und Peking, während dies unter der Präsidentschaft von Donald Trump nicht der Fall war. Was Biden stark von seinem Vorgänger unterscheidet, ist, dass er sich auf Experten und Think Tanks verlässt. Steht er unter Einfluss von linken Falken odervon kompetenten Experten? Auf jeden Fall wird er beraten und das ist beruhigend.

Europa ist betroffen
Es bleibt die Tatsache, dass wir in Europa nicht die Opfer dieser neuen Spannungen sein sollten. Die Beziehungen zwischen den USA und Russland machen uns mehr Sorgen als die Beziehungen zwischen den USA und China. Jede Verhärtung der russischen Politik macht uns noch abhängiger von den Vereinigten Staaten.
Mehr denn je müssen wir die Europäische Union in jeder Hinsicht stärken, politisch und diplomatisch, wirtschaftlich und militärisch, um unsere Unabhängigkeit und Eigenständigkeit herzustellen. Die europäische Souveränität steht auf dem Spiel. Abgesehen davon verbindet uns die Demokratie amerikanischer Prägung, die sich so sehr von unserer eigenen unterscheidet, mehr mit unseren ehemaligen Verbündeten aus dem Kalten Krieg als mit dem Regime, das der Kreml immer noch mit Anklängen an den Stalinismus praktiziert. Leider hat Moskau seine Transformation in den Jahren 1990-2000 verpasst. Putin ist das Ergebnis dieses Versagens.
Es ist nicht sicher, dass er selbst beschlossen hat, Nawalny zu vergiften. Möglicherweise sind seine allmächtigen Geheimdienste übereifrig und entscheiden für ihn, was sie für seine Macht, von der ihr Überleben abhängt, für gut halten. Es ist unbestreitbar, dass die russische Macht ihre Gegner physisch liquidiert. Die Politik der Geheimdienste ist fast immer ein Desaster in jedem Land.
Auf jeden Fall muss Putin in seinem Kreml furchtbare Angst haben. Dass Nawalnys politisches Programm trotz der begründeten Anschuldigungen, die er erhebt, ein wenig schwach ist, ist eine Tatsache. Aber die Maßnahmen, die gegen ihn ergriffen wurden, sind zumindest ein enormer politischer Schnitzer. Unmenschlich, machen sie aus ihm einen Jesus Christus, der die Massen, vor allem die jungen Menschen, mitreißt.
Nun, zwischen Putin und Navalny muss es in Russland einen Mittelweg geben. Wir müssen dies mit den Russen besprechen. Europa muss unabhängig von Washington und Moskau sein und immun - aber das ist ein anderes Problem - gegen die Prahlereien des gefährlichen türkischen Haudegens aus Ankara, Erdogan. (J.-P.P., 20/03/2021)

Moskau: politische Methoden aus einer anderen Zeit

Das Gefangenenlager Nummer 2 liegt 100 km östlich von Moskau. Sein Codename ist IK-2. Es ist eines der 684 Arbeitslager, die den Archipel Gulag von Wladimir Putin bilden. Dort sind 393.000 Gefangene untergebracht. Dort verwies der russische Potentat unter anderen seinen derzeitigen politischen Hauptrivalen Alexej Nawalny. Wahrscheinlich wird er dort versuchen, ihn langsam sterben zu lassen oder zumindest seinen Gesundheitszustand so weit zu verschlechtern, dass er für ihn unschädlich wird.
Aber sein Gefangener hat ihm wohl einen Strich durch die Rechnung gemacht, indem er einen Hungerstreik begonnen hat, den die ganze Welt mitverfolgt. Putin rechnet zweifellos mit der Feigheit der freien Länder. Werden sie am Ende die Augen vor diesem Staatsverbrechen verschließen? Die EU ist derzeit gegenüber Gewaltherrschern wie Putin und Erdogan sehr freundlich.
Im vergangenen Februar unter dem Vorwand eines Wirtshaftsbetrugs aus dem Jahr 2014 zu zwei Jahren Haft unter extrem harten Bedingungen verurteilt, wird Putins persönlicher Widersacher "achtmal pro Nacht" von seinen Kerkermeistern geweckt, was der Inhaftierte in einem Appell an die Behörden auf seiner Website als "Folter durch Schlafentzug" bezeichnete. Außerdem leidet er, nachdem er gezwungen war, in Polizeiwagen und Zellen zusammengekauert zu bleiben, unter Rückenschmerzen und Taubheitsgefühlen in Teilen seines rechten Beins, was auf Nervenschäden hinweist.
Während seine Anwältin Olga Mikhailova, die ihn unter großen Schwierigkeiten treffen konnte, ihn so stark beeinträchtigt sah, dass sie sagte, sie "fürchte um sein Leben", beschränkten sich die Gefängnisbehörden darauf, seinen Gesundheitszustand als "stabil und zufriedenstellend" zu beurteilen. Er schrieb an den Föderalen Strafvollzugsdienst (FSIN) und die Staatsanwaltschaft, aber der Neurologe, der ihn untersuchte, verschrieb nur Ibuprofen-Tabletten. Erschwerend kommt hinzu, dass Nawalny durch die Nachwirkungen des Vergiftungsversuchs des russischen Geheimdienstes geschwächt ist, dem er im August 2020 zum Opfer fiel.
Seine Frau Julia Navalny, die ein ärztliches Attest an ihn nicht sendenkonnte, prangert eine "persönliche Rache Wladimir Putins" an ihrem Mann an und wirft dem russischen Präsidenten vor, ihn aus "Angst vor einer politischen Konkurrenz" inhaftiert zu haben. Wie westliche Regierungen fordert auch sie seine sofortige Freilassung. Demonstrationen zu ihren Gunsten wurden in ganz Russland zu Jahresbeginn stark unterdrückt. Seine Unterstützer sammeln Unterschriften für eine Petition und werden zu weiteren Demonstrationen aufrufen, wenn sie mehr als 500 000 Unterschriften gesammelt haben.
Sein Fall erinnert nur allzu sehr an den des Anwalts und Oppositionellen Seguei Magnitsky, der 2014 in einer Moskauer Untersuchungshaftanstalt starb, nachdem er über Misshandlungen und eine Verschlechterung seines Gesundheitszustands geklagt hatte. Der Fall hatte eine internationale Reaktion ausgelöst. Auf die Frage nach der Praxis, einen Häftling nachts stündlich zu wecken, sagte Kreml-Sprecher Dmitri Peskow lediglich, dass "solche Disziplinarmaßnahmen in ausländischen Gefängnissen strenger als in Russland.sind" Herr Peskow gab nicht an, auf welche Gefängnisse er sich bezog.
Natürlich ist es wichtig, mit dem derzeitigen Machthaber in Russland in Kontakt und Dialog zu bleiben, insbesondere um mit ihm über den von ihm erwarteten Friedensschluss in der Ukraine zu sprechen, wo er seit April 2014 einen Krieg schürt, der 13.000 Tote, 30.000 Verletzte und eine Million Vertriebene gefordert hat. Frankreich und Deutschland unterstützen die Ukraine in ihren Bemühungen um die Wiederherstellung des Friedens und ihrer territorialen Integrität.
Frankreichs Wunsch, seine historisch guten Beziehungen zu Russland und dem russischen Volk zu bewahren und sogar zu intensivieren, ist intakt, aber die Liste der toten Opfer der Moskauer Herrschaft wird immer länger. Wird Navalny die Liste der bekannten Opfer der Handlanger der Macht, wie Boris Nemstov, ermordet einen Steinwurf weit om Kreml, Natalia Estemirova, Stanislas Markelov, Anastasia Baburova, Alexander Litvinenko, Anna Politovskaya, Sergei Yuschenko, Boris Berezovsky und S. Magnitsky um seinen Namen verlängern? Oder wird der Westen seine Entlassung wie diejenige von Mikhaïl Khodorkovski erlangen?
Nachts spuken sicherlich deren Geister durch die Gänge des Kremls. Hinzu kommen die Millionen Opfer von Stalin, der ebenfalls in diesem Palast wohnte. Putin scheint das Motto des schrecklichen "Väterchens der Völker" übernommen zu haben: "Ein starker Mann an der Spitze und alle anderen im Knast oder kaltgemacht". Natürlich kennt jeder das Argument: "Ein riesiges Land wie Russland mit einer Bevölkerung von annähernd 145 Millionen (also nur Deutschland und Frankreich zusammen) ist von einer Demokratie nicht zu verwalten. Es braucht eine eiserne Faust wie die von Putin, um es zu führen".
Aber warum sind dann die USA, Indien und andere große Länder Demokratien? Die Demokratie funktioniert dort nicht immer perfekt, aber sie funktioniert.Die Justiz ist unabhängig, die Marktwirtschaft respektiert Initiative und Eigentum, es gibt keine politischen Gefängnisse oder staatlichen Morde, und man kann das Land frei verlassen und ohne Probleme zurückkehren.
Putin scheint dem ehemaligen russischen Schachmeister, Garry Kasparov, der zu seinem Gegner wurde, Recht zu geben, der sagte: "Es ist der KGB, der regiert. Putin ist ein ehemaliger KGB-Beamter und wir sind wieder da, wo wir angefangen haben, als ob der Fall des Kommunismus nie stattgefunden hätte". Es liegt am Präsidenten auf Lebenszeit - bis 2036 - des ewigen Russlands zu beweisen, dass es anders sein kann, dass Russland eine moderne, demokratische Macht wie die USA, Canada, Grossbritanien, die Europäische Union werden kann. (Cyprien Cazamayou. 28/03/2021)

Biden spielt die Karte der Eindämmung à la George Kennan gegenüber Peking

Wird die neue US-Außenpolitik dem Ausmaß an Interesse gewachsen sein, das das US-Wahlphänomen Ende 2020bekommen hat?

Offensichtlich hatte das Chaos-Phänomen Trump die Weltaufmerksamkeit allzu sehr auf die USA gezogen. Er hatte keine guten Manieren, war unfähig, eine Demokratur von einer Demokratie zu unterscheiden, aber er bewegte Dinge, die im diplomatischen Einheitsbrei stecken blieben. Er hat imerhin versucht Nordkorea von China zu entfernen. Mit wenig Erfolg, oder? Aber zum Brexit hat er ein bisschen beigetragen und wer hätte geahnt, dass sich die Golfstaaten mit Israel versöhnen würden? Die beiden spektakulären Friedensverträge von Israel zuerst mit den Vereinigten Golfemiraten und dann mit Bahrein, die sog. Abraham-Verträge, die Trump im August und im September 2020 abgesegnet hat, verändern die Situation zugunsten Isarels im Nahen Osten.

Es wird jetzt seitens Amerika ruhiger werden, wir werden von Trumps Hardcore zu Bidens Softpower übergehen, Biden wird sicherlich in seinem Verhalten berechenbarer und rationaler sein, aber einige wichtige Veränderungen werden bleiben. Insbesondere dem theokratischen Iran und dem kommunistischen China wird man weltweit nicht mehr blind vertrauen.

Biden ist vorerst nicht so "weich" wie gedacht. Wir sollten das Ausmaß der bevorstehenden Veränderung nicht überschätzen. Er ist in erster Linie ein Apostel der Demokratie nach amerikanischem Vorbild, und das kann in einer Welt, in der die Demokratie im Niedergang begriffen ist, eine Menge verändern. Sein Hauptproblem bleibt – auch in diesem Zusammenhang - wie vor und nach ihm für die USA der Aufstieg des kommunistischen Giganten China. Unmittelbar nach seinem Amtsantritt setzte der neue amerikanische Präsident eine Task Force im Pentagon ein, die innerhalb von vier Monaten Empfehlungen ausarbeiten soll, wie China am besten in Schach zu halten sei.

Kennans Containment-Politik

In seiner ersten außenpolitischen Rede machte Biden deutlich, dass China der härteste Konkurrent der Vereinigten Staaten sei und dass man sich dieser Herausforderung stellen werde. "Wir werden uns Chinas wirtschaftlichen Missbräuchen entgegenstellen; wir werden auf sein aggressives Streben gegenüber den Menschenrechten, dem geistigem Eigentum und auf seine globale Regierung reagieren". Global bedeutet hier offensichtlich totalitär.

Biden lässt sich von der Strategie inspirieren, die der amerikanische Diplomat George Kennan 1946 in seiner Analyse des "langen Telegramms" entwickelt hatte und die später in einem Wort zusammengefasst wurde: "Containment". Manchmal mit "Eindämmung" übersetzt, bestand sie darin, dem Gegner den Weg zu versperren, indem man ihn durch Drohung, Abschreckung und Zurückweisung, falls er versuchte, auszubrechen, in dem ihm zugewiesenen Bezirk festhielt. Diese Doktrin der bewaffneten Abschreckung ermöglichte es der freien Welt, angeführt von den Vereinigten Staaten, den Kalten Krieg in einem Zeitraum von etwa 45 Jahren zu gewinnen und dabei unter der Schwelle eines offenen Krieges, wenn auch manchmal an der Schwelle davor, insbesondere 1962 während der kubanischen Missilenkrise, zu bleiben. Der chinesische Präsident ist sich bewusst, dass er trotz seiner enormen militärischen Anstrengungen von den USA in dieser Hinsicht noch weitgehend dominiert wird und sich kein „Abenteurertum“ leisten darf, eine ständige Idee des chinesischen Kommunismus.

Er weiß auch, dass es einen Punkt gibt, in dem sich Peking und Washington einig sein müssen. Genau wie im Verhältnis zu Moskau unter Stalin und nach ihm kann keiner von beiden die Tatsache ignorieren, dass ein militärischer Konflikt zwischen den beiden Großmächten der Welt zu einer globalen Apokalypse und der Zerstörung des eigenen Landes und Volkes führen würde. Xi hatte daran gedacht, die Vereinigten Staaten zu überrumpeln, die in einer komplizierteren politischen Welt als er selbst, mit unsicheren Verbündeten, unter einem eher chaotischen demokratischen Regime stecken, und gezwungen sind, ihre öffentliche Meinung zu berücksichtigen. Er dachte, er Könnte "für dreißig Jahre planen, während westliche Länder für dreißig Tage planen". Genau dieses strategische Defizit will Biden nun ausgleichen, indem er an das Langzeitrezept anknüpft, das von 1947 bis 1990 in Europa und in der Welt gegen die UdSSR funktioniert hat.

Der ehemalige australische Premierminister Kevin Rudd, ein erfahrener Sinologe, schreibt in der Zeitschrift "Foreign Affairs", dass die chinesisch-amerikanischen Beziehungen in den 2020er Jahren in ein entscheidendes Jahrzehnt eintreten, das "Jahrzehnt des gefährlichen Lebens", wie er schreibt. Wir sind nicht sicher, dass es 2030 aufhört, gefährlich zu sein. Es wird zweifellos wie während des Kalten Krieges im 20. Jahrhundert noch viel länger dauern, wir werden Geduld haben müssen. Sicherlich wird die Lage in den nächsten Jahren labil sein, weil China den amerikanischen Geisteswandel nicht problemlos einstecken wird und in seine Schranken gewiesen wird, während Xi dachte, er hätte einen Königsweg vor sich.

Freilich, China hat vom Scheitern der Sowjetunion unter Gorbatschow gelernt. Es ist Peking gelungen, eine lebensfähige Mischung von Kapitalismus in der Wirtschaft und Kommunismus in der Politik zu praktizieren. Das chinesische Volk, große Teile davon wenigstens, lebt und wirtschaftet wie in Europa und Amerika, aber es ist total unter digitaler und geheimdienstlicher Aufsicht. China ist eine moderne Diktatur mit mehr Orwells als Marx im Handbuch. Wahrscheinlich wird es immer noch versuchen, mit "Nadelstichen", wie damals im Kalten Krieg des Westens mit der UdSSR, aber auch mit ihrer aktuellen Taktik des "Eindringens wie Wasser" Boden zu gewinnen und den Westen zu schwächen. Es hat verstanden, dass Wirtschaftskraft und Meinungsmache zum Sieg führen.

Volkschina war die einzige Macht auf der Welt, die von der Pandemie Profit gezogen hat. Es erlebte 2020 keine Rezession und könnte 2021 ein Wachstum von 8 Prozent erreichen. Es unterschrieb einen umfassenden Handelsabkommen mit dem pazifischen Raum, Australien eingeschlossen, und mit der EU daraufhin das ambitionierteste Investitionsabkommen, dass es je abgeschlossen hat. Deutschland wird, heißt es, der erste Nutznießer dieses Abkommens sein. Angela Merkel, die die treibende Kraft für das Abkommen war, hat Emmanuel Macron buchstäblich in letzter Minute ins Boot bekommen. Hoffentlich wird unsere Abhängigkeit von China nicht dadurch verstärkt. Haben wir von unseren Fehlern gelernt? Es sieht nicht so aus. Unsere ökonomische Schwächung durch die Lockdowns verengt auch unseren Spielraum.

Der Geist der Pandemie

Immerhin hat sich in der Pandemie ein neues Bewusstsein entwickelt, und zwar nicht nur in den Vereinigten Staaten. Die Covid-Krise hat sicherlich allen fortgeschrittenen Nationen der Welt vor Augen geführt, wie sehr wir uns in dem Netz verfangen haben, das der chinesische Hypernationalismus so unbemerkt wie eine "Universalspinne" über die Welt geworfen hat. China war zur Fertigungswerkstatt der Welt geworden; es strebte nach der digitaler Vorherrschaft; es kaufte nicht nur Land und Erze in Afrika, sondern baute dort auch Fabriken, führte eigene Markenprodukte und Technologien aus und hielt uns bei wirksamen und lebenswichtigen Medikamenten an der Gurgel. Das Virus, das China (unfreiwillig...) entsandte, das "chinesische Virus", wie Donald Trump ihn nannte, hat uns die Schuppen von den Augen fallen lassen. In seinem ersten Telefongespräch mit "Xi" sprach "Jo" wenig diplomatisch über seine "tiefen Sorgen" bez. der chinesischen Politik, er erwähnte die Unterdrückung in Hongkong, die Menschenrechtsverletzungen im Xinjiang und die zunehmend aggressive Haltung der chinesischen Streitkräfte, auch gegenüber Taiwan.

Für Biden ist China nicht unbesiegbar, und Xi Jinpings Wunsch, die Welt in 30 Jahren zu dominieren, wird wahrscheinlich auf einen Felsen stoßen. Donald Trump nahm kein Blatt vor den Mund, aber auf die ideologische Grundlage des chinesischen Regimes ging er wenig ein. Im Gegensatz zu ihm haben Biden und seine Vizepräsidentin eine bestimmte Vorstellung von Demokratie, und Peking wird - wie auch Moskau und Teheran - auf diese beiden Apostel der Freiheit und des Rechts stoßen. Außerdem, und das ist zweifellos sehr störend für Autokraten, die an geheime Kriegsführung gewöhnt sind, legt Biden seine Karten auf den Tisch. Er versäumte es nicht, seinen chinesischen Gesprächspartner darauf hinzuweisen, dass er es nicht zulassen wird, dass Peking folgende Prioritäten der USA angreift: Sicherheit, Wohlstand, Gesundheit und Lebensstil der Amerikaner sowie den freien Zugang zu einem indopazifischen Freiraum. Xi reagierte, indem er auf die "katastrophalen Folgen" einer "Konfrontation" hinwies und argumentierte, Biden solle sich nicht in Chinas "innere Angelegenheiten" einmischen. Aber gerade Amerikas Vorstellung von universeller Demokratie schließt ein gewisses Recht auf Einmischung ein, wie es zum Beispiel die Vereinten Nationen verstehen, wenn Menschenrechte verletzt werden. In den kommenden Jahren, auch in Richtung Moskau, ist ein demokratischer Kreuzzug zu erwarten. Wird Jo Biden das Gleiche gegenüber Erdogan und den saudischen Verbündeten tun?

Schließlich streckte Xi Jinping seine Hand aus und forderte einen gleichberechtigten Dialog und mehr Kommunikation. Um bewaffnete Konflikte zu vermeiden, erwähnt Kevin Rudd die Möglichkeit eines "gesteuerten strategischen Wettbewerbs" mit Regeln, die einen Kontrollverlust des Geschehens verhindern sollen, er nennt auch Gebiete möglicher Zusammenarbeit, zum Beispiel beim Klimawandel und bei der Bekämpfung der Pandemie. Der ehemalige chinesische Vize-Außenminister He Yafei, der an seine Arbeit zurückgerufen wurde, schlug die Einrichtung einer "Hülle" von Regeln und roten Linien vor, um Zwischenfälle zu vermeiden. Das Problem ist, dass Xi Jinping als guter Marxist glaubt, dass die Geschichte auf seiner Seite ist, dass China die Zukunft gehört und dass Amerika im Niedergang ist. Das ist ein bisschen das, was gewisse politische Kreise in Europa auch glauben, ohne Marxisten zu sein. Diese Automatismen und Determinismen gibt es aber nicht und Amerika kann uns noch große Überraschungen bereiten. Xi Jinpings Zukunftsvision ist übrigens genau diejenige von Lenin und Stalin, die glaubten, es würde genügen, darauf zu warten, dass der Kapitalismus sein eigenes Grab schaufelt. Das ist nicht passiert, weil die Demokratie und die Marktwirtschaft die Kraft haben, sich selbst zu regenerieren. Im Unterschied zur staatlich gelenkten sozialistischen Wirtschaft.

Amerika wird nicht so schnell untergehen

Natürlich haben die von der Kreml-Desinformation beeinflussten europäischen Kräfte nach dem Sturm auf das Kapitol in Washington und dem Sturz von Donald Trump erneut ihren bekannten Refrain vom "amerikanischen Niedergang" angestimmt. Dieser extremistische Refrain ist seit den 1960er und 1970er Jahren zu hören. Tonangebend war damals die Desinformationsabteilung des KGB. Unter Putins FSB ist offensichtlich diese Abteilung verstärkt worden. Wären die USA kurz vor dem Zusammenbruch, so hätten wir den Rauch ihres Einsturzes nach demjenigen der Zwillingstürme von New York sehen müssen, aber weder das, noch der diskrete Rückzug der US-Armee aus Nahost, noch das Covid-Massensterben haben diesem große Land den Garaus gemacht, das Castros Freund, der Journalist Claude Julien, Chef des revolutionären Blattes "Le Monde diplomatique", in seinem Buch "Das amerikanische Imperium“ die Hölle versprach.

Außerdem wird eines der Elemente der neuen amerikanischen Strategie darin bestehen, Allianzen zu erneuern, die von der Trump-Administration etwas missbraucht wurden. Es bleibt zu hoffen, dass Washington nicht die falschen Verbündeten erwischt und einige der positiven Initiativen von Trump, die Linien verschoben haben, die als feststehend galten, vor allem im Nahen Osten, wieder einreißt. Insbesondere die unter US-Garantie unterzeichneten Avram-Abkommen zwischen Israel und den Golfstaaten waren ein wichtiger Schritt zu mehr Stabilität und Gleichgewicht in dieser verminten Region.

Es gibt untrügliche Anzeichen: Die US-Wirtschaft bleibt stabil ; der erste Impfstoff gegen Covid wurde (mit deutscher Unterstützung) in den USA erfunden und in nur neun Monaten industriell hergestellt; die USA sind derzeit das einzige Land, das einen Roboter auf den Mars bringen kann, usw. Und beachten Sie die Wirksamkeit der Impfkampagne in Israel. Der mit den USA verbündete hebräische Staat wird stärker und die anti-israelische "links-islamische" Propaganda entleert sich wie ein geplatzter Luftballon. Amerika bleibt weltweit tonangebend und seine Einflusssphäre reicht noch weit. (J.-P. P., 24.04.2021)

Will Joe Biden Europa dem amerikanischen Leadership unterwerfen?

Joe Bidens Rückkehr zu traditionellen US-Allianzen könnte nicht nur positive Auswirkungen auf Europa haben. Dies kündigte er am 19. Februar während des G7-Gipfels und auf der Münchner Sicherheitskonferenz an, die jedes Jahr in München stattfindet. Er sagte, er stelle die transatlantische Partnerschaft "in den Mittelpunkt" und wolle, dass Amerika "seine Position des verlässlichen leaderships" gegenüber Europa wiedererlange. Er hat nicht „partnership“ gesagt, sondern „leadership“.

Die Frage ist, ob wir zurück in die 1950er bis 1980er Jahre gehen wollen. Aber die Welt hat sich seither grundlegend verändert. Alle französischen Präsidenten, und Emmanuel Macron ist einer von ihnen, haben sich für ein starkes Europa ausgesprochen, das in der Lage ist, seine eigene Verteidigung im Falle eines Überraschnungsanriffs zu gewährleisten. Natürlich in Partnerschaft mit den Vereinigten Staaten, die niemals ein Feind sein werden. Seit dem 18. Jahrhundert ist Frankreich ein Verbündeter der Vereinigten Staaten. Es hat in der Geschichte nie einen bewaffneten Konflikt zwischen Frankreich und den Vereinigten Staaten von Amerika gegeben. Ganz im Gegenteil.

Leider gibt es auch in Deutschland Menschen, die sich sehr wohl fühlen würden, wenn Amerika wieder die Rolle des Weltpolizisten übernehmen  und sie unter dem schützenden Flügel der NATO ruhig schlafen könnten. Wie die sehr kompetente  Journalistin Isabelle Lasserre in "Le Figaro" vom 22. Februar schreibt: "Lange Zeit war Großbritanniender Bremser der von Frankreich getragenen Projekte zur europäischen Autonomie. Seit dem Brexit wird eher in Berlin auf die Bremse getreten". Mitte Februar lehnte der Bundestag den Antrag Frankreichs ab, Truppen für Kampfeinsätze gegen Dschihadisten in der Sahelzone zur Verfügung zu stellen.Haben die Deutschen denn vergessen, dass die Franzosen Puber vierzig Jahre lang Truppen in Berlin und Westdeutschland mitstationiert haben, um den Zugriff der Sowjetunion abzuwenden? Dass Frankreich bereits 1950 die Bundesrepublik Deutschland in Europa wieder salonfähig gemacht hatte?

Deutschland setzt auf Handel und industrielle Produktivität. Frankreich will wirtschaftlich nicht ins Hintertreffen geraten, aber seine aussenpolitische Stärke liegt in seiner Diplomatie und seiner Armee. Es verfügt auch über die einzige nukleare Abschreckung in der Europäischen Union, ein Element, das in der heutigen multipolaren Welt nicht mehr obsolet ist, besonders in einer Welt, in der autokratische Regime Westeuropa im Visier haben. Glauben die Deutschen denn, dass sie alle Probleme weierhin mit dem Scheckheft lösen können?

Vielleicht müssen wir den Schutz Europas vor terroristischen und kriegerischen Bedrohungen neu überdenken. Wenn Deutschland nur noch Waffen - vom Gewehr zum Kampfflugzeug - für seine Verbündeten produzieren will,  soll es sich auf Rüstung, Aufklärung und materielle Hilfe für befreundete Länder spezialisieren. In Frankreich und anderen europäischen Ländern, auch in Deutschland, gibt es jedoch keinen Mangel an jungen Männern und Frauen, die sich dem Dschihadismus in den Weg stellen wollen. Vielleicht würde es reichen, wenn Frankreich seine Fremdenlegion modernisiert und revitalisiert, um sie aufzunehmen. Zumal wir keine Werhpflichtigenarmeen mehr sondern Armeen von Freiwilligen haben. Wir brauchen europäische Freiwillige. (JPP, 24/02/2021)

Fernsehen in Frankreich: Zuviel des Guten!

In Frankreich wird die starke Überzahl von Afrikanern, bzw. von Franzosen afrikanischer Abstammung am Bildschirm für viele Zuschauer zum Rätsel. Vor wenigen Tagen wurd der Gipfel erreicht, als in Strassburg laut Fernsehkommentar zwei sehr fein angezogenen Afrikaner weissen Obdachlosen angeblich, Essen verteilten (das wurde nicht vorgeführt). Kaum ein Straßeninterview, kaum eine Gruppe von Schülern, Studenten, Arbeitern, vor allem von leitenden Angestellten oder Ärzten wird ohne dunkelhäutige Gesichter gezeigt, auch in den Kultursendungen sind Afrikaner stark anwesend, so dass man den Eindruck hat, dass fast die Hälfte der französischen Bevölkerung aus Migranten mit afrikanischen Wurzeln besteht. Dabei ist wahrscheinlich der Anteil der Einwohner Frankreichs mit afrikanischer Abstammung noch weit von 10 Prozent der Gesamtbevölkerung. Eher liegt er sogar deutlich darunter. So wird zu Umerziehungszwecken für das dumme Volk, gemacht. Die journalistische Elite in den elktronischen staatilche Medien bekommt bestimmt diesbezüglich Vorschriften. Eigentlich warum nicht? Wir sind doch keine Rassisten!

Subliminale Beeinflussung

Ist das aber nicht zu viel des Guten? Statt einen vermutlichen bzw. angeblichen Rassismus, den es in der französischen Bevölkerung kaum gibt, abzubauen, kann diese Übertreibung das Gegenteil von ihrem eigentlichen Zweck verursachen, und zwar Rassismus hervorrufen, denn die Zuschauer können sehr gut zwischen dem, was sie im Alltag sehen und dem, was man ihnen zeigt, unterscheiden. Das muss den Machern in den Medien bewusst sein, denn sie versuchen auch subliminal zu beeinflussen, indem etwa grund- und zusammenhangslos ein afrikanisches Gesicht in Sekundenschnelle zwischen zwei Abschnitten einer Sendung am Bildschirm erscheint.

Werden irgendwelche Zuschüsse oder Mindestlohnverbesserungen vergeben, da werden nur weiße Europäer vorgeführt, obwohl bekanntlich den Zuwanderern der Großteil der Sozialhilfe zufließt. Das gilt nicht nur für Afrikaner südlich der Sahara. Die Wartezimmer der Krankenhäuser sind voll von Migranten bzw. von Touriten aus dem Maghreb. Sie kommen zahlreich mit einem dreimonatigmen Touristenvisum, um sich pflegen zu lassen. Die Pflege sit billig oder kostenfrei. Im Moment haben sie das Problem, dass Algerien seine Grenze geschlossen hat und dass sie nicht mehr nach Hause zurückfahren können. Die viele islamische Verein machen mobil, um diesen "Unglückseligen" zu helfen und unterzubringen und ernähren.Gottseidank sind viele Franzosen gute Christen und fühlen sich schuldig und helfen.

Es ist in Frankreich verboten Statistiken nach ethnischen Maßstäben und Gesichtspunkten durchzuführen und zu gliedern. Vermutlich zehn Prozent „colored“ Franzosen, das ist ein vernünftiger Anteil, der es möglich macht Zugewanderte in jeder Hinsicht nicht nur zu assimilieren, sondern auch demographisch als eine Bereicherung zu betrachten, vorausgesetzt, der Wille und die Mittel für eine gelungene Integration vorhanden sind. Die Grenze von 10 Prozent nannte einmal der selige deutsche Bundeskanzler Helmut Schmidt. Auf seine burschikose Art sagte er: „Mehr können wir nicht verdauen“. Aber vielleicht beziehen sich die französischen TV-Bilder nicht auf die Gegenwart, sondern auf die Zukunft? Will man die Menschen auf eine große Zuwanderungswelle vorbereiten, die auf uns zukommt?

Vor der Massenzuwanderung?

Einer vom Forschungsinstitut Pew Research in Ghana und Nigeria durchgeführte Umfrage im Auftrag der theologischen Fakultät der Salzburger Universität zufolge würden drei Viertel der erwachsenen Menschen dort sofort auswandern, wenn sie die Mittel dazu hätten. Muss man deswegen die Franzosen, bzw. die Europäer auf diese Massenmigration psychologisch vorbereiten? Das größte Problem der Welt ist heute in der Tat demographischer Natur. Es geht um uferloses Bevölkerungswachstum. Nehmen wir das Beispiel Ägyptens. 1937 war es ein englisches Protektorat mit 15,0 Millionen Einwohnern. Heute hat die Bevölkerung dieses Landes die Zahl von 100 Millionen überschritten. Die automatische Folge ist Massenarmut. Nicht anders sieht es im Maghreb aus. 1962, als es unabhängig wurde, hatte Algerien 9 Millionen Einwohner. Heute sind es 44 Millionen. Nach dieser Studie aus Salzburg leben derzeit 1, 2 Milliarden Menschen in Afrika. 2050 werden es laut Prognosen doppelt so viele und am Ende des Jahhunderts 4, 4 Milliarden sein. 1960 hatte Afrika "nur" 3000 Millionen Einwohner. 2050 wird es 1, 7 Milliarden Inder geben.

Der Migrationsdruck auf Europa wird unermesslich steigen und darauf müssen wir uns vorbereiten. Es gibt in Deutschland, Österreich und Frankreich Politiker und Sachverständige, die nach Lösungen suchen. Und diese Lösungen gibt es schon zumindest teilweise. Die deutsche Bundeskanzlerin Angela Merkel hatte sich offensichtlich nicht damit befasst. Abgesehen von der Innenpolitik sind ihre Haupttätigkeitsfelder Europa und der Umweltschutz. Dort kennt sie sich sehr gut aus. Aber das Problem der nächsten Jahre und Jahrzehnte wird auch weitgehen die aufgrund der Geburtenzahlen außerhalb Europas steigende Armut sein.

Suche nach Lösungen

Der ehemaliger Konkurrent von Frau Merkel in der deutschen Politik ist Friedrich Merz, der damals entfernt wurde, weil er sich getraut hatte, die Formel „Leitkultur“ in den Mund zu nehmen (gemeint war die deutsche, bzw. europäische Leitkultur auf unserem Kontinent). Merz ist zurzeit Aspirant für den CDU-Vorsitz. Er hat offensichtlich über Lösungen für das Migrationsproblem nachgedacht. Über eventuelle und mögliche Lösungen berichten wir in einer späteren Ausgabe dieses Journals.

Heute müssen wir uns  in Europa mit der Tatsache abfinden, dass es in unserem Jahrhundert nicht um Millionen, sondern um mindestens eine Milliarde potentielle Einwanderer gehen wird. En neues Kapitel der Weltgeschichte beginnt. (Nach einem Artikel von Ludwig Bayer in der Zeitschrift „Paneuropa“ der Paneuropäischen Bewegung Österreich, Nr. 5-6 2020, vielen TV-Sendungen und nach einer Privatumfrage unter TV-Zuschauern in Frankreich)

Evènement


1. L'enfer et déjà là
2. Coup de semonce
3. Maintenant ou jamais: Il faut changer de vie ou de monde
4.Vers Saint-Jacques-de-Compostelle
5Nécrologie : Olivier Dassault

L'enfer est déjà là

L'air a un goût de pudding. Chaque respiration coûte un effort. La peau a l'impression d'être grillée. Chaque pas est laborieux, la pensée devient une bouillie visqueuse qui se coagule en un seul et unique désir: boire ! Si vous n'avez pas de bouteille d'eau à portée de main et que vous ne trouvez pas d'ombre, vous éprouvez un sentiment de désespoir qui peut se transformer en panique en quelques minutes : « Je dois sortir d'ici ! ».
C'est ce que ça fait d'être exposé à plus de 50 degrés Celsius. La chaleur m'a frappé comme un coup de poing en plein visage lorsque j'ai traversé le désert libyen en voiture il y a 16 ans. C'était supportable avec les fenêtres de la voiture ouvertes et le vent qui soufflait, mais lorsque la jeep s'est arrêtée, que je suis sorti et que j'ai marché sous un soleil de plomb, j'ai fait l'expérience directe de l'effet brutal que le soleil peut avoir lorsqu'il réchauffe une région. Même si quelques gouttes de pluie tombent, elles s'évaporent instantanément, le sol mouillé se fissure comme une croûte, chaque petite plante se fane.
Ce que j'ai vécu il y a 16 ans dans le Sahara pourrait bientôt être vécu en Europe. Le réchauffement de la planète se traduit par des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes, les températures moyennes sont de plus en plus élevées et nous ne faisons pas grand-chose pour y remédier. Ces jours-ci, les habitants des pays méditerranéens ont un avant-goût de l'enfer qui menace régulièrement non seulement les Africains, les Américains et les Australiens, mais aussi nous, les Européens. En Grèce, on mesure des températures de 47 degrés Celsius, et des régions entières dépérissent. L'étincelle d'une cigarette suffit à allumer un enfer de flammes. Dans la banlieue d'Athènes, les feux de forêt et de brousse font rage, une fumée âcre envahit la ville, des flocons de cendres tourbillonnent dans l'air. Dans le Péloponnèse et sur les îles touristiques comme Rhodes et Kos, les incendies font rage, des centaines de maisons sont parties en fumée. "C'est un incendie cauchemardesque", déclare le chef du gouvernement Kyriakos Mitsotakis.
En Turquie, la situation est également hors de contrôle. De nombreux incendies ravagent la côte ouest, certains menaçant des hôtels touristiques, un autre engloutissant une centrale électrique au charbon. "La situation est très grave", prévient le maire de la ville de Milas, près de la mer Égée. En Italie, la région de Molise a demandé l'état d'urgence en raison des feux de brousse. En Sicile, les pompiers luttent contre les flammes jour et nuit. Hier, la Commission européenne a envoyé des avions, des hélicoptères et des experts en incendie en Grèce, en Italie, en Albanie et dans le nord de la Macédoine. L'Europe lutte contre le brasier.
Nous devons modifier notre comportement le plus rapidement possible pour éviter le pire : C'est l'appel limpide que viennent de lancer plus de 14 000 scientifiques. Ce qu'il faut faire est connu depuis longtemps. La protection du climat comme priorité absolue dans l'action gouvernementale et à chaque sommet international. Sortez rapidement de la combustion du charbon. Construisez des éoliennes et des centrales solaires, même contre la résistance. Isolation thermique et systèmes de chauffage modernes pour tous les bâtiments. Des bus, des trains et des pistes cyclables au lieu des embouteillages dans les villes. Promouvoir beaucoup plus l'agriculture biologique. Arrêtez la politique absurde de l'UE qui encourage la construction de centrales électriques au charbon en Afrique du Sud et la déforestation de la forêt tropicale en Amérique du Sud. Et la planète continue de se réchauffer. "En principe, nous devons nous préparer à de nouveaux records de température chaque année", déclare le climatologue Thomas Jung, de l'Institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine, dans une interview accordée au portail d'information Watson. "Une fois que vous avez déclenché ça, vous devez apprendre à vivre avec."
L'élimination du CO2 de l'atmosphère, ou de la chaleur de l'océan, ne se fait pas aussi rapidement, a-t-il dit. "Si vous deviez réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro aujourd'hui, ce processus se poursuivrait quand même", explique l'expert. "Jusqu'à présent, le changement climatique entraîne des phénomènes météorologiques extrêmes jusqu'à quatre degrés Celsius plus chauds qu'à l'époque préindustrielle." Et ce n'est que le début du réchauffement : "Si vous vous projetez dans l'avenir, vous pouvez facilement ajouter sept, huit ou neuf degrés supplémentaires aux températures actuelles. C'est à ce moment-là que l'on arrive dans des zones où l'on atteint 50 degrés." Dans les 30 prochaines années, nous vivrons dans un monde différent de celui d'aujourd'hui : "S'il fait tellement chaud et humide et que la transpiration ne nous rafraîchit plus, même la personne la plus en forme ne pourra pas y vivre.
« Invivable ! ». Les gouvernements du monde entier n’avancent encore qu’à trop petits pas en matière de protection du climat, et de nombreuses personnes ne se départissent pas de leurs habitudes de consommation : Conduire un Quatre-Quatre SUV pour se rendre au bureau le matin, acheter des vêtements bon marché en Asie, manger de la viande tous les jours, parcourir de longues distances en avion. À peine les pays d'Europe sont-ils sortis du verrouillage de Corona que les émissions de CO2 repartent à la hausse. Il n'est plus possible d'empêcher l'augmentation de la température, mais le fait qu'elle soit d'un degré et demi, de deux degrés ou même plus en moyenne dans le monde fait une énorme différence. C'est la différence entre un four et l'enfer. Tous les feux de brousse ne sont pas une conséquence directe de la crise climatique, mais le réchauffement de la planète augmente le risque d'incendies incontrôlables, non seulement dans des pays lointains, mais aussi dans notre pays. Les experts de l'Agence fédérale de l'environnement prévoient une augmentation du risque d'incendies de forêt en Allemagne au cours des prochaines décennies. Les raisons résident essentiellement dans l'augmentation des températures et la sécheresse.
Selon les calculs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, les vagues de chaleur, les sécheresses et les fortes précipitations vont augmenter massivement. Non seulement des pays comme la Grèce, qui sont déjà en difficulté, devront alors faire face à des coûts de centaines de milliards d'euros. Il ne semble plus inconcevable que des pays entiers tombent en faillite à la suite de dommages climatiques extrêmes. Des quartiers détruits qui ne peuvent plus être reconstruits, des champs abandonnés, des zones sans contrôle étatique : ce que nous ne connaissons actuellement que des États en déliquescence comme le Sud-Soudan ou le Liban, est également envisageable en Europe à l'avenir. Tout cela et bien plus encore est nécessaire. Cela coûte des sommes considérables et exige de chaque individu un énorme effort d'adaptation. Mais la bonne nouvelle est que nous pouvons le faire, et que c'est toujours à notre portée. Les partis participant à la campagne électorale allemande devraient en être informés. On ne devrait pas s'infliger des températures de 50 degrés et plus. (Florian Harms.t-online.de. 5.06.2022)

Après les élections régionales et départementales de fin juin 2021 en France, qui se sont caractérisées par une abstention historiquement élevée, le rédacteur en chef de "La Lozère Nouvelle", Claude Donnadieu a publié cet édito :

Coup de semonce

Il faut savoir écouter le silence assourdissant des deux tiers des électeurs qui ne se sont pas déplacés aux deux tours des départementales et régionales.
Commenter jusqu’à plus soif les résultats n’a aucun sens.
Que la plupart des éditorialistes glosent sur le retour de la droite, l’émiettement de la gauche, la chute du RN ou l’inconsistance des écologistes, tout ça c’est du pipeau. C’est l’arbre qui cache la forêt. Tout comme ceux qui vous racontent qu’on n’est pas allé aux urnes parce qu’un dimanche il faisait trop beau et que le suivant il pleuvait, ou qu’on avait peur de choper le Covid, qu’on n’était pas fichus de discerner les deux élections ou que le matériel électoral n’a pas été correctement distribué. Bref on nous amuse pour escamoter le vrai problème : un taux d’abstention historiquement haut, qui s’explique par la colère et le désintérêt.
Colère sourde des Français, dont les préoccupations sont à mille lieues de celles des politiques dont le seul objectif véritable est d’obtenir une parcelle de pouvoir et de la conserver. Quitte à faire revoter les élus en 2008 pour rectifier le “Non” du référendum de 2005 au traité européen.
C’est aussi le signe d’une fracture qui s’élargit entre la France réelle et ses représentants, politiciens professionnels de tous bords déconnectés de la vraie vie. Ce désamour est la marque d’une république mal en point, ce qui alimente cette forme d’inertie.
Désintérêt: le phénomène n’est certes pas récent, mais les abstentionnistes relèvent désormais de toutes les classes, populaires ou supérieures, les diplômés ou non, ruraux ou urbains. Des catégories entières de la population ne sont pas représentées. Combien de députés, de sénateurs sont paysans, pêcheurs, ouvriers, employés ?
En résulte, comme l’analyse Romain Rambaud, “une image dégradée du système représentatif, recroquevillé sur lui-même, qui conçoit le vote comme une procédure pour renouveler les dirigeants et ne cherche plus à inclure les citoyens.”
Telle est la leçon de cet épisode qui pose le problème de la légitimité démocratique des nouveaux élus et qui révèle la progression durable d’un électorat protestataire.
Marc Lambret, aumônier des parlementaires, soulignait “ le parallèle entre la crise environnementale et la crise de la démocratie comme les lie le pape François. Nous allons dans les deux cas, vers une catastrophe, avec une anesthésie progressive, une banalisation du pire”.
Nous sommes bien loin d’un projet structurant de société et les prochaines échéances se présentent sous un jour qui ne laisse pas d’inquiéter. La seconde démission en quatre ans du Chef d’État-Major des armées, justifiant à demi-mot qu’il ne voulait pas commander pendant la période à venir, tellement le contexte risquait d’être tendu, n’est pas de bon augure. Pourvu que ce coup de semonce soit entendu. (Claude Donnadieu. in : La Lozère Nouvelle, 1/07/2021)

Maintenant ou jamais: Il faut changer de vie ou de monde

La « drôle de guerre » dont nous étions sortis en mai et juin 2020 après deux mois de confinement dans nos lieux de vie, a mis à mal bien des choses autour de nous. Au nom de la règle du « zéro mort », presque tous les pays ont mis à l’arrêt leur économie, mettant la santé des humains avant celle de l’économie. En France, le Président Macron n’a pas hésité un instant : il faut sauver les vies « quoi qu’il en coûte ». En Allemagne, Angela Merkel a dit à peu près la même chose.

Le confinement de la population a stoppé net la croissance économique. On fait face à présent, aux États-Unis comme en Europe, à une crise économique et financière extrêmement grave, à un « effondrement historique » de l’économie mondiale bien plus grave qu’en 1929 alors que celui de 2008-10 avait été déjà au moins aussi grave. Il est question d’un « désastre rare ». Les économies se remettent lentement en route. Même si les usines, les bureaux, les infrastructures ne sont pas détruites comme après une guerre authentique, elles sont gravement amputées et partiellement paralysées. Particulièrement en France où le redémarrage est difficile. S’ajoute la menace d’une « seconde, troisième vague » ou celle d’une « latence chronique » de la contagion par les virus.

Prise de court, l’Europe en désarroi et ses gouvernements ont subi l’attaque virale, venue sans déclaration, sans fusils ni bombes, sans invasion ni occupation, sans champs de bataille, une guerre qui n’en était pas une, mais qui fera date dans l’histoire. Nos langues n’ont pas encore de mot pour la dire. Son arme est moins chère que des missiles nucléaires et plus radicale que le terrorisme. Elle nous a mis en alerte permanente contre en apparence rien. Cette guerre bactériologique couvera longtemps encore. Il y aura peut-être des trêves. Il n'y aura pas d'armistice. À peine avions-nous retrouvé le printemps après le premier confinement, les couleurs des fleurs, le chant des oiseaux, le bleu du ciel et la liberté de mouvement, qu'après cette pause est arrivée la deuxième vague de pandémie, pire que la première, paraît-il.

Sauf en France où le gouvernement ne s'y est pas risqué, plusieurs États européens ont rayé les fêtes de Noël de leur calendrier par un confinement très strict. De nombreux magasins, les restaurants, les bars sont fermés. En Allemagne, le confinement est devenu total, et l'on ne peut nier que règne maintenant en Europe une certaine morosité. Le moral est en berne. Le pire, c'est peut-être que les gens s'évitent obsessionnellement les uns les autres, devenant méfiants à l'égard de leurs semblables. L'homme est un danger pour l'homme. Sommes-nous en train de nous déshumaniser ? Or, l'homme était un animal de groupe. Et si des mutations virales rendent le vaccin inefficace ? Et si un virus attaque non plus les poumons, mais le cerveau, que se passera-t-il ?

Le film américain "Je suis une Légende" dans lequel les hommes deviennent des bêtes féroces avides de mordre pour tuer, pourrait-il devenir une réalité ? Nous sommes déjà en train de vivre de la science fiction au réel.

Pour le moment , la pandémie laisse des ruines immatérielles, des morts à pleurer, des malades à soigner. Il n’y aura pas d’armistice. Des virus plus dévastateurs encore peuvent survenir. Cet ennemi malfaisant et invisible n’est pas un extraterrestre, mais la plus ancienne forme de vie de la planète : un virus. Visant exclusivement notre espèce, il a utilisé nos corps comme relais et armes. Pour refouler l’agent létal, on a engagé l’armée et la médecine. Le personnel médical a accompli des prouesses. En 1914-18 et en 1939-45, il suivait les armées. En 2020, il a été soutenu par l’armée. Il fut en première ligne, femmes et hommes égaux en soldats contre le virus, mais aussi dans l’approvisionnement, les transports, l’agriculture et d’autres secteurs vitaux.

Nous avons survécu. Momentanément ou durablement ? D’aucuns verront dans cette calamité un avertissement divin contre notre démesure et nos excès. D’autres, un épisode de la lutte pour le droit de vivre sur cette belle et capricieuse planète que nous avons trop pillée. Mais il faut positiver. Nous avons redécouvert l’essentiel qui fait la vie. Un nouvel esprit de solidarité est né. Dans l’improvisation, nos gouvernants et savants ont été en gros à la hauteur et les exécutifs démocratiques en sont sortis renforcés. Dans son impréparation à ce genre d’événement, l’Europe a improvisé, renoué des liens ténus par-dessus des frontières cadenassées. Elle a vu que la vie humaine prime sur l’économie et la finance, réappris les bienfaits de la lenteur et ceux de l’anticipation.

Le choc du Covid-19 offre la chance d’un monde meilleur. Europhobes et démagogues ont perdu du terrain. 2020 sera l’année refondatrice d’un continent européen cohérent. Nous avons besoin d’un système prévisionnel d’alerte contre les irruptions de l’imprévu. Nous devons être plus indépendants, autonomes et souverains, ramener chez nous industrie, alimentation, fournitures médicales. Réinventer l’autosuffisance et la proximité. Gommer les inégalités sans écraser dons et talents. La planète et le vivant doivent être protégés. Notre façon de vivre s’adaptera aux nouvelles conditions et sera moins frénétique, plus économe, plus réfléchie.

Si le nouveau monde se fragmente, l’Europe doit rester un exemple d’union dans la pluralité, à l’instar de l’Allemagne et de la France, modèle de réconciliation réussie entre anciens ennemis. Après la Première Guerre mondiale, puis la Seconde et leur fille la Guerre Froide, les bâtisseurs de la Paneurope, Richard Coudenhove-Kalergi et Otto de Habsbourg, ont inventé un continent de paix et de liberté. L’Europe actuelle s’est construite conforme à leurs vœux. Ce troisième « après-guerre » nous offre la chance de rebâtir comme eux notre association supranationale sur ses fondations de Strasbourg, en France, près le Parlement Européen et le Conseil de l’Europe. Notre réforme inclura des objectifs nouveaux, actuels et concrets.

La communication numérique offre des moyens de franchissement des distances. Depuis cinq ans, dans « l’avant-corona », nous avions préparé cette transformation avec des nouveaux modes de travail, des visions du futur, des idées neuves. Dans le « monde d’après », il nous échoit de repenser l’Europe, de redessiner son architecture. En commun avec nos frères et sœurs des nations européennes, nous construirons davantage de ponts sur les fleuves, nous les franchirons et découvrirons de nouveaux paysages.
Réchappés en 1989 de la Guerre froide, marqués par les stigmates de 2001 (l’attentat islamique contre les tours jumelles de New York), de 2008-2010 (la crise économique et financière qui fit presque couler l’euro) et de 2020-21 (la pandémie du coronavirus), nous ferons le bilan des dégâts. Sans revenir en arrière, ni retomber dans les ornières, comme si rien n’avait eu lieu.

Beaucoup n’ont pas senti vibrer les mutations planétaires. Ils imaginent qu’ils arpenteront les mêmes plages. Qu’ils parcourront les sentiers anciens. Que le temps fera oublier peurs et angoisses et cicatriser les plaies sous le baume des assurances. Que tout sera pareil. Qu’on ne changera pas.

Or, nous entrons dans une autre ère. Les rapports de forces internationaux ont glissé comme la tectonique des plaques. Si nous ne réformons pas logiciels, programmes, comportements et optique, l’Europe sombrera. Des virus pires que corona-2020 sont en embuscade. La planète grille. La maison brûle.

Plus mondiale encore que les deux Guerres du 20ème siècle, en contraignant pour la première fois dans l’histoire de l’humanité tous les pays du monde à lutter contre un même ennemi, la crise du corona nous a peut-être évité la Troisième Guerre mondiale. Elle semblait plausible à certains et à d’autres imminente.

S’il n’y aura pas de grande guerre, des despotes régionaux auront profité de la panique pour occuper des terres qu’ils vident par les armes et les famines. La lutte antivirale a créé des solidarités. Des fragmentations leur succèdent. Comme après toutes les grandes peurs, une hystérie collective gagne la foule. Des révoltes éclatent partout sous maints prétextes.

Nous n’aurons sans doute pas le grand embrasement, mais des révoltes et peut-être des guerres civiles. Sont-elles inéluctables ? Les exécutifs sont sortis renforcés de la crise, mais jamais autant de forcenés n’ont contesté leur pouvoir et même leur existence. Peut-être nos régimes politiques devront-ils se muscler. Peut-être aurons-nous besoin de lois d’urgence. L’épée de Damoclès reste suspendue.

Néanmoins, rien n’est écrit. L’avenir est une page vierge. L’intelligence européenne peut fertiliser les déserts, freiner la fonte des glaces, arrêter les tornades, sauver des vies et allonger la vie. Et peut-être la crise du corona nous a-t-elle évité la Troisième Guerre mondiale qui paraissait à certains imminente car il s’est avéré que les armées seraient plus vites décimées par le virus que par l’artillerie. (Sophie von Stralendorff et JP Picaper - juin-décembre 2020)
Vers Saint-Jacques-de-Compostelle
par Gérard Bokanowski

Le pourquoi, les préparatifs et le voyage virtuel
(première partie)

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins
Celui dont les pensées comme des alouettes
Vers les cieux le matin prennent un libre essor
Qui plane sur la vie et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes.

                               Charles Baudelaire, « Les Fleurs du mal ».

Avant-propos

Parti au mois d'avril 2001 sur le « Camino », à mon retour, le 3 mai, j'étais très loin de me douter de l'engouement qu'allait provoquer ce pèlerinage, je dirais plutôt ce voyage.
À de très rares exceptions près, j'ai constaté que tout le monde portait en soi son Chemin de St Jacques : très peu l'ont fait, presque tous l'ont rêvé !

Je n'oublierai pas le regard, plein d'étoiles, d'un de mes collègues à qui j'avais fait vivre le Chemin en lui montrant l'album photo souvenir, avec les itinéraires. Il y a bien une magie, une puissance, une actualité, je dirais même, une « tentation permanente » du Chemin de St Jacques.

C'est vrai, ce n'est pas neutre, le Chemin vous transforme, et il vous transforme dès le début quand vous entreprenez de le « rêver ». Il appartient en effet à la « mythologie du voyage », à la tradition biblique, à Jésus dans le désert, à l'islam (le Prophète à Médine), aux moines de l'Inde ancienne, à la tradition confucéenne et aux huit siècles d'errance sur la « Voie lactée » (Buñuel) pour rejoindre la tombe de l'apôtre.

Dès le début, cette transformation se projette dans le regard de l'autre, quand il s'aperçoit que vous vous apprêtez à faire ce dont il a confusément – passionnément ? - rêvé. Elle va se poursuivre dans la préparation et le « voyage virtuel » (I) qui deviendra le « voyage réel » (II) en ne cessant d'être un « voyage intérieur » (III).
 
D'emblée, il faut répondre à la question posée par tous, car elle est incontournable : comment cela vous est-il venu ?

L'automne est propice aux rêves. J'ai donc commencé à rêver Compostelle il y a à peu près un an. Jean Giono disait, avec poésie, « on ne sait jamais d'où viennent les vieilles dames ». De même, on ne sait jamais d'où naissent les projets, les aventures, les « ruptures temporelles ».

Ce ne fut pas soudain, ce ne fut pas une révélation, une vocation (quoique la notion « d'appel » – vocare – ne soit pas indifférente). C'est une petite musique composite où les souvenirs de balades en côte cantabrique, l'attrait pour la culture hispanique ou la découverte des églises romanes que je commençais à entrevoir dans les guides ont joué leur rôle. Mais ce fut avant tout une recherche et une interrogation.

Recherche, celle du retour sur soi-même, la tentation d'« arrêter la machine », de sortir de l'Homme convenu pour rechercher l'Homme vrai en dehors du « rôle social ».

Interrogation
, « Qui suis-je ? » est le titre d'une page de mon journal de bord, sens de la vie... Tout y passe. Le fameux « Je est un autre ». Bref, qui suis-je quand je ne joue pas mon rôle assigné : celui de « vieux mâle », de mari, de papa, de grand frère, d'ami avec un grand A, de directeur. Professionnellement, quelles perspectives ? Peut-on arrêter la machine, faire le bilan personnel pour mieux rebondir, se rénover ?

Il s'agit de choses personnelles qui sont au cœur du Chemin, du chemin spirituel... mais qu'il faut transmettre car le « faire connaître » est au cœur de l'expérience.
On parle peu de Dieu... de foi sur le Chemin de St Jacques. D'ailleurs, je ne suis pas parti à la recherche du « Créateur ». Mais sait-on jamais ? J'ai souvent pensé à la phrase du Christ « Tu ne me rechercherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé ».

En fait, mon approche était « teilhardienne ». Teilhard de Chardin, prêtre jésuite, philosophe, penseur chrétien, était très à la mode dans mes années de philo. J'étais en particulier intéressé par ce monde des âmes, la « noosphère » comme il l'appelait.

Je me proposais donc de confronter cette recherche et cette interrogation au « monde des âmes » qui, au cours des siècles, m'avait devancé sur le Chemin de St Jacques. Qu'y ont-elles laissé ? Peut-on retrouver leur passage sur la « Voie lactée » ? Y a-t-il un message ? Je me proposais d'écouter. St Jacques est d'abord une quête intérieure, une prise de conscience.

Un peu d'histoire


En novembre-décembre, j'avale l'histoire du Chemin, découvre saint Jacques « matamoros » (tueur de Maures) intimement lié à la « Reconquista » et les nombreuses légendes et faits authentiques qui vont enrichir le Chemin de ses villes, de ses églises et de ses monuments, où l'on découvre l'art mozarabe aussi bien que roman. Je parcours « Les chemins de Compostelle en Terre d'Espagne » (Ed. Ouest-France) et me laisse impressionner par le récit moyenâgeux d'Aimery Picaud, auteur du premier Guide du Pèlerin : « pour un sou, le Navarrais ou le Basque tue, s'il le peut, un Français » écrit-il. Malgré le « s'il le peut », cette affirmation ne me laissait pas indifférent. Par la suite, j'ai, grâce au Ciel, fait mentir le narrateur et gardé un souvenir profond de l'accueil simple, chaleureux et attentif de tous les habitants des régions traversées.

Quel chemin ? Le choix géographique


Puis, ce fut le parcours virtuel des trois chemins : le camino primitivo m'attirait, notamment la côte atlantique de Santander à Gijón que j'avais parcourue en voiture. Mais comme l'écrivait Jean-Claude Bourlès : « au IXe siècle d'accord, mais aujourd'hui, entre autoroutes et voies rapides, la côte est invivable. » Exit, non sans nostalgie, le camino primitivo !

Ce sera donc le « camino francès », unique à partir de Puente la Reina, mais j'hésitais entre le départ en Navarre (attiré par Roncevaux - Roncevalles en espagnol - et la « Chanson de Roland ») ou le chemin aragonais. Je m'en ouvris à M. Valdivieso, « jacquet de bonne souche » et président de l'intergroupe « Camino de Santiago », qui me recommanda avec enthousiasme le chemin aragonais à partir du col du Somport.

Le choix physique

Ce choix étant réglé, s'ouvre la problématique que tout le monde se pose. Le chemin aragonais représentant quelque 750 km (c'est du moins ce qui m'avait été indiqué), on s'interroge. Après le choix existentiel, après le choix culturel, le choix physique. Quelles étapes, comment, combien de kilomètres puis-je absorber par jour ? Combien de temps ?

Le « Guide pratique du Pèlerin » (Éditions Everest), propose 31 étapes allant de 17 à 40 km. C'est une première base de réflexion.

Tout en méditant, j'achète, le 27 décembre (date importante, car j'entre dans le concret !) ma première paire de chaussures de randonnée. Une précision : si, comme tout le monde, j'avais rêvé le GR 20 (traversée de la Corse), je n'avais jamais fait de randonnée.

En janvier (la belle époque !), l'entraînement commence sur des sentiers gelés ou sous la pluie. Avant les monuments mozarabes, découverte du Brabant wallon ! 10 à 12 km par jour, au départ. Puis, assez rapidement, 20 km, pratiquement tous les jours fériés. Puis environ 30 km par jour (huit heures de marche environ). Dès le début, changement de chaussures (trop étroites). Dans un magasin spécialisé, j'apprends ce que tout randonneur doit savoir : prendre une pointure de plus (le pied enfle avec l'effort) et porter deux paires de grosses chaussettes en laine (ce sera quatre paires dans le sac). Je travaille aussi sur mon futur équipement, mais n'achète pour l'instant qu'un pantalon-ranger et un petit sac de randonnée. Désormais les loisirs s'articulent autour de la randonnée. Découverte de charmants paysages (il n'y a personne !) et de fermes auberges, partage du thermos et des fruits près d'une chapelle du 15e siècle, etc.

En attendant l'Espagne du Nord, j'apprenais à connaître le pays dans lequel je vivais. St Jacques avait réalisé sa première transformation.

L'angoisse du temps

Voyant que la « mécanique » tient le coup, me voilà confronté à l'angoisse du temps. Combien de temps, cet être « absolument indispensable » (c'est du moins ce que nous croyons tous !) va-t-il pouvoir vivre loin de sa famille et de notre cher Parlement ? Sur ce dernier point, puis-je, nouveau Caïn de la « Légende des Siècles » échapper durablement à « l'œil de Julian »… le patron ? Soyons honnête, j'étais surtout préoccupé par mon rôle de « chef » (guillemets de rigueur) de famille !

Avec l'idée de partir au mois de juin, j'établis donc un itinéraire, avec des variantes : 800 km sur 28 jours, soit une moyenne quotidienne de 28,5 km, ce qui me paraissait un maximum.

Finalement, compte tenu des travaux allégés du Parlement (congés de Pâques et semaine blanche notamment), je partis du col du Somport le samedi 7 avril, atteignis Compostelle le mardi 1er mai, ayant au total parcouru 840 km en 24,5 jours, avec un sac de 10 kg (un maximum !) soit un peu plus de 34 km par jour, perdis 6 kg, en suivant un itinéraire largement différent de celui que j'avais prévu. En fait, le sentiment de liberté a été essentiel. Le matin, je ne savais pas exactement où je dormirai le soir. On ne réserva pas dans les refuges ; les petits hôtels et les chambres d'hôte sont innombrables et peu peuplés en avril. Et surtout, je n'avais pas réservé de billet de retour.

Muni de l'indispensable « Carte du pèlerin » (le credencial), me voilà donc, le vendredi 6 avril, en route vers Pau, via Paris-Orly. « Calme étonnant », ai-je noté dans mon journal de bord, « couplé avec le trac des grandes premières et la folle envie d'être déjà sur place. »

En fin d'après-midi, j'arrivais à Pau.

Ici commence « Le voyage réel ».

VERS SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

Le voyage réel
(Deuxième partie)

Tous les guides contiennent des photos et des commentaires sur les principales étapes du Chemin. Je ne m'y attarderai donc pas. En reprenant mon journal de bord, je me propose plutôt de vous faire vivre le Chemin comme je l'ai ressenti.

L'aventure commence à Pau. Contrairement aux prévisions, pas de car pour le col du Somport, point de départ du chemin aragonais. Ce sera 50 km en taxi ! Le chauffeur m'apprend l'histoire de la vallée et la bagarre - sans frontières - entre écologistes et autorouteurs au sujet du développement de la vallée. Je loge à Urdos, à l'Hôtel des Voyageurs, au pied du Somport. Montée en stop avec Raymond.

Aragon-Navarre : l'enchantement


Le Somport : neige et brouillard. À quelques pas de la frontière surgit comme un défi à l'imprudent qui va s'aventurer sur la « Voie lactée » le vaste panneau qui va désormais me guider : l'étoile dorée sur fond bleu qui surmonte le panneau jaune « Camino de Santiago ». En contrebas, minuscule, serpente le chemin, enchâssé dans la vallée. Appréhension... respiration profonde.

Descente sur Canfranc. Des plaisantins ont dessiné de faux repères : je m'égare. On se perd beaucoup sur St Jacques. « Le gave se rebiffe », impossible de traverser la rivière. Long détour... Loulou, la chienne husky, m'accompagne sur plus de vingt kilomètres, et serait peut-être encore avec moi si elle n'avait été reconnue dans le village. Dommage qu'elle m'ait joué « Brève rencontre » ; je m'y suis très vite attaché. Rien ne lui échappait, pas même feu le sandwich que j'avais imprudemment déposé près de mon sac ! Ça crée des liens.

1ère étape à Jaca : refuge. Impossible de dormir. Les premiers éclopés ; une femme est portée par ses deux compagnons. Il lui est impossible de poser le pied par terre. Celui de Pedro, son voisin, n'est qu'une vaste ampoule translucide. Temps magnifique (13°). Personne !

2ème étape : à la recherche du monastère de San Juan de la Peña : cinq heures de montagne par un temps magnifique. Je m'égare encore car le chemin est peu balisé et croise un sentier de grande randonnée (GR) que je suis machinalement : 10 km de trop dans les gaves, les torrents, la forêt. Boire comme un animal au pied d'un torrent...

Berdun, village perché, et « El Rincón », le « coin » d'Emilio : c'est le café parisien des années 30, où l'on cherche de l'œil Arletty et Michel Simon tout en dégustant le « bacalao a la baturra ». Emilio m'explique que le beau chemin décrit par le guide près du Rio Aragon n'existe pas. Ses provisions m'ont sauvé. 30 km sur la nationale sans possibilité de ravitaillement. En effet, pas d'accès aux berges du Rio Aragon, comme l'indiquent mes cartes. Le lac de Yesa est sublime. Il conduit à l'abbaye de Leyré, grand moment d'émotion hors du temps, magnifique messe en grégorien : 13 officiants en violet, 30 moines en noir, dans une nef dépouillée. Simplicité du divin. J'en reparlerai dans le « voyage intérieur », la troisième partie qui clôturera ce témoignage.

En route vers Monreal par le Foz de Lumbier, un mini « Grand Canyon » de toute beauté qui m'est indiqué par un premier ange gardien. Celui-ci m'explique que le vrai Camino n'est pas celui proposé par le guide. Je m'égare sur le chemin des éoliennes en cherchant le refuge d'Isco.

« Mort d'un cycliste » ! C'est Gérard, le bordelais, au sortir de l'étape des Pyrénées. Avec le vent, dans la grande côte qui précède Monreal, il avance moins vite que moi et doit mettre pied à terre. On dîne ensemble. Première lessive, il faut gérer le petit linge...

Vers Puente la Reina : chemin de montagne difficile, pluie, chute sur les galets. Le refuge vanté par les guides est fermé pour travaux... Carrefour des deux chemins (St-Jean-Pied-de-Port en Navarre/Somport en Aragon), point de jonction des caravanes, très nombreux jacquets de tous les continents.

Traversée du « pont des pélerins » vers Los Arcos. Découverte d'Estella, ville jeune et dynamique, la « Via Trajane » sur la trace des légions romaines.  Traversée en chemin montagneux. À Villamayor de Monjardín, John, le Hollandais, me fait visiter le refuge qu'il tient avec sa famille toute l'année. Chacun à tour de rôle. Heureux homme.

Los Arcos, hôtel Ezechiel. Abandon et « tentation du désert ». J'ai vraiment failli abandonner. C'était « Ezechiel » un vendredi 13 à l'aube du 7e jour ! Carrefour du « voyage intérieur », que je développerai dans la dernière partie.

Courte étape vers Viana dans une campagne riante avec « Minnka la gitane ». Refuge exigu et spartiate.

La Rioja : Viana-Navarette-Logroño-Najera

Horrible nuit à Najera. Épuisé. Belle traversée de Logroño et tortilla de patatas au piment doux à 10 heures du matin ! Course à la pharmacie. Beaucoup de « béton » ! Embalse de la Granjera et son lac. Dans un cadre enchanteur, pêcheurs, joggeurs, badauds, saluent amicalement le pèlerin.

Najera... et chute en entrant dans l'hôtel. Rêve, avec quatre messages : une voix, dans la nuit, comme dans le film « Les dix commandements » dicte quatre injonctions : vocation, divinité, loi, Voie lactée. Je me réveille et je note.

Le virus, attrapé dans la descente du Somport me lâche. Enfin le sommeil habituel. Récup. J'étais à bout.

Dimanche de Pâques : courte étape vers Santo Domingo de la Calzada. Très champêtre, agréable. Beaucoup de rencontres, quatre espagnols, deux nordiques, deux américains en tenue de pèlerins de jadis (impossibilité de les confondre !). Très beau refuge. Accueil chaleureux, visite, église, parador.

Santo Domingo-Belorado-Villafranca

Au petit déjeuner, « El Correo de Domingo » m'envoie un écho de la douce France : « los disparates de Chirac ». À Belorado, à l'heure du déjeuner, c'est la fête au refuge : vin de Navarre et chansons. Mais il faut repartir vers Villafranca et les Montes de Oca : froid, chemin difficile, caillouteux. Petit hôtel borgne, routier, parking des 40 tonnes de la route de Burgos. « La route tue le chemin » ai-je noté dans mon carnet de bord.

Montes de Oca-St Juan de Ortega-Burgos

Paysage d'Écosse après Inverness ! Une belle étape comme je les aime, sauvage, montagneuse, aride, rocailleuse. Beau temps froid (6-7 degrés).

Discussion avec la sœur du prieur de San Juan Atapuerca, accueil par Luis Juez au « Palomar » (le colombier), menu gastronomique à 50 francs ! Arrivée difficile à Burgos sur la nationale, 6 km de camions. Très fatigué, je m'abats dans le premier hôtel venu. Le hasard fait bien les choses : l'hôtesse s'occupe de mon linge et me bichonne !

Visite en bus de Burgos : cathédrale, tapas. Dormir !

Vive les hôtels : 1ère nuit excellente. Mais le périple d'hier a laissé des traces : contracture à la cuisse droite, qui m'obligera à me masser de façon continue et discrète au baume du tigre (indispensable).

Au départ de Burgos, distribution de ce fameux baume à une colonie de jeunes espagnoles estropiées. Beaucoup de blessures. Poches de glace sur les genoux et larmes de l'abandon inévitables.

Très beau chemin, le dernier pendant plusieurs jours. Celui qu'on imagine, sauvage, rocailleux, poétique, jusqu'à Castrojeriz dont le refuge est tenu par un « sergent major » barbu et pittoresque, qui vous réveille au son de la trompette, mais vous prépare un café au lait au petit déjeuner... Un tendre !

La Castille


Entrée en Castille. Le chemin est en grande partie bétonné. Découverte de « Palencia », plaisante campagne très irriguée, jusqu'à Frómista. Je boite, pense m'arrêter au refuge en début d'après-midi, mais le cow-boy de l'accueil m'en dissuade. Finalement, en compagnie de deux norvégiennes « Caârie and Toune », j'irai jusqu'à Carrion de los Condes. Total : 45 km ! Difficile de se nourrir, cafés minables...

Vendredi 20 : en route vers Sahagun. C'est la partie la moins plaisante du Chemin. Huit heures et demie de marche sur le bitume. En fait, la « Autovia camino de Santiago » a supprimé le Camino dans ce secteur. Après deux refuges, petit hôtel sympa. Récup. Je dors onze heures d'affilée, après avoir parcouru 160 km en quatre jours !

Moins de quatre heures pour rallier El Burgo Ranero (17 km), frontière du León. Bien reçu au refuge. Le « Racimo de Oro », vino de la casa, c'est du brutal ! Agarrarte que hay curvas ! Je pense beaucoup à la famille...

León
(dont le nom vient de la légion de l'empereur Galba). On devine de loin la ville dans le plateau castillan, car c'est là que planent les nuages noirs. Il pleut et, dans l'ensemble, à l'exception chanceuse de la montée du Cebreiro, il pleuvra jusqu'à St Jacques.

Mais d'abord Mansilla de las Mulas : accueil charmant par une responsable du Chemin, mais nuit horrible au refuge. C'est la fête régionale et le refuge est bondé ; pétards, ronflements et bruits divers. Réveil au milieu de la nuit par des départs précipités.

Mansilla-León : traversée, cathédrale, palais des anciens rois, junta. Mais le chemin se dédouble sans prévenir et m'envoie vers... Oviedo ! Un ange gardien, encore un, me remet sur le Chemin. Dix kilomètres pour rien.

León-Villadongas par l'église de la Virgen. La nationale 120 est omniprésente : 300 km de béton au total !

Voilà la campagne ! De Villadongas à Astorga, par le Bierzo et son vignoble, c'est magnifique ! Rencontre avec le « chien blanc » tout droit sorti du roman de Coelho. La peur. Se contrôler à tout prix. Faire comme s'il n'existait pas. C'était juste ! Une belle frousse !

Le « confortable » refuge du guide a deux douches pour 40 lits. Très belle ville. Cathédrale. Le baroque est roi. Rencontre avec un groupe de Parisiens. Mais aussi Sonia aus Nürnberg et Isabel de Bilbao.

Une étape intense : Astoraga-Rabanal-El Acebo. Départ à 6h15 pour éviter la ruée aux lavabos !

Pluie, cape norvégienne. Rencontre avec un capitaine de la Rijkwaerts (gendarmerie néerlandaise).

Premières tombes des morts du Chemin... Ceux que l'épuisement a laissés définitivement au bord de la route. Impressionnant ! Pause à la Posada de Caspar. Je me perds et rencontre un mouton, tout aussi perdu.

Nous sommes tous les deux bien loin du troupeau ! Foncebadón, village abandonné, oublié, massacré... La « Cruz de Ferro » qui fait partie de la légende du Chemin. Au Moyen Âge, le pèlerin y déposait une pierre de sa maison pour que St Jacques en assure la protection. Aujourd'hui, on y dépose une pierre du Chemin, au nom de tous les siens. Les « templiers » à Manjarín qui tiennent un refuge pittoresque n'ont de templiers que le nom et semblent plutôt échappés du film « Easy Rider ». J'y rencontre Céline de Grenoble. Dîner en groupe de tous les continents à El Aceibo.

Vers Ponferrada et Villafranca


Magnifique descente. Abandon de Céline (les chaussures...). Tapas à Ponferrada et sa magnifique citadelle. Puis 23 km difficiles vers Villafranca, au pied du redoutable O Cebreiro. Je m'abandonne aux délices de Capoue et m'installe au « parador » qui me traite en pèlerin et me fait un prix d'ami. C'est intense : une vraie baignoire (la première), le luxe. Un petit déjeuner comme jamais !

Le Cebreiro


Tous les guides le présentent comme la terreur du Chemin. Il l'est en effet dans sa dernière partie (12 km, très très raides), mais le beau temps est revenu, juste le temps de l'escalader. Mais d'abord l'Autovia del Noroeste. Travaux gigantesques pour relier le León. Cinq km de transition et huit km de chemin très vertical, caillouteux, où passent des troupeaux de vaches. C'est sauvage et magnifique. Ne pas perdre le rythme, bien arrimer le sac avec la bande ventrale pour faire corps avec lui. Je bénis l'équipement relativement léger que je porte (moins de dix kilos).

Refuge du désordre, sans âme et sans accueil. Je loge chez l'habitant. L'ama de casa est épatante et s'occupe de mon linge. L'église. Les huttes primitives. Dîner rouennais...

Le Monastère de Samos

Descente du Cebreiro, le Chemin tel qu'on le rêve ! Et ce sera pareil dans toute la Galice. Petits villages moyenâgeux avec leurs églises bordées de tombes. Des chiens partout. Je me perds dans le « cortado ». Traversée de « rios ». Chute (la quatrième) sur le ciment... Déception : une station-service où les poids lourds se succèdent est adossée au monastère qui nous sert de refuge.

Samos-Sarria-Portomarín


Le Chemin parle : « Deviens ce que tu es ». Nous y reviendrons. Pont détruit en rase campagne. Cinquième chute ! On se perd, le groupe se divise. Je choisis la nationale. Rencontre d'Eliana, l'Inca de Cuzco… un TGV que je n'arrive pas à suivre.

La Galice est l'exemple de ce que j'imaginais du Chemin. C'est le « pays celte », un mélange d'Irlande (les murets) et d'Écosse (les bois), avec un zeste de Basse Normandie (l'Orne). Mais le chemin est très dur, rugueux. Épuisé par ces 34 km difficiles, je m'écroule à 20h30, non sans avoir lu mon horoscope dans El Progresso : « Día en donde usted se sentira cansado. Busque tiempo, le conviene un respiro, disfrute de si mismo ».

Portomarín-Mellid


Je m'ouvre à mon ami argentin, Angel, de mon projet de rallier Mellid en une étape (39 km). Réponse : « j'ai 56 ans, je ne veux pas mourir ». Pluie battante. Rencontre du jeune Paco, Mexicain, sans le sou, poussé par la foi. Le Chemin l'aide à faire le point. À mi-parcours, il avait, me dit-il, déjà les réponses à ses questions. Il reconnaît que certaines parties du Chemin sont pénibles, mais ne pense qu'à recommencer. Accueil magnifique dans une petite auberge. Discussion avec les patrons sur l'Europe et ses effets bénéfiques pour la région. Ils n'ignorent rien du FEDER et du FEOGA. L'Espagne est très concernée par l'action de l'Union européenne, me disent-ils. Pèlerin et messager de l'Europe : fierté de ce nouveau statut.

Un camino très frais ; huit jours de pluie depuis León. Comme le dit le proverbe : « En abril, aguas mil » !

Mellid-Arzua-Arca-Lavacolla


Je pensais aller à Arca (33 km), mais me trouve pris dans un nœud autoroutier. De fil en aiguille, je ferai douze km de plus pour une avant-dernière étape près de l'aéroport de Santiago. Je rencontre Denis, cadre scientifique qui s'interroge sur sa reconversion professionnelle, ainsi qu'une vingtaine de jeunes madrilènes, porteurs d'une croix. On parle du Réal et de Zidane (cocorico !)

1er mai : petite balade de huit km jusqu'à St Jacques

Visite de l'immense centre universitaire de Monte del Gozo. Longue traversée de St Jacques. Je m'attendais à plus d'émotion à l'approche de la cathédrale. Elle me saisit cependant quand je reçois la Compostella : « Capitulum hujus Almae Apostolicae et Metropolitanae Ecclesiae Compostellanae, notum facit Doctorum Gerardum Bokanowski », mon premier diplôme acquis à la force des mollets. À côté de moi une femme pleure, recalée. Il lui manque quelques justificatifs (les précieux cachets que l'on appose sur le credencial). À la sortie, la CGT manifeste devant la cathédrale et chante l'Internationale. Contraste ! La vie séculière reprend.

Messe des pèlerins à midi. Immense foule. Le grand encensoir accroché aux voûtes se balance dans la nef. Sont présentes quelques figures du Chemin : Paco, le « capitaine », Eliana, Denis... Déjà des « vétérans de la longue marche » !

Tout d'un coup, la fatigue m'emporte. Allongé sur le lit dans un hôtel près de l'aéroport, je revis le voyage avec ses paysages, ses visages, son exigence de tous les instants, ainsi que son enseignement lié aux messages du « voyage intérieur », que je relaterai dans le prochain et dernier article.

VERS SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

Le voyage intérieur
 
(Troisième partie)

Je n'écris pas qu'avec la main ;
mon pied veut toujours être aussi
de la partie. Il tient son rôle bravement,
libre et solide, tantôt à travers champs,
tantôt sur le papier.

             Nietzsche, « Le Gai savoir ».

« L'automne est propice aux rêves », ai-je écrit, dans la première partie de cette relation (Le voyage virtuel), en indiquant que cet appel du Chemin était une recherche (retour sur soi, tentation d'arrêter la machine...), une interrogation (qui suis-je ?), avec la conscience rimbaldienne du « Je est un autre » et en même temps une rencontre espérée avec cette « Voie lactée » parcourue pendant douze siècles par les caminantes de toute l'Europe.

Autant le dire tout de suite, au risque de décevoir les mystiques, je n'ai pas rencontré Charlemagne, pèlerin, dit-on, du IXe siècle, ni Dante qui écrivait quelques siècles plus tard : « La conscience européenne est née en même temps que les pèlerinages à la tombe de Galice ».

Pourtant, nous le verrons, le Chemin parle.

Si je me dépouille, quelqu'un me parle


Tout d'abord, on se dépouille : partir de la gare du Midi dans la tenue ésotérique du randonneur pèlerin, sac au dos, polaire bien arrimée, en baskets avec chaussures de marche dans un filet, et prendre notre Euro-TGV au milieu de « ceux de l'ancien monde » (costume gris, attaché-case, gsm bourdonnant, voire PC clignotant), dont je faisais jusqu'à présent partie, est plus qu'un symbole. Le dépouillement de l'habit induit celui de l'esprit.

Pendant le trajet d'approche, vers le col du Somport, on s'interroge, on fait le point sur son cheminement professionnel, la vie des siens, des amis et des proches. Puis une voix interrompt la rêverie : « Est-ce que j'ai donné un sens à ma vie ? Est-ce que je vais donner un sens à ma vie ? ».

« Si je me dépouille, quelqu'un me parle » ai-je noté à la première page de mon journal de bord. Réflexion dont je mesure seulement aujourd'hui la profondeur. Je continue cette première page du journal : « Est-ce que cela veut dire que nos contraintes, vraies et fausses, notre « Homme agi », notre être civilisé, notre masque, nos routines, notre rôle social, nous empêchent d'entendre cette voix ? ». Il me semble aujourd'hui que quelqu'un a déjà dit cela mais je ne l'ai pas mesuré sur le moment. Il y a des choses tapies en nous que notre agitation nous empêche de percevoir. Pascal l'avait dit autrement et beaucoup mieux.

Le Chemin, la descente du Somport dans la neige, le brouillard et les gaves m'engloutissent. Ultreia ! (marche avec courage!)

À l'abbaye de Leyré (2e jour), mon grand souci est de savoir si, après le dîner, je vais pouvoir quitter la table dignement, tant l'effort a été grand (j'ai tout du manchot sur sa banquise, ai-je noté), en concluant le bilan de la journée, « de beaux paysages, mais pas la magie du Chemin ». Le lendemain matin, sommé de partir par les matines endiablées du frère carillonneur, je décide de visiter l'église romane de l'abbaye.

Un adolescent d'autrefois


C'est le choc ! La rencontre avec cet « adolescent d'autrefois », des années cinquante, reclus dans une école religieuse du centre de la France. La messe en grégorien, dite par 13 officiants en surplis violet au milieu de 30 moines en noir, dans une nef dépouillée surmontée d'un Christ en croix sous une Vierge à l'enfant, avec la musique cosmique d'un orgue invisible, me fait revivre les liturgies latines qui rythmaient la vie quasi monacale des blouses grises que nous étions alors.

Intense émotion... Tout ce passé de mes 13 à 16 ans m'a sauté au visage. « Ce que je suis, je le dois à cet adolescent qui trottait sous la pluie de décembre », notait Bernanos. Quelqu'un avait organisé cette rencontre avec cet autre moi-même, hors du temps.

Songé à Proust de « La Recherche », (Du côté de chez Swann) : « Mais quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir ».

Comme je devais le vérifier souvent, la « Magie du Chemin » opérait toujours quand on ne l'attendait pas, quand on ne la sollicitait pas.

Jamais seul


Et puis, d'une certaine façon, on n'est jamais seul. Ou plutôt, quand on l'est, nos proches sont présents dans nos pensées, et pas seulement nos proches. Tous ceux qui depuis ma plus tendre enfance m'ont aimé, soutenu, appuyé, élevé, étaient là. Je sentais la présence de « Naneu », la sœur de mon arrière-grand-mère que l'on obligeait le bonhomme de cinq ans que j'étais à embrasser, alors qu'elle piquait, la tendre, comme un grenadier de la Garde impériale, et dont l'œil bleu laissait filtrer l'émotion furtive. Et tous les autres, sortis de l'ailleurs, mais bien présents, attentifs et affectueux.

À l'aube du septième jour


Mais le Malin veillait, et m'avait, comme toujours sans prévenir, fixé rendez-vous à Viana, à l'Hostal Ezequiel, à l'aube du septième jour. L'étape avait été rude. Arrimé à mon sac, j'avais lourdement chuté sur les pierres glissantes et dévalé la pente en tentant de me retenir. Douleur persistante à la jambe droite au-dessus de la cheville, à la lisière de la chaussure, qui me fit terminer l'étape en boitant. Chambre sans eau de trois mètres sur trois. La nuit, je me lève et constate que la mécanique est enrayée ; je ne peux pratiquement plus marcher ! À partir de 6 heures, l'église d'à côté, de quart d'heure en quart d'heure, sonne... le glas ! Le miroir me renvoie l'image d'un visage tuméfié par les glaces du Somport. Il me faut donc rentrer.

Finie l'aventure... ces mois de préparation et d'attente, la retraite piteuse, le Chemin me rejette ! J'imagine le retour en train vers Bordeaux.

Puis, la voix intérieure : « Tu dois aller jusqu'au bout. Ultreia ! Marcher jusqu'à la limite de tes forces, jusqu'à ce que tu ne puisses réellement plus avancer ». Cette résolution me fait descendre, en boitillant, les chaussures à la main, jusqu'à la réception. J'entre dans mes chaussures et je sors. Plus rien ! Plus aucune douleur. Calme du lever du jour. L'épreuve est terminée. Plus jamais cette blessure ne se rappellera à mon souvenir...

J'avais vécu, ai-je analysé, ma « Tentation du désert » ! Le dialogue entre Jésus et le Malin me revenait à l'esprit : « Pourquoi, entreprends-tu tout cela ? À quoi bon ? Ne serais-tu pas mieux là-haut, aux côtés de ton père ? »

Leçon éternelle que le Chemin venait de me rappeler : à chaque fois que nous entreprenons quelque chose qui nous transcende, quelle qu'en soit la nature, il y a toujours une voix qui nous interpelle quand les premières difficultés apparaissent : « À quoi bon ? Ne serais-tu pas mieux, près des tiens, dans ton rail, ton confort, tes habitudes, ta routine traditionnelle ? Tu ne dois pas chercher à pénétrer de l'autre côté du miroir ». Des forces ferment le Chemin de la Vérité, du voyage intérieur.

Caminante

C'est une présence féminine, celle de Minnka, la Gitane, qui me fera reprendre le fil de St Jacques, illustration de « ces compagnes de voyage dont les yeux, charmants paysages, font paraître plus court le chemin », comme l'a chanté, si joliment, Georges Brassens.

Le soleil revient : c'est Logroño, le lac de la Granjera, les bars où les familles espagnoles, toutes générations mêlées, font la fête en habits bariolés, où les éclats de voix se mêlent au débit permanent d'une télévision que personne n'écoute ni ne regarde.

Traversée des Montes de Oca. Déception ! L'inoubliable cathédrale de Burgos, n'est qu'un immense chantier.

La traversée de la Castille sur des routes et des chemins en dur me fait accélérer. C'est d'abord un effort physique, avec des étapes de 45 km. Comme je l'ai noté, la Autovia Camino de Santiago, prestigieuse réalisation du FEDER, le Fonds européen de développement régional, a effacé l'antique chemin.

Les anges gardiens


À León, je mesure l'utilité des anges gardiens. Je m'explique ; à chaque fois que j'ai hésité ou que je me suis perdu, quelqu'un est apparu sur le Chemin (un paysan, une ama de casa) pour me remettre dans la bonne direction. Je les ai appelés les anges gardiens. À León donc, le chemin est doublé, ce qu'aucun guide ne m'a indiqué. En suivant les flèches jaunes, me voilà parti vers Oviedo, vers les fières et lointaines Asturies. Je parle à un petit garçon dont le père me remet dans le droit chemin. Petite escapade supplémentaire de 15 km.

Puis ce sera l'épreuve du chien dans un endroit proche de celui où Paolo Coelho a lutté avec le chien noir, tout un symbole. Ce fut un gros chien blanc qui s'est approché de biais, en grondant. Comment ai-je fait pour faire celui qui ne s'apercevait de rien et continuait sa route sans varier d'allure ? Il a hésité à happer ma main gauche. J'ai pu continuer.

Rencontres


Les rencontres sont multiples. On parle anglais, français, je me débrouille en espagnol et en allemand. L'Europe est largement représentée mais aussi l'Amérique du Nord (Canada et États-Unis), Centrale (Mexique) et du Sud (Brésil, Argentine, Pérou). Comme je l'ai écrit précédemment, on parle peu de foi sur St Jacques, mais elle est bien sûr omniprésente. Il y a ces couples âgés, voyageant à leur rythme et qui veulent, en six semaines environ, aller se recueillir sur la tombe de l'apôtre... avant leur mort. Impressionnant. Des jeunes, souvent désargentés qui trouvent chaleur et réconfort dans les refuges. Et tous ceux, dont de nombreuses femmes voyageant seules, qui se trouvent à un moment carrefour de leur vie, professionnel ou affectif.

Le Chemin parle : « Deviens ce que tu es »


Entre Sarria et Portomarín, après la rencontre avec Eliana, l'Inca de Cuzco, trois jours avant l'arrivée à St Jacques, le Chemin parle. Extrait de mon journal de bord : « Prends appui sur ce que tu as, là où tu vis, sur ceux que tu apprécies et qui t'apprécient. Approfondis ta sphère de vie actuelle au détriment des chimères et des faux projets. Appuie-toi sur la réalité de ce que tu es, de ce que tu fais et avec ceux avec qui tu le fais ». Autrement dit, « deviens ce que tu es » pour reprendre la formule de Nietzsche qui, grand marcheur (on dirait randonneur aujourd'hui) lui-même, affirmait : « seules les pensées qu'on a en marchant valent quelque chose » (Crépuscule des idoles).

Il s'agit en définitive de la conquête de la liberté, de sa liberté. L'esprit libre, c'est celui qui « pense autrement qu'on ne s'y attend en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction ou en raison des opinions régnantes de son temps » (Humain trop humain). « Veux-tu t'isoler ? Veux-tu chercher le chemin qui mène à toi-même ? » demande avec force Zarathoustra.

« Celui qui marche sur ses voies propres n'y rencontre personne. Personne ne vient l'aider dans son entreprise : dangers, hasards, méchanceté et tempête, tout ce qui l'assaille, il doit le surmonter lui-même. C'est qu'il a son chemin à lui » (Aurore). C'est aussi l'écho de Machado : « No hay camino, se hace camino al andar ».

« Chaque morceau du corps fabrique du bonheur »

Le plus beau moment ? C'est celui décrit par le poète : « Celui dont les pensers comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent leur libre essor. »
Le matin, « dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne » écrivait Victor Hugo, quand on vient d'ajuster son sac, après la cérémonie des chaussures, quand on sort du refuge vers une direction que l'on connaît, mais sans savoir vraiment où l'on va s'arrêter, quand on perçoit le tout sans vraiment tout discerner, on se sent envahi par le sentiment d'une liberté sans limite, en dehors de toute contingence. Je ne me souviens pas d'avoir jamais rencontré pareille plénitude : c'est le miracle permanent de St Jacques, qui dépasse St Jacques.

Bernard Ollivier qui, chaque année, parcourt l'ancienne Route de la Soie de Marco Polo, corrobore le message : « Tous les matins, je me demande si je vais rencontrer un village sur ma route, pouvoir manger, dormir, trouver de l'eau. Et tomber sur des gens merveilleux ou des bandits ». Mais cela est transcendé par la plénitude qu'offre la marche : « cette sorte de jouissance qui survient vers sept heures du matin, une fois le soleil levé, lorsque chaque morceau du corps fabrique du bonheur. Il y a un moment où l'on se sent en l'air. »

Après, quand on est revenu vers la civilisation, ses rites et ses prisons, on revient sans cesse à ce moment unique, à cette passion dont Dostoïevski disait que « quand comblée ou consumée, elle vient à disparaître, elle laisse son hôte privé de désir hormis la soif de devenir esclave à nouveau ».

Le message


Peut-être le lecteur se sentira-t-il frustré par la simplicité des messages que je lui transmets : « Deviens ce que tu es », « Carpe diem » ou peut-être, tout simplement (?) « Apprends à t'approprier l'aurore ». Mais Paul de Tarse n'attendait rien du Chemin de Damas, et tout le monde ne fonde pas une Église.

Paulo Coelho[1] l'a reconnu : « À cette époque, ma quête spirituelle était liée à l'idée qu'il existait des secrets, des chemins mystérieux. Je croyais que ce qui est difficile et compliqué mène toujours à la compréhension du mystère de la vie. Je cherchais à faire de Petrus (son mentor, ndla) le sorcier Don Juan, personnage auquel recourt l'écrivain Carlos Castañeda pour expliquer son contact avec l'extraordinaire. Je croyais qu'avec un peu d'imagination, je pourrais rendre agréable l'expérience du Chemin de St Jacques et remplacer le révélé par l'occulte, le simple par le complexe, le lumineux par le mystérieux.

Longtemps après cette séparation (d'avec son mentor), j'ai compris ce que cette expérience m'avait apporté. Aujourd'hui, cette compréhension est ce que je possède de plus précieux : l'extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires. Elle me permet de courir tous les risques pour aller au bout de ce en quoi je crois.
Là est, sans doute, l'enseignement principal du Chemin, de son Chemin. Mais il faut l'avoir fait pour le mesurer et le vivre.
L'automne est propice aux rêves...

[1]Le Pèlerin de Compostelle


Olivier Dassault ingénieur, artiste et homme politique

A tout début de l’année 2021, nous avions demandé au Service de presse de Dassault Aviation et à la Rédaction du « Figaro » l’autorisation de reproduire le message de Nouvel An d ’Olivier Dassault tant il était convaincant, remontant, ouvert sur l’avenir.

Il était bien dans l’esprit de la famille Dassault qui a toujours su, sous diverses formes, prendre les airs pour voir au-delà des horizons bouchés. Le dimanche 7 mars 2021, ce petit-fils de grands avionneurs mourait dans un accident d’hélicoptère à l’âge de 69 ans. Son, hélicoptère rivé a heurté un arbre au décollage. Nous n’arrivions pas à le croire ! La semaine même où nous avions décidé de le contacter pour l’associer à un projet de sauvetage d’un pays sinistré que notre Conférence Paneuropéenne de Strasbourg a entrepris.

Tête de facto du groupe industriel Marcel Dassault, président du think tank Génération Entreprise – Entrepreneurs associés, Olivier Dassault était le digne petit- fils de son grand père Marcel qui avait compris le premier dans les années 1920-30 qu’il fallait construire de gros avions en métal. Ami de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, il était aussi député de l’Oise à l’Assemblée Nationale. La politique était son autre passion, nonobstant la photo comme photographe exposant, la musique comme pianiste et compositeur, les médias comme Administrateur du « Figaro ».

Patron fortuné (361ème fortune mondiale selon Forbes), ce passionné d’innovation, ingénieur de formation, pilote de talent, sportif, intuitif et doté d’une mémoire impressionnante, manquera à la France et à l’Europe, lui qui militait pour la convergence fiscale européenne. Ses sports étaient le golf, la chasse et la plongée sous-marine. Né dans une fratrie de quatre enfants, il avait lui-même trois enfants. (JPP)

Valéry Giscard d’Estaing : un faiseur d’Europe

Il avait demandé à être inhumé non pas avec la pompe due à un ancien chef d’État, mais dans l’intimité, comme un simple citoyen, dans son village, mais dans son propre jardin, auprès de sa fille morte avant lui. La famille, les hobbies, la vie privée passaient pour lui avant la France des honneurs et de la gloriole. Le surdoué Valéry Giscard d’Estaing (2 février 1926 -2 décembre 2020) qui avait dit au lendemain de la réunification de l’Allemagne et du continent en 1989-90 qu’il fallait désormais aller « plus vite que l’histoire » pour faire l’Europe, était tout le contraire du demi-dieu sur son piédestal qui s’appelait de Gaulle et aussi du théâtral et ampoulé Jacques Chirac. Il était modeste, simple, sincère. Il ne voulait pas être encensé. Le culte de la personnalité n’était pas son genre. Il a voulu être proche de la réalité quotidienne des Français. Ses concurrents gaullistes ne l’aimaient pas.

« Giscard », comme on l’appelait, a compris des choses politiques élémentaires que l’ambition personnelle et le culte de la personnalité cachent et, en cela, il ressemblait à Adenauer et à Kohl, quoique bien différent d’eux. Il avait saisi que l’histoire se bricole avec un ou deux amis qui ont une marge d’action et perçoivent dans quel sens la roue tourne et à quel est le bon moment pour la pousser en avant. En faisaient partie à ses yeux le « père de l’Europe », Jean Monnet (1888-1979), et Helmut Schmidt (1918-2015) dont il fit connaissance dans l’appartement du premier « derrière un nuage de fumée », comme il l’a dit en souriant, car Schmidt était accro au tabac. S’appuyant en France tantôt sur les faibles libéraux, tantôt sur les rares chrétiens-démocrates, combattu comme Monnet par les nombreux gaullistes anti-européens, il trouva dans l’énergique Allemands Schmidt un supporter solide. Tous deux parlaient bien anglais et étaient des esprits rationnels. Ils firent de l’Europe la réalité politique qu’elle est aujourd’hui, cette Europe « saisissable à mains nues », comme l’a dit plus tard Helmut Kohl, et non pas celle des mots creux et des envolées rhétoriques sans réalisations concrètes à la manière néogaulliste.

On lui doit la première élection du Parlement européen au suffrage universel qui a institué en 1979 la souveraineté européenne par delà les nations, mais aussi la création du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement car il a vu qu’il manquait à l’Europe un exécutif et que l’illusion de faire l’Europe en supprimant ses États était utopique, simpliste et dépassée. Surtout, c’est à lui et à Schmidt que l’on doit ce qui fait aujourd’hui le ciment de l’Europe, à savoir l’Union économique et monétaire symbolisée par l’euro. A eux deux, ils ont réalisé en 1978 la performance arithmétique de réduire et stabiliser les variations des taux de change monétaires, la « guerre des monnaies », ce poison pour l’économie et l’union, en créant une monnaie virtuelle de référence l’écu qui deviendra sous Kohl et Mitterrand l’euro, et un fonds commun des banques centrales, embryon de la Banque Centrale Européenne.

Les autres pays européens adhérèrent à ce projet franco-allemand, excepté la Grande-Bretagne que Jean Monnet avait faite entrer dans la CEE. Bruxelles vient de mettre un point final à cette aventure anglaise. Enfin, Giscard fut l’inspirateur du traité de Lisbonne qui a remplacé en 2009 la constitution européenne qu’il avait conçue, rejetée en 2005 par référendum en France. Le président gaulliste Chirac avait réussi à faire échouer ce grand projet européen en imposant à Giscard d'Estaing de le soumettre aux aléas des caprices populaires. "Lors d'un référendum, les gens ne répondent pas à la question qui leur est posée, mais à une question qu'ils se posent", nous a dit par la suite Giscard d'Estaing lors d'une entretien à l'Hôte Georges V à Paris.
C’est en 1978-79 que dans les sondages en France, la peur de l’Allemagne tourna à l’admiration et qu’aux yeux des Français la République fédérale d’Allemagne devint la meilleure alliée de la France. Nombreux étaient même ceux qui voulaient un gouvernement commun franco-allemand de l’Europe. Quel magnifique succès venant d’un homme qui était né à Coblence, fils d’un occupant français, et qui s’était engagé à 18 ans pour libérer Paris des occupants allemands !

Geschehen


1. Das Inferno ist schon da 
2. Warnschuss: Nach den Regionalwahlen in Frankreich
3. Jetzt oder nie: Die grosse Umwälzung
4.  Nachruf: Olivier Dassault Ingenieur, Künstler und Politiker

Das Inferno ist schon da
Die Luft schmeckt wie Pudding. Jeder Atemzug kostet Anstrengung. Die Haut fühlt sich an, als würde sie geröstet. Jeder Schritt ist mühsam, das Denken wird zu einem zähen Brei, der zu einem einzigen sehnsüchtigen Gedanken gerinnt: trinken! Wer dann keine Wasserflasche zur Hand hat und keinen Schatten findet, empfindet Verzweiflung, die sich binnen Minuten zur Panik steigern kann: Ich muss hier weg!
So fühlt es sich an, wenn man mehr als 50 Grad Celsius ausgesetzt ist. Die Hitze traf mich wie ein Faustschlag ins Gesicht, als ich vor 16 Jahren durch die libysche Wüste fuhr. Bei geöffneten Autofenstern und Fahrtwind war sie erträglich, aber als der Jeep dann stehen blieb, als ich ausstieg und in die gleißende Sonne trat, da erlebte ich am eigenen Leib, welche brutale Wirkung die Sonne entfalten kann, wenn sie einen Landstrich aufheizt. Selbst wenn mal ein paar Regentropfen fallen, verdunsten sie augenblicklich, der benetzte Boden bricht wie eine Kruste auf, jedes Pflänzlein verdorrt.
Was ich vor 16 Jahren in der Sahara erfuhr, könnten wir bald auch in Europa erleben. Die Erderhitzung beschert uns immer öfter Extremwetter, die Durchschnittstemperaturen klettern höher und höher, und wir tun viel zu wenig dagegen. Die Menschen in den Mittelmeerländern bekommen in diesen Tagen einen Vorgeschmack von dem Inferno, das nicht nur Afrikanern, Amerikanern und Australiern, sondern auch uns Europäern bald regelmäßig droht. In Griechenland werden 47 Grad Celsius gemessen, ganze Landstriche verdorren. Schon der Funke einer Zigarette genügt, um eine Flammenhölle zu entfachen. In den Vororten von Athen wüten Wald- und Buschbrände, beißender Qualm durchzieht die Stadt, Ascheflocken wirbeln durch die Luft. Auch auf dem Peloponnes und auf Urlaubsinseln wie Rhodos und Kos brennt es lichterloh, Hunderte Häuser sind in Flammen aufgegangen. "Es ist ein Alptraumbrand", sagt Regierungschef Kyriakos Mitsotakis.
In der Türkei ist die Lage ebenfalls außer Kontrolle geraten. An der Westküste lodern zahlreiche Brände, einige bedrohen Touristenhotels, ein anderer erfasst ein Kohlekraftwerk. "Die Situation ist sehr ernst", warnt der Bürgermeister der Stadt Milas nahe der Ägäis. In Italien hat die Region Molise wegen der Buschfeuer den Notstand beantragt. In Sizilien kämpfen Feuerwehrleute Tag und Nacht gegen die Flammen. Gestern hat die EU-Kommission Flugzeuge, Hubschrauber und Brandexperten nach Griechenland, Italien, Albanien und Nordmazedonien geschickt. Europa kämpft gegen das Inferno.
Wir müssen unser Verhalten schnellstens ändern, um das Schlimmste zu verhindern: Das ist der glasklare Appell, den mehr als 14.000 Wissenschaftler soeben veröffentlich haben. Was zu tun ist, ist seit langem bekannt. Klimaschutz als höchste Priorität im Regierungshandeln und auf jedem internationalen Gipfeltreffen. Schnell raus aus der Kohleverbrennung. Windräder und Solaranlagen bauen, auch gegen Widerstände. Wärmedämmung und moderne Heizungen für alle Gebäude. Busse, Bahnen und Fahrradwege statt Blechlawinen in den Städten. Die biologische Landwirtschaft viel stärker fördern. Die absurde EU-Politik stoppen, die den Bau von Kohlekraftwerken in Südafrika und die Abholzung des Regenwalds in Südamerika fördert. Und der Planet heizt sich immer weiter auf. "Im Prinzip müssen wir uns jedes Jahr auf neue Temperaturrekorde einstellen", sagt der Klimaforscher Thomas Jung vom Alfred-Wegener-Institut für Polar- und Meeresforschung im Gespräch mit dem Nachrichtenportal Watson. "Wenn man das einmal losgetreten hat, muss man lernen, damit zu leben."
Das CO2 aus der Atmosphäre herauszubekommen oder die Wärme aus dem Ozean, funktioniere nicht so schnell. "Wenn man den Ausstoß der Treibhausgase heute auf null runterfahren würde, würde dieser Prozess trotzdem weitergehen", erklärt der Experte. "Der bisherige Klimawandel führt dazu, dass Extremwetterereignisse bis zu vier Grad Celsius heißer ausfallen als in präindustriellen Zeiten." Und das sei erst der Anfang der Erwärmung: "Wenn man in die Zukunft schaut, kann man gern noch einmal sieben, acht oder neun Grad auf die jetzigen Temperaturen draufpacken. Da kommt man dann in Bereiche, wo man an die 50 Grad erreicht." Schon in den nächsten 30 Jahren werden wir in einer anderen Welt leben als heute: "Wenn es so heiß und auch feucht wird, dass Schwitzen uns nicht mehr kühlt, ist das auch für den fittesten Menschen nicht lebbar."
icht lebbar": Welch eine Formulierung. Sie klingt wie aus einem Backofen. Trotzdem machen fast alle Regierungen rund um den Globus immer noch zu kleine Schritte beim Klimaschutz, lassen sich viele Menschen nicht von ihrem gewohnten Konsumtrott abbringen: Morgens mit dem SUV ins Büro, Billigklamotten aus Asien shoppen, täglich Fleisch auf dem Teller, Fernreisen mit dem Flieger. Kaum sind die Länder Europas aus dem Corona-Lockdown herausgekommen, schießen die CO2-Emissionen wieder in die Höhe. Verhindern lässt sich der Temperaturanstieg nicht mehr, aber es macht einen gewaltigen Unterschied, ob er anderthalb, zwei oder noch mehr Grad im weltweiten Durchschnitt beträgt. Es ist der Unterschied zwischen einem Backofen und der Hölle. Nicht jedes Buschfeuer ist eine unmittelbare Folge der Klimakrise, aber die Erderhitzung steigert das Risiko unkontrollierbarer Brände – keinesfalls nur in fernen Ländern, sondern auch hierzulande. Experten des Umweltbundesamts sagen für die kommenden Jahrzehnte ein steigendes Waldbrandrisiko in Deutschland voraus. Die Gründe liegen im Wesentlichen in erhöhten Temperaturen und Trockenheit.
Berechnungen des Weltklimarats zufolge werden Hitzewellen, Dürren und Starkregen massiv zunehmen. Nicht nur auf ohnehin gebeutelte Länder wie Griechenland kommen dann Kosten von Hunderten Milliarden Euro zu. Es scheint nicht mehr undenkbar, dass ganze Staaten durch die Extremwetterschäden in die Pleite schlittern. Zerstörte Stadtviertel, die nicht mehr aufgebaut werden können, verlassene Felder, Zonen ohne staatliche Kontrolle: Was wir derzeit nur aus gescheiterten Staaten wie dem Südsudan oder dem Libanon kennen, ist künftig auch in Europa vorstellbar. All das und vieles mehr ist nötig. Es kostet Unsummen und verlangt jedem Einzelnen enorme Umgewöhnung ab. Doch die gute Nachricht ist: Wir können es schaffen, noch haben wir es in der Hand. Das darf man die Parteien im Bundestagswahlkampf gern wissen lassen. 50 Grad Hitze sollten wir uns nicht antun. (Florian Harms.t-online.de. 5.06.2022)

Nach den Regionalwahlen in Frankreich vom Ende Juni 2021, die von einer historisch hohen Wahlenthaltung geprägt wurden, veröffentlichte der Chefredakteur der Regionalzeitung "La Lozère Nouvelle", Claude Donnadieu, diesen Leitartikel:

Ein Warnschuss

Wir müssen auf das ohrenbetäubende Schweigen von zwei Drittel n der Wähler hören, die bei den beiden Runden der Departements- und Regionalwahlen zi den Wahllokalen nicht gegangen sind.
Es macht keinen Sinn, die Ergebnisse unablässig zu kommentieren.
Die meisten Leitartikler sprechen von der Rückkehr der Rechten, vom Zerfall der Linken, vom Niedergang der ultrarechten RN oder der Labilität der Grünen. Das alles ist Cocolores. Es sind ie Bäume, hinter denen sich der Wald verbirgt. Genau wie diejenigen, die Ihnen erzählen, dass wir nicht zur Wahl gegangen sind, weil es an einem Sonntag zu sonnig war und am nächsten regnen sollte, oder dass wir Angst hatten, uns den Covid einzufangen, dass wir die beiden Wahlen, Departement oder Region, nicht voneinander unterscheiden konnten oder dass das Wahlmaterial nicht richtig verteilt wurde. Kurzum, wir werden mit Kinterlitzien beschäftigt, um das eigentliche Problem zu verbergen: Eine historisch hohe Wahlenthaltung, die mit dem Ärger und dem Desinteresse der Staatsbürger erklärt werden kann.
Die gedämpfte Wut der Franzosen, deren Sorgen tausend Meilen von denen der Politiker entfernt sind, deren einziges wirkliches Ziel es ist, ein Stück Macht zu erlangen und zu behalten. Oder soll man die Wahl erneuern, wie man es 2008 getan hatte, als man wieder abstimmen liess, um das "Nein" zur Volsabstimmung von 2005 zum europäischen Vertrag zu korrigieren?
Es ist auch das Zeichen einer wachsenden Kluft zwischen dem realen Frankreich und seinen Vertretern, Berufspolitikern aller Couleur, die keinen Bezug zum realen Leben haben. Diese Ernüchterung ist das Zeichen einer Republik in schlechter Verfassung, die diese Form der Trägheit nährt.
Desinteresse: Das Phänomen ist sicher nicht neu, aber Abstinenzler kommen heute aus allen Schichten, aus der Arbeiterklasse oder aus höheren Schichten, mit oder ohne Hochschulabschluss, vom Land oder aus der Stadt. Ganze Kategorien der Bevölkerung sind nicht vertreten. Wie viele Abgeordnete und Senatoren sind Bauern, Fischer, Arbeiter, Angestellte?
Das Ergebnis ist, wie unser Kollege Romain Rambaud analysiert, "ein degradiertes, in sich gekehrtes Bild des repräsentativen Systems, das die Wahl als ein Verfahren zur Erneuerung der Führung begreift und nicht mehr versucht, die Bürger einzubeziehen."
Das ist die Lehre aus dieser Episode, die das Problem der demokratischen Legitimation neu gewählter Amtsträger aufwirft und die dauerhafte Entwicklung einer protestierenden Wählerschaft offenbart.
Marc Lambret, Seelsorger der Parlamentarier, betonte "die Parallele zwischen der Umweltkrise und der Krise der Demokratie, wie sie Papst Franziskus verbindet. In beiden Fällen steuern wir auf eine Katastrophe zu, mit einer fortschreitenden Betäubung, einer Verharmlosung des Schlimmsten".
Wir sind sehr weit von einem Strukturierungsprojekt für die Gesellschaft entfernt, und die nächsten Fristen sehen besorgniserregend aus. Der zweite Rücktritt des Generalstabschefs der Streitkräfte innerhalb von vier Jahren mit der halb scherzhaften Begründung, er wolle in der kommenden Zeit nicht kommandieren, so angespannt sei der Kontext, verheißt nichts Gutes. Wollen wir hoffen, dass dieser Warnschuss gehört wird. (Claude Donnadieu. in: La Lozère Nouvelle, 1/07/2021)

Jetzt oder nie:  Die grosse Umwälzung

Der epochale Scheinkrieg, aus dem wir kaum hervorgegangen sind, hat viele Dinge um uns herum beschädigt. Völlig ratlos haben Europa und seine Regierungen ihn ertragen müssen. Er kam ohne Erklärung, ohne Gewehre oder Bomben, ohne Schlachtfelder, ohne Einmarsch fremder Truppen und ohne Besatzung, ein Krieg, der kein Krieg war, aber Geschichte wird . Unsere Sprachen haben bisher kein Wort dafür. Seine Waffe ist billiger als Atomraketen und radikaler als der Terrorismus. Er hat uns in eine ständige Alarmbereitschaft gegen scheinbar nichts versetzt. Ein bakteriologischer Krieg, welcher noch lange schwelen wird.

Einen Waffenstillstand wird es nicht geben. Kaum hatten wir nach dem ersten Lockdown den Frühling, die Farben der Blumen, den Gesang der Vögel, das Blaue vom Himmel und die Bewegungfreiheit, da kam nach dieser Pause die zweite Welle der Pandemie, schlimmer als die erste, heisst es. Ausser in Frankreich wo die Regierung sich das nicht getraut hat, wurden mehrere Staaten der Weihnachtsfesttage beraubt. Viele Geschäfte, die Restaurants, die Bars sind geschlossen. In Deutschland herrscht ein Lockdown total, und man kann nicht leugnen, dass jetzt eine gewisse Schwermut sich in Europa verbreitet. Die Stimmung ist gedrückt. Das Schlimmste ist vielleicht, dass die Menschen einander wie besessen meiden, gegenüber ihren Artgenossen misstrauisch werden. Von Mitmenschlichkeit kann gar nicht mehr die Rede sein. Jeder ist jedem eine Gefahr. Und was, wenn Virusmutationen die Impfung wirkugnslost machen? Und was, wenn ein Virus kommt, das nicht die Lungen, sondern die Hirne angreift?

An Horrordrehbüchern ist kein Mangel! Könnte der amerikanische Film "Ich bin eine Legende", wo Menschen zu Raubtieren werden, die danach trachten zu beissen um zu töten, zur Realität werden ? Wir erleben schon jede Menge zur Wirklichkeit gewordene Science Fiction. Es könnte mehr werden.

Dieser stille Krieg hinterlässt wirtschaftliche Ruinen, Tote, die zu betrauern und Kranke, die zu versorgen sind. Hinterlistiger und weitaus globaler als die beiden Weltkriege zwang er jedoch zum ersten Mal in der Menschheitsgeschichte alle Länder gleichermaßen, gegen einen gemeinsamen Feind zu kämpfen. Dieser bösartige und unsichtbare Gegner ist kein Außerirdischer, sondern die älteste Lebensform des Planeten: ein Virus. Indem er ausschließlich dem Menschen Schaden zufügt, nutzt er unsere Körper als Wirte und Waffen. Um den Todeserreger zurückzudrängen setzte man Militär und Medizin ein. Die Medizin hat sich heldenhaft verdient gemacht. 1914-18 und 1939-45 begleitete sie die Armeen. 2020 wurde sie umgekehrt von der Armee unterstützt. Sie stand an vorderster Front, Frauen und Männer gleichberechtigt als Soldaten gegen das Virus, aber auch in der Lebensmittelversorgung, der Landwirtschaft, das Transportwesen und vielen anderen lebenswichtigen Bereichen.

Wir haben überlebt. Vorläufig oder dauerhaft? Einige werden in diesem Unglück eine göttliche Warnung für unsere Exzesse und Auswüchse sehen. Andere eine Episode im Kampf um das Recht auf Leben auf diesem schönen und unberechenbaren Planeten, den wir zu sehr geplündert haben. Wir sehen jedoch das Positive. Wir haben das Lebenswichtige und Wesentliche wiederentdeckt. Ein neuer Geist der Solidarität ist entstanden. In der kurzfristigen Improvisation waren Wissenschaftler und Regierende in den Demokratien ihrer Aufgabe gewachsen, wo die Exekutive gestärkt wurde. Ohne Vorbereitung auf solche Ereignisse hat Europa improvisiert, Einheit im Kleinformat über geschlossene Grenzen hinweg neu geknüpft. Es hat gesehen, dass menschliches Leben Vorrang vor Wirtschaft und Finanzwesen hat, es hat die Vorteile der Langsamkeit und diejenigen der Antizipation neu gelernt.

Der Corona-Schock birgt die Chance auf eine bessere Welt. Europafeinde und Demagogen haben Boden verloren. 2020 wird zum Gründungsjahr eines neuen zusammenhängenden europäischen Kontinents. Europa braucht ein Frühwarnsystem gegen Ausbrüche des Unerwarteten. Wir müssen unabhängiger, selbstständiger und souveräner, selbstversorgender werden, die benötigte Industrie, Nahrungsmittel und medizinische Versorgung müssen also bei uns neu angelegt sein und Nähe neu erfinden. Wir sollen soziale Ungleichheiten einebnen, ohne dabei essentielle Begabungen und Talente zu unterdrücken. Der Planet und das Leben müssen geschützt werden. Unsere Lebensart wird sich den neuen Gegebenheiten anpassen und weniger hektisch, genügsamer, besonnener werden müssen.

Falls die neue Welt auseinanderbricht, muss Europa in Vielfalt geeint mit gutem Beispiel vorangehen und sich an dem deutsch-französischen Modell einer erfolgreichen Versöhnung zwischen ehemaligen Feinden orientieren. Nach dem Ersten und Zweiten Weltkrieg sowie dessen Fortsetzung im Kalten Krieg entwarfen die Erbauer von Paneuropa, Richard Coudenhove-Kalergi und Otto von Habsburg, die Pläne eines Kontinents des Friedens und der Freiheit. Das aktuelle Europa entspricht ihren Wünschen. Diese dritte „Nachkriegszeit“ bietet uns jetzt wie ihnen damals die Chance, unseren supranationalen Verein auf den Fundamenten, die wir in Straßburg, Frankreich, ganz nahe zum Europaparlament und zu Europarat gelegt haben, neu aufzubauen. Unsere Reform wird neue, aktuelle, konkrete Ziele umfassen.

Die digitale Kommunikation bietet dabei gute Möglichkeiten zur Überbrückung von Distanzen. Diese Verwandlung hatten wir bereits seit fünf Jahren in der Vor-Corona-Zeit mit neuen Arbeitsweisen, zukunftsweisenden Analysen und frischen Ideen vorbereitet. In der „Welt danach“ liegt es an uns, Europa neu zu denken, seine Architektur neu zu gestalten. Gemeinsam mit unseren Brüdern und Schwestern der europäischer Nationen wollen wir noch mehr Brücken über Flüsse bauen, diese überqueren und neue Landschaften entdecken.

1989-90 aus dem Kalten Krieg auferstanden, vom Stigma der Jahre 2001 (der islamische Angriff auf die Zwillingstürme von New York), 2008-2010 (die Wirtschafts- und Finanzkrise, die den Euro beinah versenkt hätte) und 2020-21 (die Coronavirus-Pandemie) gekennzeichnet, müssen wir den Schaden bewerten. Viele haben die Schwingungen der planetarischen Mutationen nicht gespürt.

Viele haben nicht die Erschütterungen nicht gespürt. Sie bilden sich ein, dass sie auf denselben Stränden, auf den alten Pfaden wandern werden. Dass die Zeit die Ängste vergessen lässt und dass die Versicherungen helfen, die Wunden vernarben zu lassen. Dass sich nichts ändert. Wir dürfen aber nicht den Rückwärtsgang einschalten, von Veränderungen unberührt bleiben, als wäre nichts geschehen. Wir treten in eine neue Ära ein, in der sich das internationale Kräfteverhältnis wie die Plattentektonik verschoben hat. Wenn wir Software, Programme, Verhaltensweisen und Weltanschauung nicht reformieren, wird Europa untergehen. Noch schlimmere Viren als corona-2020 liegen auf der Lauer. Der Planet wird geröstet. Das Haus brennt. Müssen wir uns dem Unvermeidlichen beugen?

Nein, nichts ist festgeschrieben. Die Zukunft ist ein unbeschriebenes Blatt. Der europäische Geist kann Wüsten befruchten, das Schmelzen des Eises verlangsamen, Tornados stoppen und das Leben verlängern. Und dann, wer weiß, vielleicht hat uns die Corona-Krise den Dritten Weltkrieg erspart, der einigen als bedrohlich erschien, denn es hat sich herausgestellt, dass die Armeen durch das Virus schneller als durch die Artillerie vernichtet werden könnten. (Sophie von Stralendorff,  J-P. Picaper - Juni-Dezember 2020) 

Nachruf: Olivier Dassault Ingenieur, Künstler und Politiker

Gleich zum Beginn des Jahres 2021 baten wir die Pressestelle von Dassault Aviation und die Redaktion der Pariser Tageszeitung "Le Figaro" um die Erlaubnis, die Neujahrsbotschaft von Olivier Dassault abzudrucken, die so überzeugend, aufbauend und offen für die Zukunft war. Diese Stellungnahme war ganz im Sinne der Dassault-Familie, die bildlich gesagt, schon immer in verschiedenen Formen in die Lüfte stieg, um über den Horizont hinauszuschauen.

Am Sonntag, den 7. März 2021, starb der Enkel großer Flugzeugbauer bei einem Hubschrauberunfall im Alter von 69 Jahren. Sein Hubschrauber prallte beim Start gegen einen Baum. Wir konnten es nicht glauben! Noch in der gleichen Woche hatten wir beschlossen, mit ihm Kontakt aufzunehmen, um ihn in ein Hilfsprojekt in einem durch Krieg, Anschläge und Intoleranz angeschlagenen europanahe Land einzubeziehen, das unsere Paneuropa-Konferenz in Straßburg durchführen wird.

De facto Chef des Industriekonzerns Marcel Dassault, Präsident der Denkfabrik „Génération Entreprise - Entrepreneurs associés“, war Olivier Dassault der würdige Enkel seines Großvaters Marcel Dassault, der in den 1920er und 30er Jahren als erster begriffen hatte, dass es notwendig war, große Metallflugzeuge zu bauen. Als Freund von Jacques Chirac, dann von Nicolas Sarkozy, war er auch Abgeordneter des Départemen Oise bei Paris im französischen Parlament Die Politik war seine andere Leidenschaft, neben der Fotografie als ausstellender Fotograf und Buchautor, neben der Musik als Pianist und Komponist und neben seinem Engagement in den Medien als Direktor des "Figaro".. Seine beliebtesten Sportarten waren Golf, Jagen und Tauchen.

Er war ein moderner, sozialer Unternehmer. (361. Vermögen der Welt, laut Forbes), dieser leidenschaftliche Innovator, gelernter Ingenieur, begabter Pilot, Sportler, dieser mit mit Feingefühl und mit einem beeindruckenden Gedächtnis ausgestattete Mann wird Frankreich und Europa fehlen, er, der sich als Politiker für die europäische Steuerkonvergenz eingesetzt hatte. Mit drei Geschwistern aufgewachsen hatte er selbst drei Kinder. (JPP)


Livres/Culture


1.Témoignage pour l'Europe : le livre de Michel Barnier sur le Brexit. « La grande illusion ».
2."Il n'y a pas que l'Europe pour accueillir les Afghans", déclare Michel Barnier à Sonia Mabrouk. Voir aussi son interview avec Isabelle Lasserre du "Figaro"
3. Quand les femmes musulmanes...
4. Opinion  publique européenne (français et anglais)
5 Un livre à contre-courant de Bruno Le Maire. Extraits du livre
6. Pirates barbaresques et esclaves européens

Témoignage pour l'Europe : le livre de Michel Barnier sur le Brexit. « La grande illusion ». Éditions Gallimard. Paris. 2021. 540 pages, 23 €

L’auteur n’est pas n’importe qui : Michel Barnier a été ministre français des Affaires européennes et des Affaires étrangères (2004-2005/2007-2009), à deux reprises Commissaire européen (Politique régionale puis Marché intérieur et Services financiers) (2010-2014), conseiller spécial pour le Brexit auprès de la Commission européenne (2016/2020). Il a donc l’expérience internationale qui fait défaut à ses concurrents ou partenaires de la vieille droite gaulliste dans la course à la présidence de la République française.
Il n’y a donc pas si longtemps, qu’il a été le négociateur en chef pour l’Union Européenne chargé de mener les pourparlers du Brexit avec Londres. Il y a mis le point final en décembre 2020 sans dégâts majeurs pour l’Union Européenne. Beaucoup annonçaient sa dislocation. Il l'a rendue plus solide que jamais. Toutes les dates, les entretiens, les lieux, les protagonistes sont notés dans ce livre qui constitue un document historique irremplaçable. On n’imaginait pas que le représentant de l’UE mémorisait tout dans son petit petit carnet. Quel homme politique a agi ainsi ? La plupart se fient à leur mémoire et la mémoire est infidèle, transformatrice et enjolivante. Nous avons en mains pratiquement le journal de bord minutieux de cette difficile et longue négociation de quatre ans d’un Européen convaincu.
Face à lui : un monstre xénophobe : Boris Johnson, Premier ministre de sa Gracieuse Majesté. Un Gaulliste républicain face à un égocentrique britannique. Voilà qui rappelle Charles de Gaulle et Winston Churchill, mais à positions inversées : autres temps, autres mœurs.Quelque chose flottait dans l’air, mais il faut se souvenir qu’en 1945-47, Churchill avait plaidé la cause de l’Europe unie et de l’européanisation de la Grande-Bretagne alors que Johnson a fait tout le contraire avec des arguments « british » mais spécieux qui avaient produit la catastrophe du référendum du 23 juin 2016. De son côté Barnier défendait la cause de l’Europe, alors que De Gaulle fut quand même, il faut bien le reconnaître, plutôt anti-européen, c’est-à-dire anti-supranational européen.
Le Général a voulu, avec le plan Fouchet notamment, faire une Europe d’États-nations raccordés les uns aux autres par une grande alliance et non pas intégrés dans une fédération commune. Il redoutait surtout que l’Europe ne devienne un super-État qui écraserait la France. Ce qui na pas du tout été le cas. Les Etats membres ont été valorisés par l'Europe.
Mais là n’est pas le problème. Le problème est que le Royaume Uni est à présent la vraie victime du Brexit et que Johnsonne peut plus vivre des conflits avec l'Europe, car il s’est pris les pieds dans le tapis.
Dans sa négociation, Barnier a fait abstraction de son passé dans un parti français, « Les Républicains », et s’est hissé au-dessus de la politique politicienne, se contentant de rappeler que De Gaulle avait appliqué en 1958 les Traités de Rome de 1957 (or rien n'est moins sûr). C’est une immense qualité politique, une qualité d’homme d’État, en tout cas, que de pouvoir faire abstraction de ses attaches personnelles. Et Barnier la possède. À notre avis, l’intérêt du livre n’est pas seulement dans le descriptif minutieux du pugilat qu'a mené Barnier en gants de velours avec les Britanniques, pas non plus dans le fait d’avoir conclu ces interminables bras de fer sans que personne ne soit humilié ni lésé, ni à Bruxelles ni à Londres, de façon à ce que dans cinq, dix, quinze ans, les Anglais puissent revenir dans l’Union Européenne et pas en chemise, la corde au cou comme les Bourgeois de Calais.
Non, par-delà, le meilleur résultat du livre est là où on ne l’attendait pas : il rend compatible le gaullisme hérité de grand-papa avec notre Europe géostratégique actuelle, notre planche de salut à tous sur le continent (et sur les îles) face aux giganto-Etats et aux courants mystico-terroristes, face au dérèglement climatique, face à la surpopulation du globe et à la raréfaction des ressources qui déséquilibrent la planète. Il faut lire en détails ce livre qui fait de Barnier dans notre vivier politique le meilleur spécialiste de l’Europe et de la politique internationale (s’il n’est pas élu président, il ferait le meilleur ministre des Affaires Européennes que la France ait jamais eu – mais aussi un excellent Premier ministre, mais nous n’excluons rien).
Son texte dégage une chaleur européenne, une perception unique et intime des effluves européennes comme aucun autre. Par exemple quand il écrit : « Admettons-le, la faiblesse du débat européen n’est pas seulement britannique. Il y a chez nous aussi trop d’hommes et de femmes politiques qui rasent les murs, qui ont l’Europe honteuse, qui n’expliquent rien et n’assument pas. Je suis depuis longtemps convaincu que c’est le silence, l’arrogance, la distance des élites qui nourrissent les peurs et encouragent la démagogie ». Suit une analyse très pertinente de la situation européenne, des incuries et des carences d’une Europe qui a nettement besoin d’améliorations. Il sait où et pourquoi.
C’est le livre d’un esprit indépendant, d’un homme qui voit grand et loin tout en restant modeste, qui a eu la chance d’être placé par la vie à un sommet d’où il a tout pu embrasser d’un coup d’œil. Les Alpes ont été pour ce Savoyard une bonne école de la vie. A part Emmanuel Macron comparés à lui, les autres politiques français et candidats sont des provinciaux. Ils ne sont pas à la hauteur des problèmes du monde actuel dont la terrible débandade des Occidentaux en Afghanistan vient de nous donner la preuve. Alors lisez ce livre, votez Barnier aux prochaines primaires de la droite et décidez en avril 2022 en votre âme et conscience.
Michel Barnier a cette aura européenne qui fait la force d’Emmanuel Macron et qui manque singulièrement à Xavier Bertrand et aux autres candidats gaullistes, socialistes, verts, pour ne pas parler du rigide et ankylosé RN qui a jeté le voile du silence sur son europhobie. Dommage que Michel Barnier ne soit pas le premier président de l’Union Européenne. Mais il y a d’autres façons d’agir. (J.-P. Picaper, 30/08/2021)

"Il n'y a pas que l'Europe pour accueillir les Afghans", déclare Michel Barnier à Sonia Mabrouk

Certes, a-t-il déclaré le 30 août sur les ondes d'Europe 1, "l'asile est notre honneur, mais au Moyen-Orient, il y a des pays qui ont une proximité avec les Afghans". Une allusion évidente aux pays musulmans proches des sunnites afghans. Presque tous ces malheureux réfugiés ont fait escale en avion à Abou Dhabi. Pourquoi ne sont-ils pas restés dans les Etats du Golfe? Que le Qatar, l'Arabie Saoudite, les Emirats qui regorgent d'argent et ont besoin de main d'oeuvre et de personnels qualifiés ne les accueillent-ils pas ?
Barnier s'est fait fort dans cette remarquable interview de convaincre les autres Européens, y compris l'Autriche dont le chancelier a dit qu'il n'accueillerait par un seul Afghan, de mettre en oeuvre un droit d'asile digne mais plus restrictif alors que "nos frontières sont des passoires", comme il l'a dit. Il a proposé un moratoire de l'immigration. Sa recette pour négocier dans les respect du vis-à-vis s'est avérée bonne face aux Anglais. Il a les relations et les équipes en Europe (voir les noms et les photos dans son livre). Ce serait dommage que ce capital d'expérience se perde.
Il est évident que son entrée en lice dans les présidentielles en France diminue de 90% les chances de Xavier Bertrand de faire un bon score au premier tour du vote en avril 2022. Barnier a reproché à Bertrand dans l'interview de ne "pas respecter la règle du jeu". Pratiquement, il a éliminé Bertrand.. (compte rendu de l'entretien de Michel Barnier-Sonia Mabrouk-Europe 1- 30 août)

Interview de Michel Barnier: les Européens doivent préserver leurs identités nationales


Michel Barnier a accordé une interview exceptionnelle à la revue « Politique Internationale » (n° 171, printemps 2021). Interviewé par Isabelle Lasserre, rédactrice en chef adjointe du « Figaro », il a répondu ceci :
A. L.-Sans les Britanniques, l’Europe ne risque-t-elle pas de devenir allemande ? Depuis le Brexit, le poids de l’Allemagne s’est renforcé sur le terrain de la politique étrangère
M. B.- Tant mieux si les Allemands évoluent, et l’on sait à quel point c’est long et difficile pur eux en raison de ‘Histoire. Je me souviens d’Helmut Kohl expliquant, deux ans après la réunification, quelle révolution c’était pour l’Allemagne de participer à une opération de OTAN dans les Balkans ! Mais je ne souhaite pas plus une Europe allemand qu’une Europe française. Ce que je souhaite, c’est une Allemagne européenne et une France européenne. Notre pays possède des cartes maîtresses dans le jeu européen. A condition de se montrer professionnel et pas trop arrogant…
(…) A.L.- Quelles sont vos principales inquiétudes au sujet de l’Europe ?
M. B. - L’Europe reste une idée neuve. Ceux qui l’animent doivent être très respectueux des sentiments, des sensibilités, des apports de chaque pays. Chaque État a droit au respect. Ce qui demande du temps, de la considération et de l’écoute. Deuxième exigence : il faut que la bureaucratie bruxelloise reste à sa place. A Bruxelles, comme à Paris, quand les bureaucrates prennent le pouvoir, c'est que les hommes politiques le leur ont laissé. Dans le passé et encore récemment, on a assisté à des excès. Il faut que les politiques reprennent le contrôle et assument leur vision européenne. (…)
(…) J’ai appris que les Européens pouvaient rester unis. J’espère que nous pourrons mettre cette unité dont nous avons fait la preuve au service d’enjeux positifs, pas seulement négatifs. L’affaire du Covid, extrêmement violente, a prouvé que chaque pays de l’Union, à commencer par l’Allemagne, était capable de briser des tabous : pour la première fois on a mutualisé des emprunts et des obligations – à hauteur de 750 milliards – pour investie et faire face ensemble.
I.L. – Quelles autres leçons avez-vous pu tirer de cette riche expérience ?
M. B. –J’ai appris, également, puisque ce fut l’un des ressorts du Brexit, que les identités nationales ne sont pas un gros mot, et que les Européens doivent les préserver. De Gaulle, disait déjà dans un discours : « Il ne faut pas que l’Europe broie les peuples comme une purée de marrons. Il est important de préserver l’identité des peuples, leurs racines, leurs langues, leurs cultures ». L’Europe, en effet, doit être un projet de mutualisation, pas de fusion. Elle doit préserver les différences auxquelles les peuples tiennent. Les hommes politiques ont le devoir d’assumer cette complexité, car c’est le prix pour que l’Europe soit unie sans être uniforme ».

Quand les femmes musulmanes feront de leur foulard un drapeau de la liberté


Elle est grande, élancée, affable et communicative. On ne se douterait pas que cette jeune femme de 28 ans est une championne de la méditation et de la concentration. Or, Mitra Hejazipour était la championne iranienne du jeu d’échecs avec le titre de « Grand maître international féminin » obtenu en 2015, titre le plus prestigieux avant champion du monde. Elle participera désormais à des tournois internationaux sous les couleurs de la France.
Pourquoi ?
Parce qu’elle a enlevé son foulard, son tchador. En 2019, elle osé concourir sans foulard sous le drapeau iranien au championnat du monde de blitz à Moscou. Le blitz et un concours de parties très rapides. Cette audace, lui a valu d’être exclue de son équipe nationale. Sa photo, avec ses cheveux noirs attachés en queue-de-cheval, avait mir en rage les tout puissants Mollahs de Téhéran.
Exclue de son équipe pour « non-respect des lois », elle a quitté pour la France son pays natal où vivent encore ses parents et sa petite sœur. « L’hypocrisie au sein de la Fédération iranienne et l’obligation, pour nous, joueurs de participer à des cérémonies étatiques me pesaient. J’avais toujours une voix intérieure qui me répétait : <Il y a quelque chose qui ne va pas>.J’ai compris qu’il fallait arrêter », a-t-elle dit. Elle est la deuxième championne iranienne interdite de jouer dans l’équipe nationale après Dorsa Derakhshani qui concourt désormais pour les États-Unis.
Elle est, dit-elle, la fille de son père. Ingénieur en génie civil, celui-ci lui a appris à jouer aux échecs mais il lui a dit aussi de ne jamais accepter une parole illogique ou injuste. « Il a semé la graine » , dit-elle. Cette jeune femme incarne les jeunes générations grandies en pays musulman où les mœurs religieuses sont imposées par « ordre du mufti » surtout au détriment des femmes. Or, ces jeunes femmes instruites et intelligentes n’acceptent plus la bêtise et le mensonge que diffuse l’islam politique. C’est bien la raison pour laquelle les Talibans qui leur interdisaient en Afghanistan il y a dix ans d’aller à l’école, vont le leur interdire à nouveau et les faire enfermer loin du monde extérieur.
Mais en Turquie, en Iran, en Algérie, des révoltes ont lieu depuis une bonne dizaine d’années contre le pouvoir islamique. Au Liban aussi l’an dernier le principal mot d’ordre des jeunes émeutiers était de séparer religion et politique. C’est ce qu’a fait en Tunisie le président Kaïs Saïed en fermant à Tunis un Parlement non représentatif où les Islamistes régnaient en maîtres. C’est du moins ce qu’espère la jeunesse tunisienne et beaucoup d’adultes instruits qui n’en pouvaient plus de la pression exercée par le parti islamiste Ennahda qui ne représentait plus les forces vives du peuple tunisien.
Malheureusement, dans de nombreux pays, l’islam politique se maintient par les armes et les bombes. De lus en plus, l’islam , c’est la guerre, c’est la dictature. Mais l’islam al le dos au mur. La Laïcité à la française doit devenir dans tous ces pays un article d’exportation ( Analyse de la Rédaction et,  sur Mitra Hejazipou , d’après Ghazal Golshiri. « Le jeu de la dame iranienne », in : "M le Magazine du Monde", 1er août 2021)

OPINION PUBLIQUE EUROPÉENNE

En dehors des efforts déployés par les institutions européennes, le déficit d'information de la population
européenne devrait être davantage compensé par des initiatives nationales, régionales et locales.
La communication européenne dite verticale est bonne et nécessaire, mais elle est souvent insuffisamment
perçue par la population dans son ensemble, quand elle ne lui donne pas à penser que le travail de la
bureaucratie interne et élitiste s’effectue en marge des besoins des citoyens. De ce fait, les problèmes qui
surgissent, sont tout simplement imputés à « Bruxelles ».
Avec l’intensification des rapports et la consolidation de l’UE ,les informations européennes sont disponibles
en quantité. Une présence dans les sources d’information habituelles des citoyens pourrait servir à garantir
structurellement un flux constant des informations sur l’Europe.
La télévision est désormais le principal média de masse. Une couverture télévisée quotidienne, que ce soit
dans le cadre du journal télévisé ou d’une émission journalière spécifique, pourrait améliorer
considérablement la diffusion au niveau européen. Toutes les chaînes de télévision publiques financées par
l’État pourraient en fait être incitées à le faire dans tous les pays de l’UE. Ce faisant, il ne faudrait pas
diffuser ces émissions sur des canaux secondaires et à des heures de moindre audience.
Les agences de presse nationales devraient également être davantage impliquées. Pour des raisons de concurrence, les
médias privés finiraient certainement par s'y joindre sous une forme ou sous une autre. Il faudrait envisager
la création d'agences européennes multilingues.
De nombreux journaux de qualité contiennent déjà des pages consacrées à l'UE. Mais il faudrait aussi que la presse grand public intègre également une rubrique régulière sur l'UE. « EUROPA » est un réseau exemplaire de coopération éditoriale de la presse écrite européenne.
L'utilisation des plateformes de médias sociaux, qui permettent d'atteindre plusieurs millions de personnes et
d'échanger des opinions et des informations de manière très personnalisée, revêt aujourd'hui une importance
considérable.
Les parlements nationaux et les représentations régionales devraient également intégrer régulièrement les
thèmes et les décisions de l'UE. Il serait également souhaitable que les représentants nationaux élus auprès de
l'UE présentent plus souvent personnellement, en fonction du sujet, des rapports publics dans les instances
nationales et régionales. Cela nécessiterait également que les représentants désignés auprès de l'UE mettent
les bureaux de leur pays d'origine à la disposition du public pour recueillir des informations et des
suggestions.
Dans les écoles des pays de l’UE, l’enseignement aux divers niveaux scolaires devrait inclure une formation
des élèves à la politique européenne. Les jeunes, en particulier, n’ont en effet plus autant conscience que les
générations plus âgées que notre période de paix durable est l’œuvre capitale de l'unification européenne.
Une telle européanisation horizontale pourrait renforcer l'identification de la population à l'Europe
et donc la formation d'une identité européenne. Elle pourrait également conduire à une plus forte
participation active des citoyens aux affaires européennes et devrait faire obstacle aux mouvements
nationalistes et populistes. (Heinz Wimpissinger. Secrétaire général de la Société européenne SCK. La Lettre Européenne de la Société Coudenhove-Kalegi. Vienne. 15 juillet 2021)

(Version de cet article en anglais: EUROPEAN PUBLIC AWARENESS

Additionally to the efforts of the European institutions, an information deficit among the European
population should be further supplemented through national, regional and local initiatives.
The so-called vertical reporting on European themes is good and necessary. But it is often inadequately
taken into account by the general public or even leads to the opinion that the internal and elitist bureaucracy
is distant from the needs of its citizens. It is typical that blame for the problems that arise are shifted over to
“Brussels”.
The volume of European information is sufficiently available thanks to an ever greater networking and
deepening of the EU. It would additionally be very important to make this information available to the more
common means citizens use to access information, and to ensure a more structural approach to the way
current information on Europe is defused.
Today television has become the main tool of media. Daily television coverage, be it in the news or in a
separate daily broadcast, could improve the process of Europeanization across the spectrum of society.
Actually all state-owned television broadcasters in all EU countries with public funding could be employed
to do so. It would be important not to focus these programs on secondary channels or during off-peak times.
National news agencies should also be more involved. The private media would certainly join in, in some
form or another for reasons of competition. The founding of multilingual European agencies should be
considered. Many quality newspapers already have sections dedicated to the EU. However, an attempt should
be made to ensure that the mass media also introduce a regular EU column. The editorial collaboration of
European newspapers called "EUROPA" is a good example of such networking.
Nowadays the use of social media platforms is of immense importance. An audience of millions can be
reached by these means and also enables a very individualized exchange of opinions and information.
The national parliaments and regional representations should also find ways to include EU issues and
decisions on a regular basis in their deliberations. It would also be desirable, depending on the topic, for the
nationally elected representatives for the EU to be personally present for public reports in national and
regional areas. This would also mean that the representatives sent to the EU should make their home offices
more available to the public for information and suggestions.
In schools within EU countries, the European political education of the pupils should be introduced into the
curriculum on all school levels. Young people in particular are no longer as aware as older generations are of
our ongoing period of peace which is the core achievement of European unification.
Such a horizontal Europeanization could improve the identification of the population with Europe, and thus
the formation of a European identity, and also lead to a stronger active participation of citizens in European
issues. It could also lead to greater active participation of citizens in European issues and should thus counter
nationalist and populist tendencies.

Témoignage pour l'Europe : le livre de Michel Barnier sur le Brexit. « La grande illusion ». Éditions Gallimard. Paris. 2021. 540 pages, 23 €


L’auteur n’est pas n’importe qui : Michel Barnier a été ministre français des Affaires européennes et des Affaires étrangères (2004-2005/2007-2009), à deux reprises Commissaire européen (Politique régionale puis Marché intérieur et Services financiers) (2010-2014), conseiller spécial pour le Brexit auprès de la Commission européenne (2016/2020). Il a donc l’expérience internationale qui fait défaut à ses concurrents de la vieille droite gaulliste dans la course à la présidence de la République française.
Il n’y a donc pas si longtemps, qu’il a été le négociateur en chef pour l’Union Européenne chargé de mener les pourparlers du Brexit avec Londres. Il y a mis le point final en décembre 2020 sans dégâts majeurs pour l’Union Européenne. Toutes les dates, les entretiens, les lieux, les protagonistes sont notés dans ce livre qui constitue un document historique irremplaçable. On n’imaginait pas que le représentant de l’Union Européenne notait tout dans son petit carnet. Quel homme politique a agi ainsi ? La plupart se fient ensuite à leur mémoire et la mémoire est infidèle, transformatrice. Nous avons en mains est pratiquement le journal de bord minutieux de cette difficile et longue négociation d’un Européen convaincu avec un monstre xénophobe : Boris Johnson, Premier ministre de sa Gracieuse Majesté. Un Gaulliste républicain face à autonomiste britannique. Voilà qui rappelle Charles de Gaulle et Winston Churchill, mais à positions inversées : autres temps, autres mœurs.
Quelque chose de cette ère ancienne flottait dans l’air, mais il faut se souvenir qu’en 1945-47, Churchill avait plaidé la cause de l’Europe unie et de l’européanisation de la Grande-Bretagne alors que Johnson a fait tout le contraire avec des arguments très « british » mais très spécieux qui ont produit la catastrophe du référendum du 23 juin 2016. De son côté Barnier défendait la cause de l’Europe, alors que De Gaulle fut quand même, il faut bien le reconnaître, plutôt anti-européen, c’est-à-dire anti-supranational européen. Le Général a voulu, avec le plan Fouchet notamment, faire une Europe d’États-nations raccordés les uns aux autres par une grande alliance et non pas intégrés dans une fédération. Il redoutait surtout que l’Europe ne devienne un super-État qui écraserait la France.
Mais là n’est pas le problème. Dans sa négociation, Barnier a fait abstraction du passé de son parti français, « Les Républicains », et s’est glissé dans la peau d’un Européen pur sang, se contentant de rappeler que De Gaulle avait appliqué en 1958 et après les Traités de Rome de 1957 (ce qui serait vraiment sujet à débat). C’est une immense qualité politique, une qualité d’homme d’État, en tout cas, que de pouvoir faire abstraction de ses attaches personnelles. À notre avis, l’intérêt du livre n’est pas seulement dans le descriptif minutieux du pugilat de Barnier en gants de velours avec les Britanniques, pas non plus dans le fait d’avoir conclu sans que personne ne soit humilié ni lésé, ni à Bruxelles ni à Londres, de façon à ce que dans cinq, dix, quinze ans, les Anglais puissent revenir dans l’Union Européenne, non pas en chemise, la corde au cou comme les Bourgeois de Calais.
Non, par-delà, le meilleur résultat du livre est là où on ne l’attendait pas : il rend compatible le gaullisme hérité de grand-papa avec notre situation géostratégique actuelle qui ne saurait se passer de l’UE, notre planche de salut à tous sur le continent (et les îles) face aux giganto-Etats et aux courants mystico-terroristes, face au dérèglement climatique, face à la surpopulation et à la raréfaction des ressources qui déséquilibrent la planète. Il faut lire en détails ce livre qui fait de Barnier dans notre vivier politique le meilleur spécialiste de l’Europe (s’il n’est pas élu président, il ferait le meilleur ministre des Affaires Européennes que la France ait jamais eu – mais nous n’excluons rien).
Son texte dégage une chaleur européenne, une perception unique et intime des effluves européennes comme aucun autre. Par exemple quand il écrit : « Admettons-le, la faiblesse du débat européen n’est pas seulement britannique. Il y a chez nous aussi trop d’hommes et de femmes politiques qui rasent les murs, qui ont l’Europe honteuse, qui n’expliquent rien et n’assument pas. Je suis depuis longtemps convaincu que c’est le silence, l’arrogance, la distance des élites qui nourrissent les peurs et encouragent la démagogie ». Suit une analyse très pertinente de la situation européenne, des incuries et des carences d’une Europe qui a nettement besoin d’améliorations. Il sait où et pourquoi.
C’est le livre d’un esprit indépendant, d’un homme qui voit grand et loin, qui a eu la chance d’être placé par la vie à un sommet d’où il a tout pu embrasser d’un coup d’œil. Les Alpes ont été pour ce Savoyard une bonne préparation. A part Emmanuel Macron, les autres politiques français et candidats sont des provinciaux. Ils ne sont pas à la hauteur des problèmes du monde actuel dont la terrible débandade des Occidentaux en Afghanistan vient de nous donner la preuve. Alors lisez ce livre, votez Barnier aux prochaines primaires et décidez en avril 2022 en votre âme et conscience.
Michel Barnier a cette aura européenne qui fait la force d’Emmanuel Macron et qui manque singulièrement à Xavier Bertrand et aux autres candidats gaullistes, socialistes, verts, pour ne pas parler du rigide et ankylosé RN qui a jeté le voile du silence sur son europhobie. Dommage que Michel Barnier ne soit pas le premier président de l’Union Européenne. Mais il y a d’autres façons d’agir. (J.-P. Picaper, 30/08/2021)

Interview de Michel Barnier: les Européens doivent préserver leurs identités nationales

Michel Barnier a accordé une interview exceptionnelle à la revue « Politique Internationale » (n° 171, printemps 2021). Interviewé par Isabelle Lasserre, rédactrice en chef adjointe du « Figaro », il répond ceci :

A. L.-Sans les Britanniques, l’Europe ne risque-t-elle pas de devenir allemande ? Depuis le Brexit, le poids de l’Allemagne s’est renforcé sur le terrain de la politique étrangère
M. B.- Tant mieux si les Allemands évoluent, et l’on sait à quel point c’est long et difficile pur eux en raison de ‘Histoire. Je me souviens d’Helmut Kohl expliquant, deux ans après la réunification, quelle révolution c’était pour l’Allemagne de participer à une opération de OTAN dans les Balkans ! Mais je ne souhaite pas plus une Europe allemand qu’une Europe française. Ce que je souhaite, c’est une Allemagne européenne et une France européenne. Notre pays possède des cartes maîtresses dans le jeu européen. A condition de se montrer professionnel et pas trop arrogant…
(…) A.L.- Quelles sont vos principales inquiétudes au sujet de l’Europe ?
M. B. - L’Europe reste une idée neuve. Ceux qui l’animent doivent être très respectueux des sentiments, des sensibilités, des apports de chaque pays. Chaque État a droit au respect. Ce qui demande du temps, de la considération et de l’écoute. Deuxième exigence : il faut que la bureaucratie bruxelloise reste à sa place. A Bruxelles, comme à Paris, quand les bureaucrates prennent le pouvoir, c'est que les hommes politiques le leur ont laissé. Dans le passé et encore récemment, on a assisté à des excès. Il faut que les politiques reprennent le contrôle et assument leur vision européenne. (…)
(…) J’ai appris que les Européens pouvaient rester unis. J’espère que nous pourrons mettre cette unité dont nous avons fait la preuve au service d’enjeux positifs, pas seulement négatifs. L’affaire du Covid, extrêmement violente, a prouvé que chaque pays de l’Union, à commencer par l’Allemagne, était capable de briser des tabous : pour la première fois on a mutualisé des emprunts et des obligations – à hauteur de 750 milliards – pour investie et faire face ensemble.
I.L. –Quelles autres leçons avez-vous pu tirer de cette riche expérience ?
M. B. –J’ai appris, également, puisque ce fut l’un des ressorts du Brexit, que les identités nationales ne sont pas un gros mot, et que les Européens doivent les préserver. De Gaulle, disait déjà dans un discours : « Il ne faut pas que l’Europe broie les peuples comme une purée de marrons. Il est important de préserver l’identité des peuples, leurs racines, leurs langues, leurs cultures ». L’Europe, en effet, doit être un projet de mutualisation, pas de fusion. Elle doit préserver les différences auxquelles les peuples tiennent. Les hommes politiques ont le devoir d’assumer cette complexité, car c’est le prix pour que l’Europe soit unie sans être uniforme ».

Un livre à contre-courant - Bruno Le Maire. « L’Ange et la Bête ». « Mémoires provisoires ».  Ed. Gallimard. Paris. 2021

Des « Mémoires paradoxales », pourrait-on dire. Avec un regard chargé des lueurs du passé mais irrémédiablement tourné vers l’avenir, Bruno Le Maire, 50 ans, tire à l’aune de l’histoire et de la littérature la leçon des crises du 21ème siècle. Il en ressort un cours de politique intérieure et extérieure d’une richesse rare et une observation des acteurs de la scène mondiale fine et ironique, mais toujours bienveillante. Cela se lit comme un roman, avec en prime le sentiment d’accéder aux coulisses des maîtres du monde.

Loin de transfigurer la politique, l’auteur relate avec une sincérité teintée d’humilité combien a été aléatoire et rudimentaire, voire chaotique telle ou telle prise de décision internationale majeure. Comme par le trou de la serrure, on y voit les protagonistes se heurter puis se rabibocher ou pas. Au petit bonheur la chance. Les Allemands avancent avec la régularité placide de poids lourds et les Américains font autant de marches arrière que de démarrages à grande vitesse. Les Chinois sont impénétrables. Et Poutine parle doucement, presque inaudible. Là où nous mène le ministre-écrivain quand il approche les puissants, se joue le sort de notre pays et du monde.

L'idée fixe des médias

L’expérience que l’auteur a recueillie à fleur de peau est si multiple et diversifiée que, faute de pouvoir la cerner, certains observateurs ramèneront ce livre peut-être au ras des pâquerettes. L’auteur ne serait-il pas par hasard candidat à la présidence ? C’est la question à deux sous que les médias posent à tous ceux qui ont acquis quelque notoriété dans les médias, qu’ils s’appellent Éric Zemmour qui n'est jamais content, Jean-Luc Mélenchon le mécontent chronique, Christiane Taubira suffragette écolo sur sa bicyclette ou encore - pourquoi pas ? -le shooter sur gazon Kylian Mappé. On ne peut plus rien exclure. A notre époque de gloriole et d’idolâtries, l’ânerie est sans limites.

De nos jours où n'importe quel incompétent peut parler de n’importe quoi et s'adjuger influenceur, il y a 67 millions de présidentiables en France, moins les Français, ça va de soi, comme aurait dit Brassens. Bruno Le Maire aurait dû, paraît-il, expliquer au chef de l'État « qu'il ne s’agissait pas d'un ouvrage pour se positionner", que c'était simplement une "réflexion sur la littérature et le pouvoir en France", a écrit un grand quotidien (le 11 mars, p.11). Ne donne-t-il pas pourtant tout au long de son texte des preuves de loyauté envers celui qui a désankylosé la France et relancé l'Union Européenne. Ils mènent un combat commun contre le néant qui ronge notre pays, contre le vide et le creux, contre la décroissance et la moisissure. Une histoire sans fin…

Cela fait du bien de lire ce livre alors que déclinistes et collapsistes sortent de leurs trous tels des vers sous la pluie, pour nous annoncer que l’apocalypse sera hexagonale et qu’elle est imminente. Bruno Le Maire prend le contre-pied pour nous parler risorgimento, reconquista et remontada. Il remet les points sur les i et les pendules à l'heure d'été. De plus, la fréquentation des maîtres du monde, ceux qui commandent aux armées et disposent les aiguillages, lui a donné une hauteur de vue à la mesure de ce qu’on appelle la mondialisation. « Le terrain de jeu du pouvoir est désormais le monde », écrit-il (p.127). Pour l’affronter, « la France a des atouts ».

Les anciens compagnons

Apôtre du « bon sens » cartésien (bien qu’il semble lire davantage Pascal que Descartes) dans un monde qui glisse à la déraison (mais cela Pascal le comprend mieux peut-être), Bruno Le Maire a bifurqué quand Emmanuel Macron a injecté des mœurs nouvelles dans une politique française fossilisée. Il s’est rallié, on s’en souvient, à cette vision non conventionnelle d'une politique de rupture alors que les forces du passé, à droite comme à gauche, s’accrochaient à leurs reliques comme des naufragés à leur épaves.

Revenant sur ce moment périlleux, il a vu « les républicains poursuivre leur naufrage », sachant qu’ils « ne se relèveraient pas » de leur « crise profonde et durable ». Et de reprendre l’une des obsessions gaullistes, pour la contrer d’un trait de plume : « Il aurait fallu un homme providentiel – et il n’existe pas ». L’attente confortable du sauveur miraculeux a paralysé toute velléité de réforme des LR. Fillon devait être cet homme de la dernière chance après l'élimination de Sarkozy et le fade intermède de Hollande. Il est tombé aux oubliettes. Proscrit par les siens, espérant qu’ils allaient ouvrir leurs yeux tout grands fermés, Bruno Le Maire était le plus illustre des survivants. Il y avait trop d’autosatisfaction, de narcissisme, d'ambitions personnelles rivales chez ses anciens compagnons de route, persuadés d’être le dernier bastion de la Résistance et aveuglés par l'auto-encensement qui est une des plaies du vivier politique, surtout à droite.

Ce n'était pas avec eux qu'on revisserait les boulons manquants. Bruno Le Maire étaient de ceux qui avaient encore un avenir devant eux. Il a saisi la perche tendue par Emmanuel Macron. Il y allait de la République.

Vers un monde nouveau

S'ajoutait l'impératif européen. Pour réaménager l'Europe et l'armer face au désordre mondial, il fallait amener les Allemands à gommer leurs tabous et faire acte de solidarité. Germaniste devenu angliciste par la force des choses, Bruno Le Maire s'y est employé à son niveau, comme il le relate. Encore faut-il maintenant consolider l’Eurogroupe et substituer la majorité qualifiée à l’unanimité au Conseil Européen. L'heure est à l'approfondissement et non pas à l'élargissement.

Ceci dit, l’UE a progressé. Les "délires et fantasmes des souverainistes » (p. 200) s'estompent et les europhobes s'aperçoivent que, sans la solidarité monétaire européenne, nous aurions succombé à la crise financière de 2008 qu’il a « fallu dix ans » pour colmater, et que sans l'alliance monétaire européenne nous serions asphyxiés par la dette abyssale où nous a plongés le virus. Au passage, Bruno Le Maire rend hommage à Christine Lagarde et revient sur l’avertissement de Mario Draghi lui annonçant un tournant les mœurs financières : « You know, my friend, it is time to spend money ».

Nous sommes entrés dans un autre monde où l'homo sapiens a muté homo connecticus. Le patron de Bercy dénonce les travers, les dangers sournois,  la tyrannie de l'algorithme apatride, la dévaluation de la valeur Vérité, mais il évalue les chances nouvelles. Après que la deuxième moitié du 20ème siècle ait été très différente de sa première moitié, il estime que ce 21ème siècle « qui n’en finit pas de commencer », s’avère plus différent encore du demi-siècle qui l’a précédé. Sans innovation, on ne le maîtrisera pas.

Le goût du réel

Le Covid a fait revenir la réalité en force dans la politique, a dit Bruno Le Maire aux journalistes. J'ai retrouvé ce que j'aime : à la fois un basculement historique et la nécessité de gérer au quotidien l’approvisionnement en pâtes, en riz. Toucher les transformations géopolitiques et rassembler la grande distribution pour vérifier s'il y aura bien de la nourriture dans les supermarchés". (Le Figaro du 12 janvier 2021)

Se frotter aux dures réalités, tel est l'objectif. Et en allant jusqu'au bout de ce qu’on a commencé. Bruno Le Maire est un écrivain pour lequel "les mots doivent correspondre aux choses". son livre dénonce avant tout l’illusionnisme et le mirage, le trompe-l’œil, le bluff et l’épate qui mènent certains partis à leur perte quand ils se heurtent « au réel ». Car « le réel se produit. Le réel est le réel » (p. 112). Quel réel ?

Pour rebondir dans l’après-Covid, le gouvernement le gouvernement doit, primo, restaurer la santé des Français qui n’ont pas été capables d’inventer leur vaccin (à la différence de l'Allemand BioNTec) ; secundo, restaurer une économie devenue dépendante de puissances lointaines. ET ce, sans augmenter les impôts et sans contrainte tueuse d'initiative. Cela doit devenir visible et tangible sur les derniers cent mètres d'ici à mai-juin 2022, mais il faudra une seconde mi-temps pour y parvenir.

Gisements de croissance

Notre pays a des ressources sous-jacentes. L'une est le désir d’entreprendre des jeunes. Leur dynamisme doit briser des tabous et refouler des idées reçues. L'autre réside dans la promotion accrue des jeunes femmes dont le statut s’est nettement amélioré. L’égalité femmes-hommes est la grande supériorité de notre civilisation européenne sur les cultures rétrogrades d’autres continents. Et une encore pourrait être le déblocage des délais chiffrés, horaires de travail et âge de la retraite, fixés par décret régalien. Nous devons exploiter l’expérience des vieux au lieu de les pousser à s’endormir sur le mol oreiller de la retraite. Ceux qui le désirent doivent pouvoir reculer l’arrêt du travail (peut-être avec des retraites à temps partiel) quitte en contrepartie à avancer l'âge du repos pour les métiers pénibles ou dangereux, mais avec possibilité de recyclage.

Tous doivent s’atteler au sursaut national, non pas en partageant le travail résiduel mais en créant du nouveau travail. Bruno Le Maire écrit qu'"un des débats à venir pourrait porter sur la transmission des patrimoines" (p. 188). Grands-parents et parents veulent pouvoir investir sans pénalités dans les entreprises de leurs enfants, surtout s'agissant de microentreprises prometteuses. Ce qui implique le réinvestissement privilégié et productif de legs familiaux. L’État enfin doit réévaluer le statut d’autoentrepreneur très défavorisé par rapport à celui de salarié et de fonctionnaire.

Nous devons renouer avec l'économie de marché et d'entreprise, pas avec le capitalisme sauvage du 19ème siècle que combat encore une certaine gauche. La justice sociale n'est plus celle que revendiquaient Hugo, Zola et Dickens. Faut-il recommander la lecture de l'économiste libéral Pascal Salin : « Au lieu de penser que la raison est l'apanage d'une petite minorité d'hommes, sortes d'ingénieurs sociaux (qu'ils soient désignés démocratiquement ou autrement), écrit-il, le vrai libéral a confiance dans la capacité de chacun à déterminer son destin, à condition que les droits de tous soient définis et respectés. Le libéral n'a donc pas de "modèle de société" clefs en main à proposer. »

Chaque citoyen, citoyenne doit pouvoir être l’artisan(e) de son propre bonheur. Ce n’est pas évident, mais ce doit être rendu possible. L’économie libérale que la dictature communiste chinoise elle-même a adoptée pour réussir, a encore de beaux jours devant elle.

Réveiller la France endormie

A plus longue échéance viendra la réinvention de la politique. Elle est en route depuis 2017 avec un succès mitigé car il y a encore bien des inerties à surmonter. Bruno Le Maire diagnostique les foyers d’infection : la « déculturation occidentale », la « désindustrialisation », la « démoralisation » et la « désinhibition » qui nous gangrènent. Disons-le : nous souffrons de déconstruction et de négativisme. C'est ce qu'on lit entre ses lignes.

A ceux qui réclament des référendums à tout va et de la proportionnelle comme panacée dans la centralité parisienne, à ceux qui privilégient toutes les sensibilités et narcissismes au détriment de l’intérêt général, l’auteur du livre oppose implicitement que c’est moins au sommet qu’à la base qu’il faudra refonder la république. Il note que les Français ne supportent plus d’être entravés ni embrigadés. Qu'ils veulent être codécideurs de ce qui les concerne directement et personnellement. Nous allons vers plus d'horizontalité, de déhiérarchisation et de décentralisation.

Bien des gens veulent participer à la gestion de leurs communes et régions. Pas à la gestion de l’État ou de l’Europe, mais à celle de leur quotidien. Ils veulent acheter leurs produits en circuits courts sans passer par la grande distribution et se défaire des monstruosités multinationales que dénonce à juste titre la gauche. Ils ne veulent plus être alimentés en informations et désinformations par les Gaffas.

Mais gare aux idéologues jamais à court de slogans et de dogmes. Ils prétextent la cohésion sociale - nouveau terme à la mode - pour décourager les ardeurs et décapiter les talents, pour rabaisser le pays à l’étage des paresseux et des ratés en redistribuant l’argent à ceux qui ne font pas le bonheur des autres parce qu’ils ne sont pas capables de faire le leur. ll faut aider bien sûr les vrais handicapés, repêcher ceux qui sont mal partis, admettre aussi qu’il y a des irrécupérables, mais tous peuvent être motivés à se prendre en mains au lieu de devenir des assistés institutionnels.

Il y a suffisamment de métiers et des tâches sont en jachère. Quand la production repartira dans l’après-guerre du Covid, le reste du monde ne nous attendra pas. « Le temps est court, il ne doit pas être perdu », peut-on lire (p. 282). Disons même que le temps accélère. Certes, la pandémie l’a freiné et ralenti. Mais il repartira à la vitesse numérique.

Pourquoi tant d'engluement dans la routine ? Pourquoi ce train-train politique à courtes vues qui n’intéresse plus que les journalistes et les politologues, alors que les superpuissances de demain mettent les bouchées doubles. Pourquoi ne pas voir pas plus loin et plus grand ? Il n'y a presque plus i'informations européennes et mondiales au JT. Sauf sur la pandémie.

De la politique à la métapolitique


Ce n’est pas seulement de la politique que nous livre ici le ministre, c’est de la métapolitique. Elle est à la politique ce que la métaphysique est à la physique. C’est une vision transcendante des affaires incluant les enjeux globaux extérieurs, c'est la perception de « ce qui n’existe pas » et qui pourtant mène le monde. En un mot « le destin ». « La politique, c’est le destin », disait un grand despote français (Napoléon, je crois). Mais pour le moment, en 2021, le destin c’est le retour de la Santé et la croissance économique. Et pour cela, il faudra, dans le monde vacciné, libérer les énergies.

Visiblement, Bruno Le Maire n’est pas homme à brûler les étapes. Il gouverne l’Économie et la Finance, pas l’État. Il a fait depuis 2006 un long parcours sur les sentiers caillouteux de la politique et il a assez pâti en 2017 des fautes des autres pour ne pas les reproduire. Cependant, il a acquis le sens de l’État par-delà les institutions.. Entre les lignes, c’est d’État qu’il nous parle. Son sujet non nommé est l'État France qui baigne dans l’Europe. L’État, c’est la substance, le cœur des choses, notre nef par gros temps, notre lieu géométrique, notre hexagone spirituel. Il faut le préserver des taupes qui grignotent ses racines.

Celui qui revêt l’armure de l’homme d’État sous le manteau du politicien, doit acquérir un second sens : le sens de l’Histoire, c'est à dire l’aptitude à distinguer les courants historiques porteurs de ceux qu’on ne remonte pas. Tous n’ont pas pu comprendre en 1992 et en 2002 quand on lançait l’euro et l’Union Européenne, que c’était l’avenir. De même qu’il faudra comprendre en 2022 que l’UE et l’euro sont désormais irrévocables et qu’on peut faire avec eux de grandes choses. Cela transparaît à maintes pages dans ce livre.

Ce livre est un vrai remontant

Il fallait avoir de l'audace pour sortir en ces temps pandémiques et mortifères un ouvrage encore plus entraînant que les dix précédents tous écrits pour mobiliser les énergies. Or, le fait est qu’on peut tirer parti de cette crise qui a fait si mal. Nous n’en sortirons ni indemnes ni comme avant, mais elle nous oblige à obliquer et à « (…) reprendre le chemin de la transformation tout en tenant compte de l’état de fébrilité et d’instabilité du pays », dit le docteur Le Maire aux soignants et aux convalescents.

Reconstruire l’autorité de l’État sans sacrifier les libertés politiques et économiques, forger un capitalisme mieux partagé et ouvert à la créativité et enfin rendre l’Europe forte, tel est le travail herculéen qui requiert une rallonge de quelques années. Le pays a besoin de stabilité pour changer sans douleur. Ministre de l’Économie et des Finances comme le fut Emmanuel Macron avant lui, Bruno Le Maire serait prédestiné à prendre le relais. Mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour. La politique de relance de la France et de réforme de l’Europe menée par le pouvoir actuel doit aller jusque à son terme

Un libéral allergique au chaos, ainsi pourrait-on définir Bruno Le Maire. A la télévision au plus fort de la pandémie, il nous a souvent rappelé que deux et deux faisaient encore quatre et qu’il ne fallait pas s’affoler. Cet homme calme et droit, poète respectueux du patrimoine grammatical et sémantique, n’est pas du genre à manquer de parole. Dans ses chapitres, il prête allégeance à celui qu’il appelle parfois le « chef », celui qu’il tutoie en privé et vouvoie en public, celui dont il reconnait le bon travail dans une crise dévastatrice et sans précédent.

Leur mission commune est de remettre le pays sur les rails. C’est dans les crises que s’affirment non pas les hommes providentiels, mais les hommes et les femmes qui gardent leur sang-froid et ne perdent pas le Nord. Ceux et celles qui réparent l’avion en vol pour qu’il reprenne de l’altitude au lieu de se crasher. (JPP - 13.03.2021)

Extraits du livre

« Cette notion d’État actionnaire est contraire à l’idée que je me fais de l’État : garder les entreprises stratégiques de transports, de production nucléaire ou de défense, et céder le reste ».
(p. 61)

« De toutes les calamités qui peuvent s’abattre sur l’économie, l’incertitude est la plus grave. « Tout le pays d’Egypte fut dévasté par les mouches », dit l’Exode ; toute l’économie mondiale allait être dévastée par un virus qui instillait dans les échanges commerciaux comme dans les consciences une incertitude délétère ; quelque chose que nous ne pouvions pas voir à l’œil nu,  un virus pathogène dont personne ne connaissait à ce moment-là les causes, et dont nous mettrions des années à mesurer les conséquences, mettrait à bas soixante-dix années d’accumulation industrieuse de richesses, de savoirs, de sécurité matérielle et sanitaire. Le COVID de 2020 avait la force de la mouche pascalienne : <Puissance des mouches, elles gagnent des batailles, empêchent notre être d’agir, mangent notre corps> ». (p. 263)

« Pas de meilleure école de pensée, pas de meilleure discipline que les affaires internationales pour vous réveiller. Les rapports de force sont la seule loi. La défense des intérêts nationaux ou européens la seule doctrine. La réalité est là, brutale, qui se pèse et se compte. A quand remonte la dernière période où la France a façonné le monde ? A quand le dernier moment français ? A De Gaulle, mais en trompe-l'œil ? Ou plus loin encore, à Richelieu (…) ? Et surtout avons-nous la capacité à modeler quoi que ce soit dans le grand bouleversement actuel ?
Ma conviction est que oui. Ma conviction est que nous pouvons encore, en nous engageant sans réserve comme le fait Emmanuel Macron dans le jeu européen, donner un sens à un monde qui en manque ».
(p. 148)

« Les géants du numérique ont la puissance sans la légitimité, le pouvoir sans les contraintes, la domination dans le partage. (…) Ce n’est pas seulement un ordre ancien que les réseaux sociaux numériques mettent à terre ; c’est la notion même de vérité et de mensonge, sur laquelle le monde occidental a bâti son expansion depuis trois siècles en se délivrant des dogmes religieux Les réseaux numériques sont comme la boîte du magicien à double fond, ils diffusent le vrai et le faux, ils apportent une foule d’informations et autant de mensonges sans une clé de compréhension, ils révèlent et ils dissimulent, ils éclairent et ils trompent. Du jour au lendemain, en quelques clics, ils projettent un individu en pleine lumière puis le jettent à la vindicte. Une InfoMatin sur les réseaux sociaux n’est pas vraie ou fausse. Elle est virale ou morte. Comme la force d’un virus se mesure à sa capacité de diffusion, l’importance d’une information ne se jauge plus à sa gravité, mais à son nombre de vues ». (p. 157)

« Le descendant en ligne directe du régime tsariste, Vladimir Poutine, pourrait très bien dire : «<Le force c’est le mensonge> ». (p. 173) (…) 


« En avons-nous fini avec cette violence ? Oui, si nous la considérons comme un épiphénomène lié à la crise des gilets jaunes. Non, si nos la comprenons comme une des manifestations récurrentes des la détresse occidentale, du manque de souffle de nos démocraties, de cet obscurantisme radical alimenté par des puissances étrangères, comme la Russie. Parce que je penche pour la dernière option, le remède ne peut pas être uniquement policier ou juridique, il doit aussi être politique ». (p. 200)

« Pour Donald Trump, l’Europe était beaucoup plus un rival à soumettre qu’un partenaire à respecter » 
(p. 232)

« Avant redistribution, la France est une des nations les plus inégalitaires parmi les nations les plus développées. Après, elle devient une des plus justes. Autrement dit, la justice dans notre société ne vient pas des efforts de chacun, ni de la possibilité de s’élever par son talent, mais d’une correction mécanique et publique des déséquilibres sociaux. Nous ne traitons pas la douleur, nous l’anesthésions avec le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé des pays de l’OCED". (p. 186)

« Toute une partie de la population française, depuis des années, ne se sent plus représentée par ses élus, en particulier les élus nationaux, députés u sénateurs. Elle se sent dépossédée de sa part de souveraineté. La délégation de la souveraineté nationale à ses représentants une fois pour toute, ou plutôt une fois pour un mandat, elle que l’avait conçue Rousseau, ne tient plus ; l’individu ne veut plus être citoyen le seul jour des élections, il veut être citoyen en permanence. De ce point de vue, les gilets jaunes auront accéléré la nécessaire refondation de a démocratie ».
(p. 194)

« La responsabilité politique n'est pas de vendre des rêves qui peuvent tourner au cauchemar, comme le font sans cesse les représentants de la France insoumise. Ils disent vouloir une nouvelle République, en réalité ils veulent le renversement du régime et le pouvoir derrière. Ils excusent les casseurs, parce que les casseurs servent leur cause. (...) Mais pour quel avenir ? Pour quelle société ? Notre responsabilité est de bâtir un modèle plus juste en développant nos propres atouts économiques et financiers, en unissant les politiques européennes, pas en montant nos compatriotes les uns contre les autres. Pourquoi un homme comme Jean-Luc Mélenchon, si courtois et cultivé dans la conversation privée, orateur si habile, se laisse-t-il gagner parfois par la fureur, au point de devenir méconnaissable? Les archanges de la révolte supportent mal la paix ». (p.186)

On peut rapprocher ceci de la citation précédente :

« La démondialisation est une fiction que pas un de nos partenaires européens ne mettra en pratique. (…) Les chantres de la démondialisation, Arnaud Montebourg en tête, sont les mêmes qui ont versé des larmes de crocodile sur la désindustrialisation de la France, et qui ont refusé de prendre les mesures économiques ou fiscales appropriées quand ils pouvaient le faire. ( …) La décroissance, utopie plus dangereuse encore pour notre nation, va plus loin que la simple sobriété. La sobriété suppose la mesure, la retenue, la tempérance sans lesquelles la vie en société peut rapidement devenir difficile. Mais la décroissance est autre chose : elle ne veut pas modérer, elle veut retirer. Elle ne se contente pas de restreindre, elle veut retrancher, tailler, couper. Nous produisons trop, il faut produire moins. Nous sommes trop nombreux, il faut arrêter de nous reproduire. Les tenants de la décroissance ont parfois des accents messianiques (…) La volonté de faire le bonheur des gens à leur place qui sème le malheur » (p. 328)

A propos d'un ami de jeunesse qui semblait prometteur et qu’il retrouve très diminué à près de 50 ans : "Il lui manquait cet orgueil sans lequel en politique comme en littérature, on ne commence rien (…) Comme Galilée affirmant que la Terre était ronde, je réalisai que la vie était plane, un espace borné dans lequel chacun au milieu de la multitude dispose d’un espace de temps très bref pour affirmer sa singularité et trouver sa place ». (p. 219)

Et l’on tombe sur des vérités, ainsi :

« Les doigts du verbe entrent à tâtons dans le noir du monde ». (p.221)

« Le peuple est le peuple. Il déverse sa colère sur ceux dont le pouvoir ne change plus rien à leurs vies » (p. 193)
« Le temps est court et il ne doit pas être perdu ». (p. 282)

Helmut Schmidt disait après Max Weber que la politique consiste à « percer des planches dures ». Face à l’ingratitude omniprésente dans son métier où il n’y a ni amitiés ni inimitiés définitives, et où celui qui était adulé hier peut être honni demain, l’auteur accorde aux grand commis de l’Etat le droit à la fierté :

« Dans un métier où l’ingratitude est la règle et la reconnaissance l’exception, je trouvais dans ces mots la plus belle des récompenses pour tous les agents publics, fonctionnaires, membres de mon cabinet qui avaient sacrifié leurs jours et leurs nuits pour quelque chose qui les dépassait, qui était au cœur de leur engagement, et qui était la France ». (p. 284)

Conscient des vulnérabilités de la démocratie qui prêtent le flanc aux destructeurs professionnels, Bruno Le Maire analyse la crise des gilets jaunes que « personne n’avait vue venir » : « Ce qui couvait en fait sous les braises des gilets jaunes puis du mouvement des retraites, c’était une crise de régime (par-là l’auteur entend visiblement un changement de régime, NDLR) ; elle n’a pas eu lieu parce que le chef de l’Etat a su se comporter en chef et que l‘Etat, malgré les faiblesses qui apparaîtraient encore plus crûment durant la crise sanitaire, a résisté. Les policiers, pourtant critiqués de toutes parts, n‘ont pas déposé les armes et ont continué d’assurer notre sécurité ; les préfets ont été à la hauteur de leurs responsabilités dans les départements ; les aides financières promises ont rapidement été débloquées par les services de Bercy ». (p. 209)

Et de critiquer que les manifestations bon enfant et justifiées au départ des gilets jaunes, aient tourné à « la désinhibition, pur produit de la déculturation de notre nation, de notre renoncement à notre histoire, à notre mémoire, à nos idées et à notre langue » et à ce « monde nu et masqué, qui refusait de parler, mais cognait ». (p. 199).

On a réparé les dégâts commis par des forcenés à l’Arc-de-Triomphe, on a rendu son visage défiguré à Marianne, mais « l’irréparable avait été commis ». La cicatrice est là et les replâtrages ne suffiront pas, car nous sommes en présence d’une « crise profonde de la démocratie – notre démocratie et de plus en plus fragilisée par des institutions désormais bancales » (p. 210). Il faudra « refondre nos institutions » (p. 213).

Et de conclure :
« Il nous reste moins de deux ans avant la prochaine élections présidentielle de 2022, pour tirer toutes les conséquences de ce que nous avons vécu et préparer un projet en ce sens, autour du président de la République. Soit nous proposons une transition vers de nouvelles institutions, soit nous nous exposons à la crise de régime. Nous sommes passés tout près en 2018. Nous pouvons la vivre pour de bon dans les prochaines années. La tâche est immense (…) ». (p. 287)

Au temps jadis : pirates barbaresques et esclaves européens

Au cours des derniers mois, de nombreuses manifestations rétroactives – avec des excès tels les déboulonnages de statues de grands hommes – ont eu lieu contre l’esclavage. Certes, la traite des hommes, des femmes, voire des enfants, à laquelle parfois des Africains eux-mêmes ont participé en vendant leurs captifs aux marchands américains ou européens, a été un crime contre l’humanité tel que l’a défini le Tribunal de Nuremberg après la guerre. Mais, sans parler de l’Antiquité, on oublie souvent que les Arabes musulmans ont été des esclavagistes eux aussi, y compris en Afrique subsahélienne, mais surtout en Europe. Il nous paraît important de rétablir la vérité historique. (Rédaction)

De 1500 à 1800, la côte sud méditerranéenne, du Maroc à la Libye fut le foyer d’une industrie florissante, celle de rapts d’Européens sur la côte nord, pour alimenter le commerce des esclaves au Maghreb. Tous les historiens évaluent le nombre des personnes kidnappées et vendues durant cette période à 1 250 000 (1 million ¼). Nettement plus que celui des esclaves africains déportés vers l’Amérique, estimé à 800 000 êtres humains. Les marines nationales européennes, trop faibles, ne possédaient pas de moyens de défense suffisants pour protéger leurs côtes. Les corsaires maghrébins et turcs ayant, en plus des voiles, la force de propulsion des rames de leurs esclaves pour leurs galères, pouvaient se déplacer plus rapidement, surtout quand le vent faiblissait. Dans les combats navals et à la poursuite, les Européens, y compris britanniques, étaient très inférieurs. En plus de l’attrait des rapines, l’agressivité des chefs islamiques était dopée par l’aiguillon religieux du djihad contre les mécréants chrétiens.

Nettement plus de la moitié des personnes capturées furent des Espagnols. Les Français étaient aussi en nombre important. En moindre nombre des Italiens et Grecs, quelques nordiques et enfin des Européens indéterminés. En plus de l’interception des navires, les raids esclavagistes barbaresques dépeuplèrent des milliers de kilomètres de côtes par le rapt d’hommes, de femmes et d’enfants. Ils détruisaient les églises pour que leurs cloches ne puissent pas sonner l’alarme à leur approche. Cette haine des cloches s’est conservée jusqu’à nos jours dans les milieux islamistes. L’Algérie a détenu le plus d’esclaves européens (33%), devant la Tunisie (27%). Le Maroc venait loin derrière (8%) comme la Libye (Tripoli : 5%). La Turquie (11%) en eut aussi dont elle fit souvent des soldats ou des femmes de harems. Sur 1 300 km de côtes italiennes, la population alla s’installer à l’intérieur des terres, fuyant les rivages. Les razzias furent particulièrement importantes en Corse. L’île servait de relais où l’on émasculait des jeunes hommes pour faire de ceux qui survivaient des eunuques pour les harems.

Ces pirates qui avaient fait de la Méditerranée, « la mer de la peur », étaient chez eux des grands seigneurs qui possédaient de somptueuses villas et jusqu’à 1 300 esclaves chrétiens. On les nommait « les raïs ». Débarquant sous les coups de fouet en Afrique du Nord, leurs prisonniers étaient vendus sur les marchés d’Algérie ou de Tunisie s’ils étaient pauvres. Les riches, les nobles, et les juifs ou les religieux pouvaient êtres libérés contre rançon. De nombreux intermédiaires s’enrichissaient dans ces transactions. Le prix des femmes à la vente variait en fonction de leur beauté et de leur âge. Exposés nus comme elles, les enfants étaient vendus aux enchères eux aussi.

Le cruel Baba Arrouj dit Barbe Rousse, devenu Sultan d’Alger, fut l’un des plus célèbres corsaires. Il fut tué en 1518 près de Tlemcen, mais son frère Kheit Eddin lui succéda. Il y eut des captifs célèbres. L’écrivain Miguel de Cervantes, capturé au large de Rosas en Catalogne à son retour de Naples, avait été déporté comme esclave au bagne d’Alger avec son frère Rodrigo le 26 septembre 1580. Avantagé par la fortune de sa famille. Avantagé par la fortune de sa famille, il eut le privilège d’être libéré contre rançon. En fait après quatre tentatives d’évasion, il fut libéré contre rançon en septembre 1580, par l’ordre de la Sainte Trinité provençale, sa fortune familiale ayant certainement aidé. Certains de ses compagnons de malheur restèrent captifs 10 à 30 ans et moururent dans d’atroces conditions. Un autre captif célèbre fut Saint Vincent de Paul. Après avoir été gardien du troupeau familial, près de Dax (Landes), il fut ordonné prêtre en 1600 après sept ans d’études. Partant de Marseille où il était allé toucher un modeste héritage, il avait été capturé par des barbaresques et vendu comme esclave à Tunis. Après deux ans de captivité, il s‘était évadé. Il fut aumônier des galériens, des enfants trouvés et des paysans incultes et créateur d’hôpitaux. Saint Vincent de Paul fut canonisé en 1737.

Les captifs traînaient une chaîne enserrant l’une des chevilles. Il existait des bagnes de travail où ils étaient retenus dans un état épouvantable. Les plus robustes devenaient galériens enchaînés à leurs compagnons et aux rames. C’était la noyade assurée si le navire était coulé par la tempête ou les vaisseaux européens. Ils étaient soumis au fouet pour suivre les cadences. La punition habituelle était la bastonnade variant de 150 à 200 coups ce qui équivalait à une condamnation à mort. Ils pouvaient y échapper en « prenant le turban », c’est-à-dire en se convertissant à l’islam. La conversion exemptait aussi de service aux galères. Mais beaucoup hésitaient par crainte de « perdre leur âme » et devant le supplice de la circoncision. Parmi les moins riches, les charpentiers de marine, les fondeurs de métaux ou ceux qui possédaient des dons particuliers pouvaient jouir de certains avantages.

Les monarques européens tentèrent de résister. En 1541, une tentative de Charles Quint contre Alger tourna au désastre. En 1683, pour stopper les raids, Louis XIV fit bombarder Alger par une grande flotte sous le commandement de Duquesne. En représailles le père Le Vacher et 20 autres Français furent exécutés l’un après l’autre en étant attachés à la bouche d’un canon mis à feu. Et cette attaque d’Alger se solda aussi par un échec. Les razzias continuèrent de plus belle. En 1765, Suffren bombarda Salé au Maroc et traça des plans des côtes du Maghreb pour mieux traquer les ravisseurs. De 1785 à 1793, les USA firent la guerre à Tripoli après la capture de 130 Américains. Un accord de paix fut signé après trois bombardements. Puis en 1815, la guerre reprit contre le Dey d’Alger. En 1816, une expédition anglo-hollandaise sous les ordres de Lord Exmouth parvint à faire cesser momentanément les razzias. En 1818, le congrès d‘Aix-la-Chapelle appela les grandes puissances à mettre fin une fois pour toutes au fléau. L’écrivain diplomate Chateaubriand appela la France à prendre la tête de ce combat. La France tenta d’abord la négociation, mais son plénipotentiaire fut éconduit en juin 1827 par un coup d’éventail du Dey. Un blocus d’Alger fut établi jusqu’en 1830, puis après une bataille navale l’armée française débarqua à Sidi-Ferruch le 14 juin 1830. Le 5 juillet 1830, le régent Hussein –Dey se soumit. Lors de la paix d’Alger, il restait encore 130 esclaves européens détenus par le Dey.

Le vent avait enfin tourné en faveur des Européens. L’esclavage des Blancs étant désormais aboli, il restait l’esclavage des noirs, non moins important sans doute. Le rebelle Abdel Kader fit décapiter 100 esclaves noirs qu’il avait repris après qu’ils se soient réfugiés chez les français. L’esclavage des Noirs fut aboli dans les villes du Maghreb mais il persista dans les campagnes et chez les Nomades.

Ces faits donnent un autre éclairage sur la colonisation de l’Algérie et l’histoire de la Méditerranée et des r