Economie/Société


1. Le grand malaise de la jeunesse en Europe
2. Les limites de la liberté et la fausse réalité - Considérations post-covid d’une juriste
3. L’économie française se porte bien et les restaurants affichent complet
4. L'avenir de la Politique Agricole Commune, par Anne Sander
5. Quand la liberté devient suicidaire, par Pierre-Michel Vidal. 
6. Résister aux négationnistes, avec Florian Harms
7. Chronique irrespectueuse

Le grand malaise de la jeunesse 

Selon les sondages du Conseil Européen des Relations Internationales (European Council of Foreign Relations, ECFR) dans douze pays européens, la jeunesse européenne s'est sentie plus concernée par la crise sanitaire que les personnes plus âgées :
57% des jeunes assurent que leur vie a été très atteinte en matière de santé et de niveau de vie alors que ce pourcentage n'est que de 35% chez les plus âgés. Leur défiance envers les mesures décidées par les gouvernements pour combattre l'épidémie est également avec un taux de scepticisme de 43% nettement supérieure à celle des personnes d'un âge plus avancé chez qui ce taux se situe à 28%. S'ajoute que ce scepticisme a été plus élevé en Allemagne que dans les autres pays européens quelles qu'en soient les raisons.
Les sondeurs d'opinion estiment que ce facteur a poussé la jeunesse allemande à se sentir plus encore touchée encore par le sentiment de perte de liberté que la moyenne des Allemands et donc à voter pour le parti libéral allemand FDP qui a inscrit l'autodétermination et la liberté à sa bannière. Les sondages ont décompté dans l'Union Européenne 27% de citoyens qui se sentaient bridés dans leur liberté par les mesures de confinement et les gestes barrières alors que ce sentiment négatif était de 68%. Assez surprenant résultat qui révèle des Allemands différents de ce que leur voisins imaginent.
Nous recommandons la lecture de notre article sur le vote libéral des jeunes ci-après sous "Europe". (Rédaction "C l'Europe" avec ECFR et la "Welt". 29/09/2021) 


Il se trouve que, sans l’avoir voulu, nous comptons parmi nos adhérents une majorité de jeunes de 18 à 35 ans et parmi eux une petite majorité de jeunes femmes. Preuve que l'idée européenne motive les jeunes et qu'ils ont envie de ne pas rencontrer que des compatriotes. Chez nous, les plus jeunes ont les mêmes droits et devoirs que les plus âgés. Seuls les taux de cotisation diffèrent, mais en faveur des jeunes. Or, ce n’est qu’un bien mince privilège. Car les jeunes aujourd’hui sont terriblement en difficultés. Sauf avoir vingt ans en temps de guerre, rien n’est pire qu’avoir vingt ans au temps de la Covid.

Un écrivain français, Paul Nizan, mort à la guerre à 35 ans, a écrit en 1931 : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai jamais dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Le virus tue les plus âgés, la guerre les plus jeunes. Que nous n’ayons pas de guerre ouverte, est encore une chance pour ceux-ci. La paix est devenue l’état naturel de l’Europe. Mais comment s’en réjouiraient-ils quand ils ne savent pas ce que c’est que la guerre ? Certes, l’autre menace est moindre pour eux, mais elle n’est pas anodine. Certains de nos jeunes adhérents ont été testés positifs à la Covid. Quelques-uns ont souffert. Tous ont survécu. Fatigués, usés. Convalescents, ils récupèrent.

Si la pandémie se prolongeait, les jeunes subiraient un retard de vie, une amputation de leurs années productives et créatrices, une privation du printemps de leur vie. Et il n’est pas sûr d’ailleurs qu’un autre virus ne nous vienne de quelque part ailleurs. Nous sommes entrés dans une époque de guerre virale non déclarée et imprévue. Intentionnelle ou involontaire. On doute de tout. La peur et l’incertitude déstabilisent beaucoup de personnes et font le lit des théories du complot et ouvrent la porte aux faux messies. Mais ce phénomène n’est pas propre à notre temps. Déjà, lors de l’épidémie de peste au Moyen-Âge, les flagellants parcouraient les villes dans l’illusion que la peste était une punition divine et qu’on pouvait expier ainsi.

Les études tourneboulées

Or, la Covid induit un ou deux autres redoutables problèmes. En matière de formation et d'études par exemple. Tantôt les facultés et les écoles sont ouvertes, tantôt elles sont fermées. A commencer par le baccalauréat, les examens auront-ils lieu pour que l’année ne soit pas annulée ? Sous quelle forme et quand se dérouleront-ils ? Et que vaudront des diplômes acquis à la sauvette ? L’inquiétude étrangle ceux qui cherchent un emploi. Le virus et son confinement bloquent cette recherche déjà difficile auparavant. Or, la quête d’après sera plus dure encore. Un gratifié, cent refusés ? La télévision nous montre des commerces et des entreprises qui travaillent encore pour nous encourager, mais on voit bien que beaucoup mettent la clé sous la porte. Cela pourrait être le monde où vont entrer les jeunes.

Qui remboursera la dette ?

Les gouvernements ont sauvé à grands coups de subsides bien des salariés du chômage et d’entreprises de l’asphyxie, mais qui paiera et quand ? Il faudra bien rembourser un jour. Les teenagers et post-twenties devront-ils régler la dette abyssale ? Ou revenir à une économie de troc quand l’argent n’aura plus de valeur ?

La mise en circulation de monnaies numériques nous montre qu’il peut y avoir des alternatives aux monnaies étatiques et comme on ne paie pratiquement plus guère en liquide, ce serait facile d’y recourir. Mais sont-elles les monnaies solides de l’avenir ? C’est à voir.

Nul n’est sûr d’aller demain vers un monde vivable. « Un jeune, une solution », a dit la ministre française du Travail, Élisabeth Borne, métamorphosée ministre du sous-emploi. Son plan doté de 6,7 milliards d’euros accorde des primes d’apprentissage de 5 000 à 8 000 euros. Les restaurants universitaires mutés restaurants du cœur donnent des repas complets à un euro. Cela permet de survivre, mais survivre n’est pas vivre.

Tout se passe comme si les jeunes étaient réduits à la mendicité au lieu d’assumer ces petits boulots qui leur permettaient de surnager quand l’eau montait à ras bord. C’était déjà un sacrifice que de travailler à côté des études, mais les sacrifices eux-mêmes sont abolis. L’économie est paralysée. Seuls ceux qui manipulent de l’argent à des postes utiles à la sauvegarde du système ou de la subsistance, des transports, de la propreté et de la santé, ont encore fort à faire. Les objets, les produits, les services non comestibles ne sont plus demandés.

Où est le problème des jeunes ?

C’est le virus du chômage dopé par la covid-19 qui les touche en priorité. En 2018, dernier chiffre enregistré, la France comptait près d’un million de jeunes de 15 à 25 ans en inactivité totale, sans emploi ni formation, soit 12,9% de cette tranche d’âge. La pandémie a décuplé ce chiffre. Nous allons assister à une autre crise, d’ordre psycho-social, quand la jeunesse arrivera au bout de ses réserves vitales psychiques et monétaires. Sans abri, sans logis, affamée ? Sauf ceux qui ont des parents encore solvables.

Peut-on imaginer des foules de jeunes gens en révolte contre les forces apparemment obscures qui minent la vie et la planète et qu’incarnent les États avec leurs élus et fonctionnaires ? Car il faut bien qu’il y ait des responsables. Tous coupables bien sûr. Coluche ne l’a-t-il pas dit il y a bien longtemps ? « La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. Les autres sont prêts à tout ». Ce n’est pas difficile de pousser les gens à la rébellion, mais ils hésitent à ôter leurs pantoufles et à se chausser pour descendre dans la rue. Pas les jeunes. Ils n'ont pas de pantoufles. Ils ne se retirent pas dans leur coquille.

Les théories du complot, nous l’avons dit, et les explications simplistes se multiplient déjà. Des personnalités connues du cinéma et de la télévision et même d’éminents politiciens s’en servent à leurs propres fins. Pour le moment, les jeunes sont plus déprimés que révoltés. Bientôt ils seront en colère. Le mot colère a été l’un des plus galvaudés des dernières années. Les colères individuelles sont généralement spontanées. Les colères collectives sont pour la plupart fabriquées. On peut inoculer la colère comme un virus abstrait si c’est à la mode d’être en colère. Et si la jeunesse, influencée par des déviants nichés dans les nouveaux médias, décide de casser la baraque, rien ne pourra l’arrêter. Cela peut devenir un authentique problème pour la société tout entière. Le danger d’une génération perdue est bien présent.

Le déficit de guerre

Au bout de la pandémie, aurons-nous à affronter l’hystérie ou la dépression ? Selon le ministre français de la Santé, Olivier Veran, « pendant le confinement, près d’un étudiant sur trois a présenté des signes de dépression psychologique ». Mais des gourous et des agitateurs disent aux jeunes que leur mal est dû à la société parce qu’elle est mauvaise et mal faite, qu’ils n’en sont pas responsables et qu’ils peuvent la changer. Et il n’y a pas que les jeunes à être réceptifs à ce genre de propos. Des chefs d’États et de gouvernements qui fabulent au sujet de complots ourdis par des milliardaires juifs ou de la guérison de la Covid par l’absorption de chlore ne sont pas immunisés contre de telles folies.

On a l’impression qu’une guerre manque à beaucoup de gens qui se cherchent des ennemis. La guerre est dans les gènes de de l’homme, c’est sûr, mais chez certains plus que chez d’autres. Surtout chez des jeunes en mutation dans leur vie, exposés à l’incertitude et auxquels leur constitution physique donne l’illusion qu’ils sont invulnérables.

L’Europe connait la plus longue période de son histoire sans guerre. Beaucoup ont l’impression très subjective d’être en déficit de guerre. On ne voit plus guère défiler les jeunesses pacifistes des années 1970-80.

Mais l’ennemi où est-il ? Ceux qui ont vécu assez longtemps savent que la révolution dévore ses enfants. On guillotine d’abord les présumés adversaires puis on se guillotine réciproquement, car il est difficile de stopper la machine une fois lancée. Ainsi ont fini la Révolution jacobine, celle des Bolcheviks et celle de Mao Zedong et Castro et bien d’autres.

Il faut bien le dire aussi : le désert des barbares menace la jeunesse de demain. La menace plane d’une chute vertigineuse du niveau culturel tiré vers le bas surtout par l'inculture mais aussi par la possibilité ouverte à chacun de communiquer à un nombre incalculable de (jeunes) gens ses théories absurdes. Mais cette évolution peut être considérée également comme une démocratisation de l’univers médiatique. Elle peut donc aussi empêcher la chute du niveau culturel, la chute dans une nouvelle barbarie. Les disciples de la raison, de la paix et de la pensée rationnelle ont la possibilité de s’adresser à un vaste public sans être à la merci des caprices d’une grande maison de la presse ou de l’édition. Le monde virtuel est tout à la fois une bénédiction et une malédiction.

Le virtuel remplace la vraie vie

L’humanité a pris là un tournant. Les nouvelles générations se distinguent des précédentes par l’usage du numérique. Louons les acquis de la technique moderne ! Si nous avions subi cette pandémie il y a trente ans, nous serions morts de solitude. Le web a remplacé des bibliothèques et des archives et des services en numérique comme Skype et Zoom ont permis des réunions et des rencontres. Plus encore que les vieux, les jeunes en ont profité.

Un esprit chagrin a dit que le numérique n’introduit pas au savoir, mais qu’il tend à le remplacer. Les vingt et trente ans d’aujourd’hui se déchargent-ils du savoir sur le numérique ? Les débats sont nombreux sur la question et nous les aborderons peu à peu dans notre Conférence paneuropéenne au cours des mois et des années à venir. Mais nous ne partageons pas l’idée que les jeunes d’aujourd’hui ont empiré. Ils savent où l’information se trouve et c’est aussi cela la culture : savoir où sont les choses. De plus, dans notre société énormément spécialisée, il est devenu difficile de tout savoir. Le médecin ou l’enseignant ne peuvent tout savoir, mais ils peuvent apprendre à feuilleter les pages du web. L’ère du numérique a rendu cela possible. Le mécaniciens peut regarder un manuel virtuel ou YouTube s’il ignore quelque chose et le juriste peut appeler une loi sur son écran.

Euroland, Terre des jeunes

C’était plus agréable et facile sans doute d’être jeune à l’époque des trente Glorieuses et de l’absence de pandémie, mais cela n’a pas rendu plus intelligent ceux qui ont grandi à cette époque. De nombreux jeunes d’aujourd’hui, garçons et filles, sont mus par une grande générosité et un désir de servir en utilisant tout leur savoir accumulé dans la vie ouverte des années avant-covid. Ils surprennent les générations qui ont grandi dans le second après-guerre. Le besoin de rencontrer des gens comme eux dans tous les pays d’Europe et de construire avec eux quelque chose est chez eux considérable.

Notre équipe qui se compose de très jeunes, de jeunes et de personnes plus âgées, voire âgées, envisage de créer pour les générations de l’Europe future des tremplins et des plateformes qui leur donneront la possibilité d’œuvrer dans un cadre ouvert et diversifié, de sortir d’horizons fermés en s’enrichissant culturellement. Ils doivent aussi apprendre à ne pas se sous-estimer mais sans tomber dans l’arrogance de détenir la vérité ultime. Et il n’y a pas de meilleur antidote contre l’arrogance, y compris contre l’arrogance nationaliste si répandue à Paris, que l’Europe que nous faisons en nous faisant nous-mêmes, mais qui nous montre aussi nos limites.

Le retour dans le réel sera important après la pandémie. Et, puisque l’on cherche des exutoires à la paralysie, pensons au sport, pas le sport-spectacle au petit écran, pas le sport contemplé du haut des bancs des stades, mais celui que l’on fait. Un des pires méfaits du confinement a frappé les adolescents sédentarisés de force qui ont passé beaucoup plus de temps devant les écrans qu’à pratiquer les activités physiques. S’ils ne font pas maintenant le contraire, ils ne vieilliront pas bien. Mais pour se libérer de l’enfermement entre leurs quatre murs qu’ils ont subi, il leur faudra aussi franchir les frontières invisibles de l’espace Schengen et un peu au-delà pour aller de pays en pays comme les compagnons du Moyen-Âge et avant.
L’Espace Schengen, la Zone euro, c’est l’Europe d’aujourd’hui. Ce continent ouvert est à nous. et tous les confinements sont provisoires. (Jean-Paul Picaper, président de « C l’Europe », « Es ist Europa » - Dominik Possert, président délégué de « C l’Europe », « Es ist Europa ».15/12/2020)

Les limites de la liberté et la fausse réalité - Considérations post-covid d’une juriste

Un des pères de la démocratie, Montesquieu, a écrit au XVIIIème siècle : « … c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ». Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme on peut lire que… « les bornes de la liberté ne peuvent être définies que par la loi ».
Mais si l’on considère que la liberté est une idée absolue qu’aucune règle ni loi ne limite, alors on est dans l’anarchie. Le degré zéro de la société est l’anarchie dans laquelle tous ont et expérimentent toutes les libertés. Or, certaines situations d’urgence et de danger exigent qu’on restreigne les libertés.
Les antivax croient que la pandémie de coronavirus n’était pas aussi dangereuse qu’on l’a prétendu ou même que les gouvernements l’ont inventée, qu’ils ne disaient pas la vérité dans ce contexte. Par conséquent, pour eux, il n’y avait aucune raison de contraindre les gens à se faire vacciner.
Et surtout, ils se disent qu’ils voient la tromperie et ils sont fiers d’être si malins. S’ajoute que les pronostics sinistres concernant la dégradation du climat et les effets meurtriers de la pandémie sont difficiles à supporter et qu’ils sont plus supportables si l’on s’imagine qu’ils ne correspondent pas à la vérité. Tout se passe alors comme dans un film où l’on vit dans une réalité parallèle. Voir les films « Matrix » ou « The Truemanshow » et le .
Cette dérive en Allemagne est fréquente chez ceux qui ont subi la propagande communiste en RDA. Honecker et ses propagandistes décrivaient l’Ouest comme un complot impérialiste organisé. Or, la tromperie était à l’Est. Elle faisait partie de la stratégie communiste. Honecker mentait. Par exemple il a justifié la construction du Mur de Berlin en disant qu’il servait à protéger la RDA de menées occidentales et qu’il fallait pour cela faire ce sacrifice. Il s’agissait en réalité d’empêcher les fuites massives vers l’Ouest.
Beaucoup de ceux qui ont été soumis à une propagande intensive n’ont pas appris à distinguer une démocratie authentique d’une dictature qui se prétend démocratique et elles ne font pas confiance à un régime pourtant tenu par sa constitution et ses lois, par sa structure même à être transparent et à rendre compte à ses électeurs. La démocratie est fondée sur la confiance. Pas une confiance aveugle bien entendu. Il existe des institutions qui surveillent le pouvoir : le Parlement, la Cour constitutionnelle, les tribunaux, les médias.
Chaque loi mise en œuvre par l’État qui prescrit un certain comportement, entraine un dommage collatéral en réduisant la liberté de chacun. Il nous faut l’accepter, sinon la société ne peut pas fonctionner. La liberté individuelle ne peut aller que jusqu’au point limite que la société peut encore supporter sans subir un dommage intolérable. Mais personne à l’Ouest ne songe à retirer aux citoyens la jouissance des droits fondamentaux. Sauf ceux qui sont hostiles à la démocratie. Ceux-là ignorent volontairement les réalités. Leur intention est de nous faire croire avec des preuves imaginaires qu’on limite tellement nos droits fondamentaux qu’on aboutit à un retrait de ces droits.
Or, nous ne subissons pas dans l’Union Européenne un retrait de droits fondamentaux. Aucune loi ne vise à nous retirer par exemple le droit d’exercer une activité. Ce serait anticonstitutionnel. Les restrictions partielles ou temporaires de droits fondamentaux ne sont admises que protéger un autre bien de plus haute valeur. Par exemple, face à la pandémie, restreindre une activité pour protéger la vie qui est la plus haute des valeurs.
C’est ce qui s’est passé avec l’obligation du port du masque dans les supermarchés et d’autres lieux ou quand on a temporairement interdit aux coiffeurs d’exercer leur profession. Cela ressemblait de facto à une interdiction professionnelle. Une loi ou ordonnance peut aller jusqu’à interdire à certains groupes de personnes la jouissance du droit fondamental d‘exercer une profession. Mais ce n’est pas un retrait d’un droit. On ne leur interdit pas leur profession, mais temporairement son exercice, tant qu’il y a danger de contamination. Une interdiction professionnelle serait formulée ainsi : il est interdit d’être coiffeur.
Ne doit-on pas passer l’examen du permis avant de conduire une voiture seul sur la route ? C’est une restriction de liberté, mais s’il n’y avait pas d’examen du permis nous aurions des morts de la route en masse. Il faut procéder préalablement à une évaluation du risque. En matière de conduite automobile, il est évident. Mais les gouvernants ont dû évaluer aussi le risque d’une diffusion illimitée de la pandémie dans la population mondiale ou limiter l’exercice de certaines activités pour limiter ce risque.
Cette évaluation doit être vérifiable dans sa conformité avec le droit constitutionnel. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a eu en Allemagne quelques décisions de justice qui ont annulé des ordonnances. Il peut arriver effectivement que certaines mesures aillent trop loin. Il faut pouvoir se défendre contre elles. Mais dans la crise sanitaire, les États ont suivi l’avis de la majorité des scientifiques. Toute autre forme de décision aurait été un cas de négligence grave. Le devoir de l’État est de nous protéger et nous attendons cela de lui !
Seulement, quand on est possédé par l’idée qu’on nous gruge systématiquement et que les pouvoirs publics commettent quelques erreurs marginales, alors c’est grave. Car l’erreur entretient l’erreur. Mais tout ce débat aurait été superflu si tout le monde s’était fait vacciner. Car le vaccin s’est avéré efficace. Il a enrayé, voire stoppé l’épidémie.
Pour finir, vue sous l’angle de la géopolitique, la campagne des antivax peut-être utilisée par des concurrents étrangers de notre démocratie.
L’objectif de ceux qui dénoncent systématiquement et sans preuves un complot de l’État contre les citoyens peut viser à saper la confiance dans la démocratie et à provoquer un collapsus institutionnel. Pour lors, l’objectif final est de remplacer la démocratie par une dictature.
A moins qu’une puissance étrangère fortement armée ou dont on s’est rendu économiquement dépendant, comme la Russie de Poutine ou la Chine de Xi Jinping, n’intervienne et ne fasse de nous ses vassaux en nous imposant son système.
Cela peut arriver quand nous ne croiront plus en rien du tout dans notre société et ne ferons  plus confiance à personne ni à aucune institution. (Lorraine Lärisch, Berlin, 15/O9/2021)

L’économie française se porte bien et les restaurants affichent complet

Pour une fois, la France peut se réjouir. Elle a les meilleurs taux de croissance post-covid de l’Union Européenne. La reprise économique a été forte. Le président Macron l’a dit le lundi 8 novembre à la télévision. Ce n’est pas de la propagande. C’est un fait. Ses adversaires politiques qui espèrent lui ravir son titre en avril 2022, n’ont guère de chances d’y parvenir.
Du reste, Emmanuel Macron est largement en tête dans les sondages. Il domine largement la mêlée tandis que les autres se disputent entre eux. Comme le disait son porte-parole Gabriel Attal, il fera son travail de président jusqu’au terme de son mandat de cinq ans. En tant que président, il a le droit et même le devoir de parler de la France aux Français. Ce n’est pas de la propagande électorale.
Le PIB de la France a connu une progression de 3 % lors du dernier trimestre 2021, mieux que tous les autres pays européens et même que les États-Unis dont le PIB a cru de 2 %. L’économie française va vers une croissance de +6,3 % pour toute l’année 2021. La poussée est si forte qu’elle atteindrait ce chiffre même si la croissance était nulle au 4ème trimestre.
La performance résulte, comme si souvent en France, de l’accélération de la consommation des ménages, surtout au  cours de l’été qui a connu une reprise des dépenses de + 5 % alors qu’elle n’avaient été que de + 1,3 % au cours du trimestre précédent.  La part des dépenses des ménages est de 2,5 % dans la croissance du PIB. Mais ce résultat ne serait dès lors que conjoncturel.  Or, c’est clair que la politique du gouvernement  a contribué à cette belle reprise.
Tout d’abord la politique d’encouragement à la vaccination a été plus incitative en France que dans les plupart des autres pays européens. Les 3 quarts des Français sont doublement ou triplement vaccinés, ce qui n’est le cas que de la moitié des Allemands p. ex.  Et cela peut paraître étonnant, les Français ont fait preuve de plus de discipline et de civisme que leurs voisins européens, hollandais par exemple. Ils ont systématiquement pratiqué les gestes barrière.
En comprenant le besoin des Français de retrouver de la convivialité, des spectacles et ce goût si prononcé dans leur pays de bien déjeuner ensemble en plein air ou dans des restaurants sympathiques, le gouvernement a instauré une obligation douce, une soft obligation, en systématisant le pass sanitaire. On a aimé. Les manifestations des « antivax » sont allées diminuendo. Leurs idées qui n’ont pas grand-chose à voir avec la santé paraissent en France absurdes, voire ridicules. Ce qui n’est pas le cas en Allemagne (ou aux États-Unis) où de nombreux citoyens prennent leurs fadaises au sérieux.
Certes, un des principaux facteurs de croissance ont été les additions laissées dans les restaurants, en moyenne plus importantes qu’avant la crise. C'est dû aussi à une augmentation des prix des repas de 5 à 10%. Les restaurateurs ont répercuté sur leurs clients les prix de leurs fournisseurs et distributeurs qui ont grimpé de 5, 5% en moyenne au 3ème trimestre. Tous les aliments ont été touchés par cette petite flambée des prix. Les boulangeries et pâtisseries ont battu tous les records.
Mais un facteur important été le retour  des touristes étrangers. Ils  sont revenus, même s’il n’y a plus des gros groupes accompagnés de Japonais, de Chinois, d’Américains. L a France veut rester championne du tourisme mondial. Le 4 novembre Emmanuel Macron a présidé un événement sans précédent, baptisé « Destination France », visant à encourager les investissements dans le secteur événementiel, patrimoniale, etc. Une soixantaine d’opérateur de voyages et de l’hôtellerie y nt participé. Par respect environnemental, on  encourage le train de préférence à l’avion. L’enjeu est de taille. Le tourisme pèse pour plus de 7,5 % dans le PIB français et 2 millions d’emplois directs et indirects en dépendent.
L’autre mesure gouvernementale qui a porté ses fruits et qui a permis aux salariés de retourner au travail, a été le financement public des chômeurs pendant les deux ans de pandémie afin que leurs emplois ne disparaissent pas. De la sorte, les entreprises ont pu redémarrer immédiatement =, ce qui n’avait jamais été le cas en France. Emmanuel Macron avait donné le signal en assurant au tout début de la pandémie qu’il soutiendrait l’emploi « coûte que coûte ». Du coup les rentrées fiscales ont été importantes : 4, 7 milliards cette année, 5, 2 prévus l’année prochaine. Ce qui a permis d’amortir avec 3,8 milliards l'augmentation des prix de l’énergie et d’éviter peut-être ainsi un recommencement des manifestations des « gilets jaunes ».
Excellente nouvelle du point de vue européen, le déficit budgétaire ne croîtra que de 8, 1% cette année et il sera de 5% l’an prochain (on espérait 4,8%). En Allemagne il ne sera que de 4,9 % cette année et de 3% l’an prochain. Les Allemands sont aussi plus vertueux en ce sens qu’ils ont gardé dans leurs PIB une part plus importante d’industrie : 26% contre 16% en France. Celle-ci est passée depuis les années 1990 d’une économie de la production à une économie de la consommation et des loisirs. De plus, 44% des produits allemands vont à l’exportation contre 28 % seulement en France. Mais est-ce que cela restera un avantage intégral quand des marchés chinois et autres se ferment et que les transports deviennent plus onéreux et plus lents ? Ceci dit, on voit dans les villes françaises que de nombreux petites entreprises et restaurants ou cafés ont mis la clé sous la porte. Mais de nouveaux métiers sont apparus et le télétravail a connu comme partout un fort développement.
Au cours de son allocution télévisée, le président français a fait une déclaration importante en annonçant qu’il va renforcer la part du nucléaire dans la production d’énergie, non sans augmenter celle des énergies renouvelables. La France entend devenir ainsi un modèle de respect du climat. Il faut dire que l’atome et beaucoup mieux accepté en France qu’en Allemagne. Les nouveaux réacteurs EPR semble sûrs et ce sont eux qui vont se multiplier, mais ils question aussi de mini-réacteurs locaux pour alimenter des quartiers ou des petites agglomérations. Alors que l’Allemagne sort totalement du nucléaire. Cela permettra à la France de vendre à son grand voisin du courant électrique en période de pointe. (« C l’Europe-Rédaction. 10/11.2021)

Avenir de la Politique Agricole Commune - Un accord après 3 ans de négociations 

Fin juin 2021, après trois longues années de négociation, nous avons enfin trouvé un accord sur le futur de la Politique Agricole Commune. Prévue pour entrer en vigueur en 2023, elle aura des conséquences importantes pour nos agriculteurs et les exploitations agricoles françaises et européennes. Il faut garder à l’esprit que cet accord est un compromis, qui vient largement adoucir les positions de plus en plus idéologiques de la Commission européenne.

La PAC aura principalement pour objet sur la période 2023-2027 d’accompagner la transition verte de l’agriculture européenne, soutenir le développement économique et la structuration des filières agricoles, renforcer les processus de redistribution des aides directes entre exploitations, filières et régions et enfin de décentraliser la gestion et le contrôle de cette politique sans pour autant affaiblir son caractère commun.

En tant que Rapporteur pour le Groupe PPE sur la réforme de l’Organisation Commune des marchés agricoles et les règles de financement, de gestion et de contrôle des fonds agricoles, j’ai pris toute ma part dans ce processus. Avec mon groupe politique, nous avons eu à cœur de trouver un équilibre entre le développement économique des exploitations agricoles et la protection nécessaire de l’environnement et du climat.

Ce fut difficile à atteindre mais cela était essentiel. Certains perdent parfois de vue que sans revenu agricole, il n’y aura pas de durabilité environnementale et climatique. Nous avons également préparé l’avenir des fleurons de l’agriculture européenne, tels que le vin et les produits couverts par des appellations ou des indications géographiques. Nous avons également veillé à ce que les secteurs agroalimentaires bénéficient de nouveaux outils pour renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne de valeur, et que les outils de gestion des marchés et des crises soient révisés, notamment par la mise en place d’une réserve de crise de 450 millions d’euros. Nous avons enfin obtenu la mise en place d’une nouvelle « philosophie » en matière de contrôles, fondée sur une approche bienveillante de conseil vis-à-vis des agriculteurs, tout en renforçant les règles en matière de transparence et les outils pour lutter contre les conflits d’intérêts, la fraude et la corruption.

La mise en place pour la première fois de la possibilité pour les administrations nationales de corriger les erreurs commises de bonne foi par les agriculteurs est une source de fierté personnelle ayant porté cette proposition dans les négociations. (Anne Sander. Députée européenne (Groupe PPE)-Questeure au Parlement Européen. 16/07/2021).

Quand la liberté devient suicidaire

C’est une curieuse conception de la liberté que de considérer que l’on peut vivre enfermés, se nourrissant d’aides renouvelées -jusqu’à quand ?- c’est-à-dire de la mendicité publique, en laissant, l’arme au pied, l’épidémie se développer. Comme Ponce Pilate, les « antivax » crient aux atteintes à la liberté et se lavent les mains devant la situation de crise qui nous guette. Comme le préfet romain, la justice véritable ne les concerne pas, comme lui en son temps -l’historien Flavius Joseph l’avait noté-, ils se préoccupent d’abord de leur propre sort, d’un confort moral illusoire qui bientôt se heurtera au mur de la réalité et deviendra, de fait, invivable pour tous et pour eux en premier lieu. Je suis libre disent-ils, laissez-moi choisir… La liberté consiste-t-elle à accéder aux désirs de tous ? Cela en serait une conception bien puérile… aux enfants on apprend dès le premier âge les limites de l’accession à tous leurs désirs (mécanismes décrits par Freud) et la nécessité de se plier à des règles indispensables à une vie harmonieuse individuelle et collective.
Ces sceptiques, poussés par les vents complotistes, se pensent dans l’air d’un temps où l’hédonisme, l’individualisme et le matérialisme borné sont devenus les valeurs universelles, assénées, il est vrai, massivement pas les grands médias. Les gourous n’ont jamais eu autant d’adeptes et les harangues d’une adolescente ont plus de poids que les recommandations des scientifiques. De cette morale est bannie le vieux principe répété par nos instits : « La liberté des uns commence où s’arrête celle des autres ». Ils le remplacent par le « Je fais ce qui me plaît », slogan désuet, hérité de mai 68.
Pour ce qui est de la « dictature », ce mot qui a inondé les réseaux sociaux le soir même de l’intervention présidentielle, est assez choquant. Il est diffusé le jour même où les manifestants cubains sont durement réprimés, où Freddy Guevara l’opposant vénézuélien est emprisonné, où Kim Il Song affame son peuple en Corée du Nord pour financer ses missiles de mort et où le continent chinois tout entier est contraint de fêter son tortionnaire : le Parti Communiste, dirigé par une poignée de vétérans qui imposent une loi d’airain à leur bénéfice exclusif. Le souci unique du PC Chinois c’est en effet sa pérennité, le bien du peuple n’étant que l’habillage de cette ambition. Le récent documentaire d’Arte https://www.arte.tv/fr/videos/078193-000-F/le-monde-de-xi-jinping/ montre ce qu’est la réalité d’une dictature où les opposants sont directement envoyés en camp de rééducation.
La liste des dictatures n’est hélas pas exhaustive, elles sont plus nombreuses que les démocraties. Cela suffit-il de dire à ceux qui les dévaluent ainsi « Pardonnez leur ils ne savent pas ce qu’ils disent ! » ? Nous bénéficions d’un système de liberté très large. C’est un privilège rare dans le monde dont nous devrions avoir conscience. Nous avons de nombreux droits et notamment celui de dire que nous ne sommes pas d’accord en votant ; un droit que nous n’utilisons d’ailleurs qu’avec parcimonie. Ces antivax qui évoquent la dictature devraient avoir un minimum de décence au regard de ces peuples courageux qui luttent pour un minimum de liberté.
Il y a parmi eux cette fameuse sphère complotiste qui prétend, par exemple, que nous sommes gouvernés par des extra-terrestres réunis dans un lieu secret ou que le virus lui-même a été créé de toutes pièces par un consortium capitaliste dans le but de s’enrichir. Ce sont des croyances hurluberlues plus largement répandues que ce que l’on croit. Il existe aussi un courant plus ancien, populaire depuis quelques années en raison de la publicité qui lui a été faite et aux profits qu’il génère, lié aux médecines parallèles, prétendument asiatiques –notamment- ou dites traditionnelles. Cette mouvance, anti-science, anti-progrès, a conduit naturellement ses adeptes au refus d’une vaccination qui va contre ses principes.
On constate désormais –avec étonnement- que ces attitudes que l’on pensait marginales ne le sont pas et atteignent désormais une partie considérable de la société. Il y aura donc dans les jours qui viennent deux types de réponse au défi de la vaccination : une première, venue des pragmatiques qui auront pris conscience de l’enjeu et qui vont se précipiter sur le vaccin et une seconde qui va s’enfermer dans un refus sectaire, soutenue par les formations politiques extrêmes : France Insoumise et Rassemblement National qui une fois encore se retrouvent côte à côte dans une attitude anti-sociale au nom d’une haine commune du système. Ces derniers, enfermés dans un ressentiment féroce contre Macron ne voudront pas en démordre. Il faut craindre une sorte de révolte de ce noyau dur antivax, d’autant plus violente qu’il sera isolé. Ils ont déjà choisi leur emblème, l’étoile jaune, insulte aux souffrances des six millions de victimes de la Shoah et à leurs familles.
Les droits impliquent des devoirs. L’avons-nous oublié ? La vie en société suppose que nous prenions nos responsabilités dans le monde du travail par exemple, que nous respections des règles communes et surtout que nous manifestions un minimum de solidarité vis-à-vis de nos concitoyens. Sans cet agrément commun, pas de cité au sens grec du terme. Dans le cas précis, compte-tenu du tsunami sanitaire qui risque de déferler à brefs délais, d’anéantir des milliers de vies et l’ensemble de nos libertés. On ne peut se soustraire aux directives de ceux qui sont en charge de notre santé. Les scientifiques nous le disent : on peut encore parer le coup grâce à une vaccination massive. Il n’y a pas de place pour les états d’âme. Évitons le pire. (Pierre-Michel Vidal, „Alternatives Pyrénées“, Association d‘intérêt général. Pau.19/07/21 - Le titre est de la Rédaction de "C l'Europe")

Un appel à la résistance contre les négationnistes

Au début de 2021, dans divers pays, d'abord en Angleterre, puis en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas, où l'on supposait que la pandémie était quelque peu sous contrôle, les infections et les décès se sont à nouveau rapidement multipliés. À Londres, le nombre de personnes infectées a explosé. Les hôpitaux ont de nouveau été surchargés, comme au printemps 2020 dans d'autres pays de l'UE. On a assisté à des embouteillages d’ambulances devant les cliniques de Londres. Le variant anglais était apparu dans le sud-est de l'Angleterre. Il a accéléré la contagion et a touché davantage de jeunes. Bientôt, cette mutation a été présente en augmentation sur le continent, notamment en France. En février 2021, ses cousins sud-africains et brésiliens dont on ne sait toujours pas s'ils sont résistants aux vaccins, lui sont venus en renfort.

En Allemagne et en Autriche notamment, des restrictions draconiennes de type confinement ont été introduites dans la vie quotidienne tandis que les gouvernements français et surtout espagnol évitaient en revanche tout ce qui aurait pu paralyser l'activité économique. Leurs économies, surtout en Espagne, ne survivraient pas à un deuxième choc total comme celui de mars-avril 2020. En France, les couvre-feux ont été étendus de 20 à 18 heures, au grand dam des commerçants. Aux Pays-Bas, un petit couvre-feu nocturne très limité a provoqué des mutineries brutales et inattendues. Le gouvernement français a préféré se fier à la conscience et à la raison des citoyens plutôt que de durcir les mesures restrictives. Si la pandémie ne devient pas plus agressive et meurtrière, cette politique aura porté ses fruits. Une grande vague d'obéissance et de participation civile, une sorte de patriotisme sanitaire a saisi le pays. Plus des deux tiers des Français sont fiers aujourd'hui d'être à nouveau le pays de la raison, comme l'avait proposé son philosophe modèle René Descartes au XVIIe siècle : "Cogito ergo sum", "Je pense donc je suis".

Mais un nombre considérable de citoyens ont encore du mal à adopter un comportement exemplaire. Beaucoup ne voient pas pourquoi ils devraient restreindre leur train de vie aussi radicalement que l’exigent les virologistes et les politiciens. Et beaucoup proclament haut et fort leur désaccord avec les dispositions protectrices et ces alertes fréquentes qui gâchent notre tranquillité, comme le fait l’auteur de l’article ci-dessus (Polémique sur les décès de la COVID19 : Optimisme vs catastrophisme) que nous publions parce que nous sommes attachés au débat. Dès qu’on jette un coup d’œil sur Internet, on se rend compte que de telles opinions sont très répandues et ne souffrent d’aucune censure. Elles sont devenues un refrain constant sur la toile, ce qui pousse naturellement les médias dominants d’exagérer en sens inverse, dans le catastrophisme, pour ramener les gens à un comportement raisonnable, car danger il y a, c’est scientifiquement incontestable. Nous sommes en présence d’un mal qui pourrait éradiquer l’humanité si l’on ne faisait rien contre lui.

Parmi ces négationnistes, il y a non seulement de ignorants et des stupides, mais aussi des cerveaux de plus en plus énergiques qui y subodorent une chance de renverser les gouvernements élus en démolissant leur politique de précaution et par conséquent les gouvernements eux-mêmes et de mettre à leur place d'autres systèmes politiques de type illibéral. Quiconque tente de les réfuter est mis à l’index, se plaignait récemment le rédacteur en chef du service d’information allemand « t-online.de ». Parce qu’il défendait la politique prudentielle de son gouvernement, des centaines de courriels ont afflué dans ses boîtes de réception, parmi eux des courriels d'approbation mais aussi des courriels indignés, voire haïssables. "Ces derniers entonnent le même refrain son que les hurleurs de hurleurs de Facebook, YouTube et Telegram, de Whatsapp et Twitter. Tous les diables de l'enfer se sont déchaînés contre moi", écrivait-il, citant une lectrice qui lui a avoué : "Je crains que bientôt, l'Allemagne entière ne s'informe plus principalement dans les médias publics ou les médias privés sérieux, mais seulement dans ces monceaux d'ordures du réseau ordurier". Ce sont des mots très forts, face à une dérive inquiétante.

On doit en effet, s’alarmer de voir le nombre de personnes qui croient aux mensonges et aux rumeurs répandues sur Internet. En Allemagne, Florian Harms donnait les noms de prêcheurs de haine tels Attila Hildmann et d'apôtres de la conspiration tels Ken Jebsen, en regrettant qu’ils soient encore autorisés à répandre sans entrave leur venin. Il regrettait que les élus de son pays ignorent largement ce problème. « De nombreux politiciens de haut niveau semblent n'avoir aucune idée de ce qui se passe sur le web, ou ne veulent pas s'y salir les mains », déplorait-il. Nous pouvons ajouter que le danger de contagion est si grand qu’on a vu l’an dernier des apôtres respectables d'une Europe idéale et sans frontières manifester contre la fermeture temporaire des frontières intérieures de l'UE. Ils n’étaient pas nombreux certes. Ils avaient surtout pour but de se faire photographier comme militants de la vraie foi. Contre tout bon sens, ils ont fait comme si le virus ne profitait pas de la mobilité excessive des citoyens pour se propager à travers notre continent (voir l’article « Stop ! Frontière ! »).

Mais « est-ce que cela commence enfin à changer ? L'attaque des fanatiques de Trump sur le Capitole à Washington a tiré de nombreux hommes politiques de leur léthargie numérique chez nous aussi ». C’est le chef du parti conservateur bavarois CSU, Markus Söder, qui ale premier mis en garde dans l’hebdomadaire Welt am Sonntag contre la radicalisation des soi-disant « anticonformistes » (les Querdenker en Allemagne) : "C'est dévastateur. Les fausses nouvelles et les mensonges qui circulent sans cesse sur le web incitent les gens à se réfugier dans des univers virtuels et parallèles. Cela prend les dimensions d’un culte. Les gens subissent un lavage de cerveau", a-t-il déclaré. Et d’ajouter : "Les idées erronées deviennent des slogans fallacieux pour produire à un moment donné des actes nocifs. C'est pourquoi, en Allemagne aussi, nous devons non seulement améliorer les mesures de protection de nos institutions démocratiques, mais aussi examiner fondamentalement le mouvement sectaire des <anticonformistes> et d'autres groupes comparables à eux ». Sinon, selon lui, « il y aura un réel danger que des petits groupes protestataires se développent à partir de mouvements plus importants et finissent par former un noyau extrémiste qui peut devenir une cellule terroriste. Même si le parti extrémiste AfD recule dans les sondages, le risque existe qu’une sorte de Fraction Armée Rouge du Corona de plus en plus agressive et même violente ne germe en Allemagne sur ce terreau ". Et de conclure : "Nous ne laisserons pas casser notre démocratie".

Nous ne laisserons pas détruire notre démocratie.  Surtout pas en Allemagne où les idéologies erratiques ont déjà commis beaucoup de dégâts dans l’Histoire. En France, le danger est peut-être plus social qu’idéologique encore que les métastases du marxisme-léninisme survivent encore dans certaines formations politiques et se fiancent avec des microbes néo-fascistes ou islamo-fascistes. Ce magma existe dans tous les pays européens et il finit par contaminer tous les mouvements revendicatifs, comme on l’a vu en France avec les Gilets jaunes. S’ajoutent les Black-blocks et les bandes sauvages.  Les dirigeants de l'Europe encore démocratique et libérale devraient s’attaquer collectivement à ce recul de la civilisation qui commence par une gangrène des interprétations. Notre confrère Florian Harms s’en et pris aux réseaux dit « sociaux » qui véhiculent ces tendances et il a été très clair : " il faut voter des lois coercitives contre la plateforme américaine Facebook et ses filles WhatsApp et Instagram, contre le service de messagerie russe Telegram, contre la filiale américaine de Google YouTube et le service américain Twitter. Pas quelque part en Amérique ou ailleurs, mais ici dans l'Union Européenne, nous devons les sanctionner par de lourdes amendes pour chaque publication haineuse ou mensongère. Sans avoir recours à des procédures compliquées, mais séance tenante. Nous devons empêcher les fous numériques prendre d'assaut notre démocratie comme aux États-Unis. Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, le patron de Telegram, Pavel Durow, le patron de Google, Sundar Pichai, et les autres entrepreneurs de la toile ont gagné des milliards pendant des années en semant la haine et le mensonge partout dans le monde. Il est temps que cela cesse. (....) De préférence par le biais d'une initiative à l'échelle de l'UE soutenue par la commissaire européen à la concurrence (....). Réveillez-vous tous,Européens, s'il vous plaît !" ("C l'Europe" avec un article de Florian Harms du 11.01.2021 sur t-online)

Rubrique Irrespectueuse  
La plume acérée de Gilles Dubois

La paille et la poutre ?
Le moins que l’on puisse dire, le Garde des Sceaux n’est pas dans les petits papiers des juges. Même si nous ne faisons pas spécialement partie de ses amis intimes, et pour cause (avant d’entrer au gouvernement, il se disait proche de Jean-Luc Mélenchon), l’acharnement des magistrats contre lui interroge. Pour une futilité, au demeurant non démontrée, il est convoqué devant les juges afin d’être très probablement mis en examen (médias), après avoir fait l’objet d’une perquisition aux petits oignons à son ministère (de mémoire de garde des sceaux, une première). Mais ce n’est pas tout. Comme le dit sans cesse et fort à propos notre plombier, il y a toujours eu et il y aura toujours des fuites.
C’est ainsi que les médias ont eu vent du « délit supposé » et décidé : peu importe ce qu’il a fait ou pas fait, la proie est trop belle pour la laisser s’échapper, donc pas question de présomption d’innocence pour King Kong de la Place Vendôme -comme le surnomment affectueusement ses « amis », paraît-il. Haro donc sur le baudet. Ils ont même encore enfoncé le clou aujourd’hui. L’ex défenseur de la veuve et des orphelins - et partant, pourfendeur des vilains petits juges, c’est la triste rançon de la gloire- serait de plus soupçonné d’avoir fait une déclaration de patrimoine sans avoir mentionné ses revenus d’homme de théâtre -il a entre-temps corrigé l’oubli de son comptable (médias). Quel artiste mal léché !
Curieusement, plus personne, ou presque, ne semble se souvenir du fameux « mur des cons » du très raffiné Syndicat de la Magistrature, qui n’avait pas vraiment défrayé la chronique à l’époque - dans le meilleur des cas, un très maigre entrefilet en bas de la dernière page des journaux. Comme on l’a appris avec effarement, au bout du compte, aucune sanction, si ce n’est qu’une amende ridicule d’environ 500 euros pour la présidente. Circulez, il n’y a rien à voir ! Les victimes peuvent aller se rhabiller et, de toute façon, il leur restera toujours leurs yeux pour pleurer. Et que dire aussi de la chasse à l’homme contre François Fillon, peu de jour après sa victoire à la primaire de la droite et quelques jours seulement avant la présidentielle, comme par le plus grand des hasards…
Qu’avait dit le Christ dans son sermon sur la montagne? La paille et la poutre… Mais il est vrai qu’il ne s’adressait pas spécialement aux juges…(8 juillet 2021)

« Il y a des fois, je me sens fatigué... mais fatigué....» (Abraracourcix)
Décidément, la droite française est vraiment la plus bête du monde. Dans la situation actuelle, vu le taux très élevé d’abstention, il est un peu présomptueux de parler de victoire aux régionales et départementales. Elle aurait donc tout à gagner et à s’assembler, d’autant que le cœur des Français penche globalement à droite selon toutes les enquêtes d’opinion. Mais les égos des uns et des autres risquent à nouveau de tout faire capoter. Entre d’un côté le « frère trois points » ou « frérot la gratouille » des Hauts-de-France - il a officiellement reconnu être franc-maçon-, qui se dresse tel un coquelet sur ses petits ergots pour tenter de séduire à lui tout seul toute la basse cour et, de l’autre, les Républicains empêtrés dans des discussions sans fins et stériles sur l’opportunité d’une primaire (autant discuter du sexe des anges), la droite n’est pas vraiment au mieux de sa forme. Et encore, par charité chrétienne, nous ne nous attarderons pas ici sur l’épisode calamiteux en PACA. Toute l’année, la politique du Président est critiquée mais, à la guerre comme à la guerre, les trêves ne sont pas faites pour les chiens. Tout continue de se décider à Paris, au mépris de ce que pensent et souhaitent les électeurs. Dans ces conditions, comment encore s’étonner que les Français ne mettent plus de bulletins dans les urnes ? Il serait pourtant si simple de proposer un programme sérieux et qui tienne la route au lieu de personnalités dont la plupart de nos compatriotes n’ont cure…quand seulement ils les connaissent. (8/07/2021)

Nein, c'est nein
La chancelière a catégoriquement exclu de s’associer aux Présidents français et des EU pour nationaliser la recette des vaccins (télévision allemande du 13 juillet). Elle a évidement raison. Et peu importe que ce soit pour protéger ou non BioNTech. Toute nationalisation aurait en effet pour conséquence l’arrêt immédiat de toute recherche. Cela ne devrait pourtant pas être si difficile à comprendre, même si l’on a toujours vécu, bien au chaud, aux frais du contribuable.(16/07/2021)

Bruxelles n'y va pas avec le dos de la cuillère
La Commission européenne vient de présenter ses propositions en matière de transition écologique. Un chef d’œuvre du genre. Non seulement elle ne fait pas profil bas après sa gestion catastrophique de la vaccination, mais encore elle en remet une grosse couche. Sans se préoccuper le moindre du monde des « sans dents »européens et de ce qui est faisable dans l’état actuel de la science , elle propose en effet de serrer les boulons des propriétaires de véhicules prétendument polluants à partir de 2035 (on rappellera que l’on leur avait vendu les bienfaits du diesel à grand renfort de subventions il y a encore très peu de temps), et d’imposer d’importants travaux de rénovation aux propriétaires d’habitation pour rendre celles-ci moins « énergivores ». Afin de faire passer plus facilement la pilule, les ménages les plus pauvres devraient avoir droit à des aides d’un montant global d’environ 75 milliards d’euros - aux frais du contribuable européen, ce qui va sans dire. Ni la France ni l’Allemagne, qui ont gardé un reste de lucidité, ne semblent toutefois très emballés (Le Figaro). Et pour cause. Mais elles ont apparemment oublié que la proposition en question est la suite logique de la désastreuse COP 21 de Paris, qui avait été initiée à l’époque par une ex ministre de l’écologie socialiste en mal de notoriété et un ex premier ministre, furieux de s’être fait voler la vedette - tous deux ayant naturellement fait toute leur carrière sous les dorures de la république, donc à l’abri de toutes les vicissitudes de la vie et à des années-lumière des réalités du monde industriel.(16/07/2021)

« J'ai la mémoire qui flanche". » (chanson de Jeanne Moreau)
Le Ministre des Finances etc..se réjouit tellement de recevoir 40 milliards d’euro de Bruxelles qu’il semble avoir oublié que nous devrons, de notre côté, verser 80 milliards d’euros, donc le double, à Bruxelles. De notre temps, nous n’aurions même pas obtenu le certificat d’étude si avions eu une telle défaillance de mémoire en calcul.(16/07/2021)

On grignote, on grignote... avait répondu, en 1915, un pauvre général français à une haute personnalité politique venue de l’arrière, et qui lui avait demandé où l’on en était, finalement, avec la prise des tranchées allemandes .  La Cour de Justice européenne à Luxembourg semble s’être rappelée de ces propos et les avoir mis au goût du jour,  de l’UE s’entend. Dans un arrêt de la semaine dernière, le tribunal a en effet décidé que les militaires étaient des travailleurs comme les autres, notamment en matière de durée quotidienne de travail, quand ils ne sont pas en opération, ce qui a entraîné, à juste titre, une levée des boucliers en France (médias) - nous rappellerons, au passage, que la plus haute juridiction européenne n’en est pas à son coup d’essai. Il y a peu, elle avait en rendu une sentence similaire pour les pompiers et autres services de premier secours. Sachant que les armées sont  -encore- du ressort exclusif des États, force est de constater qu’une fois de plus, l’UE se mêle de ce qui ne la regarde pas et pire, essaie de rogner sur les compétences des Etats, à tel point, d’ailleurs, qu’un ex-membre de la Cour constitutionnelle allemande à Karlsruhe se demande si elle n’essaie pas, lentement mais sûrement, d’instituer un Etat fédéral (c'est le quotidien "FAZ" qui le dit). Est-il encore nécessaire de rappeler que les membres des institutions européennes, hors Parlement, n’ont pas la légitimité des urnes et ne doivent leurs postes qu’à la bienveillance de leurs gouvernements, qui souhaitent bien souvent se débarrasser d’eux à moindre coût, l’actuelle présidente de la Commission en étant  une parfaite illustration…parmi tant d’autres.(18/07/2021)