Sécurité


1. Malgré l’échec  en Afghanistan : pas d’antiaméricanisme primaire !
2. Les  sous-marins français n'iront pas en Australie- torpillés par Joe Biden
3. La terrible  légèreté du gouvernement Biden, héritier de Trump

4. Afghanistan : l’abandon
5.  L’hypocrisie a pris le pouvoir à Kaboul
6 . Le "crime d'honneur " est un meurtre 
7. Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire 
8. Gérald Darmanin : Nous devons cesser d'être naïfs
9. Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?


Malgré l’échec  en Afghanistan : pas d’antiaméricanisme primaire !

On a la nette impression que diverses institutions américaines désavouent le président Joe Biden après la défaite américaine en Afghanistan. Le Pentagone et l’OTAN en particulier sont mécontents de la manière dont il n'a ni anticipé la chute de Kaboul ni géré le retrait des forces américaines. Les propos qu’il a tenus ensuite ont été poliment mais clairement critiqués par le Secrétaire général  de l’OTAN, Jens Stoltenberg, dans une interview du très sérieux quotidien allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung » (édition du 13/09/2021, p. 2). Elle corrobore une de nos  sources américaines qui nous a confié que Biden a retiré ses troupes précipitamment d’Afghanistan contre la volonté de ses militaires. Il ne voulait pas avoir un seul mort américain. Or, 13 soldats américains (et 90 Afghans au moins) ont été tués par une bombe à l’aéroport de Kaboul.
Alors que Biden avait dit que « l’Intervention de l’OTAN en Afghanistan n’avait jamais eu pour objectif de construire une nation (afghane) et que le seul objectif avait été la lutte contre le terrorisme » et que celui-ci avait été atteint avec l’exécution d’Oussama Ben Laden, Stoltenberg a exprimé tout autre chose : « Parfois, a-t-il dit, on ne peut empêcher le terrorisme que si l’on stabilise un pays, si on y crée des institutions fortes et fiables ». Il avait quant à lui salué l’intention de « créer un Afghanistan stable » pour une période dépassant largement la présence militaire occidentale.
Stoltenberg a semblé dire que Biden n’était pas à la hauteur.Il a rappelé que la Communauté atlantique a néanmoins ré ussi, en Afghanistan à allonger l’espérance de vie, à renforcer la participation politique et à permettre aux filles d’aller à l’école. « Ce ne sera pas facile de réduire à néant ces progrès », a ajouté Stoltenberg. C’est vrai, tant qu’ils auront besoin d’argent. Mais "les Talibans mentent", a dit Jean-Yves le Drian, ministre français des Affaires étrangères. Une des premières décisions de leur gouvernement a été d’interdire le sport aux femmes.
Le Secrétaire général de l’OTAN a souligné que l’Alliance atlantique ne doit pas se limiter à son espace euro-américain, mais continuer à se vouer partout à la lutte contre le terrorisme. « Pour cela nous devons former des forces de sécurité dans d’autres pays et mener des interventions militaires ». Emmanuel Macron avait le 7 novembre 2019 déclaré à "The Economist", dans le contexte de tension avec la Turquie, que l’Otan était « en état de mort cérébrale ». Il est vrai que sous Trump – éliminé - et Erdogan –encore présent, hélas ! – il ne fallait rien attendre de l’Otan. Mais il semble que l’Alliance cherche maintenant à sortir de cette impasse.
On avait beaucoup attendu du président Biden. Il a d’excellents conseillers et secrétaires d’Etat. On voyait en lui un nouvel Harry Truman. Mais visiblement, ce n’est pas le cas. Il a abandonné à la tyrannie talibane les élites de la société afghane et surtout les femmes instruites et les femmes en général qui vont être soumises à des pressions inhumaines. Biden a laissé l’obscurantisme remplacer l’intelligence et la liberté. Il a abandonné entre les mains des Talibans l’équipement d’une armée hypermoderne et même des uniformes américains. Une impardonnable gabegie !
Et pourtant, dans notre association européenne transfrontalière « C l’Europe », nous pensons que notre devoir est de renforcer notre alliance avec les USA et d’aider nos amis d’outre-Atlantique à chercher de meilleurs gouvernants. Nous exprimons notre désaccord avec la présidence de l’Union Paneuropéenne Internationale qui croit le moment venu de faire une Europe indépendante des États-Unis, à la manière de De Gaulle dans les années 1960. Nous ne partageons pas ces illusions gaullistes.
Karl de Habsbourg, président de Paneurope Autriche, a rappelé récemment dans une déclaration officielle que les États-Unis ont construit des démocraties stabilisatrices en Corée du Sud et à Chypre. A cela s'ajoutent les Balkans du Sud qui ont été contraints par la force des armes à cesser leurs guerres et à bâtir des Etats libres stables. Tout en consolidant le pilier européen au sein de l’Otan, il faut donc renforcer l’Alliance atlantique, en faire un instrument commun efficace. La France est-elle en mesure de lutte à elle seule contre le terrorisme en Afrique et au Moyen Orient et de défendre l’Ukraine, la Géorgie, les États baltes contre l’expansionnisme poutinien ? La force de frappe nucléaire des Français et des Britanniques ne suffit pas non plus face à l'armement atomique russe. Non, nous avons pour cela besoin des Américains.
Les États-Unis ne sont pas au bout du rouleau comme l’imaginent en France des hypernationalistes de droite et d’extrême-droite et d’extrême gauche également. Ils sont à la pointe de la science et de la technologie et leur capacité de résilience est étonnante, comme l’avait vu déjà Alexis de Tocqueville. Ils ont encore la première armée de la planète. Notre défense dépend du renseignement électronique américain. Naturellement, il ne faut pas être naïf, tout n’est pas blanc-bleu outre-Atlantique, mais il ne faut pas non plus tomber dans des obsessions passéistes et dogmatiques et imaginer qu’on puisse bâtir une Europe indépendante contre les États-Unis.
 L’Europe de Papa, l’Europe de De Gaulle, c’était il y a déjà soixante ans. (Jean-Paul Picaper, Conférence Paneuropéenne de Strasbourg, 13 septembre 2021)

Les Etats-Unis et la Grande Bretagne torpillent les futur sous-marins français

Depuis qu’il avait remporté en 2016 aprsè deux ans de négociations l’appel d’offres visant à livrer douze sous-marins français à la Royal Australian Navy [RAN] de type Shortfin Barracuda [une déclinaison du sous-marin nucléaire d’attaque Suffren… mais à propulsion « classique »], le constructeur naval français Naval Group, à Cherbourg, devait faire face à une campagne médiatique et politique hostile, certains groupes d’intérêts remettant en cause le choix du gouvernement australien.
Lors d’une audition au Sénat, en février 2020, Hervé Guillou, alors Pdg de Naval Group, avait dénoncé des attaques « médiatiques à charge », relayées par « un certain nombre de médias qui ne nous veulent pas que du bien ». Cependant, le gouvernement australien avait jusqu’alors toujours pris le parti de l’industriel français. Comme encore le 30 août 2021. Et la signature de la phase « Core Work Scope 2 » du contrat confié à Naval Group semblait alors sur de bons rails.
Mais le 14 septembre dernier, le Premier ministre australien, Scott Morrison a annoncé l’abandon du contrat attribué à Naval Group au profit de l’acquisition de sous-marins nucléaires d’attaque anglo-américains, dans le cadre d’une étroite coopération avec les États-Unis et le Royaume-Uni. Un axe des pays anglophones est en train de se reconstituer des mois après le Brexit, au détriment de l’industrie française et européenne. C’est une perte énorme, de près de 35 milliards, le contrat du siècle, pour les chantiers navals français.
Surtout, ce coup dans le dos a été perpétré en sous-main par l'administration américains sans en avertir les Alliés français, membres de l'OTAN. C'est un coup à la manière de Trump, a dit le ministre français Jean-Yves Le Drian. l élimine la France de la stratégie navale dans le Pacifique où la France a pourtant des possessions.
Ce qui fait reposer la question aux adversaires de l’alliance avec les Etats-Unis de savoir si ceux-ci sont un partenaire fiable. Trump et Biden avaient déjà décidé le retrait rapide d’Afghanistan sans avertir les partenaires.  Certes, l'erreur a été aussi de préférer une propulsion classique à la propulsion nucléaire pour les sous-marins français. Mais le premier sous-marin aurait pu être livré en 2023, tandis que les vaisseaux à propulsion nucléaire y compris américains demanderont de plus longs délais.  (Rédaction, 16.09/2021)

La terrible  légèreté du gouvernement Biden, héritier de Trump. 

On n’avait jamais vu ça à ce niveau : ils ont surarmé leurs ennemis

Le 30 août 2021 le général américain Kenneth Mackenzie qui a supervisé jusqu’au dernier avion les opérations d’évacuation à l’aéroport de Kaboul a regretté de n’avoir pu évacuer tous ceux qui devaient l’être. Cela résonnait comme un reproche adressé à son président . Mais il n’y a pas que les hommes et les femmes. Drones, armes, artillerie, véhicules : les États-Unis abandonnent aux talibans un trésor de guerre inespéré qui donne le tournis, au point que des élus américain sont demandé des explications et des évaluations au gouvernement qui est en fâcheuse posture.
Les Talibans sont à la tête d'un arsenal de véhicules blindés, d'hélicoptères Black Hawk et des hélicoptères russes achetés par les Américains, ainsi que de centaines de milliers de fusils, de grenades, d’armes automatiques dernier cri et lance-roquettes fabriqués aux Etats-Unis. Celui de leurs troupes, mais aussi les équipements donnés à l'armée afghane. Les Américains avaient formé de nombreux pilotes et mécaniciens afghans qui seront désormais à la disposition des nouveaux maîtres du pays. 
Les livraisons d'armements se sont même poursuivies jusqu'à l'été de façon totalement irréfléchie, sans la moinde évaluation sur le prochain avenir. Le système américain est une machine gigantesque et coûteuse qui tourne à vide sans considérer les données politiques et stratégiques. Une vingtaine d’avions de surveillance en terrain accidenté Pilatus fabriques par la Suisse à Stans pourront pourchasser les Résistants de la vallée du Panshir.

Le triomphe des vainqueurs

Sur des images de propagande postées par les talibans, des combattants en turban posent fièrement devant des hélicoptères de fabrication américaine. Des vidéos montrent, comme dans une publicité pour un salon d’armement, l’avancée chorégraphiée de forces spéciales talibanes équipées de pied en cap avec du matériel de pointe américain : casques dernier cri, lunettes à vision nocturne, radios, armes automatiques. Sur des photos, les combattants talibans arborent fièrement leurs armes. Des images de propagande sur lesquelles les fusils d'assaut américains ont remplacé les vieilles kalachnikovs. 
En reportage à Kaboul, un journaliste américain, Richard Engel, raconte à quel point les talibans se confondent désormais avec les forces américaines, jusqu’aux casques et uniformes. "Ils portent des lunettes de protection, des armes récentes, des M4 en parfait état, mais ce ne sont pas des Américains ». Mais ils pourront combattre déguisés en Américains. Un avantage considérable.
Dans un rapport, le Sigar (Special Inspector General for Afghanistan Reconstruction), un organisme officiel américain de surveillance, évalue à 212,39 millions de dollars le matériel livré en seulement deux mois, soit entre le 30 avril et le 30 juin 2021. Dans cette liste, des munitions de différents calibres (du 5.56 pour fusils d'assaut à des roquettes de 70 mm) pour 28,3 millions de dollars, des vêtements militaires pour 3,6 millions de dollars, des pièces détachées (moteurs diesel et transmissions hydrauliques, 5,48 millions de dollars), mais aussi des véhicules blindés et des avions de combat légers, ainsi que des lunettes infrarouge pour les combats de nuit. Jusqu’ici les T=talibans n’avaient jamais possédé de tels équipements.
Avant l'été, les Etats-Unis avaient livré à l'armée afghane six A-29 Tucano, des avions destinés à la lutte antiguérilla et à la formation des pilotes (133,51 millions de dollars), ainsi que 174 blindés légers M1151 Humvee (41,5 millions de dollars). Cela représenterait qu’une goutte d’eau dans les dépenses de formation et de modernisation affectées à l’armée afghane : 83 milliards de dollars en vingt ans. John F. Sopko, chef du Sigar nommé par Barack Obama en 2012, estime que chaque année, 300 millions de dollars ont été empochés par le gouvernement afghan pour financer "une armée fantôme". Selon « Le Figaro », le Département américain de la Défense évalue à 778 milliards de dollars les dépenses militaires engagées entre octobre 2001 et septembre 2019. D’après le Sigar, un tiers du matériel était remplacé chaque année.
Selon une vidéo diffusée sur internet, des talibans et du matériel de guerre. "Les Américains avaient pour mission de moderniser l'armée afghane et donc de leur fournir un matériel de haute pointe et de haute précision", rappelle Sébastien Boussois, spécialiste du Moyen-Orient. Pour les Etats-Unis, l'histoire se répète. "Il se passe la même chose qu'en 2014 lorsque Daesh a pris Mossoul et tout l'équipement de l'armée irakienne, là c'est pareil", observe le Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l'ONU.

Le projet Macron désavoué par les Nations-Unies

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, lundi 30 août, une résolution gravant dans le marbre les "engagements" des talibans en faveur du départ "sûr" de ceux qui veulent quitter l’Afghanisant mais sans évoquer la zone protégée évoquée par la France. Treize des 15 membres ont voté en faveur de ce texte rédigé par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni, tandis que la Chine et la Russie se sont abstenus.
Dans la résolution, le Conseil dit "s'attendre" à ce que les talibans tiennent tous leurs "engagements", notamment en ce qui concerne "le départ sûr" et "ordonné" d'Afghanistan "d'Afghans et ressortissants étrangers", après le retrait des Etats-Unis. En revanche, il ne fait nullement référence à la "safe zone" évoquée par Emmanuel Macron.
Dimanche, le président français avait déclaré que Paris et Londres allaient plaider à l'ONU pour la création d'une zone franche à Kaboul, notamment pour permettre la poursuite des "opérations humanitaires". "Je pense que ce projet est totalement réalisable. J'ai bon espoir qu'il puisse trouver une issue favorable, je ne vois pas qui pourrait s'opposer à la sécurisation des projets humanitaires", avait-il précisé.
Selon Richard Gowan, spécialiste de l'ONU à l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group, la résolution "adresse au moins un message politique aux talibans au sujet de la nécessité de garder l'aéroport ouvert et d'aider les Nations unies à acheminer l'aide". Mais globalement, "le texte est assez léger" et "Macron a eu le tort de survendre l'idée d'une zone protégée à l'aéroport de Kaboul", "ou en tout cas de ne pas communiquer de manière très claire", a-t-il affirmé à l'AFP.
Selon la résolution, le Conseil de sécurité "réaffirme" aussi l'importance du "respect des droits humains, y compris ceux des femmes, des enfants et des minorités", et "encourage" la mise en place d'une solution politique "inclusive" avec une participation "significative" des femmes. Il "demande" également que le territoire afghan ne soit pas utilisé pour "menacer ou attaquer" d'autres pays ni pour abriter des "terroristes". Pour le moment, tous ceux que les Occidentaux ont laissé sur place et la majorité des femmes dans les villes vivent dans la terreur tandis que les Talibans exhibent les armes américaines ultra-modernes, préludes de futures guerres et victoires. (Rédaction, avec les agences. 31/08/2021)

Afghanistan : l’abandon

Ce n’est pas de trop que de placer l’abandon de l’Afghanistan dans notre rubrique « Sécurité », car l’installation des Talibans dans Kaboul et d’autres villes afghanes annonce de nouveaux attentats meurtriers en Europe et peut-être aux États-Unis. La guerre qui leur avait été déclarée il y a près de vingt ans, était destinée à détruire les bases d’entrainement au terrorisme qu’ils avaient établie en Afghanistan. Aucun doute, ils vont rouvrir ces antichambres de l’enfer.
La façon dont les Américains ont abandonné ce pays et ceux qui s’étaient naïvement ralliés à leur cause et croyaient à leur fiabilité, restera un des scandales du siècle. Quelle traîtrise ! Quel déshonneur ! Angela Merkel et Emmanuel Macron n’ont pas réclamé à Washington une autre politique d’évacuation. Ils sont partis de nuit comme des voleurs, abandonnant des millies de véchules, des tonnes d’armements à leurs ennemis, délaissant leurs amis afghans et leurs femmes à leurs meurtriers et bourreaux. Quelle imprévoyance ! Quel mépris !
Comment se fait-il que le Pentagone et la CIA n’aient pas anticipé la manière dont les Talibans se glisseraient dans les interstices ? Bloqueraient les frontières ? Occuperaient les villes pour empêcher les évasions ? Ceux que l’on voit sont très bien armés (par qui ? par la Russie ? par la Chine ? Par le Qatar ?), mais ils sont peu nombreux. Visiblement, ils bluffent. Tout ce qu’ils font et disent fait partie de la « takiya », cette recommandation que l’Islam adresse à ses fidèles de mentir aux mécréants.
Pourquoi les puissances occidentales n’ont-elles pas envoyé des forces d’intervention rapide susceptibles d'ouvrir des couloirs humanitaires d’évacuation pour la population ? On avait bien sauvé Berlin-Ouest pas un Pont aérien en 1948-49. Il fallait exfiltrer un maximum de gens intelligents pour préparer le retour à la démocratie dans quelques années quand les Talibans seront bannis de la communauté internationale et auront échoué économiquement comme l’Iran, comme la Turquie, comme l’Irak, comme les Etats musulmans qui n’ont pas d’hydrocarbures à vendre.
Certes, les USA envoient beaucoup d’avions, la France quelques-uns, mais il fallait organiser des accès sûrs à l’aéroport pour les élites afghanes, pour les jeunes femmes désireuses de faire des études. On n’est pas dans le même cas de figure qu’en 2015 avec les réfugiés syriens. Les Occidentaux avaient pris la responsabilité de l’Afghanistan. Ils lui sont redevables, coûte que coûte. Trump puis Biden ont abandonné à leurs meurtriers les Afghans fidèles après leur avoir montré ce que pouvait être pour eux un État moderne, laïque, intelligent et libre.
On n’a pas retenu la leçon de Saigon, de Phnom Penh, d’Alger jadis.Ceux qui nous dirigent n’ont pas de cervelle. Ils abandonnent leurs amis à la pire théocratie de la planète. Celle qui coupe des mains, lapide, fouette, égorge et traite les femmes comme des insectes, juste bonnes à mettre au monde de la chair à canons. Pourrons-nous encore faire confiance à Joe Biden. (Rédaction « C l’Europe.eu ». 23/08/2021)

L’hypocrisie a pris le pouvoir à Kaboul – elle déteint sur les occidentaux

Une petite brise tiède souffle étrangement sur Kaboul. Les nouveaux dirigeants sont là, prenant position sur leurs sièges. Le règne des Talibans a commencé. Ce n'est pas la première fois - et ceux qui étaient présents à Kaboul à l'époque ne l'ont pas oublié. Immédiatement après leur invasion en septembre 1996, les fous d’Allah avaient torturé à mort l'ancien chef du gouvernement, Mohammed Najibullah, d'une manière qui a déclenché une vague d'horreur même en Afghanistan, pourtant habitué à la guerre. Ils avaient accroché son corps mutilé et celui de son frère à un carrefour pour que tout le monde comprenne le message : Nous sommes là. Des temps nouveaux se lèvent.
Quelle chance que l'histoire ne se répète pas telle quelle ! Les Talibans de 2021 veulent qu’on remarque leur retour. Mais surtout ne venez pas les déranger. Américains, ne visez pas leurs chefs avec vos drones. Ils sont encore à nu, vulnérables. Ils ont discrètement mis fin à l'offensive militaire. Ils ont pris cette fois les frontières avant de prendre les villes pour empêcher un exode massif, tout à fait d’accord sur ce point avec les Occidentaux. Ils veulent que l’aide humanitaire des pays mécréants dont dépend la vie de 16 des 39 millions d’Afghans continue à affluer dans leur pays. Tous ces gens sont la propriété de leurs nouveaux maîtres et doivent le rester. Les femmes surtout dont le statut juridique ne dépassera pas celui des animaux. Juste bonnes pour la reproduction.
Quel soulagement pour l’Allemagne à un mois des élections ! On n’accueillera que 10 000 Afghans, cent fois moins que de Syriens en 2015. « La leçon de 2015 semble avoir été retenue », écrit Philippe Gélie dans « Le Figaro ». Mais attention, les Afghans forment déjà le deuxième contingent de réfugiés en Europe, le premier en France où d'abord 50% puis 90% des –aussi – 10 000 dossiers de leurs demandeurs d’asile depuis 2018 ont été agréés. Les gouvernements occidentaux ont promis de faire évacuer les milliers d’employés de la coalition occidentale. C’est « un devoir », disent Biden et Macron. Les États-Unis se disent prêts à distribuer 80 000 visas à leurs supplétifs afghans et à leurs familles. Mais ils n’ont pas laissé le temps à la plupart d’atteindre l’aérodrome, avec leur départ inutilement précipité. Pratiquement, leur compte est bon, comme ceux de nos harkis en Algérie en 1962, désarmés et abandonnés au couteau des bouchers sur ordre de De Gaulle.
Les nouveaux dirigeants islamistes ne les laisseront certainement pas partir. Personne ne viendra les secourir. Les Talibans lancent maintenant une offensive du charme. Les responsables talibans, les chefs militaires et les porte-parole du mouvement ronronnent sur tous les canaux disponibles. Es-tu employé d'une ambassade, peut-être d'un pays de l'OTAN, ou même un citoyen américain ? S'il te plaît, reste ! Personnel local de l’ancien régime, travailleurs humanitaires afghans et médias étrangers ? Nous garantissons votre sécurité ! Tout est oublié, pardonné, on passe l’éponge. Ils veulent ouvrir un nouveau chapitre de coopération constructive avec les Américains. L’ennemi héréditaire, l’Inde est la bienvenue pour poursuivre ses projets dans le pays - ils se réjouissent de la poursuite de la coopération !
On affiche sans cesse et en tout lieu des symboles de conciliation pour que nous autres Européens, Américains, nous nous rapprochions des nouveaux Talibans. Sur la chaîne de télévision la plus connue d'Afghanistan, la présentatrice est assise dans le studio - oui, une femme, eh oui, à visage découvert - en train d'interviewer un homme barbu de haut rang. Les femmes reporters afghanes sont dans les rues, font des apparitions à la télévision, parlent aux hommes armés. L'un des commandants les plus importants, le fils du défunt chef taliban Mullah Omar, exhorte ses combattants à se comporter correctement, à ne pas confisquer les véhicules et à ne pas entrer dans les maisons. Est-ce que cela ne rappelle pas certains souvenirs d’Occupation aux Français (du moins par les récits de nos pères et grands-pères et dans les livres ?). Pas de représailles ! Pas d'actes de vengeance ! Officiellement du moins. les deux enfants d'une cuisinière afghane des Français ont été enlevés, mais ils lui ont été rendus. L'un d'eux était découpé en morceaux C'est de l'humour taliban !.La propriété et la vie privée doivent être respectées. Des petits groupes de  filles vont et sont à l'école sous les caméras avec de beaux  voiles blancs sur et autour de la tête. Elles n'ont pas l'air très rassurées. Elles ne bavardent pas, ne rient pas. Il paraît que les femmes doivent travailler et étudier. Le port de la burqa n'est bien sûr pour elles qu'une recommandation non contraignante, le foulard peut suffire. Et avec la minorité chiite, que les théologiens talibans considèrent comme des apostats de l'islam et qui ont été brutalement réprimés jusqu'à présent, ils se réunissent pour prendre le thé.
On apprendra dans dix ans combien de milliers ou de dizaines de milliers de personnes ont été exécutées et torturées comme partout ou s'installe Allah le bon, le miséricordieux. L’heure est pour le moment à a paix et aux embrassades. C’est tout juste si les guerriers barbus ne distribuent pas des friandises. Ils ne se permettent guère la sévérité en ces heures de liesse. Les talibans ont déclaré la guerre à l'insécurité notoire qui régnait dans les rues de Kaboul, aux agressions et aux enlèvements. Ils ne poseront plus de bombes qui tuent des civils et des enfants. Ils prennent des mesures cohérentes contre les voleurs et les pilleurs, comme en témoignent les nombreuses photos publiées sur les réseaux sociaux. Quel soulagement ! Quand ce n’est pas un porte-parole du nouveau pouvoir qui vient expliquer l'importance primordiale de la liberté d'expression et de la liberté de la presse ainsi que d'une société sans discrimination.
C’est parfaitement clair. Ils ont consulté des experts en relations publiques et soignent leur image. Mais ce serait imprudent de considérer leur posture libérale comme un simple écran de fumée. Il y a des intérêts tangibles derrière tout cela. Les affaires sont les affaires : la Chine se prépare, et les Talibans ne disent plus non aux investissements internationaux. Cependant, nous pouvons nous douter qu'il y a plus derrière leur affichage qu'une simple avidité pour l'argent. La reconquête spectaculaire du pays par les talibans nous conduit à leur attribuer des pouvoirs qu'ils n'ont pas. Leurs commandants ont eu eux-mêmes du mal à suivre le rythme de la conquête. Ils doivent de nombreux succès à des adversaires achetés, à des unités de l'armée qui ont déserté ou fait défection, à des accords et des arrangements avec l'aide des anciens des tribus. Des victoires ont été remportées sans tirer un seul coup de feu.
Maintenant, les combattants talibans sont partout, mais parfois nulle part. Leur emprise est encore faible, tout comme les loyautés qu'ils ont achetées. Les gens veulent la sécurité, des emplois, de l'argent. Les Talibans doivent tenir leurs promesses.
Tant que les conquérants ne seront pas plus fermement en selle, ils doivent gagner du temps, estime Florian Harms, rédacteur en chef de t-online.de. En attendant, ils ne veulent surtout pas d’un effondrement économique. Leurs porte-paroles ne se lassent pas de le souligner : Personne ne devrait avoir à fuir l'Afghanistan. Leurs propos évoquent la crainte d'un exode massif et de la "fuite des cerveaux", la fuite des personnes instruites et des professionnels. Et autre chose : si vous avez écouté attentivement, vous avez pu entendre hier quelque chose d'étonnant de la part du Pakistan, le plus proche allié, financier et mentor des talibans. Un ministre pakistanais a expliqué que son pays n'était pas pressé de reconnaître diplomatiquement son propre protégé, l’Afghanistan taliban. Ils consultent leurs amis dans la région et s'efforcent d'obtenir une reconnaissance collective du nouveau gouvernement afghan. En termes clairs, cela veut dire : le Pakistan ne veut pas alimenter à nouveau un État paria mis au ban de la communauté internationale. Il faut que le monde extérieur vienne à la rescousse. Les talibans font donc tout leur possible pour ne pas faire peur et se donner des airs de respectabilité
Peut-on prêter foi au conte de fées des nouveaux talibans gentils ? Certainement pas. Si des travailleurs humanitaires afghans ou des soldats occidentaux sont arrêtés à un poste de contrôle par une horde d'hommes armés, ils n'auront guère envie de se référer aux belles promesses d’un porte-parole du régime ou d'un mollah pour négocier leur vie avec les sbires barbus. A Kaboul, la présence des médias afghans et internationaux permet au moins de s'assurer que les extrémistes font attention à leur image - du moins pour le moment. Mais là où personne ne regarde et où l'emprise des talibans est ferme, nous devons craindre le pire. Dans l'interprétation de l'islam de l'âge de pierre à laquelle adhèrent les "Guerriers de Dieu", on n’a pas changé un iota. Ce qui restera de retenue et d’apaisement de ces premiers jours de la restauration islamique, va se décider dans les luttes de factions au sein du mouvement taliban dans les mois à venir. Les châtiments terribles - mains amputées, lapidation, fouet - reviendront en tout cas.
Néanmoins, l'Occident peut saisir cette opportunité : tant que les nouveaux arrivants à Kaboul veulent encore que le monde les aime, de nombreux accords peuvent être négociés avec eux. Les gouvernements européens semblent surmonter leur paralysie due au premier choc de l’invasion et cherchent à nouer des pourparlers et les Américains discutent également avec les Talibans. Au moins, les supplétifs locaux des forces armées occidentales, les travailleurs humanitaires, les militants de l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme peuvent peut-être encore être mis en sécurité. Mais l'heure tourne. Personne ne sait combien de temps encore les maîtres de céans enturbannés continueront à soigner leur apparence. Des tout petits groupes de 3 ou 4 hommes lourdement armés circulent dans des blindés légers dans les villes à la recherche d‘adversaires. La nuit on entend de temps à autre des coups de feu.
En France, l’opposition de gauche, Socialistes et Verts, accuse le gouvernement Macron de cacher sordidement la vérité. Il faudrait, disent-ils, accorder à tous les Afghans et pas seulement à ceux qui nous ont aidés le statut de victimes, de futures victimes en fait. Sinon les talibans auront beau jeu de dire que l'Europe est indifférente au sort des Afghans. (Rédaction « C l’Europe », avec « Le Figaro » et "t-online.de", 18/08/2021)

Le "crime d'honneur" est un meurtre

L'honneur et le meurtre n'ont pas leur place dans la même phrase, encore moins dans la même locution. Ces crimes scandaleux sont tout simplement la preuve d'une intégration ratée. La preuve qu’on n’a pas pu enseigner à des jeunes immigrés les rudiments de la civilisation. Dans le cas le plus récent, deux des jeunes frères afghans de la victime avaient - vraisemblablement - voyagé de Bavière à Berlin dans le but précis de tuer leur sœur. Apparemment, elle devait mourir parce que son mode de vie ne correspondait pas aux normes morales des suspects. Les frères auraient ensuite transporté le corps de leur victime dans une valise depuis la station de S-Bahn "Südkreuz" à Berlin.
Utiliser le terme « honneur » ne rend pas la brutalité tolérable ou même honorable. Aujourd'hui, on se demande s'il ne vaudrait pas mieux parler de féminicide, c'est-à-dire de meurtre d'une femme uniquement en raison de son sexe. Dans un premier temps, la Sénatrice à l'intégration de Berlin, Elke Breitenbach, ne voulait pas entendre parler de "crime d'honneur" (avant de faire marche arrière face aux protestations) - le terme lui semblait trop banalisant. Nous pouvons supposer qu'elle avait de bonnes intentions, mais les « crimes d'honneur » font toujours partie d'une catégorie à part. Ils n'ont pas automatiquement quelque chose à voir avec des sentiments tels que la jalousie ou la violence domestique dans laquelle les hommes mettent en œuvre leurs fantasmes de pouvoir personnel, ce qui arrive malheureusement trop souvent et, selon les statistiques criminelles, a récemment coûté la vie à 117 femmes en une seule année.
La majorité des auteurs de ces crimes sont des naturalisés Allemands. De tels cas se produisent donc en Allemagne, mais ils sont relativement rares : trois à douze par an, en tenant compte du nombre de cas non signalés, constituaient la moyenne jusqu'en 2005, selon une étude de l'Institut Max Planck pour l'Office fédéral de police criminelle. Un résultat important de l'étude : les auteurs sont presque toujours des migrants de première génération. Parmi leurs enfants et petits-enfants qui sont déjà nés en Allemagne, la criminalité est presque inexistante. En d'autres termes, ceux qui se sentent liés par ce terrible "code de l'honneur" l'ont eux-mêmes apporté de l'étranger. Ici, il se fane et disparaît. Mais quand même il est là.
C'est peut-être la raison pour laquelle la justice a mis beaucoup trop de temps à traiter ce délit de manière appropriée, à savoir sévèrement. Avant 1995, les juges étaient souvent indulgents. Du point de vue actuel, c'est si difficile à comprendre que nous devrions au moins nous familiariser avec la logique des peines . Pour faire simple, c'est comme ça : On disait que les agresseurs ne connaissaient pas la différence entre le droit allemand et le leur chez eux au pays. Or, celui qui tue un autre être humain doit au moins comprendre qu'il fait le mal – c’est un minimum. Un arrêt de la Cour fédérale a quand même mis un terme à cette hantise de la tolérance excessive qu’on pratiquait encore ici il y a un quart de siècle.
Dans les pays d'où nous parviennent les crimes dits d'honneur, on souhaiterait vivement que cette rigueur soit un tant soit peu respectée, mais la réalité est malheureusement différente. Au Pakistan, qui est très en avance en matière de discipline, le meurtre de membres de sa famille pour avoir prétendument porté atteinte à son honneur fait rarement la une des journaux, et n’est certainement pas payé par une peine de prison. Dans les régions pauvres, violentes et armées qui bordent la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan, des adolescents ont été tués pour s'être trouvés dans la même pièce qu'une personne du sexe opposé. Ils ont peut-être même ri ensemble ! Ecouté de la musique ! Ou même donné un baiser innocent ? Pour les filles, cela peut signifier la mort, et parfois aussi pour les garçons concernés.
Ces histoires proviennent d'un monde dont les conditions de vie sont très éloignées des nôtres, où les familles élargies, les anciens des villages et les tribus mènent la barque et où même l'armée n'ose entrer qu'armée jusqu’aux dents. Mais il y a aussi des endroits plus accessibles. Par exemple dans le riche Koweït, en Jordanie, en Arabie Saoudite, et la liste est longue. Cette coutume meurtrière est généralement imputée à l'Islam, mais elle est en fait l'expression de traditions régionales empoisonnées. Les actes s'accumulent là où les traditions sont les plus fortes : à la campagne plutôt qu'en ville, du moins tant que la migration vers les villes ne brouille pas les frontières. Les législateurs n'osent pas s'attaquer aux idées archaïques. La plupart des États concernés imposent des peines plus légères pour les meurtres de proches que pour les autres auteurs.
Les résultats d'une enquête menée il y a deux ans dans six États arabes sont particulièrement irritants. Selon l'enquête, une majorité de personnes interrogées dans toutes les tranches d'âge rejette clairement les "crimes d'honneur". Mais ceux qui considèrent le meurtre comme acceptable sont désormais plus nombreux parmi les jeunes que dans la génération de leurs parents. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons, mais l'influence de la propagande islamiste joue probablement un rôle. Et les activités des prédicateurs ultra-conservateurs qui sont financés depuis des décennies par l'Arabie saoudite et apportent ainsi leurs idées morales extrêmes à la population.
Mais le meurtre de Berlin nous rappelle aussi nos propres transgressions. C'est vrai : la plupart des migrants condamnent ces coutumes brutales comme tout autre citoyen de notre pays. Mais il en reste quelques-uns qui doivent d'abord passer par un processus d'apprentissage rapide et difficile. Cela ne vient pas tout seul. C'est pourquoi nous devrions considérer un crime comme celui de Berlin, aussi rare soit-il, comme un signal d'alarme indiquant que notre politique d'intégration est très insuffisante. Notre pays, nos règles : tout le monde doit les comprendre et les respecter.. Nous le devons à nous-mêmes - et à la majorité des immigrants, pour qui cela va de soi. (D’après Florian Harms, T-online.de, Berlin, 12.08.2021)

Vers la guerre sans la guerre ? La guerre en pire ? 

Il n'y a plus de grande guerre, plus de Guerre mondiale comme on les appelait. Il n'y a plus que des guerres partielles, locales, hybrides, asymétriques affublées de noms divers. Cela ne date pas d'hier, mais de la Guerre froide quand l'équilibre de la Terreur nucléaire excluait un affrontement planétaire qui aurait anéanti les principaux belligérants et décimé l'humanité. Il n'en va pas autrement aujourd'hui. Seules, des puissances dominantes cherchent à accaparer le fruit de guerres régionales. Et voilà qu'avec la pandémie un autre obstacle à la guerre totale est apparu : des armées en campagne pourraient être décimées par le virus du covid comme d'autres armées le furent au Moyen-Âge par la peste. N'a-t-on pas vu deux gros porte-avions, le "Charles de Gaulle" français et l'américain "Theodore Roosevelt" pratiquement paralysés, leur équipage étant terrassé par le virus ?

Cette absence de grande guerre peut avoir pour effet la multiplication des conflits locaux ou régionaux et la prolifération des émeutes et violences intestines dans les Etats sans que celle-ci aboutissent nécessairement à des guerres civiles. A coup sûr, au lieu de s'affronter armée contre armée, les puissances chercheront à se déstabiliser réciproquement en fomentant des désordres et des troubles économiques et sociaux susceptibles de déstabiliser leur concurrents. Mais un autre phénomène a surgi durant la pandémie : on a pris conscience des dépendances qui affaiblissent l'autodétermination et l'indépendance des Etats et groupes d'Etats. De sorte que la parcellisation du globe qui avait déjà remplacé la dichotomie de la guerre froide va certainement s'accentuer. La mondialisation l'avait atténuée , mais on s'aperçoit que cette mondialisation favorise certaines puissances, en tout premier lieu la Chine.

La pandémie nous a fait prendre conscience brutalement que nous manquons de tout : de masques pour stopper la diffusion du virus, de gants, de blouses pour le personnel hospitalier, et surtout que des médicaments basiques ou sophistiqués anticancéreux, antibiotiques, anti-inflammatoires, anesthésiants étaient presque en situation de rupture. Ainsi plus personne ne parle du vaccin anti-grippal en quasi carence totale. L'Europe n 'avait pas prévu tout cela, la Chine avait tout prévu ou à peu près . Elle nous tenait pratiquement à la gorge. Il est certain qu'il va falloir reconstituer des filières de production en Europe et diversifier les sources d'approvisionnement en éléments indispensables qu'on ne trouve pas sur notre continent. En pharmacie et en chimie mais aussi en électronique et en agriculture, nous devons fabriquer des intrants incontournables dont le manque est intolérable. Nous devons établir des listes de produits vitaux dans les secteurs de la communication par fibre optique, en agriculture et en pharmacie.

Ce n'est pas moins important que de fabriquer un avion de combat européen si nous voulons assurer la survie de notre population car cette pandémie a fait apparaître qu'une guerre bactériologique ou plutôt virale était possible. Des Etats qui ont des populations dépassant le milliard d'individus peuvent lui survivre tandis que des États et groupes d'Etats de quelques dizaines ou d'une ou deux centaines de millions d'habitants n'y survivent pas. Et dans cette perspective nous devons revisiter notre pensée stratégique, à savoir la protection et l'entretien des réserves d'eau, la cyber-sécurité des entreprises, l'approvisionnement énergétique en électricité, les télécommunications, l'agroalimentaire, les fournitures médicales et pharmaceutiques et tous nos systèmes de communication et de télécommunication doivent pouvoir fonctionner en double ou triple en cas de sabotage.

Sans compter la lutte contre les canicules et les pluies diluviennes, contre les sécheresses et les inondations et le retrait des côtes rongées par la mer. (Cyprien Cazamayou, 22/12/2020) 

Nous devons cesser d'être naïfs

En février 2021, le ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin (membre du parti LREM de Macron), s'est permis de critiquer la maire verte de Strasbourg, Jeanne Barseghian (EELV), pour avoir subventionné à hauteur de 2,5 millions d'euros la construction de la mosquée turque Eyyub Sultan, qui devait être la "plus grande mosquée turque d'Europe", plus grande encore que la Grande Mosquée de Cologne. Elle serait le pendant religieux de la "plus grande ambassade turque d'Europe occidentale" récemment construite Strasbourg dans le Quartier européen avec le soutien de l'ancienne majorité socialiste au conseil municipal de la ville.
La maire de Strasbourg a rétorqué que sa cité n'est pas soumise à la laïcité en vigueur en France, mais à l'ancien régime concordataire issu de la loi de 1908 en Alsace-Moselle, qui permet le financement public des associations religieuses. Évidemment, le gouvernement français ne va pas lâcher prise et sa représentante officielle dans la région Grand Est, la préfète Josiane Chevalier, veut faire interdire la construction de cette mosquée par les tribunaux.
LaTurquie a découvert à Strasbourg la porte juridique entrouverte pour prendre pied sur le continent européen et établir sa capitale annexe d'Europe occidentale. Construite en 2017 à proximité du Conseil de l'Europe, l'ambassade de Turquie est gigantesque et a tout l'air d'un siège de gouvernement.
Il est clair que la mosquée Eyyub Sultan est destinée à être non seulement une maison de prière mais aussi un centre religieux missionnaire pour l'Islam dans une ville qui regorge d'associations islamiques et islamistes homologuées conformément à la loi en vigueur qui date de l'empire allemand.
Lorsque Erdogan avait remporté la dernière élection présidentielle, les Turcs de Strasbourg avaient organisé une véritable fête de rue avec un cortège de voitures actionnant leurs klaxons. En termes de pourcentage, le parti islamiste AKP d'Erdogan obtient beaucoup plus de voix parmi les Turcs français et allemands qu'en Turquie même. Le rêve ici est de faire élire un maire turc de Strasbourg.
On ne peut l'exclure. Londres n'a-t-elle pas un maire musulman d'origine pakistanaise ? L'islamo-gauche en France fait campagne depuis des années pour donner aux musulmans non seulement naturalisés mais aussi nouvellement arrivés le droit de vote aux élections locales.
La Turquie - alors encore démocratique et neutre - est depuis 1949 un membre fondateur du Conseil de l'Europe, dont le siège est à Strasbourg. Si le Parlement européen (le Parlement de l'Union européenne) se retirait de Strasbourg pour se réunir uniquement à Bruxelles, la Turquie d'Erdogan et la Russie de Poutine (également membre du Conseil de l'Europe) donneraient le ton dans l'Eurométropole strasbourgeoise. Le Kremlin fait de la propagande par ses relais français contre la présence de l'UE à Strasbourg. Implantée sur la frontière avec l'Allemagne, dans le riche sillon rhénan, l'Eurométropole de Strasbourg occupe une position stratégique en Europe.
Sans remonter au déluge, il semble que ce que la Turquie n'a pas réussi à obtenir à Vienne aux XVIe et XVIIe siècles par la force des armes, elle cherche à l'obtenir à Strasbourg par la religion et la diplomatie. Strasbourg a manifestement été choisie pour devenir le centre rayonnant de la Turquie en Europe. (1er avril 2021, "C l'Europe.eu")


Nous reproduisons ci-après les réponses qu’a données le ministre aux questions de l’hebdomadaire « Le Point » sur ce sujet qui fait polémique. A une question sur son intervention contre l'aide fournie la construction de la mosquée, M. Darmanin a répondu:

G. D. Je n’ai évidemment aucun problème sur le fait que les musulmans puissent prier à Strasbourg comme ailleurs. Mais ce qui se passe dans cette ville n’a rien à voir avec cette pure question de liberté de culte. Ce qui se passe est très grave. Nous avons une association relieuse d’inspiration turque qui bâtit un véritable ensemble immobilier à 200 mètres de l’antenne française du Saadet, le Parti de la félicité, un parti politique islamiste turc… Je constate aussi que cet édifice – qui entend devenir la grande mosquée d’Europe – représente tout de même  6 900 mètres carrés de surface au sol avec une salle de culte, ce qui est bien normal, mais aussi 27 coupoles , deux minarets de 36 mètres de haut, un centre socioculturel, un centre éducatif, un restaurant communautaire et 600 places de parking… Bref, c’est en réalité un quartier tout entier  qui est « communautarisé ». J’ai eu l’occasion de le dire personnellement à la maire de Strasbourg, et la préfète l’a alertée. Nous savons que les autorités turques suivent de très près le dossier de construction, et que d’autres États pourraient aussi financer…
Le Point. Des responsables politiques écologistes vous répondent que si cette association est dangereuse, vous n’avez qu’à la dissoudre…
G. D. S’il y a des partis politiques qui ont manifestement envie de faire du communautarisme, le les laisse à leurs responsabilités. Moi, je ne pense pas politique politicienne quand il s’agit de l’intérêt national. Ce n’est pas parce que le droit local autorise les collectivités à financer les cultes que des élus doivent se sentir obligées de financer des associations proches du régime turc, qui refusent de partager nos valeurs sur lesquelles l’État se pose beaucoup de questions . Par ailleurs, je m’étonne que les dirigeants d’Europe Écologie Les Verts se disent engagés en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes tout en donnant des gages à des associations pilotées par un pays qui n’hésitent  pas à revenir sur ses engagements en matière de lutte  contre la violence à l’égard des femmes. On m’attaque en diffamation pour avoir dit la vérité, à croire que, comme le chantait Guy Béart, « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ».
Le Point. Vous avez demandé à la Commission Européenne de renoncer à subventionner l’association Alliance citoyenne qui s’est fait connaitre en organisant des « opération burkini » à Grenoble. Est-ce à dire que vous considérez que l’Europe joue un rôle dans la diffusion des discours antirépublicains ?
G. D.  Je considère que tous ceux qui financent des associations prônant des valeurs contraires aux nôtres doivent arrêter leurs subventions.  La liberté, la fraternité ou l'égalité entre les femmes et les hommes ne se négocient pas. Sur ce point, les collectivités locales, l’Europe ou même l’État doivent redoubler de vigilance. J’ai vu l’État financer, sans le savoir, des associations aux discours bien peu conformes à l’idéal républicain, à travers la CPAM ou la CAF… Certaines associations ont pour métier de discréditer la France, il me semble normal d’interpeller les collectivités qui les aident, en attendant que, demain, la loi confortant le respect des principes de la République les oblige à le faire.
Le Point. Sur les six derniers mois, vous avez annoncé la dissolution du CCIF, de BarrakaCity, des Loups gris, de Génération identitaire… N’auriez-vous pas la gâchette un peu facile ?
G. D. Non ! Les Français demandent de protéger la République et nous devons arrêter avec la naïveté. BarrakaCity, le CCIF étaient des associations islamistes qui promouvaient ouvertement un discours de détestation de la République. Moi, je suis très fier que le président de la République ait eu le courage de saisir les armes du droit. Je connais la richesse de la vie associative, qui irrigue aussi la vie confessionnelle et caritative, mais la limite c’est que la République ne finance pas  et ‘n’accepte pas sur son sol distillent un discours de haine contre la France et qui ton la matrice du séparatisme et de la haine.
Le Point. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, la machine à polémiques s’est un peu emballée…Il  suffit de voir la virulence des conflits autour de l’affaire d Trappes, de l’"islamo-gauchisme"à l’université, des profs mis au pilori à Grenoble, des histoires de l’UNEF… Traversons-nous un moment identitaire ?
G. D. Non, je ne crois pas, simplement, les Français prennent le taureau par les cornes et veulent en finir avec la naïveté. Les Français sont un peuple extrêmement ouvert qui a construit avec la laïcité un équilibre qui permet par exemple aux musulmans de disposer de plus de 2 000 lieux de culte sur le territoire national. C’est une très bonne chose. Nous avons aussi une volonté très forte de ne pas confondre religion et politique. Nous sommes dans un moment de l’histoire de France où notre pays doit réaffirmer qu’il faut tout donner aux religions quand elles se placent dans l’ordre de la spiritualité, mais ne rien leur céder quand elles veulent faire prévaloir une action politique  sur les lois de la République. C’est ce que nous faisons. (Le Point, 1er avril 2021, p. 41-42)
Pourquoi les Suisses doivent-ils acheter l’avion américain ?

Pourquoi les Suisses ont finalement (en attenant la votation…) été contraint de sélectionner le F35 américain qui est un véritable fiasco (aux dires des militaires américains eux-mêmes) de préférence au Rafale français ? Cela ne peut avoir été le choix de l’armée de l’air suisse.
Le F-35 de Lockheed Martin est probablement l'échec le plus cher de l'histoire de l'aéronautique américaine. Toujours en phase de test plus de 25 ans après son premier vol, il n'atteindra jamais son cahier des charges alors que son coût explose et que sa disponibilité reste médiocre. Incapable d'assumer ses missions, il est aujourd'hui vulnérable aux cyber attaques ..
Contre toute attente, la Suisse vient pourtant de faire un choix en faveur du F35 dans le cadre de son plan Air2030, un choix reposant sur des arguments auxquels personne ne croit : l'avion serait moins cher et plus performant que ses concurrents ! Vous pouvez visionner une vidéo qui reprend de très nombreuses sources et rapports, dont ceux du Senat et de la cour des comptes US, des articles de Defense News ou de la presse générale, des blogs comme celui-ci qui décrypte parfaitement la manipulation : https://www.portail-aviation.com/blog...
Dans sa vidéo, Xavier Tytelman explique que les défauts du F35, ce sont les Américains eux-mêmes qui en parlent le mieux : F-35 : L’ÉCHEC ULTIME QUI ARRIVE A S'EXPORTER - ne vous faites pas arnaquer !
Et Xavier Tytelman de préciser : « je suis très certainement partisan du Rafale (qui reste le meilleur avion de la galaxie), mais les éléments que j'évoque sur le F35 ne sont pas mon avis personnel, ce sont des faits, des données américaines présentées très officiellement dans des rapports des responsables américains, notamment à la Cour des comptes des Etats-Unis.
(Note de Bertrand Plas.10/07/20211)